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mardi 7 janvier 2020

Les meilleurs vœux aux gens de peu

Que peut-on souhaiter cette année autre chose que des vœux de sagesse, de lucidité, de modestie à ce gouvernement qui à décidé de ne rien entendre et de ne céder sur rien ? Quels sont ces gens qui nous gouvernent ? Sont-ils des adversaires, des ennemis ? Pourquoi sont-ils à s'en prendre à nous, au peuple qu'ils sont censés représenter ? Nous représentent-t-ils vraiment ceux qui ont décidé de nous appauvrir ? Quels sont leurs motivations profondes, ne sont-ils pas victimes de leur méconnaissance d'un peuple qui pourtant, électoralement parlant, les a portés au pouvoir ? Ont-ils tout oublié, trahis eux-mêmes par un mandat parlementaire ou a des fonctions ministérielles dont il ne mesurent pas, ou plus du tout, la dimension de responsabilité ? 

Sont-ils à ce point aveugles pour ne pas voir qu'ils ne sont plus capables, et encore moins légitimes, de parler en notre nom et, surtout, de décider en notre lieu et place ? Sont-ils prêts à reconnaître que leur victoire électorale en son temps ne les autorisent pas a édicter des lois, ou à prendre des décisions sans respecter ceux qui les ont élus, ne fût-ce d'ailleurs que pour éviter le pire ? Savent-ils que cette fonction d'élu ne leur confère pas le droit d'agir contre l'intérêt de ce peuple, contre notre intérêt, l'intérêt général ? Ne serait-il pas plus sage, de leur part, de tirer sans tarder les leçons de ce conflit qui dure ? Et en l'occurrence de retirer un projet de loi dont le caractère anti-démocratique et anti-économique ont été, grâce à un mouvement social puissant et durable, depuis déjà trop longtemps démasqué ?

Sont-ils conscients ces technocrates qu'ils sont en train de tuer l'espoir et le dynamisme de ce pays ? Savent-ils que le recul de l'âge de la retraite et de la remise en cause de celle-ci, une fois encore, n'auront pour effet que de faire obstacle à l'emploi des jeunes tout en ne favorisant pas celui des seniors lesquels seraient condamnés à travailler jusqu'à...?

Et donc j'émets le vœu que la lassitude et le découragement épargnent tous ceux qui font oeuvre de résistance contre un pouvoir qui clairement, délibérément,  a décidé de s'en prendre à un contrat social qui, malgré les attaques dont il fait l'objet depuis des décennies, fait encore la preuve de son efficacité économique et sociale.

J'émets le vœu que le courage et la détermination n'abandonnent pas ces héros en effet que sont les grévistes, n'en déplaise aux véritables privilégiés, les actionnaires professionnels ou les éditorialistes patentés de la presse mainstream, qui s'attachent à dégrader leur image.
Je souhaite la meilleure année possible, malgré l'adversité, à tous ceux qui œuvrent dans les services publics et qui les défendent ardemment, sachant qu'ils restent encore la richesse de ceux qui n'ont rien.

Et donc je souhaite, en ce début d'année 2020, que ces salariés du privé ou ces agents publics, dans chacun des secteurs qu'ils occupent, obtiennent enfin satisfaction et que leur soient rendus ou améliorés leurs droits sociaux sans lesquels il n'est de pays riche, juste et véritablement démocratique.

JMG


dimanche 20 janvier 2019

Pas de débat, pas de chocolat

Un débat sans enjeu, surtout s’il est fomenté et organisé par le pouvoir en place, n’est jamais qu’un coup de communication. Ainsi en-est-il de ce débat dont le gouvernement Macron a décidé pourtant qu’il serait « grand ».
 
Ce débat a été lancé pour éviter que la rue ne s'embrase, il naît sous des auspices pour le moins suspects. Le contraire eût étonné mais les premiers que l’on voit fleurir localement sont appelés ou organisés, en particulier à Lons-le-Saunier, par des partisans ou des soutiens de la République en Marche, ce qui évidemment leur enlève déjà toute crédibilité.

Il s’inscrit dans un cadre trop bien formalisé pour être honnête. Les questions sont biaisées comme celles notamment sur la fiscalité ou les finances publiques. A cet égard les questions 5 et 6 valent leur pesant de cacahuètes, où l’on vous demande de choisir quelles seraient les dépenses publiques à réduire en priorité sans considérer que le premier des soucis pour la population reste précisément le maintien des services publics.

En aucun moment n'est posée la question, pourtant mise en évidence par le mouvement des gilets jaunes, d'une fiscalité injuste et aberrante pourtant privilégiée par le pouvoir en place. Nulle part n'est posée la question de savoir si l'on ne préférerait pas le rétablissement d'un impôt progressif à la suppression quasi-totale de l’ISF.
S'agissant des services publics, l'assemblée nationale cette semaine vient de voter la fusion dans les territoires des tribunaux d'instance et de grande instance, ce qui signifie un éloignement encore plus important des citoyens par rapport à leur justice.
Un débat authentique exigerait un moratoire sur les réformes en cours. Rien de tout cela, le gouvernement Macron continue ses réformes anti-sociales malgré tout, comme celle de l'indemnisation du chômage. Salaud de pauvres !

Le talent indéniable de notre président de la république, plus premier de la classe que premier de cordée, s’il a pu tromper par sa faconde au moins trois-cents maires, fussent-ils normands ou occitans, ne saurait tromper le peuple tout entier.
Ce débat s’annonce donc comme artificiel et fait pour reprendre un pouvoir symbolique perdu, il est destiné à laisser passer l’orage et entend constituer une réponse dérivative à un mouvement social qui fait peur à un pouvoir incapable de gouverner.

La réponse est politique et devrait se traduire par un geste fort du Président de la République comme, par exemple, la dissolution de l’Assemblée nationale en effet.

Alors un vrai débat, électoral celui-là avec des enjeux véritables, pourrait s’instaurer !
Allez Manu, bouge-toi, ça nous fera des vacances !

JMG

samedi 12 janvier 2019

Politique du pire

Le mouvement des gilets jaunes, en cette mi-janvier, ne se sera pas tari malgré les espoirs d'un gouvernement qui de jour en jour fait montre de son incompétence, il est au contraire un fleuve qui grossit, qui s'alimente de la résistance de tous ceux qui sont dégoûtés de cette politique de délabrement de l'Etat social. On dirait que le pouvoir macroniste veut la mort d'un "état-providence " sans lequel aucun vivre-ensemble dans la paix et la prospérité ne sont possibles.

Macron et son gouvernement sont en échec, eux qui jusqu'alors, une cuillère d'argent à la bouche, ne l'avaient jamais connu. Cette inexpérience les rend d'autant plus nerveux et dangereux. Ce gouvernement que l'on disait composé de surdoués court désormais après une crédibilité qu'il a si vite, et sans doute à jamais, perdue.

Il faut bien entendu dénoncer les violences, toutes les violences, celles possibles des manifestants comme celles provenant des rangs de la police.

Ultime responsable de cette situation, le pouvoir macroniste fait jouer une répression policière jamais atteinte encore sous la Véme République, en témoignent les centaines de blessés parmi les manifestants depuis le début de ces événements, blessés graves très souvent, dont les media principaux choisissent de ne parler qu'avec une retenue coupable sans la compassion que l'on destine, par ailleurs à juste titre, aux policiers blessés. Sur le plan judiciaire, on dénombrait mi-janvier 3747 condamnations pour 216 emprisonnements dans les rangs des gilets jaunes.

Par contre les violences policières elles sont tues ou pour le moins minimisées, elle continuent donc de plus belle pour se traduire parfois en de véritables provocations auxquelles il est difficile de résister. Ainsi cet ancien boxeur tombé dans le piège d'un contexte ultra-violent qu'il n'appelait pas forcément de ses vœux,  et qui va probablement écoper d'une peine  de prison "exemplaire".

On préfère mettre sous les feux de la rampe les violences qui seraient l'oeuvre des manifestants, sans faire la part du vandalisme pur et simple de casseurs. Ces derniers se révèlent fort utiles pour justifier les remises en cause du droit fondamental de manifester.
Ainsi Edouard Philippe a-t-il annoncé toute une série des mesures législatives ou réglementaires permettant notamment de ficher les personnes qui participeraient à des manifestations préalablement non déclarées.

Les gilets jaune c'est la France laborieuse, associative, qui se rebelle ou se révolte, c'est une lame de fond qui ne s'arrêtera pas sans qu'une solution politique ne soit enfin proposée par le pouvoir.

La seule manière d'échapper à cette chienlit serait que Macron renonce à son programme de dé-tricotage de l’État social, de suppression de services publics, d'aggravations des inégalités fiscales. Au lieu de cela, la réponse gouvernementale est essentiellement répressive.

Le ministre de l'Intérieur Castaner cherche à intimider, à décourager, pour finalement réprimer dans une violence inédite. Cela n'est pas de bon augure. Ce serait pourtant au gouvernement de se montrer raisonnable en baissant d'un ton une violence dont il fait délibérément et de façon irresponsable le coeur de sa stratégie.

JMG






samedi 24 novembre 2018

Le peuple, visible ou invisible

Pour paraphraser Renan, parlant de religion, on pourrait dire qu'une révolution est une jacquerie qui a réussi.
C'est ainsi dans l'histoire que sont survenus les grands bouleversements sociaux et politiques, un fait jugé peu important par nos dirigeants, ici une hausse présente ou programmée des taxes sur les carburants, mettant le feu aux poudres de la contestation citoyenne et du mécontentement généralisés. Le feu prend d'autant mieux ici qu'il est alimenté par un mensonge du gouvernement : la hausse des taxes sur le carburant se justifierait au nom de la transition écologique. Bel alibi, mais un peu court compte tenu de la politique fiscale désastreuse du gouvernement d' E.Macron.

Pour l'heure, malgré la couleur fluo porté en étendard, le mouvement des gilets jaunes reste peu lisible ou, pour le moins, sujet à des interprétations multiples et interrogatives.
Qu'en est-il notamment des risques d'une "récupération " de l'extrême-droite, ou même au delà de cette organisation, des risques de débordements de type raciste ou xénophobe comme on a pu le constater à certains endroits ?

Il n'est pas douteux que le gouvernement joue sur ces méfaits ultra-minoritaires pour déjouer et discréditer le mouvement. Ce mouvement en réalité lui fait peur car il s'agit d'un mouvement social, authentique, qui rend visible ce qu'on appelle depuis la révolution française "le peuple", peuple divers, multiple, phénoménal, imprévisible. Il n'était pas prévu début juillet 1789 que l'on prenne La Bastille quelques jours plus tard et que l'on guillotine Louis Capet quelques années après. A bon entendeur...

Oui, bien sûr, surtout sans le filtre de corps intermédiaires ignorés ou méprisés par E.Macron, ces rassemblements populaires peuvent montrer un visage violent et déterminé. Certains commencent à se mordre les doigts d'une situation qu'ils ont largement contribué à enflammer. Elle ne vient pas de n'importe où, elle ne s'est pas créé ex-nihilo, elle constitue une réponse singulière et inattendue à la violence sourde d'une politique gouvernementale qui vise à servir les plus riches et à faire éclater notre pacte social.

La gauche politique et syndicale organisée aurait tout à perdre à déconsidérer et à mépriser ce mouvement sous prétexte qu'elle n'en serait pas à l'initiative. D'autant plus que les cahiers de doléance semble reprendre beaucoup des revendications traditionnellement portés par les organisations de gauche, comme en premier lieu la défense du pouvoir d'achat, le maintien des services publics dans les zones dites périphériques. Et cela s'accorde avec l'exigence d'une fiscalité plus juste, en favorisant un impôt progressif contre l'augmentation de taxes diverses et variées.

Nul ne sait aujourd'hui ce qu'il adviendra de ce mouvement, il reste à espérer qu'il sera utile à renforcer, dans le calme si possible, une démocratie populaire qui fait tant défaut aujourd'hui.

JMG


vendredi 23 mars 2018

Pour le retour des idéologies de la solidarité

Les mouvements sociaux que l'on voit grandir en France aujourd'hui ne sont pas dus au hasard. On l'a dit, et il l'a dit lui-même, Macron est né d'une "effraction", d'une imposture, d'un hasard de l'histoire, mais c'est pour incarner et renforcer, parfois jusqu'à la caricature, la continuité d'une politique dite néo-libérale qui s'acharne, depuis une trentaine d'années au moins, à détruire la qualité et le fondement de nos services publics. 
Vivement le retour, dans les têtes puis en pratique, des idéologies de la solidarité qui seules permettent de vivre ensemble en limitant les inégalités. Des inégalités qui, aujourd'hui plus que jamais, alimentent la crise économique.

JMG

(paru au faux rhum - à moins que ça s'écrive fort rhum, je ne sais plus- des lecteurs du Progrès de Lyon, le 23 mars 2018)

mardi 21 juin 2016

Déshonneur en journalisme

Je suis tombé dimanche sur l'émission de BFM "grand rendez-vous politique", pas tombé de bien haut mais quand même, l'heure était, en cet après-midi de juin, humide et sombre, temps de cochon qui allait bien avec cette émission.
Il y avait là, comme pour souligner la grisaille, l'ineffable JPierre Elkabach, d'Europe 1 je crois, une journaliste du Monde aussi (ce que ce "Monde" est devenu !), Fressoz dont je ne me souviens plus le prénom, et  puis aussi un certain Darmon, à ne pas confondre avec l'acteur Gérard Darmon, quoique...on pourrait bien le confondre sous l'angle singulier de la comédie.
Des journalistes se prenant pour des divas, qui se mirent et s'admirent à l'envi devant les miroirs que leur offre les télévisions qu'ils animent.
Tous ces braves gens étaient censés interroger le secrétaire général de la CGT.

J'ai dit "censés", seulement, car en vérité ils ne l'ont pas interrogé du tout. Ces trois journalistes se sont livrés à un véritable interrogatoire : accusé  Martinez Philippe levez-vous ! Elkabach dans le genre a été le meilleur, on voit que cet homme là a du métier. Il posait questions sur questions, comme on lance des briques, sans laisser répondre son interlocuteur. Ce n'était même pas des questions mais bien plutôt des affirmations, des accusations dirigées contre un homme et une organisation syndicale, dans l'exacte tonalité donnée par le pouvoir actuel qui a décidé d'isoler, de criminaliser la principale organisation syndicale du pays.

Pour le coup ce n'était pas des chiens de garde qui étaient à l'oeuvre mais bien une meute enragée dans une chasse à courre. A mort la CGT qui ose appeler à des manifestations alors que nous sommes en péril terroriste permanent, sus à la CGT qui maintenait ses grèves alors que certains de nos concitoyens pâtissaient des inondations, à mort la CGT qui ose encore revendiquer et faire de la résistance alors que nous sommes en crise économique, à mort la CGT qui couvrirait les casseurs, qui même seraient responsables des attaques contre l'hôpital Necker, contre des enfants malades...imaginez les barbares !
Tout ceci à la limite de la diffamation, nos trois journalistes continuent sur leur lancée sans prendre soin, ce qui est pourtant le cœur de leur métier, de vérifier leurs informations, ou d'essayer de comprendre la situation et de la restituer honnêtement à leurs auditeurs, en tirant partie de la présence d'un interlocuteur qui pour une fois pouvait donner une autre vision de la réalité sociale..Mais que valent les réponses d'un syndicaliste aux oreilles de journalistes aveuglés par leurs certitudes et en parfaite méconnaissance du monde du travail ?

Il était difficile dans ces conditions pour Philippe Martinez d'en placer une, et pourtant il s'est bien défendu, il est resté calme, la tempérance était de son côté, à l'opposé de l'image que les media voudrait donner de la CGT et de son secrétaire général.

Cela en dit long sur l'état démocratique de la France aujourd'hui. Pas étonnant que la CGT soit décriée, et avec elle le mouvement social qui souffre d'une criminalisation à peine croyable, alors même qu'est en jeu la survie du code du travail. Les journalistes ici n'en étaient pas vraiment, vecteurs qu'ils étaient de la pensée dominante au sein de groupes de presse concentrés et dont nous avons eu, à l'occasion de cette émission, une fois de plus, l’écœurante représentation.

JMG

samedi 18 juin 2016

Fin de manif un 14 juin à Paris

Je relaye ici le témoignage de Pierre qui était venu de Normandie pour manifester mardi 14 Juin à Paris, jusqu'aux Invalides où ont eu lieu de violents affrontements avec la police. Ne perdons jamais de vue que les premiers responsables de ces situations de violence sont ceux des politiques qui essayent d'imposer par la force une loi travail, anti-sociale, anti-économique, dont la grande majorité des français ne veulent pas, tout comme la majorité des organisations syndicales.

Malheureusement bien nommées, les Invalides

Comme beaucoup d'autres, j'étais à Paris mardi.
Comme plusieurs centaines d'autres, avec le camarade qui m'accompagnait, j'ai dépassé le service d'ordre intersyndical qui n'avait plus beaucoup d'apparatchiks à protéger au moment où nous l'avons doublé.
Et quelques secondes après, j'étais abasourdi à Duroc, deux des nôtres étendu-e-s au sol, entouré-e-s d'abord de pompiers, puis de manifestants. inanimé-e-s sous des couvertures de survie.

Nous avons avancé, le bus pour la Normandie nous attendait pour 18h00 aux Invalides, fin du parcours déclaré.
et ce fut un déluge de gaz, de camion à eau (je ne le connaissais que dans les sketchs de Felag...).
J'ai hésité à écrire à mon père, pour lui signaler la "douche" que prenaient gratuitement des camarades de sa *confédération.
Mais j'étais trop occupé à scruter les dispersantes qui s'épanouissaient, tantôt en cloche, tantôt tendues, bien mieux qu'un 14 juillet.

Je ne parlerai seulement de ce que j'ai vu (le reste vous y avez accès), l'interpellation, sous mes yeux, par une flic-e de la BAC d'un manifestant, bientôt écrasé par plusieurs de ses collègues tandis qu'elle déclenchait sa gazeuse alentours. J'avais goûté les lacrymos, là c'était corsé.
Me retrouver à étouffer par terre alors que je téléphonais au secrétaire départemental de mon syndicat pour savoir où retrouver le bus, j'ai pas aimé.
Comme dis l'autre, l'omelette, les œufs... c'était rien, avançant vers la Seine pour tenter de sortir de cette immense nasse j'ai vu les flics rivaliser dans l'illégalité. 
Déboulant tel Usain Bolt, un copain était chargé par trois motos, deux montées par des voltigeurs (pourtant interdits, pour des légalistes, on reviendra), et l'autre avec un casqué qui l'a renversé avec sa roue avant, à trois mètres de moi. Le copain s'est relevé, bientôt poussé au sol par le bouclier d'un CRS détaché d'un cordon, extrait par des copains-ines. Sur ce set là, notre camp a gagné et le sprinteur s'en est tiré, rendant ainsi un bel hommage posthume à Malik Oussekine.

Les flics étaient déchaîné-e-s, à tel point que j'ai vu une quadra s'en prendre au dit motard, qui derechef lui foutait sa gazeuse sur le museau.
Dans cette nasse, black blocs, syndicalistes, militant-e-s partisans ne faisaient plus qu'un dans la solidarité et l'autodéfense populaire, tel cette fanfare qui n'a pas arrêté de jouer "el pueblo unido, jamas sera vencido" sous les gaz. J'ai même pensé "camarades" en voyant des militant-e-s de Force Ouvrière s'approprier le répertoire d'action de ce que l'on appelle, loin de toute rigueur, des casseurs.
Révolté et inquiet, au retour, j'ai cherché des nouvelles des blessé-e-s, notamment ceux vu-e-s à terre. 
A défaut de nouvelles, j'ai vu la cause de leur état. vous la verrez ci-dessous :

vous saluer, Hélder Câmara, le fera bien mieux que moi ce soir :

"Il y a trois sortes de violence.

La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. 

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. 

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue."

Pierre

* la CGT