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mercredi 1 mars 2023

Impuissance parlementaire

On a beaucoup dit que les députés de la Nupes, et plus encore parmi ceux de la France Insoumise, bloquaient le fonctionnement de l’Assemblée Nationale, et donc ne permettaient pas le débat sur la réforme des retraites. Il aurait fallu notamment que l’article 7 du projet, celui qui détermine l’âge légal de départ à la retraite, puisse être discuté sans l’obstruction parlementaire dont il aurait été l’objet. Et en effet le vote de cet article par la représentation nationale n’a pu avoir lieu au grand dam du gouvernement qui pensait ainsi écrire dans le marbre ce fameux âge de départ.

Les députés LFI ont multiplié les amendements voulant ainsi accompagner et soutenir le mouvement social mais avec, en quelque sorte, les armes de l’impuissance, les seules qui leur soient données. Même les organisations syndicales ont dans leur ensemble condamné les actions de ces députés. Et le Front National lui-même, un comble, a su tirer son épingle du jeu en faisant passer ses députés pour des sages de l’Assemblée.

La polémique ainsi crée, artificielle, ne sert donc pas la gauche. Elle la sert d’autant  moins  que les attaques les plus virulents sont réservées au groupe le plus important qui compose la Nupes.

Cela bien sûr ne manque pas de nourrir l’antiparlementarisme qui caractérise la vie politique française. Ce Président dédaigne de respecter la représentation nationale en se servant sans vergogne des outils que lui offre la Constitution de la Vème république.

La chienlit parlementaire, s’il en est, c’est lui. L’article 49-3 servis à toutes les sauces budgétaires, et au-delà, c’est lui ; l’article 47-1 qui permet de raccourcir encore plus le débat c’est encore lui qui l’utilise, même au risque de l’anticonstitutionnalité.

La Constitution de la Vème République c’est la cour des miracles de la démocratie ou de ce qu’il en reste, c’est la courte-échelle faite à E. Macron pour réaffirmer cyniquement son mépris du peuple.

Ce qui vient de se passer à l’Assemblée Nationale, ce prétendu foutoir parlementaire, ce tumulte qui peut sembler infantile et dont la droite, d’un extrême à l’autre en passant par le macronisme, aura fait ses choux gras, ne sont pas le fruit du hasard : mais bien plutôt la conséquence naturelle d’un régime constitutionnel qui laisse la part trop belle à l’exécutif même lorsque, et c’est le cas ici, ce dernier ne détient qu’une majorité relative (qui un temps a pu donner à certains des espérances déçues sur une lecture plus démocratique de la Constitution).

C’est pourquoi il convient de ne pas se tromper d’adversaire, de ne pas se donner plus de bâtons qu’il n’en faut pour se faire battre. L’assemblée Nationale est à l’image du pays, celle d’une France bloquée, bâillonnée, qui ne laisse rien passer d’une inspiration démocratique. C’est pourquoi pour l’heure la rue doit prendre le relais et le mouvement social rester vivace et combatif.

La victoire est incertaine mais c’est bien la seule solution donnée au monde du travail pour défendre pour le moins ce qu’il a de par son histoire durement conquis. Et donc il est impératif de préparer le 7 mars prochain dans l’unité la plus large possible.

En attendant une VIème République plus respectueuse de l’intérêt général.

JMG

mercredi 1 février 2023

Retraites : encore une réforme à la con...mais pas que

 

La réforme des retraites telle que la veulent Macron et la droite ne se justifie pas en soi, elle est inutile, nocive, anti sociale bien sûr, anti démocratique, et les raisons pour la mener à bien sont plus ou moins explicites, plus ou moins inavouées. Que nous cache cette réforme ? Pour quoi, pour qui est-elle faite ?

Il s’agit d’abord de nous faire porter l’attention ailleurs, regarder autre chose que les problèmes les plus importants, ceux-là mêmes que le pouvoir n'est plus capable, par volonté, par manque de courage ou par paresse, de résoudre.

C’est que pour ce gouvernement les urgences peuvent attendre comme celle de l’hôpital public qui se meurt, comme l’éducation nationale abandonnée, comme l’ensemble des services publics qu’on a systématiquement délaissés non seulement dans les zones périurbaines, ou néo-rurales, mais aussi au cœur des villes.

Pour paraphraser un ministre de l’Intérieur de droite : Gouvernants vous avez un problème, voire plusieurs ?, créez-en un autre ! Et un plus grand même qui soit capable de faire de l’ombre à ceux auxquels, moyennant un peu de responsabilité publique, vous auriez pu et dû dans l’intérêt général apporter quelque solution.

Agrandissez l’abîme du chaos, voilà donc la solution et la « réforme » des retraites procède de cette veine-là. Tout comme en son temps la réforme territoriale par exemple, réforme superflue qui n’avait d’autre but que de redistribuer des cartes sans changer véritablement de jeu, mais qui permettait à Valls ou aux sociaux libéraux de montrer qu’ils restaient maîtres du jeu en matière de système administratif.

Il est un autre moyen de semer le désordre, tout aussi efficace, diviser pour régner en exaspérant le conflit des générations.  Ce conflit potentiel fait office de champ de bataille pour justifier les mesures régressives du gouvernement en matière de retraite. Ainsi les retraités d’aujourd’hui seraient-ils responsables d’une dette dont le poids incombe déjà, injustement, aux jeunes générations. Les anciens seraient égoïstes, sans considération pour de plus jeunes qui leur permettent de vivre une retraite sans péril économique. Et cela est étayé par des sondages faisant apparaître que l’électorat de Macron serait surtout composé de retraités favorables à une réforme susceptible de sauver un système dont ils seraient les seuls bénéficiaires.

Centralisation et verticalité.

Cette contre-réforme s’inscrit aussi, et de façon brutale, dans une volonté qui ne se dément plus depuis des années de confisquer aux partenaires sociaux un domaine qui pourtant principalement leur appartient : la gestion  des organismes de protection  sociale.

Les retraites comme l’ensemble de la sécurité sociale se fondent sur des cotisations appliquées aux salaires, elles en constituent une base financière qui devrait être gérée par les partenaires sociaux, salariés et employeurs, sans qu’un gouvernement dût s’en mêler.

Le gouvernement Macron, à la suite d’autres, et dans cet élan centralisateur et confiscatoire qui domine aujourd’hui les relations sociales, ne se seront pas privés de se mêler au fond de ce qui ne les regarde pas. Cette réforme annoncée des retraites peut être perçue par l’ensemble du monde du travail comme une appropriation pure et simple exercée par le pouvoir central. Dans ce contexte l’argument de l’équilibre financier se révèle fragile voire mensonger…Macron lui-même en 2017 ne déclarait-il pas que les retraites n’étaient « plus un problème financier » ?

Une autre raison essentielle pousse l’actuel Président de la République à conduire cette réforme : apparaître le bon élève, premier de la classe dans la course à l’intégration européenne. Macron est de ceux qui vont plus vite que la musique européiste quitte à froisser quelques principes démocratiques. Macron le néo-libéral se fait un devoir de ne pas décevoir la commission européenne et mieux encore entend bien rester l’artisan principal d’une Europe qui précisément ne met pas la question sociale au cœur de ses préoccupations. C’est pourquoi la presse se fait si généreusement l’écho des autres systèmes de retraite dans les différents pays de l’union européenne, répétant à l’envi, sans d’ailleurs en apporter les preuves, que la France serait la plus généreuse en la matière, l’urgence étant dès lors de limiter ce qui passe aux yeux de Bruxelles pour un gaspillage d’argent public.

Lutte des classes

Ce qui se trame au niveau de l’union européenne est le reflet du pouvoir exercé par l’oligarchie.  Macron a été élu grâce ou par les plus riches de ce pays, il a reçu mandat des patrons du CAC 40 pour revenir sur les acquis sociaux. Il faut rappeler sans cesse à cet égard ce que disait en 2007 Denis KESSLER, vice-président du MEDEF, dans un article intitulé "Adieu 1945" :

"Le modèle français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie… Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du CNR… renforcé par le programme commun en 1981, à contre sens de l’histoire… Aujourd’hui face à la quasi-disparition du parti communiste, à la relégation de la CGT dans quelques places fortes, à l’essoufflement asthmatique du PS ?? Conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce".

Nul doute que ce point de vue et largement partagé au sein du pouvoir macroniste. Il donne au Président de la République actuel une boussole politique. Un contre-programme est aussi un programme susceptible de rassembler un camp, celui de l’oligarchie et de « la finance » dont le président Macron est issu. Il ne s’en cache plus, assuré qu’il est de n’être pas réélu.

Cela doit inciter le monde du travail à continuer la lutte, rassemblé dans un mouvement social le plus unitaire possible. L’opinion publique a bien compris que l’argument financier d’un maintien à l’équilibre du système ne tient pas ou n’est pas suffisant. Cette réforme est idéologique, elle vise à accentuer et à asseoir un pouvoir qui méprise le peuple et méconnait le monde du travail. C’est la réforme d’un petit Jupiter.

JMG

mercredi 26 février 2020

Violence

Les "réformes" imposées ces dernières années à l'ensemble de la population française ne sont pas des réformes de progrès, elles n'améliorent ni la démocratie, ni le vivre ensemble, ni encore moins  la situation économique des citoyens que nous sommes, ni la "sécurité" dont le thème revient en force pour fonder ou refonder, en trompe l’œil, (comme on le voit à Paris avec la résurrection de Dati), une légitimité dont a besoin la droite pour se refaire une santé politique perdue. Au contraire elles ne font qu'exacerber la violence latente dans la société.

La dernière née de ces contre-réformes, celle des retraites par points, toujours en lecture forcée au Parlement, et à la merci d'un 49-3 antidémocratique, est la plus à même d'insuffler la violence dans notre société. Cette réforme va déclencher une baisse des retraites et pensions de 20 à 30 % appliquée à l'ensemble des salariés du privé comme aux agents de la fonction publique. Au sein de cette dernière, l'Education Nationale  ne serait donc pas la seule concernée. Mais c'est à elle seule que le gouvernement fait des promesses d'augmentation salariale pour compenser les pertes en matière de pension.

Cette réforme c'est du vol, du haut vol, un braquage légal, comme avait été du vol déjà la réforme voulue par Balladur en 1993. Cette loi avait allongé la durée de cotisation, uniquement pour le privé, de 37 à 40 ans, et en tenant compte des vint-cinq meilleures années au lieu des dix pour asseoir le calcul de liquidation de la retraite.
A l'époque les victimes de cette réforme n'en avait pas pris la mesure car Balladur avait pris soin de la lisser dans le temps. Par contre il y eut une sanction électorale dont ce même Balladur eut à pâtir.

Outre le projet de loi Juppé qui fut mis en échec par le mouvement social en 1995, la loi Balladur fut suivie par une autre votée en 2003 à l’initiative de Raffarin et Fillon.
Accompagné déjà par la direction nationale de la CFDT, le gouvernement d'alors s'attaquait cette fois aux pensions de retraite des fonctionnaires. Il arguait qu'il fallait se rapprocher, prétextant une mesure de justice et d'égalité, des conditions imposées aux salarié du privé par la loi de Balladur. L'allongement de la durée de cotisation qui en résultait, devait se traduire par un départ réel à la retraite à 62 ans. Je fais l'impasse sur les réformes de gauche comme de droite qui suivirent et devaient plus encore altérer un régime par répartition dès lors de plus en plus difficile à défendre.

Les réformes des retraites, devenues réflexes gouvernementaux rétrogrades, témoignent d'un long chemin de confiscation par l'Etat d'un bien appartenant, par les cotisations sociales, à l'ensemble du monde du travail. Confiscation, contrôle, appropriation définitive par le pouvoir politique central de ce qui historiquement ne lui appartient pas.
Cela signifie indirectement la mort de la démocratie sociale, pas celle défendue par une CFDT irresponsable qui défend l'idée que le syndicalisme pourrait directement intervenir dans les affaires de l'Etat dans un cadre néo-libéral, mais celle qui consiste à ce que le pouvoir économique redistributif reste d'abord l'affaire des salariés de ce pays.

On ne dirait jamais assez que les 350 milliards que représentent les pensions et retraites en France seront à la merci de fonds d'investissement au travers l'épargne-retraite que la réforme va mécaniquement favoriser. La manne financière pourra servir aux spéculateurs sans qu'elle soit avantageusement intégrée dans le circuit économique réel.

La situation est explosive, cette réforme si elle venait à se réaliser ne fera qu'augmenter une violence sociale exacerbée par la paupérisation de la population. Comment s'étonner qu'une telle réforme suscite autant de réprobation et de révolte ? Macron y va en force, tout en sachant que cette réforme techniquement et sans doute juridiquement, comme l'a anticipé et constaté le conseil d'Etat, n'est pas viable.

Espérons et exigeons le retrait pur et simple d'un texte qui ne ferait qu'installer la misère dans un pays déjà blessé par un chômage massif que le pouvoir a renoncé de combattre et de vaincre.

JMG

lundi 20 janvier 2020

Quelques conseils utiles pour ne pas vous faire traiter de populiste

Si vous ne voulez pas être traité de populiste par vos amis, votre supérieur hiérarchique, votre patron, voire même votre présentateur ou -trice de journal télévisé, il est une solution pour vous, et même plusieurs, qui ont déjà fait leur preuves : ne bronchez pas, ne criez pas, ne manifestez pas, restez pépères et serrez les dents, (et fermez les yeux aussi ou tenez les bien à l’écart, une balle en caoutchouc fugitive n’est jamais très loin).  
 
Si par exemple on vous propose une réforme des retraites, réforme de nature à vous amputer votre pension de vingt à trente pour cent, à coup sûr si vous n’avez pas eu la chance d’être né avant 1975, dites-vous bien, surtout si on vous garantit qu’elle est « universelle » et bien à point, dites-vous donc que c’est pour votre bonheur, celui de vos compatriotes, celui de votre pays.

Et donc on ne saurait trop vous conseiller de bien accepter la théorie qui veut qu’il y a trop de dépenses publiques en France, et qu’il faudra donc songer à privatiser les services publics, et à supprimer des emplois de fonctionnaires.

 Fermez les yeux, mais ouvrez les oreilles pour entendre, comprendre et acquiescer sans broncher les experts en « économie » comme un certain Dominique Seux qui, chaque matin sur France Inter, vous explique comment tout cela doit marcher, et surtout pas autrement ; ouvrez bien aussi votre cerveau pour accepter les propos de tous ces experts objectifs qui sévissent sur les chaînes d’information, comme par exemple ce Jean-Claude Dassier qui se produit en continu tel un artiste sur CNews (Dassier qui porte bien son nom tant ces théories politiques sont métalliques), Dassier qui comprend mieux les violences policières que la réalité des éborgnements dont sont victimes les manifestants.

Donc voilà ce qui vous reste à faire, ou plutôt à ne pas faire, pour rester dans la norme. Soyez et restez les complices de votre propre perte, d'accord c'est embêtant, mais vous aurez au moins gagné ce privilège de n’être pas taxés de populisme, et ça c’est une victoire qui n'a pas de prix.

JMG

mardi 7 janvier 2020

Les meilleurs vœux aux gens de peu

Que peut-on souhaiter cette année autre chose que des vœux de sagesse, de lucidité, de modestie à ce gouvernement qui à décidé de ne rien entendre et de ne céder sur rien ? Quels sont ces gens qui nous gouvernent ? Sont-ils des adversaires, des ennemis ? Pourquoi sont-ils à s'en prendre à nous, au peuple qu'ils sont censés représenter ? Nous représentent-t-ils vraiment ceux qui ont décidé de nous appauvrir ? Quels sont leurs motivations profondes, ne sont-ils pas victimes de leur méconnaissance d'un peuple qui pourtant, électoralement parlant, les a portés au pouvoir ? Ont-ils tout oublié, trahis eux-mêmes par un mandat parlementaire ou a des fonctions ministérielles dont il ne mesurent pas, ou plus du tout, la dimension de responsabilité ? 

Sont-ils à ce point aveugles pour ne pas voir qu'ils ne sont plus capables, et encore moins légitimes, de parler en notre nom et, surtout, de décider en notre lieu et place ? Sont-ils prêts à reconnaître que leur victoire électorale en son temps ne les autorisent pas a édicter des lois, ou à prendre des décisions sans respecter ceux qui les ont élus, ne fût-ce d'ailleurs que pour éviter le pire ? Savent-ils que cette fonction d'élu ne leur confère pas le droit d'agir contre l'intérêt de ce peuple, contre notre intérêt, l'intérêt général ? Ne serait-il pas plus sage, de leur part, de tirer sans tarder les leçons de ce conflit qui dure ? Et en l'occurrence de retirer un projet de loi dont le caractère anti-démocratique et anti-économique ont été, grâce à un mouvement social puissant et durable, depuis déjà trop longtemps démasqué ?

Sont-ils conscients ces technocrates qu'ils sont en train de tuer l'espoir et le dynamisme de ce pays ? Savent-ils que le recul de l'âge de la retraite et de la remise en cause de celle-ci, une fois encore, n'auront pour effet que de faire obstacle à l'emploi des jeunes tout en ne favorisant pas celui des seniors lesquels seraient condamnés à travailler jusqu'à...?

Et donc j'émets le vœu que la lassitude et le découragement épargnent tous ceux qui font oeuvre de résistance contre un pouvoir qui clairement, délibérément,  a décidé de s'en prendre à un contrat social qui, malgré les attaques dont il fait l'objet depuis des décennies, fait encore la preuve de son efficacité économique et sociale.

J'émets le vœu que le courage et la détermination n'abandonnent pas ces héros en effet que sont les grévistes, n'en déplaise aux véritables privilégiés, les actionnaires professionnels ou les éditorialistes patentés de la presse mainstream, qui s'attachent à dégrader leur image.
Je souhaite la meilleure année possible, malgré l'adversité, à tous ceux qui œuvrent dans les services publics et qui les défendent ardemment, sachant qu'ils restent encore la richesse de ceux qui n'ont rien.

Et donc je souhaite, en ce début d'année 2020, que ces salariés du privé ou ces agents publics, dans chacun des secteurs qu'ils occupent, obtiennent enfin satisfaction et que leur soient rendus ou améliorés leurs droits sociaux sans lesquels il n'est de pays riche, juste et véritablement démocratique.

JMG


mercredi 18 décembre 2019

Jours de fête

Ainsi, à en croire certains medias qui nous le disent en boucle, les Français seraient plus inquiets des fêtes de fin d'année que de la pauvreté annoncée de l'ensemble des retraités.
Ainsi seraient-ils aussi indifférents à ce que les retraites des plus jeunes se voient amputées de 20 à 30%.
N'est-ce pas prendre les citoyens français uniquement pour des veaux ? N'est-ce-pas les prendre pour des lâches, ou pire pour des…?
Ou simplement pour des consommateurs sans conscience ? Seraient-ils seulement ces riens, ou ces moins que rien, que Macron a pu croiser un jour dans ces gares qu'il ne fréquente pourtant pas ?
Eh bien non ! Les Français peuvent et savent se révolter, et ils le prouvent, il refusent cette société que le pouvoir veut leur imposer, fondée sur la concurrence plutôt que sur la coopération. 

JMG




dimanche 15 décembre 2019

Les retraités de chez Latécoère

Le gouvernement, parce que céder constituerait un déshonneur et traduirait un recul politique qu'il ne peut se permettre, entend aller jusqu'au bout de sa contre-réforme des retraites en laissant croire que celle-ci est essentielle, utile, indispensable. Ce n'est évidemment pas le cas, cette loi est idéologique, elle conduira à paupériser l'ensemble de la population, qui plus est dans un contexte de crise de l'emploi, celui des jeunes comme celui des seniors, que le gouvernement n'entend ne pas traiter avec le sérieux et la volonté politique voulus.

En réalité, une des fonctions, s'il en est, de cette "réforme" est de cacher le bilan désastreux du macronisme sur le plan économique. Et on ne parle pas ici du social que Macron abandonne sans vergogne et avec un mépris spectaculaire au profit des plus riches.

Je mets en parallèle cette "réforme" des retraites avec ce qui vient de se passer chez Latécoère. Latécoère est une grande entreprise basée à Toulouse, historique, à la base avec d'autres, de l'excellence française en matière d'aviation. La société Latécoère emploie 4900 salariés dans le monde dont 1500 en France. La CGT s'inquiète désormais, à juste titre, de l'avenir de l'entreprise et de ses salariés.

En effet, un fonds de pension américain, en avril de cette année, le Search Light Capital Partners, s'est emparé de 26% du capital de cette société. Elle a tenté ensuite par une OPA (offre publique d'achat "amicale") se saisir des 76% manquants.
Cette OPA s'est révélée être un succès, car les financiers américains se voient donc finalement propriétaires à près de 63% du capital du groupe dont ils prennent le contrôle effectif.

Ce peut être catastrophique pour la France : Latécoère est spécialiste et pionnière en matière d'utilisation de la lumière pour échanger des données (Li Fi). Il s'agit là d'une méthode innovante d'importance stratégique qui intéresse la politique de défense. 
Le fait est comparable au rachat par l'Américain Général Electric de la branche énergie d'Alstom laquelle permet la viabilité opérationnelle de l'unique porte-avions français. Rien que ça.

La souveraineté stratégique de la France en matière de défense, et en matière industrielle tout court, en prend donc encore un sacré coup. 
Au tour de Latécoère et de ses prouesses technologique ( et financières !) de passer aux mains des  décideurs américains peu soucieux par ailleurs des promesses qu'ils pourront tenir en matière d'emplois. La malheureuse et désastreuse expérience d'Alstom, de ce point de vue aussi, en aura donné déjà un exemple édifiant puisque non seulement les emplois promis n'auront pas été au rendez-vous mais au contraire de nombreux auront été supprimés.

De tout cela notre Président et son gouvernement n'ont cure, ils se foutent royalement, c'est le cas de le dire, de l'avenir des salariés de cette entreprise stratégique.
Macron aurait pu pourtant s'opposer à ces prises de contrôle.

Au lieu de défendre l'emploi industriel en France, notamment ces emplois qui comme ici représentent un enjeu stratégique majeur, au lieu de sauvegarder notre souveraineté en matière de défense, le gouvernement Macron préfère emmerder  les gens par des réformes, comme celle des retraites, qui vont à l'encontre de l'emploi des jeunes tout en appauvrissant l'ensemble de la population, actuels et surtout futurs retraités.

Le gouvernement Macron instaure un climat de guerre civile larvé, en tentant de diviser le monde du travail. Ainsi a-t-il désigné des coupables chimériques comme les "régimes spéciaux" qui seraient à l'origine d'injustices prétendument insupportables entre agents publics ou salariés. Il utilise les syndicats "réformistes" ou accompagnateurs (CFDT, UNSA...) pour mieux cacher son refus des négociations réelles avec les syndicats qui se trouvent à la pointe d'une légitime contestation. En même temps il fait porter à ces derniers la responsabilité des "blocages", ou des "prises d'otages".

Livrer un fleuron de notre industrie comme Latécoère à un fond de pension fait le lien avec cette réforme dont le but plus ou moins transparent est de fonder les retraites sur de l'épargne soumise à la spéculation financière.
Les fonds de pension exigent des sociétés qu'ils contrôlent des rendements importants. Le boursicotage joue contre l'emploi. Le monde de la finance en demande toujours plus, par des baisses de salaires, ou par des suppressions d'emplois facilités par un code du travail lui-même dévasté par des réformes iniques.

Le serpent néo-libéral se mord la queue, dût-il en crever. Le monde du travail, seul véritable créateur de richesses, doit gagner la bataille.

JMG







mardi 26 mars 2019

L'Elysée n'est pas un désert médical

Dernièrement, Mme Buzyn, ministre de la santé, dans le cadre d’une énième réforme des retraites, a déclaré qu’elle n’était pas fermée à l’idée d’un allongement supplémentaire de la durée du travail. Elle ne s'est pas privée de rappeler à cette occasion qu’elle était médecin.

Ainsi aurait-elle constaté que ses patients vivraient de plus en plus vieux,  et qu'en conséquence il ne leur était pas médicalement déconseillé de travailler beaucoup plus longtemps. Par le biais d'une ministre doctoresse apparentée à l'oligarchie,  la science médicale s'allie à une exigence néo-libérale qui entend nous faire trimer plus pour nous faire gagner encore moins.

Bien sûr cela devrait nous rassurer de savoir qu'un médecin est au chevet des retraites, même si on peut regretter qu'elle n'ait pas ausculté depuis fort longtemps, ce qui naturellement porte atteinte à l'efficacité de sa pratique. On se félicite quand même qu'à l'expertise économique s'ajoute aujourd’hui l'expertise médicale laquelle pourtant manque aux territoires de la république notoirement délaissées par M. Macron et ses amis.

Mettre en avant sa profession médicale pour justifier une réforme à venir telle que celle des retraites, dont on sait qu'elle se révélera encore plus dure, s'apparente à une arnaque inacceptable à l'heure où se révolte le pays.

Surtout quand c'est pour faire passer des remèdes de cheval. Macron est un vétérinaire et ses soutiens des anesthésistes.

JMG

mardi 25 septembre 2018

Encore une, et pas des moindres


Le gouvernement nous prépare une énième réforme des retraites comme si celles de 93, 2003, 2010, 2012…n’avaient pas suffi ! Celle qui advient devrait en remettre une couche s’agissant de l’abaissement programmé des retraites. Cette réforme comme les autres concerne tout le monde, les retraités comme les actifs. Pour l’heure le gouvernement semblerait hésiter encore entre le régime par points et le système notionnel. Les deux relèvent d’un système par répartition, c’est-à-dire que les salariés d’aujourd’hui contribuent par leur cotisation et de façon solidaire aux retraites d’aujourd’hui.

Dans le système par points, le montant de la retraite se calcule en considérant l’ensemble de la carrière et non plus, comme c’est le cas encore aujourd’hui,  en extrayant les meilleures 25 années pour le secteur privé ou les 6 derniers mois pour la fonction publique.
Ce système au passage permettrait au gouvernement et au patronat de se débarrasser de la question de la date butoir, plus besoin de savoir si celle-ci est fixée à 60, 62, 65 ou 69 ans voire plus, c’est le futur retraité qui choisirait sa date de départ en toute liberté. Cette liberté est bien entendu illusoire, il est clair que beaucoup seront enclins à aller le plus loin possible. Ainsi verra-ton des salariés encore au boulot alors qu’ils auront atteint jusqu’à 80 ans peut-être, comme déjà aux Etats-Unis.
Dans ce système la valeur du point évoluerait donc en fonction des prix à la consommation hors tabac et du salaire moyen des cotisants.

Autre système, les comptes notionnels individuels calqués en partie sur les fonds de pension, puisque intervient la notion de capital, mais seulement virtuel. Le montant de la retraite résulte de ce « capital virtuel » accumulé tout au long de la carrière par ses cotisations associé à l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient le salarié au moment de son départ à la retraite.
Plus l’espérance de vie s’accroit moins le montant de sa retraite sera élevé comme une invite à ne pas mourir trop tard ou bien à choisir un âge de départ à la retraite  suffisamment tardif pour ne pas entrer dans la pauvreté voire la misère.
Il est un troisième système que pourrait choisir le gouvernement c’est un mixte des deux comme l’a fait déjà la Suède ou l’Italie.

Au total, la réforme envisagée, loin de permettre une plus grande égalité entre les salariés permettra surtout à Macron et son gouvernement de baisser sensiblement le niveau des retraites, baisse évaluée à 15 % au moins dans le meilleur des cas.  Il est temps de faire contribuer les milieux financiers au nécessaire équilibre du système. Des syndicats telle la CGT continuent à raison de revendiquer une hausse générale des pensions indexée sur les salaires avec un retour sur la possibilité de partir à soixante ans, voire cinquante ou cinquante-cinq ans pour les métiers les plus pénibles.
Il s’agit aussi d’augmenter les salaires, tout en revendiquant l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Le pouvoir devrait prioritairement faire baisser le chômage car c’est là que réside la raison principale du déséquilibre. Au contraire il supprime des emplois publics, le candidat d’en Marche en 2017 envisageait d’en supprimer 120 000 ! Il semble ne pas avoir abandonné son projet désastreux pour le pays.

A nous de nous mobiliser et de résister.

JMG

jeudi 19 juin 2014

CFDT ou le coucou du syndicalisme


Il y a bien longtemps que la CFDT, au sens confédéral du terme, n’est plus un syndicat. Je ne vise pas ici les équipes syndicales qui défendent les salariés au quotidien, la nécessité sur le terrain faisant loi, l’idéologie dans ces cas étant à mettre au second plan voire même oubliée dans l’action. Mais je précise que plusieurs structures cédétistes se sont par exemple prononcées, contrairement à leur confédération, au pacte de responsabilité concoctée par le gouvernement Hollande.

Je dis que la confédération CFDT a abandonné l’idée même de combat syndical pour privilégier la négociation au risque de n’être plus crédible aux yeux de ceux qu’elle est censée défendre. Aux yeux du monde du travail la CFDT en effet peut passer pour un syndicat « jaune », c’est une accusation grave mais qui glisse sur le plumage de ses dirigeants lesquels depuis longtemps confondent démocratie sociale et collaboration, parfois constructive d’ailleurs ( mais ça dépend pour qui), avec le pouvoir en place.

Aujourd’hui c’est le gouvernement « socialiste » Hollande-Valls qui en profite, mais hier ce pouvait être celui de Raffarin, Fillon ou d’autres. Et toujours les salariés qui trinquent.

Ainsi de multiples « réformes » ont pu être jugées acceptables parce qu’une confédération dite  "réformiste" avait donné son accord, ce fut notamment le cas de la réforme des retraites en 2003 ou plus proche de nous de l’accord national interprofessionnel en janvier 2014 qui donna naissance à la loi dite de flexi-sécurité de juin 2013 qui n'est forte qu' à déstabiliser notre droit du travail.

La CFDT parle beaucoup de démocratie sociale, mais nous à habitué a signer des accords qui engagent les salariés au mépris du respect qu’elle devrait pourtant au fait majoritaire sur le terrain et dans les luttes syndicales. Elle passe pur le chevalier blanc, responsable, à la différence de l’extrémisme ou du jusqu’au-boutisme supposés de la CGT ou de la FSU. En réalité la CFDT serait encore moins que le peu qu’elle est aujourd’hui sans la détermination et le courage de ceux qui se battent. La CFDT est à cet égard une espèce de coucou qui recueille les fruits du véritable combat syndical et peut dans le même temps appeler à l’arrêt de grèves qui sont tout à fait légitimes, comme celle des cheminots dont l'intérêt se confond avec celui de la société toute entière.

Les conditions du dialogue sont ainsi faites en France ou un syndicat minoritaire, en tout cas dans les luttes, peut servir à asseoir, au nom d’une soi-disant démocratie sociale, des politiques de régression sociale avérée. On prend souvent l’exemple de l’Allemagne. Eh bien en Allemagne, sans vouloir imiter leur système à tout prix, cela ne se passe pas ainsi.

Peut-être un jour un gouvernement de gauche aura-t-il le courage de remédier à cette bizarrerie des rapports sociaux en France.

JMarc Gardère

samedi 30 novembre 2013

Où l'on voit qu'il n'y a pas que les municipales dans la vie, surtout en ce moment

Cette semaine à Lons-le-Saunier (  Jura, sur Vallière pour ceux qui ne connaissent pas) aura été marquée par le rassemblement que Marc-Henry Duvernet, notre candidat, investi par le parti socialiste (voir les épisodes précédents),  aura réussi avec un certain brio à organiser au Carcom, ce dont je le félicite. Une belle réunion, conviviale comme on dit, même si parfois l’auto-congratulation mutualisée et généralisée, à l'américaine, a pu paraître excessive à certains, comme hors-sol. Maintenant si cela peut contribuer à nous faire gagner, tant mieux...ça ira, ça ira...pourvu que ce ne fût au prix de nos valeurs, celles de la gauche s'entend...

C’était le 26 novembre dernier donc, le jour même, hasard du calendrier, où l’Assemblée Nationale votait la « réforme » des retraites dans les griffes d’un article 49-3 de la Constitution ( dit vote bloqué) qui permet à un gouvernement peu sûr de lui de faire adopter des projets dont il sait qu’ils n’obtiendrait pas, sans ce stratagème constitutionnel, l’aval des députés de son camp.
Un bel exemple de contre-démocratie parlementaire que nous dénoncions encore il n’y a pas si longtemps. De cette réforme il ne fut nullement question pourtant, l’atmosphère étant à la fête et au rassemblement.

Les façons d’arriver à cette « réforme » des retraites  aggrave le fond de l’affaire : une loi de nature à accentuer la paupérisation de la population, et qui vient à la suite de celles concoctées par la Droite. Contre ces réformes, des millions de personnes ont manifesté, en 2003, 2008 et 2010, dont un certain nombre d’actuels ministres, pour finir ces jours récents où nous ne fûmes plus que quelques syndicalistes.

Ces réformes n’ont pas été remises en cause par le gouvernement Hollande. Bien au contraire. D’autres solutions pourtant étaient possibles ( lire le blog de Gérard Filoche) mais pour cela il aurait fallu d’abord faire fi de l’argument fallacieux, mais bien commode, du supposé allongement de la durée de la vie…qui est en train de régresser d’ailleurs, et pour cause.
C’est le chômage qui est en train de tuer nos système de retraites, les jeunes étant fort logiquement le plus touchés puisque les « seniors », ceux d’entre eux qui ne seront pas déjà au chômage ( en France moins d’un salarié sur deux est en emploi avant la retraite),  seront obligés de travailler plus longtemps.

Le gouvernement aura donc choisi la solution de facilité, et répondu ainsi par la même occasion à un diktat de la commission de Bruxelles qui a exigé une réforme des retraite contre le délai supplémentaire donné au gouvernement pour atteindre les moins de 3% de déficit public. Résultat : la France a un régime des retraites parmi le plus durs des pays européens....Et ce n'est pas cela qui fera revenir la croissance !

Quels rapports avec les municipales me direz-vous ? On peut vouloir dynamiser une ville mais on ne peut faire abstraction de la situation économique et sociale du pays. La diminution du pouvoir d’achat, celui des retraités comme celui des salariés a des conséquences sur les politiques municipales. Il n’y a pas que des bobos en centre-ville (et les bobos eux-mêmes ont de plus en plus de difficultés à vivre décemment.)

Les élus, s’ils sont de gauche, doivent en avoir conscience et combattre une austérité qui est en train, insidieusement, et à distance, de tuer leur ville.

JMG


http://www.maintenantlagauche.fr/


mercredi 28 août 2013

Le 1er avril désormais tombera le 1er octobre

C’est une des mesures prévues par le gouvernement pour « réformer » les retraites. La revalorisation annuelle des pensions est ainsi retardé au 1er octobre, il n’est pas de petites économies…pour les caisses de retraite.

Les retraités eux auraient plutôt tendance à décaisser, par exemple les parents d’au moins trois enfants qui auront à supporter une fiscalisation de la majoration de 10% des pensions.

Alors qu’on pouvait s’attendre à une hausse de la CSG comme beaucoup pouvaient le craindre, il y aura à la place une hausse des cotisations salariales et patronales (quatre milliards d’euros d’ici 2020.)

Il est aussi des mesures intéressantes comme le compte pénibilité (lequel serait  financé y compris par les employeurs au grand dam du Medef qui durant ces derniers mois s’était habitué à beaucoup mieux de la part du gouvernement, les pauvres…).
Mesure intéressante et positive aussi ces années d’apprentissage qui seront validées pour la constitution du droit à retraite. Mais quoi de plus « normal » pour un président de la République qui avait mis la jeunesse au cœur de son argument politique ?

Bref, c’est moins grave que si c’était pire…

…A part pour les jeunes qui un jour deviendront vieux eux aussi, ce qu’en tout cas on leur souhaite…
De 41 ans de durée de cotisation on passe à 43 ans d’ici…2035, ouf ! (si j’ose dire, car d’ici là, nous les presque vieux, serons-nous peut-être presque tous morts...)

Cela ne prête pas à rire cependant car imaginons un jeune qui, après avoir poursuivi quelques études, entre sur le marché du travail à 26 ans ( en admettant que d’ici là le marché du travail soit un peu plus accueillant) : sa retraite à taux plein ne sera effective qu’à soixante-neuf ans.
Et ce n’est pas la possibilité prévue par la loi de racheter ses années d’études qui pourra consoler durablement ce jeune qui, de par la faiblesse de l’aide financière que prévoirait la loi, aura fini de prendre un coup supplémentaire de vieux.

On a dit que cette « réforme » était politiquement habile. C’est vrai. Car elle paraît indolore. Après le battage médiatique de cet été, après les remèdes proposés par la docteur Moreau, on s’attendait à un coup de massue…
Elle n’aura été finalement qu’une petite claque en prolongement des « réformes » Balladur, Chérèque-Fillon, Sarkozy sans leur remise en cause. D’ailleurs, la CFDT est d’accord, c’est tout dire.

Dès lors était-elle si utile ?

Des progrès sans doute. Mais il aurait sans doute été plus utile de revenir à la retraite à soixante ans pour tous, utile socialement, utile économiquement ne serait-ce que pour défendre l’emploi des jeunes désespérés  de ne pouvoir contribuer aux richesses de ce pays, utile politiquement enfin pour contrer une droite et une extrême-droite qui montent dans l’opinion malgré le mal qu’elles ont pu faire qu’elles soient ou non au gouvernement.

La question des retraites ne peut être vue uniquement sous l’angle comptable. C’est ce qu’en 2010 les opposants à la réforme Sarkozy, dont l’ensemble du parti socialiste, avaient fortement manifesté dans la rue.
 C’est donc, malgré quelques avancées, un grand écart auquel se livre aujourd’hui le gouvernement si l’on considère les espoirs qu’il avait suscité à cet égard.
Ou alors qu'on nous explique pourquoi ce qui était possible dans les années quatre-vingt ne l’est plus aujourd’hui alors que la France produit aujourd’hui deux fois plus de richesses.  

jeudi 11 juillet 2013

PS : On rame, on rame, mais on avance

On dirait que le parti socialiste se réveille et ce n’est pas trop tôt. Quoique, il ouvre un œil seulement, encore abasourdi par la chaleur ambiante et les coups qu’il se porte à lui-même, depuis plus d’un an déjà, en refusant d’émettre la moindre critique, et la moindre proposition ce qui est encore plus grave, en direction du gouvernement. Comme ces chiens de chasse qui suivent le maître en se gardant bien de lever le gibier.

Le Bureau National du parti socialiste a donc adopté le 9 juillet un texte sur les retraites qui ne reflète pas, ou plus tout à fait, ce que voudrait le gouvernement Hollande. ( Je dis gouvernement Hollande au lieu de gouvernement Ayrault car dans notre V éme république le 1er ministre n’existe pas, je le dis en passant, à part gérer les affaires courantes comme la nomination à certains postes dont tout monde à part les intéressés se foutent…j’exagère à peine...)

Le gouvernement Hollande, suite à un rapport Moreau qui reprend les propositions éculées déjà faites par les gouvernements de droite selon lesquelles il faut, prioritairement, allonger les durées de cotisation comme si celles actuellement en vigueur  ne suffisaient pas.
Rappelons que le système des retraites en France, après les réformes Balladur et autres lois Chérèque-Fillon, est le plus dur d’Europe, plus dur qu’en Allemagne en tout cas que l’on prend toujours en exemple, en Allemagne où trente-cinq ans de cotisations ouvrent droit à une retraite, alors qu’en France on voudrait bientôt que  44,5 années fussent nécessaires ( contre 41 aujourd’hui, ce qui n’est déjà pas mal).

Et je me réjouis aussi puisque le bureau national semblant avoir pris son envol, on peut espérer que le secrétariat fédéral du Jura se montrera plus tolérant envers ceux, comme « maintenant  la gauche », voire "un monde d'avance" qui osent critiquer le gouvernement de François Ayrault  (j'ai dit François ?) quand ce dernier adopte une politique plus proche du (social)-libéralisme que de la social-démocratie.

Ainsi le bureau national, par 26 voix pour et 10 abstentions, refuse :
-         l’accélération du calendrier de l’allongement des durées de cotisations, pas avant 2020 en tout cas, (c’est toujours mieux que rien , non ?)
-         il refuse la désindexation des pensions et leur baisse par voie de conséquence
-         il demande une mise à contribution des revenus du capital
-         enfin il demande que soient prises en compte les années d’études, de stages d’insertion professionnelles dans le calcul des retraites.
Finalement rien de révolutionnaire, loin de là, car on ne revient pas sur les lois concoctées par la droite en son temps...mais on s'éloigne heureusement du rapport Moreau.
Et dire que certains osaient parler de grand écart pour les syndicalistes qui oseraient rester au parti socialiste tout en n’adhérant pas à la réforme des retraites version Hollande-Ayrault.
On ne sait pas ce que le gouvernement en retiendra.

A-t-il tenu compte du vote des adhérents en juin dernier sur l’Europe qui demandaient, entre autres choses, un ajournement des négociations sur le traité transatlantique ?
Pas sûr, et aucun message dans ce sens n'a été lancé par le gouvernement français à la commission de Bruxelles, ( et cela dans un contexte où les grandes oreilles de l'administration américaine nous écoutent et nous espionnent !)

Peut-être que le vent du boulet électoral qui souffle déjà sans même être sorti du fût du canon, saura cette fois-ci faire entendre raison à ce gouvernement...que nous soutenons.

JMG