mercredi 25 décembre 2024

C-Nouille

Il est permis d’écouter de temps en temps CNews, la chaîne de Bolloré, ils peuvent faire rire parfois. Flaubert aurait bien aimé ces Bouvard et Pécuchet des temps modernes, il aurait aimé, on suppose, beaucoup les haïr. Il y a une sorte de jouissance à écouter ce que l’on pressent plus bête que soi, alors même que rien n’est sûr en la matière, la bêtise (mêlée de la folie) étant une des choses les mieux partagées du monde.

Cnews c’est de la bêtise à l’état pur qui se promène en bandes, bandes d’escrocs ou de délinquance intellectuelle et journalistique.

Ce n’est pas le café du commerce pour lequel on peut avoir une certaine tendresse, le café  du commerce est dépourvu de cette méchanceté qui signe à ravir les émissions et les plateaux de CNews.

Cnews est née de l’admiration de son propriétaire pour la chaine américaine Foxnews. Cette dernière n’est pas étrangère à la montée irrésistible des ultra-conservateurs et des trumpistes aux Etats-Unis. En France, de même, CNews entend être utile à la droite extrême.

Bolloré et les media qui lui appartiennent (dont Europe 1 par exemple) défendent un occident gagné par les excès d’une finance qui établit à son tour un pouvoir politique à son service.

Cnews entend donc s’adresser au peuple, media populiste s’il en est, mais avec les parements de « l’expertise ». Elle emploie pour ce faire des « animateurs-journalistes » qui jouent le rôle d’arbitre et de diffuseur d’une vérité indépassable, laquelle, plus grave encore, se mêle parfois de racisme et de xénophobie, comme en témoigne le traitement déséquilibré et partisan du conflit israélo-palestinien.

CNews s’appuie sur des présentateurs et des animateurs qui imposent leurs talents de propagandistes. Tel Pascal Praud notamment englué dans une idéologie qu’il ne soupçonne plus lui-même tant elle est devenue sa nature même, sans qu’il lui soit possible d’en envisager d’autres.

On a pu tomber un jour sur cet épisode où l’on voyait Pascal Praud s’acharner sur un ancien ministre socialiste (un certain André Vallini), pour lui faire dire, avouer ou cracher qu’il n’allait jamais jusqu’au bout de ses idées et qu’il lui fallait donc renoncer à jamais au vote « socialiste ». C’était d’autant plus urgent aux yeux de Praud que les « socialistes »étaient dominés par des « mélenchonistes » (accusés  par ailleurs et diffamatoirement d’être antisémites).

Le pauvre Vallini (mais faut-il être soi-même un imbécile pour tomber ainsi dans le piège), face à cette agression, finit par cracher qu’il réfléchirait à ses futurs votes.

Cette chaîne d’info sera devenue une pièce importante dans le paysage idéologique et politique français. Elle continuera à sévir si l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audio-visuelle et numérique) refuse de jouer pleinement son rôle d’arbitre et de rééquilibrage raisonné de l’information.


jeudi 12 décembre 2024

Historiettes

 Voilà, il parait que Hollande reparle de Cazeneuve comme premier ministre, qu'il avait lui-même nommé en son temps. On dirait que l'histoire (ou les historiettes) repassent les plats.

Cazeneuve en concurrence d'un autre pressenti par d'autres, Bayrou. Ou peut-être ni l'un ni l'autre. Ainsi court le débat politique en France, rien plutôt que rien, on se dispute les ors ou les oripeaux de la république, la Vème qui n'en finit pas d'agoniser.

Mais le fond est là néanmoins qui nous nargue quoi que nous fassions, une pauvreté en France qui se répand et s'approfondit, des inégalités factrices de tensions sociales qui se développent et s'aggravent, des services publics qui se meurent faute de volonté politique pour les sauver, des services publics qui se meurent par volonté ou lâcheté politiques qui voudraient les achever.

mercredi 11 décembre 2024

Un jeu dangereux

 Il est périlleux aujourd'hui de laisser Macron maître du jeu. C'est ce qui semble se passer depuis quelques jours, une bonne partie de la gauche jusqu’à présent constituée en Nouveau Front populaire semble renoncer à exiger du président de la République la nomination d'un premier ministre issu du NFP, formation arrivée en tête des dernières législatives.

Accepter de négocier avec Macron c'est reconnaître une défaite qui va bien au-delà de celle subie par la Macronie. Celle-ci s'attache encore à vouloir tout maitriser au travers une aveugle interprétation de la constitution digne de celle portée par Carl Schmitt en son temps (de sinistre mémoire), une vision qui favorise un « décisionisme » contraire au principe de la séparation des pouvoirs et au parlementarisme.

Reste à savoir ce que les négociateurs de l'Elysée parmi le PC, les écologistes, les socialistes pourront retirer de ces discussions. Qu’espèrent-ils ? Si au moins ils parviennent à faire reculer la droite sur la question des retraites ce sera tant mieux, ou sur l’augmentation du Smic…mais peut-on y croire encore ?

Il n’en reste pas moins que ces réunions autour de Macron isolent Mélenchon et LFI qui sont confirmées comme cible privilégiée de la droite ; pour cette dernière c’est bien d’où vient le danger, elle ne s’y trompe pas, LFI constitue de loin la première force pour une gauche de résistance contre une droite ou un centre prétendument «raisonnable ».

Les autres composantes du NFP ont mieux à faire que de s’aligner sur ce mensonge.