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jeudi 6 août 2026

CATASTROPHE

Je sais, cela ressemble à un procès d'intention et c'est pas bien : je soupçonne les gens qui nous gouvernent de tirer partie de catastrophes pour nous imposer des réformes visant à nous paupériser. Ils nous visent peut-être pas directement, mais leurs réformes oui. 

Les fortes chaleurs et les feux de forêt pourraient influencer la communication (ou la propagande ?) gouvernementale. Je l'ai bien senti en écoutant la ministre de je ne sais quoi, il y a quelques jours, sur France Inter. Vous ne m'en voudrez pas de ne pouvoir reprendre le verbatim exact de cette ministre dont j'ai  oublié le nom comme la fonction exacte. Ministre de quoi, déjà ? 

Mais, à un moment de son interview elle a bien dit que les catastrophes que nous affrontions aujourd'hui devaient nous conduire à relativiser les effets des "réformes" que le gouvernement s'apprêtait à mettre en place pour notre bien.

Ainsi justifiait-elle le doublement des franchises médicales décidé par le gouvernement Lecornu, celles ci passant de 100 à 200 euros par an. Nos élites gouvernementales, mues par un idéologie du chacun pour soi au plan économique, continue par petites touches successives, à démanteler voire à détruire la sécurité sociale, et donc l'Etat social, aidé en cela par des catastrophes qui, comme l'arbre qui brûle, cachent la forêt.

Ce sont ces mêmes gens, les Gabriel Attal, les Edouard Philippe, les Bardella-Le Pen des deux ou trois Sicile, qui râlent contre les dépenses publiques qui pourtant sont utiles à éteindre les feux. 

Ces gens-là s’accordent tous pour dire qu’il ne faut pas augmenter les impôts, conformément à la vulgate néo-libérale.

Pour financer la dette selon eux, il vaut mieux, tout en réduisant les dépenses publiques, faire payer les pauvres et préserver les très riches en leur offrant des avantages fiscaux indécents.

Rien ne vaut une catastrophe pour, le plus tranquillement du monde, s'attaquer aux services publics et trahir le principe d’égalité de tous devant l’impôt.

jmg




dimanche 9 décembre 2018

Le vieux monde de Macron

"Réduire la dépense publique", il n'a pas honte, voilà toute la réponse que faisait Bruno le Maire cette semaine face au mouvement des gilets jaunes. Le ministre de l'économie, transfuge de LR, qui fut même un inconditionnel de Fillon, n'a donc rien compris. Ou alors il fait semblant. 

Comme d'autres de son camp, il continue de déblatérer le vieux discours de l'orthodoxie néo-libérale qui précisément nous a amenés à la situation que nous connaissons. Il en profité bien sûr pour dénoncer la pression fiscale en oubliant de mentionner tous les cadeaux fiscaux faits aux plus riches, suppression de l'impôt sur la fortune, instauration d'une "flat tax", exonérations diverses et variés qui depuis plus de trente ans maintenant font office de politique fiscale à l'envers. Tout cela au nom d'un "ruissellement" théorique des riches qui irait abreuver les plus pauvres.

Alors oui, disons le, il y a trop de pression fiscale. Mais de celle qui touche sans équité salvatrice les plus démunis au travers des impôts indirects, à travers le taux de TVA,  ou bien encore par le moyen des taxes sur les carburants dont le gouvernement fait semblant de croire qu'elles sont destinées à la transition écologique.

La pression fiscale s'est allégée sur les plus riches par la suppression de la plus grande partie de l'impôt sur la fortune soit près de 4 milliards de moins qui auraient pu être consacrés au maintien ou au développement des services publics sur les territoires. 
Moins de pression fiscale aussi pour les sociétés les plus riches et les plus grandes, le plus souvent multinationales, au travers le "Crédit Impôts pour la Compétitivité et l'Emploi", soit plus de quarante milliards enlevés à la maîtrise citoyenne et qui, dans le même temps, échappent aux PME lesquelles restent soumises au droit commun de la fiscalité.

Le pouvoir depuis des années met en avant le besoin et la nécessité des "réformes structurelles",ce terme est devenu le mot de passe d'un réformisme en folie. Il s'agit là de signifier, dans un langage à la fois technocratique et magique, que les "réformes" sont indispensables. Celles-ci ne visent pourtant qu'à détruire de l'intérieur toutes la construction sociale bâtie laborieusement au lendemain de la dernière guerre et qui a permis, en contenant les inégalités sociales, la relative prospérité de notre société.

Il est urgent de sauver ce système de redistribution sociale, et c'est pourquoi l’insurrection actuelle-car c'en est une- est essentielle et bienvenue, quasi inespérée si tant est qu'elle reste authentiquement populaire et démocratique. 
En l'absence d'un tel système de redistribution, le taux de pauvreté en France serait de 19% alors qu'il n'est aujourd’hui "que" de 7%, ce qui est déjà trop. La France est un  pays suffisamment riche pour éteindre le paupérisme qui est en train de le miner.

Le pouvoir depuis des année s’échine à s’attaquer aux "dépenses publiques" pour soit-disant diminuer ou contenir la dette publique. Ainsi suscite-t-on la peur et la culpabilité par rapport à une dette qu'il ne faudrait pas "laisser à nos enfants". Une absence d'investissement public est bien pire pour l'avenir. 

C'est pourquoi l'on ferait mieux de s'attaquer à la dette privée qui fut à l'origine de la crise de 2008. Les dépenses publiques elles ayant au contraire secouru le secteur bancaire...
Ce sauvetage des banques a pu être en effet opérée indirectement grâce aux impôts des classes moyennes ou défavorisées. 
Les plus riches quant à eux en auront au contraire bien profité.

JMG


mercredi 10 juin 2015

A la fédération


Depuis les présidentielles de 2012 nous avons perdu toutes nos élections. Ce n’est pas faire preuve de « déclinisme » que de le rappeler. C’est du réalisme et cela participe de la volonté de faire en sorte que cela ne se renouvelle pas. Ainsi que je l’ai dit jeudi 4 juin, lors de la présentation des candidatures devant l’ensemble des adhérents de la fédération, l’heure est grave, plus grave que la situation dans laquelle nous nous trouvions en avril 2002. Si nous voulons que la gauche gagne en 2017 nous avons tout intérêt à nous ressaisir et à retrouver toutes les valeurs du parti socialiste.

Nous avons encore une chance de nous en sortir en retrouvant un parti socialiste qui ait le courage de combattre certaines mesures gouvernementales qui vont contre les intérêts des citoyens qui nous ont fait confiance. Le parti socialiste se doit de retrouver son autonomie et sa capacité de débattre. Oui, bien sûr notre ennemi c’est la finance, mais nous devons en apporter la preuve et mettre en face les moyens politiques de la combattre, notamment en séparant les banques d’affaires des banques de dépôts. Cela avait été promis ! Tout comme avait été promis parmi les 60 propositions du candidat Hollande une réforme fiscale qui rende l’impôt plus juste !

Au lieu de cela nous avons eu des mesures de type libéral qui accroissent les inégalités et détruisent les services publics, ou la sécurité sociale dans son ensemble.Ainsi l’hôpital public en France est de plus en plus malade faute de financement public suffisant. On voudrait privatiser à terme la santé qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Le projet de loi Macron revient sur nombre d’acquis sociaux comme par exemple le repos dominical qui n’est qu’un aspect parmi d’autres des reculs permis par un pouvoir néo-libéral pour lequel nous n’avons pas voté. En 2012 nous avons porté au pouvoir un gouvernement dont nous avons espéré qu’il conduise une politique de transformation sociale et de lutte contre le chômage. Aucun résultat probant à ce niveau ! Au contraire le chômage s’accroît inexorablement alors que d’autres politiques sont possibles en exigeant une réorientation de l’Europe qui fut aussi promise ! Mais rien n’a été même essayé à ce niveau !

Sur le plan local : il s’agit de remettre la fédération du Jura en état de marche en alliant les volontés diverses et en y associant toutes les sensibilités capables de remobiliser nos électeurs dans le respect et la défense de nos valeurs : justice sociale, respect de la démocratie, attention à notre histoire et à celle de la gauche.

Nous avons été trop suivistes et nous en voyons les résultats malheureux qui nous coupent de notre base politique traditionnelle : les employés, les ouvriers et aujourd’hui, de plus en plus, la fonction publique. On vote de moins en moins pour nous. Il faudra pour cela renouer des contacts réels avec nos partenaires comme le parti communiste, le parti de gauche, les écologistes afin d’élaborer ensemble des programmes qui répondent à la demande de la population jurassienne.
Je veux insister sur le travail d’équipe. Au Parti socialiste, il ne doit y avoir aucune hiérarchie entre ceux qui sauraient tout et les autres. Pour autant, je serai le garant des décisions prises et je ferai respecter les délibérations collectives.
Au niveau fédéral, nous devons retrouver le temps de débattre. Notre force c’est le débat, car c’est du débat, voire de « la dispute » au sens noble et serein du terme, que vient la compréhension du monde dans lequel nous vivons. Il faut nous rappeler que notre force principale c’est la démocratie, contrairement aux partis de droite, prétendument populaires. J’insiste aussi sur a nécessité d’avoirune véritable politique de formation des adhérents et militants. Il nous faut faire connaître l’histoire de notre parti et ce pour quoi, au fond, nous devons nous mobiliser.
C'est dans le respect mutuel que l’on favorisera l’action collective, en discutant des orientations de notre parti. Nous dénoncerons les politiques anti-sociales en y associant militants et citoyens, y compris dans la définition des politiques publiques que le parti sera en charge de promouvoir.
Je voudrais être ce premier secrétaire fédéral dont je viens de décrire rapidement les missions, conscient, voire inquiet de la tâche à entreprendre, mais la considérant avec enthousiasme.

Mon parcours est celui d’un militant de gauche.J’ai adhéré au Parti socialiste en 2002-2003. J'ai par ailleurs une longue expérience de syndicaliste, d’abord à la CFDT à partir de 1981, puis à la CGT depuis 1995 où j’ai actuellement des responsabilités nationales au sein de la fédération des services publics. Pour moi, l’action politique est indissociable de l’action syndicale et le Parti socialiste le reconnaît et l’énonce dans ses statuts-mêmes. Pour marcher, il faut les deux jambes.

Je me suis présenté aux municipales en 2008 à Lons-le-Saunier. Je ne l’ai pas fait en 2014 car j’ai considéré qu’on avait écarté le parti et ses militants du débat municipal. Je n’ai pas pu le cautionner. Professionnellement, je suis fonctionnaire territorial. A ce titre, je connais bien le fonctionnement des collectivités. Je travaille au Conseil général du Jura après avoir travaillé à la mairie de Niort et à la mairie d'Alençon. J'ai toujours été neutre dans l'exercice de mes fonctions comme l’exige la qualité d’« agent public » tout en gardant et préservant jalousement ma conscience et mon action citoyennes, ainsi que je les exerce singulièrement ici. Pour moi, les deux termes ne sont pas seulement conciliables, ils sont complémentaires.


Jean-Marc Gardère
Mandataire motion B pour la fédération du Jura
Le 5 juin 2015

lundi 11 mai 2015

Congrès de Poitiers " A gauche, pour gagner »


Il faut faire gagner la gauche et le parti socialiste, lequel, ne serait-ce que pour des raisons historiques, reste une de ses composantes. C’est pourquoi le Congrès du parti qui va se tenir début juin à Poitiers est essentiel pour les forces progressistes de notre pays qui entendent se battre contre un néo-libéralisme qui envahit notre vie quotidienne jusqu’à vouloir la détruire.
Il s’agit d’abord de regagner la confiance de nos électeurs et de renouer avec notre base politique, le monde du travail.
Pour quelques avancées, comme la création de la banque publique d’investissement, ou la loi Consommation, ou le lois dites sociétales, combien de renoncements à défendre l’activité économique dans la justice sociale ?
Nous disons qu’il faut améliorer les conditions de vie des Français en augmentant le pouvoir d’achat des ménages. Cette exigence conditionne la relance de l’activité économique, c’est aussi comme cela que nous parviendrons à résoudre la question du chômage et du sous-emploi.
Nous proposons de recentrer les aides des entreprises qui aujourd’hui se font sans véritables contre-parties. Il faut absolument répondre aux fractures sociales et territoriales avec un plan pour les quartiers. Il s’agit de répondre au désarroi des populations, qui donne des ailes au Front National, par des investissements locaux et l’implantation de services publics.
Pour cela il s’agit de rompre avec les politiques d’austérité et rester ferme vis-à-vis de Bruxelles qui mène l’Europe à la catastrophe. Nous demandons que le gouvernement français mette un terme aux négociations sur le Traité Transatlantique qui signifierait autant de défaites pour l’écologie, la santé, la culture et l’ensemble de notre mode de vie. Il faut reprendre le chantier de la réforme bancaire et s’attaquer enfin à la réforme fiscale promise dans le sens de la progressivité de l’impôt. Il faut aussi sécuriser véritablement les parcours professionnels.
Sur le plan, local, dans le Jura, nous avons collectionné les défaites. Cela ne peut plus durer. Il faut absolument retrouver une véritable vie démocratique dans le parti et mettre fin aux égocentrismes sans fond politique qui nous ont mené où nous sommes aujourd’hui.
C’est pourquoi nous appelons les adhérents du parti socialiste du Jura le 21 mai prochain à voter pour la motion B « A gauche, pour gagner ».

 JMarc Gardère , mandataire de la motion B « à gauche, pour gagner »conseil fédéral
Bernard Colon
Valérie Depierre  conseillère régionale Franche-Comté, conseil fédéral
Guy Goursaud conseil fédéral
Robert Limat
Et beaucoup d’autres qui entendent contribuer à la fierté retrouvée de la gauche

lundi 26 novembre 2012

Etre jeune n'est pas un argument politique

Une réunion de la section de Lons-le-Saunier un soir de novembre : le jeune secrétaire de section s'est félicité de sa victoire, son mandat de secrétaire étant renouvelé. Le premier fédéral, presque aussi jeune, qui fait également partie de la section de Lons-le-Saunier a vu lui aussi le renouvellement de son propre mandat à la tête de la fédération. Ils ont exprimé tout deux leur satisfaction de voir des jeunes à la tête des instances du parti socialiste local, voulant donner ainsi une espèce de leçon à ceux qui auraient alerté sur la tentation d'un  jeunisme excessif.

Quelques bémols cependant : ils ont été élus sans qu'aucun candidat ne se soit présenté face à eux ce qui n'est jamais bon signe pour la vie démocratique d'un parti comme le nôtre qui a une culture du débat.
La précipitation dans laquelle s'est déroulé le dernier congrès n'a pas permis de discussion politique digne de ce nom préalable au vote des instances dirigeantes du parti.

Décevante donc, conservatrice même, pas très "jeune" en définitive, cette posture qui consiste à systématiquement soutenir les décisions du gouvernement, sans chercher à rester une force de proposition ou à relayer les préoccupations de la population qui sont nombreuses.

Plus sérieux encore, voire plus inquiétant :  le mot "adaptation" a bien été prononcé par ces "jeunes", ainsi que le terme de "réorientation" dont le parti ne pourrait se passer. Certes, il est bon de s'adapter mais qu'est-ce que cela signifie ? Ce terme justifierait-il les 20 milliards en  niches fiscales offerts aux entreprises, mais sans contrôle ni contrepartie, et tout cela au nom de la compétitivité ? Cela signifie-t'-il l'approbation d'une politique de l'offre, ou encore de la réhabilitation d'une fiscalité indirecte au travers l'augmentation de la TVA qu'il n'y a pas si longtemps le parti lui-même dans son ensemble dénonçait ?

Décevant de la part de "jeunes" dont le seul souci, sous prétexte que la gauche est au pouvoir, serait de gérer une crise qui pèse sur les salariés, et le peuple tout entier sans penser un instant remettre en cause le système qui permet cela. La place des jeunes n'est-elle pas plutôt, avant de penser à une hypothétique carrière politique, de défendre pied à pied les avancées sociales promus ou décidés en leur temps par le parti lui-même, ou leurs aînés ? Ou d'en imaginer de nouvelles...

Le parti socialiste n'est pas un parti de godillots, on peut très bien soutenir loyalement un gouvernement qu'on a porté au pouvoir sans pour autant lui donner un blanc-seing.
 
JMG



http://www.maintenantlagauche.com

vendredi 16 novembre 2012

Dépense publique contre gaspillage privé

C'est devenu à la mode, tout le monde crie haro, et l’on sait à peu près d’où cela vient, sur les dépenses publiques comme si celles-ci étaient la cause de tous nos problèmes. Et pour se défendre de cette prétendue menace, tous les moyens sont bons, jusqu’à tailler en pièces, ou continuer de le faire, des services publics qui sont pourtant le salut de la population, et en particulier de la plus défavorisée. Ainsi continue-t-on aujourd’hui de mettre en œuvre une des pièces maîtresses de la politique des précédents gouvernements, la RGPP, révision générale des politiques publiques, (excepté quand même, et c’est heureux, pour ce qui concerne l’éducation et l’enseignement.)
Il est temps d’arrêter le matraquage idéologique, relayé par la classe politique bien pensante avac l'aide d'une presse aveugle, paresseuse ou complaisante.
Il faut rappeler que les dépenses publiques ont un effet multiplicateur sur l’activité économique, et on serait bien bêtes de s'en priver, ce que font pourtant les tenants de la vulgate libérale.  Plus grave encore : le virus a même atteint le gouvernement et le Président de la République qui ont pris le funeste engagement de réduire de 10 % les fameuses dépenses publiques. Mais quels ministères, quels secteurs en seront victimes ? On ne sait pas encore.
Les investissements pratiqués par les collectivités, que l’on voudrait pourtant juguler en les accusant de gaspillage, entraînent des créations d’emplois dans le privé. Et c’est d’autant plus vrai à notre époque où le secteur privé, fort pourtant de marges qui se sont globalement accrues, rechigne à investir alors qu’il n’hésite pas à verser aux actionnaires des dividendes de plus en plus importants sans effets de valeur ajoutée. Et donc plutôt que vociférer, comme l’ensemble des media à longueur de journée «  mort à la dépense publique », il faudrait bien plutôt, au travers une fiscalité plus juste et plus économique, faire passer enfin ce message en direction des plus riches, qui le sont de plus en plus : «  halte, au nom de l’intérêt public, aux gaspillages privés. »

JMG