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jeudi 12 décembre 2024

Historiettes

 Voilà, il parait que Hollande reparle de Cazeneuve comme premier ministre, qu'il avait lui-même nommé en son temps. On dirait que l'histoire (ou les historiettes) repassent les plats.

Cazeneuve en concurrence d'un autre pressenti par d'autres, Bayrou. Ou peut-être ni l'un ni l'autre. Ainsi court le débat politique en France, rien plutôt que rien, on se dispute les ors ou les oripeaux de la république, la Vème qui n'en finit pas d'agoniser.

Mais le fond est là néanmoins qui nous nargue quoi que nous fassions, une pauvreté en France qui se répand et s'approfondit, des inégalités factrices de tensions sociales qui se développent et s'aggravent, des services publics qui se meurent faute de volonté politique pour les sauver, des services publics qui se meurent par volonté ou lâcheté politiques qui voudraient les achever.

mercredi 1 mars 2023

Impuissance parlementaire

On a beaucoup dit que les députés de la Nupes, et plus encore parmi ceux de la France Insoumise, bloquaient le fonctionnement de l’Assemblée Nationale, et donc ne permettaient pas le débat sur la réforme des retraites. Il aurait fallu notamment que l’article 7 du projet, celui qui détermine l’âge légal de départ à la retraite, puisse être discuté sans l’obstruction parlementaire dont il aurait été l’objet. Et en effet le vote de cet article par la représentation nationale n’a pu avoir lieu au grand dam du gouvernement qui pensait ainsi écrire dans le marbre ce fameux âge de départ.

Les députés LFI ont multiplié les amendements voulant ainsi accompagner et soutenir le mouvement social mais avec, en quelque sorte, les armes de l’impuissance, les seules qui leur soient données. Même les organisations syndicales ont dans leur ensemble condamné les actions de ces députés. Et le Front National lui-même, un comble, a su tirer son épingle du jeu en faisant passer ses députés pour des sages de l’Assemblée.

La polémique ainsi crée, artificielle, ne sert donc pas la gauche. Elle la sert d’autant  moins  que les attaques les plus virulents sont réservées au groupe le plus important qui compose la Nupes.

Cela bien sûr ne manque pas de nourrir l’antiparlementarisme qui caractérise la vie politique française. Ce Président dédaigne de respecter la représentation nationale en se servant sans vergogne des outils que lui offre la Constitution de la Vème république.

La chienlit parlementaire, s’il en est, c’est lui. L’article 49-3 servis à toutes les sauces budgétaires, et au-delà, c’est lui ; l’article 47-1 qui permet de raccourcir encore plus le débat c’est encore lui qui l’utilise, même au risque de l’anticonstitutionnalité.

La Constitution de la Vème République c’est la cour des miracles de la démocratie ou de ce qu’il en reste, c’est la courte-échelle faite à E. Macron pour réaffirmer cyniquement son mépris du peuple.

Ce qui vient de se passer à l’Assemblée Nationale, ce prétendu foutoir parlementaire, ce tumulte qui peut sembler infantile et dont la droite, d’un extrême à l’autre en passant par le macronisme, aura fait ses choux gras, ne sont pas le fruit du hasard : mais bien plutôt la conséquence naturelle d’un régime constitutionnel qui laisse la part trop belle à l’exécutif même lorsque, et c’est le cas ici, ce dernier ne détient qu’une majorité relative (qui un temps a pu donner à certains des espérances déçues sur une lecture plus démocratique de la Constitution).

C’est pourquoi il convient de ne pas se tromper d’adversaire, de ne pas se donner plus de bâtons qu’il n’en faut pour se faire battre. L’assemblée Nationale est à l’image du pays, celle d’une France bloquée, bâillonnée, qui ne laisse rien passer d’une inspiration démocratique. C’est pourquoi pour l’heure la rue doit prendre le relais et le mouvement social rester vivace et combatif.

La victoire est incertaine mais c’est bien la seule solution donnée au monde du travail pour défendre pour le moins ce qu’il a de par son histoire durement conquis. Et donc il est impératif de préparer le 7 mars prochain dans l’unité la plus large possible.

En attendant une VIème République plus respectueuse de l’intérêt général.

JMG

samedi 30 avril 2022

L’unité : condition d’une victoire possible !

Premier ministre, pourquoi pas ? Jean-Luc Mélenchon, fort de sa « victoire » au premier tour des présidentielles qui lui donne le leadership à gauche, explore un moyen habile de continuer un combat qui aurait pu échapper à la France insoumise comme aux autres forces de gauche. Est proposé en effet à la gauche ce trou de souris qui pourrait lui permettre de n’être pas disqualifiée et mieux peut-être de parvenir à une victoire  qu’elle n’espérait plus compte tenu d’un contexte politique abîmée par une extrême-droite qui s’est encore renforcée électoralement et idéologiquement.

L’article 20 de la Constitution de la Vème République dispose que le gouvernement conduit la politique de la nation, gouvernement lui-même dirigé par un premier ministre sur la base d’une majorité absolue ou  relative. Cette majorité donnerait à ce dernier sa confiance et son blanc-seing pour une politique qui ne soit pas celle d’un Président de la République plus antisocial que jamais.

Ainsi E. Macron, Président nouvellement élu contre Marine Le Pen avec près de 59% des voix, serait cependant dans l’obligation morale et politique de nommer un Premier Ministre porté par des élections législatives victorieuses.

Mais voilà, pour cela il faut gagner ces législatives et pour espérer avoir une chance, il convient d’arriver, dans un optimisme volontaire, à une unité de toutes les formations politiques  qui se revendiquent des gauches sociales et écologiques.

Les élections législatives ne sont pas l’élection présidentielle. Elles sont  plus complexes, encore plus incertaines du fait de particularités locales diverses et variées. La marche est plus haute car au lieu d’avoir une seule élection on en compte 577, du  nombre de députés qui composent l’Assemblée Nationale. Il faut rendre cette Assemblée capable d’asseoir un Premier Ministre chargé de la conduite de la nation dans une version parlementariste de la Constitution et non plus quasi-exclusivement présidentialiste comme c’est le cas depuis la dernière cohabitation de 1997 à 2002.

L’urgence dans ce contexte est d’élire 290 députés pour espérer gouverner le pays et conduire une politique de gauche sur la base d’une plate-forme commune reprenant  les thèmes essentiels que nous défendons depuis longtemps, fût-ce dans une formulation propre aujourd’hui à LFI, à savoir notamment la retraite à 60 ans, le SMIC à 1400 euros, la planification écologique, la VIème République…

Urgent de s’entendre sur un seul candidat de gauche par circonscription. Au moins 290 raisons ou conditions d’être unis. Le combat, dans l’unité, doit continuer.


JMG

vendredi 17 février 2017

Pauvre Fillon

Pauvre, pauvre, c'est vite dit, il semblerait au contraire que son amour de l'argent ait pu faire de lui un homme habilité à dormir dans un château plutôt que dans la rue. On se plait pourtant à le plaindre comme à plaindre son épouse Pénélope qui porte bien son nom à être restée jusque là au foyer à s'occuper des enfants du couple lesquels n'en avaient pas vraiment besoin car déjà collaborateurs rémunérés, et comment, de leur père.

Leur père, et cela m'intrigue de façon rétrospective, c'est bien le même qui pilotait pendant ses heures de loisir des bolides sur le circuit de vingt-quatre heures du Mans ( Le Mans, bourgade proche du château de Solesmes). Pour cela il faut de l'argent. Moi par exemple, ceci dit sans me vanter, je ne pourrais pas : c'est Ford année 2004 (vignette couleur caca d'oie) bruyante, ou crève. Mais je ne plains pas, au contraire, pourvu que ça roule.

Pour revenir à Fillon, je sais ce n'est pas charitable, encore moins catholique, mais je me réjouis que l'affaire ait pu être révélée. Il y a là une odeur de lutte des classes qui ne me déplaît pas, l'idée d'une vérité enfin révélée, celle que certains politiques, plutôt de droite même si Cahuzac dans le genre n'était pas mal non plus, s'en mettent plein les poches depuis le début de leur élection, comme si leur naissance, comme auraient dit les bâtards de Louis XIV, ne pouvait leur suffire. Eh oui, on croyait à la plaisanterie, mais la politique ça peut rapporter gros.

Et le plus beau chez Fillon c'est qu'il ne s'était pas fait piqué jusque-là et que, plus fort encore, il prônait à l'envi, et il prône encore sans vergogne comme si ces "ennuis" n'était que rêve ou cauchemar, l'austérité, le sang et les larmes, mais uniquement pour les autres, pour les classes laborieuses, qui ont ou pas du travail, celles qui précisément ne sont pas payées à rien foutre.
Il répète encore dans ces meetings qu'il serait le seul à pouvoir redresser le pays. C'est ça ! Désormais il est permis, et même conseillé, d'en douter.

Avec Fillon, ce sera, ce serait, (le conditionnel heureusement est encore de mise, encore un petit espoir de ne pas le voir au pouvoir), pour les fonctionnaires d'abord puis pour les autres, du style travailler plus pour gagner beaucoup moins, et encore dans le cas où le poste ne fût pas parmi les 500 000 suppressions annoncées. Une vrai politique de réaction, mais pour prétendument  sauver "un Etat en faillite".

Tel est pris qui croyait prendre, ce qui est remarquable en France, c'est finalement une certaine transparence de la vie politique, transparence tendance comique, il y a de quoi rire en effet si ce n'était dramatique pour la démocratie. Car finalement, on le voit, tout finit par se savoir, surtout les choses les moins avouables.
Pourquoi ? Parce que les gens comme Fillon ne se rendent compte de rien du haut de leur superbe, vêtu de leur tailleur à sept mille euros, pas gênés comme on dit chez moi. Ils ont le sang bleu (version républicain), celui qui vous permet d'agir selon votre bon plaisir.

Les gens qui pourraient les inquiéter, ils dorment, sommeillent, et admirent plus riches qu'eux sans chercher à trouver d'où vienne leur fortune, et les inégalités qui la sous-tendent.
Finalement les citoyens existent peu, ou alors ils ne se manifestent pas, à part quelques illuminés qui croient en la justice sociale, on peut leur retirer leurs service public, leur emploi, leur sécurité sociale, l'école de leurs enfants, ils ne vont pas s'en plaindre, ou pas fort en tout cas.
Des Fillons il y en a aura toujours dans notre monarchie républicaine. Contrairement à la légende, les Français ne sont pas des coupeurs de tête, ils acceptent beaucoup de la Haute et même continue de l'admirer comme ils le faisaient avant la Révolution Française.

Ici la morale est précaire mais sauve, même s'il a fallu, pour découvrir le pot aux roses, des circonstances exceptionnelles comme aujourd'hui les présidentielles et quelques canards indépendants.

Il restera maintenant aux Français de décider et d'aller jusqu'au bout. Qu'au moins leur vote serve à se défaire de ceux qui auront déshonoré les mandats qui leur avaient été confiés.
Ce ne serait que justice.

JMG