L'ordre établi se nourrit du désordre (Sartre). Il s'en délecte, le suscite ou s'en accommode.
Les services de renseignements, instruits par le ministère de l'Intérieur, ou les forces de police qui semble avoir perdu leur républicanisme, s'y mettent aussi en usant du mensonge et de la manipulation. Un peu comme dans les années trente, ils ont trouvé un premier bouc émissaire : La France Insoumise ! Pratique ! (cf article de Mediapart de ce jour)
Le pouvoir est aux abois, et il veut faire payer au peuple le prix de l'impasse qu'il lui réserve, sans espoir. Il laisse le temps faire son affaire, le pourrissement actif continuer son œuvre mortifère.
Le gouvernement méprise une jeunesse qui est notre avenir, sans les jeunes point de salut. Et pourtant ils sont vilipendés, on les confond, délibérément ou pas, avec des casseurs qui entretiennent les braises de la chienlit faussement dénoncée par les représentants des droites, extrêmes ou pas. Ceux-là se ressemblent et s'amalgament dans une course à l'échalotte de qui sera le plus intransigeant, le plus ferme, droits dans les bottes de leur sottise relayée à l'envi par les chaînes de désinformation continue. Macron n'écoute rien, fidèle à sa politique de la terre brûlée qu'il avait mise en œuvre déjà du temps du soulèvement des gilets jaunes.
Pourtant il serait si simple et naturel pour un pouvoir prétendument démocratique d'écouter et de répondre, de devenir responsable enfin. La France est assez riche pour cela.
Mais si la France est riche de son peuple, elle est pauvre de ses élites. Le terme ici ne recouvre que ceux qui détiennent un pouvoir dont ils abusent, parfois même dans l'inconscience et l'irresponsabilité les plus totales.
Si nous avions affaire à un gouvernement intelligent et bienveillant, rêvons un peu, la dizaine de milliards serait versée pour cette jeunesse soucieuse d'étudier dans de bonnes conditions matérielles, avec des professeurs en nombre suffisant pour conserver leurs chances et leur confiance en l'avenir.
Le mouvement des lycéens demande la suppression de Parcoursup, devenu symbole du mépris porté à la jeunesse. Pourquoi ne pas satisfaire cette revendication comme un geste salutaire en direction d'une jeunesse dont on voudrait le bien ?
Oui, mais symbole seulement car le mal est encore plus profond et d'autant plus urgent à traiter : donner enfin à l'Education Nationale la possibilité de se déployer avec des moyens suffisants et une considération recouvrée. Sans oublier l'Université et la Recherche, essentielles pour l'avenir du pays, qui sont tombées en déshérence et qu'il conviendra au plus vite de remettre à flot.
Mais le pouvoir est têtu et Macron, chantre du néo-libéralisme, tient plus que jamais à faire barrage contre l'intérêt du pays, à six mois d'une élection particulièrement périlleuse pour l'Etat social et la République.
Macron c'est Jupiter, ou qui veut l'être, adepte de Carl Schmitt, tout en haut d'institutions qui lui vont comme des gants de boxe.
JMG
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