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mercredi 1 février 2023

Retraites : encore une réforme à la con...mais pas que

 

La réforme des retraites telle que la veulent Macron et la droite ne se justifie pas en soi, elle est inutile, nocive, anti sociale bien sûr, anti démocratique, et les raisons pour la mener à bien sont plus ou moins explicites, plus ou moins inavouées. Que nous cache cette réforme ? Pour quoi, pour qui est-elle faite ?

Il s’agit d’abord de nous faire porter l’attention ailleurs, regarder autre chose que les problèmes les plus importants, ceux-là mêmes que le pouvoir n'est plus capable, par volonté, par manque de courage ou par paresse, de résoudre.

C’est que pour ce gouvernement les urgences peuvent attendre comme celle de l’hôpital public qui se meurt, comme l’éducation nationale abandonnée, comme l’ensemble des services publics qu’on a systématiquement délaissés non seulement dans les zones périurbaines, ou néo-rurales, mais aussi au cœur des villes.

Pour paraphraser un ministre de l’Intérieur de droite : Gouvernants vous avez un problème, voire plusieurs ?, créez-en un autre ! Et un plus grand même qui soit capable de faire de l’ombre à ceux auxquels, moyennant un peu de responsabilité publique, vous auriez pu et dû dans l’intérêt général apporter quelque solution.

Agrandissez l’abîme du chaos, voilà donc la solution et la « réforme » des retraites procède de cette veine-là. Tout comme en son temps la réforme territoriale par exemple, réforme superflue qui n’avait d’autre but que de redistribuer des cartes sans changer véritablement de jeu, mais qui permettait à Valls ou aux sociaux libéraux de montrer qu’ils restaient maîtres du jeu en matière de système administratif.

Il est un autre moyen de semer le désordre, tout aussi efficace, diviser pour régner en exaspérant le conflit des générations.  Ce conflit potentiel fait office de champ de bataille pour justifier les mesures régressives du gouvernement en matière de retraite. Ainsi les retraités d’aujourd’hui seraient-ils responsables d’une dette dont le poids incombe déjà, injustement, aux jeunes générations. Les anciens seraient égoïstes, sans considération pour de plus jeunes qui leur permettent de vivre une retraite sans péril économique. Et cela est étayé par des sondages faisant apparaître que l’électorat de Macron serait surtout composé de retraités favorables à une réforme susceptible de sauver un système dont ils seraient les seuls bénéficiaires.

Centralisation et verticalité.

Cette contre-réforme s’inscrit aussi, et de façon brutale, dans une volonté qui ne se dément plus depuis des années de confisquer aux partenaires sociaux un domaine qui pourtant principalement leur appartient : la gestion  des organismes de protection  sociale.

Les retraites comme l’ensemble de la sécurité sociale se fondent sur des cotisations appliquées aux salaires, elles en constituent une base financière qui devrait être gérée par les partenaires sociaux, salariés et employeurs, sans qu’un gouvernement dût s’en mêler.

Le gouvernement Macron, à la suite d’autres, et dans cet élan centralisateur et confiscatoire qui domine aujourd’hui les relations sociales, ne se seront pas privés de se mêler au fond de ce qui ne les regarde pas. Cette réforme annoncée des retraites peut être perçue par l’ensemble du monde du travail comme une appropriation pure et simple exercée par le pouvoir central. Dans ce contexte l’argument de l’équilibre financier se révèle fragile voire mensonger…Macron lui-même en 2017 ne déclarait-il pas que les retraites n’étaient « plus un problème financier » ?

Une autre raison essentielle pousse l’actuel Président de la République à conduire cette réforme : apparaître le bon élève, premier de la classe dans la course à l’intégration européenne. Macron est de ceux qui vont plus vite que la musique européiste quitte à froisser quelques principes démocratiques. Macron le néo-libéral se fait un devoir de ne pas décevoir la commission européenne et mieux encore entend bien rester l’artisan principal d’une Europe qui précisément ne met pas la question sociale au cœur de ses préoccupations. C’est pourquoi la presse se fait si généreusement l’écho des autres systèmes de retraite dans les différents pays de l’union européenne, répétant à l’envi, sans d’ailleurs en apporter les preuves, que la France serait la plus généreuse en la matière, l’urgence étant dès lors de limiter ce qui passe aux yeux de Bruxelles pour un gaspillage d’argent public.

Lutte des classes

Ce qui se trame au niveau de l’union européenne est le reflet du pouvoir exercé par l’oligarchie.  Macron a été élu grâce ou par les plus riches de ce pays, il a reçu mandat des patrons du CAC 40 pour revenir sur les acquis sociaux. Il faut rappeler sans cesse à cet égard ce que disait en 2007 Denis KESSLER, vice-président du MEDEF, dans un article intitulé "Adieu 1945" :

"Le modèle français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie… Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du CNR… renforcé par le programme commun en 1981, à contre sens de l’histoire… Aujourd’hui face à la quasi-disparition du parti communiste, à la relégation de la CGT dans quelques places fortes, à l’essoufflement asthmatique du PS ?? Conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce".

Nul doute que ce point de vue et largement partagé au sein du pouvoir macroniste. Il donne au Président de la République actuel une boussole politique. Un contre-programme est aussi un programme susceptible de rassembler un camp, celui de l’oligarchie et de « la finance » dont le président Macron est issu. Il ne s’en cache plus, assuré qu’il est de n’être pas réélu.

Cela doit inciter le monde du travail à continuer la lutte, rassemblé dans un mouvement social le plus unitaire possible. L’opinion publique a bien compris que l’argument financier d’un maintien à l’équilibre du système ne tient pas ou n’est pas suffisant. Cette réforme est idéologique, elle vise à accentuer et à asseoir un pouvoir qui méprise le peuple et méconnait le monde du travail. C’est la réforme d’un petit Jupiter.

JMG

dimanche 12 avril 2020

Nous ne sommes pas en guerre, il ne tient qu'à nous de rester en paix

Nous ne sommes pas en guerre, malgré ce que nous en a dit E.Macron. Ce qui le voudraient sont ceux-là même qui y auraient intérêt. Nous sommes en paix et il faut tout faire pour le rester, paix sociale, paix civile, nous ne demandons que cela. Mais pour que cette paix soit durable, profonde, sereine, il s'agit qu'elle soit construite, toujours sur l'établi des luttes contre les inégalités qui sont les sources des guerres civiles ou internationales.
 
Un développement de la mondialisation telle que menée jusqu'alors n'est pas pacifique, elle se fonde sur une concurrence exacerbée dont les effets morbides se déroulent sous nos yeux incrédules aujourd'hui. On a cru jusqu'alors que la paix ne pourrait se faire qu'avec une mondialisation heureuse, mais heureuse elle ne l'aura pas été, ou pour certains seulement, bien peu nombreux et par trop puissants. 

De ce bonheur illusoire nous aurons eu surtout les inconvénients susceptibles de tuer l'humanité en nous, comme l'humanité entière.
Soyons concret, le monde d'après, s'il en est, ne pourra se permettre des échanges sans règles, et sans respect des cultures locales, sans respect des populations qui pour vivre dignement ont besoin de leur autonomie politique et économique.

C'est pourquoi il faut condamner et rompre tous les traités de libre-échange comme celui notamment du CETA (comprehensive economy and trade agreement) entre l'Union Européenne et le Canada, traités qui en supprimant les droits de douane, et en négligeant les normes sanitaires et sociales sont de nature à déstabiliser, appauvrir, faire disparaître les cultures locales.

Si l'on veut préserver la paix, il faudra plus que jamais restaurer et réhabiliter les services publics, leur redonner les moyens de fonctionner. Cette crise au moins nous aura appris qui était susceptible de se tenir en premières lignes. Il faut donc consolider ses services publics et préserver ceux qui les font fonctionner en leur rendant ou leur donnant un statut qui ne les rende pas dépendant du pouvoir politique, assurant la continuité de ces services publics quels que soient les événements, catastrophiques ou non. 

Un enseignement de la crise aura été qu'il faut donc protéger voire développer tous les secteurs non-marchands dans les domaines sensibles comme la santé, l'éducation, les transports, la sécurité...
Il s'agit aussi de préserver le monde du travail et de sauvegarder les droits des salariés en ne permettant pas toutes les remises en cause du code du travail qui leur sont imposées  sous prétexte d'urgence sanitaire. 

Pour éviter la catastrophe sociale et économique l'Etat devra garantir les revenus professionnels des travailleurs indépendants, petits commerçants, artisans etc...Il s'agit aussi d'interdire les licenciements  de manière à ne pas se séparer des savoir-faire qui se révéleront utiles en sortie de cette crise.

Il sera nécessaire de contrer les attaques de tous ceux qui veulent "faire travailler plus les Français" comme l'annonce déjà et imprudemment Roux de Bézieux, le président du Medef, qui parle déjà de supprimer les jours fériés ou des jours de RTT. Tout ça pour éponger "la dette" mot magique des néo-libéraux pour faire payer les "crises" l'ensemble du monde du travail. Dette dont il faudra bien imposer un jour l'audit et à tout le moins le moratoire, voire exiger son annulation pure et simple. 
Or on voit bien, et c'est une quasi-révélation pour certains, que la solution des crises économiques et sociales ne passe pas par l'argent qui n'est qu'une abstraction, les solutions avant tout sont politiques.
La lutte idéologique et politique est donc loin d'être terminée, au contraire, elle ne fait que commencer et elle pourrait s'intensifier dans la mesure prévisible où le gouvernement Macron n'aura pas changé pour autant miraculeusement de camp. 

C'est pourquoi en effet il est d'ores et déjà d'actualité pressante de préparer une sortie de crise qui soit de gauche. Il est nécessaire de défendre la possibilité d'un Etat stratège capable de sauver l'économie du pays tout en opérant une transition écologique en effet indispensable. Gardons de cette crise au moins les effets positifs, et qu'une révolution, si elle doit se produire, soit bien la nôtre.

De l'argent il y en a suffisamment pour faire face à la crise qui s'annonce, trop même puisqu'il n'a jamais correspondu à l'économie réelle. D'ailleurs est-ce bien là le problème ?Ainsi faut-il, pour combattre efficacement les inégalités, restaurer une véritable progressivité de l'impôt, et mettre davantage à contribution tous ceux qui jusqu'alors ont le plus profité de la financiarisation outrancière de l'économie. Il s'agit aussi bien entendu de préserver l’État social, véritable instrument de solidarité, en assurant le financement de la sécurité sociale par la sauvegarde ou le rétablissement des cotisations sociales. Ces cotisations ne sont pas des charges, ne sont même pas des dépenses publiques dont les néo-libéraux de droite comme prétendument de gauche nous rebattent les oreilles depuis des années. Auront-ils compris la leçon ? C'est loin d'être sûr.

Faire la guerre a toujours été dans l'histoire une solution de facilité. Bien plus difficile sera de consolider une paix durable et solide. Pour cela il faudra bien que les Etats interviennent eux-mêmes directement, notamment pour financer de véritables réformes de transformation sociale sans passer par les banques commerciales ou les marchés financiers voraces. Il semble que même le Royaume-Unis, pourtant chantre du néo-libéralisme, en prenne le chemin. Le coronavirus aurait-il eu raison (sur le plan idéologique s'entend) de Boris Johnson ? Sans doute pas, en bon conservateur qu'il est, mais il nous fait comprendre, sans doute à son corps défendant, où se trouve à cet égard l'intérêt général.
 
La question est de savoir si nous sommes collectivement capables de faire la paix et de garder notre démocratie.

A nous, dans l'unité politique d'une gauche retrouvée, de défendre cette paix et cette démocratie, quitte à les réinventer.


JMG





lundi 30 septembre 2019

Chirac : le roi est mort, vive le roi

L'émotion passée, légitime sans doute, même si elle aura été entretenue par une monde politico-médiatique exagérément unanime, il faut s'interroger sur le sens ou le bien-fondé de cette béatification populaire et laïque. 
Oui, le roi est mort,  mais vive le Roi ! E. Macron lui-même ne peut que se sentir visé par cette funèbre consécration, en creux. Il peut se penser l'héritier et porteur d'une flamme historique, il ne nous aura pas d'ailleurs épargné ses sorties larmoyantes en l'honneur posthume d'un de ses prédécesseurs. Il a dû penser à sa propre mort future de président, glorieuse et nostalgique. Pour l'heure c'est bien lui le président qui en aura remplacé d'autres, dans cette V éme république où tout  doit changer pour que rien d'essentiel ne change. 

Jacques Chirac est mort, deuil national pour ce roi qui fit partie, la République ait son âme, de cette monarchie républicaine que la France a inventée, unique au monde, surprenante. Chirac, comme aujourd'hui Macron, était un conservateur. Ne nous leurrons pas : ami du peuple pour l'affiche mais n'hésitant pas, parce que c'était de sa culture, à revenir sans hésitation sur des conquêtes et acquis sociaux dont il savait pourtant, lui dont on dit qu'il avait vendu l'Humanité lorsqu'il était à Sciences Po ( à vérifier quand même), qu'elles avaient été emportées de haute lutte.

En 2002, il gagne contre Le Pen avec l'appui d'un électorat de gauche particulièrement mobilisé, mais sans que ce sursaut historique du peuple français fût payé en retour. Bien au contraire il faisait voter avec le bon gros Raffarin, qui lui voulait carrément la mort du socialisme et s'en vantait, une réforme des retraites qui en 2003 sonna le glas d'un politique qui jusque là avait su ménager la fonction publique et ceux qui la servaient.
Plus tôt, la fameuse "fracture sociale", qui le fit élire en 1995 contre Jospin, ne fut qu'un artifice aux dépens des gogos même si cela n'empêcha pas le sursaut réussi des organisations syndicales. Celles-ci dont FO, la CGT (et hormis la CFDT qui se rangea aux volontés du pouvoir) empêchèrent la suppression des régimes spéciaux de retraite et réussirent à conserver une Sécurité Sociale salvatrice issue de la Libération.

Chirac fut une girouette politique, certes, mais dans un sens du vent finalement assez constant, celui de la régression sociale. Celle-ci passait d'autant plus facilement que l'homme était sympathique et "humain". C'est encore lui qui fut, comme premier ministre en 1986, à la barre pour faire adopter la suppression de l'autorisation administrative de licenciement pour motif économique. C'était à la demande d'un patronat (le CNPF à l'époque, ancêtre du Medef), qui lorgnait avec insistance sur cet ultra-libéralisme qui gagnait l'Amérique de Ronald Reagan et la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher. Le patronat français en échange promettait à l'exécutif français la création de 350 000 emplois. Rien de tout cela n'advint et au contraire le chômage et la précarité prenait un cours ascendant, permis et encouragé par cette première "flexibilisation" du travail.

Cette flexibilité accompagna des nombreuses privatisations (souvent partielles il est vrai) sous son gouvernement entre 1986 et 1988, qui rapportèrent quelque deniers à l'Etat mais qui en'trouvait la brèche à une économie hautement financiarisée, fabrique du chômage aujourd'hui.
Sur l'Europe, Chirac passa de l'appel de Cochin en 1978 qui dénonçait "le parti de l'étranger" à un européisme excessif que nous subissons aujourd'hui.

Chirac était un homme de pouvoir. Pour le gagner ou pour ne pas le perdre, il céda à la tentation de la xénophobie empruntant un vocabulaire de l'extrême-droite. On se rappelle bien sûr "le bruit et l'odeur" discours nauséabond et effarant dont il ne crut jamais bon de s'excuser envers ceux qu'ils visaient.

On voudra bien retenir quelques points qu'on jugera positifs comme par exemple le refus de participer à la guerre d'Irak en 2003 contre une Amérique plus que jamais arrogante. Il aura ainsi fait éviter au pays une aventure funeste, contrairement à d'autres qui se seront montrés davantage bellicistes et atlantistes comme Sarkozy, Hollande, Macron.
Chirac aura évité pendant sa gouvernance de faire de notre pays un lieu privilégié du terrorisme international. Ce fut sa façon la plus habile, et la plus utile, de rentrer dans l'histoire.

On peut lui être gré enfin d'avoir dissous l'assemblée nationale en 1997, même si pour la droite ce fut une gaffe (tant mieux), laissant la place à Jospin qui, peu ou prou, conduit une politique de gauche, et fit de la réduction du temps du travail un instrument de politique économique, avec la création de 500 000 emplois, bien plus que les 350 000, voire le million promis, mais non tenus, par le patronat français.

Enfin on peut saluer la création du musée des arts primitifs quai Branly à Paris. Gageons que la culture, elle, même la plus ancienne, ne meure pas.


JMG






mardi 25 septembre 2018

Encore une, et pas des moindres


Le gouvernement nous prépare une énième réforme des retraites comme si celles de 93, 2003, 2010, 2012…n’avaient pas suffi ! Celle qui advient devrait en remettre une couche s’agissant de l’abaissement programmé des retraites. Cette réforme comme les autres concerne tout le monde, les retraités comme les actifs. Pour l’heure le gouvernement semblerait hésiter encore entre le régime par points et le système notionnel. Les deux relèvent d’un système par répartition, c’est-à-dire que les salariés d’aujourd’hui contribuent par leur cotisation et de façon solidaire aux retraites d’aujourd’hui.

Dans le système par points, le montant de la retraite se calcule en considérant l’ensemble de la carrière et non plus, comme c’est le cas encore aujourd’hui,  en extrayant les meilleures 25 années pour le secteur privé ou les 6 derniers mois pour la fonction publique.
Ce système au passage permettrait au gouvernement et au patronat de se débarrasser de la question de la date butoir, plus besoin de savoir si celle-ci est fixée à 60, 62, 65 ou 69 ans voire plus, c’est le futur retraité qui choisirait sa date de départ en toute liberté. Cette liberté est bien entendu illusoire, il est clair que beaucoup seront enclins à aller le plus loin possible. Ainsi verra-ton des salariés encore au boulot alors qu’ils auront atteint jusqu’à 80 ans peut-être, comme déjà aux Etats-Unis.
Dans ce système la valeur du point évoluerait donc en fonction des prix à la consommation hors tabac et du salaire moyen des cotisants.

Autre système, les comptes notionnels individuels calqués en partie sur les fonds de pension, puisque intervient la notion de capital, mais seulement virtuel. Le montant de la retraite résulte de ce « capital virtuel » accumulé tout au long de la carrière par ses cotisations associé à l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient le salarié au moment de son départ à la retraite.
Plus l’espérance de vie s’accroit moins le montant de sa retraite sera élevé comme une invite à ne pas mourir trop tard ou bien à choisir un âge de départ à la retraite  suffisamment tardif pour ne pas entrer dans la pauvreté voire la misère.
Il est un troisième système que pourrait choisir le gouvernement c’est un mixte des deux comme l’a fait déjà la Suède ou l’Italie.

Au total, la réforme envisagée, loin de permettre une plus grande égalité entre les salariés permettra surtout à Macron et son gouvernement de baisser sensiblement le niveau des retraites, baisse évaluée à 15 % au moins dans le meilleur des cas.  Il est temps de faire contribuer les milieux financiers au nécessaire équilibre du système. Des syndicats telle la CGT continuent à raison de revendiquer une hausse générale des pensions indexée sur les salaires avec un retour sur la possibilité de partir à soixante ans, voire cinquante ou cinquante-cinq ans pour les métiers les plus pénibles.
Il s’agit aussi d’augmenter les salaires, tout en revendiquant l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Le pouvoir devrait prioritairement faire baisser le chômage car c’est là que réside la raison principale du déséquilibre. Au contraire il supprime des emplois publics, le candidat d’en Marche en 2017 envisageait d’en supprimer 120 000 ! Il semble ne pas avoir abandonné son projet désastreux pour le pays.

A nous de nous mobiliser et de résister.

JMG

vendredi 15 juin 2018

Mort aux pauvres

Emmanuel Macron dit combattre la  pauvreté,  mais il combat les pauvres eux-mêmes.
Il le fait de façon délibérée, réfléchie, sans état d'âme, fidèle à ce qu'il est. En bon communiquant il feint un discours non-officiel dans la pénombre de la préparation d'une réunion officielle, et cela devant des caméras et micros négligemment mais sciemment allumées.
Ainsi a-t-il déclaré le 12 juin dernier, de l'Elysée même, son antre, sa tanière, bien à l'abri de la situation catastrophique qu'il contribue lui-même à créer : "on met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas » révélant ainsi, à qui veut bien l'entendre, et cela aura été fait pour être entendu, que retirer ce "pognon" ne changerait rien à la situation des plus démunis.
De cette façon travaille-t-il l'opinion à la baisse drastique des aides sociales et d'une manière générale à la baisse du niveau de protection sociale dans notre pays. Il prépare les esprits à la déchirure de notre contrat social, en appliquant avec entêtement les réformes néo-libérales imposée par une Union Européenne essentiellement monétariste.

Or, les minimaux sociaux ont permis à la France de faire front avec une certaine efficacité aux crises financières et économiques qui se succèdent depuis des années et qui continuent de frapper la population dans un contexte de mondialisation déréglementée. La protection sociale sert en effet d'amortisseur à des crises dont le monde du travail n'est nullement responsable.

Il est d'ailleurs étonnant que l'on se penche sur ces supposés excès des aides sociales alors qu'en même temps on ne rechigne pas à "aider" ou assister des entreprises parmi les les plus puissantes du CAC 40.


L'argent du CICE notamment, sans compter d'autres formes d'exonération fiscale ou sociale, coûte à la collectivité au moins vingt milliards d'euros par année.

Il est établi que cet argent n'aura pas servi à l'investissement dans les entreprises, ni même à l'emploi. Où sont les un million d'emplois annoncées ou espérées par le Medef ?
Par contre, ces aides auront probablement abondé les dividendes des actionnaires lesquels en 2017 auront touché 57 milliards de plus en six mois. Dans le même temps les minima sociaux représentent 26 milliards d'euros par an.

Deux poids deux mesures, pour "un pognon dingue" en effet !

JMG




samedi 24 juin 2017

Des mots et des mensonges

"Mal nommer un objet c'est ajouter au malheur de ce monde" ce mot d'Albert Camus peut s'appliquer à cette entourloupe gouvernementale revendiqué et appuyé depuis fort longtemps par le Mouvement des entreprises de France (Medef).
Plus c'est gros plus ça passe, et plus le mensonge, incarné ici par la confusion des termes, s'installe pour créer du malheur supplémentaire dont le peuple français comme le monde du travail n'avaient vraiment pas besoin.

Ce n'est pas de l'humour mais c'est vrai qu'on pourrait en rire tant c'est gros et grossier.
Déjà les salariés du bâtiment connaissait les CDI de chantier. Aujourd'hui E.Macron avec un nouveau droit du travail qui voudrait laver encore plus blanc que blanc, sous prétexte que cela combattrait le chômage, entend imposer à l'ensemble de salariés la possibilité d'un contrat dit de projet, "à durée indéterminé". En réalité, c'est tout le contraire d'un CDI tel qu'on a coutume encore de l'envisager. Mais cela devrait faire mouche, on dira que le président Macron est déterminé à se battre contre la précarité de l'emploi.

On veut donc nous appâter par un mensonge, en jouant sur le vocabulaire, et on y réussit en partie, les honnêtes citoyens n'y verront que du feu comme la plupart des gens pour qui le droit social restera toujours du chinois, peu enclins à vouloir y comprendre quelque chose,  découragés en cela par quelque Bayrou démagogue qui jetait comme un pavé le Code du Travail en prétextant qu'il était trop gros, trop lourd !
Mais le quidam en entendant le vocable CDI comprendra à tort que le pouvoir veut promouvoir la stabilité et la permanence dans l'emploi plutôt que d'encourager une précarité dont on affuble précisément le Contrat à Durée Déterminé, CDD.
Ainsi avec cette nouvelle disposition, par une habile et pernicieuse inversion des termes, le nouveau CDI, le "mal-nommé" comme aurait dit Camus, sera encore plus précaire que le CDD !

En effet, le terme "indéterminé" est justifié ainsi non pas du point de vue du salarié mais de celui de l'entreprise. C'est le projet qui est indéterminé et c'est le projet qui donne la durée à ce nouveau contrat. On attend à cet égard des précisions du gouvernement mais quel sera précisément les contours du "projet", comment ce dernier sera-t'il défini, ne sera-t-il pas au contraire sujet à toutes les imprécisions, toutes les indéterminations ? 
Le salarié va donc se trouver encore plus démuni, dépossédé de droits que lui donnaient les véritables contrats à durée indéterminée. Il s'agira bien d'un contrat à durée déterminé par la durée du projet lui-même avec au passage la suppression de la prime de précarité. Il n'y a pas pour le Medef de petites économies.

Avec la multiplication de ces soi-disant CDI, il n'y aurait plus, ni vu ni connu, de licenciement économique. Le "projet" achevé le salarié pourra être remercié sans ambages. Ne se rapproche-t-on pas ainsi tout bonnement de l'emploi à la tâche, comme au dix-neuvième siècle, avant tout droit du travail codifié et respecté ?

Macron, et pas seulement lui en matière de droit social ou de vocabulaire, n'ont pas fini de nous faire marcher.

JMG

samedi 7 novembre 2015

Grosse bourde chez Bourdin

Que la nouvelle ministre du travail ne connaisse rien, ou pas grand chose au Code du Travail, finalement ce n'est pas trop grave, elle n'a pas fait l'ENA et ne sait donc pas répondre aux questions dont elle n'a pas la réponse.

Je me suis mis à la place Myriam El Khomri, ministre du travail presque malgré elle. C'est vrai qu'il ne doit pas être si facile, assez vexant même, de se faire piéger par un Gourdin au moins aussi ignorant et imbécile que soi-même. Mais lui au moins n'est pas ministre ! Il est juste à RTL, et a donc beaucoup d'excuses ou "à décharge" à faire valoir.

Reste le problème de fond, en dépit de cet épisode qui pourrait cacher ce qui au fond fait le plus mal : comment a-t-on pu de la sorte mettre au premier rang du débat public la question du Code du Travail alors que d'autres priorités pourraient et devraient être stratégiquement mises en avant de la part d'un gouvernement...de gauche ?

Pardon de remuer le couteau dans la plaie mais...quelle irresponsabilité ou quelle traîtrise, au mieux quelle inconscience, ont pu être assez puissantes pour transformer la défense du monde du travail, pourtant une des missions essentielles de la gauche, en des attaques quasi-obsessionnelles contre le Code du Travail ? Et tout cela,bien entendu, avec la bénédiction et les encouragements d'un Medef qui n'en demandait pas tant. Ce code du travail, qui n'est pas moins complexe ou volumineux que le Code du Commerce, n'est-il pas fait précisément pour compenser le rapport de subordination entre l'employeur et l'employé, pour le rendre plus vivable ?

Et donc ce n'est pas cette ministre que j'accuse d'incompétence, mais c'est bien Rebsamen par exemple, le père géniteur des fameux trois CDD en 18 mois qui furent à l'origine des questions de Bourdin : car il faut être complètement à l'ouest pour croire que la précarisation des plus jeunes sera de nature à combattre le chômage. C'est le contraire qui se passera ! C'est aussi Macron, Valls, Hollande que je soupçonne de traîtrise et d'incompétence, ce sont eux les responsables, ce sont eux qu'il faut blâmer en premier.
Car l'affaire est grave, et en effet elle n'est pas fini, la destruction en règle du code du travail ne fait que commencer ne serait-ce que parce que bientôt, trop tôt, le mimétisme et la surenchère aidant, la droite pourrait revenir avec une volonté plus que jamais destructrice des droits des salariés.

Non content de la précarisation de la jeunesse, le gouvernement prévoit, pour rendre plus "fluide" le marché du travail, de donner la priorité aux accords d'entreprise au détriment de la loi. Cette remise en cause de la hiérarchie des normes, bien qu'elle ait été démentie par Manuel Valls, risque d'être catastrophique pour l'emploi. Comme se plaît à le répéter Gérard Filoche, "autant de contrat que possible, mais autant de loi que nécessaire", car la loi reste l'ultime rempart contre l'arbitraire des employeurs lesquels aujourd'hui sont eux-mêmes souvent confrontés aux exigences et à la dictature des financiers.

En ces temps de crise endémique, revenir sur les droits collectifs des salariés, faciliter de fait le recours aux licenciements ne favorisera pas pour autant les embauches. Les négociations n'ont pas commencé mais cela n'a pas empêché Valls (communiqué de la CGT en date du 4 novembre) d'indiquer que la réécriture annoncé du Code du travail ne se ferait pas à droit constant.

Comme quoi la simplification du code n'est qu'un prétexte grotesque et mensonger pour cacher le recul des droits des salariés au nom de la compétitivité des entreprises qui pour autant ne reviendra pas. Et pas, en tous les cas, parce que le Code du Travail aurait perdu dans la course quelques grammes ou quelques pages.

JMG




samedi 31 octobre 2015

Ce qui m'épate le plus

C'est bien l'entêtement de ce gouvernement à vouloir continuer une politique qui ne marche pas et qui nous fait reculer tous ensemble !
Le gouvernement Valls ne peut pas penser autrement qu'en termes de réduction de dépenses publiques, à tout prix, pour prétendument relancer la croissance. En cela il est parmi le pire des gouvernements néo-libéraux connus jusqu'ici.

 Hollande n'était pas obligé  de décider, fin 2013, ce pacte dit de responsabilité qui va au delà des exigences de Bruxelles. Le carcan européen apparemment, de façon suicidaire, ne lui suffisait pas !
Ce "pacte", toujours en vigueur aujourd'hui, est censé faire reculer le chômage en créant pas moins de 200 000 emplois d'ici 2017. Comment ? En accordant 41 milliards d'euros d'aide aux entreprises sous forme de réduction d'impôts ou d'exonérations sociales (lesquelles affaibliront plus encore la sécurité sociale...)

On pourrait faire un premier bilan des effets de ce cadeau monumental aux entreprises. On est loin en effet encore des 200 000 emplois prévus et sans doute n'y parviendra-t-on jamais.
Car le gouvernement, et de manière délibérée, réfléchie, n'a prévu aucune contre-parties, celles-ci   ayant été laissées aux bons soins des partenaires sociaux. Et donc, comme il était prévisible, le Medef se fait prier. Il ne lâchera rien. C'est que le rapport de forces, dans les entreprises, ou plus largement dans les branches d'activités, n'est pas aujourd'hui à l'avantage des organisations de salariés qui les défendent encore. 
D'autant que les directions nationales des syndicats dits réformistes comme la CFDT sont à l'appui sans sourciller d'un patronat de plus en plus arrogant, de plus en plus exigeant envers le monde du travail.
Ce que le Medef lâchera le sera bien évidemment au profit des actionnaires, très peu pour les investissements des entreprises et encore moins pour les salaires !

Mais il y a plus grave encore, ces quarante milliards il faut les trouver quelque part. Le financement se partage donc en des réductions drastiques de crédits sur la période 2015-2017 : moins 18 milliards aux dépens des services de l'Etat, moins 11 milliards pour la protection sociale, moins 11 milliards pour les collectivités locales.
C'est ainsi qu'un gouvernement dit socialiste continue d'appauvrir les citoyens et, ce faisant, aggrave les inégalités. Ces aides en effet se traduisent surtout par des augmentations de dividendes.

Les diminutions de ces crédits correspondent à des choses bien concrètes, comme par exemple le gel du point d'indice de fonctionnaires, le gel de certaines prestations sociales, la non-revalorisation des retraites, on en passe et des meilleures.

Par ailleurs, les 11 milliards dont elles devront se passer sont en train de déstabiliser les collectivités locales. Ces réductions de crédit, peu importantes en valeur absolue mais essentielles en valeur relative, atteignent de manière de plus en plus préoccupante les économies locales. Il n'y a pas un jour où un patron ( le même parfois qui n'a pas de mots assez durs contre la dépense publique) se plaint dans la presse de la baisse d'activité consécutive à des commandes qui ne sont plus passées par les communes, les départements, les régions.
Les travaux publics se réduisent comme peu de chagrin et ont des conséquences désastreuses en matière d'emploi !

Tout cela à la veille des élections régionales. Mais de cela le gouvernement  n'en a cure, il est hors-sol. Et la foi aveugle que garde la majorité du parti socialiste en ce gouvernement, confine à la bêtise, à l’inconscience, ou pire à la lâcheté. Mais où est passé l'esprit critique qui faisait la force il n'y a pas si longtemps encore de ce parti ?

C'est triste, c'est inacceptable, c'est irresponsable. Cela se traduira prochainement dans les urnes.

JMG






samedi 5 septembre 2015

Valls et Macron, ou les vertiges de l'amour

L'année dernière déjà, à l'université d'été du Medef, Manuel Valls avait fait sa déclaration en faveur des entreprises par un tonitruant, vibrant et énamouré "moi, j'aime l'entreprise". Peu de temps auparavant, à Londres, à l'adresse d'un parterre d'hommes d'affaires britanniques, il lançait avec un accent qui se voulait britannique, genre City sensible très favorisée, un vibrant "my government is pro-business".
Et c'est Emmanuel Macron à son tour qui assurait devant une assemblée de patrons plutôt bronzés pour cause d'université d'été, que lui, Emmanuel, ne se contentait pas d'aimer l'entreprise mais qu'en plus il en donnait les preuves. Tout ça sous un tonnerre d'applaudissements patronaux. Indécent.

Il fallait alors fixer son regard pour voir à quel point l'amour, surtout celui-ci, peut rendre idiot. Mais il n'est pas mort malgré le ridicule. Aucun des deux d'ailleurs, ni Manuel, ni Emmanuel, politiquement ils sont toujours là, contre l'intérêt du camp qui les aura portés au pouvoir.

Tout cela était préparé, la piste bien damée. De longue date la vulgate néo-libérale modèle les esprits pour nous donner qu'une seule vision de l'entreprise. Ainsi, le code du travail serait trop lourd, trop difficile à appliquer, constituerait de par son opacité ou son extrême complexité un frein à l'emploi. Et tous y vont désormais de leur petit discours, y compris "à gauche", comme Lyon-Caen ou Badinter, dans l'air du temps.

Avant c'était plutôt la droite qui osait dire cela, timide encore à rapporter ou relayer les propos d'un Medef prêt à toutes les impostures, comme la promesse de créer des millions d'emplois contre un allègement de leurs "charges". De là les exonérations des cotisations, un CICE en mal de discernement et toute autre forme d'aides qui en réalité n'auront en termes d'emplois ou de richesses rien apporté, à part une charge supplémentaire pour le contribuable.

Aujourd'hui, la droite évidemment surenchérit et c'est ainsi qu'on a attendu un Eric Woerth bronzé déclarer tout bonnement que le code du travail créait le chômage ! Pourquoi se gêner quand un gouvernement de "gauche" aura lui-même donné le départ, de façon concrète, comme la promulgation de la loi du 14 juin 2013 qui réformait fondamentalement le droit du travail ?

Ainsi la stratégie de nos néo-libéraux, plus ou moins parés du label de "socio", est fondée sur l'idée que l'efficacité d'une entreprise serait entravée par la loi comme opposable à tous sur le territoire national. Bouleversant la hiérarchie des normes ils voudraient ces "socio" que la loi fût soumise au contrat et donc, en l'occurrence,  en accords passées entre les salariés et les dirigeants d'entreprise. Ces accords étant conclus par branche d'activité voire par entreprise.
Cela est désolant, car c'est méconnaître les rapports de force sur les lieux de travail dans un contexte où l'action syndicale très souvent en France est dévalorisée voire entravée.

C'est en réalité une vieille idée qui fut avancée sous couvert de "modernisme" par la CFDT dès le début des années quatre-vingts. L'idée refait surface aujourd'hui avec une particulière acuité, sous la forme par exemple d'un rapport "Réformer le Droit du Travail" concocté par Terra Nova, Think Tank proche du parti socialiste. Réformer dans quel sens et dans quel intérêt ?

Un de ses auteurs, Gilbert Cette qui fut conseiller de Martine Aubry (bonjour la confusion idéologique !),  prône même un SMIC en fonction de l'âge et de la région.
Il est à déplorer que c'est sous le gouvernement actuel que ces idées prennent un tel essor médiatique et politique. La droite aura un programme tout tracé qui pourrait aller plus loin que les suggestions d'un Combrexelle, (chargé par le premier ministre de faire un rapport sur la place des accords d'entreprise qui aurait donc définitivement la primauté sur la loi.)

Ce n'est pas un hasard si Macron et Valls ont pour l’entreprise les yeux de Chimène, c'est l'aboutissement d'une pensée politique, d'une idéologie qui confondent business et entreprise.  C'est celle-ci qu'il faut aider mais comme lieu de création de richesses, et non les affairistes, en renouant avec une politique de la demande qui a été abandonnée par ce gouvernement.

Ce pouvoir donne au Medef des preuves d'amour sans contreparties. Pourtant la réduction du temps de travail pourrait en constituer une.
Mais Macron et Valls ne sont que des apprentis sorciers qui cèdent aux facilités idéologiques du moment. Il leur manque le véritable courage d'agir.

JMG


samedi 2 mai 2015

Pas trop tard


Le congrès de Poitiers serait-il celui de la dernière chance pour le parti socialiste ? Les militants, l’ensemble des adhérents, se posent légitimement la question. Il faut dire que la déception devant les actions du gouvernement depuis mai 2012, parmi plus largement le peuple qui l’a porté au pouvoir, est incommensurable. Il s’agit là d’une débâcle idéologique qui aura des conséquences durables. 
Comment pourra-t-on faire revenir les électeurs, des milliers d’adhérents dégoûtés de la façon dont on a pu les traiter, par la tromperie, par un langage à plusieurs fonds, tout en menant une politique néo-libérale qui aura sans complexe tout oublié de l’exigence sociale et économique ?

Le gouvernement, soutenu par le silence d’une direction socialiste sans conviction, aura appliqué l’essentiel des recommandations de la commission Attali, dans lequel un certain Emmanuel Macron a pu activement siéger, ou bien encore les conclusions du rapport Gallois qui donna naissance aux fameuses mesures de compétitivité des entreprises (le CICE notamment). Ces réformes depuis deux ans n’auront rien donné en termes d’emploi, elles auront revanche coûté quarante milliards supplémentaires que le gouvernement financera par davantage d’austérité avec des effets concrets sur l’ensemble de la population qui n’en finit pas de s’appauvrir dans un contexte d’inégalités croissantes.

Ces mesures auront accessoirement augmenté les dividendes des entreprises lesquels rien qu’en 2014 se seront accrus de 30%.

On aura donc écouté davantage les dirigeants des grandes entreprises, en oubliant les plus modestes. Le Medef n’en demandait pas tant ; et de surenchérir tous les jours dans ces exigences de flexibilisation du droit de travail. D’où l’embarras d’une droite qui se demande même si ses propres parts de marché politiques échapperont à cette confusion idéologique.

Alors bien sien sûr on en vient à se demander à quoi servent les Congrès du parti socialiste. Celui de Toulouse en 2012 pourtant très modéré, s’était terminé par un appel du premier ministre de l’époque, JMarc Ayrault, à un énigmatique « nouveau modèle français ». Cela ne voulait pas dire grand-chose, pourtant bien du monde applaudit et préfigurait ce qu’il advenait des votes de congrès. La nomination de Manuel Valls comme premier ministre finit, si l’on peut dire, de nous convaincre de nos doutes. Le parti socialiste risquait bientôt de n’être socialiste que de nom, on comprenait alors ceux qui revendiquaient l’abandon de ce nom-là pourtant chargé d’histoire. Finalement on se dit qu’on aurait dû les laisser faire et les laissait partir pour un autre parti en effet. 

Le congrès de Poitiers se tient à la croisée des chemins. Il est clair que si la direction actuelle l’emporte, le PS ne sera plus définitivement socialiste, ce malgré tous les éléments de langage de la motion Cambadélis qui voudraient nous faire croire le contraire.
Il ne resterait alors au PS qu’à piétiner les plates-bandes du centre droit. N’est-ce pas ce qu’au fond Manuel Valls voudrait ?

JMG