Le parti socialiste (ou ce qu’il en reste) ne se gêne pas pour accuser Mélenchon d’antisémitisme. Il en fait même un programme, ou au moins un cheval de bataille comme s’il avait compris ou craint que LFI était sur le point d’emporter définitivement la bataille du leadership au sein de la gauche. Et pour empêcher ce qui pour l’heure constitue pour lui une menace, tous les coups sont bons, y compris les plus retors.
Le problème pour eux c’est que Mélenchon
n'est pas antisémite, et cela commence à se voir. Il est vrai que ses propos,
comme ceux s’amusant de la prononciation des noms ou des pronoms, ont pu être
perçus comme autant de bâtons pour se faire battre.
Lui-même, il est vrai, sans doute à son corps défendant, a pu alimenté la polémique, une polémique loufoque, absurde, disproportionnée qui se renforce au grès de commentaires malveillants ou assassins comme ceux d’un Manuel Valls ou de l’actuel responsable du parti socialiste, rejoignant ainsi les coups ajustées de la droite…et, surprise !, de l’extrême-droite. A force de se faire traiter d'antisémite, on peut être tenté, par dépit, et par fatigue, d'en adopter les codes même « pour rire », comme disent les enfants, mais rire jaune, le rire du dépit ou celui teinté de la provocation.
Merleau-Ponty disaient "nous
sommes ce que les autres pensent de nous". Jeremy Corbyn, l’ancien chef de
l’opposition travailliste en Grande-Bretagne, est devenu « antisémite »
par la pensée accusatoire excellemment relayée de ses adversaires politiques. Ceux-ci
se révélèrent si efficaces que Corbyn finit même par s’excuser d’un délit, l’antisémitisme,
dont il n’était nullement coupable. Ses ennemis voulaient sa mort politique et
ils y ont finalement, en tout ou partie, réussi.
Le mot antisémite a été vidé
complètement de sa substance, il ne veut plus rien dire, sauf à servir
d'ignoble accusation contre ceux qui précisément le combattent. Nous assistons
à un véritable changement de paradigme, l'extrême droite désormais combattrait
l'antisémitisme alors que la gauche s'en ferait le chantre. Cette idée est
relayée par l’ensemble des media de presse écrite ou audiovisuelle. Il faut voir
à qui cela profite. N'est-ce pas à la droite ou aux droites extrêmes qui
ainsi à bon compte se font une virginité idéologique.
L'antisémitisme réel, non imaginaire, se nourrit aujourd’hui du racisme anti-arabe et des conflits moyen-orientaux. Il s’alimente de la violence imposée au peuple palestinien.
C’est pourquoi ceux qui dénoncent le génocide actuellement en
cours sont les premiers visés par cette accusation infamante.
Les vecteurs de l'antisémitisme ne sont-ils pas à chercher plutôt en Israël, et plus précisément au sein même du gouvernement suprématiste et d’extrême-droite
de Netanyahou ?
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