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mardi 28 juin 2022
L’audiovisuel public toujours sous la menace
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La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge
mercredi 8 juin 2022
Police
La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge
samedi 30 avril 2022
L’unité : condition d’une victoire possible !
Premier ministre, pourquoi pas ? Jean-Luc Mélenchon, fort de sa « victoire » au premier tour des présidentielles qui lui donne le leadership à gauche, explore un moyen habile de continuer un combat qui aurait pu échapper à la France insoumise comme aux autres forces de gauche. Est proposé en effet à la gauche ce trou de souris qui pourrait lui permettre de n’être pas disqualifiée et mieux peut-être de parvenir à une victoire qu’elle n’espérait plus compte tenu d’un contexte politique abîmée par une extrême-droite qui s’est encore renforcée électoralement et idéologiquement.
L’article 20 de la Constitution de la Vème République dispose
que le gouvernement conduit la politique de la nation, gouvernement lui-même dirigé
par un premier ministre sur la base d’une majorité absolue ou relative. Cette majorité donnerait à ce
dernier sa confiance et son blanc-seing pour une politique qui ne soit pas celle
d’un Président de la République plus antisocial que jamais.
Ainsi E. Macron, Président nouvellement élu contre Marine Le
Pen avec près de 59% des voix, serait cependant dans l’obligation morale et politique
de nommer un Premier Ministre porté par des élections législatives victorieuses.
Mais voilà, pour cela il faut gagner ces législatives et pour
espérer avoir une chance, il convient d’arriver, dans un optimisme volontaire, à
une unité de toutes les formations politiques
qui se revendiquent des gauches sociales et écologiques.
Les élections législatives ne sont pas l’élection présidentielle.
Elles sont plus complexes, encore plus
incertaines du fait de particularités locales diverses et variées. La marche
est plus haute car au lieu d’avoir une seule élection on en compte 577, du nombre de députés qui composent l’Assemblée
Nationale. Il faut rendre cette Assemblée capable d’asseoir un Premier Ministre
chargé de la conduite de la nation dans une version parlementariste de la Constitution
et non plus quasi-exclusivement présidentialiste comme c’est le cas depuis la
dernière cohabitation de 1997 à 2002.
L’urgence dans ce contexte est d’élire 290 députés pour
espérer gouverner le pays et conduire une politique de gauche sur la base d’une
plate-forme commune reprenant les thèmes
essentiels que nous défendons depuis longtemps, fût-ce dans une formulation
propre aujourd’hui à LFI, à savoir notamment la retraite à 60 ans, le SMIC à
1400 euros, la planification écologique, la VIème République…
Urgent de s’entendre sur un seul candidat de gauche par circonscription.
Au moins 290 raisons ou conditions d’être unis. Le combat, dans l’unité, doit
continuer.
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La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge
samedi 16 avril 2022
Présidentielles : quelque chose de pourri au Royaume de…
Royauté en effet car notre République a quelque chose à voir encore avec les rois qui l’ont précédée. Deux monarques républicains potentiels sont en lice et pas des moindres, deux présidents possibles de la Vème République, en un « coup d’Etat permanent » qui donc pourrait être guidé soit par un thatchérien, soit par une extrémiste de droite, le choix en quelque sorte, entre la peste et le choléra. On peut avoir conscience que la peste peut être plus mortelle encore que le choléra, c’est pourquoi à sept jours du deuxième tour on me permettra d’être encore dans le doute et l’irrésolution.
La peste c’est l’attaque en règle
contre les immigrés en mettant un point final au regroupement familial, en réservant les aides sociales aux Français. C’est encore
instituer la préférence nationale pour le droit d’accès au logement et à
l’emploi, c’est expulser les immigrés qui sont au chômage, ou encore interdire
le voile dans l’espace public, autant de mesures qui risquent de mettre le pays
en état de guerre civile en distillant la haine dans les pensées et les comportements
contre des populations, ne le cachons pas, plus particulièrement visées.
Côté Thatcher, ou côté choléra
lequel est susceptible en même temps de susciter et d’entraîner la peste, nous
avons l’actuel Président qui, comme pour humilier encore plus le monde du
travail, veut instituer un retraite à 65 (ou 64 ans, on s’y perd au moins que
ce soit lui qui s’y perde) sans aucune justification économique, avec seulement
pour conséquence, et pas des moindres, d’aggraver les chiffres du chômage,
celui des jeunes en particulier avec le risque d’aviver un insupportable conflit
des générations. E. Macron c’est aussi conditionner l’attribution du RSA à des
heures travaillées gratuites alors que les gens, contrairement aux idées
inculquées par la droite, désespérément se battent pour obtenir un emploi qui
leur garantisse un revenu décent et une intégration sociale perdue.
C’est bien l’actuel président qui est le
responsable de la suppression des comités d’hygiène et de sécurité, c‘est bien
lui qui a supprimé l’ISF, institué le plafond des indemnités aux prud’hommes, et
entend maintenant procéder à une sorte de pré-privatisation de l’éducation
nationale.
Comment en est-on arrivé
là ? Comment se fait-il que plus des deux tiers des électeurs ne soient
plus politiquement représentés, et ce dans le cadre d’une Constitution qui
donne tous les pouvoirs au Président, y compris celui de façonner sa majorité
parlementaire ? Ainsi Marine Le Pen promet-elle de réformer la Constitution
pour mettre en place une proportionnelle dont le but, moyennant une prime
majoritaire à 30%, sera de lui donner les moyens de gouverner sans pour autant
donner davantage de pouvoir aux assemblées parlementaires.
Cette situation est
insupportable. Nos concitoyens vont devoir se prononcer entre deux candidats
qui se partagent des valeurs de droite ou d’extrême-droite alors que le pays
reste sociologiquement de gauche. Ainsi apprend-t-on que 75% des ouvriers
seraient prêts à voter Le Pen contre leur intérêt de classe. La désunion, particulièrement
au sommet de la gauche, n’est évidemment pas étrangère à la disjonction entre
la réalité électorale d’aujourd’hui et la situation politique ou sociologique du
pays.
La primaire populaire, malgré les promesses et
les espoirs, s’est avérée être un gâchis démocratique. Pourtant elle portait
l’idée et l’intention légitimes de la nécessaire union des gauches.
Loin de chercher la
responsabilité de tel ou tel, il s’agit éviter les anathèmes qui succèdent aux
lendemains qui déchantent. Il s’agit maintenant, après avoir appelé à battre
l’extrême-droite, et quel que soit le résultat final du second tour, de
recommencer, dans la perspective des législatives notamment, à travailler pour
une unité des forces de progrès autour d’une plate-forme qui puisse s’agencer
en effet autour du programme porté par le plus grand nombre à gauche, à savoir
aujourd’hui celui de la France Insoumise.
La bataille idéologique est loin
d’être terminée, elle est plus que jamais devenue cruciale. Le mouvement social
devra à nouveau, quel que soit le nom du chef de l’exécutif, prendre activement
le relais pour préserver les libertés publiques et défendre les sécurités
sociales et solidaires.
JMG
La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge
jeudi 24 mars 2022
Ukraine : la guerre est-elle pensable ?
Tout le monde ou presque, aura
été sidéré par la décision de Poutine d’envahir l’Ukraine dont le peuple pourtant
est si proche du peuple russe. Il est vrai que tout le monde ou presque aura été
endormi croyant qu’il n’y aurait plus possibilité d’une guerre à la papa, avec
des chars, des avions, des missiles, de
l’artillerie conventionnelle, toute une « esthétique » par-delà le
bien et le mal sortie d’images vues et revues de la deuxième guerre mondiale.
On pensait même, se fondant dans
une espèce de foi pour le progrès, que les batailles désormais se joueraient
par ordinateurs interposés, rendant virtuelles, par miracle numérique, toutes les
souffrances, civiles ou militaires. Pas tout à fait la guerre en dentelles mais,
quand même, une guerre aseptisée, modernisée, ce modernisme relevant, en
l’occurrence, de cette disposition d’esprit qui empêche au fond d’avoir une
vision tragique de l’histoire.
Les Américains dans leurs guerres
du Golfe n’avaient-ils pas donné le ton lorsqu’ils eurent envahi l’Irak tout en nous
abreuvant de ces « frappes chirurgicales » qui prétendument
épargnaient les populations civiles ? Ce n’étaient que des images mais qui
cachaient habilement la souffrance et la mort.
Côté russe il y eut la
Tchétchénie et la destruction de Grozny, et plus récemment la Syrie dans un
même sillon belliqueux comme pour répondre à l’intervention occidentale en
Lybie, avec ce même cortège de morts, de blessés, de souffrance. Mais c’était loin,
si loin que ces conflits-là n’avaient pas l’air de nous concerner. Les réfugiés
n’avaient même pas l’honneur d’être de véritables réfugiés mais simplement des migrants
qui selon les droites extrêmes entendaient nous voler nos richesses et
affaiblir notre si précieuse culture dans l’optique d’un « grand remplacement »
définitif. Deux poids deux mesures donc alors que ces guerres étaient si
semblables avec ses lots de violences absolues menaçant à mort l’espèce
humaine.
Notre capacité de compréhension
est largement entamée par une propagande venue des deux côtés mais aussi par
notre paresse à ne pas vouloir comprendre les enjeux géo-politiques.
Car ce n’est pas la fin de
l’histoire, elle continue sous nos yeux, écrite par des Empires qui n’ont pas
disparu et qui au contraire affirment leur existence par la violence faite aux
autres. Poutine n’en a pas terminé dans sa quête d’une grande Russie
impérialiste qui retrouve les frontières de l’URSS dont il disait que l’effondrement
avait été « la plus grande catastrophe géopolitique du vingtième
siècle ».
C’est au vacarme qu’elles
produisent qu’on reconnait les guerres mais comme nous ne l’entendons pas, ne
serait-ce que par la distance ou l’angoisse que « cela » nous arrive,
nous laissons aux Ukrainiens le soin de mener et supporter la leur. Nous ne
pouvons leur offrir que notre compassion, ou au mieux notre solidarité. Celle-ci
a tant de mal à se convertir en acte qu’on serait tenté de dire qu’elle ne sert
qu’à pacifier notre conscience.
L’enjeu est si fort, la menace
est si grande que les hésitations du camp occidental ne sont pas illégitimes.
Il ne faut pas mésestimer la puissance qui se tient en face, où l’émotionnel nationaliste
savamment et puissamment distillé le dispute à la folie d’un seul.
Le nationalisme russe se nourrit
d’une situation géopolitique où l’impérialisme occidental s’est aventuré à
l’extrême limite des frontières de la Russie actuelle. L’occident, et les
Etats-Unis en premier lieu sur lesquels paresseusement nous nous sommes
alignés, n’ont pas voulu mesurer toute la portée historique de la chute du mur
de Berlin.
La dislocation de l’URSS qui s’en
est suivie n’était pas le signe d’une illusoire fin de l’histoire mais bien l’avènement
d’une nouvelle alliance entre un impérialisme ancestral et un capitalisme
débridé.
Le camp occidental a fait
l’erreur de méconnaître l’histoire longue de la Russie tout comme Poutine aujourd’hui
fait l’erreur criminelle de nier l’existence du peuple ukrainien dans ses
dimensions patriotiques ou démocratiques. La montée et la prise effective de pouvoir
par Poutine n’est pas due au hasard, elle est le produit de rivalités
impérialistes qui demeurent.
A nous donc de comprendre, pour tenter
d’éviter le pire. Les sanctions contre la Russie risquent d’alimenter un nationalisme
mortel. Et pourtant, il faut bien agir et montrer à Poutine qu’il ne peut aller
plus loin. C’est aux Ukrainiens d’abord de relever ce défi tragique. Ils y
parviennent dans un héroïsme étonnant et admirable. Il faut les y aider mais sans
pour autant couper le dialogue avec les Russes. Poutine ne comprend que le
rapport de force, c’est une évidence mais on ne peut couper les canaux
diplomatiques avec une puissance disposée, comme l’a menacé l’homme fort du
Kremlin, à dégainer le feu nucléaire. Le fait même d’évoquer cette éventualité
participe à rendre plus grand encore le risque.
Il faut exploiter ce qui
ressemble sur le terrain à un début de défaite, les troupes de Poutine semblent
douter, jusqu’à peut-être la limite de l’enlisement, dépassées par la
détermination des citoyens ukrainiens. Raison
supplémentaire dans ce contexte de privilégier la voie diplomatique. Car
pendant ce temps, et c’est la stratégie de Poutine, des villes sont rasées dans
une escalade militaire qui se fait au rythme de l’intensité de la résistance. La diplomatie est plus que jamais un impératif
pour épargner des souffrances et des vies.
Les salariés en France, comme
dans l’ensemble de l’Europe n’ont aucun intérêt à ce que cette guerre perdure
et s’intensifie. L’impératif de la paix n’est pas discutable. Pour cela la
mobilisation massive des peuples doit imposer la paix.
Outre l’accueil des réfugiés, c’est
ce à quoi nous devons aussi nous attacher.
Jean-Marc Gardère
La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge
samedi 5 mars 2022
Abstention
La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge
samedi 8 janvier 2022
Voeux pour le syndicalisme
On aimerait une fois n’est pas coutume faire un vœu pour le syndicalisme, mais pas n’importe lequel. Notre société politique fait comme si le syndicalisme ne devait pas exister. Pourtant l’histoire comme l’actualité récente montrent combien il est déterminant pour la politique et la « gouvernance » du pays. On veut parler d’un syndicalisme de combat celui qui ne se contente pas d’accompagner les actes des gouvernements qui se succèdent depuis plus d’une trentaine d’année ; d’un syndicalisme qui entend encore façonner la société par des actions concrètes, visibles, et de fait établissent une pensée politique qui n’a rien à envier aux partis politiques parce que précisément il s’enracine dans une pratique riche, diverse et raisonnable, liée au réel de façon essentielle. Cette pensée pratique est commandée non seulement par la complexité des situations mais aussi et surtout, en un temps de capitalisme triomphant qui broie la nature et les hommes, par la nécessité résistante.
Le syndicalisme qu’il faut
défendre s’attache à sauver l’idée de la solidarité incarnée notamment, mais
pas seulement, par une sécurité sociale, comme socle essentiel de notre
République, attaquée de toute part par les courtisans d’un secteur privé qui en
demande toujours plus. Dire qu’il faut baisser les cotisations sociales, le
répéter à l’envi, pour que cela rentre bien dans le crâne de ceux pour qui réfléchir
est devenu un fardeau, appartient à une classe dominante aujourd’hui parée de
tous les pouvoirs. Ce sont ces oligarques aux fortunes financières de plus en
plus exorbitantes qui font la loi au travers d’une représentation politique
qu’ils mettent à leur service.
Ainsi en est-il, idée relancée
par le gouvernement Macron, d’une énième réforme des retraites comme si cet
enjeu politicien devait dépasser en importance la question de l’emploi laissée
en friche (à qui profite le crime ?) depuis des décennies.
Cette sempiternelle réforme des
retraites, devenue un instrument idéologique, a pourtant été mise en échec par
la mobilisation des syndicats, la CGT mais aussi la FSU ou solidaires. Le Covid
n’a pas grand-chose à voir avec ce recul du gouvernement même s’il a pu servir
de prétexte. La CFDT quant à elle semble désormais absente malgré qu’elle a été
consacrée premier syndicat de France, mais désormais incapable, à force de
capitulation et de volonté de composer avec le pouvoir, de mobiliser ses
adhérents contre les attaques significatives et caractéristiques contre le
monde du travail.
L’action syndicale reste donc
primordiale. Les syndicats, dans une société malade à cet égard, restent des
lieux privilégies de la démocratie attachée aux réalités sociales. Mieux que
les « think tanks » qui éclosent ici ou là dans le paysage politicien
les organisations syndicales qui n’abandonnent pas a priori la pensée critique
reste des lieux d’élaboration d’une pensée collective indispensable à une
transformation sociale modernisée.
Cela contribue à alimenter les
partis ou mouvements politiques qui se revendiquent de la gauche ou qui en ont
conservé l’esprit historique. C’est le cas indubitablement de la France
Insoumise qui puise son programme et sa conscience politique dans sa proximité
avec des militants appartenant aux syndicats dits « révolutionnaires ».
Il fut un temps pas si lointain
où les adhérents du Parti socialiste devaient obligatoirement appartenir à une
organisation syndicale, comme le prévoyait l’article 10 de ses statuts votés au
congrès d’Epinay. Cette obligation fut retirée, sans débat ou dans un silence
complice, alors que François Hollande était le premier secrétaire du parti. Le
fait a sans conteste accompagné le glissement du parti dans un néo-libéralisme
teinté, pour sauver les apparences, de quelques traces de social. Décidément
s’agissant de la décrépitude du PS, rien n’aura été fait au hasard.
Les organisations syndicales sont
par nature chevillées au monde du travail, elles en sont l’expression multiple
et démocratique. Nier les syndicats, ne pas les reconnaître comme des partenaires
du combat social, les mépriser comme on a tendance aujourd’hui à mépriser les
corps intermédiaires, n’est pas de bonne politique surtout lorsqu’elle ose se
revendiquer d’une gauche qui a été jusqu’à s’attaquer au Code du travail. Si on
avait davantage écouté et entendu l’ensemble de son personnel au travers de
leurs organisations, l’hôpital public pour prendre cet autre exemple crucial,
ne serait pas au point de rupture où il se trouve aujourd’hui.
Les syndicats, parce qu’ils
mettent la notion d’organisation au centre de l’action, parce qu’ils sont
enracinés dans les forces productives et servantes de ce pays, ont également
une fonction de lanceurs d’alerte. C’est pourquoi il est crucial d’agir contre
les discriminations syndicales dont sont trop souvent victimes les militants. Ces pressions
parfois violentes sont l’une des causes de l’affaiblissement et de la
vulnérabilité des syndicats.
Si le syndicalisme est affaibli,
c’est aussi qu’il a trop souvent ces
dernières années, subi des échecs cinglants, en butte à des pouvoirs politiques
inconscients et rétrogrades qui désespèrent ainsi le monde du travail. Le
syndicalisme est un ferment démocratique propre à défendre et renforcer la
république sociale.
De par sa situation de proximité
naturelle avec le mouvement ouvrier, Il est au cœur des problématiques et des débats
sur la ré-industrialisation du pays, sur les relocalisations des entreprises,
sur la défense de services publics, et contre les privatisations dont ceux-ci
sont la cible.
Faisons donc le vœu d'un syndicalisme suffisamment fprt et autonome, fondé sur une réflexion politique de défense de l'intérêt général, pour proposer et construire le progrès social et économique.
JMG
* article paru dans "Démocratie et Socialisme" de février 2022
La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge
lundi 27 décembre 2021
Fonction publique : laïcité, neutralité
Le statut de la fonction publique est l’objet d’attaques incessantes dictées par la remise en cause fondamentale de l’action de l’Etat par les néo-libéraux. Pourtant ce statut, qui a prouvé son efficacité y compris en terme de gestion des ressources humaines, préserve de surcroît la neutralité de services publics comme il nous garantit, en droit, des excès des prosélytes divers et variés. En tout cas il demeure un moyen pertinent de préserver le principe de laïcité.
Neutralité…
Le « devoir de stricte
neutralité » inhérente à la fonction publique, est indissociable de celle
du service public lequel doit être neutre dans ses effets et son exercice.
Il importe que l’usager des
services publics ne soit pas en mesure de déceler aucune appartenance politique,
religieuse, politique ou syndicale dans le comportement de l’agent public. La
notion d’agent public est indifférente à une quelconque condition statutaire,
il peut donc notamment s’agir d’un fonctionnaire titulaire comme d’un agent
sous contrat. Ce qu’on nomme le devoir de réserve du fonctionnaire est l’effet
principalement de la jurisprudence, il ne saurait faire obstacle à la liberté
d’expression : l’article 6 de la loi de juillet 1983 entend ainsi favoriser
l’émancipation d’un « fonctionnaire citoyen », expression chère à
Anicet Le Pors, en lieu et place d’un fonctionnaire sujet. On mesure (ou pas) la
tension qui potentiellement existe entre les exigences de la liberté d’opinion
et l’obligation ardente de contenir celle-ci aux limites de la neutralité du
service.
…laïcité
La loi dispose clairement que
l’agent « exerce ses fonctions dans le respect du principe de laïcité. »
A ce titre il s’abstient de manifester ou d’exprimer, dans l’exercice de ses fonctions,
ses opinions religieuses. Ce même article dispose que le fonctionnaire
« traite de façon égale toutes les personnes et respecte leur liberté de
conscience et leur dignité ». Il est à noter que le texte dans son
ensemble paraît hésiter entre la notion d’agent public et celle de
fonctionnaire, mais c’est parce que le statut de la fonction publique est sensible
aux soubresauts des réformes imposées par les gouvernements successifs. L’esprit
du texte ainsi que la jurisprudence retiennent et insistent sur la notion
d’agent public, qu’il soit fonctionnaire ou agent contractuel de droit public.
…au cœur même de la fonction publique
Le principe s’applique même
lorsque l’agent public n’a pas de relation directe avec le public. On pourra l’interpréter
comme la volonté d’inscrire la laïcité au cœur même de la fonction publique. La
liberté d’opinion ou d’expression en son principe ne doit pas porter atteinte
au fonctionnement régulier et à la continuité du service public. En revanche tout
agent est libre de ses opinions ou croyances et peut même à ce titre bénéficier
d’autorisations d’absence sous réserve des besoins du service évalués par la
hiérarchie.
L’article 3 de la loi du 24 août
dernier prévoit en outre (et de façon nébuleuse dans l’attente de décrets
d’application) que le fonctionnaire doit être formé au principe de laïcité. De
même la loi prévoit-elle désormais qu’il sera désigné au sein des services un
« référent laïcité » auquel tout fonctionnaire, et tout responsable
hiérarchique, pourra s’adresser pour tout conseil relatif au respect du
principe de laïcité. La loi du 24 aout 2021 ajoute que le référent est chargé
de l’organisation le 9 décembre de chaque année d’une journée de la
laïcité.
La loi du 13 juillet 1983 (Anicet
Le Pors) n’a pas fait l’objet à ce titre d’une modification fondamentale, elle assure
toujours que l’obligation de neutralité n’emporte pas que le fonctionnaire soit
incriminé ou inquiété en raison de ses croyances ou de ses opinions. De même
celles-ci ne devront en aucun cas figurer dans son dossier individuel ou, en
amont, ne pas faire obstacle à un recrutement dans l’administration.
Pour qui veut défendre la laïcité,
la fonction publique doit être la forteresse qui se dresse contre tous les fanatismes quels
qu’ils soient. Qu’elle soit le rempart contre les fantasmes et les discriminations qui seraient, selon l’idéologie
en vogue, dirigés en ce moment singulier de notre histoire contre telle ou telle
partie de la population.
« La République assure la
liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes, sous les
seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »
(article 1er de la loi de 1905)
JMG
La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge
samedi 11 décembre 2021
Unité à gauche pour combattre et battre les idées de la droite extrême
Pécresse gagne les primaires LR. Mais elle devra tenir compte de Ciotti qui a obtenu 39% des voix des adhérents. En interrogeant les programmes des deux finalistes nous devons en tirer un enseignement : la droite se renforce dans notre pays et devient de plus en plus extrême et rétrograde, emmenant avec elle une bonne part de l’électorat dans un délire qui reprend, entre autre expression de la haine anti-sociale, les termes rances de la xénophobie.
Ciotti n’hésite pas à développer
un programme anti social inégalé comme par exemple de remplacer la dégressivité
de l’impôt sur le revenu par une « flat tax » au taux unique de 15%. Comme
si les inégalités n’étaient pas déjà assez fortes dans notre pays ! Il
entend aussi réduire de façon drastique, voire faire disparaître, les
cotisations sociales pour les salaires de moins de 3000 euros. Ainsi se dessine la perspective de l’étranglement
financier de la protection sociale.
Pécresse n’est pas en reste même
si en la matière cela paraît un peu moins violent. Sous le couvert de vouloir
augmenter les salaires à hauteur de 10%, pour une dépense évaluée, on ne sait comment,
à vingt milliards d’euros, elle prévoit la suppression de 200 000 postes
de fonctionnaires ralliant ainsi une vieille surenchère de la droite. Cette mesure cache à peine ce que la droite à
terme continue de vouloir faire : réduire et fragiliser l’ensemble de la
fonction publique de manière à faciliter
et ouvrir le chemin des privatisations.
En matière d’immigration, les
deux candidats se lâchent emportés sans doute par la dynamique Zemmour. Pour la
droite la confusion va bon train entre immigration et islamisme. L’amalgame
sert très naturellement leurs enjeux politiques et électoraux. Pécresse veut
renforcer le contrôle des regroupements familiaux et limiter l’AME (Aide
médicale d’Etat) aux seuls cas d’urgence. Elle préconise de considérer comme
« majeur » tout mineur non accompagné qui refuse des tests osseux. Pécresse
présidente, le droit du sol ne serait plus automatique.
Ciotti, adepte du « grand
remplacement », veut aller encore plus loin, il propose sitôt parvenu aux
affaires un référendum en souhaitant instaurer le droit du sang et abolir le
droit du sol. Il préconise également la sortie de l’espace Schengen. Dans sa
« lutte contre l’islamisme » Ciotti veut interdire le voile islamique
pour les accompagnants scolaires, dans les services publics et dans les
universités notamment…
Pas grand-chose sur l’écologie : sauf que Pécresse comme
Ciotti veulent construire six EPR et d’instaurer une taxe carbone aux frontières
de l’Union Européenne.
Enfin sur la sécurité, les deux
premiers de la classe LR, rivalisent d’imagination avec un accessit particulier
pour Ciotti qui veut créer 39 000 places supplémentaires de
prison et rétablir les peines plancher. Il souhaite créer un « Guantanamo »
français pour lutter contre le terrorisme, et supprimer les allocations
familiales aux parents dont les enfants « ne respectent pas les lois de la
république ».
Quant à Pécresse, elle entend
instaurer des circonstances aggravantes pour les délits commis dans certains
territoires dits « quartiers de reconquête républicaine » (alors même
que la mesure serait contraire à la constitution).
La politique trop souvent se borne à prendre le peuple à témoin au lieu de le tenir pour juge