mercredi 15 octobre 2025

Palestine

Gardons-nous de reprendre comme des perroquets le discours des media mainstream !

Ainsi les prisonniers palestiniens libérés au terme de l'accord de cessez-le-feu passé ce mois-ci sous la houlette de Trump, avaient été  pour la plupart enfermés dans les geôles israéliennes sans qu’aucune charge contre eux ne soit établie,  et parmi eux beaucoup de mineurs ou de vieillards. En tout cas ils ne sont pas tous, et de loin, des assassins assoiffés de sang. Ceux-là d’ailleurs sont liquidés par l’armée israélienne sans autre forme de procès. 

Après le massacre du 7 octobre 2023, débutait l’enfer tous les jours sur la bande de Gaza, sans répit depuis maintenant deux années, bombardements, famine ou insuffisance alimentaire servant d'armes de guerre. Il n’est pas étonnant que les otages aient pu, et c’est un euphémisme, en souffrir également. Pourtant Netanyahu fait peser cette "responsabilité" uniquement sur le Hamas. 

Plus de 80 000 morts Palestiniens ont été recensés par les organismes internationaux et parmi eux une majorité de femmes et enfants, trois ou quatre fois plus de blessés et de handicapés à vie, des structures hospitalières détruites, des écoles, des universités rayées de la carte, des cultures vivrières saccagées pour longtemps…bref le chaos généralisé qui s’apparente à la volonté de faire disparaitre tout un peuple, physiquement et culturellement, un génocide en effet, en passe d’être reconnu comme tel par les juridictions internationales.

S’il l’avait voulu Netanyahu aurait pu faire libérer les otages beaucoup plus tôt et ainsi éviter toutes ses souffrances dont il est le grand ordonnateur, à la tête d’un  gouvernement d’extrême-droite impitoyable qui va au-delà de la loi du Talion. Il n'aura pas hésité le 15 septembre dernier de neutraliser, c’est-à-dire assassiner à Doha au Quatar, les négociateurs du Hamas. Méthode barbare s'il en est ! Et qui révèle surtout la volonté de ne pas négocier une paix juste et durable

Le cessez-feu  est bienvenu, gageons qu’il permettra à chacun des deux camps de souffler un peu et de recouvrer la raison. Mais l’accord de paix est encore loin ; cette guerre, faute de solution politique, risque de repartir de plus belle et d’entraîner une nouvelle fois le massacre des innocents, de quelque bord soient-ils.

Par ailleurs la question de la Cisjordanie dans cet accord n'a même pas été évoquée, sans perspective tant que l'Etat d'Israël ne reconnaitra pas le droit pour les Palestiniens d'avoir un Etat.

Netanyahu et son gouvernement sanguinaire auront mené une politique de terreur propre à alimenter le terrorisme, l’arme des peuples en désespoir, pour plusieurs générations.

 

lundi 8 septembre 2025

Fake-news, en boucle

Raphaël Enthoven, philosophe de son état, a été déprogrammé du festival "Livres dans la boucle" qui se tient à Besançon du 19 au 21 septembre. Il devait y présenter son dernier livre dont je ne parlerai pas ici pour ne l'avoir pas lu (et ce dont d'ailleurs je n'ai pas l'intention). 

Anne Vignot, écologiste, première magistrate  de la ville de Besançon, qui est soutenue dans cette décision par le parti communiste, entend par ce biais condamner les propos du "philosophe" au sujet des journalistes à Gaza. D'après Enthoven, ceux-ci, non contents de se faire assassiner par l'Etat d'Israël et "son armée la plus morale du monde", seraient en réalité des terroristes du Hamas. 

Je cite le "philosophe" : "il n'y a aucun journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs d'otage avec une carte de presse". 

Devant cette exclusion Enthoven crie au scandale, à l'unisson des bonnes âmes qui défendent la liberté d'expression. Sur le principe ils n'ont pas tort. Mais peut-on réellement être libre en maltraitant la vérité comme il le fait à propos de Gaza et de la Palestine ? Le président du festival David Foenkinos, ainsi que d'autres écrivains tels qu'Emmanuel Carrère, lui ont apporté son soutien et menacent de boycotter l'événement.

Or la vérité à Gaza est tragique, elle ne doit pas souffrir de fakes-news à la C-Niouze. Bref un philosophe ne devrait pas parler comme ça.

Je ne suis pas forcément pour l'exclusion de Enthoven. Il a droit comme il veut de s'exprimer en effet, et même à dire des énormités, ce qu'il fait souvent avec un talent qu'il faut bien lui reconnaitre. 

On aimerait cependant qu'Enthoven s'excuse auprès des reporters journalistes, et des journalistes palestiniens auxquels au contraire il devrait rendre hommage pour leur courage.

Mais je doute fort  que le "philosophe" y ait même songé tant l'esprit philosophique aujourd'hui ne court ni les rues, ni les places, ni surtout les plateaux télé.

jeudi 4 septembre 2025

La dette est son dada

Il y a bien longtemps que je n'ai pas touché à ce blog, gagné par ce sentiment que cela ne servirait à rien, qu'il vaut mieux regarder l'eau qui coule, et laisser filer le temps.

Tout ce qui se passe (aujourd'hui) dans le monde est difficilement croyable tant le tragique l'emporte sur le quotidien, comme en Palestine ou en Ukraine...On continue à vivre ou à survivre, le nez dans le guidon, pour ne plus voir un malheur qui ne demande tous les jours qu'à frapper à la porte.

Pendant ce temps Bayrou, à la fois ignoble et dérisoire, Bayrou qui, se disant au centre, énonce un projet de droite rance, fondé sur une vieille lubie qui toujours fonctionne à merveille : la dette. Il laisse à la droite classique, notamment celle des Républicains qui portent si mal leur nom, les thèmes démagogiques de la sécurité et de l'immigration qui permettent de distiller la haine et, l'espèrent-ils, de s'emparer du pouvoir. 

Car la dette à Bayrou c'est son dada à lui, à dada sur son bidet, son cheval de bataille depuis des années, c'est ce sur quoi il a assis sa renommée. Et son projet d'exister enfin arrivait avec les habits de premier Ministre, sa chance ultime. Il pouvait enfin  jouir à ce titre de sa trouvaille politique, se prendre enfin pour un Pinay, celui-ci  sera parti avec les honneurs de la vérité arithmétique laquelle à vrai dire n'a rien à voir avec le réel économique et social.

Son projet de budget est (ou était désormais ?) désastreux. Il appuie sur l'accélérateur d'une politique de l'offre qui pourtant a déjà fait ses preuves en matière d'inégalités et de paupérisme. Politique qui consiste à arroser indistinctement les entreprises, surtout les plus grosses, sans contreparties et au grand profit d'un actionnariat sans morale au lieu de consacrer cet manne à des investissements producteurs de richesse et de services. 

Politique conservatrice et monétariste menée déjà en son temps par un Hollande géniteur d'un certain Emmanuel Macron que nous avons dû apprendre à connaitre et subir. Hollande "socialiste" mais Président des riches lequel qualifia ensuite Macron de "président des très riches". 

Comment voulez ensuite qu'un type comme Bayrou ne trouve pas sa voie dans ce marigot ? A quelques heures d'une démission qu'il a lui-même voulue et organisée, certain que son budget ne passerait pas, il trouve encore le moyen de prendre trois décrets qui abîment encore plus la sécurité sociale.

Ainsi prend-il la voie réglementaire pour relever le reste à charge sur chaque consultation (mais aussi tout acte de radiologie ou de biologie) qui passeront de deux à quatre euros. Quatre au lieu de deux, c’est sûrement un détail pour eux mais pas pour une grande majorité de Français dont de plus en plus renoncent aux soins médicaux.

D’autre dispositions réglementaires, sans même passer par le Parlement ce qui en dit long sur la volonté de concertation, portent sur la hausse des transports ou ou des actes paramédicaux. Bayrou entend aussi doubler le montant des franchises pharmaceutiques qui passeraient de un à deux euros. Rappelons que l’an dernier en 2024 la participation forfaitaire pour les consultations avait déjà été doublée. Le gouvernement reste donc planté dans son obsession de "responsabiliser" les malades comme si le malheur naturel ne suffisait pas et qu'il fallait renoncer à combattre la maladie et soulager la souffrance.

Les droites extrêmes, dont Bayrou est l'un des principaux acteurs, continuent de casser notre contrat social. En réalité c'est la seule chose qu'ils savent faire : défaire. 

 C'est pourquoi la colère monte et que, on l'espère aussi, le vent se lève.