Affichage des articles dont le libellé est dette. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dette. Afficher tous les articles

vendredi 4 octobre 2024

Budget pour les riches, budget de fortunes

Soixante milliards d'euros manqueraient au budget de l'Etat. C'est peu, comparé à un montant total d'environ 300 milliards, et pourtant...ils correspondent aux 60 milliards de recettes confisqués sous forme de cadeaux fiscaux de Macron aux plus riches ou aux entreprises qui font le plus de profits.

Le gouvernement Barnier entend récupérer 20 milliards par des hausses d'impôts notamment appliqués aux 300 premières entreprises, et 40 milliards par une diminution drastique de dépenses publiques.
C'est peu ? Non c'est beaucoup 40 milliards lorsqu'on sait que ce manque à gagner touchera les services publics, la richesse de ceux qui n'en ont pas, et se traduira notamment par des suppressions d'emplois, 100 000 dit-on, dans la fonction publique. Ainsi seront touchés pêle-mêle les hôpitaux, les aides sociales, les retraites, l'éducation nationale, la justice, tout qui constituent pourtant la colonne vertébrale d'un "vivre ensemble" dont on nous rebat les oreilles mais dont le pouvoir conservateur se moque.

Comment ne pas être en colère ? Cette austérité touchera les plus fragiles et sera comme à l'accoutumée, accompagnée d'une propagande mettant en avant les affres supposées d'une "dette" alimentée délibérément par des exonérations sociales ou fiscales.
Cette dette tout en enrichissant ceux qui la détiennent sera devenue le prétexte, ou le ressort quasi-imaginaire, d'une politique économique désastreuse pour l'ensemble de la population.

lundi 18 septembre 2023

Lois de finances 2024 : danger

Emmanuel Macron et ses soutiens, oligarques, mais aussi ses parlementaires « playmobil », ou membres de la droite élargie qui ne voit que ses propres intérêts, tel Eric Woerth ancien ministre du budget ayant trouvé là une ultime occasion d’exister politiquement, tous ces gens collaborent à saper les institutions sur lesquelles sont bâties les solidarités nationales susceptibles pourtant d’assurer une cohésion sociale nécessaire à la démocratie. Y sont-ils d’ailleurs attachés à cette démocratie alors qu’ils pourfendent ainsi l’Etat Social ?

C’est donc autour de ce risque a-démocratique que le travail souterrain se poursuit dans le plus grand mépris de l’intérêt général et contre une classe, celle des salariés, qui ne sait plus comment riposter, soit par découragement, soit aveuglée et trompée par une propagande gouvernementale, diviseuse et sournoise, alimentée par le caractère soit disant incontournable d’une « dette » sacro-sainte.

Se préparent actuellement, en cet été porteur de toutes les angoisses, dans la moiteur des cabinets ministériels, plus singulièrement à Bercy, les projets de loi de finance de la sécurité sociale comme celui de l’Etat.

Et comme toujours les conséquences sont concrètes même si, pour faciliter leur acceptation par la population, ces mesures peuvent être distillées à doses homéopathiques, mais, et c’est là que le bât blesse, depuis plusieurs années maintenant. On pourra toujours considérer que 50 cts d’euro de reste à charge pour un médicament est une somme modique et doubler cette somme ne portera pas à conséquences. Mais avec les années et les réformes successives il n’en reste pas moins que le taux de couverture de la sécu n’est plus aujourd’hui que de 50% en moyenne.

L’année 2024 verrait la franchise médicale ainsi que la  participation forfaitaire doubler sous le prétexte qu’il faut « sauver » la sécurité sociale insinuant par la même occasion l’irresponsabilité de l’ensemble des assurés sociaux. Cette franchise concernerait aussi le paramédical. Ce genre de mesures sera sensible pour les plus modestes lesquels de plus en plus renoncent aux soins (près de 27% des assurés sociaux.)

Elles s’ajoutent aux déremboursements des frais de transports médicaux qui passent de 65 à 55% après ceux encore plus significatifs des soins dentaires qui passeront à partir du premier octobre de 70 à 60% (décision qui date de juin dernier et qui est passé sous forte chaleur comme une lettre à la poste). Les premières victimes sont ceux des assurés sociaux qui ne pourront se payer une bonne mutuelle. Les complémentaires-santé devront compenser par une prise en charge globale de 500 millions d’euros annuellement. Elles devront en conséquence augmenter leurs cotisations. C’est encore une pierre supplémentaire apportée à la privatisation rampante de la « sécu » amplifiant les inégalités devant la santé.

Les mesures proposées pour l’année prochaine permettraient au gouvernement d’économiser 1,3 milliards d’économies. Mais le gouvernement Macron entend également poursuivre sa politique de lutte contre la fraude sociale (27% de l’objectif global aux dires du gouvernement). Les arrêts-maladies seront pour leur part l’objet de contrôles renforcés comme pour culpabiliser plus encore les praticiens et les patients.

Or, on sait bien que la question du financement de la sécu et de son déficit supposé proviennent d’abord d’un problème de recettes qui d’année en année s’amenuisent sous les coups de butoir d’une politique de l’offre, foncièrement néo-libérale, décomplexée.

En dix ans, entre 2012 et 2022, le montant des exonérations de cotisations sociales, de moins en moins ciblées, a été multiplié par 2,8 grossissant ainsi les aides publiques aux entreprises les plus grandes, sans contrepartie. Cela concourt à l’affaiblissement de la sécurité sociale et se traduit par des déremboursements touchant de façon inégalitaire les couches les plus démunies de la population.

Et le budget de l’Etat…

Côté budget de l’Etat au sens strict le ministre Bruno Lemaire  entend faire des économies à hauteur de 15  milliards d’euros. Rappelons que ces économies se justifient, aux dires du gouvernement, pour courir après une dette qui se monte désormais à 3000 milliards d’euros. Cela prêterait à rire si ces coupes budgétaires n’étaient sans conséquences sur le plan social et se traduisait par une baisse de 6% des budgets consacrés aux services publics dont ceux touchant les hôpitaux dont on sait qu’ils sont aujourd’hui à la limite d’une rupture mortifère.

Les aides à l’apprentissage seraient également touchées tout comme est annoncée la fin des boucliers tarifaires laissant présager une envolée des factures d’électricité et de gaz.

Les aides au logement seront aussi impactées à la baisse par le biais notamment d’une refonte du Prêt à Taux Zéro (PTZ).

Quant aux collectivités locales, elles sont aimablement appelées à un effort de « modération de la défense publique ». Certains élus locaux ne cachent pas leur inquiétude quant à une possible baisse de la Dotation Globale de fonctionnement qui de toute façon aura peine à suivre l’inflation.

Les dépenses sont contenues à l’excès pour faire plaisir à Bruxelles mais aussi à la « finance » dont E.Macron reste le grand ami. Tant et si bien d’ailleurs que les vaches sacrés de la politique fiscale de notre président ne sont nullement remises en cause. Ainsi le gouvernement ne veut-il  pas entendre parler du relèvement du taux de prélèvement forfaitaire unique (la fameuse « flat tax » importé du monde anglo-saxon) que le Modem lui-même, pourtant dans le camp gouvernemental, avait proposé.

Oui, les vaches sont bien gardées au service des plus riches dans un pays où nos 43 milliardaires ont vu leurs revenus augmenter de plus de 20 % en une année seulement (depuis2022).

Nous n’arriverons à sortir de l’impasse que dans l’unité retrouvée d’une gauche qui se rassemble autour d’un projet à la fois réaliste et ambitieux. La balle est dans le camp d’une gauche qui n’aura pas renoncé à sa mission.

JMG


article paru dans le numéro 307 de Démocratie et Socialisme

mardi 27 novembre 2012

La Grèce victime de l'Europe libérale et des banquiers

Je reproduis ainsi intégralement un texte de Gérard Filoche au sujet de la Grèce laquelle en Europe fait figure aujourd'hui de terrain d'essai, avant que d'autres pays, pour leur malheur social et économique, soient bientôt concernés eux aussi:

" Ils se sont tout permis pour étrangler le peuple grec !

Après avoir infligé 11 plans d’austérité, une véritable destruction sociale, au peuple grec,  après l’avoir forcé à brader ses entreprises publiques, ruiné sa production, aggravé sa dette odieuse, liquidé ses droits sociaux, à l’éducation, à la santé, salaires et retraites, la troïka UE/BCE/FMI a  joué, mardi 27 novembre 2012, à relâcher la pression.
C’est un peu comme un chat jouant avec la souris qu’il a capturé et qui est à sa merci. C’est un peu comme les barbares des temps lointains, envahissant un pays,  brulant les maisons, violant les femmes,  détruisant les trésors puis rendant des terres aux vaincus pour qu’ils produisent à nouveau de quoi alimenter les occupants.
La politique d’austérité infligée par l’UE depuis 2009 sous prétexte de la « rembourser », a provoqué une telle récession qu’elle a porté la dette grecque de 100 points du PIB à 170 points du PIB !
 Cette dette odieuse provoquée par l’oligarchie grecque
-  qui avait soutenu la dictature des Colonels de 1967 à 1974,
-  qui avait acheté un énorme et vain armement à Thyssen Krupp,
-  qui avait dispensé armateurs et popes de payer des impôts,
-  qui avait ruiné le pays avec les Jeux Olympiques de 2004,
-  qui avait confié à Goldman Sachs le soin de truquer les comptes,
cette dette odieuse, chacun savait qu’elle ne serait et ne devait jamais être payée !
Pourtant les banques européennes et mondiales s’en sont servi à mort, prenant dessus des taux d’intérêts à 7, 8 , 12 et même 17 %.  Et la BCE, le FMI, l’UE Merkel se sont comportés comme des rapaces, exigeant non pas de l’oligarchie mais du peuple qu’il soit saigné pour le compte de ces banques privées usuraires.
 Ceux de la troïka qui ont infligé des mesures cruelles, cette immense souffrance au peuple grec pour le compte des banques privées devraient être arrêtés et jugés devant un tribunal pénal international pour crimes économiques. Quand on sait que la BCE a prêté 1000 milliards aux banques européennes privées en 2012 au taux de 1 %, et qu’elle a laissé ces mêmes banques imposer des taux de 7, 8 ou 12 % à la Grèce, le crime est signé ! Tout cela au nom d’une étrange et rituelle orthodoxie monétaire, d’une stupide « règle d’or » dont les seuls bénéficiaires sont les spéculateurs, les usuriers, les banques privées qui exercent ainsi une dictature contre les états, les républiques et les citoyens.
Ce mardi 27 novembre, la troïka a encore discuté 14 h de la façon dont elle pouvait tirer le maximum de marrons du feu qu’elle alimente en Grèce.
Elle a débloqué 44 milliards d’aide qui n’avaient pas été donnés depuis l’été. Car il faut savoir que toutes les « annonces d’aides à la Grèce » dont les journaux européens sont quotidiennement remplies ne sont que du « pipo ». Ce serait une grave erreur de croire que l’UE « aide » la Grèce. La Grèce ne reçoit rien. Pas un euro. C’est aux banques privées créditrices de la Grèce que ces fameuses « tranches d’aide » sont données ! Et du point de vue « communication », elles sont données plusieurs fois, d’abord dans votre poste de radio, ou votre journal quotidien et bien plus tard, sur les comptes des banques prêteuses à taux usuraire.
Ainsi, les 17 pays de l’euro et le FMI de Christine Lagarde, ont fini cette nuit du 27 novembre par autoriser le déboursement à partir du 13 décembre de trois tranches de crédits suspendues depuis l’été et qui permettent au trésor grec d’éviter la banqueroute. L’enveloppe d’aide en retard atteint 44 milliards, dont 10 milliards que le conseil du FMI devra lui-même débloquer à son tour. Soyez surs qu’on vous en fera encore plusieurs fois l’annonce !
Hors de la vue du peuple, Lagarde et Draghi ont allégé cette dette artificielle infligée à la Grèce et alors que tout le monde le sait depuis le début, elle ne pourra jamais la payer. La dette devra être ramenée à 124 % du PIB en 2020 (au lieu de 100 % en 2009). Elément nouveau : ils promettent de la réduire encore, « à moins de 10 % », en 2022. C’est un scénario de remise de dette en bonne et due forme. Comme l’écrit Le Figaro « Ils ont aussi balisé sur 10 ans le retour du pays vers davantage de stabilité financière. » Ils ont même réduit de 1 point le taux d’intérêt accordé à la Grèce par les créanciers publics. Ils rallongent les échéances de ces prêts de 15 à 30 ans, c’est-à-dire au-delà de 2040. Ils reportent de dix ans le paiement des intérêts au fonds de sauvetage FESF. Dès 2013, la BCE et les banques centrales nationales rétrocéderont  11 milliards de profits ( !) réalisés sur les obligations grecques. L’Euro groupe autorise enfin Athènes à racheter ses propres titres, avec une décote probable de plus de 60 %. Tout cela sachant que la Grèce doit encore théoriquement 240 milliards dont 80 milliards au privé et le reste au public, FESF et a la BCE.
Pourquoi maintenant et pourquoi si tard ?  Parce que la Grèce est exsangue. Il n’y a plus grand chose à en tirer. Le FMI considère que « les grecs sont arrivés au bout des efforts qu’ils sont capable de faire ». Impossible de les piller davantage. Et la peur que le sort  infligé aux Grecs a produit en Europe, a joué tous ses effets, en Italie, en Espagne, au Portugal qui se sacrifient à leur tour cruellement pour des taux de 6 à 7 %… … Le FMI poussait même à un abandon immédiat de créances publiques (pas privées). Les trésors européens et le ministre allemand Wolfgang Schäuble s’y opposaient  férocement puis ont cédé dans la nuit. Pour Jean-Claude Juncker, le Fonds est désormais « complétement revenu à bord ». Mario Drag hi a annoncé « un retour de la confiance envers la Grèce et l’Europe ». Selon Christine Lagarde : « la Grèce est à nouveau sur la voie d’une dette viable ».
«L’accord de cette nuit met fin à une trop longue incertitude, lâche le commissaire à l’euro Olli Rehn avant d’avouer clairement : « la Grèce avait fini par s’imposer comme un test de crédibilité et d’aptitude à prendre des décisions ».
Cette dernière phrase est la plus limpide : il s’agissait d’un vulgaire « test match ». Est ce que la troïka était capable de faire plier ce bouc émissaire, oui ou non ? Est ce que la dictature de la finance l’emportait, oui ou non ? Est ce que l’Europe entière peut être menacée et soumise à ce régime ? Est ce que « les marchés » rapaces toujours insatisfaits, après réflexion, ne vont pas juger que cela est prématuré, coûte « trop cher », tire sur le FESF, et revenir à la charge ? "

Démocratie et Socialisme ( Gérard Filoche)