lundi 12 octobre 2026

POËSIE et BARBARIE

 

La poésie serait-elle seule capable à parler du malheur, ce malheur absolu que vivent les habitants et citoyens de Gaza depuis au moins quarante ans. Les malheurs de la Palestine ne date ni d'hier ni même d'un sept octobre. 

Mosab Abu Toha est un universitaire palestinien qui a fondé la bibliothèque Edwar Saïd bien avant les massacres massifs et industrialisés perpétrés par effet assassin du suprémacisme israélien.

En 2024 il fait paraître chez Julliard un recueil de poèmes, traduits de l'anglais : " Ce que vous trouverez caché dans mon oreille", poèmes écrits avant le 7 octobre 2023. C'est bien, déjà, l'indicible qui y est dit et décrit. J'ai lu ce recueil dans le train d'une seule traite, comme il faudrait lire plus souvent, d'habitude je dors dans les trains ou tente de capter un paysage qui va beaucoup trop vite.

Mosab Abu Toha lui nous donne à voir, à sentir un cataclysme, une catastrophe qui visent à tuer un peuple, le peuple palestinien. Par nature le malheur des autres nous est interdit parce que la compassion est bien souvent illusoire. La distance entre les victimes et nous mêmes est trop grande. 

La poésie ici, légère ou souvent ironique, nous aide contre toute attente, à réduire tant soit peu cette distance ontologique.

"L'odeur du café flotte encore dans l'air, mais où est la cuisine ?"

...........

" Nous méritons une mort meilleure,

Nos corps défigurés se tordent,

Brodés de balles, d'éclats d'obus,

Nos noms sont mal prononcés

à la radio et à la télévision.

...........

Nos corps pourrissent 

sous le soleil brûlant "


Le peuple palestinien est l'objet d'un lent et douloureux génocide qui se déroule encore sous nos yeux. La poésie se révèle ici comme un ultime rempart contre la déshumanisation subie par les Palestiniens.


"La maison a été bombardée. Tout le monde est mort : les enfants, les parents, les jouets, les acteurs à la télévision...." 


"Les éclats d'obus ont tatoué

vos corps

dans le ghetto des morts"


JMG


"Ce que vous trouverez caché dans mon oreille" 

par Mosab Abu Toha, Pocket, 175pages





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