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lundi 15 avril 2019

Fonction publique : le contrat contre la loi

Le projet de loi fonction publique devrait entraîner une augmentation significative du nombre d'agents contractuels. La rémunération de ces agents sera déterminée par l’administration compétente au regard des fonctions exercées, de la qualification, de l'expérience et en tenant compte des résultats professionnels.

En d'autres termes, il n'y aurait plus à terme de garantie collective jusqu'ici fondée sur des grilles de salaires définies nationalement, aggravant ainsi les disparités entre les agents publics eux-mêmes, mais aussi mécaniquement entre les territoires, avec ce risque de renforcer le clientélisme politique.

Le gouvernement a donc pour projet de serrer encore plus les relations de subordination entre administration et agents publics. Le risque est singulièrement grand dans l'Education Nationale où les agents ont toujours été attachés à une autonomie, même relative, sans laquelle un enseignement efficace n'est possible.

Changer les statuts c'est déjà changer d'horizon, c'est préparer les esprits à la privatisation, voire à la financiarisation des services publics ceux-ci devenant alors des services au public...puis aux "clients".

JMG


paru dans D&S Démocratie et Socialisme avril 2019

dimanche 24 août 2014

Un peu plus de rythme les enfants !

Frangy, non ce n'était pas la morne plaine, mais ce n'était pas l'explosion non plus et encore moins la révolution que d'ailleurs personne n'appelle de ses voeux, courageux mais pas téméraires...Mais c'était Frangy, on devait s'attendre à quelque chose d'un peu fracassant d'Arnaud et de Benoît ( je suis au parti socialiste, c'est mon côté "moi j'ai deux copains ministres") après qu'ils eurent déclaré dans la presse que l'heure de la fronde avait sonné. Donc, elle a sonné c'est vrai, mais un peu creux disons-le. Car la Fronde, s'il en est, ne se fait pas seulement dans les esprits et par les mots, fussent-ils aussi beaux et forts que ceux d'Arnaud Montebourg, la fronde s'opère dans les cœurs puis dans la rue, en dehors en tout cas des palais de la République qui furent il n'y a pas si longtemps encore ceux de la Royauté.

Mais il était plaisant, presque réjouissant, de les entendre tous les deux, les sachant au gouvernement, dénoncer les excès de Mme Merkel et ceux d'une Europe plus attachée à la défense artificielle d'une monnaie unique amie des rentiers qu'à une croissance suffisamment équilibrée et forte pour assurer le plein-emploi. Il était encourageant de les écouter tous les deux, à dire haut et fort des choses que d'habitude nous "la gauche du PS" nous disions, mais avec cette épée de Damoclès sans cesse au-dessus de nos têtes, celle du bannissement idéologique ( bon d'accord c'est pas trop grave) au sein de telle ou telle section, de telle ou de telle fédération, la pensée unique sociale-libérale faisant des ravages dans le plus profond de nos ville et de nos campagnes, y compris à Lons-le-Saunier, préfecture du Jura.

Et donc si la révolution consentait à survenir, à la suite de ces deux discours de Frangy, ce ne sera pas tant grâce à nos deux apprentis-frondeurs qu'à la réaction de Manuel Valls qui leur aurait promis, via son entourage (prudent le bonhomme), de leur couper la tête. A mon avis, il ne le fera pas, car ce serait de la part de Manuel (je suis du PS, et donc le premier des ministres est un de mes copains, pire un camarade) une sorte de suicide. Mais sait-on jamais, un coup de folie parfois est si vite arrivé même dans les milieux les mieux bénis des Dieux de la République.

Satisfait donc de ce que j'ai pu entendre mais un petit bémol cependant ( car on ne se refait pas), destiné à mon camarade Benoit Hamon qui a osé nous dire, devant une foule malgré tout applaudissante, que la réforme dite des rythmes scolaires était une bonne réforme. Je ne le pense pas pour ma part, car l'Etat aura réussi à faire financer par les collectivités locales le rétablissement d'une cinquième matinée d'école, qui rappelons-le avait été supprimée par la droite, "réforme" dont la charge morale et financière aurait dû incomber au ministère de l'éducation Nationale. Sans compter les ruptures d'égalité devant le service public d'éducation selon que votre enfant dépende de tel ou tel territoire, pauvre ou riche selon les latitudes.

Et donc je dirai à mes deux excellents camarades, au terme de cette journée, "des progrès ont été faits durant ce trimestre, continuez vous êtes sur la bonne voie".

Comme quoi parfois les vacances (scolaires) parfois ont du bon. Si toutefois ils ne se font pas renvoyer de leur école, ce que je ne parierai pas.

JMarc Gardère






mardi 15 juillet 2014

Ne pas s'interdire de dire la vérité

Pourquoi faudrait-il définitivement nous taire sous prétexte que nous avons voté pour ce gouvernement ? Pourquoi n'aurions nous pas le droit de dénoncer les mesures ou les actions que nous jugeons contraires à l'intérêt général,  à celui de la gauche, à l'intérêt du parti socialiste lui-même ?

Ainsi  le pacte de responsabilité qui nous mène droit dans le mur. Devrions-nous le trouver absolument positif et ne pas le dénoncer, alors qu'il appauvrit l'ensemble des Français sauf ceux qui y ont intérêt, et qui sont probablement derrière cette politique désastreuse, j'ai nommé les oligarchies financières ? 

Pourquoi devrions-nous nous interdire, sous prétexte que nous serions socialistes, de dire haut et fort que Valls aujourd'hui non seulement conduit une politique de droite mais prépare activement, par son attitude, le retour d'une droite qui, elle, sera plus dure et plus dogmatique encore, toute tendue vers la volonté d'en découdre contre ce qui sera resté de la gauche moribonde. Cet esprit de revanche finira de faire exploser la gauche dans son ensemble.  Pire, la droite qui se sera certainement dégagée de la boue des affaires dans laquelle elle se trouve actuellement, continuera ce travail de sape contre  les projets de société progressistes que nous voulions malgré tout. 

Et donc voilà, voilà pourquoi il convient de ne pas se taire, voilà pourquoi je me force, car je ne le fais pas de gaieté de coeur, à condamner par exemple, parce qu'elle est révélatrice, la dernière trouvaille d'un Benoît Hamon que j'ai longtemps soutenu mais qui me déçoit comme me déçoit l'ensemble de ces membres du gouvernement qui délibérément, consciemment, confondent politique et communication politique.
Comme ministre de l'éducation nationale, Benoît Hamon en effet dit vouloir faire bénéficier les écoliers d'un enseignement au codage informatique. Le problème c'est que cet enseignement se ferait hors du temps scolaire. Cet  enseignement en effet est important, essentiel même si on ne veut pas que les outils technologiques nous dépassent un jour. Mais pourquoi alors ne pas laisser la maîtrise de cet enseignement à l'Education Nationale elle seule en mesure d'en assurer l'égale et équitable répartition sur tout le territoire national ?  

Dispensé par qui alors cet enseignement, si ce n'est par l'éducation nationale ? Par les collectivités, premières victimes du pacte de responsabilité, ou dans le cadre des nouveaux rythmes scoalires, par les parents eux-mêmes ?
Quels élèves en bénéficieront finalement ? Pas ceux en tout cas qui n'auront pas eu la chance d'habiter des communes ou des communautés de communes suffisamment riches ou organisés pour monter de tels enseignements ? Et que dire encore des volontés politiques qui seront forcément différentes selon les collectivités. 

Ainsi aura-t-on remplacé la fracture numérique par la fracture territoriale. A moins, qu'à force de jouer les apprentis sorciers, nous restent sur les bras les deux ensemble.

JMG