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mercredi 15 octobre 2025

Palestine

Gardons-nous de reprendre comme des perroquets le discours des media mainstream !

Ainsi les prisonniers palestiniens libérés au terme de l'accord de cessez-le-feu passé ce mois-ci sous la houlette de Trump, avaient été  pour la plupart enfermés dans les geôles israéliennes sans qu’aucune charge contre eux ne soit établie,  et parmi eux beaucoup de mineurs ou de vieillards. En tout cas ils ne sont pas tous, et de loin, des assassins assoiffés de sang. Ceux-là d’ailleurs sont liquidés par l’armée israélienne sans autre forme de procès. 

Après le massacre du 7 octobre 2023, débutait l’enfer tous les jours sur la bande de Gaza, sans répit depuis maintenant deux années, bombardements, famine ou insuffisance alimentaire servant d'armes de guerre. Il n’est pas étonnant que les otages aient pu, et c’est un euphémisme, en souffrir également. Pourtant Netanyahu fait peser cette "responsabilité" uniquement sur le Hamas. 

Plus de 80 000 morts Palestiniens ont été recensés par les organismes internationaux et parmi eux une majorité de femmes et enfants, trois ou quatre fois plus de blessés et de handicapés à vie, des structures hospitalières détruites, des écoles, des universités rayées de la carte, des cultures vivrières saccagées pour longtemps…bref le chaos généralisé qui s’apparente à la volonté de faire disparaitre tout un peuple, physiquement et culturellement, un génocide en effet, en passe d’être reconnu comme tel par les juridictions internationales.

S’il l’avait voulu Netanyahu aurait pu faire libérer les otages beaucoup plus tôt et ainsi éviter toutes ses souffrances dont il est le grand ordonnateur, à la tête d’un  gouvernement d’extrême-droite impitoyable qui va au-delà de la loi du Talion. Il n'aura pas hésité le 15 septembre dernier de neutraliser, c’est-à-dire assassiner à Doha au Quatar, les négociateurs du Hamas. Méthode barbare s'il en est ! Et qui révèle surtout la volonté de ne pas négocier une paix juste et durable

Le cessez-feu  est bienvenu, gageons qu’il permettra à chacun des deux camps de souffler un peu et de recouvrer la raison. Mais l’accord de paix est encore loin ; cette guerre, faute de solution politique, risque de repartir de plus belle et d’entraîner une nouvelle fois le massacre des innocents, de quelque bord soient-ils.

Par ailleurs la question de la Cisjordanie dans cet accord n'a même pas été évoquée, sans perspective tant que l'Etat d'Israël ne reconnaitra pas le droit pour les Palestiniens d'avoir un Etat.

Netanyahu et son gouvernement sanguinaire auront mené une politique de terreur propre à alimenter le terrorisme, l’arme des peuples en désespoir, pour plusieurs générations.

 

lundi 8 septembre 2025

Fake-news, en boucle

Raphaël Enthoven, philosophe de son état, a été déprogrammé du festival "Livres dans la boucle" qui se tient à Besançon du 19 au 21 septembre. Il devait y présenter son dernier livre dont je ne parlerai pas ici pour ne l'avoir pas lu (et ce dont d'ailleurs je n'ai pas l'intention). 

Anne Vignot, écologiste, première magistrate  de la ville de Besançon, qui est soutenue dans cette décision par le parti communiste, entend par ce biais condamner les propos du "philosophe" au sujet des journalistes à Gaza. D'après Enthoven, ceux-ci, non contents de se faire assassiner par l'Etat d'Israël et "son armée la plus morale du monde", seraient en réalité des terroristes du Hamas. 

Je cite le "philosophe" : "il n'y a aucun journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs d'otage avec une carte de presse". 

Devant cette exclusion Enthoven crie au scandale, à l'unisson des bonnes âmes qui défendent la liberté d'expression. Sur le principe ils n'ont pas tort. Mais peut-on réellement être libre en maltraitant la vérité comme il le fait à propos de Gaza et de la Palestine ? Le président du festival David Foenkinos, ainsi que d'autres écrivains tels qu'Emmanuel Carrère, lui ont apporté son soutien et menacent de boycotter l'événement.

Or la vérité à Gaza est tragique, elle ne doit pas souffrir de fakes-news à la C-Niouze. Bref un philosophe ne devrait pas parler comme ça.

Je ne suis pas forcément pour l'exclusion de Enthoven. Il a droit comme il veut de s'exprimer en effet, et même à dire des énormités, ce qu'il fait souvent avec un talent qu'il faut bien lui reconnaitre. 

On aimerait cependant qu'Enthoven s'excuse auprès des reporters journalistes, et des journalistes palestiniens auxquels au contraire il devrait rendre hommage pour leur courage.

Mais je doute fort  que le "philosophe" y ait même songé tant l'esprit philosophique aujourd'hui ne court ni les rues, ni les places, ni surtout les plateaux télé.

mercredi 30 octobre 2024

Le sabre ou le bâton

Les Israéliens auront donc « neutralisé » le chef militaire du Hamas, Yahya SInwar, assassin réputé être le cerveau du massacre du 7 octobre. Mais ce 7 octobre 2023 aura été les prémisses d’autre massacres, encore plus meurtriers, dirigés cette fois contre le peuple palestinien.

L’exécution de Sinwar se sera produite après celle du chef politique du Hamas, Ismaël Haniyeh, et du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nassrallah.

Chaque jour ou presque plusieurs dizaines de Palestiniens sont massacrés, trente morts par exemple dès le lendemain de l’assassinat de Sinwar, comme pour condamner prématurément tout espoir de règlement pacifique du conflit. On ne peut donc se réjouir de la mort de Sinwar. On ne tue pas un symbole. Et le symbole est encore plus grand depuis son exécution. L’homme, juste avant de mourir, poursuivi et observé par un drone de la taille d’une mouche parait-il, guerrier jusqu’au bout, ou assassin si vous voulez, « terroriste », a lancé son sabre (qui en fait n’était qu’un bâton), non pas pour se rendre mais en dernier geste, désespéré et vain, osons le mot, de résistance.

Bien sûr, on parle d’un tueur, mais il s’agit là d’artisanat, pardon pour ses victimes, artisanat comparé à la mort quasi-industrielle délivrée par un Etat qui prétend agir au nom de la civilisation, la nôtre. C’est en effet le gouvernement Netanyahu qui tue avec le plus d’efficacité, les chiffres l’attestent, fort d’une aide étatsunienne quasi-inconditionnelle, et de l’imbattable  technologie qui l’accompagne.

On ne peut se réjouir de la mort de Sinwar pour la bonne raison qu’il n’est pas le seul responsable de la situation. Pas le seul à avoir voulu cette guerre totale qui aujourd’hui depuis s’est étendue au Liban. Netanyahu entend bien continuer sa guerre qui en marge lui permet d’échapper à la justice de son propre pays, encouragé par un gouvernement israélien d’extrême-droite et suprémaciste.

Massacre sans merci, plus de quarante mille morts dans la bande de Gaza depuis un an, et au moins trois fois plus de blessés, sans compter toutes les victimes encore ensevelies sous les décombres de bombardements aveugles. On ne mesure pas non plus l’effet retard mortifère de la destruction quasi-totale des infrastructures médicales et hospitalières.

Le 22  octobre une frappe de l’armée de l’air israélienne a eu lieu tout près du plus grand hôpital public du Liban à Beyrouth, attaque qui n’aurait d’après le journal « Le Monde » même pas fait l’objet d’un ordre d’évacuation : 18 morts dont des enfants, près de soixante blessés. Les Israéliens auraient voulu atteindre une banque du Hezbollah qui dispense des micro-crédits dans la communauté chiite. On compte déjà selon l’AFP 1550 morts au Liban depuis un mois. La fin justifie les moyens quels qu’ils soient, même les plus terribles, les plus abjects. Netanyahu et son gouvernement dépassent volontairement les horreurs commises par leurs ennemis, qu’ils appartiennent au Hamas ou au Hezbollah.

Netanyahu, en refusant plusieurs fois un cessez-le-feu, parfois au dernier moment malgré ses engagements, comme à la veille de l’assassinat ciblé de Hassan Nassrallah, continue d’alimenter cette guerre sans fin, quitte à l’étendre à l’ensemble de la région.

Le 7 octobre 2023 ne peut plus constituer la base ou le prétexte des exactions perpétrées sous nos yeux et ceux de la communauté internationale. Netanyahu fait comme s’il avait décidé de sacrifier la vie des otages, rien dans son attitude ne montre une quelconque mansuétude à leur égard, ils seront bientôt passés pour perte et profits d’un conflit devenu incontrôlé et qui désormais se nourrit de lui-même.

Netanyahu aura choisi la guerre pour la guerre sans but politique clair, fermant la porte  à toute sorte de négociation, en tuant ses potentiels interlocuteurs, faisant fi du droit international face à une opinion publique mondiale indifférente ou sidérée.

Il faut exiger des Etats-Unis l’arrêt de ses livraisons d’armes à Israël. Cela contribuerait à résoudre un conflit qui met en péril la sécurité du monde et encourage tous ceux pour qui la violence guerrière reste le seul langage.

Il est temps que le camp occidental se ressaisisse pour retrouver ses valeurs ; il est en train de les trahir dans ce conflit sans souci de justice.

La paix est urgente, et pourtant en son nom la guerre s’ajoute à la guerre dans un combat sans fin. La France dans ce moment qui aura marqué l’histoire n’est pas audible, pire elle ne dit rien ou trop peu, ou trop tard, elle ne fait même plus illusion, ayant laissé la place à d’autres acteurs aujourd’hui plus crédibles. Il est temps pour la France de reconnaître l’Etat de Palestine.

Il serait opportun de promouvoir, (et c’est dans le programme du Nouveau Front Populaire),  une diplomatie qui soit à la hauteur des enjeux pacifiques ou environnementaux. Pour cela il s’agirait de revenir sur les réformes qui ces dernières années ont abimé le corps diplomatique français.

Cessez-le feu à Gaza, au Liban, voilà ce que doit être le maitre-mot, pour une paix juste et durable, pour sauver ce qu’on appelle encore « le monde libre ». En cas d’échec les retours de bâton sont plus à craindre que les coups de sabre erratiques et désespérés.

JMG


article paru dans le numéro 319 de "démocratie et socialisme", novembre 2024


vendredi 27 septembre 2024

De sang-froid

Netanyahu et son extrême-droite n'en démordent pas.

Netanyahu entend continuer de bombarder le Liban, comme il l'aura fait dans la bande de Gaza, ne serait-ce que pour garder le pouvoir. En l'occurrence celui de tuer.

Il tue indistinctement hommes, femmes, enfants, vieillards. Cet assassin ne veut ni ne sait négocier, il refuse la paix, terrorise les populations et, en tuant, prépare les assassinats suivants, y compris ceux perpétrés contre son peuple.


samedi 17 février 2024

Guerre, et autres affaires intérieures

 Tolstoï pensait que les gouvernants d’un pays, a fortiori s’agissant de gouvernements autocratiques, entretenaient leur armée non pas pour se protéger des ennemis de l’extérieur, ou pour protéger leurs frontières, mais bien  pour se garder de leur propre peuple, potentiellement  coupable et susceptible à leur yeux de déstabiliser leur pouvoir.

Comparaison n’est pas raison mais on pourrait appliquer cette réflexion à la Russie de Poutine, à la Corée du Nord de Kim-Jong Un ou bien à l’Etat d’Israël de Netanyahu. Le but de chacun de ces chefs d’Etat est prioritairement de rester au pouvoir, le reste vient après, comme être au service de leur peuple, tant il est vrai que cette dernière exigence est à géométrie variable, à la merci d’une analyse politique autocentrée sur l’exercice d’un pouvoir sans partage.

Montrer ses forces à l’extérieur est une façon de les montrer aussi, et surtout, à l’intérieur. Et faire donner la guerre, la donner comme unique horizon au travers d’une course à l’armement inéluctablement mortifère, est une bonne manière de se détourner des problèmes domestiques. Ce n’est peut-être pas vieux comme le monde mais au moins aussi ancien que les nations qui le composent.

Le cas d’Israël reste cependant le plus singulier en cela qu’il se fait passer, du moins dans l’esprit occidental,  pour « démocratique ». L’Etat d’Israël figure, aux yeux des principaux media adepte de la pensée binaire, dans le camp des « bons » plutôt que celui des « méchants ». Ce n’est donc pas un Etat que l’on a coutume de qualifier de terroriste. On peut dire malgré tout, qu’en matière de terreur ou de mort, il excelle si l’on en croit les bilans des offensives terrestres et aériennes de l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

La violence n’est pas d’un seul camp, loin s’en faut, elle est même  disproportionnée : sans vouloir verser dans les juxtapositions funestes, le rapport aura été d’un mort israélien  pour plus de 20 palestiniens.

Les événements du 7 octobre, parce qu’ils furent abominables, auront donc donné le signal d’autres exactions, tout aussi impardonnables, sous le couvert de l’autorisation donnée à Israël de « se défendre » ; ce qui dans les faits signifiait la permission de frapper, à l’aveugle et à profusion, les populations palestiniennes.

Vous avez dit «démocratique » ?

Ce type de démocratie est en tout cas est bien malade. Démocratique, vraiment, un Etat qui réprime  les manifestations demandant des négociations pour la libération des otages, et ainsi les vouer fatalement à l’échec ? Netanyahu sur ce plan reste intransigeant, ne rien vouloir négocier alimente la spirale terroriste, celle qui est susceptible de le servir. La guerre contre le Hamas pour être légitime ne l’est pas lorsqu’il s’agit de contenir ou de nier les aspirations ou l’existence même des populations civiles quelles qu’elles soient.

Pourtant, et c’est sur quoi compte le leader israélien, cette guerre est dans le même temps, de nature à calmer les ardeurs de ses opposants. Le premier ministre Netanyahu, chef de l’extrême- droite, est accusé de corruption. Tant que la guerre fait rage la mise en cause de l’actuel premier ministre est en quelque sorte refroidie même si, malgré le cours de la guerre, son procès a pu reprendre formellement en novembre dernier mais au travers, guerre oblige, d’une réduction de l’activité judiciaire.

Plus grave encore, car il s’agirait là de la mise à mort de l’Etat de droit, le premier ministre israélien persiste dans sa volonté de mettre un terme à la séparation des pouvoirs. Cette réforme impopulaire, mais appuyée par l’extrême droite et par les religieux suprématistes, doit permettre l’introduction d’une clause dérogatoire permettant au Parlement d’annuler à la majorité simple  les décisions de la Cour Suprême. Cela constitue une remise en cause sans précédent d’un principe fondateur, s’il en est, de nos démocraties.

La guerre comme entrave naturelle à la démocratie

Le 7 octobre constitue-t-il vraiment le début de cette « guerre » ? N’est-elle pas qu’une étape, décisive certes mais parmi d’autres crimes de guerre insupportables instrumentalisés pour relancer vengeance et folies meurtrières. Les massacres du 7 octobre ne peuvent être considérés seulement en eux-mêmes mais comme la conséquence d’une guerre chronique dont les violences extrêmes réduisent d’année en année les espoirs de paix. Le 7 octobre vient après des centaines d’assassinats perpétrés à l’intérieur même de la bande de Gaza, y compris commis par les services secrets israéliens ou l’armée. En Cisjordanie les colons israéliens se livrent eux aussi à des crimes contre les Palestiniens dont on veut s’accaparer les terres.

Les colons bénéficient du soutien  des partis d’extrême droite qui sont aujourd’hui au pouvoir en Israël. En Israël même on s’étonne que le Hamas ait pu militairement prendre le dessus le 7 octobre. Ainsi l’opposition à Netanyahu avance-t-elle que cette attaque a été facilitée par le transfert de troupes israéliennes en Cisjordanie, dégarnissant ainsi la frontière avec Gaza. Tout cela pour épauler les colons dans leur œuvre d’appropriation de terres et permettre la construction de milliers de nouveaux logements actant d’une colonisation que condamne pourtant le droit international.

Pour certains opposants toute la stratégie du Likoud et de l’alliance avec les suprématistes ou les ultranationalistes religieux auront été de favoriser l’existence du Hamas au détriment de l’Autorité Palestinienne. Cela afin de justifier une guerre permettant la persistance d’une théocratie extrémiste. En tout état de cause les services de renseignements israéliens se seront bien montrés incapables de prévenir une attaque qui aura, par multiplication de violences, instauré dans les esprits le caractère inéluctable d’une guerre séculaire et sans merci.

Reste à savoir maintenant comment réagira la démocratie israélienne ? Sera-t-elle capable de relever le défi d’une guerre qui par nature l’empêche de prospérer ? Le discours guerrier et la guerre elle-même profitent à l’actuel pouvoir israélien qui s’est adjoint le soutien des ultranationalistes tels que Besalel Smotrich, tenant d’un intégrisme religieux qui n’a rien à envier à celui du Hamas ; pouvoir encore soutenu par une extrême droite radicale personnalisée notamment par Itamar Ben Gvir poursuivi à ses heures lui aussi par la justice.

La seule solution du conflit réside dans une réappropriation du pouvoir par le peuple. Facile à dire certes, mais réappropriation rendue de plus en plus nécessaire pour échapper aux ultimes catastrophes dont nous-mêmes ne sortirions indemnes. Il faudrait pour cela respecter et imposer le droit international, rendre la démocratie à ceux qui la respectent. Refuser aux autocrates, quel que soit le camp auquel ils appartiennent, la possibilité de sévir à l’intérieur de leur pays, rendre le pouvoir aux parlements, et en définitive refuser la guerre comme unique solution aux conflits devenus ancestraux.

JMarc Gardère

article paru dans le numéro 312, février 2014 de Démocratie et Socialisme

vendredi 20 octobre 2023

Le massacre des innocents

 Non au massacre des innocents, de quelque bord soient-ils. La situation, au lieu de fausses interprétations, doit convoquer notre mémoire, retracer cette histoire conjuguée de la Palestine et d’Israël.

Israël doit respecter le droit international et les résolutions des nations unies au lendemain de la guerre des six-jours de 1967.

A l’instar d’Israël, les Palestiniens ont droit à un Etat souverain, ils n’ont pas à être enfermés dans cet immense camp à ciel ouvert que constitue la bande de Gaza, véritable enclave, véritable prison.

Il faut  condamner sans ambiguïté les agissements terroristes du Hamas. Il faut dans le même temps exiger de l’Etat d’Israël l’arrêt immédiat des bombardements et la levée du siège inhumain de Gaza.

On leur coupe les vivres, l’eau, le gaz, on les oblige à un exil impossible à l’intérieur même d’un territoire exigu, le plus densément peuplé au monde. On y détruit les hôpitaux, on tire sur des ambulances.

Tsahal doit renoncer à entrer dans ce territoire, le prix en vie humaines sera trop grand, en victimes militaires ou civiles. C’est une catastrophe humanitaire qui se prépare et il est encore temps de l’éviter.

Israël doit renoncer tout autant à la colonisation des territoires palestiniens en Cisjordanie. Cela constitue un obstacle de plus en plus grand à la création d’un Etat palestinien.

Le gouvernement français interdit les manifestations favorables à la Palestine sous prétexte qu’elles pourraient générer des troubles. C’est l’effet contraire qui risque de se produire. Ces interdictions sont de nature à alimenter les tensions dans la société française. On ne peut se résoudre à ces limitations des libertés collectives. Le droit de manifester est sacré, les pouvoirs publics doivent le garantir et en tout cas ne pas le nier.

Il faut exiger la levée du siège de Gaza ainsi qu’un cessez-le-feu immédiat et ouvrir à nouveau des négociations.

Demandons enfin la libération de tous les otages israéliens dont la vie est tragiquement menacée dans ce contexte de revanche exercée par chacun des deux camps. Il faut ouvrir des négociations immédiates dans le contexte d’un cessez le feu plus que jamais urgent et nécessaire. Halte au feu ! D’où qu’il vienne !

Arras

Il est trop tôt pour y voir un lien direct avec la situation au Moyen-Orient, mais le corps enseignant, l’ensemble de la communauté éducative se voient une nouvelle frappés dans leur chair par un acte terroriste perpétré par un agresseur se revendiquant de l’islamisme radical.

Cet acte est évidemment condamnable, il ne doit pas entraîner un amalgame facile qui consisterait à discriminer la communauté musulmane dans notre pays. Il s’agit de faire la part des choses et de prendre toute disposition utile à empêcher de nouveaux drames de ce type en ne se trompant pas d’ennemi. L’attentat d’Arras contre un professeur de français ne doit pas raviver la haine mais au contraire réaffirmer avec force l’exigence à vivre dans une république laïque à l’abri de tout fanatisme.

 Nupes

Alors que la gauche a besoin d’unité pour un jour avoir une chance de gagner et de faire échec à l’ensemble des droites, le parti communiste a décidé de quitter la Nupes pour envisager, selon Roussel, une autre forme d’alliance. Avec qui ?

Cette position a été, sans surprise, saluée par François Hollande qui appelle le Parti Socialiste à son tour à se séparer de la Nupes. On ne peut qu’être inquiet d’une dynamique qui voue l’ensemble des gauches à un échec quasi-certain. On ne peut, sous prétexte de différends d’ailleurs alimentés artificiellement à bien des égards par les droites, se satisfaire d’une situation mortifère pour les forces progressistes de ce pays.

JMG

samedi 7 mars 2015

Georges Abdel-Sayed, militant et citoyen de souche

Il est arrivé dans notre pays en 1975, presque par erreur, la destination première celle qu'il avait choisie parce qu'il parlait anglais et pas encore le français, c'était la Grande-Bretagne.
Auparavant il aura connu, et subi comme acteur, les péripéties de l'histoire récente du Moyen-Orient, il aura vécu la guerre des six-jours et ses horreurs : ses compagnons de guerre, et d'infortune, massacrés, anéantis sous ses yeux par l'aviation israélienne qui bombardait les positions de l'armée de Nasser dans le Sinaï. Il en réchappe, indemne mais seulement physiquement. Dans son livre l'épisode est tout juste évoqué, précisément parce que la douleur doit encore être vive aujourd'hui.

Issu d'une famille du Caire relativement aisée, de religion copte ( Chrétiens d'Egypte, le nom "copte" désignait au départ les Egyptiens eux-mêmes),  il choisit en 1972, contre les avis de son père et de l'ensemble de sa famille, "le parti des plus démunis", le parti communiste, interdit dans le pays.
Il quitte l'Université et se rend à Moscou pendant quatre mois pour suivre les cours, dispensés en Arabe, de l'Ecole du parti communiste. Invité par des membres du PC il se rend au Liban et en Syrie où là aussi les partis politiques évoluent dans la clandestinité. C'est là qu'il rencontre Yasser Arafat et Georges Habache, qui finissent de le sensibiliser à la cause palestinienne. Il s'étonnera un peu plus tard de l'image de terroristes dont la France les affuble.
A la suite d'une manifestation interdite, il est une première fois emprisonné, sans procès, pendant trois mois. Ni la prison ni la torture n'entament sa détermination politique et militante.
En 1974 il est de nouveau emprisonné puis l'année suivante expulsé manu militari d'Egypte sans même pouvoir prévenir ses proches. Son père n'aura pas pu lui venir en aide puisque il meurt entre-temps dans un accident de la route.
Le voilà donc à Genève puis rapidement en France où il est accueilli comme réfugié politique par la Cimade et le secours catholique. 

Il dort même quelque temps dans la rue jusqu'à ce qu'il trouve son premier travail, serveur à Rueil- Malmaison où les délices de la langue française (argotique), qu'il découvre et apprend, lui font un jour, face à des clients amusés, confondre jus (café) et jus de fruit.

Puis c'est peu à peu l'intégration, intégration patiente et résolue qui le font devenir fonctionnaire territorial, d'abord à Villetaneuse, puis à la mairie de Romainville, Tremblay, et Bagnolet.
Il devient élu local à Bobigny dans le 9-3 dans la municipalité conduite par Bernard Birsinger dont la disparition à l'âge de 50 ans l'affectera tant.

Son engagement politique se sera donc poursuivi en France par l'adhésion, en 1976, au parti communiste, et à la CGT où il découvre l'engagement syndical. Il goûte à la liberté de militer sans entrave, ce qui lui était interdit en Egypte. Ses fonctions d'élu et de syndicaliste le placent au cœur de tous les événements importants de notre vie politique.
Il évoque dans son livre sa vie privée forcément chahutée par un engagement citoyen déterminé et constant.

C'est à Montreuil, à la commission exécutive de l'ufict-CGT des services publics, que je fais sa connaissance.
Nous y bénéficions de son expérience militante, et de ses remarques et prises de position toujours argumentées. Son histoire est singulière, elle signe le courage et la détermination incroyables et si rares aujourd'hui d'un citoyen du monde, et qui a voulu devenir français, fièrement, fidèlement, sans renier pour autant ses origines.

JMG

"Du Nil au canal de l'Ourq" par Georges Abdel-Sayed, Editions les points sur le I, 158 pages