Il est permis d’écouter de temps en
temps CNews, la chaîne de Bolloré, ils peuvent faire rire parfois. Flaubert
aurait bien aimé ces Bouvard et Pécuchet des temps modernes, il aurait aimé, on
suppose, beaucoup les haïr. Il y a une sorte de jouissance à écouter ce que
l’on pressent plus bête que soi, alors même que rien n’est sûr en la matière,
la bêtise (mêlée de la folie) étant une des choses les mieux partagées du
monde.
Cnews
c’est de la bêtise à l’état pur qui se promène en bandes, bandes d’escrocs ou
de délinquance intellectuelle et journalistique.
Ce
n’est pas le café du commerce pour lequel on peut avoir une certaine tendresse,
le café du commerce est dépourvu de cette méchanceté qui signe à
ravir les émissions et les plateaux de CNews.
Cnews
est née de l’admiration de son propriétaire pour la chaine américaine Foxnews.
Cette dernière n’est pas étrangère à la montée irrésistible des
ultra-conservateurs et des trumpistes aux Etats-Unis. En France, de même, CNews
entend être utile à la droite extrême.
Bolloré
et les media qui lui appartiennent (dont Europe 1 par exemple) défendent un
occident gagné par les excès d’une finance qui établit à son tour un pouvoir
politique à son service.
Cnews
entend donc s’adresser au peuple, media populiste s’il en est, mais avec les
parements de « l’expertise ». Elle emploie pour ce faire des
« animateurs-journalistes » qui jouent le rôle d’arbitre et de
diffuseur d’une vérité indépassable, laquelle, plus grave encore, se mêle parfois
de racisme et de xénophobie, comme en témoigne le traitement déséquilibré et
partisan du conflit israélo-palestinien.
CNews
s’appuie sur des présentateurs et des animateurs qui imposent leurs talents de
propagandistes. Tel Pascal Praud notamment englué dans une idéologie qu’il ne
soupçonne plus lui-même tant elle est devenue sa nature même, sans qu’il lui
soit possible d’en envisager d’autres.
On
a pu tomber un jour sur cet épisode où l’on voyait Pascal Praud s’acharner sur
un ancien ministre socialiste (un certain André Vallini), pour lui faire dire,
avouer ou cracher qu’il n’allait jamais jusqu’au bout de ses idées et qu’il lui
fallait donc renoncer à jamais au vote « socialiste ». C’était
d’autant plus urgent aux yeux de Praud que les « socialistes »étaient
dominés par des « mélenchonistes » (accusés par ailleurs
et diffamatoirement d’être antisémites).
Le
pauvre Vallini (mais faut-il être soi-même un imbécile pour tomber ainsi dans
le piège), face à cette agression, finit par cracher qu’il réfléchirait à ses
futurs votes.
Cette chaîne d’info sera devenue une pièce importante dans le paysage idéologique et politique français. Elle continuera à sévir si l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audio-visuelle et numérique) refuse de jouer pleinement son rôle d’arbitre et de rééquilibrage raisonné de l’information.
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