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vendredi 2 octobre 2026

BARDELISONS LE DEBAT

Ainsi Bardella a été rattrapé par la patrouille. Médiapart en l'occurrence a pu se procurer des documents qui montrent combien l'antisémitisme viscéral du Rassemblement National n'est pas mort et qu'il en est même l'élément constitutif, dès l'origine. 

L'article de Mediapart n'a rien de mensonger, il ne fait que rappeler factuellement qu'on ne peut artificiellement se détacher de son histoire, et celle-ci est ineffaçable. Elle colle à ses responsables et militants  comme la boue à leurs semelles,  parfois sans qu'ils en soient tout à fait conscients. 

C'est pourquoi d'ailleurs les listes du Rassemblement National se sont constituées aux dernières municipales avec de nombreux "sans étiquettes". On n'attire pas les mouches avec du vinaigre.

Cette bardélisation subite du débat a un mérite, elle nous aura donné à voir ce qu'était l'antisémitisme, le vrai, le brut, le brutal.

On espère que cela donnera à tous ceux, de droite mais aussi de "gauche", qui ont contre LFI notamment, l'accusation ou la diffamation faciles, la bonne idée de réfléchir.

JMG


     

mardi 28 juillet 2026

AXIOME

Il est des accusations qui à force d'être répétées se transforment en axiomes. Un axiome c'est un principe fondateur non démontrable. Ainsi on ne peut démontrer, et personne n'a pu le faire pour la bonne raison que c'est faux, que Jean-Luc Mélenchon ainsi que l'ensemble de LFI seraient antisémites. Mais de cette qualification, non démontrable, on peut faire un axiome qu'on nourrit en le répétant à l'envi.

Comme créateur d'axiome nous avons, parmi beaucoup d'autres, Alain Finkielkraut. Dans une tribune publiée par le Figaro en juin 2024 ce dernier, paré des titres prestigieux de philosophe et d'académicien, baptisait Mélenchon de "chef de file de la judéophobie contemporaine" Rien que ça ! Il suffisait de l'affirmer, surtout venant de cette autorité morale, pour que cela devienne vrai.

Le "Monde Diplomatique" rappelle aussi des propos de Bernard-Henri Lévy dans le Point,  également en juin 2024, en pleine campagne électorale : "la France insoumise est un parti antisémite. Ce parti antisémite est en position dominante dans le nouveau front populaire." Voilà deux axiomes pour le prix d'un. Ce qui compte c'est bien le massacre de la vérité, tout en cachant ou en minimisant celui du peuple palestinien. Car tout est lié. La défense du peuple palestinien serait-elle devenue un délit ? N'est-ce pas cela que l'on reproche à ceux que l'on traite d'antisémite ?

Ces procès à l'emporte-pièce en effet sont facilités par la confusion savamment et massivement entretenue entre anti-sémitisme et anti-sionisme. Les lobbys israéliens, qui fréquentent autant le Parlement français que les couloirs de la presse convenue, ne sont pas pour rien dans ce confusionnisme. Il suffit d'écouter CNews (pas trop) pour comprendre.

La coupe de l'axiome revient peut-être à Raphaël Einthoven qui a qualifié la France Insoumise de "passionnément antisémite". Le mouvement qui avait porté plainte a perdu son procès et Einthoven a donc été relaxé du délit d'injure. Cela permet aux adversaires bienveillants de LFI, notamment à l'extrême droite, mais pas seulement, de colporter l'axiome en toute tranquillité, un peu partout et n'importe quand.

Et donc autour de l'Axiome, s'amalgament, au gré parfois d'événements dramatisés à l'excès (comme le chahut tout récent du concert de Barbara Butch) ou à travers de menus faits montés en épingle comme par exemple l'usage du mot "camper", ou la façon de prononcer le nom d'Epstein. 

Il faut rappeler alors qu'aucune condamnation n'a été prononcée pour antisémitisme contre des membres de LFI.  Mais vont bon train les contre-vérités, les insinuations, les interprétations, relayées par les mass-média conventionnels, servis par les partis de droite, mais aussi certains de "gauche", ce qui est bien plus gênant encore. Ceux-ci feraient mieux de garder l’œil avant tout sur le racisme et l’antisémitisme historiques des extrêmes droites.

L’électeur moyen est réceptif à ce type d’accusation et facilement impressionné, même sans vraiment savoir sur quoi elle repose. 
Car ce harcèlement est redoutable, il fait mouche, en dépit ou à cause du mensonge radical qui le nourrit.

Il n'est pas certain, à force, que la gauche réconciliable (je me fais fort de ce "nouveau" concept) puisse s'en remettre.
A elle de retrouver l'unité et la solidarité pour éviter que les droites extrêmes prennent le pouvoir, la première des exigences étant, même si l'on se doit à tout égard d'exercer son esprit critique,  de ne pas hurler avec les loups.

JMG

vendredi 20 mars 2026

Procès en antisémitisme : l’arme atomique du pauvre politicien

 Le parti socialiste ne se gêne pas pour accuser Mélenchon d’antisémitisme. Il en fait même un programme, ou au moins un cheval de bataille comme s’il avait compris ou craint que LFI était sur le point d’emporter définitivement la bataille du leadership au sein de la gauche. Et pour empêcher ce qui pour l’heure constitue pour lui une menace, tous les coups sont bons, y compris les plus retors.

Le problème pour eux c’est que Mélenchon n'est pas antisémite, et cela commence à se voir. Il est vrai que ses propos, comme ceux s’amusant de la prononciation des noms ou des pronoms, ont pu être perçus comme autant de bâtons pour se faire battre.

Lui-même, il est vrai, sans doute à son corps défendant, a pu alimenter la polémique, une polémique loufoque, absurde, disproportionnée qui se renforce au grès de commentaires malveillants ou assassins, comme ceux d’un Manuel Valls ou de l’actuel responsable du parti socialiste, rejoignant ainsi les coups ajustées de la droite…et, surprise !, de l’extrême-droite. A force de se faire traiter d'antisémite, on peut être tenté, par dépit, et par fatigue, d'en convoquer les codes, rire jaune, le rire du dépit ou de la provocation.

Merleau-Ponty disaient "nous sommes ce que les autres pensent de nous". Jeremy Corbyn, l’ancien chef de l’opposition travailliste en Grande-Bretagne, est devenu « antisémite » par la pensée accusatoire excellemment relayée de ses adversaires politiques. Ceux-ci se révélèrent si efficaces que Corbyn finit même par s’excuser d’un délit, l’antisémitisme, dont il n’était nullement coupable. Ses ennemis voulaient sa mort politique et ils y ont finalement, en tout ou partie, réussi.

Le mot antisémite a été vidé complètement de sa substance, il ne veut plus rien dire, sauf à servir d'ignoble accusation contre ceux qui précisément le combattent. Nous assistons à un véritable changement de paradigme, l'extrême droite désormais combattrait l'antisémitisme alors que la gauche s'en ferait le chantre. Cette idée est relayée par l’ensemble des media de presse écrite ou audiovisuelle. Il faut voir à qui cela profite. N'est-ce pas à la droite ou aux droites extrêmes qui ainsi, à bon compte, se font une virginité idéologique ?

L'antisémitisme réel, non imaginaire, se nourrit aujourd’hui du racisme anti-arabe et des conflits moyen-orientaux. Il s’alimente notamment de la violence imposée au peuple palestinien. C’est pourquoi ceux qui dénoncent le génocide actuellement en cours sont les premiers visés par cette accusation infamante.

Les vecteurs de l'antisémitisme ne sont-ils pas à chercher plutôt en Israël, et plus précisément au sein même du gouvernement, suprématiste et d’extrême-droite, de Netanyahou ?

samedi 18 novembre 2017

Exclusion : bienvenu au club

Une nouvelle fois, après un tweet trouble comme peut l'être notre époque, et lâché un peu trop vite, Gérard Filoche est mis au pilori d'un parti socialiste qui n'attendait qu'un prétexte pour l'exclure tout à fait. Et cette fois l'occasion est trop belle, l'os trop bon à ronger. Ils ont enfin ce qu'ils attendaient. C'est une meute, au travers les réseaux sociaux qui va s'en charger, conduite par des Tartuffe  qui se disent encore de gauche mais qui au fond n'en partagent plus réellement les valeurs.

Il faut ne pas le connaître, ou être complètement frappé, et tout à fait à la masse, ou bien d'une malveillance certaine pour oser dire qu'il est un antisémite. Or ils osent ces "socialistes" de droite alors que toute la vie de militant de Gérard Filoche aura été précisément de combattre les droites extrêmes et leurs politiques inégalitaires ou monétaristes qui mènent tout droit au racisme, à l'antisémitisme, et encouragent la xénophobie.

Filoche s'est excusé pour avoir tweeté trop vite, et bien sûr l'a retiré aussitôt.
Macron lui continue sa politique de destruction sociale, Macron lui ne retire rien, ne s'excuse pas, comme ne s'excusent jamais tous ceux qui depuis trente ans s'acharnent à semer la misère. 

Quant au PS il est agonisant. L'exclusion de Filoche, si finalement elle se produit, ne fera qu'accélérer la disparition d'un parti qui, par la faute volontaire de ces responsables, nous aura tant trahis.

JMG



mardi 7 janvier 2014

Quenelles et autres légumes

Je sais, c'est pas un légume, mais j'ai jamais aimé les quenelles.

Venons-en à des choses moins alimentaires : la polémique fait rage pour savoir si ou non il convient d’interdire les spectacles de Dieudonné. Avant cette polémique je ne connaissais pas Dieudonné autrement qu’en duo avec le dénommé Eli Semoun, tous deux m’ont fait beaucoup rire.
Tout comme d’ailleurs je ne savais pas que les quenelles pouvaient pousser sur les plateaux de télévision, ou dans l’entourage immédiat d’un ministre de l’Intérieur en visite sur le terrain, ou bien encore sur les terrains de foot britanniques mêmes cultivés par un joueur de nationalité française (Anelka, je crois).

C’est donc que le sieur Dieudonné a  réussi son coup, et à la place de certains media et du ministère de l’Intérieur, si ce n’est pas trop tard ce dont je doute, je me méfierais de cette publicité involontaire faite à un humoriste qui, manifestement, ne demande pas qu’à en rire.

La question de la liberté d’expression a toujours été délicate, par nature elle ne demande pas d’exception. Cela fut le premier travail de Hitler ou des Fascistes en Italie que de la mettre à mal. Ensuite, comme on le sait, fut mise à mort la liberté. Et donc ils ont beau jeu ceux qui jouent de la quenelle, ou la cultive, forcément : car il y a une contradiction naturelle et irréductible à se prémunir contre une liberté d’expression au nom de la liberté tout court.

Il est une loi en France qui sanctionne pénalement le délit de racisme ou d’antisémitisme. Que l’on applique la loi. Au lieu d’interdire les spectacles de Dieudonné ou de le forcer au silence, au lieu de le victimiser et d’en faire ainsi le point de ralliement de tous les déçus, les perdus, les exclus de notre société, il convient de relever, sérieusement, juridiquement, tous ses manquements à la loi. Il doit y en avoir. Et de laisser passer la justice.

Cela c’est pour le court-terme, pour l’urgence. 
Pour l’avenir, outre qu’il faille entretenir la mémoire des peuples et de leur malheurs, il convient de lutter contre les conditions économiques, celles-là même qui ont permis l’avènement du fascisme et du nazisme en Europe. L’Europe monétariste que nous connaissons aujourd’hui, et qui n’a rien à envier à celle des années trente, qui paupérise les peuples et enrichissent les riches par les politiques d’austérité stupides et cupides qu’elle implique, n’est pas de nature à admettre la sérénité politique et démocratique. 

C’est cela qu’il faut combattre en même temps qu'il faut renforcer la République et les valeurs qu'elle représente. Les sociétés ont l’expression qu’elles méritent.

JMG