mardi 6 janvier 2015

Vœux à la gauche et au parti…socialiste

Jean Ziegler dans une récente interview au Progrès de Lyon, déclarait, sévère : « En France avec Hollande le socialisme est même devenu un gros mot. » On souhaite néanmoins au parti socialiste de redevenir une force de propositions, d'être à nouveau écouté et respecté par ceux qu’il a portés au pouvoir mais aussi par sa propre direction nationale, d'être à nouveau un parti démocratique où le débat reste plus important et moins rare que l'invective ou la volonté de bannir.
Il est pathétique, triste, de voir ce grand parti ne pas réagir, ou si peu, ou de manière si limitée, aux actions ou à l’inaction d’un pouvoir qui manifestement - la nomination de Valls et de Macron, pourtant ultra minoritaires, est à cet égard symptomatique - se moque de lui et de ses militants. Ces derniers, s'ils ne l'ont pas déjà quitté, en ont-ils au moins conscience ? Qu’en attendent-ils ? Sa mort programmée ?

 La grande majorité des mesures prises par le gouvernement actuel est contraire aux orientations contenues dans le projet socialiste voté au congrès de Toulouse de 2012, projet pourtant modéré mais qui avait encore quelques accents progressistes qu'on a coutume d'attribuer à la gauche. Il y avait notamment dans ce projet la volonté collective de porter à 40% le taux d'imposition des sociétés privilégiant les dividendes des actionnaires, tout comme étaient prévus les dispositifs pour dissuader les licenciements boursiers, on pourrait encore mentionner cette volonté de réinvestir les super profits des pétroliers dans l'aide à l'isolation et pour le développement des économies renouvelables, on proposait encore d'imposer au moins autant les revenus du capital que ceux du travail. Si cela s'avère n'avoir été que des mots, le traumatisme risque d'être grand et son écho n'a pas fini de résonner dans l'histoire de la gauche toute entière.

A la place qu'avons-nous eu ? Une politique de l'offre, austéritaire, inefficace, qui rappelle le libéralisme ringard d'un Giscard d'Estaing, une réforme territoriale inutile, dispendieuse et déstabilisante, telle une misère qui cache la misère, une remise en question fondamentale du code du travail, et banane sur le gâteau, une loi Macron dont le caractère conservateur n'épargnera pas le monde du travail. Alors, pourquoi ce silence, pourquoi cette propension à vouloir écarter ceux des militants qui, ne comprenant pas ces revirements, entendent bien encore s'exprimer ? Y aurait-il trop de monde au parti socialiste ?

Le parti s’étiole. Ce ne serait pas grave, car au diable le patriotisme partisan, si cela ne mettait en péril la gauche toute entière. Cette dernière, au lieu de se réjouir ici ou là de l'affaiblissement idéologique de ce parti ferait mieux de s’en inquiéter. Car c’est sa crédibilité même qui est touchée, la gauche est malade de l’ (encore) principal parti qui la compose.

Et donc il faut dénoncer, plus encore de l’intérieur que de l’extérieur, car ce sont les militants et adhérents qui ont été trahis, la dérive conservatrice du gouvernement mais aussi celle de la direction actuelle du PS laquelle, comme par magie, se propage dans les fédérations. Ainsi a-t-on vu à la fin du mois de décembre le texte signé d’une quarantaine de secrétaires fédéraux, dont celui du Jura, texte sans véritable contenu politique autre qu'un soutien sans condition à l’action de l’actuel gouvernement.

Où est passé l’esprit critique ? Où est passée surtout la démocratie, car ce texte n’a pas même été soumis aux militants.

Le traumatisme de la trahison est particulièrement violent, je forme ici le vœu que ce traumatisme militant ne signe la mort d'un parti socialiste encore nécessaire aux forces de la transformation sociale.
Rendez-vous est donné au congrès de Poitiers, ce pourrait être là sa dernière chance.

JMG

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