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lundi 12 octobre 2020

Vertige sécuritaire

 Depuis au moins trois décennies, après Pasqua, Chirac, Sarkozy, Valls, et durant Macron, Castaner, et plus récemment Darmanin pour raisons d'immédiateté électorale, ce qu'on doit nommer encore la droite, dont le macronisme, continue de plus belle de jouer sur la peur des Français pour s'accaparer ou conserver son pouvoir électoral et politique.

Le thème de la sécurité à cet égard est toujours aussi prometteur car les arguments délivrés, pour être le plus souvent fallacieux, n'en sont pas moins efficaces. L'insécurité publique, ou l'appréhension ou l'angoisse qu'elle suscite, ne serait-ce qu'en la suggérant et en la prenant comme outil politicien, est au centre des préoccupations de tout individu qui se respecte. Un brin d'agitation des peurs peut conduire à la déraison. Depuis quarante ans la délinquance n'a pas augmenté et pourtant le sentiment d'insécurité, alimenté par des politiques qui soufflent sur les braises, est plus fort que jamais.

Il se trouve que ceux qui convoquent l'insécurité à des fins électoralistes sont ceux qui précisément, comme Sarkozy en son temps au nom de la révision générale des politiques publiques, ont diminué les moyens de la police nationale en amputant ses effectifs d'au moins 10 000 équivalent temps plein. 

Mais même en pleine contradiction politicienne, les arguments pour un sécuritarisme outrancier sont d'autant plus crédibles qu'ils se fondent sur du vrai et perçus tragiquement comme une remise en cause de l'intégrité individuelle. La peur, qu'elle soit nourrie du réel ou de l'imaginaire, est mauvaise conseillère surtout lorsqu'elle est instrumentalisée par des gens qui s'accrochent au pouvoir sans mesure et hors de tout sens de l'intérêt général, faisant passer le leur bien avant.

Ainsi contribue-t-on à distiller dans la société une peur, diffuse mais réelle, qui pousse le sentiment d'insécurité dans une augmentation sans fin sans pour autant faciliter des solutions pérennes.

N'en déplaise aux va-t'en guerre civile, l'insécurité est (aussi et d'abord) une donnée subjective. Or, en ce domaine comme en d'autres, on ne peut être efficace si on ne fait pas l'effort de l'objectivation. Oui, contrairement à ce que prétend cette droite conservatrice qui inonde de ses propos démagogiques et primaires la plupart des plateaux télé, il convient de faire l'effort, non pas d'excuser bien sûr, mais d'expliquer et de "déconstruire" les phénomènes d'insécurité et de délinquance pour en connaître les raisons profondes. Expliquer pour s'éviter des solutions hâtives sans efficacité, faute de quoi notre société civile sera toujours condamnée à subir. 

Suite à des événements de délinquance cet été, des municipalités nouvellement élues, comme celle de Lons-le-Saunier par exemple, glissent sur la peau de banane sécuritaire dans des solutions trop immédiates pour etre bien pensées. La nouvelle municipalité divers gauche de Lons-le-Saunier décide, alors qu'il n'existait pas jusqu'ici de police municipale, d'en créer une. On soulignera le paradoxe de cette innovation : la gauche succède à une droite qui depuis trente ans avait fait le choix de ne pas en créer, se limitant jusqu'ici à une équipe d'agents de surveillance de la voie publique. 

La création de quatre postes de policiers municipaux, dans un contexte de pénurie financière imposée par les gouvernements successifs, ne manquera pas de grever un budget qui aurait pu servir à d'autres causes. 

A tout prendre, dans une question fermée, entre une police et un musée, j'aurais choisi ce dernier et rappelé à l'Etat ses responsabilités en matière de police. La création de polices municipales risque d'ailleurs d'encourager l'Etat à ne pas prendre des responsabilités qui sont les siennes. Ce transfert de charges est tout bénéfice pour l'Etat central.

Il conviendrait que l'Etat, et ce gouvernement plus précisément, travaille à restaurer la confiance de la population dans sa police nationale en lui donnant les moyens de fonctionner pour la paix civile, (tout en se gardant d'en faire, comme ce fut trop le cas ces dernières années, un outil de répression des libertés publiques.)

JMG





samedi 4 juillet 2020

Municipales Lons-le-Saunier : félicitations

C'est volontiers que je félicite la liste d'union conduite par J.Y Ravier, (qualifiée par l’administration préfectorale de divers gauche) qui a remporté les élections municipales à Lons-le-Saunier, c'est volontiers et avec plaisir que je le fais, car il était temps que la gauche gagne à nouveau à Lons-le-saunier tant les esprits se font durablement aux rentes de situation politiques.

Plus de trente ans que la ville n'avait pas vu ça, une municipalité qui ne fût pas issue de la droite.
J'avoue que je n'y croyais pas et j'ai déjà ici fait part de mes doutes voire de mes réserves. La gauche a gagné, c'est la promesse d'un changement. On ne sait encore exactement lequel, et de quelle gauche il s'agit, l'avenir et l'action le diront bientôt à la lumière du temps qui passe, mais cette liste bon an mal an veut bien se nommer ainsi, c'est tant mieux. Nous verrons bien si le mot pour une fois correspond à la chose

De plus s'est-elle opposée à une liste soutenue par le maire sortant, J.Pélissard, qui aura été le seigneur républicain de ce territoire pendant plus de trente ans, a-t-on vu beaucoup de princes régner aussi longtemps ? Pour faire des choses utiles à la populations et pour en faire d'autres qui le furent moins. Mais trente ans c'est beaucoup, c'est trop même, d'autant qu'on allait changer de tête sans changer de casquette en la personne de celui que J.Pélissard avait désigné comme son successeur, C. Bois, sympathique et souriant au demeurant mais sans que cela suffise au besoin de renouvellement.

C.Bois avait un frère ennemi (pas qu'un sans doute) et c'est cela qui l'a fait tomber, la droite s'est divisée, J.Pélissard aura raté cela aussi, à moins qu'il ne l'ait fait exprès en guise de cadeau d'adieu.
Un gagnant sans conteste dans l'ensemble du pays, ce fut l'association non formatée des pêcheurs à la ligne, une abstention qu'on avait jamais vue encore pour des élections municipales, et de cette abstention Lons-le-Saunier, à plus de 56%, n'aura pas été en reste. Bien sûr le coronavirus y aura été pour quelque chose, mais aussi, je l'avais souligné, la confusion en politique, qui parvient à nous faire prendre, à nous le peuple, des vessies pour des lanternes.

Donc voilà la gauche est au pouvoir municipal dans la préfecture du Jura.
Je remarque d'abord que la liste "citoyenne" soutenue par la France Insoumise, si elle n'a pas apporté de bien par le petit score qu'elle a fait, n'y a fait aucun mal. On avait craint (que n'avons nous pas entendu à ce sujet ) que sa présence aurait pu mener particulièrement à Lons, la gauche à sa perte. Il n'en a rien été bien sûr et le problème ne s'est même pas posé. La France Insoumise s'est faite l'artisane de sa propre défaite, au plan national comme au plan local, ne serait-ce que pour avoir rendu invisibles la plupart de ses listes. J.L Mélenchon a eu, semble-t-il, l’honnêteté de le reconnaître. Mais bon, passons.

Et donc je félicite les vainqueurs même si ce fut sur le fil, c'est le résultat qui compte et il fut inespéré. Dès lors tout peut s'annoncer possible pour le vivre en commun municipal, sans oublier personne des hommes et des femmes de bonne volonté, ils sont les plus nombreux. La tâche est ardue, et bien de nouveaux élus, parmi les plus sincères et les plus armés politiquement, n'en ont pas  réellement encore conscience. Passé le temps de la joie et de l'ivresse de l'avoir emporté, il faudra bien se mettre au travail, et résolument.

Le premier travail pour un élu c'est d'éviter d'avoir la grosse tête. Pour ne pas l'attraper, il convient d'avoir toujours un œil sur le programme annoncé pendant la campagne. Allié à l'expertise du réel, en général ça calme. Dans ma modeste carrière de fonctionnaire, qui plus est syndicaliste, j'aurai trop connu d'élus qui l'attrapaient bien plus vite (la grosse tête) qu'aujourd'hui on contracte le coronavirus.

Féliciter quelqu'un c'est l'encourager à être heureux, comme ici d'avoir été élu (avec d’ailleurs bien enfouies quelque consonances religieuses), mais c'est un bonheur relatif, précaire, délicat et glissant. 
Le seul bonheur qui vaille finalement c'est celui, le plus exigeant, de servir la population.
En gardant la tête froide et restant fidèle à ses valeurs comme prioritairement, la volonté de défendre le monde du travail  ainsi que les plus faibles en promouvant les services publics et les fonctions qui les accompagnent.

Sans plaisir forcément, le bonheur est là peut-être, à ne pas décevoir. Et donc bon courage.

JMG

mardi 9 juin 2020

Lons-le-Saunier : 28 juin, second tour municipales 2020

  Communiqué Gauche Démocratique et Sociale Jura            


 Le 28 juin se tiendra le deuxième tour des municipales à Lons-le-Saunier comme dans de nombreuses villes en France.
Nous déplorons que les collectivités territoriales, et les communes en premier lieu, soient sous contraintes budgétaires, affaiblies qu’elles sont par les baisses de dotation de l’Etat central. Elles ont à subir également les effets d’une politique fiscale injuste imposée par un gouvernement sourd à imposer de véritables réformes qui pourraient être bénéfiques à l’ensemble de la population.
Au contraire les contre-réformes prescrites ou accélérées par le gouvernement sont autant de marches en arrière comme celles qui touchent et affaiblissent depuis des années l’hôpital public et l’ensemble des services publics.
C’est pourquoi ces élections doivent être aussi l’occasion de dénoncer ceux qui soutiennent ces politiques, comme à Lons-le-Saunier la liste conduite par un pilier  de la République en Marche.
Au terme d’une campagne électorale, confuse à bien des égards, deux listes sont en présence, la liste C. Bois soutenue par LREM et J. Pélissard d’une part, et d’autre part une liste d’union de gauche conduite par JY. Ravier.
La Gauche Démocratique et Sociale  appelle à voter pour la liste Ravier soutenue par le PC, le PS et EELV. Cette liste a su travailler pour un projet municipal qui doit rassembler les citoyens de Lons-le-Saunier attachés à une ville davantage sociale et écologique, valeurs que la gauche démocratique et sociale défend naturellement.

A Lons-le-Saunier, le 9/06/2020

vendredi 5 juin 2020

Municipales : on ne gagne rien à trop perdre

On ne peut le nier, et le reconnaître devrait constituer le début d'une solution et mieux encore d'une résolution, les résultats du premier tour des municipales à Lons-le-Saunier ne sont pas bons pour la gauche.

Je veux parler d'une gauche de transformation (voire de conservation) sociale qui soit d'emblée résistante devant les coups de butoir d'un néolibéralisme dont les ravages nous sont apparues évidents lors de cette crise sanitaire. De celle-ci, semble-t-il, ni le gouvernement actuel, ni son opposition de droite classique, ne veulent reconnaître et combattre les  raisons profondes. 

Ainsi par exemple, l'hôpital public a fait les frais d'une austérité qui depuis trente ans n'a pas manqué de s'accroître. Les moyens donné aux hôpitaux publics ont diminué alors que la population française a sensiblement augmenté. Des dizaines de milliers de lits ont été supprimés, près de cent mille en trente ans, de même que de nombreux postes de soignants. Cette politique désastreuse a fait peser, sur les services des urgences notamment, tout le poids et les souffrances d'une austérité imposée et inutile.

Les élections municipales se jouent donc dans ce contexte. Elle ne peuvent, elles ne doivent pas être divertie de cette réalité économique et politique dont les responsables doivent être, si on ose dire, distingués.
Les responsables ce sont tout ceux qui, de leurs localités respectives, ont soutenu ces politiques, comme celle de la tarification à l'activité par exemple laquelle, de fait, favorise la privatisation rampante ou franche de l'hôpital public.
Ces politique doivent être condamnées à tous les niveaux, et donc à l'occasion aussi des élections locales.

Voici donc rappelés ces résultats du premier tour à Lons-le-Saunier:

liste C.Bois soutenue par le maire actuel (LR) : 36,22%
liste J.Y Ravier (PS, EELV,PC, société civile) : 29,99%
liste J.Huet (divers droite, dissident) : 21,01%
liste C.Perny (divers gauche?, ancien PS, ancien Macroniste mis à l’écart) : 7,66%
liste G.Revy (liste citoyenne soutenue par LFI) : 3,61%
liste J.Morel (LO) : 1,52%

Bien sûr, et pour paraphraser Lénine, l'arithmétique est têtue. La liste Bois est proche de l'emporter, je doute que les voix de J.Huet, en dépit de toutes les velléités de recomposition ou décomposition de listes à droite, se porte en tout ou partie significative sur la liste Ravier. 

De même que je ne m'attends pas à ce que les 7,66% des électeurs déçus de C.Perny se portent comme un seul homme ou femme sur cette même liste.

Quant à aux voix de la liste "citoyenne" soutenue par Lfi, elles ne sont pas en mesure, de par leur nombre, de se faire décisives.  Le refus de l'unité lui aurait-t-il été fatal ? Ou bien La France Insoumise ne se serait-elle pas donnée les moyens de prendre au sérieux ce scrutin municipal ? J'en prends ma (petite) part de responsabilité.
Dommage, car une gauche structurée sans une gauche alternative sur laquelle s'adosser, n'est rien.

Cette situation difficile est aussi le produit de la confusion idéologique dont ces gauches sont victimes depuis un certain nombre d'années. On en voit ici à Lons-le-Saunier, les répliques locales. Pourtant le bilan de l'ère Pélissard, après trente ans de règne sans partage, n'est pas si brillant, il aura même été destructeur comme par exemple la liquidation de la MJC. Sa réussite est essentiellement politique, il aura fait de son électorat un roc à toute épreuve, même à celle d'une apparente division de la droite. 

La confusion localement est même illustrée, de manière baroque et caricaturale, par la présence dans la liste Bois de J.P.Huelin, de P. Petitjean, ancien(ne)s du PS, qui se sont ralliés au centre-droit pour garder leur place ou pour avoir mieux. Et je ne parle pas de la députée D.Brulebois qui du PS est passée sans coup férir à la LREM. Je le dis en passant : il n'est pas de vraie politique sans un peu de morale.

Confusion encore avec la présence ambiguë  au premier tour de C.Perny qui après avoir appartenu au PS, a rejoint LREM pour ensuite en être plus ou moins rejeté.

Oui, rien qu'à le dire c'est compliqué, complication de nature à décourager plus d'un électeur, tenté plutôt par la pêche à la ligne.

Il apparaît, au cours d'une campagne bien singulière pour cause de pandémie, que la liste Ravier aura fait un travail collectif intéressant. portant un projet municipal plutôt cohérent.
Sans autre dynamique, cela suffira-t-il ? Ce qui est certain c'est qu'on retrouvera au conseil municipal au moins les quatre ou cinq noms de l'actuelle opposition municipale issue de la liste M.H Duvernet* de 2014, (à part le PC qui s'était à raison présenté seul à l'époque).

Une victoire est donc bien incertaine, même en comptant sur le retour des abstentionnistes.
Mais il reste un espoir, et donc il faut le jouer, il faut battre la droite. Pour ma part le 28 juin je voterai pour la liste Y. Ravier.

JMG


*lequel, avec l'appui de C.Perny, s'étaient allègrement affranchis des règles d'un parti socialiste qui ne s'en est jamais véritablement remis. 








jeudi 7 mai 2020

Surveiller ou punir, ou les deux

Georges Orwell*, dans son livre autobiographique "Dans la dèche à Paris et à Londres", décrit la façon dont était traités les vagabonds, qu'on appelait aussi les chemineaux, dans l'Angleterre des lendemains de la guerre 14-18 puis au cours des années vingt et trente du siècle dernier.

Sans domicile fixe, sans travail, ces hommes ou ces femmes étaient condamnés éternellement à faire le tour du pays cheminant ainsi de gîte en gîte. Le temps de ces séjours y était limité, il fallait éviter que ces vagabonds, pour des raisons sanitaires ou sociales, s'incrustent où que ce soit.

Les chemineaux étaient donc tenus d'errer d'asile en asile. Vagabonds par obligation dans un circuit infernal, ils étaient encadrés par les employés de ces asiles et surveillés par la police, de façon quasi-captive, bien que toujours en mouvement sur les routes.
Ainsi le pouvoir les enfermait dans cette course sans fin. Ils ne pouvaient en sortir que s'ils retrouvaient enfin un travail qui puisse les remettre cette fois dans le circuit productif exigé par la société industrielle et capitaliste.

Les temps ont changé. Mais nous sommes nous aussi surveillés. Faute de vigilance collective cette surveillance pourra finir de nous dévorer, favorisée voire sanctifiée par cette autre exigence ré-apparue récemment, tout aussi brutale, l'exigence sanitaire.

Ainsi des drones ont pris l'air pour surveiller les sentiers de randonnée, des drones gendarmes  pour vérifier que personne ne commettre le crime de longer les rives du Lac des Rousses dans le Haut-Jura.
On a même vu des hélicoptères, sur la côte Atlantique, survoler des passants pour leur commander de quitter des plages sur lesquelles ils se promenaient. Le ridicule, même héliporté et dispendieux, ne tue pas. Les velléités de contrôle des populations sont toujours aussi vives de la part de tout Pouvoir et du nôtre en particulier.

C'est pourquoi il faut saluer à cet égard les actes de résistance, encore trop rares, contre cette société de surveillance qu'on voudrait plus ou moins discrètement nous imposer.

Comparaison n'est pas raison, nous ne sommes plus au siècle dernier ni même encore en "1984", et pourtant...A Lons-le-Saunier, zone rouge de l'audace en la matière, le Maire de la ville qui ne parvient pas à quitter son fauteuil de maire depuis déjà quelques mandats, tient lui aussi à son projet de télésurveillance.
En février dernier le conseil municipal votait donc sans trop de problèmes, dans un élan majoritaire absolu dont notre démocratie française a le secret, une convention entre l'Etat et la ville pour la mise en place de cette vidéo-protection.
Comme si à Lons-le-Saunier la violence à feu et à sang se rencontrait à tout bout de rue. Comme si il n'y avait d'autre solution qu'une surveillance inefficace pour imposer une paix civile qui d'ailleurs ne fut jamais réellement menacée.

Il est heureux que Julien Da Rocha, citoyen de la ville, technicien forestier de son état, "gilet jaune" d'où ses quelques ennuis, conteste ladite délibération pour la raison que cette décision n'avait pas été précédée d'une étude d'impact qui concerne la protection des données personnelles.
Bien que tout à fait justifié, ce recours a valu à son auteur de se faire traiter de "délinquant" par le Préfet**, celui-ci oubliant la neutralité qui l'oblige en tant que représentant de l'Etat dans le département.

Le moyen de droit invoqué devrait aboutir au retrait de ladite délibération. Cette lutte doit être saluée en défense des droits et liberté des personnes et des citoyens que nous sommes.
Ces droits sont aujourd'hui trop souvent bafoués au nom d'une sécurité qui s'avère n'être qu'une chimère.


JMG

* l'auteur de 1984, c'est bien le même
** La Voix du Jura en date du 30 avril dernier

lundi 30 mars 2020

Punis et non-coupables

Les gouvernants ont le chic pour faire porter, de façon allusive et plus ou moins discrète, la responsabilité de leur impéritie sur leur propre peuple.

Les rues sont désertes mais pas seulement les rues, toute l'économie sur laquelle se fonde depuis des décennies notre société de consommation se trouve ébranlée par un coronavirus dont on ne connait rien à part les ravages qu'il opère parmi lesquels en premier lieu une bonne dose d'anxiété généralisée.

Le résultat est là, dans des rues désertes et des activités interrompues. Le gouvernement Macron quant à lui question efficacité est aux abonnés absents.
La "start-up nation" n'en finira jamais de nous décevoir. Pas de masques, pas de respirateurs en nombre suffisant pour une épidémie qui nous prend par surprise, pas assez de lits de réanimation, pas assez de médecins, ni assez d'infirmière, ni d'aides soignants, pas assez de femmes de ménage dont on voit enfin l'utilité concrète, en somme pas assez d'hôpitaux, pas assez de service au fond qui ne soit pas marchand.

C'est qu'en temps de crise la nécessité fait loi, et on s'aperçoit alors de la nécessité du "peuple" et de son existence concrète. Les gouvernants eux n'ont qu'un rôle d'accompagnement. Pire, pour continuer d'exister, ils punissent ou culpabilisent. Les gouvernants, qui ont abandonné leur pouvoir économique ont, à la faveur de cette crise étrange et inattendue, retrouvé là l'essence de leur pouvoir politique, tel qu'en tout cas ils l'envisagent : réguler, interdire, soumettre, surveiller, punir...

C'est ce même peuple qui en est victime. On est d’ailleurs étonnés de la discipline des gens devant le confinement, de leur degré d'obéissance et de leur sens à cet égard de la responsabilité sanitaire. Et ce  comme pour démentir la petite musique de fond que l'on entend sur le peu de civisme dont nos compatriotes feraient preuve, en particulier dans les quartiers que l'on dit "sensibles" et qui en réalité ne le sont que par volonté ou lâcheté politiques.

Je longeais hier, le parc des bains à Lons-le-Saunier que les autorités locales ont cru bon de fermer il y a quelques jours. Jusque-là les gens passaient encore par ce parc, sans y attarder, pour aller faire leurs courses vers l'Intermarché qui est au bout.

Pourquoi cette interdiction alors que, par souci légaliste et civique, peu de monde s'y rendaient ? Comme d'autres rares promeneurs je n'ai donc fait que de longer ce parc, dramatiquement vide, en empruntant en parallèle l'avenue Camille Prost elle aussi désertique mais désespérément grise. Puni, interdit de ce parc dont les barrières me narguaient. 

On se doit de respecter l'état d'urgence sanitaire mais on est en droit de ne pas comprendre les chemins qu'elle prend, on est en droit et en devoir de ne pas y adhérer sans un minimum d'esprit critique.
Pour nos gouvernants la tentation est trop belle d'un moyen de pression qui suit des mois et des mois de contestation politique et sociale. Le gouvernement Macron avait perdu la confiance d'une population mise en tension par des politiques anti-sociales qui précisément l'aura menée là où elle se trouve aujourd'hui.

E.Macron, E.Philippe ont mené ou continué jusqu'ici des politiques d'austérité qui ne sont pas étrangères à la situation catastrophique d'aujourd'hui. Ainsi à l'hôpital plus de 70 000 lits auront été supprimés depuis une vingtaine d'années. Et combien de postes d'infirmières dans la fonction publique hospitalière ?

Dans sa déclaration du 12 mars, pris peut-être par la panique, soudainement conscient que cette crise pouvait devenir dramatique, E.Macron annonçait : "ce que révèle cette pandémie, c'est qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché". Macron prétendait aussi que nous étions entrés en guerre.
Les hommes ne sont jamais plus sages qu'au lendemain des guerres, (fussent-elles sanitaires). Mais cette sagesse pourrait malheureusement ne pas durer longtemps.

Déjà le gouvernement paraît mettre à profit cette crise pour revenir sur des acquis sociaux tels les droits à congés, la réduction du temps de travail, le repos hebdomadaire...C'est aussi par ordonnances,  et pour une durée illimitée, faisant fi une fois encore du rôle du Parlement, qu'il entend s'attaquer à certaines libertés publiques.

Le peuple n'est pas seulement une abstraction, il n'est coupable que de ceux qu'il met ou laisse au pouvoir...Il serait honteux que ce gouvernement, loin de tirer les leçons de dizaine d'années de remise en cause systématique de l'Etat providence, et loin du discours aux actes, tire profit de la crise pour continuer de faire passer des réformes qui remettent en cause notre modèle social. C'est aussi l'interprétation qu'on pourrait malheureusement donner aux propos énigmatiques de Macron le 12 mars dernier où il annonçait le confinement généralisé de la population.

Prenons soin de nous au plan sanitaire comme au plan politique. Gardons notre distanciation sociale avec ce gouvernement comme avec tout pouvoir tenté par ses propres excès. Il en va de nos destinés individuelles et collectives.

JMG

mardi 11 février 2020

Jamais trop de listes à gauche

(On m'aura pardonné ce titre légèrement provocateur)

A quelques semaines des municipales, la situation à Lons-le-Saunier ne s’est pas encore totalement éclaircie.
La droite version Pélissard, en place depuis 1989 , bien avant que je fusse né, pardon arrivé,  dans cette ville, cette droite  s’est pour ainsi dire éclatée comme on s’éclate de rire en trois ou quatre listes au début, puis en deux ou trois qui, historiquement ou pratiquement, partagent ses valeurs. Mais qu’est-ce la droite au fond, qu’entend-on par là ?

Je n’entrerai pas dans ce débat politico-philosophique aujourd’hui. Je constate seulement qu’aussi bien la liste de M.Bréro (déclarée forfait depuis), celle de M.Bois, celle de M. Perny, ou celle de M.Huet ont pu un moment ou un autre s’associer à la politique d’E. Macron. Et je n’ai vu ni entendu personne qui combattent ou a moins contredisent, au sein de chacune de ces listes, l’actuelle réforme des retraites qui, si elle était appliquée, signerait la fin d’un modèle social qui aura essentiellement contribué à la véritable richesse de notre pays.

On me rétorquera que les élections municipales ont à connaitre des situations politiques locales, et que ce qui se passe nationalement n’a pas grand intérêt au regard des grandes, monumentales et futures prouesses de ces candidats à transformer la ville de Lons-le-Saunier dans le meilleur sens historique possible.

Et bien non, ce qui se passe aujourd’hui en France intéresse au plus haut point les nouvelles municipalités qui verront le jour à l’issue des scrutins des 15 et 22 mars 2020, (c’est demain). Pour ma part il est clair que je ne voterai pour aucune de ces listes que je classe à droite de l'échiquier.
Je n'aurais pas voté non plus pour une liste qui fût favorable en son temps à la loi El Khomri, laquelle loi a considérablement abîmé le code du travail. Cette loi El Khomri me sert encore de repère pour faire la part entre gens de droite et gens de gauche. On a les outils qu’on peut pour séparer le bon grain de l’ivraie.

Il ne faut pas s’y tromper, même si elle apparaît de premier abord divisée, le nombre et la diversité de cette droite est impressionnante, elle reflète sa force électorale et surtout idéologique. Elle montre combien elle a pu imprégner la société au point, au niveau national, qu’elle prenne ou non une forme macronesque, de produire des contre-réformes aussi destructrices pour le monde du travail que celle des retraites !

Et la gauche dans tout ça ? D’abord, on l’aura compris, je dois me dire attaché à ce clivage gauche-droite qui permet d’éclairer, même s’il est forcément réducteur, un état de la société politique qui se partage ou s’oppose entre défense du capital et défense du travail.

En face de cette droite,  il n’y a donc potentiellement que deux listes de gauche. Une soutenue par le PC, le PS, EELV conduite par M.Ravier ; et une autre, dite citoyenne, conduite par Géraldine Revy, soutenue (mais du bout des lèvres à peine) essentiellement par la France Insoumise.
Cette dernière n’est pas certaine, au moment où l’on parle, de rassembler assez de noms pour se présenter au scrutin du 15 mars prochain. (Le fait que la France insoumise ait "enjambé" ces élections municipales, qu’elle n’ait pas voulu ou pu les prendre au sérieux constitue  à mes yeux une erreur  politique voire un aveu d'impuissance stratégique…mais c’est une autre histoire…)

Dès le départ,  l'ambition de cette liste citoyenne insoumise était de tenir compte, au plan municipal, du mouvement social et de celui des gilets jaunes. Il importait en effet de traduire la révolte de cette population oubliée de la société politique. L'analyse était que la présence d'une seule et unique liste à gauche, peu connectée de par sa composition avec l’électorat populaire, ne suffirait pas à donner un bon signal de mobilisation.

Même dans un contexte national de résistance sociale, le risque est grand en effet que beaucoup d’électeurs ne fassent pas le déplacement les 17 et 22 mars.
A Lons-le-Saunier, une deuxième liste de gauche, ne menace ou ne menacerait en rien la nécessaire unité. Elle pouvait permettre seulement de compléter une offre politique aujourd’hui limitée.

JMG
    

mercredi 13 novembre 2019

Macronie, retournements de veste, et autres navigations

Comment peut-on être macronien aujourd'hui, comment peut-on appartenir à cette droite nouvelle, masquée, violemment néo-libérale, qui continue d'assassiner et d'exclure socialement tous ceux qui refusent d'appartenir à la "start-up nation" laquelle s'avère n'être qu'un leurre ridicule pour mieux s'attaquer à notre contrat social ?

La droite classique elle-même a peine à s'y retrouver, Macron lui a ôté de la gueule son os à ronger, il n'y a plus grand place pour elle et tout ça la désespère. C'est pourquoi beaucoup de gens le l'UMP auront quitté, à la faveur des municipales qui s'approchent à grand pas, un navire qui prend l'eau.

Car entre la droite classique et le parti "en marche" il n'y pas grande différence, il n'est qu'une différence d'âge. Sarkozy a dit lui-même de Macron que c'était lui, mais en mieux. Macron est seulement plus jeune, plus déterminé, et plus inconscient de ce qu'il est en train de faire, c'est-à-dire défaire toutes les solidarités qui auront construit notre pays. Voilà pour la droite.

Et à "gauche" ?

De l'autre côté, nombreux sont les gens qui furent au parti dit socialiste, et qui ont rejoint "en marche" dés qu'ils ont compris qu'ils pourraient en retirer quelque avantage.
Lons-le-Saunier ne fait pas exception pour ceux en tout cas qui ont ainsi retourné leur veste. Il faut faire l'effort de relever ces grands écarts, pour en connaître l'absurdité et l'effet désastreux que cela peut produire.
Passer d'un camp à un autre si différent porte atteinte à l'honneur de la politique et à l'honneur de ceux qui se prêtent à ce jeu, lequel n'est ni neutre ni innocent. Ces revirements partisans, qui n'obéissent à aucun fondement idéologique sérieux, sont préjudiciables à l'idée politique elle même.

On comprend mieux de quoi est mort le parti socialiste, il n'était bâti que sur du sable, ne servant que les carrières. Il est mort de règles non respectées. Or la démocratie se fonde sur des règles que les partis mettent en musique.
On peut concevoir qu'on puisse changer d'avis ou de conviction, mais encore faut-il que ce soit à l'issue d'une réflexion mûrie ou d'une longue maturation politique. Et le plus souvent c'est n'est pas le cas. 

Ainsi, comme tragi-comique énumération, une certaine Paule Petitjean élue sur la liste Duvernet en 2014 et qui vient de rejoindre le train en marche : pour espérer quoi, une montée en première classe ?
Que dire aussi de députée D. Brulebois, ancienne du PS elle aussi, qui vote toutes les lois anti-sociales d'E. Macron qui vont de la remise en cause fondamentale de notre droit du travail, à l'instauration d'une fiscalité utile surtout aux plus riches, et à la destruction de nos services publics les plus essentiels.
Comment ensuite dans ces conditions défendre l'hôpital public à Lons-le-Saunier alors que la majorité présidentielle vote sans sourciller toutes les réductions de financement de la sécurité sociale : 4,2 milliards de restriction budgétaire dont 1,2 milliards pour l'hôpital. Plus de 4000 lits supprimés dans les hôpitaux en 2018. Quelle crédibilité lui accorder ?

C. Perny, ancien du PS, ancien de "la République en marche" qui lui a refusé l'investiture (au profit d'un ancien UMP), et se présentant désormais sous sa propre étiquette, appelle à un rassemblement des élus ou des candidats actuels à la Mairie pour sauver l'hôpital public de Lons-le-Saunier. Il le fait tout en méprisant les syndicalistes qui eux furent les premiers, à alerter sur les dangers qui planent sur l'hôpital. Quelle crédibilité là aussi accorder à cet appel ?

Cette histoire récente conditionne (à Lons-le-Saunier comme ailleurs) la situation politique d'aujourd'hui, une droite fracassée et tiraillée pour l'instant par la constitution possible de trois à quatre listes (pas grave en soi), mais aussi malheureusement une gauche idéologiquement confuse, qui aura du mal à se construire et à recouvrer une crédibilité perdue au fil des élections et des retournements de ceux qui prétendaient la servir.

Mais venons-en aux municipales qui se préparent aujourd’hui à Lons. La gauche souffre de  ces remue-ménages, telles des répliques  qui se sont produits il y a six ans ou plus récemment.
Dans ce contexte l'unité de la gauche, à la veille de cette élection, est problématique. On pourrait dire que la liste de gauche constituée aujourd'hui du parti socialiste ou de ce qu'il en reste, de Europe Ecologie les Verts et du parti communiste se situe au centre-gauche.
Sa tête de liste qui a déjà été choisie, Y. Ravier, sort de la société civile et en fait même un argument électoral. Cela ne pourrait suffire à enlever l'adhésion des électeurs de Lons-le-Saunier. Cette liste à elle seule ne peut faire revenir les électeurs de gauche. Les appels à l'unité (notamment en direction de la France Insoumise) sont bien timides au demeurant, non-officiels, tardifs et artificiels, non décisifs.

C'est pourquoi une liste de la France Insoumise à Lons-le-Saunier serait bienvenue. Elle peut enrichir le débat municipal sans mettre la gauche en danger pour autant, elle peut apporter quelque chose de nouveau, qui sorte des sentiers battus, qui ne tienne pas de l'artifice électoraliste. Il serait temps au fond de tenir compte des nombreux mouvement populaires qui manifestent aujourd'hui partout en France contre les méfaits du monétarisme et du néo-libéralisme briseurs d'humanité.

On peut, on doit faire revenir les électeurs que la gauche a trahis.

JMG




samedi 1 juin 2019

Petit retour désespérant sur les européennes

Revenons sur ces élections : il faut essayer de comprendre. J'étais assesseur ( désigné par LFI) dans un bureau de vote à Lons-le-Saunier, au "Boeuf sur le toit" précisément pour ceux qui connaissent. J'ai été tout de suite étonné de l'affluence, alors qu'était attendue, comme d'habitude pour des élections européennes, une abstention record. J'ai cru même un moment, pour m'expliquer cette affluence, que le bureau avait été fusionné avec un autre. La suite montra que ce bureau n'était pas unique, que finalement la participation partout en France dépasserait celle enregistrée lors des dernières élections législatives de 2017.

Ces élections auront donc vu la vraie-fausse victoire de Macron-LePen, la déception de Manon Aubry, la défaite de Wauquier au travers celle de Bellamy le champion tant attendu des "Républicains", et la petite mais non moins surprenante percée de Jadot l'écologiste.
D'une certaine manière l'élection de Macron en 2017 continue de redistribuer les cartes. Mais en apparence seulement.

Car au fond, lorsqu'on y réfléchit, rien ne change à part que la droite a pris un autre visage, une autre incarnation en la personne de Macron. Oui, la droite (excusez le terme mais j'y tiens) est la grande victorieuse. Ses électeurs se sont déplacés et au lieu de voter Bellamy ont opté pour Loiseau, voire pour Le Pen, sachant pertinemment où se place son intérêt. 

Macron a bel et bien attiré à lui les électeurs de ce qui s'appelait encore l'UMP, ou ceux de Fillon, ceux de la droite classique en quelque sorte pour laisser Bellamy le catho sur le bas-côté.

Quant au Rassemblement National, il aura encore profité du vote protestataire. Macron habilement aura pris soin d'en faire son allié objectif en le désignant comme sa seule opposition crédible et en dramatisant l'enjeu : moi le "progressiste" (tu parles !)  contre le chaos extrémiste.

Les écolos eux s'en sortent bien, ils occupent désormais un centre (droit ou gauche ?) qui se sera considérablement élargi, et au diable l'UDI qui passe, comme les formations traditionnelles,  pour un (tout petit) parti désormais ringardisé ! Pourquoi centriste les écolos ? Parce que ce fut, outre celui favorisé par l'actualité brûlante des mobilisations sur le climat, le vote de ceux qui ne savent pas tout à fait ce qu'ils veulent, le vote à bon compte qui rachète une bonne conscience écologique. Sans compter que le duel Macron-Le Pen  aura constitué l’épouvantail des "modérés".

A gauche, la France Insoumise, le Parti Communiste et l'extrême-gauche, dont les programmes étaient proches, se révèlent en difficulté, c'est pas peu dire. Ils sont de ceux pourtant qui ont travaillé sur le fond, c'est-à-dire en dénonçant une société française de plus en plus inégalitaire et violente, laquelle favorise la crise écologique.

Le fond, une fois de plus, n'a pas été rendu visible, il n'est pas remonté.

JMG


jeudi 23 mai 2019

Non à Macron : la meilleure façon de le dire

Pour qui voter ?
C'est pas peu dire que la gauche, du moins dans sa traduction électorale, est déchirée, pulvérisée, à la merci du débat droite-droite qui s'est instaurée dans le paysage médiatique sur proposition d'un pouvoir qui n'a que faire d'une presse libre et indépendante.

Tout est fait en effet pour que le Rassemblement National soit le seul interlocuteur ou du moins l'unique challenger d'un Macron qui veut à tout prix rester maître du jeu. Et derrière, toujours à l'affût, même si c'est sur un banc de touche, la droite classique attend patiemment son heure, tout en glanant ici ou là quelques promesses de voix supplémentaires, une droite qui monte ou qui remonte.

Et la gauche ? Bien sûr les sondages ne veulent rien dire, ne valent rien dit-on, et il peut y avoir des surprises, toujours. Mais les tendances, même si elles sont télécommandées, suscitées, n'en demeurent pas moins réelles, la gauche, la vraie, celle qui défend le monde du travail, et il faut bien l'appeler d'un nom qui fasse référence à son histoire, la gauche quoi qu'il en soit est dans la panade.

Si donc on incluait dans cette gauche y compris Europe Ecologie les Verts (je sais ça fait mal), les "socialistes" de Glüksmann (plus mal encore), on n'atteindrait pas, si l'on fait une rapide addition, les 28% d'intentions de vote.
La droite, et je suis attaché à cette distinction et ce terme essentiels même si certains aujourd'hui, y compris parmi les amis de LFI, voudraient les nier ou les rendre inintelligible, la droite donc atteindrait de son côté allègrement les 65%. Le résultat, même hypothétique, est tranchant et désespérant.

On voit qu'il y a à reconstruire, beaucoup, avec malheureusement, pour lui comme pour nous tous, un PC qui semble, à l'heure qu'il est, en perdition sur le plan électoral : c'est désespérant et dommageable pour l'ensemble de la gauche, gageons que ce n'est pas définitif.

Aujourd'hui pourtant, et dimanche prochain précisément, malgré le peu de confiance qu'inspire depuis des années l'Union européenne, il faut choisir son camp même si cela est douloureux dans ce contexte de désunion avérée, et le faire en envisageant une unité prochaine qu'il faudra nécessairement gagner par la suite.

Pour ma part je voterai dimanche pour la liste conduite par Manon Aubry, la mieux placée à gauche aujourd'hui pour contrer les politique de Macron et des droites, toutes économiquement et socialement désastreuses.
Voter pour la liste France insoumise c'est permettre aussi, singulièrement, de donner un député européen à Lons-le-Saunier en la personne de Gabriel Amard placé en huitième position sur la liste. C'est avant tout un militant, de gauche ne lui en déplaise, combatif, qui a montré sa détermination à défendre le droit essentiel à l'eau, soucieux de combattre les inégalités sociales et, entres autres défis à relever, l'évasion fiscale qui en est un des fondements.

JMG




lundi 12 novembre 2018

Ni à droite, ni en arrière, pas d'en Marche dans les mairies

Et pas d'en Marche à la mairie de Lons-le-Saunier non plus. La droite on connait, ou à peu près, elle est notre adversaire, il faut continuer à la combattre au lieu de l'imiter comme l'a fait F.Hollande à bien des égards, notamment en conduisant une politique foncièrement néo-libérale sous la bannière "socialiste". Nous aurons encore longtemps à gérer ce mensonge.

Aujourd'hui, depuis près de deux ans, il est un autre mensonge, tout aussi nuisible pour le monde du travail que nous défendons, celui de se présenter, quelles que soient les élections, sous l'étiquette "En marche".
Se présenter sous cette étiquette, très souvent par opportunisme politique, après avoir même fréquenté d'autres tendances qui se disait  mensongèrement de gauche, c'est soutenir de fait une politique menée par un président, E.Macron, issu du milieu des affaires et dont le projet, qu'il l'avoue ou pas, est de détruire l'Etat social.

Soutenir "En marche" c'est condamner les systèmes de protection sociale qui ces dernières années se sont pourtant révélées utiles et nécessaires à amortir les crises économiques. Celles-ci ne manqueront pas de se reproduire dans un système économique hyper financiarisé et mondialisé dans lequel aujourd'hui nous sommes condamnés à évoluer. C'est condamner, en asséchant ses recettes, la sécurité sociale que le monde nous envie, mais qui inexorablement, à petit feu, est en train de disparaître sans que les Français ne s'en rendent compte. Les réveils, si rien n'est fait, pourraient être douloureux.

Votez "En marche" c'est soutenir la réforme inique de la fonction  publique. Cette réforme ne fait qu'anticiper et préparer plus largement encore la disparition, dans les territoires, des services publics en accompagnant ou en suscitant leur marchandisation. C'est fermer les hôpitaux publics, les bureaux de poste, les écoles, c'est persister à supprimer les communes premier échelon démocratique dans notre organisation administrative.

Votez "en marche" c'est donc soutenir une politique d'ultra-droite, sous le couvert d'un modernisme qui n'a rien à voir avec le progrès, en persistant dans une fiscalité foncièrement injuste et antiéconomique au service des plus riches et du pouvoir financier.

C'est pourquoi il est essentiel et vital de se battre pour empêcher ce parti de gagner les élections dans les territoires. Les prochaines municipales seront à cet égard décisives. Ni en arrière, ni à droite. Pour l'instant nous avons affaire à un duel droite-droite. Où est la gauche ?

A Lons-le-Saunier en particulier mais c'est vrai sans doute pour l'ensemble de la France, la population est pourtant attachée à la sécurité sociale, à l'école, au développement harmonieux des villes, à l’accessibilité et la qualité du logement social. Lons-le-Saunier sociologiquement est une terre de gauche, son passé l'a montré, attachée au principe de solidarité et de justice.

C'est pourquoi la gauche dans son ensemble doit se ressaisir, et proposer autre chose que l'impasse politique qui s'offre malheureusement à elle aujourd'hui.
Il reste à savoir quelle politique de gauche il est possible de mettre en place pour construire une ville écologique et sociale, malgré le contexte contraint imposé aux collectivité locales ces derniers années par l’État central. C'est encore possible en rassemblant la gauche, rien que la gauche, authentiquement écologique et sociale.

Le premier travail sera donc d'évaluer et de déterminer quelle est la demande sociale qui s'exprime aujourd'hui dans une ville comme Lons-le-Saunier.

Il serait temps de s'y mettre, et ce ne sera qu'une première étape.

JMG

dimanche 17 juin 2018

TGV à Lons-le-Saunier : petit accès de schizophrénie

On apprenait cette semaine que l'unique TGV qui dessert quotidiennement  Lons-le-Saunier (Jura) dans l'après-midi, en  provenance de Strasbourg direction la côte d'Azur, était fortement menacé. Autrement dit, ce TGV aura à court ou moyen terme probablement disparu. Il est en quelque sorte le successeur d'une fameuse ligne qui reliait Strasbourg à Marseille en passant donc par Lons-le-Sauner, patrie de Rouget de Lisle, allons z'enfants!
Pour nous réconforter la députée de la circonscription de Lons-le-Saunier (ancienne du PS mais aujourd'hui "en Marche" dans la même direction que le vent) a avancé que la disparition  de cette ligne était liée aux travaux d'agrandissement et de rénovation de la gare de la Part Dieu...à Lyon. Ben voyons ! Cet alibi ne tient pas une seconde mais on veut bien y croire lorsqu'on est "en marche" à pied, les doigts dans le nez, et  le nez dans le guidon.

Une pétition a été lancée  pour sauver ce train et parmi les signataires, outre des gens sincères, on trouve un candidat présumé aux prochaines élections municipales de Lons-le-Saunier, l'ancien Président de "gauche" PS du conseil général mais tout aussi présumé d'en Marche, et quelques autres qui ont pu également se prononcer  contre le statut des cheminots comme si celui-ci était pour quelque chose dans la raréfaction des dessertes décidée par la SNCF ou l’État français.

Ceci est bien plus que paradoxal, c'est contradictoire, c'est même à la limite de la schizophrénie. Il m'arrive de signer des pétitions, notre époque en abonde, je pourrai très bien signer celle-là. Mais je n'aurais pas ni la naïveté, ni le cynisme de croire qu'une pétition, au regard du combat que mène courageusement les cheminots, va changer fondamentalement la politique du gouvernement dans le domaine ferré.
Parmi les signataires on trouve donc de nombreux responsables qui soutiennent sans compter le gouvernement dans des contre-réformes qui ne feront qu'affaiblir encore davantage la SNCF, cela au nom d'une concurrence qui empêchera toute stratégie de la part de l’État en matière de transport ferroviaire.

L’État est la seule collectivité capable de déterminer et de réaliser une politique d’aménagement du territoire dont le système ferroviaire est une des clefs. Or cet l’État a depuis fort longtemps abandonné ses responsabilités d'aménagement pour combattre les inégalités territoriales. Il prévoit au contraire de laisser au secteur privé le soin de dessiner le réseau SNCF, au gré des caprices du marché ou de dépenses publiques à contenir inutilement.

Signer cette pétition sans avoir lever le petit doigt pour aider les cheminots dans leur lutte, voire en les méprisant, et les avoir enfoncés en les considérant comme des privilégiés,  relève de la part de ces responsables politiques de l'hypocrisie ou du cynisme. Par leur contradiction, ils méprisent aussi le territoire qu'ils prétendent défendre.

L’État a beaucoup investi dans le TGV, d'ailleurs au détriment des territoires ruraux. On a tenté de nous faire croire que le déficit qui en résultait était de la seule responsabilité de la SNCF et qu'il fallait donc la punir en lui faisant supporter toute la dette. Or la SNCF ne pourra rendre un véritable service public que si on lui donne les moyens de fonctionner. Cela les cheminots le savent bien et c'est pourquoi ils se battent.

La réforme ferroviaire que vient de faire voter Macron avec l'ensemble de ses soutiens, qu'il soit de droite ou transfuges de "gauche", va vite se révéler catastrophique. Le gouvernement utilise cette réforme à des fins politiques pour casser  les organisations syndicales, mais aussi surtout pour marchandiser ce qui restera des services publics sans que l'usager du train en profite. Bien au contraire il paiera plus cher un service privatisé qui ne manquera pas, faute de moyens humains et matériels, de se détériorer.

Quand bien même il sera trop tard, il sera toujours temps pour les responsables de cette politique, faute de mieux, et pour cacher la misère, de signer des pétitions.

JMG

jeudi 1 mars 2018

Feu le PS ?

Et je n'ai pas dit feu sur le PS, on ne tire pas sur l'ambulance et encore moins, comme ici, sur les corbillards : cela ne servirait à rien. D'autant plus que le PS si on n'y réfléchit bien, en tant que tel, n'y est pour rien.

Feu le PS cela signifie, littéralement, étymologiquement, qu'il fut. En témoigne à Lons-le-Saunier, bien en vue avenue Thurel, l'immeuble dont ce fut le siège durant ses dernières années de gloire, gloire nationale surtout, et un peu aussi de gloire locale puisqu'il le parti "socialiste" lédonien fut à l'origine d'un président de conseil général de "gauche" durant quelques petites années.

Cet immeuble de trois étages s'est récemment départi de ce qui lui tenait lieu d'oriflamme, un grand panneau sur lequel était inscrit "parti socialiste", écrit en rouge bien sûr pour rappeler qu'il fut un peu quand même le parti de Jaurès.
M-H Duvernet, ancien premier secrétaire fédéral du Jura, le dernier, a donc rendu les clés en déclarant, même si cela prête à rire, que le parti socialise n'était pas un parti pour le XXIéme siècle (sic) ; il est parti sans doute écœuré, et on le serait à moins, par ses résultats aux dernières municipales durant lesquelles il ne fit d’ailleurs aucun cadeau au parti qui l'avait investi, écœuré aussi plus récemment par ses résultats aux dernières législatives qu'il pensait gagner sans doute, malgré l'évidence. Il est donc parti ailleurs, à Dole précisément, qui on en conviendra n'est pas le meilleur endroit d'où partir pour conquérir la mairie de Lons-le-Saunier.

Pour revenir au parti socialiste il est mort de traîtrise, de suicide, d'inanité idéologique, d'opportunisme politique. Le PS a collectionné les erreurs croyant en 2012 qu'il avait décroché la timbale avec l'élection de Hollande. Cette victoire électorale se sera révélée être un anesthésiant de la pensée et des convictions politiques.

Ainsi dans le Jura a-t-on vu E.Lacroix, ancien premier secrétaire fédéral, après avoir flirté avec un club giscardien antédiluvien, rejoindre "En marche" pour aider Danièle Brulebois à devenir députée du Jura. Cette dernière avait emporté l'investiture du parti de Macron aux dépens de son ancien collègue du Conseil Général Christophe Perny lui aussi aspiré par les promesses électoralistes du parti présidentiel.

Bien sûr il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'envie, mais la politique ne doit-elle pas rester une affaire sérieuse ?! Comment peut-on ainsi  s'accommoder de tels revirements ? Ce n'est pas être naïf que d'exiger en politique un peu de morale et beaucoup de cohérence.
Je passe sur certains militants de la section PS de Dole qui avait contesté leur exclusion du parti pour avoir soutenu Macron contre le candidat Hamon, on croit rêver !

Car on voit ce qu'il advient aujourd'hui de la politique de Macron, qui se veut "moderne" avec plus de trente ans de retard, une politique ultra-droitière qui s'inspire à bien des égards de Margaret Thatcher. Macron est le chantre et le serviteur  d'un ultra-libéralisme qui revient à détruire le droit du travail, à s'attaquer aux services publics, à l'hôpital, à la SNCF, à l'audiovisuel public, à l'école, à l'Université...à toutes les structures de solidarité qui font la richesse et la cohésion d'une société.

Voilà pourquoi le PS est mort. Faible d'une doctrine construite dans les congrès mais aussitôt refoulée par des ambitions personnelles misérables...
Le parti socialiste aura pourtant été un grand parti démocratique qui  a su une époque produire une pensée politique dans un cadre démocratique ouvert.

Mais contrairement à ce que disait Valls, qui fut lui aussi un brillant représentant du retournement de veste, la gauche, la vraie elle, n'est pas morte.
Il reviendra à cette gauche de se rassembler, à la base comme au sommet.
Rien n'est gagné, mais rien n'est perdu non plus, d'autant plus que la politique s'accorde par nature à la nécessité.
Le pire n'est jamais sûr.

JMG

vendredi 16 juin 2017

La position du démissionnaire

Ça y est ils m'ont démissionné, ils y ont mis le temps mais c'est fait. Je viens de recevoir un brillant mail du premier secrétaire de la fédération PS du Jura, Marc Henry Duvernet, dit Marco, (qu'on ne pourrait confondre avec le sous-commandant Marcos), mail qui finit par un cordial mais banal "cordialement".
Jusqu'à présent les lettres, missives, messages du parti socialiste qui m'était gentiment destinés se terminaient toujours par "salutations socialistes" ce qui entre nous ne manquait pas de sel pour une formation politique dont beaucoup de responsables manquèrent, c'est le moins qu'on puisse dire, à leurs devoirs de défense de la république sociale.
De même, jusqu'à aujourd'hui, les messages débutaient par un tonitruant "camarade", à vous donner l'envie, même en plein été, de faire le matin au pied levé une ou deux Révolution d'Octobre. Nous nous serons contentés de quelques évolutions bien timides sans compter les plus amères à mon goût, loi travail, CICE, etc...

Le mail débute par un poli "Madame, Monsieur". La classe ! Franchement je ne m'attendais pas à une telle promotion, j'y perds peut-être en énergie mais y gagne en considération.

A moins d'une discrimination flagrante, certains indices me donnent à penser que je n'aurai pas été le seul à être démissionné, car en plus du "Monsieur" (que j'ai bien pris pour moi) il y aurait aussi une "Madame", au moins une. Je pensais que c'était déjà fait, peut-être s'agit-il de la candidate investie par la République en marche (République en marche qui d'ailleurs, l'avez-vous vu, commence de boiter).

Combien sont-ils ou t-elles dans la charrette des démissionnaires ? El Khomry par exemple en fera-t-elle partie ? Une frayeur tout à coup : j'aimerais pouvoir choisir la mienne de charrette, je n'aimerais pas être embarqué dans une où se trouveraient des admirateurs de Macron, de Valls ou de Hollande. Il n'est pas question pour moi, même en ces temps politiquement bouleversés, de confondre les torchons et les serviettes.

Ceci étant je trouve normal l'honneur qui m'est ainsi donné, même si "démissionnaire" (terme employé dans le courrier) dans les faits je l'étais depuis longtemps ; en raison déjà de mes prises de position qui m'ont bien valu quelques engueulades, au conseil fédéral ou dans d'autres instance du parti.

C'est donc la règle et je ne la remets pas en cause, j'ai trop demandé par le passé que les règles soient respectées pour aujourd'hui m'en plaindre et quémander le contraire. C'est d'ailleurs ce qui me chagrine le plus : me faire rappeler à l'ordre par des gens qui, sans vergogne parfois, pouvaient allégrement les contourner.
J'aurais dû peut-être prendre les devants, démissionner moi-même avant de devenir un démissionnaire "à l'insu de son plein gré". J'estime cependant que ce n'était pas à moi de partir le premier.

J'avais prévenu, ici même, ou ailleurs à plusieurs reprises. Mon seul tort, ceci dit sans me vanter, a été d'avoir raison trop tôt. Et mon regret de n'avoir pu, avec d'autres camarades, changer les choses avant que n'arrive à gauche la catastrophe que nous connaissons aujourd'hui.

Et donc la voilà ma faute : j'ai soutenu le candidat de la France Insoumise (ici) au lieu de soutenir Marco qui avait l'investiture officielle du PS aux législatives.

C'est ce choix mûrement réfléchi, à mes yeux politiquement cohérent, qui me vaut cette appellation d'origine contrôlée.
 "Démissionnaire", c'est-t-y pas beau ça ?

JMG

samedi 3 juin 2017

Législatives à Lons-le-Saunier, à gauche toute

Je le redis, je voterai et j'appelle à voter Gabriel Amard le candidat de FI dans la première circonscription du Jura, celle de Lons-le-Saunier, dans la ligne logique de mon vote au premier tour des présidentielles. J'avais considéré alors, faute et en dépit d'une unité dont la responsabilité est largement partagée, que JLuc Mélenchon était le mieux placé pour battre la droite ; battre y compris cette droite macronnienne d'autant plus dangereuse qu'elle marche et avance masquée. Elle prend les allures d'une force nouvelle soi-disant moderne et réformiste, mais en réalité ô combien rétrograde, ennemie de ceux qui en définitive créent les véritables richesses. La nomination d'un premier ministre issu de la droite partisane a fini de lever l'ambiguïté, cette nomination comme les premières mesures annoncées par ce gouvernement auront fini d'effacer tout doute à cet égard. Si l'on en croit le programme cette politique s'annonce désastreuse pour notre contrat social, sans aucune efficacité macro-économique, dans l'exacte lignée de celles conduites jusqu'alors depuis au moins trente ans.

On aurait pu se réjouir de l'unité retrouvée de la gauche dans cette circonscription autour du parti communiste, des verts et du parti socialiste ou de ce qu'il en reste.
Et il en reste trop peu.
Trop peu par le nombre des militants, mais trop peu surtout sur la question démocratique. Les instances fédérales du PS ne fonctionnent plus comme elle le devrait, faute de combattants, faute d'une pratique politique sérieuse, et tout cela accompagné d'un appauvrissement idéologique et programmatique qui d'ailleurs a favorisé localement le transfert opportuniste ou naturel d'une bonne partie des "cadres" du PS jurassien vers "en marche".

Malgré le dynamisme qu'il faut reconnaître à Marc-Henry Duvernet, ce qui reste du PS dans le Jura est donc devenue portion congrue, on ne sait plus qui est qui, qui défend quoi, sur quel programme on doit se prononcer ou pas. Des années de carence idéologique, de coup de butoir de hollandisme ou de vallsisme, ou de macronisme, ont tout cassé de la sincérité de ceux qui pouvaient l'être encore.

Et donc je n'ai pas confiance, malgré l'amitié que je peux garder pour lui, en la candidature d'un MHD qui n'est devenu un "frondeur" que bien tard,  trop tard en tout cas pour être suffisamment crédible. Il est des pratiques politiques que j'ai dénoncées, parmi celles qui visent à utiliser son parti pour  favoriser une carriérisme politique d'ailleurs bien illusoire. La moralisation de la vie politique, dont on parle tant, passe aussi dans le respect de la cohérence de ses propres idées.
Oui, je crains que mon ami Duvernet, s'il devenait député, devant un projet de loi comme la loi travail par exemple, rejoigne le camp des "réformateurs" pour quelque strapontin.

Et donc je vote pour le candidat le plus sûr à cet égard et le mieux placé à mes yeux pour défendre la cause du monde du travail contre les politiques austéritaires dictées par une Union Européenne qui continue aujourd’hui de nous perdre, et qui n'est pas l'Europe sociale et solidaire que nous voulons. J'entends surtout ne pas donner une majorité parlementaire à un gouvernement qui déclare sans ambiguïté la guerre à une république sociale seule capable de faire la richesse de notre pays, de ses habitants, et des citoyens que nous sommes.

JMG


samedi 20 mai 2017

Jura, dinosaures, accords et désaccords

Je reviens sur un accord qui a été passé dans le département du Jura pour les législatives de juin prochain. C'est un accord relativement rare dans un contexte généralisé de désunion de la gauche un peu partout en France, un accord exemplaire puisqu'il semble réconcilier les partis de gauche traditionnels : le PS, le PC, et les verts, une gauche plurielle ressuscitée qu'on croyait pourtant et à jamais disparue.

Là où le bât blesse c'est que France Insoumise dans le Jura ne s'est pas associée à cette union. Or aujourd'hui, et dans l'instant politique que nous connaissons, inédit à bien des égards, rien ne se fera à gauche sans l'appui ou l'assentiment de cette (nouvelle) force politique. Sans chercher qui est responsable ou pas de cette désunion, il aurait donc fallu (je sais c'est plus facile à dire qu'à faire) œuvrer à recomposer tous les morceaux de cette gauche éclatée pour espérer son retour, rassemblée, au Parlement.
Cet accord a quelque chose de bien artificiel. A Lons-le-Saunier dans cette première circonscription du Jura, il est en effet étrange et remarquable que le parti communiste accepte de s'allier à un parti socialiste fragilisée et blessé, pour ne pas dire moribond, déchiré qu'il a été ces dernière années par les effets d'une politique gouvernementale ayant abandonné toute référence sérieuse aux idéaux d'une gauche fidèle à ses valeurs.
Cette agonie du PS a donc commencé dès les débuts de la présidence Hollande, sans doute même avant, à la faveur de prises de position de la part de certains responsables du parti, au plan national ou comme ici localement dans le Jura, sans esprit critique ou aveuglé par un esprit de carrière, à la remorque d'un gouvernement plombé par les incroyables trahisons d'un Macron, d'un Valls ou d'un Hollande...

Illustration parmi d'autres : Eddy Lacroix, l'ex-premier secrétaire de la fédération PS du Jura, aura rejoint Macron après avoir flirté avec le Club Perspectives et Réalités (vieux club giscardien du milieu des années soixante-dix que l'on croyait pour le coup disparu). Nous avons donc appris que ce vieux truc vivotait encore dans le Jura, mais comme sont conservés des traces de dinosaures à Coisia ou à Loulle. (j'invite les amateurs de Jurassique Supérieur à se renseigner auprès du comité départemental du tourisme du Jura pour avoir de plus amples informations à ce sujet).

Ce secrétaire fédéral, après une lutte fratricide, avait dû laisser la place à l'encore plus jeune Marc Henry Duvernet, lequel en bon politicien mais en mauvais politique, après avoir semble-t-il hésiter à rejoindre Macron lui aussi, a pu louvoyer au gré du vent. Aujourd'hui candidat aux législatives au nom d'un PS en mal de démocratie, il semble avoir renouer pour la circonstance avec un discours qui lui permette d'accorder son violon avec ceux d'un parti communiste lui-même en grande difficulté dans la région comme ailleurs, ce que ce parti de militants ne mérite d'ailleurs pas.

Et donc voilà, l'unité c'est bien, c'est beau, c'est nécessaire, mais il convient de savoir pourquoi et comment elle s'est faite, et ne pas trop s'illusionner sur sa relative solidité. En réalité on a l'unité qu'on mérite. Et il faut une bonne force de caractère, collective, pour faire sans illusion table rase des désaccords passés.
Pour ma part, je reste sur mon vote du premier tour des présidentielles en le projetant sur la candidature de Gabriel Amard investie par France Insoumise.

Il reste de ce côté un espoir de victoire qui n'aurait rien à devoir au hasard. C'est un mouvement qui a su collectivement construire un projet et un programme, exigence que le PS pour l'heure a abandonné, ne serait-ce que par inanition démocratique

JMG

mercredi 30 novembre 2016

Parti...socialiste ?

Le parti socialiste n'est plus, il n'est plus, et depuis longtemps déjà, bien avant 2012, le parti auquel j'avais adhéré en 2002-2003. A l'époque il portait encore un projet  à peu près clair, même si déjà on pouvait, on devait même, relever les insuffisances et déjà les trahisons fomentées en interne par manque de fond politique. Mais alors y avait-il urgence, il fallait relever le défi dû au traumatisme d'avril 2002, traumatisme qui concernait la gauche dans son ensemble, et pas seulement le PS.

Ensuite tout s'est gâté, peu à peu, d'année en année, au PS se sont révélés des gens qui n'avaient plus rien à voir avec la défense du monde du travail, qui avaient abandonné toute référence à la question sociale. Et qui, c'est là le plus grave, avaient utilisé le parti à des fins d'ambition personnelles en jouant avec les procédures du parti pour les contourner ou carrément les nier. 

A Lons-le-Saunier, dans cette fédération du Jura que je connais bien puisque je siège à son conseil fédéral, on a vu ce que cela a donné, un feu de paille, trois petits tours, au conseil général de 2011 à 2014, et puis s'en vont. Des gens sans conviction prêts, pour sauver leur existence politique, à rejoindre aujourd'hui Macron ou à flirter avec les idées droitistes, sans vergogne. Ils ne voient pas ces bougres qu'ils se tuent eux-mêmes emportant avec eux l'idée de socialisme, en faisant au passage un label repoussoir, tout en préparant la route à la droite extrême qui revient, on le voit, de plus belle.

C'est que tout cela s'accompagnait d'un amaigrissement idéologique, de la fin de tout esprit critique qui ont fait qu'au niveau national cette fois, les Hollande, Valls, Macron ont pu faire ce qu'il leur chantait de faire, c'est à dire des politiques empruntées à droite de l'échiquier politique, le dépassant même, comme la loi travail dont on n'a pas fini de souffrir des conséquences pratiques et idéologiques.

Le parti socialiste n'est pas tout à fait un astre mort comme certains le prétendent mais c'est une maison hantée. Hantée par les promesses non tenues bien sûr, par les espoirs entretenus mais jamais honorés, par les mensonges et les tromperies d'un gouvernement et d'une direction nationale qui se sont moqués de ses militants.

Quels sont aujourd'hui les valeurs du PS, ne sont-elles pas abîmées par l'histoire des trahisons récentes ? Sont-ce encore des valeurs de gauche ? Hollande, Valls, Macron sont-ils de gauche,  ont-ils servi véritablement les intérêts du monde du travail, ont-ils agi pour les intérêts du peuple, autrement dit  pour  l'intérêt général ? N'ont-ils pas au contraire distiller les conditions d'un retour fracassant d'une droite dure, dure avec les faibles, dure avec la jeunesse ?

Comment peut-on ensuite tenter de mobiliser le peuple de gauche, composé par nature, de par son histoire, d'ouvriers, d'employés, de bas salaires, de chômeurs, des laissés-pour-compte. Le PS n'est pas un parti conservateur, il était même le parti de l'émancipation mais ce sont des conservateurs, hors les questions sociétales, qui l'ont pris d'assaut, de mèche avec les banques et les grands groupes industriels et financiers.

C'est pourquoi je le quitte après beaucoup d'hésitation, après m'être battu en toute modestie, à mon humble niveau, mais fermement, pour qu'il en soit autrement.

Le dernier conseil fédéral auquel j'ai participé a été violent. J'ai été attaqué parce que j'ai osé critiqué le gouvernement en dénonçant ce qu'il a fait avec la loi travail, le pacte de responsabilité qui porte si mal son nom, et le CICE qui va de pair. C'est à cette occasion que je me suis aperçu que ces "camarades" ne mesurent pas les conséquences, en période de crise prononcée, de cette politique de l'offre  pour laquelle il n'y a pas eu de débat. Savent-ils même ce que contient la loi travail ? Leur principal intérêt est politicien, ils sont devenues une espèce de secte, leur principal souci étant de défendre LEUR gouvernement, celui dont il pense qu'il est encore de leur côté.

Nous n'avions plus en face de nous des gens capables de débattre. A l'impossible nul n'est tenu, c'est pourquoi je m'en vais.

JMG
















jeudi 15 septembre 2016

Pour l'abrogation de la loi Travail, ne rien lâcher

En cette journée du 15 septembre, je remets ici un article publié dans le journal du syndicat CGT du Conseil Général du Jura publié en juin dernier. La lutte continue pour mettre en échec et abroger une loi qui, si elle était appliquée, remettrait en cause des garanties collectives conquises de haute lutte au niveau national, et donnerait des idées à d'autres, issus des droites extrêmes, pour une extension malheureuse de la précarité, notamment dans les fonctions publiques dont la territoriale.
Rassemblements le 15 septembre dans le Jura, Lons-le-Saunier à 15 heures place de la Liberté, Dole à 10h30 place de la sous-préfecture, Saint-Claude à 10h 30 place de la sous-préfecture 

La loi travail, dite encore loi El Khomry, remet en cause toute la philosophie du Code du Travail, d’une façon violente et inattendue de la part d’un gouvernement qui n’avait pas mandat pour le faire. On nous répond parfois que cela ne concerne pas la fonction publique. Détrompons-nous. Outre la solidarité indispensable avec les travailleurs du privé, soyons persuadés qu’elle concernera l’ensemble du monde travail, public comme privé.
 Ainsi dès l’article 1, le projet de loi subordonne le droit des salariés au bon fonctionnement des entreprises. L’article 2 est encore plus explicite puisqu’il inverse la hiérarchie des normes, plaçant l’accord d’entreprise devant la primauté de la loi. Cela signifie qu’il pourrait y avoir autant de codes de travail qu’il y a d’entreprises, les mettant de fait dans un contexte de dumping social, le « gagnant » étant celle qui pratiquera des salaires ou des conditions de travail les moins contraignants possibles.
Les autres articles sont tout autant contraires aux intérêts des travailleurs, en légalisant les licenciements boursiers, en généralisant le chantage à l’emploi avec l’extension des accords de compétitivité y compris pour les entreprises sans difficultés économiques (art 30) ; nous ne pouvons non plus accepter l’article 44 qui remet en cause la médecine du travail, l’article 52 qui traite du remboursement des indus par les privés d’emploi, et d’autres sur lesquels on ne revient pas ici mais qui alourdissent encore plus ce code du travail qu’on voulait soi-disant simplifier !
Ces quelques articles justifient en eux-mêmes notre demande de retrait et une suspension du processus parlementaire. Le gouvernement est responsable de la situation de blocage que notre pays connait aujourd’hui. Il ne tient qu’à lui d’ouvrir des négociations. Il a voulu jouer en force contre les principales organisations syndicales, en s’appuyant sur une direction nationale de la CFDT qui nous avait fait le même coup lors de la réforme des retraites en 2003 et 2010.
 Cette loi est essentielle car elle pourrait remettre en cause, si par malheur elle passait, des années de conquêtes sociales sans créer aucun emploi, bien au contraire ! C’est pourquoi nous nous battons pour son retrait pur et simple.

dimanche 20 mars 2016

Georges

Georges Henry était mon beau-père, le père d'Isabelle. Il est aussi le père de Françoise Henry, écrivaine. Il vivait depuis une quinzaine d'années à Lons-le-Saunier, ville pour laquelle lui et son épouse avaient quitté Paris. Son épouse est disparue en février 2012 et il en resta très affectée, ils se vouaient  un grand amour. Depuis on pouvait reconnaître, dans les rues de Lons-le-Saunier, sa silhouette humble et solitaire. Lorsqu'il nous le rencontrions, son visage resplendissait, tout à la joie de nous revoir.

Il est décédé vendredi en fin d'après-midi, le 18 mars dernier, sur la route de Chalon-sur-Saône à Louhans et venait de Digoin où il avait rendu visite à sa sœur. D'après les photos de l'accident le temps était au beau, préfigurant un printemps aussi proche qu'attendu. Ce printemps il ne l'aura donc pas connu. Peut-être s'est-il assoupi l'espace d'une seconde, ou moins, une absence, qui lui ont suffi à prendre de plein fouet l'autocar qui venait en face. 

Il était ancien élève de l'école centrale de Paris. Georges Henry était un expert en géophysique reconnu de sa profession. 
Il avait été désigné avec deux autres ingénieurs, à démonter, sous le sceau du secret-défense, la supercherie des "avions renifleurs" qui fut un des grands scandales de la présidence Giscard d'Estaing, à la fin des années soixante-dix. Le "Canard Enchaîné" en avait fait ses choux gras, un feuilleton dont la France et le monde s'amusèrent. Il nous avait raconté, l'air espiègle, qu'un jour il avait oublié dans le métro sa serviette qui contenait des documents classés secrets sur cette affaire. Angoissé, et en désespoir de cause, il s'était rendu aux objets trouvés rue des Morillons à Paris : elle y était.

La supercherie était grossière mais le gouvernement de l'époque, comme la direction de la société qui s'appelait encore Elf-Aquitaine (avant de devenir Total que nous connaissons aujourd'hui), avaient cru trouver là, du haut de leur superbe, la pierre philosophale de la recherche pétrolière, en faisant fi de la prudence scientifique qui était précisément l'une des qualités exigeante de Georges Henry.

Il en riait encore avec nous mais en avait gardé une amertume certaine : il avait découvert à cette occasion, lui qui avait une confiance quasi-naïve en l'homme, comment le pouvoir pouvait se pervertir au point de croire n'importe quelle fadaise du moment que cela le confortait. 
Ainsi les responsables de l'époque s'étaient-ils laisser berner par un magicien nommé Bonassoli, lequel s'était fait roi du pétrole, maître en imposture, et qui fit dépenser à l'époque des millions de francs à l'Etat français et à la société Elf-Aquitaine. 
Le pouvoir de l'époque avait été aveuglé par cette idée miraculeuse que l'on pourrait découvrir du pétrole par simple survol des territoires, et par la même occasion, surpasser, pour s'en passer définitivement peut-être, toutes les équipes scientifiques de recherche et d'exploration.
Sans compter toutes les implications que cette"invention", aux yeux des responsables politiques de l'époque, pouvait entraîner sur le plan militaire.

Il quitte ce monde après avoir vécu une vie riche, ayant visité de nombreux pays de par sa profession. Il était étonnamment modeste, il avait ce don du bonheur dont peu de gens peuvent se flatter, il se contentait de petites choses, faisait sa joie de tout ce qui lui paraissait beau. J'ajoute qu'il tenait un blog qu'il alimentait très régulièrement, notamment beaucoup de billets à caractère scientifique, spirituel souvent aussi, et politique ce qui nous valait quelques discussions animées.

C'est un homme rare qui nous quitte, modeste et généreux, nous ne pourrons ni ne voudrons l'oublier.

JMG

mercredi 3 février 2016

Etat d'urgence pour un état d'ivresse

La percée du vin jaune a lieu cette année à Lons-le-Saunier : tous sur le pont pour ces deux journées des samedi 6 et dimanche 7 février. Mais attention la ville est en état de siège, on n'y entrera pas comme ça.

Il y a un hic en effet, c'est vrai, c'est le cas de le dire, il faudra pour se rendre au Centre-Ville acheter un verre, au prix de 14 euros, verre attaché à votre cou comme une cloche à une Montbéliarde. Ce verre non seulement vous donnera le droit de boire, mais suprême privilège, vous permettra de vous rendre au Centre-Ville sans vous faire arrêter par les organisateurs de la manifestation. Ce verre est donc précieux, non seulement parce qu'il vous servira à boire, mais parce que, avant tout, il constituera votre passeport pour  faire des emplettes en centre-ville.

Et donc, pas de verre, pas d'entrée dans la cité, même si vous n'avez pas soif. Les organisateurs font du centre-ville un lieu entre buveurs, si connaisseurs soient-ils.
Pas de verre, pas de droit de se rendre au centre pour récupérer votre pantalon dont vous aurez demandé qu'on refasse l'ourlet, vous attendrez le samedi suivant, (à moins que vous rendiez en ville avant 10h30  ce samedi même, heure à laquelle celle-ci sera fermée comme au bon vieux temps de l'octroi.)
Si vous voulez acheter des chocolats chez Pernet rue Saint-Désiré, c'est pareil, pas de verre pas de chocolat, il faudra boire avant, ou après, ou même pendant, voire même jusqu'à plus soif si affinités.

Pour être tout à fait honnête, il faut préciser que les organisateurs ont tout de même tout prévu : vous aurez droit à un badge, mais seulement si vous habitez au centre ville dans le périmètre critique exactement. 
En d'autre termes vous pourrez vous rendre en ville, mais seulement si vous y habitez ! Il vous faudra pour ce faire vous rendre à la Mairie de Lons-le-Saunier qui vous remettra une espèce de timbre que vous mettrez sur le revers de votre veston pour bien faire comprendre aux organisateurs que vous avez compris le sens de la démarche, que vous faites bien partis du club.

Ce timbre a l'avantage d'être plus discret qu'un verre pendu autour du cou et en plus il vous permettra de vous rendre sans dommage chez vous, ou de quitter un moment le périmètre consacré, sans crainte du non-retour.

Elle est pas belle la vie ?

JMG