jeudi 1 avril 2021

Pétition pour l'unité, un bien nécessaire

La Gauche Démocratique et Sociale, dont Gérard Filoche est un des Porte-Parole, est à l'initiative d'un appel à l'unité de toute la gauche politique, syndicale, associative, dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2022. En voici le texte. 

Et on peut le signer ici https://www.unalt.fr/


Dès aujourd’hui nous appelons à l’unité dans les luttes et à construire tous ensemble une alternative. Nous soutenons les mouvements sociaux, les actions syndicales, les manifestations pour les droits démocratiques et souhaitons travailler à une perspective politique alternative. 

Avec de nombreux appels citoyens, nous voulons une candidature commune à la présidentielle de 2022. Elle doit représenter toutes les gauches sociales, écologistes et citoyennes sans exclusive ni préalable pour battre la droite et l’extrême droite. Cette candidature commune doit être liée à des candidatures unitaires pour les législatives. Il est temps que les partis et les mouvements politiques s’engagent à participer ensemble à un processus ouvert d’adoption d’un projet commun. Il constituerait un pacte de législature et permettrait une candidature commune à la Présidentielle. Nous proposons qu’une initiative du type « états généraux » permettant la participation populaire la plus large soit préparée, qu’elle soit ouverte aux citoyens, aux syndicalistes et qu’elle soit soutenue par tous les mouvements politiques dans une démarche unitaire. Nous sommes prêts à contribuer à ce processus à tous les niveaux et en rassemblant le plus largement. Définir un socle commun, c’est l’urgence pour éviter la division et l’élimination dès le 1 er tour si plusieurs candidatures fracturent les gauches sociales, écologistes et citoyennes. Un contrat de législature peut se baser a minima sur : 

DES MESURES D’URGENCE SOCIALE La priorité à la santé, l’éducation et les services publics, une gestion publique des médicaments et des vaccins contre les profits sur la pandémie, la lutte résolue pour éradiquer la pauvreté avec un revenu garanti, l’augmentation des salaires, la réduction du temps de travail, la reconstruction du code du travail, la défense d’une grande sécurité sociale, le retour à la retraite à 60 ans, une action pour l’égalité des droits et contre toutes les discriminations, contre la précarité et les fausses sous-traitances, une réforme fiscale qui redistribue les richesses… 

DES MESURES D’URGENCE ÉCOLOGIQUE Un plan massif de développement des énergies renouvelables, un service public de l’énergie, des transports en commun locaux gratuits, un plan massif d’isolation, de rénovation et de construction de logements accessibles, le développement d’une agro-écologie en rupture avec l’agriculture intensive… 

DES MESURES D’URGENCE DÉMOCRATIQUE L’abrogation de la loi «sécurité globale» et de la loi «confortant les principes de la République» si elles étaient adoptées, la convocation d’une assemblée constituante pour une 6e République parlementaire qui rompe avec le système présidentialiste… D’autres initiatives existent aujourd’hui avec la même ambition. Il s’agit maintenant de les faire converger pour atteindre nos objectifs. Participons partout à des comités ou regroupements unitaires avec les appels citoyens pour agir ensemble en ce sens

mardi 23 mars 2021

Capitale pandémie

La pandémie, s'il en était besoin, aura révélé la noirceur et l'impasse désespérante du tout capitalisme. Nous ne connaissons le capitalisme qu'à travers ses symptômes, nous n'en connaissons pas vraiment le cœur, et c'est pourquoi il peut rester étonnamment insaisissable, une insaisissabilité qui le renforce et le rend pour lui-même encore plus efficace. C'est pourquoi il est si difficile à combattre, invisible, incolore se parant de toutes les vertus pour mieux tromper son monde et enfin le tuer. Il fait du monde sa poule aux œufs d'or, le désir de mort est en lui.

La crise sanitaire que nous vivons et endurons aujourd'hui ne lui est pas étrangère, elle est son produit, sa création. Cette crise qui s'insinue partout dans nos idées, nos inter-actions, constitue dans le même temps un révélateur de ce qu'il est. Elle le manifeste. Cette crise dite sanitaire,  plus encore que la crise sociale qui pourtant existe depuis des décennies, réussit à lever une partie du voile qui jusqu'ici l'avait protégé (et son variant le néo-libéralisme, encore plus nocif) du regard critique citoyen.

Le néo-libéralisme s'impose par sa capacité de séduction au travers de la publicité et la propagande, mais aussi, nécessité faisant loi en pleine crise sanitaire, par son aplomb, sa violence et sa brutalité. 

Cette brutalité, et là le lien avec la pandémie est quasi évident, on l'a voit avec Sanofi dont les dirigeants ne pense que profits, le retard pris par la fabrication d'un vaccin n'est pas un hasard. Il révèle opportunément le manque de soutien des pouvoirs publics à la recherche et au développement. Ces derniers ont préféré privilégier et laisser faire l'avidité du groupe à faire des profits au détriment de la santé publique. En 2009 le groupe prenait pour objectif d'augmenter les bénéfices versés aux actionnaires de 35 à 50%. En dix ans le groupe aura supprimé près de la moitié des postes en recherche développement.

Que dire également de la lente mise à mort de l'hôpital public que l'on voudrait voir privatisé, et de la Sécurité Sociale dont le déficit délibéré est  prétexte, à moins d'un sursaut salutaire, à une disparition annoncée et voulue par certains ?

Cette brutalité peut même se manifester dans l'œil du cyclone capitalistique  On l'a vu récemment avec Danone dont des actionnaires pourtant minoritaires ont réussi à détrôner le PDG, Emmanuel Faber, qui pourtant voulait donner au groupe qu'il dirigeait, petit ou grand miracle, ou simplement mirage, une dimension plus responsable en matière d'écologie voire en matière économique ou sociale. 

Plus grave encore la menace qui pèse sur la politique énergétique du pays et des moyens qu'il se donne, ou pas. Ainsi le projet Hercule qui vise à privatiser EDF, exceptées bien sûr ses branches financièrement non rentables. Cela signerait la fin de la maîtrise publique de l'énergie à l'heure pourtant où le gouvernement Macron se pare de lutter contre le réchauffement climatique. Bien entendu les activités financièrement les moins rentables resteront dans le giron public, et ce sont les moins riches, a travers une fiscalité injuste et déséquilibré, par le biais d'une tarification elle-même inégalitaire, qui paieront les pots cassés. Tout cela se passe dans une quasi-indifférence générale permise par une préoccupation sanitaire qui tombe à point nommé.

Non, ils n'ont honte de rien ces nouveaux mais si rances capitalistes dont le court-termisme est le champ de bataille pour détruire tout ce qui fonctionne en commun dans nos sociétés. 

Nos sociétés sont en danger grave et la pandémie actuelle qui nous fait tant parler, ou tant pépier même si c'est à raison,  n'est finalement qu'un aspect de cette "crise" triomphante d'un capitalisme gâté à mort par une spéculation financière incontrôlable et indifférente aux enjeux environnementaux. 

Les pouvoir en France comme malheureusement dans la plupart des pays d'Europe au lieu de contenir les excès de ce capitalisme, d'en contrôler ou de réguler les effets, ont fait le choix au contraire de l'encourager dans sa folie destructrice.

Face à cela, la gauche est toujours aussi divisée et la droite d'autant plus forte, non pas la droite partisane forcément, mais une droite profondément conservatrice et raciste, qui mêle de plus en plus, jusqu'à fomenter des accords de plus en plus clairs, "macronistes", "LR" voire Rassemblement National. La porosité entre ces divers droites, dans une confusion idéologique endémique, est redoutable.

La gauche dispersée, syndicale, politique, associative, doit se rassembler, au plan idéologique comme au plan organisationnel,  pour sauver ce qui peut l'être encore de la république sociale.

JMG



vendredi 12 mars 2021

13 et 20 juin : Elections régionales en Bourgogne Franche-Comté

 La Gauche Démocratique et Sociale GDS prône l’unité la plus large possible à gauche pour gagner les élections régionales et départementales, puis enfin l’élection présidentielle qui demeure essentielle à faire bouger les lignes.

GDS se bat pour remettre la question sociale au centre des débats et combats politiques. Or aujourd’hui ce sont les idées de la droite, voire de l’extrême droite qui inondent et polluent le débat politique.

Ainsi oublie-t-on facilement, et cela est entretenu par les media dominants, que les véritables problèmes et les défis à relever aujourd’hui sont ceux de l’emploi, de la transition écologique, de la lutte contre la pauvreté. Le combat doit être axé sur une défense sans concession du monde du travail pour un partage ou une redistribution équitables des richesses crées.

GDS regrette que le Parti Communiste se retire d’une coalition qui entend défendre, en région Bourgogne Franche-Comté et dans la perspective du scrutin des 13 et 20 juin prochains, une gauche sincère rassemblant des citoyens attachés à combattre la droite ou son double en la personne d’E. Macron. Car le rassemblement des forces de gauche ne peut se réduire seulement à battre l’extrême droite même si cela reste bien entendu une nécessité.

Continuons à nous battre ensemble contre les précarités sociales et écologiques. Reconstruisons le droit du travail mis à mal par trois décennies au moins de néo-libéralisme porté souvent par des responsables se prétendant pourtant de gauche.

Continuons à défendre une hausse significative des salaires, le rattrapage du pouvoir d’achat dans la fonction publique, à exiger et obtenir des retraites décentes ; ne laissons pas tomber la sécurité sociale, ni se dégrader les services publics, et en premier lieu l’hôpital public en ces temps sanitaires difficiles. Les services publics, plus que jamais indispensables pour la transition écologique, constituent notre richesse commune.

Pour les régionales en Franche-Comté la Gauche Démocratique et Sociale a donc décidé de s’investir dans l’élaboration d’un projet de transformation sociale moyennant la constitution de listes unitaires, ouvertes, intitulées « Le temps des cerises », allusion au 150éme anniversaire de la Commune de Paris. Nous le faisons aux côtés de la Gauche Républicaine et socialiste, La France Insoumise, Nouvelle Donne, Ensemble, Place Publique.

C’est en se rassemblant que nous pourrons gagner la bataille des idées préalable à la reconquête d’un pouvoir œuvrant enfin pour l’intérêt général.

 

Jean-Marc Gardère

Mandataire GDS Gauche Démocratique et Sociale

mardi 22 décembre 2020

Syndicalisme : grandeur, servitude...et discriminations

Il ne fait pas bon être délégué syndical aujourd'hui, mais comme hier, le métier si j'ose dire a ses risques, en particulier dans la fonction publique territoriale, mais ailleurs aussi, partout où le dialogue social n'est le plus souvent qu'un vain mot. Cette question vient de faire l'objet en décembre 2020 d'un rapport du conseil supérieur de la fonction publique territoriale, rapport intitulé "Les discriminations syndicales et le dialogue social dans la fonction publique territoriale". 

Rappelons que la FPT fait partie, avec la fonction hospitalière, du deuxième versant de la fonction publique, elle réunit tous les agents publics qui constituent la cheville ouvrière de nos collectivités locales et de nos établissements publics, agents, fonctionnaires sans lesquels les élus politiques ne pourraient assumer leur mission.

Le droit syndical dans la fonction publique, rappelle le rapport, n'a été reconnu qu'en 1946. Cette jeunesse, même relative, explique en partie peut-être les difficulté de ce droit à se faire respecter, et paraît être à l'origine d'un dialogue social très souvent problématique entre élus-employeurs et agents publics représentés par leur organisations syndicales.

Le rapport fait, à juste titre, le lien entre discriminations syndicales et faiblesse ou absence du dialogue social. Il est avéré, j'en ai fait moi-même l'amère expérience comme de nombreux camarades, que les élus politiques ont beaucoup de mal à reconnaître la légitimité élective des représentants syndicaux. Le dialogue social doit s'inscrire dans un jeu démocratique plus authentique et plus respectueux de chacune des deux rives du dialogue.

Il est nécessaire de savoir ce qui est entendu par l'expression "discrimination syndicale", comme  source du déficit de dialogue constaté.

Ces discriminations se mesurent d'abord par le niveau de pénalité de salaire ou de traitement. Dans la fonction publique territoriale elle se mesure par les difficultés faites en matière de déroulement de carrière. Au total on a a évalué à 10% la perte financière subie globalement par les représentants syndicaux. Une étude d'il y a une dizaine d'années faisait ressortir que cette discrimination par le traitement avait des niveaux d'importance différents selon l'appartenance syndicale. La CGT notamment était la plus touchée, portant la perte financière à hauteur de 20%, à poste similaire et qualification égale, par rapport à une carrière "normale", c'est-à-dire sans engagement de nature syndicale. 

Les intéressés eux-mêmes ont tendance à considérer que c'est le prix de leur engagement, et oublient trop souvent de se défendre des conditions discriminatoires qui leur sont faites.

Mais il est un mouvement relativement récent qui tend à combattre ces sanctions obscures en y répondant par l'action judiciaire, notamment en faisant appel à la méthode des panels. Celle-ci permet de relever et d'identifier les abus discriminatoires. Cette méthode a pu se développer, timidement, dans le privé. Elle pourrait, et c'est souhaitable, tout aussi bien s'appliquer dans la fonction publique territoriale.

Un contexte juridique nouveau apparait, illustré, dans la Fonction publique notamment, par la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale portant obligation de négocier sur la conciliation vie professionnelle et vie syndicale ; ou dans le secteur privé, avec les ordonnances de septembre 2017 incitant les entreprises à négocier des accords de droit syndical.

Cet arsenal juridique cependant ne doit nous tromper, il ne doit pas cacher l'essentiel derrière des mesures qui peuvent être considérés comme des affichages politiques. 

L'enjeu est enfin de reconnaitre, singulièrement dans la fonction publique territoriale, le parcours syndical et les compétences qui lui sont naturellement attachées, afin pour le moins de ne pas sanctionner  l'activité syndicale. Le déficit en matière d'avancement doit être soumis à réparation par voie administrative ou judiciaire.

Malheureusement le contexte juridique peut aller aussi dans le sens de la régression. Il en est par exemple d'un nouveau type de régime indemnitaire, d'inspiration managériale néo-libérale, dit RIFSEEP (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel). La tentation est grande de la part des élus-employeurs d'instrumentaliser ce régime de primes, laquelle fait  la part belle à la subjectivité, pour sanctionner de fait les élus ou représentants syndicaux dans leur engagement militant, donnant objectivement à ces employeurs des outils supplémentaires à de potentielles discriminations syndicales.

Une enquête a été menée pour mieux connaître la nature de ces discriminations. Pour 43% de la population active la dégradation des relations avec la hiérarchie est perçue comme la conséquence de l'engagement syndical. Pour 51% elle est un frein à l'évolution de carrière.

Du point de vue des agents ou salarié membres d'une organisation syndicale 52% des sondés ont à déplorer une absence ou un refus de promotion, 45% une dégradation du climat de travail et 38% une dégradation générale des conditions de travail.

Selon le même sondage pour 35% de l'ensemble de la population active et pour 42% des adhérents d'un syndicat, l'engagement syndical constitue un frein à un déroulement de carrière normal et légitime.

Près de 80% des syndiqués a tenté de mettre un terme aux discriminations dont ils se pensaient victimes. Pour 42% les principaux obstacles à ces recours tenaient aux difficultés de réunir des preuves suffisantes susceptibles d'emporter la décision d'un tribunal.

Les agents qui font un recours pour discrimination se retrouvent souvent isolés et donc d'une certaine manière "aggravent leur cas."

Il est clair par ailleurs que le développement de la précarité, qui se traduit par la multiplication des contrats au détriment des postes de titulaires, n'incite pas à faire ce genre de recours. D'une manière générale la précarisation de l'emploi constitue un obstacle déterminant à la syndicalisation. C'est le serpent qui se mord la queue, plus de précarité affaiblit et fragilise le syndicalisme qui dès lors n'est plus en mesure de lutter efficacement contre la précarité.

Le rapport fait le tour des solutions possibles lesquelles tournent autour de la valorisation des acquis de l'expérience (VAE) reconnaissant les compétences acquises durant l'exercice du mandat syndical. Il en est d'autres mais ces solutions ne seront jamais véritablement satisfaisantes si le fait syndical n'est pas reconnu par le pouvoir ou ne parvient pas à se positionner comme contre-pouvoir accepté dans le paysage social.

C'est dire combien la solution est d'ordre politique. Il est temps sans doute de sensibiliser voire même de former les élus-employeurs à la réalité syndicale et à son respect. Les discriminations sont à la fois un signe et une cause d'un dialogue social abîmé. Celui-ci est pourtant indispensable pour permettre la sacro-sainte démocratie sociale que le pouvoir lui-même appelle de ses vœux. Mais n'est-ce pas le plus souvent pour des raisons purement politiciennes ?

Ce rapport est sans doute imparfait mais il a le mérite d'exister et de poser la question du lien entre discriminations syndicales et dialogue social dans le champ institutionnel au travers du conseil supérieur de la fonction territoriale.

Mais la tâche pour combattre les discriminations syndicales s'avère ardue, qui plus est dans un contexte où le pouvoir dans ses inspirations néo-libérales, s'acharne à casser les garanties collectives ainsi qu'il le montre avec sa loi de 2020 dite de transformation de la fonction publique.

Il est clair que dans ces conditions l'activité syndicale sera de plus en plus difficile à mener. C'est une raison supplémentaire de s'attaquer en priorité aux discriminations dont sont victimes trop souvent les représentants syndicaux.

JMG



samedi 14 novembre 2020

Eau, énergie : défense de nos biens communs

 La privatisation du gaz et de l'électricité en France, débutée en 2008 par un Sarkozy en plein délire néo-libéral, avec la complicité active de gens qui y avait intérêts financier et politique, continue d'avoir des effets catastrophiques dans notre pays.

En 2008 GDF et Suez fusionnaient, la maison mère GDF devenant Engie. Une filiale Suez Environnement (rebaptisée Suez en 2015) poursuivait ses activités dans les secteurs de l'eau et des déchets.

Il fut un temps, pas si lointain, où l'on vantait la gestion de l'énergie, gaz, électricité, telle qu'elle s'opérait en France, en la comparant à ce qui se passait par exemple aux Etats-Unis où une gestion capitalistique faisait passer l'intérêt général bien après les intérêts particuliers. 

C'est la commission européenne qui imposa dès 2004 l'ouverture à la concurrence avec cette illusion ou ce mensonge qu'elle réduirait le prix à la consommation de ces énergies. On s'aperçut vite du contraire. En une dizaine d'année, le prix du gaz augmentait de plus de 60% et celui de l'électricité de plus de 20%.

L'actuelle tentative de fusion entre Veolia (ancienne Compagnie Générale des eaux, 180 000 salariés) et Suez ( 90 000 salariés) s'inscrit dans la remise en cause des services publics de l'énergie tels qu'ils avaient été voulus par le Conseil National de la Résistance. 

Poussée par un appétit sans bornes, et contre toute logique industrielle, Veolia entend avaler Suez, d'abord en rachetant les parts détenues par Engie, puis en lançant une offre publique d'achat inamicale sur l'ensemble restant des actions Suez. 

Rappelons qu'Engie, détenu à 23,6% par l'Etat, détient lui-même 32% de Suez. C'est dire que le gouvernement Macron en l'occurrence n'est pas dans cette affaire tout à fait innocent. Il choisit de ne rien faire, encourageant la casse de nos industries et de nos services, en les laissant à court terme à la merci de fonds d'investissement privés.

Il va sans dire que ces jeux capitalistiques ne manqueront pas d'être désastreux sur le plan social, accroissant la précarité des salariés de ces entreprises comme celle de leurs "clients".

Tout cela paraît compliqué ? Ca l'est ! Loin d'un pôle public de l'énergie, loin de l'époque où GDF s'occupait du gaz et EDF de l'électricité, et quand l'eau, l'assainissement, les déchets pourraient directement être gérés par les collectivités locales et non pas par des intermédiaires qui coûtent si cher à l'ensemble de la collectivité. Oui, compliqué et finalement opaque en l'absence de tout contrôle des usagers de ces services pourtant essentiels. Cette opacité est voulue, elle autorise et permet l'absence de la maîtrise publique.

L'enjeu est capital, il faut tout faire pour que la population s'y retrouve au travers de processus de gestion plus démocratiques et finalement moins coûteux. 

Cette fusion annoncée de Veolia et Suez, si elle parvenait à son terme, concernerait 50% du marché de l'eau potable et 44% de l'assainissement collectif. 

Les opérateurs publics quant à eux, c'est-à-dire les communes et leurs établissements publics, gèrent encore aujourd'hui, par le biais de régies publiques, 35% de l'eau et 46 % de l'assainissement. 

Il faut aller dans ce sens, les outils juridiques existent, pour ne pas laisser le privé, et en définitive des milieux financiers nocifs, s'occuper de ces bien communs que sont l'eau, l'assainissement et la gestion des déchets, particulièrement dans un tournant de l'histoire humaine si cruciale eu égard aux questions environnementales. 

La balle est donc aussi, surtout, dans le camp des élus locaux, en tout cas dans le camp de ceux qui jusqu'ici abandonnent leur responsabilité au profit d'entreprises qui font la part belle à des actionnaires avides de gains toujours plus grands. 

Il ne manque que la volonté politique, et le courage, qui puissent conduire le plus rapidement possible à des actes de remunicipalisation de ces services.

JMG




dimanche 1 novembre 2020

Guerres

Cela pourrait même se réduire à une question de temporalité : nos civilisations seront mortes avant qu'elles n'entrent en guerre.

Hutington aura fait fausse route, il n'existe pas de choc de civilisations, ou bien nous en sommes encore loin, très loin, il s'agit là d'un leurre, d'une chimère utile à certains, une manière pour les puissants de ce monde de sauvegarder à tout prix leur hégémonie sur le reste de l'humanité. 

Les guerres de civilisation, s'il en est, ne sont les guerres que de quelques-uns, de ceux qui détiennent un pouvoir politique, économique, militaire. Ce ne sont pas les guerres de tous, même si tous nous pourrions être impliqués dans une réalité malheureuse portant ce nom. Ce ne sont pas, en tout cas, des guerres voulues par les "hommes inutiles"(Pierre-Noël Giraud), c'est-à-dire ces hommes et femmes que le crédo et la pratique néo-libérales ont, parce que des oligarques y trouvent intérêt, rendu "inutiles" et superfétatoires, par le chômage, l'exclusion politique ou sociale, et plus grave encore dans l'exclusion et la mort culturelles.

Les prétendues guerres ou chocs de civilisation ne sont jamais que des guerres civiles, le plus souvent larvées, auxquelles on entend donner une statut plus grave, plus étendu, faussement essentiel et inéluctable. 

Ainsi les attentats islamistes que la France connaît aujourd'hui, à Paris, Conflans-Saint Honorine, Nice  doivent nous conduire, malgré l'horreur qu'ils inspirent, à garder notre sang-froid, et à ne pas d'emblée les considérer comme les produits directs d'un choc hypothétique entre le monde occidental au sens large et un monde islamique moyen-oriental qui nous serait a priori hostile. Ainsi ces événements douloureux interpellent-t-ils notre capacité de résistance, mais ils doivent aussi nous faire redoubler de sagesse afin de ne pas nous laisser nous-mêmes gagner par une barbarie contre laquelle précisément nous prétendons combattre.

Ces attentats immondes ne font qu'entretenir une chimère utile aux pouvoirs qui, en l'occurrence, s'exerce d'une rive à l'autre de la Méditerranée, d'un continent à un autre continent, mais sans qu'il se produise nécessairement un choc entre deux entités massives aux contours incertains.

Il n'est donc pas de guerre intercontinentales, il n'est que des civilisations ou des peuples que dominent en leur sein des forces oppressives qui les tiennent en joue. Cette prétendue guerre de civilisation en cache d'autres plus internes, on dirait plus intimes, à l'intérieur même des pays qui les composent, et qui en conséquence se donne les moyens guerriers et oppressifs pour contenir au sein même de leur population les contre-pouvoirs qui pourraient les mettre en échec. 

Les polices, les armées de tout Etat, comme le soupçonnait Léon Tolstoï, sous le prétexte (justifié en apparence) de protéger leur peuple sont trop souvent utilisées pour permettre la conservation des pouvoirs en place.  Ces prétendues guerres de civilisation, tout aussi "religieuses", ont donc pour fonction cachée de museler des peuples et de les conduire malgré eux à la guerre.

Derrière les guerres de civilisation, hypothétiques, chimériques, se cachent, plus cruelles encore, les  guerres civiles présentes ou à venir.

JMG



samedi 24 octobre 2020

Petit duel sans conséquence

 J'ai pris sur moi, mais n'exagérons rien car ce n'était pas insurmontable, de regarder ( le 23 octobre en fin d'après-midi) un débat sur CNEWS. A ma gauche, Zemmour Eric et à ma droite, Onfray Michel. Je ne déteste pas ces matches de boxe où les deux adversaires ne sont pas de votre camp. Ainsi en quelque sorte est-on certain de gagner. On me disait qu'ils étaient tout deux fachos et j'ai donc pris une heure ou un peu moins pour vérifier en tentant de comprendre ce qu'ils défendent et qui les fait courir, tout en faisant abstraction autant qu'il est possible de mes propres convictions ce qui dans ce cas, je dois l'avouer, fut difficile. 

Onfray parle sans cesse surtout lorsqu'on lui donne la parole, en un ton monocorde et grave, il est plutôt calme, posé, ne s'énerve jamais, mais il écoute, le regard fixe, fort de ses connaissances philosophiques, on ne peut lui enlever ça, et ces dizaines de livres commis dont certains  traduits à l'étranger. Tant mieux pour lui.

Zemmour lui est plus nerveux, agité, de cette agitation que produisent les convictions chevillées au cœur. On ne peut lui enlever ça à lui non plus. Après tout il en a le droit, c'est le cas de le dire, du moment où il n'enfreint pas la loi en tenant des propos pour lesquels il a déjà été condamné.

Bref, bataille de mots entre deux types cultivés qui s'attachent, parce qu'ils en sont capables, à illustrer de leur connaissance livresque, des arguments discutables.

Les deux s'accordent, avec quelques nuances, à faire des guerres de civilisation le moteur de l'histoire, l'un Zemmour, se réclament d'un essentialisme assumé, et l'autre, Onfray, dont je ne sais trop quoi.

Pour Zemmour, cette guerre est en train d'être gagnée par le monde arabo-islamique comme il dit, aux dépens de la civilisation judéo-chrétienne qui est à la base de nos société occidentales. Celles-ci sont menacées, à la limite de l'apoplexie, submergées qu'elles seraient par des centaines de milliers d'émigrés pour lesquels le droit d'asile ne devraient même pas être évoqué. Pour Eric Zemmour le droit d'asile ne devrait pas exister, ce droit est nul et non avenu, sauf pour Victor Hugo contre Napoléon III. Sans rire. 

C'est que pour Zemmour tous ces immigrés, quittant leur pays, s'attaquent à la France. Ils sont, parfois malgré eux comme il le reconnaît quand même, les porteurs d'un islamisme radical dont la volonté impérialiste n'est plus à démontrer. 

Pour lui, la Chine paradoxalement ferait partie du camp occidental en cela qu'elle consent et participe, contrairement au monde arabo-musulman, à la fête économiste mondialisée, concurrentielle et consommatrice.

De son côté Michel Onfray, qui manifestement ne croit plus en l'Europe qu'on nous sert, ce en quoi il n'est pas à blâmer, est persuadé lui aussi de la réalité d'une guerre des civilisations que nous serions en train de perdre. Un jour, interrogé par un journaliste qui lui demandait s'il lui arrivait de douter, répondit : non jamais. Drôle d'idée, il ferait mieux de douter de temps en temps. Ce serait plus philosophique. Mais cela confirme le peu de confiance que l'on peut accorder à un philosophe qui a dit tant de mal de la trottinette et de tous ceux qui en faisaient (comme moi). 

Contrairement à Zemmour, il met face au monde occidental, dans un même camp la Chine et l'ensemble du monde musulman. Au diable l'avarice. Je crois avoir décelé qu'il mettait un peu moins l'accent que son acolyte sur le supposé péril migratoire. Il dit surtout craindre de la civilisation occidentale sa disparition annoncée, crainte exagérée sans doute, d'autres périls étant possiblement bien plus menaçants et proches de nous.

Bon, je n'ai pas la prétention d'avoir tout compris (mon côté islamo-gauchiste ?), mais cela ne m'étonnerait pas que ce genre de discussion n'incite plutôt certains imbéciles à des velléités de guerre civile, comme on le constate en ce moment après un attentat atroce dont la victime elle-même aurait regretté les excès politiciens en guise de réponse. Réponses contre-productives le plus souvent et inefficaces ne servant qu'à instiller une peur supplémentaire qui n'évite pas le danger islamiste.

On retiendra que le débat reste instauré durablement de fait entre la droite et la droite. Ce n'est pas étonnant pour une discussion organisée par une chaîne d'info continue appartenant à M. Bolloré.

Le débat par ailleurs n'a fait aucun mort et n'a donc laissé aucun des deux sur le carreau. Tout en restant gentil on est en droit de trouver ça dommage.

JMG








lundi 12 octobre 2020

Vertige sécuritaire

 Depuis au moins trois décennies, après Pasqua, Chirac, Sarkozy, Valls, et durant Macron, Castaner, et plus récemment Darmanin pour raisons d'immédiateté électorale, ce qu'on doit nommer encore la droite, dont le macronisme, continue de plus belle de jouer sur la peur des Français pour s'accaparer ou conserver son pouvoir électoral et politique.

Le thème de la sécurité à cet égard est toujours aussi prometteur car les arguments délivrés, pour être le plus souvent fallacieux, n'en sont pas moins efficaces. L'insécurité publique, ou l'appréhension ou l'angoisse qu'elle suscite, ne serait-ce qu'en la suggérant et en la prenant comme outil politicien, est au centre des préoccupations de tout individu qui se respecte. Un brin d'agitation des peurs peut conduire à la déraison. Depuis quarante ans la délinquance n'a pas augmenté et pourtant le sentiment d'insécurité, alimenté par des politiques qui soufflent sur les braises, est plus fort que jamais.

Il se trouve que ceux qui convoquent l'insécurité à des fins électoralistes sont ceux qui précisément, comme Sarkozy en son temps au nom de la révision générale des politiques publiques, ont diminué les moyens de la police nationale en amputant ses effectifs d'au moins 10 000 équivalent temps plein. 

Mais même en pleine contradiction politicienne, les arguments pour un sécuritarisme outrancier sont d'autant plus crédibles qu'ils se fondent sur du vrai et perçus tragiquement comme une remise en cause de l'intégrité individuelle. La peur, qu'elle soit nourrie du réel ou de l'imaginaire, est mauvaise conseillère surtout lorsqu'elle est instrumentalisée par des gens qui s'accrochent au pouvoir sans mesure et hors de tout sens de l'intérêt général, faisant passer le leur bien avant.

Ainsi contribue-t-on à distiller dans la société une peur, diffuse mais réelle, qui pousse le sentiment d'insécurité dans une augmentation sans fin sans pour autant faciliter des solutions pérennes.

N'en déplaise aux va-t'en guerre civile, l'insécurité est (aussi et d'abord) une donnée subjective. Or, en ce domaine comme en d'autres, on ne peut être efficace si on ne fait pas l'effort de l'objectivation. Oui, contrairement à ce que prétend cette droite conservatrice qui inonde de ses propos démagogiques et primaires la plupart des plateaux télé, il convient de faire l'effort, non pas d'excuser bien sûr, mais d'expliquer et de "déconstruire" les phénomènes d'insécurité et de délinquance pour en connaître les raisons profondes. Expliquer pour s'éviter des solutions hâtives sans efficacité, faute de quoi notre société civile sera toujours condamnée à subir. 

Suite à des événements de délinquance cet été, des municipalités nouvellement élues, comme celle de Lons-le-Saunier par exemple, glissent sur la peau de banane sécuritaire dans des solutions trop immédiates pour etre bien pensées. La nouvelle municipalité divers gauche de Lons-le-Saunier décide, alors qu'il n'existait pas jusqu'ici de police municipale, d'en créer une. On soulignera le paradoxe de cette innovation : la gauche succède à une droite qui depuis trente ans avait fait le choix de ne pas en créer, se limitant jusqu'ici à une équipe d'agents de surveillance de la voie publique. 

La création de quatre postes de policiers municipaux, dans un contexte de pénurie financière imposée par les gouvernements successifs, ne manquera pas de grever un budget qui aurait pu servir à d'autres causes. 

A tout prendre, dans une question fermée, entre une police et un musée, j'aurais choisi ce dernier et rappelé à l'Etat ses responsabilités en matière de police. La création de polices municipales risque d'ailleurs d'encourager l'Etat à ne pas prendre des responsabilités qui sont les siennes. Ce transfert de charges est tout bénéfice pour l'Etat central.

Il conviendrait que l'Etat, et ce gouvernement plus précisément, travaille à restaurer la confiance de la population dans sa police nationale en lui donnant les moyens de fonctionner pour la paix civile, (tout en se gardant d'en faire, comme ce fut trop le cas ces dernières années, un outil de répression des libertés publiques.)

JMG





samedi 4 juillet 2020

Municipales Lons-le-Saunier : félicitations

C'est volontiers que je félicite la liste d'union conduite par J.Y Ravier, (qualifiée par l’administration préfectorale de divers gauche) qui a remporté les élections municipales à Lons-le-Saunier, c'est volontiers et avec plaisir que je le fais, car il était temps que la gauche gagne à nouveau à Lons-le-saunier tant les esprits se font durablement aux rentes de situation politiques.

Plus de trente ans que la ville n'avait pas vu ça, une municipalité qui ne fût pas issue de la droite.
J'avoue que je n'y croyais pas et j'ai déjà ici fait part de mes doutes voire de mes réserves. La gauche a gagné, c'est la promesse d'un changement. On ne sait encore exactement lequel, et de quelle gauche il s'agit, l'avenir et l'action le diront bientôt à la lumière du temps qui passe, mais cette liste bon an mal an veut bien se nommer ainsi, c'est tant mieux. Nous verrons bien si le mot pour une fois correspond à la chose

De plus s'est-elle opposée à une liste soutenue par le maire sortant, J.Pélissard, qui aura été le seigneur républicain de ce territoire pendant plus de trente ans, a-t-on vu beaucoup de princes régner aussi longtemps ? Pour faire des choses utiles à la populations et pour en faire d'autres qui le furent moins. Mais trente ans c'est beaucoup, c'est trop même, d'autant qu'on allait changer de tête sans changer de casquette en la personne de celui que J.Pélissard avait désigné comme son successeur, C. Bois, sympathique et souriant au demeurant mais sans que cela suffise au besoin de renouvellement.

C.Bois avait un frère ennemi (pas qu'un sans doute) et c'est cela qui l'a fait tomber, la droite s'est divisée, J.Pélissard aura raté cela aussi, à moins qu'il ne l'ait fait exprès en guise de cadeau d'adieu.
Un gagnant sans conteste dans l'ensemble du pays, ce fut l'association non formatée des pêcheurs à la ligne, une abstention qu'on avait jamais vue encore pour des élections municipales, et de cette abstention Lons-le-Saunier, à plus de 56%, n'aura pas été en reste. Bien sûr le coronavirus y aura été pour quelque chose, mais aussi, je l'avais souligné, la confusion en politique, qui parvient à nous faire prendre, à nous le peuple, des vessies pour des lanternes.

Donc voilà la gauche est au pouvoir municipal dans la préfecture du Jura.
Je remarque d'abord que la liste "citoyenne" soutenue par la France Insoumise, si elle n'a pas apporté de bien par le petit score qu'elle a fait, n'y a fait aucun mal. On avait craint (que n'avons nous pas entendu à ce sujet ) que sa présence aurait pu mener particulièrement à Lons, la gauche à sa perte. Il n'en a rien été bien sûr et le problème ne s'est même pas posé. La France Insoumise s'est faite l'artisane de sa propre défaite, au plan national comme au plan local, ne serait-ce que pour avoir rendu invisibles la plupart de ses listes. J.L Mélenchon a eu, semble-t-il, l’honnêteté de le reconnaître. Mais bon, passons.

Et donc je félicite les vainqueurs même si ce fut sur le fil, c'est le résultat qui compte et il fut inespéré. Dès lors tout peut s'annoncer possible pour le vivre en commun municipal, sans oublier personne des hommes et des femmes de bonne volonté, ils sont les plus nombreux. La tâche est ardue, et bien de nouveaux élus, parmi les plus sincères et les plus armés politiquement, n'en ont pas  réellement encore conscience. Passé le temps de la joie et de l'ivresse de l'avoir emporté, il faudra bien se mettre au travail, et résolument.

Le premier travail pour un élu c'est d'éviter d'avoir la grosse tête. Pour ne pas l'attraper, il convient d'avoir toujours un œil sur le programme annoncé pendant la campagne. Allié à l'expertise du réel, en général ça calme. Dans ma modeste carrière de fonctionnaire, qui plus est syndicaliste, j'aurai trop connu d'élus qui l'attrapaient bien plus vite (la grosse tête) qu'aujourd'hui on contracte le coronavirus.

Féliciter quelqu'un c'est l'encourager à être heureux, comme ici d'avoir été élu (avec d’ailleurs bien enfouies quelque consonances religieuses), mais c'est un bonheur relatif, précaire, délicat et glissant. 
Le seul bonheur qui vaille finalement c'est celui, le plus exigeant, de servir la population.
En gardant la tête froide et restant fidèle à ses valeurs comme prioritairement, la volonté de défendre le monde du travail  ainsi que les plus faibles en promouvant les services publics et les fonctions qui les accompagnent.

Sans plaisir forcément, le bonheur est là peut-être, à ne pas décevoir. Et donc bon courage.

JMG