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jeudi 4 septembre 2025

La dette est son dada

Il y a bien longtemps que je n'ai pas touché à ce blog, gagné par ce sentiment que cela ne servirait à rien, qu'il vaut mieux regarder l'eau qui coule, et laisser filer le temps.

Tout ce qui se passe (aujourd'hui) dans le monde est difficilement croyable tant le tragique l'emporte sur le quotidien, comme en Palestine ou en Ukraine...On continue à vivre ou à survivre, le nez dans le guidon, pour ne plus voir un malheur qui ne demande tous les jours qu'à frapper à la porte.

Pendant ce temps Bayrou, à la fois ignoble et dérisoire, Bayrou qui, se disant au centre, énonce un projet de droite rance, fondé sur une vieille lubie qui toujours fonctionne à merveille : la dette. Il laisse à la droite classique, notamment celle des Républicains qui portent si mal leur nom, les thèmes démagogiques de la sécurité et de l'immigration qui permettent de distiller la haine et, l'espèrent-ils, de s'emparer du pouvoir. 

Car la dette à Bayrou c'est son dada à lui, à dada sur son bidet, son cheval de bataille depuis des années, c'est ce sur quoi il a assis sa renommée. Et son projet d'exister enfin arrivait avec les habits de premier Ministre, sa chance ultime. Il pouvait enfin  jouir à ce titre de sa trouvaille politique, se prendre enfin pour un Pinay, celui-ci  sera parti avec les honneurs de la vérité arithmétique laquelle à vrai dire n'a rien à voir avec le réel économique et social.

Son projet de budget est (ou était désormais ?) désastreux. Il appuie sur l'accélérateur d'une politique de l'offre qui pourtant a déjà fait ses preuves en matière d'inégalités et de paupérisme. Politique qui consiste à arroser indistinctement les entreprises, surtout les plus grosses, sans contreparties et au grand profit d'un actionnariat sans morale au lieu de consacrer cet manne à des investissements producteurs de richesse et de services. 

Politique conservatrice et monétariste menée déjà en son temps par un Hollande géniteur d'un certain Emmanuel Macron que nous avons dû apprendre à connaitre et subir. Hollande "socialiste" mais Président des riches lequel qualifia ensuite Macron de "président des très riches". 

Comment voulez ensuite qu'un type comme Bayrou ne trouve pas sa voie dans ce marigot ? A quelques heures d'une démission qu'il a lui-même voulue et organisée, certain que son budget ne passerait pas, il trouve encore le moyen de prendre trois décrets qui abîment encore plus la sécurité sociale.

Ainsi prend-il la voie réglementaire pour relever le reste à charge sur chaque consultation (mais aussi tout acte de radiologie ou de biologie) qui passeront de deux à quatre euros. Quatre au lieu de deux, c’est sûrement un détail pour eux mais pas pour une grande majorité de Français dont de plus en plus renoncent aux soins médicaux.

D’autre dispositions réglementaires, sans même passer par le Parlement ce qui en dit long sur la volonté de concertation, portent sur la hausse des transports ou ou des actes paramédicaux. Bayrou entend aussi doubler le montant des franchises pharmaceutiques qui passeraient de un à deux euros. Rappelons que l’an dernier en 2024 la participation forfaitaire pour les consultations avait déjà été doublée. Le gouvernement reste donc planté dans son obsession de "responsabiliser" les malades comme si le malheur naturel ne suffisait pas et qu'il fallait renoncer à combattre la maladie et soulager la souffrance.

Les droites extrêmes, dont Bayrou est l'un des principaux acteurs, continuent de casser notre contrat social. En réalité c'est la seule chose qu'ils savent faire : défaire. 

 C'est pourquoi la colère monte et que, on l'espère aussi, le vent se lève.


 

jeudi 12 décembre 2024

Historiettes

 Voilà, il parait que Hollande reparle de Cazeneuve comme premier ministre, qu'il avait lui-même nommé en son temps. On dirait que l'histoire (ou les historiettes) repassent les plats.

Cazeneuve en concurrence d'un autre pressenti par d'autres, Bayrou. Ou peut-être ni l'un ni l'autre. Ainsi court le débat politique en France, rien plutôt que rien, on se dispute les ors ou les oripeaux de la république, la Vème qui n'en finit pas d'agoniser.

Mais le fond est là néanmoins qui nous nargue quoi que nous fassions, une pauvreté en France qui se répand et s'approfondit, des inégalités factrices de tensions sociales qui se développent et s'aggravent, des services publics qui se meurent faute de volonté politique pour les sauver, des services publics qui se meurent par volonté ou lâcheté politiques qui voudraient les achever.

samedi 24 juin 2017

Des mots et des mensonges

"Mal nommer un objet c'est ajouter au malheur de ce monde" ce mot d'Albert Camus peut s'appliquer à cette entourloupe gouvernementale revendiqué et appuyé depuis fort longtemps par le Mouvement des entreprises de France (Medef).
Plus c'est gros plus ça passe, et plus le mensonge, incarné ici par la confusion des termes, s'installe pour créer du malheur supplémentaire dont le peuple français comme le monde du travail n'avaient vraiment pas besoin.

Ce n'est pas de l'humour mais c'est vrai qu'on pourrait en rire tant c'est gros et grossier.
Déjà les salariés du bâtiment connaissait les CDI de chantier. Aujourd'hui E.Macron avec un nouveau droit du travail qui voudrait laver encore plus blanc que blanc, sous prétexte que cela combattrait le chômage, entend imposer à l'ensemble de salariés la possibilité d'un contrat dit de projet, "à durée indéterminé". En réalité, c'est tout le contraire d'un CDI tel qu'on a coutume encore de l'envisager. Mais cela devrait faire mouche, on dira que le président Macron est déterminé à se battre contre la précarité de l'emploi.

On veut donc nous appâter par un mensonge, en jouant sur le vocabulaire, et on y réussit en partie, les honnêtes citoyens n'y verront que du feu comme la plupart des gens pour qui le droit social restera toujours du chinois, peu enclins à vouloir y comprendre quelque chose,  découragés en cela par quelque Bayrou démagogue qui jetait comme un pavé le Code du Travail en prétextant qu'il était trop gros, trop lourd !
Mais le quidam en entendant le vocable CDI comprendra à tort que le pouvoir veut promouvoir la stabilité et la permanence dans l'emploi plutôt que d'encourager une précarité dont on affuble précisément le Contrat à Durée Déterminé, CDD.
Ainsi avec cette nouvelle disposition, par une habile et pernicieuse inversion des termes, le nouveau CDI, le "mal-nommé" comme aurait dit Camus, sera encore plus précaire que le CDD !

En effet, le terme "indéterminé" est justifié ainsi non pas du point de vue du salarié mais de celui de l'entreprise. C'est le projet qui est indéterminé et c'est le projet qui donne la durée à ce nouveau contrat. On attend à cet égard des précisions du gouvernement mais quel sera précisément les contours du "projet", comment ce dernier sera-t'il défini, ne sera-t-il pas au contraire sujet à toutes les imprécisions, toutes les indéterminations ? 
Le salarié va donc se trouver encore plus démuni, dépossédé de droits que lui donnaient les véritables contrats à durée indéterminée. Il s'agira bien d'un contrat à durée déterminé par la durée du projet lui-même avec au passage la suppression de la prime de précarité. Il n'y a pas pour le Medef de petites économies.

Avec la multiplication de ces soi-disant CDI, il n'y aurait plus, ni vu ni connu, de licenciement économique. Le "projet" achevé le salarié pourra être remercié sans ambages. Ne se rapproche-t-on pas ainsi tout bonnement de l'emploi à la tâche, comme au dix-neuvième siècle, avant tout droit du travail codifié et respecté ?

Macron, et pas seulement lui en matière de droit social ou de vocabulaire, n'ont pas fini de nous faire marcher.

JMG