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samedi 31 août 2019

L'Europe : décidément non démocratique

Sans invention industrielle éco-compatible, dans une impasse démocratique dans laquelle elle s'est elle-même glissée, sans projet autre que monétariste, étrangère à elle-même, ne sachant qui elle est, et faisant fi volontairement ou pas des volontés citoyennes dans les nations qui la composent, l'Union européenne se meurt, et avec elle un idéal politique qu'on avait voulu indépassable. 

On peut voir là les raisons profondes de la volonté britannique de sortir de cette Union de la concurrence déloyale dite "libre et non faussée". 
Portée par un conservateur cette volonté d'en sortir n'est pourtant ni de droite ni de gauche, elle est une décision tranchée et définitive qu'on ne saurait modifier.

Ainsi Boris Johnson le nouveau premier ministre britannique, dans la mère-patrie du parlementarisme, suspend-t-il le Parlement de sa gracieuse Majesté. Jusqu'en octobre il n'en tiendra pas compte. (certains s'en offusquent, en France ça nous rappelle rien ?)
La Reine n'y peut rien et laisse faire, fidèle à une tradition dont elle est dépositaire de ne pas se mêler de politique.

Boris Johnson a choisi le l'épreuve de force avec l'UE. 
Il peut changer d'avis, paraît-il, mais pour l'heure tout désigne qu'il ira jusqu'au bout.
Il sait qu'il n'aura jamais de majorité au Parlement suffisamment solide pour le laisser sortir sans accord. Mais il est en position de force lorsqu'il rappelle le résultat du référendum de 2016, lequel est sans appel, près de 52% des voix pour la sortie de l'Europe ( Brexit.)

Rappelons que les exécutifs français, eux, à la suite de 2005, n'avaient pas eu cette délicatesse de se conformer aux résultats du référendum.
On pourrait même, question démocratie, en rajouter une couche : et notre Parlement à nous en France? A-t-il été, sous ce gouvernement ou sous d'autres, davantage été respecté ? La France, dans ce moment macronien en particulier, ne fait-elle pas aussi, à sa manière, et dans des proportions bien plus décisives,  l'impasse sur son Assemblée Nationale en la considérant comme une chambre ridicule d’enregistrement?

Mais revenons au fond de l'affaire. Quelle que soient les attitudes politiciennes de Boris Johnson, il restera peut-être celui qui n'aura pas trahi une volonté populaire clairement exprimée par les Britanniques. Il pourra se targuer de respecter la volonté du peuple.

Si la Grande-Bretagne, après trois ans, est toujours dans l'UE c'est que les conditions de sa sortie se sont révélés drastiques. On ne quitte pas l'Europe impunément, on peut en sortir certes mais dans une allée de schlagues et de bâtons, voilà la message que veut encore faire passer Bruxelles incapable de conduire de véritables et justes négociations. 

Car les négociations auraient pu se passer autrement, dans le respect mutuel. Mais il importait d'être exemplaire dans la sanction pour décourager d'autres envies de quitter le navire.

Il n'est pas certain cependant que les Britanniques en sortent vaincus. D'ailleurs qui aura gagner à ce conflit ?
Pas la France en tout cas qui souffrirait au moins autant que la Grande-Bretagne. La France est depuis des années en excédent commercial avec la Grande-Bretagne. Que se passera-t-il en cas de sortie sans accord ?

Au final les Britanniques sont en passe d'accomplir ce que, dans le sang et les larmes, l'Union Européenne a refusé aux Grecs.

JMG





samedi 21 octobre 2017

Chômage et atteinte à la santé

Le chômage en Europe est devenu endémique, et s’accroît d’année en année. Les politiques menées depuis des années sont censées le combattre mais en réalité l’aggravent en développant les inégalités et la paupérisation générale de la population.
On le voit en France avec la politique fiscale du gouvernement qui est en passe d'instituer, entre autres cadeaux aux plus riches, la suppression quasi-totale de l'ISF ainsi qu'une "flat tax" (prélèvement forfaitaire unique) qui permet de limiter à 30% l'imposition des revenus du capital.

Ces politiques d’austérité et d’inégalité, tout comme la flexibilisation du marché du travail,  conduisent à un chômage et une pauvreté qui deviennent insoutenables pour les populations touchées.
 L’Inserm (institut national de la santé et de la recherche médicale) a récemment produit une étude qui recense plus de 10 000 décès par an imputables au chômage.
Au chômage, on perd son salaire, sa dignité mais on perd aussi sa santé. Cela se traduit souvent par du stress, de l’hypertension, de l’addiction à l’alcool et au tabac et par un terrain propice à des maladies chroniques dont le cancer.
 L’institut de veille sanitaire pointait une augmentation moyenne de 1,5 % de suicides pour une augmentation de 10% du chômage.

Au delà des statistiques, le chômage est d'abord une souffrance dont notre société politique doit prendre la mesure pour mieux le combattre. Que cela incite nos gouvernants dont le premier d’entre eux, l’actuel président de la république, à ne pas user de propos vexatoires et désobligeants envers ceux qui précisément se battent pour conserver leur emploi.

Et surtout on peut appeler ces "responsables" gouvernementaux ou  à ne pas ajouter de la souffrance à la souffrance, ou du malheur au malheur, en intensifiant le contrôle des chômeurs, en les accusant comme l'a fait Castaner le porte-parole du gouvernement, de vouloir "toucher des indemnités chômage pendant deux ans pour partir en vacances", et donc en les rangeant parmi les pestiférés d'une mondialisation décidément coupable et meurtrière.
                                                                 JMG                                                          
sources : cese

vendredi 29 septembre 2017

Vendus !

C'est en effet à ce cri, vendus !, que nous devrions accueillir la dramatique absorption d'Alstom, la grande entreprise française qui nous avait valu le TGV,  par Siemens l'Allemande. Car il ne s'agit pas de mariage, loin de là, ou alors s'agit-il d'une union bancale et déséquilibrée où l'on voit dès maintenant quelles en seront les victimes.

Car c'est désormais Siemens qui commande et qui pourra, bien avant les quatre ans pendant lesquels, nous promet-on, rien ne serait commis en terme de licenciements, faire la pluie, le beau temps, et le gel surtout sur le territoire de Belfort.

Oui, comme le dit Montebourg, il aurait fallu nationaliser pour éviter cette énième catastrophe  de politique industrielle. Et tant pis si un ou deux imbéciles eussent pu alors, pour empêcher sottement tout débat, nous parler du Venezuela ou, comme Attali un jour, un des chantres de Macron, de la Corée du Nord.
Non, même le courage a été privatisé, ou plutôt confisqué des mains de ceux qui sont censés nous gouverner aujourd'hui. Ils ne nous gouvernent plus mais restent néanmoins, par leur inaction coupable, des facteurs de la carence industrielle qui sévit aujourd'hui en France.

La concurrence infra-européenne est faussée et bénéficie principalement aux pays du Nord de l'Europe et à l'Allemagne au détriment d'un équilibre et d'une harmonie qui devait être l'objectif européen.

L'épisode Alstom Siemens, tout comme le contrôle de STX par l'Italien Ficantieri, sont les récentes et spectaculaires illustrations de notre déclin industriel présent ou annoncé.
La CGT rappelait que l'emploi industriel avait reculé de près 25% en quinze ans et ne représentait plus aujourd'hui que trois millions de salariés.
L'industrie française n'atteint même plus les 10% du PIB alors qu'il se monte à 16% dans l'ensemble de la zone euro. C'est dire le danger qui nous guette, qui guette à terme notre indépendance politique et démocratique dans l'ombre d'une Union Européenne aujourd'hui en perdition.

La financiarisation outrancière des grandes entreprises sans que l'Etat veuille s'en mêler, même s'il fait semblant, est la cause de leur évaporation du territoire français. La gestion industrielle n'est plus la priorité, elle a laissé la place à une gestion financière qui échappe aux pouvoirs publics et bien entendu aux salariés qui sont les premiers à en souffrir.
Ce sont eux, en première ligne, qui sont ciblés par des politiques irresponsables qui laissent faire et s'en remettent au "marché",  par lâcheté ou par intérêt.

Au lieu de se laisser aller, comme Macron, à l'esbroufe d'une hypothétique nouvelle économie, et de s'acharner à détruire le droit du travail qui ne fera que faciliter les licenciements et donc à se priver de précieux savoir-faire, il est urgent de s'attacher à mener une politique véritable de ré-industrialisation.
Celle-ci demeure encore possible.

Commençons par dénoncer ces politiques d'austérité, dans l'obsession de la réduction des dépenses publiques, alors que la commande publique, comme aux Etats-Unis, est un des moteurs essentiels de l'activité industrielle.
Et profitons-en pour faire des choix stratégiques cruciaux, par exemple en investissant massivement dans la transition écologique !

                                                                       JMG



samedi 31 octobre 2015

Ce qui m'épate le plus

C'est bien l'entêtement de ce gouvernement à vouloir continuer une politique qui ne marche pas et qui nous fait reculer tous ensemble !
Le gouvernement Valls ne peut pas penser autrement qu'en termes de réduction de dépenses publiques, à tout prix, pour prétendument relancer la croissance. En cela il est parmi le pire des gouvernements néo-libéraux connus jusqu'ici.

 Hollande n'était pas obligé  de décider, fin 2013, ce pacte dit de responsabilité qui va au delà des exigences de Bruxelles. Le carcan européen apparemment, de façon suicidaire, ne lui suffisait pas !
Ce "pacte", toujours en vigueur aujourd'hui, est censé faire reculer le chômage en créant pas moins de 200 000 emplois d'ici 2017. Comment ? En accordant 41 milliards d'euros d'aide aux entreprises sous forme de réduction d'impôts ou d'exonérations sociales (lesquelles affaibliront plus encore la sécurité sociale...)

On pourrait faire un premier bilan des effets de ce cadeau monumental aux entreprises. On est loin en effet encore des 200 000 emplois prévus et sans doute n'y parviendra-t-on jamais.
Car le gouvernement, et de manière délibérée, réfléchie, n'a prévu aucune contre-parties, celles-ci   ayant été laissées aux bons soins des partenaires sociaux. Et donc, comme il était prévisible, le Medef se fait prier. Il ne lâchera rien. C'est que le rapport de forces, dans les entreprises, ou plus largement dans les branches d'activités, n'est pas aujourd'hui à l'avantage des organisations de salariés qui les défendent encore. 
D'autant que les directions nationales des syndicats dits réformistes comme la CFDT sont à l'appui sans sourciller d'un patronat de plus en plus arrogant, de plus en plus exigeant envers le monde du travail.
Ce que le Medef lâchera le sera bien évidemment au profit des actionnaires, très peu pour les investissements des entreprises et encore moins pour les salaires !

Mais il y a plus grave encore, ces quarante milliards il faut les trouver quelque part. Le financement se partage donc en des réductions drastiques de crédits sur la période 2015-2017 : moins 18 milliards aux dépens des services de l'Etat, moins 11 milliards pour la protection sociale, moins 11 milliards pour les collectivités locales.
C'est ainsi qu'un gouvernement dit socialiste continue d'appauvrir les citoyens et, ce faisant, aggrave les inégalités. Ces aides en effet se traduisent surtout par des augmentations de dividendes.

Les diminutions de ces crédits correspondent à des choses bien concrètes, comme par exemple le gel du point d'indice de fonctionnaires, le gel de certaines prestations sociales, la non-revalorisation des retraites, on en passe et des meilleures.

Par ailleurs, les 11 milliards dont elles devront se passer sont en train de déstabiliser les collectivités locales. Ces réductions de crédit, peu importantes en valeur absolue mais essentielles en valeur relative, atteignent de manière de plus en plus préoccupante les économies locales. Il n'y a pas un jour où un patron ( le même parfois qui n'a pas de mots assez durs contre la dépense publique) se plaint dans la presse de la baisse d'activité consécutive à des commandes qui ne sont plus passées par les communes, les départements, les régions.
Les travaux publics se réduisent comme peu de chagrin et ont des conséquences désastreuses en matière d'emploi !

Tout cela à la veille des élections régionales. Mais de cela le gouvernement  n'en a cure, il est hors-sol. Et la foi aveugle que garde la majorité du parti socialiste en ce gouvernement, confine à la bêtise, à l’inconscience, ou pire à la lâcheté. Mais où est passé l'esprit critique qui faisait la force il n'y a pas si longtemps encore de ce parti ?

C'est triste, c'est inacceptable, c'est irresponsable. Cela se traduira prochainement dans les urnes.

JMG






jeudi 6 août 2015

Compétitifs ou morts, ou les deux

Ce n'est pas parce qu'on n'en parle presque plus que le conflit des éleveurs est terminé, il ne fait même que commencer. Et au delà de la question de la viande, c'est toute l'agriculture qui est aujourd'hui en péril, l'agriculture française s'entend, soumise à une concurrence "libre et non faussée". Cette expression ferait rire si elle n'était la source de drames économiques et par voie de conséquence, s'agissant des agriculteurs, de drames humains, familiaux, sans compter le coût social. On entend ici par coût social le coût pour la société dans son ensemble, coût environnemental, coût pour la santé publique, coût culturel, avec le danger concomitant à moyen ou long terme que notre agriculture ne soit plus capable de  nous garantir l'autonomie ou l'indépendance en terme d'alimentation.

Le plus remarquable, le plus paradoxal, et le plus tragique en un sens, c'est que les agriculteurs-éleveurs au travers en tout cas des organisations censées les représenter, et c'est le cas essentiellement pour la FNSEA,  défendent une agriculture de type productiviste obligée de composer avec une concurrence le plus souvent déloyale issue d'outre-Rhin par exemple où les coûts salariaux ( y comprises les cotisations sociales qui sont du salaire socialisé) sont moindres que ceux pratiquées en France, quitte aussi à mettre à l'oeuvre des salariés étrangers payés au lance-pierre. Cet inégalité des coût salariaux s'applique de bout en bout de la filière viande et c'est au final l'éleveur français chargé de trinquer à la santé de la sacro-sainte compétitivité.

Quant aux marges des intermédiaires, dont celles des grandes surfaces, comment les dénoncer à ce point sans pour autant faire le moindre geste pour encadrer les prix de manière autoritaire, administrative ? Ce serait pourtant la solution, mais les temps ne sont pas à l'économie administrée. C'est bien dommage, on y reviendra peut-être, sans doute même, mais dans combien de temps, et après combien de drames ?

Il n'y a dans ce fonctionnement aucune trace de régulation, pourtant nécessaire, du marché. Celui--ci reste ouvert, libre, et on sait combien cette liberté-là est meurtrière pour l'ensemble de l'agriculture française. Pourtant la FNSEA et son président défendent les principes néo-libéraux, ainsi qu'une union européenne qui leur a pourtant tourné le dos, et qui a sciemment décidé de déréguler un marché qui demanderait pourtant une planification accrue. 

Alors ? Et bien tout ira au plus mal jusqu'à, non pas la prochaine crise car nous y sommes encore, mais jusqu'à la prochaine mobilisation qui pourrait être encore plus violente que la précédente.

JMG

mercredi 15 juillet 2015

Dégrèçons la Corrèze

Compte tenu d'un déficit commercial désormais insoutenable, la Corrèze se voit bientôt obligée de quitter la zone euro. Aucune date précise toutefois n'a été fixée. Ce serait, pour les plus pessimistes, l'affaire de quelques jours. Déjà de nombreux Corréziens font la queue devant les distributeurs automatiques, inquiets de la décision de la banque centrale de couper les liquidités. François Hollande, bien emmerdé (car de Tulle), a cependant déclaré qu'il favoriserait en priorité les intérêts financiers de l'Europe et par dessus tout protégerait son couple...franco-allemand.
"Entre ma mère (il veut parler de la Corrèze) et Merkel je choisis Merkel" a-t-il déclaré paraphrasant Albert Camus, sans rire pour une fois.

 Bernadette Chirac après avoir lancé une pétition pour le maintien de la Corrèze dans la zone envisage d'affréter un TGV pour collecter des pièces jaunes (en centimes d'euros bien sûr, pas en monnaie locale, pas folle la guêpe !).

La Grèce, en la personne de son premier ministre Alexis Tsipras, soutient la Corrèze. Il a déclaré qu'il valait mieux, pour elle aussi, un mauvais accord que pas d'accord du tout, surtout s'il n'était pas applicable.
Quant à Chirac il en déclaré s'en battre les...Il a ajouté :" C'est quand même pas maman à son âge qui va m'obliger à prendre le train, surtout avec ce grand couillon de Douillet !"

Le FMI est disposé, d'après nos informations, à consentir un nouveau prêt à la Corrèze mais moyennant l'abattage de la moitié de son cheptel (vaches, veaux, poules, cochons). D'après le FMI les économies de fonctionnement que cela entraînerait sont de nature à rétablir la confiance des milieux financiers.
A cela s'ajouteront la fermeture de la moitié des hôpitaux, la vente de la seule poste qui reste dans le département, la privatisation des trois quarts des établissements scolaires ainsi que la totalité des ports fluviaux et maritimes ( ce dernier point est douteux, mais il faut compter que le FMI n'est pas à une erreur près. )

 Bref c'est l'austérité et celle-ci pourrait bientôt atteindre plusieurs départements, la Corse pour ne pas la nommer ( surtout celle du sud) pour laquelle l'euro-groupe ne cache plus son agacement, et d'autres comme la Lozère, les Deux-Chèvres, peut-être même le Jura lequel, d'après notre envoyé spécial, a demandé l'indépendance. Carrément !
Les prochaines élections départementales risquent d'être mouvementées...

JMG

lundi 13 juillet 2015

En une seule phrase

Peut-être la fin de la démocratie parlementaire en Grèce :

« Le gouvernement doit consulter les institutions et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement »

Cette phrase est tirée de la déclaration du sommet de la zone euro sur la Grèce adoptée le 13 juillet dans la matinée, (et dont évidemment je ne connaissais pas la teneur au moment où, avant que cet accord n'intervienne, je rédigeais mon précédent billet. C'est que les événements sont allés bien vite ce matin.)

Cela nous rappelle l'obligation faite à la France et autres pays de l'euro-groupe de montrer leur projet de budget à Bruxelles avant d'avoir la possibilité de le faire adopter par leur Parlement respectif. Ainsi la Commission, dans le cadre du pacte dit de responsabilité, demandait à la France fin 2014 quatre milliards d'euros supplémentaire en recettes ou diminution de dépense publiques dans le projet de budget 2015.

François Hollande a donc agi aujourd'hui en terrain habituel, celui préparé par une "Europe" qui veut tout voir, tout savoir, faisant fi de la liberté des peuples telle qu'elle devrait s'exercer en tout cas au travers de leur pouvoir législatif.

François Hollande, et son gouvernement, (et Sarkozy n'aurait pas fait mieux lui qui aura fait le malin toute cette sainte journée en proclament qu'Hollande n'avait pas été à la hauteur), ont l'habitude de se conformer aux commandements de Bruxelles.
Pourquoi les Grecs ne suivraient-ils pas eux aussi ce chemin tortueux après tout, eux qui sont réputés être encore plus "fautifs", accablés d'une dette qu'on leur somme de rembourser au prix d'efforts surhumains ?

Je ne crois pas que François Hollande se soit montré particulièrement habile pour le coup, mais c'est vrai il aura fait le job, il sera apparu comme le sauveur de la zone euro, même si une fois encore au regard de la question européenne, ce sera au prix des principes essentiels de la démocratie. Pauvre Europe, qu'en reste-t-il ?

JMG

En sortir ?

On dit Tsipras défait, et les media de se réjouir de ses renoncements, pire de sa traîtrise supposée. Il n'en est rien. Tsipras a fait ce qu'il avait dit dans un chemin semé d'embûches. On dit que les Grecs dans leur majorité veulent rester dans la zone euro. Franchement, j'en viens à me demander pourquoi, dans quel intérêt ? C'est aussi au nom de cette exigence qu'Alexis Tsipras et son gouvernement paraissent avoir cédé sur les retraites, sur la TVA, et sur d'autres choses encore, essentielles, comme les privatisations de certains ports, quoique pour ce dernier point rien n'est acquis heureusement, Tsipras dans l'adversité réussirait même à sauver quelques meubles. 
Il fallait ces concessions de taille, en contradiction avec le "non" référendaire, pour amadouer les idéologues de Bruxelles  attachés aux dogmes néo-libéraux comme des bigorneaux à leurs rochers.

Ainsi, ce faisant et grâce à ces reculs, le gouvernement grec espère une aide supplémentaire ( rien que pour payer les intérêts, oui on marche sur la tête ! ) et un rééchelonnement  de la dette grecque. Mais cela il n'est même pas certain que Berlin l'accepte, et déjà les Finlandais qui fricotent avec l'extrême-droite, exigeraient des Grecs une sortie de l'euro, comme sans doute au fond la majorité des pays de l'Europe du Nord. 
Les fanatiques néo-libéraux sont aux commandes d'une Europe qu'ils précipitent vers le chaos. Elle est déjà bien mal en point, et si ce n'était que "l'Europe" encore, mais non c'est l'ensemble des peuples de l'Europe, les peuples allemands, français, portugais, italiens etc...tous soumis à une austérité qui fait de l'Europe, avec sa monnaie forte, la Suisse de la planète entière où l'on peut placer son argent avec une certaine sécurité. Pourquoi croyez-vous que les Américains ou les Chinois veulent garder intacte la zone euro, Grèce y compris dont la sortie possible pourrait en entraîner d'autres ?

Si donc le gouvernement allemand, car c'est lui réellement qui commande,  faisait capoter la négociation qui se joue aujourd'hui, le premier ministre grec pourrait au moins faire valoir d'avoir bien jouer, jouer jusqu'au bout la raison, la sagesse contre la folie des européistes. 

Et donc la Grèce dans ce cas quitterait l'euro. Et Tsipras, aux yeux de son peuple, comme à ceux du monde, ne passerait pas pour le jusqu'au-boutiste qu'il n'est pas et qu'il n'a jamais été.

JMG

lundi 29 juin 2015

L'Europe de Bruxelles et sa dette...démocratique

L'Europe, je veux parler de celle de Bruxelles,  est née d'un péché originel, celui du déficit démocratique. Il se perpétue sous nos yeux sans que nous, le bas peuple européen, n'y puissions rien, ou pas grand'chose.
L'Europe, celle qu'on voudrait nous imposer, c'est ce monstre manipulé par les financiers dont la bride a été lâchée par des politiques irresponsables. Ce ne sont pas ces derniers, forcément, qui s'en mordront les doigts, ils ne seront que les spectateurs d'une désolation dont les peuples seront les victimes.

Car est-ce être à la hauteur que d'avoir permis que le peuple français ne soit pas entendu lors du référendum de 2005 ? Et, surtout, pour quel résultat ? L'Europe est aujourd'hui en faillite, déjà au moins sur le plan économique et social : pas ou peu de budget pour agir, près de 20 millions de chômeurs, des inégalités qui ne cessent de croître, une misère qui gagne au point de conduire à la violence générale. On parle de rigueur budgétaire, ce n'est que de l'austérité, et les Grecs, le peuple grec, n'y sont pas pour grand chose. Mais ils sont de commodes boucs émissaires pour ceux qui rechignent plus que jamais à  endosser leur propre responsabilité, celle d'avoir tuer l'idéal européen.
La Grèce à cet égard est devenue un champ d’expérimentation. L'Europe devait la sauver, elle ne cesse au contraire de l'enfoncer en l'accusant de ses propres turpitudes ou de celles de ces banquiers indignes auquel elle a confié le pouvoir réel. Qui est à l'origine en effet de l'explosion des dettes si ce ne sont ces fameux banquiers qui ont accordé des prêts qu'ils savaient insolvables, et pour au final, comme toujours, les socialiser au travers des dettes dites publiques ?

Le peuple grec est aux abois, on prend cela comme un détail, l'essentiel étant aux yeux des media que la Grèce paye sa dette. La belle affaire ! Est-ce là l'essentiel, quand on sait que l'austérité imposée, au contraire, est de nature à l'augmenter. La dette en Grèce est passée de 136% du PIB en 2012 à 160% aujourd'hui.
Parallèlement, depuis 2010 le chômage dans ce pays a triplé, les salaires ont baissé de 30% et les retraites de près de 50%. 
Alors qu' au moins il soit permis de se poser la question de la viabilité de l'euro, tout comme celle de l'opportunité de sa sortie.

La semaine dernière encore la Grèce était prête à céder aux injonctions de l'eurogroupe en acceptant certaines de  ces exigences, au grand étonnement de certains qui commençaient à condamner les abandons ou les concessions du Premier Ministre grec.
Mais c'était sans compter l'aveugle sottise des créanciers qui refusaient, malgré les sacrifices nouveaux consentis, d'accepter le plan proposé par le gouvernement grec. Était-ce parce que ce dernier proposait notamment de porter de 26 à 30% le taux de l'impôt sur les sociétés ? Serait-ce une chose impie pour les fanatiques de l'ordo-libéralisme actuellement en vigueur en Europe ?

Cela permet donc à Tsipras de s'en remettre au peuple au travers d'un référendum. A quelque chose malheur est bon.
Ainsi pourrait renaître de ces cendres une démocratie jusqu'ici bafouée par une idéologie européiste pour qui décidément le monétarisme béat et criminel demeure le seul horizon politique.

JMG







lundi 1 juin 2015

quelques raisons de ma candidature à la tête de la fédération...

Je me présente au poste de premier fédéral pour le PS du Jura (motion B, "à gauche pour gagner"), c'est donc moi qui m'y colle sur une décision collective de mes camarades que l'on nomme, à tort, des frondeurs. Comme on sait, il n'y a de frondeurs qu'à l'Assemblée Nationale, et encore ceux-là frondent-t-ils modérément, je les trouve même bien "raisonnables".

Nous, nous sommes là pour rappeler à ceux qui ont été élus par la gauche en 2012 qu'ils devraient rester fidèles à l'ensemble de ses valeurs et, tant qu'à faire, la servir, la faire croître, la réunir.
Il nous semble qu'aujourd'hui ces socio-libéraux font le contraire, jouent la division à gauche par leur discours et leurs actes, même s'ils argumentent, et en un sens ils n'auront pas tort, que la gauche et la droite ce n'est pas pareil, et que la droite fera pire lorsqu'elle sera revenue, ce qui est encore plus vrai.
Nous redisons que le parti socialiste doit appartenir aux socialistes, pas aux néo ni même aux socio-libéraux. 

Manuel Valls, Emmanuel Macron, et d'autres moins en vue, sous prétexte de modernisme, remettent en cause les seuils sociaux dans les entreprises, suppriment les élections prud’homales, facilitent les procédures de licenciement, désindexent les pensions de retraite, privatisent les aéroports de Lyon ou de Nice, réduisent les dotations aux collectivités mettant ainsi en difficulté les services publics locaux de proximité...on en passe et des meilleures.
Hollande ne nous a pas trahis, mais il nous a trompés. La trahison s'accompagne des convictions qu'on a pu avoir un jour. Il y a au contraire dans la tromperie quelque chose de mûri, on sait ce que l'on fait, en conscience, et parfois depuis longtemps. Et donc oui je soupçonne Hollande d'avoir caché son jeu. Si véritablement il a toujours cru qu'il n'y avait pas d'alternative possible, il aurait fallu qu'ils nous le dise avant. Son quinquennat quoi qu'il arrive maintenant sera entaché de ce mensonge.

Dans le Jura trois motions se sont exprimés la A (Camba), la D ( Berger) chic ça rime, et la B, la nôtre, celle de Christian Paul, celle dont l'ambition est de revenir au socialisme et de combattre, notamment, les politiques d'austérité que le PS soutient au travers d'un pouvoir qui les applique sans ambages. Que n'aurait-on pas dit si elles étaient appliquées par un pouvoir clairement identifié à droite ? Ainsi ce pacte de responsabilité qui, décidé par le gouvernement, gêne toute reprise de l'activité puisque les 20 milliards qu'il nous coûte à nous contribuables ne reviendront jamais dans la production ni dans les salaires, mais iront pour l'essentiel alimenter des fonds de pension trop heureux de l'aubaine. Ainsi les marges des entreprises et leur hypothétique progression n'iront pas à l'investissement et se perdront dans les limbes de la spéculation financière. Non ce ne n'est pas ainsi que lutterons contre le chômage et nous tenons à l'affirmer haut et fort.

La motion B est celle qui défend le monde du travail, mes deux adversaires eux n'ont pas l'air de s'en soucier. Je ne les ai jamais entendu dire qu'il fallait le défendre. Or le code du travail et sa défense, pour ne citer que cette composante, font partie de notre identité politique. Nous sommes pour l'Etat Social qui est le garant du développement économique harmonieux. Les droits des salariés sont les garants et, loin d'en être une entrave, participent aux conditions du développement économique.

Je déplore encore que ce gouvernement n'aie pas su, ou pire, n'aie pas voulu travailler à une réorientation résolue de l'Europe. De fait l'Europe ressemble davantage aujourd'hui à une zone de libre échange qu'à un projet commun des nations dans le sens d'une harmonisation sociale par le haut.

Voilà donc brièvement le sens de ma candidature, aider modestement à remettre en marche un parti dans le sens du progrès social. Contrairement à d'autres nous ne serons pas les soutiens indéfectibles du gouvernement. Au contraire nous le rappellerons à ses devoirs et ses obligations.

Quant au plan local, et l'organisation de la fédération, je réserve pour l'heure mes propositions aux militants ou adhérents du PS jurassien.

JMarc Gardère

 http://congres.parti-socialiste.fr/motions/motion-b-a-gauche-pour-gagner

mardi 26 mai 2015

ça va, pas trop désespérant ?

Il serait temps d’abandonner la politique néo-libérale, de moins en moins sociale, actuellement menée par le gouvernement de Manuel Valls. Je rappelle que Manuel Valls avait fait à peine 5% lors de la primaire des présidentielles. Les socialistes n'avait donc pas voté pour ça, il y a là un véritable déni de démocratie, assez désespérant. Certains, sans doute par carriérisme, bien souvent déçu d’ailleurs, y compris dans le Jura, avait salué cette nomination par François Hollande, alors qu’elle ne correspondait ni à l’aspiration des militants ni aux électeurs de 2012. Elle marquait de façon violente la volonté de tourner le dos à une politique conforme aux valeurs du parti et de l’ensemble de la gauche.

Les politiques d’austérité actuellement menées en Europe sont désastreuses, elles sont sources de chômage et à terme de violence sociale, au risque de rompre un contrat social déjà bien fragilisé.
La France est écoutée, c’est une puissance économique essentielle en Europe, un gouvernement socialiste digne de ce nom devrait dire non à ce désastre et proposer une autre politique pour relancer l’activité et s’attaquer aux inégalités, véritables cause de « la crise. »

D'autre part, le projet de traité transatlantique se négocie dans notre dos. Il donnera encore plus de pouvoir aux grands groupes industriels et financiers, dont le siège n’est souvent pas en France, au détriment des petites entreprises et des services publics. Aucun bienfait de ce traité n’est à attendre, par contre l’écologie, la culture, la santé auront à en souffrir gravement. 

Il n’y a pas eu de réforme fiscale et le projet balbutié de retenue à la source ne répond pas à la question. Il y a c’est vrai une volonté de lutter contre l’évasion fiscale qui porte ses fruits, mais il faudrait davantage de courage politique pour revenir à une véritable progressivité de l'impôt, taxer les très hauts revenus et imposer davantage les rentes outrancières. Le plus grave c’est qu’on s’habitue à ces inégalités incroyables. Quant à la réforme bancaire elle a avorté. La spéculation se porte très bien, merci pour elle, et entament gravement l’investissement industriel au détriment une fois encore de l’emploi.

Tout est à reconstruire, au parti socialiste bien sûr, et à gauche aussi, peut-être faudra-t-il en effet repartir de la base, plus facile à dire qu’à faire, surtout dans un contexte et à la veille d'un congrès où les effectifs militants fondent à vue d’œil. En tout cas il s’agit que le parti socialiste retrouve une véritable autonomie vis à vis d’un gouvernement qui va à sa perte politique.
Localement, dans le Jura, je ne vois personne aujourd’hui capable de reprendre la flamme dans le respect des valeurs défendues traditionnellement par les forces qui appellent à la transformation sociale. Le parti socialiste doit reprendre le goût du débat qui est sa seule force, on ne peut pas compter seulement sur deux ou trois « camarades » dont on voudrait faire la carrière. Ceux qui ont été battus lors des dernières élections doivent en tirer les conséquences. Ce n’est ni avec du vieux, ni avec du jeune qu’on refera le parti, mais avec du neuf dans le respect des règles et des valeurs de la gauche. Le parti socialiste doit rester un parti de progrès social, dans une perspective d’union de la gauche, et ne pas lorgner vers le centre, voire la droite, car la place est déjà prise !

La gauche ne gagnerait rien à la mort du parti socialiste. Nous sommes à la croisée des chemins.

JMG





lundi 11 mai 2015

Congrès de Poitiers " A gauche, pour gagner »


Il faut faire gagner la gauche et le parti socialiste, lequel, ne serait-ce que pour des raisons historiques, reste une de ses composantes. C’est pourquoi le Congrès du parti qui va se tenir début juin à Poitiers est essentiel pour les forces progressistes de notre pays qui entendent se battre contre un néo-libéralisme qui envahit notre vie quotidienne jusqu’à vouloir la détruire.
Il s’agit d’abord de regagner la confiance de nos électeurs et de renouer avec notre base politique, le monde du travail.
Pour quelques avancées, comme la création de la banque publique d’investissement, ou la loi Consommation, ou le lois dites sociétales, combien de renoncements à défendre l’activité économique dans la justice sociale ?
Nous disons qu’il faut améliorer les conditions de vie des Français en augmentant le pouvoir d’achat des ménages. Cette exigence conditionne la relance de l’activité économique, c’est aussi comme cela que nous parviendrons à résoudre la question du chômage et du sous-emploi.
Nous proposons de recentrer les aides des entreprises qui aujourd’hui se font sans véritables contre-parties. Il faut absolument répondre aux fractures sociales et territoriales avec un plan pour les quartiers. Il s’agit de répondre au désarroi des populations, qui donne des ailes au Front National, par des investissements locaux et l’implantation de services publics.
Pour cela il s’agit de rompre avec les politiques d’austérité et rester ferme vis-à-vis de Bruxelles qui mène l’Europe à la catastrophe. Nous demandons que le gouvernement français mette un terme aux négociations sur le Traité Transatlantique qui signifierait autant de défaites pour l’écologie, la santé, la culture et l’ensemble de notre mode de vie. Il faut reprendre le chantier de la réforme bancaire et s’attaquer enfin à la réforme fiscale promise dans le sens de la progressivité de l’impôt. Il faut aussi sécuriser véritablement les parcours professionnels.
Sur le plan, local, dans le Jura, nous avons collectionné les défaites. Cela ne peut plus durer. Il faut absolument retrouver une véritable vie démocratique dans le parti et mettre fin aux égocentrismes sans fond politique qui nous ont mené où nous sommes aujourd’hui.
C’est pourquoi nous appelons les adhérents du parti socialiste du Jura le 21 mai prochain à voter pour la motion B « A gauche, pour gagner ».

 JMarc Gardère , mandataire de la motion B « à gauche, pour gagner »conseil fédéral
Bernard Colon
Valérie Depierre  conseillère régionale Franche-Comté, conseil fédéral
Guy Goursaud conseil fédéral
Robert Limat
Et beaucoup d’autres qui entendent contribuer à la fierté retrouvée de la gauche

samedi 21 février 2015

Loi Macron piège à c...

Voilà il a sorti son 49-3, Valls qui ne connaît que le rapport de force, tant pis si l'Assemblée Nationale ne sert à rien, on le savait, faut pas en faire tout un fromage en fifth republic zone.
La loi du sieur Macron ressemble à tout sauf à une loi, car l'Assemblée Nationale est sommée de fermer sa gueule sous peine de dissolution, (je suis particulièrement grossier ce soir, excusez-moi).
Difficile d'appeler loi cette liste interminable d'articles minables qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, qui passe du coq à l'âne sans braire ni glousser, une liste qui ressemble plus à une liste de courses pour super marché ouvert un dimanche terne et brumeux alors qu'une montagne dehors en plein soleil vous tendrait les bras, pas une liste à la Prévert en tout cas tant elle est triste et dénuée de la moindre poésie qui aurait pu malgré tout la sauver.

La forme n'est pas le fond mais ici curieusement la forme atteint le fond jusqu'à le dégrader et le rendre à sa misérable image, celle d'une législature qui s'enfonce, qui se noie dans les promesses non tenues et les régressions inattendues. 

Qui y a t-il de commun entre des articles qui permettront de faciliter les licenciements économiques et la libéralisation du transport voyageurs (au détriment du rail, de l'environnement et des transports publics en général), qui y a -t-il de commun entre un article qui organise la fragilisation de la justice prud’homale et un autre qui permet la privatisation de l'aéroport de Nice ?
Quel rapport entre permettre aux touristes Chinois d'aller faire leur marché le dimanche aux Galeries Lafayette et s'en prendre à tout va aux notaires, avocats, huissiers comme si ces derniers pouvaient coûter moins chers à la société que les multinationales américaines qui ne manqueront pas d'inonder ce nouveau "marché" ?
Et quel rapport avec la remise en compte des institutions représentatives du personnel ?

Cette loi est antidémocratique car sans même l'appui d'un calibre 49-3, elle est dans les faits à prendre ou à laisser, sans grande possibilité pour les citoyens d'être en mesure de séparer le bon grain, s'il en est, de l'ivraie. 

L'hétérogénéité de ce projet affaiblit l'Assemblée Nationale, il révèle une fois encore les limites d'une constitution à bout de souffle.
Où sont les grands textes législatifs qui par leur qualité, leur concision, leur cohérence ont forgé la République ?

Inacceptable ce texte de Macron, autant sur la forme donc, une forme substantielle, que sur le fond comme cette disposition qui défiscalise les actions gratuites et qui ferait perdre à terme aux finances publiques plus de 200 millions d'euros. Pire encore, la remise en cause une fois encore du code du travail mais là dans son essence même en voulant réduire le contrat de travail à un contrat civil de gré à gré. Une loi de fond donc qui sape les fondamentaux du monde du travail tout comme son moral. 

Tout cela confectionné, on ne le rappellera jamais assez, par un président qui fait le contraire ou à peu près de ce qu'il avait promis, et qui choisit un premier ministre qui fut largement minoritaire dans son propre parti, sans compter un ministre de l'économie qui manifestement méconnaît le monde réel.
Là sont les sources de la désespérance, de la désaffection politique, de la montée des extrémismes de droite et autres poujadismes.
Cette loi ne relancera en rien ni la croissance, ni l'activité, elle ne se justifie que comme gage livrée à une Europe qui allie l'austérité et le mépris des principes démocratiques.

Les urnes n'y pourront bien, on le sait, elles pourraient même apporter pire. La solution serait un réveil du mouvement social pour reconstruire la solidarité économique et sociale, et préserver ce qui peut l'être encore.

Gageons que ce mouvement social saura se déchaîner de toutes ces années de mensonges, et de tromperies assumées sans vergogne. Gageons qu'il saura reprendre enfin l'initiative du progrès véritable. 

JMG


lundi 9 février 2015

Grèce, mais qui c'est donc qui commande ?

Faut-il avoir été assez naïf pour croire que la BCE fût indépendante...des milieux financiers. Oui, Mario Draghi est un ancien cadre dirigeant de Goldman Sachs. Il connaît la musique, l'avait-on oublié ?

C'est vrai qu'on a pu s'y tromper lorsque le 22 janvier la BCE décidait d'inonder de mille  milliards la zone euro, donnant à penser, et à espérer, qu'enfin la banque centrale européenne avait pris conscience qu'il fallait au nom de la croissance, de la prospérité, de la lutte contre le chômage, et à l'instar de ce qui se passe aux Etats-Unis, même en moins massif sans doute, faire tourner la planche à billets.

On pensa alors que c'était là la préfiguration, ou une réponse anticipée, de ce qui devait (heureusement) arrivé quelques jours plus tard, la victoire de la gauche "radicale" en Grèce.

 Mais patatras, la BCE, décide quelques jours plus tard à peine, le 4 février, prise d'on ne sait quelle mouche punitive, de priver les banques grecques de leur source de financement. Elle décide de ne plus garantir les titres de la dette Grecque et laisse cette responsabilité (si j'ai bien compris...) aux banques centrales nationales, enfin celles qui le voudront bien...

En d'autres termes, la BCE soufflant le chaud puis le froid décide de ne plus rien prêter à la Grèce par "présomption" que celle-ci refuserait de conduire la politique d'austérité voulue principalement par l'Allemagne de Merkel.

Qui commande en Europe, Merkel, Goldman Sachs ? En tout cas ce n'est ni nous qui composons le peuple dans sa grand ignorance supposée, ni la Grèce, ou son gouvernement pourtant choisi par le peuple.
L'Europe a-t-elle jamais été un jour démocratique ? Rappelez-vous de 2005 où l'on faisait avaler au peuple français ses bulletins de vote majoritaires contre une Europe qu'aujourd'hui nous subissons, avec une peuple grec en première ligne de la souffrance sociale.

A jouer ce petit jeu, Merkel, Goldman Sachs, et leur complices que par charité...socialiste je nommerai pas ici, risquent de mettre définitivement le feu à une Europe déjà sur des charbons ardents.

Compte tenu de la situation intenable qu'on lui fait subir, le parti Syriza pourrait conduire la Grèce et son peuple à s'éloigner définitivement de la zone euro ( mais peut-être est-ce la volonté profonde de l'Allemagne après tout), en finançant elle-même à la place de la BCE les moyens publics d'un retour véritable à la croissance, la prospérité, et sortir enfin d'une austérité mortifère causée par une Europe décidément ennemie de la démocratie.
Oui, soutenons sans réserve le peuple grec, c'est dans notre intérêt, avant que notre tour n'arrive.

JMG

samedi 24 janvier 2015

L'euro moribond

Mais pas tout à fait mort encore, tout juste blessé, profondément, alors que certains s'ingénient à cacher ou retarder cette mort annoncée. Que la Banque Centrale Européenne autorise "une mesure d'assouplissement quantitatif", et de l'ampleur annoncée par Mario Draghi son président, est révélateur de cette lente agonie de la monnaie unique européenne.

D'abord apprécions comme il se doit les formules, leur côté étrange et savant qui permet à nos "économistes" de cacher la réalité, ou de penser l'enjoliver par un langage aussi pompeux que technocratique. Mais c'est que le bon peuple n'a pas besoin de comprendre : on pense pour lui.
Retenons sans nous laisser impressionner qu'une mesure d'assouplissement quantitatif, "quantitative easing" en anglais dans le texte, signifie faire tourner la planche à billet, pratique qui n'a rien de magique contrairement à ce que nos Européistes ont toujours voulu nous faire croire, et qui au contraire est largement utilisée par les États-Unis ou les Britanniques. La zone euro est la seule au monde qui s'interdit elle-même de battre monnaie se privant ainsi d'un moyen essentiel de sa politique économique.

Tous ses ennuis ne viennent pas de là mais il faudrait sortir de ce dogme premier pour combattre tous ceux qui en découlent dont les politiques d'austérité qui tuent les peuples ou, au mieux, les dégoûtent de l'Europe et de ses idéaux.

Ces rachats désormais possibles de dettes publiques, dont le gouvernement Allemand, et pas seulement pour sauver les apparences, ne veut pas qu'il soit opérés par la BCE mais par les États eux-mêmes, seront donc garantis par ces derniers.

Ainsi les dettes souveraines ne seraient plus un obstacle de la reprise économique, du moins le croit-on, du moins l'espère-t-on, les Etats nationaux devenant ou redevenant, responsables au final de leur dette publique (à hauteur de 80%) et redevables ainsi des pertes hypothétiques. Comment parler désormais de solidarité de la zone euro ? L'euro est-il toujours l'euro ? L'euro demeure-t-il une monnaie "unique" ? Peut-être, mais simplement du bout des lèvres.
Les Allemands y voient bien entendu le danger d'une inflation possible, accompagné d'une baisse de l'euro : pas bon pour les retraites par capitalisation pour lesquelles ils ont opté les préférant aux retraites par répartition. C'est pourquoi, ceci dit en passant, il faut continuer à nous battre pour notre système de retraite.

Que vaut-il mieux, le risque raisonnable de l'inflation ou la déflation mortifère qu'aujourd'hui les pays de la zone euro connaissent, et parmi eux plus cruellement la Grèce ?
Nos oligarques ont peur de voir la gauche, la vraie, triompher en Grèce. N'est-ce pas cette peur qui les a fait fait tant soit peu se bouger jusqu'à ce que la BCE elle-même remette en cause les dogmes des traités européens, donnant ainsi raison au peuple français qui les avait rejetés il y a dix ans déjà en 2005 ?

Mais cette opération de la BCE, acceptée de mauvaise grâce par l'Allemagne, ne servira à rien si on continue de mener des politiques d'austérité aussi inutiles et nuisibles que celle que nous connaissons.
Il faudra notamment se défaire du pacte de responsabilité, comme si les critères imbéciles de Maastricht ne suffisaient pas !, pacte dont le gouvernement Hollande s'est fait le chantre, plongeant ainsi le pays dans la récession dans la continuité du sarkozisme.
Il faut redonner confiance aux forces productives de ce pays, plutôt qu'aux milieux financiers qui ne produisent rien. Ainsi il est urgent qu'un gouvernement de gauche, notamment, s'attelle à des négociations salariales dignes de ce nom, et surtout renonce à s'attaquer, comme il le fait aujourd'hui, au droit du travail et à l'ensemble des salariés de ce pays. Bruxelles n'a pas à nous dicter sa loi, écrite ou non par le petit Macron.

Car ne pas revenir sur les politiques d'austérité actuellement en usage en Europe ne servira à rien et la décision le 22 janvier de la BCE ne fera au contraire qu'accentuer les bulles spéculatives.
Il est grand temps de revenir à l'économie réelle en relançant une demande qu'on doit espérer sociale et écologique.

JMG

samedi 23 août 2014

Eté pourri

Un temps de merde même, si je n'étais poli. Un avion en Ukraine qui s'écrase, touché par un missile, dit-on, dont on aurait perdu la trace et qui, selon les points de vue, ressemblerait plutôt à un avion de l'armée de l'air ukrainienne voulant porter l'opprobre sur des Russes qui n'y seraient pour rien. Rien n'est simple au Donbass, bien moins que ce qu'on voudrait nous faire croire.

Le plus étonnant dans cette histoire c'est que l'Europe a pris déjà parti sans trop connaître de ses intérêts, au risque qui plus est de déclencher un embrasement général, ou d'en être la principale complice. Les Etats-Unis, que l'on suit aveuglément, ne sont pas innocents. 
Ne serait-il pas dans cette histoire plus prudent, plus réaliste, et plus sage, de ne pas prendre le parti des va t-en guerre qui aujourd'hui voudrait faire l'histoire, comme si Août 14 cent ans avant, n'avait pas servi de leçon ? 
L'Europe a choisi de prendre fait et cause pour un gouvernement ukrainien dont on veut taire les penchants fascistes sous prétexte de pourfendre  l'autocratie poutinienne. Le gouvernement français a lui aussi, dans sa logique du moment, choisi son camp, le même que celui de Merkel, on s'en serait douté, la référence, le modèle, au risque commercial de perdre les commandes que la Russie a fait de ses deux bateaux logistiques. Un Mistral... deux Mistraux ? Que ne ferait-on pas pour faire plaisir à l'oncle Sam ou à son caniche Cameron, avec lequel aussi, complaisamment, on aboie ? C'est aussi une des (mauvaises) surprises qu'Hollande continue de nous faire.

N'aurait-il pas été plus judicieux pour le coup d'adopter une saine et profitable neutralité qui eût été bien plus courageuse, et surtout plus lucide ? L'Europe ne va-telle pas jusqu'à l'Oural ? L'avenir de la France n'est -il pas autant à l'Est qu'à l'Ouest, plus même si l'on en croit notre histoire culturelle commune ? Je le dis ici, les Russes sont nos amis ( pas nos ennemis en tout cas) au moins autant que les Américains sont imprévisibles dans leur propension, l'histoire le montre en effet, à toujours faire la guerre. Il y a du cow-boy même chez Obama.

Orage à Gaza, pluie de de bombes, et un peuple qui souffre le martyr sous les coups d'un Etat terroriste ( je sais, il en est d'autres, mais beaucoup moins efficaces finalement, si l'on en croit les comptabilités mortifères) qui frappent les femmes et les enfants d'abord. Malheur aux vaincus que l'on colonise en dépit des résolutions de l'ONU dont on bombarde jusqu'aux écoles que des enfants prirent pour des refuges. Mais tout ça n'est pas grave puisque l'Europe, encore, comme à chaque "réponse" guerrière, paiera la note des reconstructions à venir, si tant est qu'il reste dans la bande suffisamment de pierres. Mais pour Israël le combat continue, les Etats-Unis à qui elle sert de gigantesque porte-avions,  payeront la note des armes employées. Il faut faire marcher le complexe militaro- industriel et, en Israël même, alimenter une industrie sécuritaire qui ne fleurit que dans les champs de la désolation.
Et puis la guerre, sans doute, contribue à faire le ciment de ce peuple que De Gaulle avait l'audace  de qualifier de dominateur, mais dont on ne dit pas assez qu'il souffre sous un gouvernement d'extrême-droite, avec Netanyahu, qu'il a choisi pour son malheur.

Enfin l'Irak et ceux, qu'on a nous-mêmes armés, dont les armes se retournent contre nous. Un journaliste assassiné parce qu'il eut la mauvaise idée d'être Américain. il ne faisait que son travail pourtant et c'est pourquoi il est mort, victime de la barbarie. Mais ces bourreaux là ne furent -ils pas engendrés eux-mêmes par un terrorisme d'un autre genre, industriel celui-là ? Voilà donc une des nombreuses répliques de l'intervention des Américains en 2003 en Irak dont on sait aujourd'hui qu'elle fut  quasi-exclusivement attirée par l'odeur du pétrole.

Le terrorisme règne, dans toute son atrocité, et ce sont les innocents qui trinquent, bien davantage que les terroristes, de quelque bord qu'ils fussent. 

Il n'est de solutions que politiques sous peine que les hivers qui suivent, y compris dans les contrées qui nous sont proches, ne soient plus rudes que prévus.

JM Gardère

jeudi 6 mars 2014

« Il n’y a pas qu’une seule politique possible »


J’ai signé, comme 40% des membres du bureau national du Parti socialiste, ce texte qui dit notre désaccord sur "le pacte de responsabilité". Nous appelons  le gouvernement à une autre politique et disons non à la baisse du coût du travail. C’est le coût du capital qu’il faut baisser par une politique fiscale plus juste et une augmentation négociée des salaires.
Il est temps d’avoir une offre alternative à gauche, pour une véritable redistribution des richesses, qui remplace les milliards donnés au Medef sans vraies contreparties.

Nous appelons les adhérents ou sympathisants du parti socialiste du Jura à signer cet appel.

JMarc Gardère   
mandataire "maintenant la gauche"


La période est instable. De l’extrême droite qui se rassemble derrière des slogans racistes et antisémites à la droite radicalisée qui remet en cause la légitimité du Président de la République à gouverner, un front des conservatismes se constitue. Cette situation appelle une réaction forte. Une réaction essentielle pour reprendre la main, faire reculer le chômage et engager pleinement la transition écologique. Et ne pas donner l’impression que, malgré l’arrivée de la gauche au pouvoir, les droites et leurs « valeurs » sont en dynamique.
De toutes nos forces nous voulons que la gauche réussisse. Dix ans de politique de droite ont profondément abimé notre pays. La crise a dévasté nombre de territoires, plongé des millions de familles dans l’angoisse de la précarité ou du chômage.
A l’occasion de la campagne présidentielle, François Hollande a, à juste titre, pointé la responsabilité historique du monde de la finance dans les difficultés que traversent notre pays et notre continent. Il avait porté haut et fort l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. Pour sortir le pays du chômage de masse, il avait proposé une feuille de route qui n’oppose pas la production à la redistribution, l’offre à la demande, l’efficacité économique à la justice sociale.

Cette feuille de route, c’est toujours la nôtre.
Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, l’Union européenne subit toujours la crise et ses conséquences. Trois pays se trouvent encore sous assistance financière, le chômage atteint 12% dans la zone euro et la croissance est en berne.
C’est pourquoi nous continuons de penser qu’il est nécessaire de faire vivre la promesse de réorientation de la politique Européenne. Plus que jamais, la France doit créer les conditions d’un rapport de force favorable aux politiques de sortie de crise. La situation impose de nous dégager de la logique trop restrictive liée aux normes budgétaires et monétaires européennes.
La réduction des déficits préconisée par la Commission européenne a provoqué des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles. Surtout, ces « efforts » imposés aux populations n’ont pas permis de réduction de la dette publique. Elle est passée pour l’Union européenne à 27 de 62% du PIB en 2008 à 85% quatre ans plus tard. Loin de réduire la dette, l’austérité contribue à l’augmenter davantage.
Aujourd’hui, les critiques convergent pour remettre en cause des politiques socialement dangereuses et économiquement inefficaces. Les citoyens, mais aussi de grandes institutions comme le FMI, l’OCDE,  le BIT, pointent l’urgence d’une relance coordonnée en Europe.
Dans ce contexte, les élections européennes revêtent une importance particulière. Refonte de la politique commerciale, instauration d’une taxe sur les transactions financières, lutte contre les paradis fiscaux, politique monétaire au service de l’économie réelle, harmonisation sociale et fiscale, relance de l’investissement par la transition énergétique notamment, meilleure répartition du travail, smic européen : les socialistes porteront ces exigences en mai prochain.
Mais nous serons d’autant plus crédibles pour le faire si nous avons administré la preuve, en France, qu’il n’y a pas qu’une seule politique possible.
Or en dépit de la salutaire rupture avec l’ère Sarkozy, l’orientation en matière de politique économique suscite des désaccords et des inquiétudes dans nos rangs.
Nous ne nous reconnaissons pas dans le discours qui tend à faire de la baisse des « charges » et du « coût du travail » la condition d’un retour de la croissance. Il n’y a pas de « charges » mais des cotisations sociales qui sont en réalité du salaire différé.
Et nous sommes inquiets quand nous découvrons que la baisse des cotisations promise aux entreprises s’accompagne d’une réduction de 50 milliards d’euros des dépenses publiques en trois ans, sans même savoir quels sont ceux qui en supporteront les conséquences. Ce qui risque de rogner sur le modèle social français dont les grands principes ont été établis à la Libération.

La focalisation exclusive sur la baisse du « coût du travail » ne constitue pas une réponse adaptée
Comme l’ensemble de l’Union européenne, la France souffre de la crise. Les libéraux, dont le patronat se fait le porte-parole, associent cette crise à un problème global de compétitivité engendré par une explosion du « coût du travail ». Cette lecture nous semble contestable.
Depuis le début des années 90, des centaines de milliards d’aides, d’exonérations, de subventions ont été distribuées sans aucun effet sur l’emploi et la compétitivité de nos entreprises. Pire, elles ont alimenté la rente au détriment des salaires et de l’investissement. Entre 1999 et 2008, alors que les firmes allemandes ont réduit leur taux de dividendes versées de 10%, leurs homologues françaises l’ont augmenté de près de 50%. Le « coût du capital » n’a jamais été aussi élevé.
L’industrie française se délite et les politiques libérales de ces 20 dernières années n’ont fait qu’en précipiter la chute, croyant pouvoir créer une « France sans usine », renonçant à toute politique industrielle ambitieuse. Le renouveau industriel nécessite un renforcement de notre « compétitivité hors-coût » qui ne sera rendue possible que par des aides ciblées et d’une réorientation des bénéfices de la rente vers l’investissement productif.
Or, on ne peut que constater la victoire de la finance sur la production. C’est la conséquence de la concentration de la richesse entre les mains d’un nombre de plus en plus petit. Aujourd’hui, alors que 10 % de la population concentre 60 % du patrimoine, les banques imposent aux entreprises des règles qui donnent la priorité à l’accroissement systématique des marges. Dès lors, il ne faut pas s’étonner du mouvement de concentration du capital (les quatre premières banques françaises ont un bilan équivalent à 400 % du PIB) et de financiarisation de l’économie.
Enfin, ne nous voilons pas la face. La finitude des ressources naturelles, la hausse inéluctable du prix des énergies fossiles dont notre modèle de production et de consommation est dépendant, la stagnation de nos taux de croissance déconnectés du bien-être humain, nous obligent à imaginer un nouveau modèle de développement. De même, l’évolution des gains de productivité rend indispensable de réfléchir à une nouvelle répartition du travail. Mais ce nouveau modèle de développement est par définition antagoniste des logiques libérales, court-termistes, à l’œuvre de nos jours.
Pour nous, la priorité doit donc être la suivante: favoriser l’emploi et l’investissement productif aux dépens de la rente.

Les préconisations avancées jusqu’à présent sont déséquilibrées.
Les socialistes se sont toujours refusés à opposer offre et demande, production et redistribution, bonne gestion des comptes publics et relance de l’économie. Les propositions contenues dans le « pacte de responsabilité » semblent s’écarter de cette position d’équilibre.
1) L’objectif de baisse accélérée des dépenses publiques comporte des risques majeurs.
Le Président de la République s’est engagé à ne pas toucher au modèle social français. Néanmoins, la priorité accordée aux 50 milliards d’euros d’économies en trois ans, nous fait craindre une réduction du périmètre d’intervention de l’Etat, nuisible aux politiques sociales existantes et au fonctionnement des services publics.
Par ailleurs, elle réduit considérablement nos marges de manœuvres pour mener à bien des politiques ambitieuses dans le domaine de l’éducation, du logement ou de la culture. Comment continuer à soutenir l’effort de réinvestissement de l’Etat dans le domaine éducatif mené depuis le 6 mai, si les baisses de crédits y sont massives ? Comment soutenir l’exception culturelle si, pour la troisième année consécutive nous baissons le budget du ministère de la culture. Enfin, comment les collectivités territoriales pourront-elles continuer à être le premier investisseur public de notre pays, si elles doivent réaliser des coupes budgétaires massives ?
2) le redressement n’est pas possible sans la justice
A trop se focaliser sur « l’offre » et la « baisse des charges », le « pacte de responsabilité » risque de comprimer l’activité économique.
Notre pays doit partir de ses atouts : qualité de la main d’œuvre, de ses services et infrastructures publics. Agir  pour notre compétitivité, c’est penser dès maintenant le monde de demain et notre modèle de développement
C’est donc d’abord agir sur nos capacités productives (montée en gamme, sobriété énergétique de notre appareil productif, investissement dans les énergies renouvelables, utilité sociale) et sur nos infrastructures. Ainsi en 2011, les importations énergétiques pesaient 88% du déficit de notre balance commerciale, entamant d’autant la création d’emplois et les capacités d’investissement de nos entreprises.
L’investissement dans l’éducation, la formation, la recherche, la transition énergétique, sont autant de leviers pour une stratégie de développement durable à moyen et long terme. L’enchainement des crises ces vingt dernières années témoigne d’un système court-termiste à bout de souffle, qui ne répond plus au double impératif d’efficacité économique et de justice sociale. Cette option volontariste d’investissement que nous proposons est un moyen d’en sortir.
Mais cet effort serait vain si, faute de consommation, bon nombre d’entreprises n’avaient pas de carnets de commande remplis, si faute de «  planification » les industriels n’avaient aucune vision de l’avenir, et si faute d’anticipation ils n’étaient pas au rendez-vous d’une reprise française et internationale.
Dès lors, nous pensons que, dans la mobilisation générale pour l’emploi décrétée par l’exécutif, la consommation populaire doit prendre toute sa place. Elle passe notamment par une réforme fiscale de grande ampleur, comme l’a d’ailleurs proposé le Premier ministre. Loin de s’opposer, redressement et justice vont de pair.

Obtenir un compromis social favorable au monde du travail
La social-démocratie suppose que le parti majoritaire à gauche soutienne les syndicats de salariés pour arracher un compromis au patronat.
Si le Président a été très clair sur les avantages accordés aux entreprises, les contreparties demandées restent floues. Il faudra plus qu’un « observatoire » pour imposer amélioration des conditions de travail, discussion sur les salaires, partage du travail ou multiplication des embauches. D’autant que le MEDEF, par la voix de son président, refuse de rentrer dans une logique de « donnant-donnant » qui serait pourtant la moindre des choses. En lien avec les déclarations présidentielles, nous insistons sur la double nécessité de ne pas alimenter la rente pour servir l’investissement productif et de faire bénéficier les salariés, par le biais de la rémunération notamment, d’une part de cette aide.
Il n’y aura pas de « compromis social » favorable aux salariés sans mobilisation du parti, des parlementaires, du mouvement social. Salaires, embauches, réduction et partage du temps de travail, droits des salariés, contrôle des licenciements abusifs, modalités de remboursement des aides en cas de non-respect des engagements, politique de redistribution des dividendes : dans tous ces domaines nous devons porter des exigences fortes.
Oui, nous devons les porter, et en toute liberté. Sachons nous désintoxiquer des institutions de la Vème République. Tout ne peut procéder d’un seul homme. Les débats  politiques ne se règlent pas en brandissant la menace de  mesures disciplinaires ou en mettant les parlementaires au pied du mur.
Le PS doit jouer pleinement son rôle. Pour la réussite de la gauche au pouvoir, il faut un Parti autonome, force de propositions, relais des aspirations mais aussi des mécontentements. C’est une des conditions de la réussite commune.
Cette réussite passe aussi par l’implication de la gauche dans toute sa diversité. Il n’y a aujourd’hui de salut pour la gauche française que dans la construction de convergences entre les forces politiques et sociales qui la composent. Au moment où une partie de la droite radicalisée fait jonction avec une extrême droite plus menaçante que jamais, le rassemblement de la gauche est une ardente obligation.