mercredi 8 mars 2023

Ressources humaines

Le conflit sur les retraites nous aura permis de voir qu'Emmanuel Macron, le chantre du néo-libéralisme et du "management" version "start up nation", n'était pas un si bon "manager", qu'il était même en la matière particulièrement mauvais. Heureusement (pour lui) qu'il n'a, si j'ose dire, à s'occuper que de l'Etat, et non pas d'entreprise car la sienne, depuis longtemps, serait en faillite. On a beau avoir fait l'ENA, l'intelligence n'est pas donnée avec le diplôme.

Le 14 avril dernier, le conseil constitutionnel validait "sa" réforme des retraites et, dans la nuit qui suivait, il la promulguait, battant nuitamment, et de façon brutale, tout espoir que pouvait encore cultiver chacun des hommes ou des femmes de ce pays qui, en état de légitime défense, manifeste depuis des mois pour le maintien de leur droit. 

Un droit bien banal d'ailleurs, et pas si exorbitant, qui consiste à prendre une retraite méritée telle qu'elle était promise au moment de prendre un emploi, retraite qui, sans obliger le bonheur, le permette, le conditionne, et tout au moins ne l'interdise pas dans ce qui "reste d'années à vivre".

Cette réforme, purement idéologique, est imposée alors même qu'aucune réflexion sur les conditions du travail et leurs améliorations nécessaires n'ait pu être menée, ni même que l'emploi des séniors, problématique dans notre pays, n'ait fait fait l'objet du moindre début de solution. Ainsi les salariés de 62 ans qui sont au chômage devront attendre deux ans de plus au moins pour faire valoir leurs droits à la retraite, opérant par la même occasion un transfert de dépenses vers l'allocation chômage si tant est que celle-ci ne soit encore largement diminuée.

Cette situation les citoyens et le monde du travail  l'ont déjà connue lors des précédentes réformes sur les retraites comme si celles-ci faisaient partie des horizons indépassable des forces conservatrices.

Déjà en 93 avec la loi Balladur qui touchait le secteur privé et qui obligeait les salariés, surtout les femmes déjà, à travailler jusqu'à soixante sept ans pour leur permettre une retraite "complète". Puis, prétextant un alignement sur le privé, fut votée, pour le secteur public, la réforme de 2003 initiée par Chirac et Raffarin, alors que le peuple avait voté Chirac pour faire barrage à l'extrême-droite. On vit donc comment ce peuple en fut remercié, le gouvernement de l'époque instituant ainsi une sorte de jurisprudence dont la vague douloureusement nous atteint encore aujourd'hui.

 

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