lundi 16 février 2026

Acharnements

L'agression et la mort affligeantes du jeune Quentin Deranque n'ont pas même été élucidées qu'elles servent à discréditer "La France Insoumise", première formation politique de gauche. L'intention malveillante et propagandiste ne fait plus illusion. 

Dès les premiers instants, alors que la nouvelle venait de tomber, les media de Bolloré ( et d'autres bien en cour) se sont acharnés sans discontinuer sur Mélenchon sans même connaître les tenants et les aboutissants de cet événement dramatique. Celui-ci n'aurait jamais dû avoir lieu dans une "démocratie apaisée". Mais la paix manifestement n'est pas à l'ordre du jour de certains politiques. Au contraire ce drame instrumentalisé concourt à alimenter des conflits intérieurs violents qui minent la démocratie, et qui le plus souvent, chiffres à l'appui, sont le fait de l'extrême-droite. 

Ainsi le service d'ordre de LFI était-il mis en accusation sur les chaines d'information continue ; les commentateurs sur les plateaux de CNews tiraient à boulets rouges sur  "l'extrême-gauche". Et cela en quelque sorte tombait bien puisque LFI venait juste d'être classée, en vue des municipales, par le ministère de l'intérieur dans cette catégorie.

Pour la propagande, l'origine du crime était bien identifiée. La participation de Rima Hassan à un colloque qui se tenait non loin des lieux du drame entrait en résonnance parfaite avec ce terrible événement. Mélenchon, LFI, la jeune garde, Rima Hassan étaient désignés comme les grands responsables de cette rixe menant à la mort. Pour un peu on en oubliait la victime, seule importait l'accusation sans preuve et sans autre forme de procès, préfigurant l'atteinte à l'Etat de droit dont Retailleau a pu dire un jour, en un éclair obscurantiste, qu'il n'était ni intangible, ni sacré. 

Le ministre de l'intérieur pointait du doigt "l'ultra-gauche et la "jeune garde". La voix  de Glucksman se faisait entendre aussi en désignant "une responsabilité de tous les dirigeants politiques qui attisent la haine, y compris ceux de La France insoumise ». Joliment dit ! Attaquer LFI, la disqualifier sans en avoir l'air, tout dans le "y compris", puis l'estocade pour finir : "impensable que la gauche cultive le moindre doute sur une possible alliance avec la France Insoumise".

La justice doit faire son travail. N'en déplaise à Retailleau, l'Etat de droit est sacré, il est le fondement de la liberté et de la démocratie. Rima Hassan notamment a le droit de défendre son peuple sans qu'on l'accuse de tous les maux, sans qu'on empêche son expression juste et légitime. 

Par ailleurs la gauche dans son ensemble, dans sa nécessaire unité, ne devrait pas accepter que LFI soit constamment disqualifiée et ostracisée. On sait pourtant à qui profite cette diabolisation.

Une gauche digne de ce nom a le devoir de se montrer solidaire d'un mouvement qui, qu'on le veuille ou non, la sert, la compose et, aujourd'hui encore, contribue à la sauver du néant.

JMG

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