Affichage des articles dont le libellé est Hollande. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hollande. Afficher tous les articles

jeudi 12 décembre 2024

Historiettes

 Voilà, il parait que Hollande reparle de Cazeneuve comme premier ministre, qu'il avait lui-même nommé en son temps. On dirait que l'histoire (ou les historiettes) repassent les plats.

Cazeneuve en concurrence d'un autre pressenti par d'autres, Bayrou. Ou peut-être ni l'un ni l'autre. Ainsi court le débat politique en France, rien plutôt que rien, on se dispute les ors ou les oripeaux de la république, la Vème qui n'en finit pas d'agoniser.

Mais le fond est là néanmoins qui nous nargue quoi que nous fassions, une pauvreté en France qui se répand et s'approfondit, des inégalités factrices de tensions sociales qui se développent et s'aggravent, des services publics qui se meurent faute de volonté politique pour les sauver, des services publics qui se meurent par volonté ou lâcheté politiques qui voudraient les achever.

dimanche 23 mai 2021

La République désunie

La pseudo-décentralisation continue, et de plus belle, comme si il n'y avait pas mieux à faire, comme si on voulait cacher la poussière sous le tapis pour se garder de régler les vrais problèmes. Et donc E. Macron, dans la lignée de ses prédécesseurs, veut réformer les collectivités territoriale et leurs rapports à l'Etat Central. Une énième loi dite de décentralisation qui, un peu comme les lois sur la sécurité, ne sert à rien tout en étant susceptible d'aggraver la situation. Mais cela nourrit le brouhaha politicien et électoraliste qui fait taire la réflexion et laisse le champ libre à l'élaboration de "réformes" inutiles. 

Déjà en 2011 il y eut la réorganisation de l'administration territoriale de l'Etat qui n'était que la version territoriale de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), le but alors était de supprimer des postes de fonctionnaires, le plus possible pour répondre à l'exigence sarkozienne et celle de la droite, sociale-libérale ou non, de contenir les dépenses publiques.

Puis vint la fameuse et tout aussi dangereuse réforme territoriale, voulue par Hollande et Vals, qui redécoupait les régions pour les rendre plus grandes, le regard porté sur le modèle allemand, mais en oubliant que l'Allemagne n'est pas la France, n'a pas la même histoire. 

Alors que le but de cette réforme était prétendument de faire des économies, il est avéré aujourd'hui qu'elle aura coûté plus cher aux contribuables tout en distançant encore davantage l'exécutif régional des intérêts citoyens.

Aujourd'hui le gouvernement entend passer à la vitesse supérieure avec la Loi 3 D, étrange appellation pour donner un semblant de modernité à une politique territoriale archaïque. De quoi s'agit-il ?

Il s'agirait d'abord du "droit à la différenciation" (un des trois ou quatre D, décentralisation, déconcentration...) dont devrait se prévaloir chaque collectivité. Les missions de l'Etat seraient donc dépecées pour être données aux collectivités décentralisées : régions, départements, communes. Cela à première vue semble séduisant d'autant que cette redistribution de compétences se ferait, sous la houlette des préfets, d'abord à titre expérimental. Mais le projet lui-même n'est pas loin, plus ou moins caché en embuscade : il a déjà d'ailleurs été adopté par le Sénat l'année dernière. 

Le Sénat a-t-il bien mesuré le danger de rupture d'égalité entre les territoires que ce texte peut entraîner? D'une collectivité à l'autre, et donc d'un territoire à l'autre, les répartitions de compétences seraient différenciés selon tel ou tel endroit du territoire national. au risque de rompre l'égalité entre les citoyens. 

Le pouvoir réglementaire serait en partie transféré de l'Etat central aux collectivités locales, c'est-à-dire aux communes, départements, régions.  Le danger est grand de donner naissance à une république à plusieurs vitesses dans laquelle les lois et les règlements ne seraient plus les mêmes pour tous, et en oubliant la nécessité d'un aménagement harmonieux et égalitaire du territoire national.  

Le droit normatif serait donc élaboré par les autorités décentralisées comme cela existe aux Etats-Unis où les lois sont différentes selon que vous passiez du Texas au Nouveau-Mexique ou de l'Oregon à la Californie.

Nous n'en sommes pas là mais on voit bien le chemin dans lequel veut nous entraîner le pouvoir. Celui d'un désengagement de l'Etat sous couvert de cette loi dite 3 ou 4 D (on y ajouterait le D de la "décomplexication", croit-on rêver !), qui fait mine de donner des pouvoirs supplémentaires aux collectivités mais qui oublie de leur donner les moyens financiers, voire qui les leur reprend en leur interdisant une fiscalité juste et autonome.

Ainsi cette loi n'est pas de nature à vouloir sauvegarder ou maintenir les services publics locaux. Or  c'est le devoir d'un Etat responsable que de veiller d'abord à ce que les services publics soient également et puissamment répartis sur les territoires de la République. 

Ce projet, dans la mesure où il désorganise les principes territoriaux en vigueur aujourd'hui, devrait faire logiquement l'objet d'une révision constitutionnelle.

Le projet avance masqué sous des abus de vocabulaire technocratique qui se veulent séduisants. Ainsi la ministre  Jacqueline Gourault parlait-t-elle "d'un Etat de proximité, outillé et réunifié", dans ce genre de galimatias technocratique et mensonger, en vogue dans la Macronie, qui dit tout et son contraire. Car il apparait que l'Etat se dessaisit plutôt de ses devoirs et de ses prérogatives en matière d'aménagement du territoire au lieu de les assumer de manière souveraine et démocratique.

Ce projet de loi confirme que le pouvoir, depuis une trentaine d'années, instrumentalise la décentralisation comme outil idéologique et politique, sans réelle volonté de laisser aux collectivités la possibilité de s'émanciper au travers de moyens qui leur seraient donnés ou rendus.

Le contexte politique, à proximité des élections départementales et régionales et à la veille de l'élection présidentielle, ne permettra peut-être pas que cette loi voie le jour. Mais le gouvernement semble y tenir.

On a coutume, c'est même devenu un sport politique et médiatique, de dénoncer le fameux "mille-feuilles territorial" pour monter du doigt les complexités du système administratif et politique français. Il est curieux, presque amusant, de constater que cette complexité est nourrie et entretenue par le monde politique lui-même.

 Cette loi, si elle était définitivement votée,  rendrait plus complexe encore, et donc illisible, cette organisation que l'on prétend, à longueur de discours, rendre plus proche des citoyens. 

Plus grave, elle porterait un coup à la République qui gagne à rester une et indivisible, et mieux encore à devenir pleinement sociale.

JMG









 

jeudi 15 avril 2021

La gauche est-elle morte ?

 Il est de bon ton, "si l'on en croit les sondages", de clamer que la gauche est morte. Ou bientôt morte, ce qui lui laisserait de toute façon bien peu de perspective. Je n'en sais rien si la gauche est morte. Mais c'est bien le projet ou le but meurtrier de ce qu'on appelle la droite ; celle qui défend les valeurs conservatrices ; qui aujourd'hui comme hier défend son argent et donc son pouvoir exorbitant qui se manifeste d'abord par une propagande furtive et sournoise au travers des organes de presse ou de communication dont elle a la possession quasi-exclusive. 

Si la gauche est morte c'est d'abord qu'on veut la tuer. Et on la tue depuis toujours, même au sein de son propre camp, depuis 1983 par exemple, depuis que Mitterrand lui a fait faire son virage néo-libéral qu'on appelle encore, par charité, virage social-libéral. Plus grand chose de social depuis cette date, ou rien de concret et encore moins de volonté pour que la question sociale soit mise durablement et puissamment au centre du débat politique. 

J'ai retenu de Mitterrand qu'il avait été un admirateur de Thatcher, non pas soutien car il était encore trop "socialiste" pour cela, mais par naïveté ou par faiblesse : il s'est laissé bouffé par elle. Thatcher et Reagan l'auront poussé dans les derniers retranchements de la concurrence économique et sociale à tout rompre. 

Mitterrand avant l'heure devint alors un ami de la finance, "après moi il n'y aura plus que des financiers et des comptables", avait-il dit, auto-réalisant ainsi le pouvoir des court-termistes de la finance mondialisée comme celui des technocrates de Bruxelles. Bien sûr il y eut le vernis social, un peu au début, la retraite à soixante ans, l'augmentation des allocations familiales, autant de mesures qui pouvaient nous séduire jusqu'à dissimuler que le ver était déjà bien dans le fruit. 

Et donc l'affaire n'est pas nouvelle, la mort de la gauche, s'il en est, s'apparente à un suicide, elle est annoncée depuis longtemps et cette annonce en réjouit plus d'un. C'est pourquoi on parle à l'envi aujourd'hui de droitisation de la société française comme si cette droitisation était non seulement récente mais réelle désormais, fatale, irréversible, sans que l'on cherche trop à en connaitre les raisons ou les origines.

C'est ainsi par lâcheté ou par irresponsabilité politique que l'idéologie néo-libérale a fini de tout inonder après un dernier sursaut d'un Jospin se livrant à la une réduction conséquente de la durée du travail mais comme dernier vestige d'une volonté de transformation  sociale.

Irresponsabilité, trahison d'un Hollande comme d'un Valls, tromperie d'un parti socialiste ayant définitivement tué le label pour en faire le dernier repoussoir de  la politique française. Et puis Macron à la fin, fossoyeur en chef du code du travail, mais en plus incisif encore, appuyé par une répression policière qui prit sa pleine et détestable mesure contre les gilets jaunes dans une atmosphère de guerre civile savamment dramatisée.

Division encore de la "gauche" dans sa version syndicale avec une CFDT acquise aux pouvoirs en place pour accompagner des réformes globalement demandées par le Medef, tout en discréditant au contraire les directions syndicales dites révolutionnaires, CGT, FSU, FO à certain égards, qui ne font que leur travail de défense des salariés avec les moyens qui sont les leurs dans une ambiance de désyndicalisation que permet une précarité accrue.

Ainsi le vocabulaire même est-il passé à droite : sécurité, concurrence, compétitivité, austérité, financiarisation, mondialisation, licenciements au lieu de la solidarité, de pacte social, de défense des services publics, de lutte contre la pauvreté, de fiscalité juste et progressive, de statut protecteur du salarié ou de l'agent public.

La montée des inégalités qui en est résulté et qui aujourd'hui continue sur sa lancée  mortifère, alimente l'abstention et démultiplie le processus de "droitisation" dont certains politistes affublent la société française. Curieusement cette droitisation est attisée par des groupuscules, issus de la "gauche" comme "le Printemps Républicain" qui ont, et pour cause, micro ouvert sur les chaines d'information continue. 

La gauche n'est pas morte, elle est juste électoralement endormie, ("si l'on en croit les sondages" elle ne figurerait même pas au second tour de la prochaine présidentielle). 

Mais il lui reste à se ré-unir tant il est vrai que sociologiquement le pays est à gauche, attaché historiquement aux idéologies de la solidarité. Il reste à la gauche de se mettre au travail, il n'est pas trop tard : et  c'est peut-être ici.


JMG

lundi 14 octobre 2019

Retraite : vaudra mieux mourir assez tôt pour en avoir une bonne

Le gouvernement a annoncé à plusieurs reprises que sa réforme sur les retraites ne serait soumise au Parlement qu'après les élections municipales. Courageux mais pas téméraire, car l'enjeu est beaucoup trop grand : Macron et les siens savent qu'ils tiennent dans leur main une grenade qu'il convient de ne pas dégoupiller de suite. Elle pourrait exploser au cours d'un scrutin essentiel pour l'avenir d'"En marche".

Mais alors pourquoi la mener cette réforme, cette énième réforme des retraites comme si toutes celles qui l'auront précédé, Seguin en 1987, Balladur en 93, Fillon en 2003, Woerth en 2010, Hollande en 2013, n'avaient servi ni mené à rien ? De quels bois sont faits ces pouvoirs qui réforment et déforment sans arrêt pour des résultats nuls sinon nuisibles ? Ne faudrait-il pas finalement payer nos gouvernants à ne rien faire plutôt qu'à les laisser détruire peu à peu, avec insistance, tous nos systèmes de solidarité dont nos régimes de retraite par répartition sont parmi les pièces essentielles ?

On dit que le système est en déséquilibre, il n'en est rien, ou si peu, il suffirait d'augmenter légèrement les cotisations sociales (qui sont, rappelons-le, du salaire socialisé) pour stabiliser durablement le système, mais ce n'est pas l'option retenue. Tout cela pour ne pas alourdir les soi-disant "charges" des entreprises. Ainsi le taux des cotisations n'a-t-il pas évoluer depuis la fin des années soixante et au contraire baissé de façon continue, avec une accélération ces dernières années, dans un contexte idéologique de plus en plus prégnant et dominé par le néo-libéralisme.
Ainsi a-t-on limité les taux de cotisation ( décret de 2015) pour que la part des pensions ne dépassent pas 14% du PIB. L'autre levier pour faire baisser cette part du PIB a été d'allonger les durées d'activité.

Pour mieux maquiller ce phénomène de paupérisation des retraités, Macron a par ailleurs introduit  l'idée, démagogique entre toutes, que les pensions des retraités nuiraient ou empêcheraient l'enrichissement des salariés. Ainsi fait-il porter sur les retraités tout le poids du vieillissement en réservant les gains de productivité aux salariés. Pourtant l'un n'empêche pas l'autre.*

Le projet de réforme Macron vise un système plus simple, plus juste, plus équitable, où un euro cotisé produisant les même droits pour chacun. Mon œil ! Le projet est non seulement fou, parce qu'il vise à détruire des solidarités,  mais il est flou avec un calendrier incertain et des chiffres manipulés.

L'âge du départ à la retraite resterait à 62 ans mais c'est un leurre car les décotes ou surcotes incitent fortement à partir plus tard : au moins à 64 ans ("âge d'équilibre" comme il est dit dans le projet) pour pouvoir prétendre à un "taux plein". Notons que ce terme est tout aussi mensonger puisque le taux plein n'a en réalité jamais existé, le taux de remplacement n'ayant jamais dépassé 75%.

 Pour chaque génération la somme des cotisations versées doit être équivalente à la somme des pensions versées, c'est aux yeux du gouvernement la condition de l'équilibre financier du système. Cela met en jeu notamment l'espérance de vie pour une génération. Plus l'espérance de vie sera grande moins les pensions seront hautes, vous avez donc plutôt intérêt à ne pas mourir trop tard.

S'agissant des départs anticipées seules les professions régaliennes (police, pompiers, personnel pénitentiaire...) seraient concernées. Les autres professions perdront cette possibilité de départ anticipé, même si pourront leur être appliqués les critères d'un compte professionnel de prévention.

Les systèmes de retraite en France représentent 13,8% du produit intérieur brut soit 325 milliards d'euros par an. 80% sont financés par les cotisations sociales, le reste étant abondé essentiellement par des taxes ou des impôts.

La réforme prévoit qu'un fonds de solidarité vieillesse universel fiancera les périodes de chômage, maladie, invalidité...Ce fonds sera abondé principalement par de la fiscalité. Les lois de finances se substitueront aux lois de financement de la sécurité sociale.
Le financement de l'ensemble du système s'effectuera donc selon une trajectoire définie par le Parlement et le gouvernement. C'est à ce niveau étatique que sera déterminée une valeur du point évolutive. On est loin du principe fondateur de gestion de la sécurité sociale par ceux-là même à qui elle appartient, à savoir l'ensemble des travailleurs.

Cette réforme ainsi que leur mise en oeuvre ne seront pas plus simples que ce qui existe actuellement. Par contre elle s'inscrit dans une volonté d'un changement de société peu favorable à tous ceux qui créent les richesses c'est-à-dire les salariés, les artisans, les agents publics. Elles visent particulièremt ces derniers, les fonctionnaires territoriaux, les enseignants...dont les retraites seront désormais calculés sur la moyenne des traitements et non plus sur les six derniers mois.

Cette réforme se révèle avant tout politicienne, elle vise à diviser les gens entre eux, en insistant sur l'inégalité supposée et mensongère qui serait induite par les "régimes spéciaux". Or ces régimes ne sont que le fruit d'une histoire des métiers et des professions. Dans le nouveau régime il n'est pas sûr que soient respectées ces exigences et ces spécificités, qui tiennent compte par exemple de la pénibilité. 

La sécurité sociale, issue de la Libération, et dont les systèmes de retraite font partie, doit rester l'affaire et la propriété de tous les citoyens et non un prétexte ou une raison de division de la société. 
Selon la CGT une augmentation des salaires de 3,5% suffirait à maintenir l’équilibre d'un système qui par ailleurs souffre des exonération des cotisations sociales, exonérations injustifiées auxquelles il faudra bien mettre fin.
Cet équilibre sera conforté si enfin est réellement instauré une égalité de salaire entre les hommes et les femmes.
Pourtant les solutions sont à portée de main comme par exemple la création, c'est que la CGT propose notamment, "d'une contribution sociale sur les revenus financiers distribués par les entreprises, à un taux équivalent aux cotisations employeurs sur les salaires", contribution qui pourrait rapporter trente milliards d'euros
Une lutte véritable et déterminée contre l’évasion fiscale et sociale pourraient par ailleurs abondé le système de plusieurs dizaines de milliards d’Euros.

Le projet du gouvernement "en marche" s'il était mis en oeuvre sera de nature à réduire, de l'ordre de 20 à 30%, les retraites par répartition.
Ce sera dans un but encore inavoué : favoriser un système par capitalisation permettant l'émergence d'assurances privées et à terme le triomphe de milieux financiers avides d'investir des secteurs non encore marchandisés.

Le monde du travail n'y a pas intérêt, le combat est loin d'être perdu.

JMG


*Pour mémoire la pension moyenne en 2017 se montait à 1568 euros net contre un revenu d'activité net moyen de 2383 euros en 2017 (chiffres du conseil d'orientation des retraites)
La pension diminue de façon significative sous le prétexte mensonger d'une "revalorisation du travail" contre les retraités. C'est au nom de cette doctrine que les pensions sont gelées et non plus indexées sur le coût de la vie.
Si cette logique était maintenu le COR prévoit que l'âge moyen du départ en retraite passe à 69 ans en 2050.

samedi 27 octobre 2018

Colère

Comment, comme Mélenchon dernièrement, ne pas se mettre en colère devant le spectacle de cette société française de plus en plus inégalitaire, piégée dans une pensée idéologique unique que distille quotidiennement une presse dépendante des pouvoirs financiers ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit, une presse aux mains de quelques-uns qui, au passage, justifie et légitime une justice de classe, laquelle utilise des procédures initialement élaborées contre la grande criminalité ou contre le terrorisme.
Ces textes, comme cela a été le cas ce mois-ci contre le parti de Mélenchon, servent aujourd'hui à de la répression politique ou syndicale conduite par un pouvoir de type thatchérien : il en est notamment de la  loi Perben du 9 mars 2004 ou bien plus récemment des textes confortant de fait un état d'urgence ennemi des libertés publiques.

Cette réalité est de plus en plus difficile à cerner et à dénoncer. Si les journalistes pris individuellement ne sont pas en cause, s'ils font dans leur grande majorité leur boulot comme il doit être fait dans les règles de l'art, il est clair en revanche que les médias sont concentrés aux mains d'une oligarchie bien identifiée, si concentrée que le résultat ne peut être que partial, le travail journalistique dès lors, à son corps défendant, étant condamné à servir une idéologie, voire à alimenter une propagande éloignée d'une information digne de ce nom.

On ne peut défendre efficacement les journalistes si on ne se bat pas pour le pluralisme de la presse. La réponse est à la fois économique et politique. La "gauche" sous Hollande, qui avaient tous les pouvoirs entre 2012 et 2017, aurait pu, si elle avait voulu, apporter des réponses à cette question essentielle pour la démocratie, elle ne l'a pas fait, atteinte par l'aveuglement néo-libéral qui fut le sien dans la période. 

Aujourd'hui et depuis maintenant un certain nombre d'année, les journalistes les plus en vue sont des idéologues qui demeurent dans le moule des grands propriétaires de presse.https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA 
Il n'est guère que quelques journaux qui échappent peu ou prou à ce modèle économique hautement financiarisé, l'Humanité, Marianne*, Médiapart (oui, Mediapart), le Canard, Le Monde Diplomatique (et certainement pas le Monde tout court), pour ne citer que les principaux...

On ne peut ignorer que c'est dans ce contexte que se déroule, à armes inégales, le combat politique.

JMG

*mais dommage aussi pour Marianne dont un ami me dit que l'hebdomadaire vient d'être racheté par un milliardaire

dimanche 29 juillet 2018

Macron président des riches, et des violents ?

Macron comme il a dit lui-même a pris le pouvoir par effraction, il l'a dit, reconnu, c'est son penchant bonapartiste. Il a une conception du pouvoir qui en appelle à la violence. Qu'il ait recruté un homme comme Benalla, en parallèle des forces de police régulières, témoigne de sa propension à contourner les règles et à abuser d'un pouvoir rendu déjà exorbitant dans une version présidentialiste de la Constitution de la Véme République.

Le contre-pouvoir que semble exercer les commissions d'enquête parlementaires, celle en tout cas formée par le Sénat, est de bon aloi mais demeure exceptionnel et d'abord motivé par la nécessité pour la droite de se recomposer sur le dos d'un macronisme qui semble-t-il a déjà mangé son pain blanc. Reste à consommer le noir, ce qui promet encore à notre démocratie quelques heures difficiles.

Les violences dans les manifestations ne datent pas d'hier, mais elle ont pris aujourd'hui une tournure singulière que l'on pourrait dater de la période Hollande-Valls, c'est en effet sous ce règne que s'est installée une violence pour imposer des réformes néo-libérales remettant en cause les droits acquis du monde du travail. Le fait que la loi  travail ait été poussée par des gens provenant de la "gauche" historique constituait déjà une violence d'ordre moral qui ne pouvaient qu'être accompagné par ses avatars physiques.

L'arrivée "effractive" de Macron, fils de Hollande, frère ennemi de Valls, n'a fait qu'amplifier, en plus lisible encore, cette violence. Les réformes telles que celle de la SNCF ou les suppressions massives de postes dans les fonctions publiques déstructurent la solidarité nationale aux dépens des classes les moins favorisées de la population.

On a pris coutume dans les media comme dans la classe politique de faire porter la responsabilité des dérapages, plus ou moins graves selon les manifestations et sans les distinguer des véritables casseurs, sur les manifestants eux-mêmes ou sur les syndicalistes, ceux en particulier de la CGT qui plus clairement que les autres appelaient à une résistance non violente mais ferme et combative.
On taisait dans le même temps les exactions et violences policières qui ont pu, de manière significative, se produire ici où là dans les manifestations du mouvement social. En février 2017 le Haut-Commissariat des droits de l'homme aux Nations-Unies dénonçait le nombre croissant des exactions policières en France.  On se doutait par ailleurs qu'il existait des forces para-policières dont le but était de décourager les simples citoyens de manifester afin d'isoler et de discréditer les organisations syndicales dans leur action.

L'affaire Benalla révèle au grand jour cette réalité, que ces exactions étaient permises voire encouragées au plus haut sommet de l'Etat quitte à la négation par nos "élites" des valeurs républicaines.

La République ne peut tolérer le retour des barbouzes. Certes l'affaire Benalla de par la variété de ces épisodes et de ses rebondissements est "une affaire d'été" qui finira par s'éteindre au bon vouloir des media.
Mais elle reste à jamais une véritable affaire d'Etat de par l'implication directe du Président de la République pourtant garant des institutions.

JMG

mercredi 18 juillet 2018

On est les champions !

Le porte-avions Charles de Gaulle dans le port de Toulon le 17 juillet, pièce maîtresse et fleuron de la Marine Nationale, mais potentiellement dépendant de "l'administration américaine" comme on dit joliment, cela depuis la vente à General Electric en 2015 de la branche énergie d'Alstom, secteur stratégique en matière nucléaire.
Gloire à François Hollande, Emmanuel Macron qui était alors ministre de l'économie, à tous nos responsables politiques ainsi qu'à nos premiers de cordée, les dirigeants de nos grandes sociétés industrielles dont la compétence est le plus souvent inversement proportionnelle à la rémunération, et qui sont capables de ce genre de coup "économique".
Mais rien de grave, car on est champion du monde de football, vous vous rendez compte, champion du monde !
JMG
 


L’image contient peut-être : ciel, océan, plein air et eau


lundi 30 avril 2018

Entrefilet pour un massacre

Un entrefilet (le progrès de Lyon du 29 avril) perdu dans le torrent ordinaire des informations malheureuses : "Des dizaines de Touaregs tués". 
Cela se passe au Nord-est du Mali, des femmes, des enfants, des vieillards tués par des Djihadistes qui,  peu de temps auparavant, avaient essuyés les attaques, tout aussi mortelles, des forces françaises et maliennes. Voilà donc la réponse de ces Djihadistes, la guerre s'ajoutant à la guerre.
François Hollande en septembre 2013 avait déclaré, bien vite, trop vite, imprudent, aveuglé par une victoire qui se sera révélée que d'une seule bataille  : 

"Nous avons gagné cette guerre. Nous avons chassé les terroristes. Nous avons sécurisé le Nord."

Il avait même ajouté, et le propos (que je cite de mémoire) m'avait choqué, "c'est le plus beau jour de ma vie politique", mélangeant ainsi imprudemment, sans doute enivré par son égotisme, sa vie personnelle et le destin d'un peuple qu'il pensait avoir définitivement sauvé.

Non la guerre au Mali est loin d'être achevée, il se pourra même, si la diplomatie ne parvenait enfin à se frayer un chemin dans cet indestructible chaos, qu'elle en appelle d'autres.

JMG


vendredi 12 mai 2017

et maintenant ?

Tant de choses se sont produites ces derniers jours, ces dernières heures, qu'on  ne saurait pas comment les embrasser, ces événements il faut bien l'avouer nous dépassent un peu. Un des faits marquants auront été les volées de bois verts que se sont pris les gens qui osaient dire qu'ils ne votaient pas Macron, ceux-là on les aura mis dans le même sac que Le Pen, alors que précisément c'est parmi ces gens-là qu'on trouvait les plus déterminés à combattre l'extrême-droite. Ne pas voter Macron n'équivalait pas à voter Le Pen, l'équation présentée comme une évidence était bien loin d'être juste.
On a pu retrouver là quelques relents du vote de 2005 sur le traité européen ou les gens qui votaient "non" furent montrés du doigt comme s'ils avaient opté pour le diable.

Cette mauvaise plaisanterie étant passée, le danger étant (provisoirement) écarté, il faut s'attacher aujourd'hui à bien considérer ce qui nous attend. Car Macron pourrait avoir sa majorité parlementaire pour conduire les dégâts qu'il nous a promis.
Or peu de Français connaissent son programme, peu savent pour qui et surtout pour quoi au fond ils ont voté.
Sans doute, pour la plupart, n'ont-ils pas pris la mesure de la stratégie que Macron s'apprête à mettre en oeuvre, néo-libérale à souhait, dans la continuité de celle de Sarkozy puis de Hollande. Cette startégie s'annonce dans l'air du temps, c'est celle de l'Union Européenne telle qu'elle se présente aujourd'hui, avec, en quelque lieu, des relents racistes et xénophobes comme en Hongrie, en Pologne voire au Pays-Bas, idées nauséabondes auxquelles notre pays a échappé pour l'heure mais qui précisément sont amenées ou encouragées par les excès du néo-libéralisme.

Ainsi, comme pour en donner la preuve, Macron serait sur le point de prendre comme premier ministre, de façon claire et transparente, un homme issu d'une droite assumé qui n'aura rien à voir avec les résultats d'un premier tour des présidentielles électoralement bien plus nuancé. Sa politique ne fera qu'aggraver les inégalités lesquelles demeurent le véritable moteur du déclin de notre pays.

Il s'agit d'abord pour Macron de réparer un affront lorsqu'il était encore dans le gouvernement Hollande : la loi travail n'était pas tout à fait celle qu'il avait envisagée. Il va donc la reprendre pour l'aggraver dans le sens d'une plus grande flexibilisation du droit du travail. On sait que ces mesures sont commandées en sous-main par la commission européenne. Il s'agit à terme, dans le contexte d'une zone euro à préserver au nom de l'ordo-libéralisme allemand, d'aligner la France sur une exigence de compétitivité lui permettant de conquérir ou de pas perdre des marchés face à des pays qui ont déjà des salaires plus bas et un droit du travail réduit à la plus simple expression.

Le programme de Macron contient le rétablissement des "exonérations sociales sur les heures supplémentaires" ce qui est de nature à fragiliser la sécurité sociale qui n'avait pas besoin de ça.
L'essentiel de sa loi travail à lui : les salaires comme les conditions de travail pourront être définis au sein de l'entreprise et non par des accords de branche ou de par la loi. Malheur aux salariés de certaines petites ou moyennes entreprises, bien souvent sous-traitantes, dans lesquelles les syndicats sont faibles voire inexistants.
La philosophie Macron réside dans cette volonté de faire pression sur les salaires dans le but, inaccessible et illusoire par ce moyen-là, de rétablir une compétitivité perdue par rapport à l'Allemagne de Merkel.

Idem pour la dépense publique qu'il faudra, selon le credo néo-libéral dont on nous rebat les oreilles, diminuer à tout prix. Les victimes sont toutes désignées, la fonction publique dont on veut continuer de supprimer les postes, à hauteur de 120 000, différence de degré et non de nature avec le projet de ce cher François Fillon.
Les services publics, victime de cette idéologie, seront donc atteints gravement avec des conséquences désastreuses en terme de rélégation économique et sociale.
 Que dire aussi des chômeurs dont le programme de Macron prévoit une baisse des indemnisations, ou carrément leur suppression en cas de refus de plus de "deux emplois décents".
Ces mesures de régression sociale sont portées par un vent mauvais qui nous vient d'outre-manche ou d'outre-Atlantique.
Il est d'autres aspects de ce programme sur lequel il faudra bien s'attarder par nécessité d'une résistance qui reste toujours à organiser, dans l'unité si possible...
Les Français pour avoir massivement rejeté l'hypothèse Le Pen, n'en seront pas pour autant remerciés. Au contraire l'équipe Macron pourra se prévaloir de l'excellent score de son chef pour appliquer un programme présidentiel qui ne fera qu'aggraver la "crise" avec son lot de victimes habituelles, les plus démunis mais aussi les classes moyennes, ou les retraités qui seront particulièrement touchés via l'augmentation du taux de la CSG (Contribution Sociale Généralisé).

Il est d'usage républicain de souhaiter bonne chance au nouveau président, de "lui laisser sa chance". Macron est "sympathique" n'en doutons pas, c'est là une de ses forces, il pourra même, sait-on jamais dans les eaux troubles de la politique politicienne, mener sa barque avec une réussite qui pourra en dérouter certains.

Aux citoyens exigeants que nous sommes d'aller chercher, au-delà de la séduction facile, les raisons d'une lucidité plus grande, préalable à une cruciale et indispensable résistance.

JMG




mercredi 3 mai 2017

Le Pen, là où ça fait mal

Le risque est grand qu'on ait Le Pen à l'issue du deuxième tour, le risque est grand qu'on ait Macron. La question, ne serait-ce que pour la suite, est de savoir pourquoi on en est arrivé là. Pour l'heure cette question demeure tabou, comme il est impossible de ne pas dire qu'on doit voter Macron.
Et donc est morte toute possibilité de pensée politique. On espère juste que ce soit provisoire.

C'est pourquoi pour ma part je garderai le secret de mon vote, secret que pour une fois je revendique, je le planquerai dans l'isoloir lequel ainsi retrouvera sa raison d'être, merci aux Républicains, les vrais, qui l'ont inventé. Il est un barrage, le seul qui semble nous rester, au macron-lepénisme d'aujourd'hui.

On espère que nous sortirons vite de cette situation ubuesque, dangereuse pour la démocratie, on souhaite que chacun à sa manière aura résisté à cette propagande finement ou grossièrement diffusée par des media détenues en France rappelons-le par une dizaine de milliardaires, comme Bolloré, Niel, Bouygues, Dassault, Bergé, Pinault, Drahi, Pigasse et Lagardère.

Il y a donc un loup (ou une louve) quelque part. Il faudrait obligatoirement se prononcer pour Macron, avec optimisme nous dit-on, comme si l'optimisme pouvait se commander.
C'est ballot, mais qu'on le veuille ou non, voter Macron c'est soutenir le CETA,  voter aussi pour une loi travail encore plus nocive encore que celle qui vient de nous être imposée par Valls-El Khomry...Le jeune homme Macron encore à ministre à Bercy aurait été vexé que sa loi initiale n'ait pas été reprise dans sa violente intégralité.
Il veut donc, aussitôt élu, en remettre une couche, sa couche à lui. Grand bien lui fasse le bougre, mais à nos dépens. Il faudrait donc se prononcer entre Macron et Macron, un peu limité comme choix démocratique, on en conviendra. Puisque l'heure est à l'imprécision des concepts ou des termes, on pourrait même parler de fascisme mais d'un fascisme rampant.

Et donc pourquoi cette situation ? Surtout à l'issue d'un premier tour où les candidats de gauche ont finalement perdu même si c'est brillamment comme JL Mélenchon. On peut remonter très loin, mais il nous suffira seulement de faire le bilan d'un quinquennat pour lequel nous avons apporté nos suffrages en 2012. Le président élu représentait alors la gauche, du moins l'avons nous cru. A la place nous avons eu la victoire de la finance dans un cadre monétaire européiste qui malgré les promesses françois-hollandaises n'a jamais été remis en cause.
Pour faire bonne figure aux yeux d'une Merkel intransigeante aucun traité européen n'aura fait l'objet d'un ré-examen salutaire.
Hollande, Macron, Valls ont été plus loin encore que les exigences bruxelloises puisqu'en plus de la règle d'or budgétaire, ils nous ont offert le pacte de responsabilité et le CICE avec ces 40 milliards d'argent public jeté par les fenêtres, gabegie accompagnée de toutes les souffrances sociales visibles ou invisibles.

Là où ça fait mal c'est que Marine Le Pen s'est contentée fort opportunément de reprendre cet argumentaire, et de s'adresser sans en avoir l'air aux masses populaires, c'est pourquoi elle s'est banalisée et a pu s'implanter dans le cœur des plus faibles ceux-là même que la gauche dite gouvernementale a abandonnés depuis longtemps déjà, depuis trente ans au moins.
Macron est le bébé cadum de cette démission politique et de cette absence de pensée.

C'est pourquoi, en attendant les législatives de juin pour lesquelles on se doit malgré tout de nourrir quelque espoir, vous me permettrez dimanche de m'isoler un peu.

JMG





mercredi 26 avril 2017

Prise de tête dans le rideau de l'isoloir

Je vais faire mon psy, une fois n’est pas coutume, je vais lâcher prise comme ils disent les psys tendance bouddhiste, je vais vous dire pour vous apaiser que votre vote, quel qu’il soit, à moins que vous soyez un Macron de la première heure (il n’y a donc pas longtemps) ou une Marine butée, votre vote sera nul. Il ne servira à rien, il ne fera barrage ni à Macron ni à Le Pen, et donc détendez-vous.

Il n’est plus le temps où on pouvait voter Chirac pour faire la nique au père de la ci-devant, c’est fini ça. En 2002, j’étais dans les manifs contre le père de la ci-devant, j’ai pu mesurer le nombre, la détermination, la sincérité, des gens qui se sont persuadés qu’il fallait voter Chirac pour, selon l’expression mille fois répétée, « faire barrage à l’extrême-droite ». Bon d’accord on n’a pas eu Le Pen, mais on s’est payé Raffarin, ce n’était pas (beaucoup) mieux. On a eu la réforme des retraites quelques semaines après, avec en prime la trahison du syndicat dit réformiste le plus en vue de la droite et des libéraux, la CFDT. En gros on a eu le beurre et l’argent du beurre.

Le Pen a dû faire à l’époque au second tour moins de vingt pour cent. On avait gagné ! Aujourd’hui on voudrait, « pour faire barrage à Le Pen », nous faire voter Macron. On nous prendrait pour des cons que ça m’étonnerait pas, en plus ça rime, comme si c’était fait exprès. Comme si il ne suffisait pas de ne pas voter Le Pen pour lui faire barrage. Pour faire barrage à Le Pen, réellement, il aurait fallu y penser avant. Maintenant c’est un peu tard.

Par exemple il aurait ne pas faire voter la loi Macron. Idem pour la loi El Khomry. Je ne vois pas pourquoi il faudrait faire barrage à Le Pen tout en disculpant Valls, El Khomry, Macron qui se seront révélés comme de véritables fossoyeurs de l’espoir même de la rénovation sociale. Faire barrage à Le Pen présupposerait d’abord de ne pas faire barrage à la gauche. Or c’est ce qu’ont fait les gouvernements Hollande qui se sont succédé, et tous ceux qui sans vergogne ont trahi Hamon, le pauvre Hamon qui a trouvé plus frondeur que lui, lui qui en fait n’a jamais été un frondeur. Il n’a fait que critiquer Valls, et en plus sur le tard, ce n’est pas fronder ça, c’était seulement faire  preuve de bon sens : lorsque on est de gauche on évite de faire trop de lois que la droite n’aurait jamais osé faire.

On est bien d’accord il existe un risque Le Pen, cette présidentielle est bien celle de tous les impossibles. Tout peut arriver même le pire. Mais le pire n’est-il pas déjà là, en embuscade ? Qui aurait dit qu’on aurait un tel embarras de non-choix ? Qui aurait pensé que l’offre politique fût à ce point pauvre et fermée ?

Car existe aussi le risque Macron. Lui qui fait venir à lui tous les opportunistes dont certains ont montré déjà de quoi ils étaient (in)capables, lui qui est sur le point de s’en prendre de plus belle à l’Etat Social avec une violence que nous soupçonnons mal et dont il a pourtant donné un aperçu pendant les quelques mois qu’il est resté au gouvernement Valls-Hollande. Ces derniers d’ailleurs, incarnation de la deuxième droite, ne sont-ils pas, eux qui jouent aujourd’hui les vierges effarouchées, co-responsables de l’avènement inquiétant de l’extrême-droite ?

Et donc je ne dirai rien de ce que j’ai décidé, déjà pour la bonne raison que je n’ai pas encore décidé. Compte tenu de l’histoire récente j’estime avoir le droit de considérer que le mai de 2002 n’a rien à voir avec le mai de cette année. Un peu comme Méluche, je n'ai pas le cœur à me prononcer. Réflexion.
Je sais, c’est décevant.

JMG



mercredi 12 avril 2017

je vote Mélenchon

A quelques jours du premier tour, même si la décision est particulièrement difficile à prendre, il faut se construire une raison, et bien plus une détermination en tenant compte des circonstances qui sont offerts à nos choix. Et dire le sien. Voter est un engagement d'autant plus grand qu'il est rendu public.

JL Mélenchon, aujourd'hui me paraît être le seul à gauche susceptible de l'emporter. Ce n'est pas tant les derniers sondages qui me font dire cela, ni même la dynamique qui semble le porter depuis quelques jours, mais bien plutôt la force des idées qui paraissent avoir un effet dans la population française, effet secrètement que tout le monde attendait.
La France est une terre de gauche, il convient seulement de le lui rappeler de temps en temps, chose que ni Hollande, ni Valls (au fait où est-il passé ?), et encore moins Macron n'ont voulu faire. Ils ont fait le contraire contre toute morale politique et pour les échecs qui ont suivi sur les plans économiques et sociaux.

Ces idées ce sont celles d'un PS de l'origine, n'en déplaisent à quelques thuriféraires de Mélenchon oublieux ou bien naïfs qui croient avoir inventé l'eau chaude, ce sont en tout cas celles que pour ma part je défends depuis toujours. Mais ces idées, tout comme leur propagation renouvelée, sont aussi le fruit de débats sérieux ayant eu cours au sein de "la France insoumise" avec un sort singulier et bénéfique à la question écologique. En tout cas le projet de Mélenchon n'est pas n'importe quoi, il parait savamment construit, avec une cohérence interne que l'on peut saluer, produit d'un travail collectif, démocratique.

Hamon n'a pas démérité, mais il faut se rendre à l'évidence, il lui est impossible désormais de rassembler, je ne dis pas que Mélenchon lui pourra le faire à coup sûr avec à la clé une victoire inespérée mais il semble être sur une meilleure voie que le vainqueur des primaires socialistes sur lesquelles Valls et d'autres, dont beaucoup rejoignent Macron, auront craché sans vergogne, contre leur propre camp, comme un point d'orgue à toutes les trahisons d'ordre idéologique et programmatique dont ils se sont montré capables et coupables surtout.

Ceci bien sûr est fragile, il se peut dans quelques heures, dans quelques jours, que cette dynamique, agressée par des attaques de tous bords, de droite, ou de "gauche" comme celle venue d'un François Hollande sentant venir le danger d'une remise en cause de son néo-libéralisme, se retourne à nouveau et casse un élan que l'on pût croire décisif.

Mais je ne crois pas. En cette dernière ligne droite, il s'agit d'utiliser les accélérateurs qui nous sont offerts. Cela me parait d'autant plus nécessaire qu'on peut se sentir réticent sur un revenu universel aventureux et encore trop mal défini. Je me sens plus proche de Mélenchon que de Hamon sur la question européenne, plus proche encore de Mélenchon sur la politique au Moyen-Orient. Benoît Hamon à cet égard me paraît trop suiviste par rapport aux Etats-Unis dans le sillage d'un Hollande aveuglé par une pensée dominante guerrière.

Voilà.

JMG

samedi 18 mars 2017

Permis de prendre parti ?

Permis de douter c'est sûr, malgré que le doute par nature est un obstacle à l'efficacité de l'action.
Mais d'action il n'y a guère aujourd'hui, en tout cas de bien viable, nous sommes en effet à gauche dans une situation de paralysie inédite. On l'aura remarqué au passage, malgré l'air du temps, et pour cause, je fais encore la différence entre la gauche et la droite. Ne serait-ce que parce que le confusionnisme idéologique nuit à la démocratie.

Mettons-nous à la place des citoyens normaux...que nous sommes. Dans nos malchances, il y avait une chance pour la gauche : les ennuis judiciaire ou moraux de Fillon alliés à une triangulaire au sommet incarnée par Le Pen, Macron, Fillon. Cette situation pour le moins originale aurait pu nous faire sortir de l'impasse politique dans laquelle nous sommes engagés aujourd'hui.

 Ces trois-là, Le Pen, Macron, Fillon, "en tête des sondages", demeurent donc en concurrence et dispersent leurs voix au profit éventuel d'une gauche arithmétiquement capable de passer le cap du premier tour avec même une chance d'arriver en tête du deuxième, comme arrivée au paradis. Hélas il s'agit d'une gauche déjà défaite, dans le cadre contraint d'une cinquième république moribonde, gauche schizophrène écartelée entre  Hamon d'un côté et Mélenchon de l'autre.

Ils sont tous deux à peu près à égalité même si Hamon est légèrement en tête, mais pas suffisamment pour lui donner une légitimité capable de faire plier une "France Insoumise", d'autant plus que cette légitimité peut être invoquée de ce côté-ci en faisant valoir un programme cohérent, incisif, complet car enrichi par des semaines de réflexion politique collective, et surtout indemne d'une participation gouvernementale encore brûlante.

Quoi qu'il en soit, chacun des deux camps se bouchent les yeux et les oreilles forts de leurs engagements ou de leurs enragés respectifs. Nous sommes donc bientôt à un point où il faudra choisir tout en sachant que ce choix, quel qu'il soit, sera celui de la défaite annoncée. En fait, au point où nous en sommes, il nous faudra choisir entre faire battre la gauche ou faire battre la gauche. Joli programme !
Il est à craindre de surcroît que chacun des deux candidats perdront en crédibilité au profit d'un vote prétendument "utile". Nous voilà bien !

Et pendant ce temps, Valls, comme Iznogoud l'aurait fait pour nous divertir, crachant sur les primaires qu'il avait pourtant promis de respecter croix de bois croix de fer, ne perdant rien de ses capacités de nuisance, traître et déloyal jusqu'au bout des ongles, débordé par ses propres ambitions et nourri du carriérisme et de l'opportunisme de ces amis pour qui la politique n'a plus grand chose à voir avec l'intérêt général, jouant le coup d'après en lorgnant déjà sur la présidentielle de 2022 comme si c'était là l'essentiel, Valls prépare et construit son maintien en se ralliant, même du bout des lèvres, à un Macron gêné comme on peut l'être de l'appui d'un ami embarrassant,  Macron qui n'en demandait pas tant.

On s'étonnera après de la montée irrésistible et massive de l'abstention ! N'est-elle pas le produit de  cette situation ubuesque dont  nous sommes victimes, mais aussi responsables pour n'avoir pas assez dénoncer la division et surtout pas assez préparé une unité qui aurait demandé, bien en amont, un travail de fond.
Mais travail rendu difficile voire impossible du fait des reniements et trahisons des gouvernements Hollande, casseroles ou cocottes-minutes que nous traînerons longtemps.
Il ne nous resterait que quelques petites semaines pour imposer la sagesse d'une unité cruciale.

On y croit ?

JMG




mardi 31 janvier 2017

L'honneur perdu d'un gouvernement

On peut se réjouir, même sans illusion, de la victoire de Hamon car, consacrant la défaite de Valls, elle dénonce et condamne une politique d'austérité idiote et contre-productive, source de souffrances pour l'ensemble de la population au travers d'une flexibilisation accrue dans le monde du travail, conduite par un François Hollande qui aura trompé son électorat populaire à un degré que la gauche jusque là n'avait jamais connu.

Beaucoup ont voté Hamon par défaut, mais ce vote n'en est que plus important. Il exprime une défiance radicale vis à vis de Valls mais aussi  vis à vis de tous ceux qui, osant se réclamer des valeurs de la gauche, auront réussi non seulement à la déstabiliser mais à confirmer le pays dans la crise au nom du modernisme ou de l'esprit de responsabilité. Comme si être responsable c'était s'autoriser à ne plus rien inventer du tout et pire s'ingénier à travailler pour le camp adverse, celui qui  finalement pourrait porter Fillon ou Le Pen aux portes de l'Elysée.

Ce vote sanction devrait conduire, pour le moins, le gouvernement à abroger la Loi Travail emblématique de l'action de l'ancien premier ministre. Loi travail qui, grâce à l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution, revient sur les garanties collectives nationales que contient jusqu'alors le Code du Travail. ( Jusqu'alors car tous les décrets ne sont pas encore parus et qu'il suffirait simplement, comme l'aura fait Villepin pour le CPE, de ne pas les publier)

Le peuple de gauche qui existe au delà-même du corps électoral qui s'est exprimé dimanche dernier serait en droit d'exiger ce retrait.

L'actuel premier ministre Bernard Cazeneuve serait inspiré d'accomplir ce geste qui permettrait de sauver ce qui reste encore de l'honneur du parti socialiste et de ces dirigeants aujourd'hui mis en minorité par l'électorat de la primaire "socialiste".

C'eût été trop beau, et c'est donc tout le contraire qui se produit, l'exigence démocratique étant foulée aux pieds par ceux qui sont, pour peu de temps probablement, encore au pouvoir.

Un jour après le verdict, recevant Hamon à Matignon pour du bout des lèvres lui apporter son soutien, Bernard Cazeneuve a exhorté celui-ci au rassemblement et a exigé de lui qu'il assume le bilan du gouvernement,  bilan dont les socialistes selon le premier ministre devraient se sentir fiers !

Nous sommes donc à mille lieux d'une abrogation de la loi travail par l'actuel gouvernement. Ce dernier ne tient aucun compte du verdict des urnes, il est dans une posture anti-démocratique qui finalement aura été le signe de ce quinquennat.

Quinquennat décidément catastrophique en cela qu'il ouvre la voie à des suites politiques qui pourraient se révéler incontrôlables.

JMG

mercredi 11 janvier 2017

Populisme

Je reproduis ici un article que j'avais publié par ailleurs et que j'ai corrigé et actualisé

A moins qu’on ne le prenne au premier degré, notamment comme dégénérescence du discours politique, le populisme a bien à voir avec le peuple, ce peuple dont l’idée doit appartenir à la gauche. C'est la gauche qui a inventé la notion de peuple au gré des révoltes ou des révolutions démocratiques. En ce sens, le populisme, notion éminemment politique s'il en est, pourrait se définir comme la relation du peuple au pouvoir. Même si le peuple, au fil de l'histoire, a pu apparaître comme objet de pouvoir davantage que comme sujet, même enfin si la notion est aujourd'hui récupérée par les droites extrêmes.

Si être populiste c’est défendre les acquis sociaux, les services publics, l’idée que les moyens de production ne doivent pas seulement obéir à des intérêts privés mais aussi répondre au souci de l’intérêt général, si on veut empêcher la privatisation de la santé à des fins lucratives, ou l’éducation, alors il est légitime d’être populiste. Mais, pour reprendre une tournure désormais célèbre, de quoi le populisme est-il le nom ?

JL Mélenchon se targuait d’être populiste pour contrer une accusation de la droite ou de la gauche bien-pensante pour lesquelles populisme et démagogie seraient une seule et même chose. En ce sens le populisme de Mélenchon peut se comprendre comme une contre–attaque d’ordre sémantique, une provocation salvatrice pour affirmer à la droite que le peuple ne lui appartient pas. En somme, Mélenchon entend dire haut et fort que la gauche aussi peut être sûre de ses valeurs, ne plus en avoir honte. Cette attitude est loin d’être illégitime.
La droite, en particulier la droite sarkozienne qui était au pouvoir depuis 2002, date à laquelle son mentor devint ministre de l’Intérieur, cette droite-là, tout comme, pour une bonne part, la gauche hollandaise ou vallsite qui lui a succédé, est " bonimentariste."

Elle a la prétention, ou le rêve, de s’adresser au peuple elle aussi, mais c’est pour le tromper, l'histoire l'aura montré. Il s’agit là de la droite des promesses généreusement distribuées mais jamais honorées, jamais tenues, aussitôt dites aussitôt envolées, mais il y en a tant, dissimulées dans de l’événementiel sans cesse renouvelé, qu’on les oublie.
Ainsi le navire néo-libéral, dont la coque désormais est trouée à plusieurs endroits, continue de voguer malgré tout, poussé par le vent de la vacuité et des faux-semblants, et ce en dépit des tempêtes scandaleuses, ou de « réformes » rétrogrades (loi travail, loi Macron, réformes territoriales...) visant à l'intégration européenne sous l'angle de la domination financière.

Cette démagogie (car il s'agit bien de cela), de droite ou prétendument de gauche, sert l’oligarchie financière qui le lui rend bien par les moyens de communication écrits et parlés qu’elle développe au service de son idéologie. Le bonimentarisme, cette propension à un discours politique vide de sens, purement formel, s’inscrit dans la volonté farouche de conserver le pouvoir à tout prix, même à celui de nier les règles de l’éthique et de la démocratie, pour le bien exclusif de quelques-uns.

En ce sens le populisme, qu'une gauche qui se respecte devrait disputer aux droites extrêmes, est préférable à ce bonimentarisme qui fragilise la démocratie.

JMG

samedi 3 décembre 2016

Le Roi est mort, vive le Roi !

Il a renoncé, et alors ? N'était-ce pas le plus sage dans sa situation de président "normal", qui a loupé à peu près tout de son mandat, ce mandat que ceux qui avaient voté pour lui en 2012, pétris d'espérance ou de candeur, étaient en droit d'attendre en mieux ?

Qu'on se le dise, Hollande a renoncé à se représenter parce qu'il n'avait aucune chance, il n'est pas question de courage ici, il se serait pris une déculottée qu'il aurait eu du mal à assumer sur le plan politique, comme sur le plan affectif : il est certain, ceci étant, que la décision a dû être difficile, d'où l'émotion qui l'étreignait et que l'on prendrait pour de la vertu.

Au-delà des larmes de crocodile, il faut voir le bilan de ce président qui, disait-il, et on l'a cru, allait conduire  une politique de gauche, en défendant le monde du travail, en terrassant la finance, en renégociant le traité budgétaire européen, en tenant bon devant l'ordo-libéralisme de Merkel.
Mais rien de tout cela ne s'est produit, tout s'est dégonflé...Trop nombreux au PS ont été ceux qui n'ont pas moufté, qui, lâchement, ou par ignorance, lui ont donné leur blanc-seing, et donc renoncé à faire leur devoir, leur devoir de militant, celui de faire de la politique.
 A la place ces mêmes se sont livrés à de l'idolâtrie, aveuglés par une  naïveté coupable, par un légitimisme béat. On les voit encore ces pleureuses au lendemain de la "démission" de leur mentor, accusant les autres, des frondeurs, des syndicalistes, que sais-je encore, de l'avoir fait toucher terre, alors qu'ils en sont les principaux responsables pour n'avoir permis aucun débat.

On pouvait espérer que  Hollande sur la question sociale respecte sa parole, qu'il convoque une grande conférence sociale où l'on aurait parlé salaires, temps de travail, licenciements boursiers...
C'est tout le contraire qu'il a fait, avec la loi de son ministre Macron, son protégé et bientôt traître, et surtout la loi travail qui a jeté des millions de salariés dans la rue, pour un des conflits sociaux les plus long de ces trente dernières années. Avec en prime, même s'il n'en est pas directement responsable, une criminalisation de l'action syndicale, aidé en cela par un premier ministre n'hésitant pas à alimenter l'amalgame entre casseurs et syndicalistes, la CGT plus particulièrement en point de mire. Trop c'est trop !
Sur un plan politique, on voit aujourd'hui le résultat : le retour d'une droite conservatrice qui s'est sentie des ailes, le réveil d'une droite fillonesque, aussi archaïque que revancharde, égoïste bien que catholique, prête à revenir sur tous les acquis sociaux issus du conseil national de la résistance.
Valls est donc en passe de prendre le relais d'une candidature qu'il a lui-même , d'une manière assez honteuse, déjouée ou, pour le moins, découragée.
Certains sont prêts à soutenir Valls comme si il était le nouveau monarque. Comment peut-on croire qu'il mènera une autre politique ? A moins qu'elle ne fût pire, ce ne serait pas étonnant. Le roi est mort, mais un même revient.
Nous sommes en pleine monarchie républicaine et tout l'enjeu aujourd'hui est d'en sortir sans trop de casse ! La VIéme et vite, comme le préconisent Filoche, Montebourg, Mélenchon, et d'autres !

Et pour cela qu'ils s'entendent donc, qu'ils s'unissent à la fin. La gauche, contrairement à ce que prétend Valls, ne peut pas mourir.

JMG

samedi 5 novembre 2016

Contre la mélancolie

Contre la mélancolie, on a trouvé un truc extra-bon, ce sont les primaires de la droite et du centre.
Bien sûr on peut en pleurer, se dire que c'est foutu de chez foutu, qu'entre Sarko, Juppé, Poisson, Copé, NKM, Fillon, Lemaire, dans ce délire néo-libéral où des clowns se font la courte-échelle, le champ politique nous est fermé désormais,  annonciateur d'une catastrophe politique dont nous aurons, tous et toutes à gauche, si même elle existe encore puisque Valls lui-même en distille la fin prochaine, du mal à nous remettre.

Alors, contre mauvaise fortune on peut décider d'en rire, de faire de ces primaires un divertissement, au diable la tragédie, et les chants de désespoir.
Je ne dirai même pas que nous avons affaire à la droite la plus bête du monde, prête à tuer notre modèle social dans la lignée de ce qu'auront initié ou encouragé Hollande, Valls, Macron et quelques autres pourtant de notre camp, je ne parlerai pas de la fin annoncée de la fonction publique et des services qu'elle fait fonctionner dans un effort d'égalité, ni de la privatisation programmée de l'hôpital et de la sécurité sociale, des promesses de hausse de TVA, de la baisse des impôts sur les sociétés, des surenchères imbéciles comme l'âge de la retraite qui ne devrait sonner que de plus en plus tard, ni de la fin des 35 heures laquelle, si l'un de ces imbéciles étaient élus, serait de nature à accroître encore plus le chômage, je ne parlerai de rien de cela.

Mais à la place, je tiens à faire part de mon admiration pour les bons coups que font Bayrou et Juppé à Sarko et donc aux autres aussi par la même occasion.
Bayrou a dit, pas très fort mais il l'a dit,  que si Juppé était battu à la primaire de la droite, il se présenterait fissa et malgré ça à la présidentielle. Lui Bayrou, lui le Béarnais, il se présenterait contre Sarko.
Et ce dernier de fulminer d'un coup aussi pendable, comme on le comprend, lui qui a trouvé là bien plus malin que lui.
On reconnait là le Béarnais, le Henry quarto of competition , qui sait jouer gagnant-gagnant, qui va donc, avec Juppé, quoi qu'il arrive, emporter la mise...Bayrou est un génie, et Juppé aussi pour l'avoir  choisi pour ami dans ce tournant politique décisif. En fait ces primaires n'en n'auront plus que le nom puisque Sarkozy, même s'il en sortait vainqueur, trouverait face à lui un François Bayrou tout frais pour continuer le combat.

Oui, on peut s'amuser des heurs et malheurs de la droite pour faire oublier les coupables tergiversations de la gauche qui ne parvient pas, pour l'instant en tout cas, à trouver l'unité indispensable pour éviter la catastrophe.
Quand on n'a plus le cœur de rire de soi-même il est fortement conseillé, pour la détente, de se moquer du camp adverse, et des dindons de la farce qu'il nous livre en pâture.

JMG

dimanche 9 octobre 2016

La droite n'est jamais partie, elle revient quand même

La catastrophe idéologique du parti socialiste, que ses responsables à Solférino ont bien voulue, se sera donc traduite par des lois anti-sociales ou contre-productives comme la loi travail par exemple, ou le "pacte responsabilité" qui coûte cher au budget de l'Etat sans résultat positif sur l'emploi. Cela conduira-t-il au délabrement général de la gauche ?

La responsabilité de ces dirigeants en tout cas est immense, historique. Il y a encore un espoir peut-être que la gauche se redresse avant la date cruciale des présidentielles. Mais pour l'heure on voit se dessiner plutôt un renforcement du camp des droitistes purs et durs dont certains se voient déjà à l'Elysée, Juppé, Sarkozy, Le Maire, Fillon...auxquels, outre Le Pen bien sûr, on pourrait ajouter Macron comme étant, si on a bien compris, ni de droite, ni de gauche, et donc plutôt au centre-droit.
 On peut espérer seulement qu'ils fassent comme Hollande, qu'ils ne respectent pas leur promesses et qu'au contraire, comme lui, élection faite, s'attaquent à des réformes qui aillent contre leur propre camp.

Je n'en crois rien bien sûr, ces candidats entendent conduire une politique qui aggravera la situation de millions de Français, ceux là même que les débats sur les primaires, par lassitude, par dégoût, indiffèrent au plus haut point.
C'est que pour une bonne partie de la population l'urgence n'est pas ou n'est plus là. Une bonne partie s'abstiendra et, ce faisant, fera le jeu des plus conservateurs.

Car dans l'électorat de droite, il est à parier que l'abstention ne saura pas aussi forte, la droite sera davantage pressée d'en découdre et de se débarrasser de Hollande de la même façon qu'en 2012 le peuple de gauche, mobilisé, avait décidé de se débarrasser avant tout de Sarkozy.

Dès lors, pour mieux se démarquer de la "gauche", il n'est pas étonnant que les prétendants de la droite ou du centre fassent de la surenchère et se risquent à l'absurde.
Ainsi Juppé entend bien continuer l'oeuvre néo-libérale, si besoin en l'aggravant, de Sarko ou de Hollande en réduisant encore les "charges" des entreprises ce qui ne fera en définitive que réduire encore davantage la part des salaires dans le PIB, au profit d'une spéculation financière qui tue l'économie réelle.
Ainsi encore, Juppé, qui passe pourtant pour un modéré, veut-il reculer la retraite à 65 ans comme si cette vieille recette, rance, allait miraculeusement relancer la croissance et réduire le chômage, celui des jeunes en particulier ! On marche sur la tête !

On passe sur la suppression de l'ISF, ou la hausse d'un point de la TVA de nature à appauvrir les plus pauvres, ou le plafonnement des aides sociales...On retiendra surtout, tout un symbole, la sacro-sainte suppression des 35 heures : Jospin enfin assassiné lui aussi, qui n'était pourtant pas un révolutionnaire !

Et tout ça dans quel but, pour quel horizon indépassable ? Réduire les dépenses publiques jusqu'à 100 milliards d'économies en cinq ans ! A côté, Hollande avec ses 40 milliards dépensés sans contre-partie au titre du CICE, passera pour un gauchiste ou un modéré, ce que ses thuriféraires ne manqueront d'ailleurs pas de souligner. Ils comptent bien là-dessus, ces naïfs, pour faire passer leur candidat, dans le style " vous n'avez pas le choix, avec la droite ce sera pire" ce en quoi ils n'ont pas tort, le pire étant toujours possible en effet.

Juppé entend dans son programme nous libérer du code du travail, d'assouplir notamment le travail du dimanche ou en soirée. C'est la direction nationale de la CFDT qui va être contente, la loi El Khomry aura fait ses petits.

Je ne parle pas du programme de Fillon qui va plus loin encore dans l'hystérie néo-libérale, ou celui de Le Maire qui veut supprimer le statut de la fonction publique territoriale comme si, pour combattre le chômage, il suffisait d'élargir la précarité et de supprimer des acteurs essentiels des services publics.

L'heure est grave. La gauche ne gagnera cette présidentielle qu'unie, elle n'en prend pas pour l'instant le chemin. La première étape serait que Hollande, compte tenu de son bilan, ne se représente pas, et le dise enfin.
Même ça ce n'est pas gagné.

JMG


dimanche 28 août 2016

Présidentielles, n'en jetez plus

Beaucoup de monde à gauche (mais aussi à droite bien sûr, une droite qui atteint le fond de la démagogie, mais ici n'est pas le sujet) beaucoup de monde devant le portillon étroit de la présidentielle généreusement offert pourtant, et c'est là le paradoxe, par la cinquième république, institutions dépassées s'il en est qui font se reposer sur un seul individu le devenir politique et social d'un pays. On l'a vu tout récemment à propos de la loi travail travail avec un 49-3 qui a fini de souligner, grâce à une gauche de gouvernement en lamentable perdition, le caractère autocratique de cette constitution.

Il conviendrait d'abord de définir ce qu'est la gauche, grossièrement, ou plutôt ce qu'elle n'est pas, j'ai nommé des gens comme Hollande, Valls, excusez du peu...Il s'agit d'épousseter légèrement pour continuer l'analyse.
Ainsi nous avons depuis cette année une façon assez commode, et assez objective de distinguer ce qui n'est pas de gauche : tous ceux qui ont commandé ou soutenu la Loi Travail sans en avoir dénoncé les moindres dangers prévisibles. C'est un excellent tamis, un peu grossier certes dénonceront certains, mais faut bien commencer par faire un début de commencement de tri.

Mais revenons à nos moutons : Jean-Luc Mélenchon, Gérard Filoche, Marie-Noëlle Liennemann, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Cécile Duflot, sept cent millions de Chinois et moi, et moi et moi...J'ai dû en oublier, ce billet n'a pas la prétention d'être encyclopédique.
Il est dans la nature de la cinquième de cultiver les égos, c'est normal, nous sommes dans un régime ultra présidentiel, gagnera celui ou celle qui le plus fermement,  avec le plus de détermination, illusoire ou pas, croit en son étoile.
Montebourg, Hamon, Duflot, permettez moi de les mettre un peu à part de ce sous-ensemble, ils ont en effet participé à ce gouvernement Hollande et donc ont souscrit peu ou prou à des mesures que ce dernier a pu prendre. En cela ils ont de mon point de vue un peu perdu de leur virginité. Après Hollande il faudra en priorité des hommes neufs. 

Filoche en est un, de par son expérience, de part sa connaissance du monde du travail, il n'est pas hors-sol, ou déjà vieux, comme Valls, Macron, et propose de véritables solutions, bien que celles-ci bien sûr puissent paraître révolutionnaires et iconoclastes aux yeux des acteurs néo-libéraux qui de Hollande à Sarkozy, pensent et surtout proposent la même chose autour des thèmes éculés de la compétitivité, de la contraction des dépenses publiques, du dépérissement de l'Etat social et de l'Etat tout court.

Gérard Filoche surtout propose une stratégie. Il est peut-être le seul à avoir compris, alors que cela apparaît comme l'évidence même dans le cadre actuel des institutions, qu'une candidature unique de la gauche sera la seule façon de ne pas laisser aux droites extrêmes le soin de conduire les destinées du pays en 2017. Pour ce faire il s'agit de passer par une primaire de toute la gauche, qui ne soit pas celle dénommée, par un comique peut-être involontaire, la "belle alliance populaire" concoctée par les dirigeants actuels du parti socialiste.

Le principe des primaires n'est pas à l'origine une excellente idée, elle m'apparaissait à l'époque comme le symptôme d'une maladie de parti sans projet, s'en remettant à un seul homme dans le cadre institutionnel que l'on connait, le début de la fin en quelque sorte, dans la purée d'une dilution idéologique et programmatique dont on voit malheureusement les effets aujourd'hui.

Il faut cependant faire avec ça : et donc prendre les avantages d'une primaire auxquels participeraient tous les éléments de la gauche progressiste, sociale, écologiste, tous ceux qu'on a pu citer, mais y compris bien sûr JLuc Mélenchon sans lequel aujourd'hui rien n'est possible à gauche.
Sans doute ce dernier ferait-il un excellent score dans un premier tour d'élections présidentielle, peut-être irait-il à un second tour, mais après ? Serait-il en capacité, alors que d'autres seront sur les rangs, nombreux, de l'emporter pour un second ? Rien n'est moins sûr, c'est même couru d'avance. 
Et donc, dans l'urgence c'est vrai, il s'agit de construire une primaire, en décembre, qui mette en compétition loyale, à partir de programmes politiques clairs, tous les candidats défendant le progrès social comme seule condition au fond d'un développement économique harmonieux et durable.

Il faut un seul candidat pour une gauche rassemblée, il n'est pas trop tard, il faut absolument y travailler avec toutes les forces communistes, écologistes, socialistes de progrès.Cette primaire* de toute la gauche, progressiste, que Gérard Filoche défend, n'est un piège pour quiconque.
Elle peut au contraire constituer un grand espoir pour tous.

JMG

* une primaire de toute la gauche des 4 et 11 décembre est encore possible, mais le temps presse

jeudi 21 juillet 2016

Les vautours

Le malheurs des uns fait le bonheur des autres, du moins le croient-ils. Il est déroutant, dégoûtant même de voir à quel point les hommes politiques, ici de "droite", hurle avec les loups, dénonce ce qui n'aurait pas été fait pour éviter  le massacre de Nice le 14 juillet. Ainsi Juppé, ainsi Wauquier, ainsi Sarkozy, ainsi Le Pen, toute la fine fleur de l'opposition se rue sur l'occasion qui lui est donnée de contester et de blâmer les insuffisances d'un gouvernement qui entend lutter contre ce qu'on nomme communément le terrorisme.

Rappelons, au passage, que le dernier attentat s'est produit à Nice, ville dans laquelle Estrosi, le Maire, se targuait d'avoir mis en place un système de vidéo-surveillance super moderne, super efficace, sensé faire échec à toute sorte d'insécurité. Cela montre, s'il en était besoin, que ces caméras ne sont pas d'une grande utilité si il n'y a pas derrière un peu d'humanité, et suffisamment avisée pour tenter de traduire et d'interpréter des images le plus souvent insignifiantes.
Le plus étonnant c'est que ces personnes, qui sautent sur leurs petites gambettes et  nous crient sécurité, sécurité, savent pertinemment ce qu'ils font. Ils savent que leur discours, avec l'aide des media, fera effet sur une population que l'on presse d'être terrorisée, même si dans le fond elle ne l'est pas.
On peut saluer le courage des Français, ils peuvent craindre les attentats sans pour autant se priver de sortir de chez eux.

C'est que le souci de l'hyper-sécuritaire relève d'une idéologie de nature à déterrer les immondices du racisme et de la xénophobie. C'est un feu qu'on allume et qui ensuite s'auto-alimente au gré des événements dont certains ne relèvent même pas du "terrorisme." Les mauvais politiques en profitent donc pour jouer ce jeu malsain de la récupération démagogique.
La droite n'est pas la seule, pour le malheur de ce pays, à manger de ce pain là. Hollande et Valls en jouent aussi, et n'ont pas hésité, autant par inconscience que par opportunisme, et dans la précipitation, à prolonger un état d'urgence dont a vu jusqu'ici le peu d'efficacité pour la sécurité, et perçu déjà le péril qu'il représente pour la liberté.

Tout cela sur fond d'un aveuglement qui empêche de voir les racines du mal lesquelles se trouvent pour une bonne part dans la conduite par la France d'une politique étrangère catastrophique, particulièrement au Moyen-Orient où notre pays pourtant, à une époque encore récente, avait l'estime de la plupart des pays arabes, nous épargnant ainsi la haine de fanatiques.

JMG