lundi 12 novembre 2018

Ni à droite, ni en arrière, pas d'en Marche dans les mairies

Et pas d'en Marche à la mairie de Lons-le-Saunier non plus. La droite on connait, ou à peu près, elle est notre adversaire, il faut continuer à la combattre au lieu de l'imiter comme l'a fait F.Hollande à bien des égards, notamment en conduisant une politique foncièrement néo-libérale sous la bannière "socialiste". Nous aurons encore longtemps à gérer ce mensonge.

Aujourd'hui, depuis près de deux ans, il est un autre mensonge, tout aussi nuisible pour le monde du travail que nous défendons, celui de se présenter, quelles que soient les élections, sous l'étiquette "En marche".
Se présenter sous cette étiquette, très souvent par opportunisme politique, après avoir même fréquenté d'autres tendances qui se disait  mensongèrement de gauche, c'est soutenir de fait une politique menée par un président, E.Macron, issu du milieu des affaires et dont le projet, qu'il l'avoue ou pas, est de détruire l'Etat social.

Soutenir "En marche" c'est condamner les systèmes de protection sociale qui ces dernières années se sont pourtant révélées utiles et nécessaires à amortir les crises économiques. Celles-ci ne manqueront pas de se reproduire dans un système économique hyper financiarisé et mondialisé dans lequel aujourd'hui nous sommes condamnés à évoluer. C'est condamner, en asséchant ses recettes, la sécurité sociale que le monde nous envie, mais qui inexorablement, à petit feu, est en train de disparaître sans que les Français ne s'en rendent compte. Les réveils, si rien n'est fait, pourraient être douloureux.

Votez "En marche" c'est soutenir la réforme inique de la fonction  publique. Cette réforme ne fait qu'anticiper et préparer plus largement encore la disparition, dans les territoires, des services publics en accompagnant ou en suscitant leur marchandisation. C'est fermer les hôpitaux publics, les bureaux de poste, les écoles, c'est persister à supprimer les communes premier échelon démocratique dans notre organisation administrative.

Votez "en marche" c'est donc soutenir une politique d'ultra-droite, sous le couvert d'un modernisme qui n'a rien à voir avec le progrès, en persistant dans une fiscalité foncièrement injuste et antiéconomique au service des plus riches et du pouvoir financier.

C'est pourquoi il est essentiel et vital de se battre pour empêcher ce parti de gagner les élections dans les territoires. Les prochaines municipales seront à cet égard décisives. Ni en arrière, ni à droite. Pour l'instant nous avons affaire à un duel droite-droite. Où est la gauche ?

A Lons-le-Saunier en particulier mais c'est vrai sans doute pour l'ensemble de la France, la population est pourtant attachée à la sécurité sociale, à l'école, au développement harmonieux des villes, à l’accessibilité et la qualité du logement social. Lons-le-Saunier sociologiquement est une terre de gauche, son passé l'a montré, attachée au principe de solidarité et de justice.

C'est pourquoi la gauche dans son ensemble doit se ressaisir, et proposer autre chose que l'impasse politique qui s'offre malheureusement à elle aujourd'hui.
Il reste à savoir quelle politique de gauche il est possible de mettre en place pour construire une ville écologique et sociale, malgré le contexte contraint imposé aux collectivité locales ces derniers années par l’État central. C'est encore possible en rassemblant la gauche, rien que la gauche, authentiquement écologique et sociale.

Le premier travail sera donc d'évaluer et de déterminer quelle est la demande sociale qui s'exprime aujourd'hui dans une ville comme Lons-le-Saunier.

Il serait temps de s'y mettre, et ce ne sera qu'une première étape.

JMG

jeudi 8 novembre 2018

Pétain de polémique !

La ficelle était un peu grosse mais ça pouvait marcher, mais pouvait seulement, au conditionnel. Dire de Pétain qu'il avait été un grand soldat pouvait permettre à Macron d'effacer les polémiques ou les contestations en cours, sur la hausse des taxes des carburants ou sur d'autres présentes ou à venir.
E. Macron n'est pas un innocent sur ce coup-là, mais juste un peu naïf, il pensait que son propos sur Pétain pouvait servir de contre-feu à faire oublier ceux qui couvent ou qui brûlent déjà, qui peuvent se révéler encore plus dangereux pour lui.

Sur le fond, même si cela peut paraître un détail, il est permis de douter que Pétain fût réellement un grand soldat. Il le fut certainement moins que tous ceux qui moururent dans les tranchées, sous le feu, noyés dans la boue, écrasés et broyés par les obus, étouffés et brûlés par les gaz. Il fut un chef de guerre, d'une guerre totale, cruelle, insensée, absurde. Un chef qui ordonna des exécutions de soldats lors des mutineries de 1917.
On rapporte aussi qu'à la toute dernière partie de la guerre, devant d'ultimes offensives allemande, il fut pris de panique et crut que tout était définitivement perdu, prêt à capituler, déjà. Grand soldat ?

Et puis surtout, bien sûr, il y eut la deuxième guerre mondiale, celle de la collaboration avec l'ennemi, celle de l’infamie, contre les juifs, les tsiganes, les résistants, les multiples victimes de la barbarie nazie.
Évoquer la mémoire de Pétain à ce moment de célébration et de mise à l'honneur des combattants n'est pas le fait du hasard. Ne s'agit-il pas d'un calcul maladroit malgré une spontanéité apparente ou trompeuse ?

Macron n'a pas la stature de Gaulle qui, parce qu'il avait vécu deux guerres mondiales et en avait été un acteur important, avait pu en 1966 dissocier le vainqueur de Verdun du chef complice de l'Allemagne nazie.
E. Macron ne se doutait-il pas que la polémique allait venir ? Ne voulait-il pas en somme ratisser large ? Espérant peut-être que ce qui se trouve à l'extrême droite puisse lui être redevable ?
C'est loupé semble-t-il, on l'espère en tout cas.

JMG

samedi 27 octobre 2018

Colère

Comment, comme Mélenchon dernièrement, ne pas se mettre en colère devant le spectacle de cette société française de plus en plus inégalitaire, piégée dans une pensée idéologique unique que distille quotidiennement une presse dépendante des pouvoirs financiers ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit, une presse aux mains de quelques-uns qui, au passage, justifie et légitime une justice de classe, laquelle utilise des procédures initialement élaborées contre la grande criminalité ou contre le terrorisme.
Ces textes, comme cela a été le cas ce mois-ci contre le parti de Mélenchon, servent aujourd'hui à de la répression politique ou syndicale conduite par un pouvoir de type thatchérien : il en est notamment de la  loi Perben du 9 mars 2004 ou bien plus récemment des textes confortant de fait un état d'urgence ennemi des libertés publiques.

Cette réalité est de plus en plus difficile à cerner et à dénoncer. Si les journalistes pris individuellement ne sont pas en cause, s'ils font dans leur grande majorité leur boulot comme il doit être fait dans les règles de l'art, il est clair en revanche que les médias sont concentrés aux mains d'une oligarchie bien identifiée, si concentrée que le résultat ne peut être que partial, le travail journalistique dès lors, à son corps défendant, étant condamné à servir une idéologie, voire à alimenter une propagande éloignée d'une information digne de ce nom.

On ne peut défendre efficacement les journalistes si on ne se bat pas pour le pluralisme de la presse. La réponse est à la fois économique et politique. La "gauche" sous Hollande, qui avaient tous les pouvoirs entre 2012 et 2017, aurait pu, si elle avait voulu, apporter des réponses à cette question essentielle pour la démocratie, elle ne l'a pas fait, atteinte par l'aveuglement néo-libéral qui fut le sien dans la période. 

Aujourd'hui et depuis maintenant un certain nombre d'année, les journalistes les plus en vue sont des idéologues qui demeurent dans le moule des grands propriétaires de presse.https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA 
Il n'est guère que quelques journaux qui échappent peu ou prou à ce modèle économique hautement financiarisé, l'Humanité, Marianne*, Médiapart (oui, Mediapart), le Canard, Le Monde Diplomatique (et certainement pas le Monde tout court), pour ne citer que les principaux...

On ne peut ignorer que c'est dans ce contexte que se déroule, à armes inégales, le combat politique.

JMG

*mais dommage aussi pour Marianne dont un ami me dit que l'hebdomadaire vient d'être racheté par un milliardaire

vendredi 5 octobre 2018

"Réformes" et ruines

Le pouvoir politique aujourd'hui en France, et depuis quelque temps, de par sa faute, n'a plus prise sur le réel. Il lui reste à se faire remarquer et à occuper la place pour surtout ne pas la laisser à d'autres. Le pouvoir n'est plus à construire un objet politique nouveau qui fût innovant, structurant, rassembleur, véritablement progressiste.
Il lui reste alors à détruire ce que d'autres pendant des années ont patiemment construit et édifié parfois dans la souffrance et la lutte, souvent dans l'inconfort et l'incertitude.

Cette façon de faire (plutôt de défaire), en la cachant derrière le rideau d'une communication le plus souvent mensongère, aura été l'affaire des trois ou quatre derniers quinquennats avec une mention spéciale pour le tout dernier, celui qu'aujourd'hui nous subissons avec plus ou moins d'esprit de résistance. L'enjeu est d'importance puisqu'il s'agit de la pérennité ou non de l'Etat social dont l'idée est née à la fin de la dernière guerre mondiale.
Ces destructions successives, massives, qui cachent un changement de société réel dans le seul intérêt d'une finance qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, ces destructions se font appeler "réformes".

Dans le moment Macron, que revêtent ces "réformes", quelles formes prennent-elles ? Elles sont annoncées comme des progrès, le peuple français serait à la traîne, il ne saurait accepter aucune idée de changement ce qui constituerait une tare même si tout cela le ramenait à une époque de non-droits.

 Il s'est agi par exemple de la réforme de la SNCF qui vise à terme à sa privatisation pure et simple dans le cadre d'une concurrence illusoire et néfaste, mais c'est aussi la loi Pacte qui prétend libérer les entreprises alors qu'elle programme des privatisations d'entreprises les plus rentables comme la française des jeux, engie, l'aéroport de Paris...
"Réforme" encore dans la fonction publique que l'on voudrait purement supprimer en lui enlevant sa substance statutaire au travers notamment d'un plan, CAP  22, qui prévoit déjà la suppression de 120 000 emplois de fonctionnaires.

Notons aussi, et ce n'est pas la moindre des choses, la disparition programmée de la sécurité sociale qu'on ampute de ses recettes. On abaisse brutalement les cotisations sociales (que les media avec le gouvernement dénomme "charges") en faisant croire aux salariés que leur salaire de ce fait augmente. C'est le contraire puisque le salaire brut lui diminue, salaire brut qui précisément fonde l'ensemble des prestations sociales qui jusqu'ici ont pu bâtir  le socle d'une société solidaire et moins inégalitaire.
 
L'idéologie de l'ultra-libéralisme a donc envahi les cerveaux, fragiles ou serviles, de gouvernants que le peuple a installés ou laissé installer au pouvoir. Parfois même ces "réformes" sont accompagnées voire soutenues par des syndicats "réformistes", tels l'UNSA ou la CFDT, qui de fait semble avoir renoncer à la défense du monde du travail.

 Le bilan de Macron au bout d'un an est déplorable. Les "réformes" évidemment ne donnent rien  en terme de créations d'emploi ni même en termes de "croissance".

On aura compris que Macron est bel et bien le président des riches, ses réformes ne visent qu'à servir une oligarchie sourde à l'intérêt général du pays.

JMG


mardi 2 octobre 2018

Déclaration

Camarades,

Barcelone étant désormais réservé,
et de toute façon ne sachant pas parler le catalan,
Banyuls et Pontarlier (anis à l'ancienne) n'étant qu'en France et pas ailleurs,
et après avoir renoncé à Malaga (après beaucoup d'hésitation),
c'est solennellement que je vous annonce que je suis le prochain maire de Porto,
(qu'on se le dise, en portugais)

 JMG

mardi 25 septembre 2018

Encore une, et pas des moindres


Le gouvernement nous prépare une énième réforme des retraites comme si celles de 93, 2003, 2010, 2012…n’avaient pas suffi ! Celle qui advient devrait en remettre une couche s’agissant de l’abaissement programmé des retraites. Cette réforme comme les autres concerne tout le monde, les retraités comme les actifs. Pour l’heure le gouvernement semblerait hésiter encore entre le régime par points et le système notionnel. Les deux relèvent d’un système par répartition, c’est-à-dire que les salariés d’aujourd’hui contribuent par leur cotisation et de façon solidaire aux retraites d’aujourd’hui.

Dans le système par points, le montant de la retraite se calcule en considérant l’ensemble de la carrière et non plus, comme c’est le cas encore aujourd’hui,  en extrayant les meilleures 25 années pour le secteur privé ou les 6 derniers mois pour la fonction publique.
Ce système au passage permettrait au gouvernement et au patronat de se débarrasser de la question de la date butoir, plus besoin de savoir si celle-ci est fixée à 60, 62, 65 ou 69 ans voire plus, c’est le futur retraité qui choisirait sa date de départ en toute liberté. Cette liberté est bien entendu illusoire, il est clair que beaucoup seront enclins à aller le plus loin possible. Ainsi verra-ton des salariés encore au boulot alors qu’ils auront atteint jusqu’à 80 ans peut-être, comme déjà aux Etats-Unis.
Dans ce système la valeur du point évoluerait donc en fonction des prix à la consommation hors tabac et du salaire moyen des cotisants.

Autre système, les comptes notionnels individuels calqués en partie sur les fonds de pension, puisque intervient la notion de capital, mais seulement virtuel. Le montant de la retraite résulte de ce « capital virtuel » accumulé tout au long de la carrière par ses cotisations associé à l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient le salarié au moment de son départ à la retraite.
Plus l’espérance de vie s’accroit moins le montant de sa retraite sera élevé comme une invite à ne pas mourir trop tard ou bien à choisir un âge de départ à la retraite  suffisamment tardif pour ne pas entrer dans la pauvreté voire la misère.
Il est un troisième système que pourrait choisir le gouvernement c’est un mixte des deux comme l’a fait déjà la Suède ou l’Italie.

Au total, la réforme envisagée, loin de permettre une plus grande égalité entre les salariés permettra surtout à Macron et son gouvernement de baisser sensiblement le niveau des retraites, baisse évaluée à 15 % au moins dans le meilleur des cas.  Il est temps de faire contribuer les milieux financiers au nécessaire équilibre du système. Des syndicats telle la CGT continuent à raison de revendiquer une hausse générale des pensions indexée sur les salaires avec un retour sur la possibilité de partir à soixante ans, voire cinquante ou cinquante-cinq ans pour les métiers les plus pénibles.
Il s’agit aussi d’augmenter les salaires, tout en revendiquant l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Le pouvoir devrait prioritairement faire baisser le chômage car c’est là que réside la raison principale du déséquilibre. Au contraire il supprime des emplois publics, le candidat d’en Marche en 2017 envisageait d’en supprimer 120 000 ! Il semble ne pas avoir abandonné son projet désastreux pour le pays.

A nous de nous mobiliser et de résister.

JMG

jeudi 30 août 2018

La vacance de M.Hulot

Nicolas Hulot aura été pendant plus d'un an la caution écologique du pouvoir macroniste. Un an c'est long. Surtout que rien n'aura été fait, malgré le cache-sexe de petites mesures comme l'interdiction des pailles en plastique...
Cette année aura donc spectaculairement oblitéré la politique qu'il aurait fallu mener pour se hisser à la hauteur de l'urgence écologique et économique, le terme économique étant pris ici au sens littéral. Il y lieu en effet d'économiser la planète en lançant une politique permettant une transition énergétique plus que jamais urgente et nécessaire.

Non, durant plus d'un an, et depuis des lustres malgré ce que l'on savait déjà, rien n'aura été fait pour enclencher une véritable et salutaire transition énergétique. Qu'en est-il par exemple de la question nucléaire qui, véritable épée de Damoclès, menace notre pays ? Macron est peut-être un petit génie politicien mais un mauvais politique dont nous n'avions nul besoin comme Président de la République. Nous n'avions pas besoin non plus d'un premier ministre ancien responsable d'Areva. Tout cela fait un peu désordre, climatique surtout. Enfin, semble-t-il, l'opinion commence à s'en convaincre et la démission de Hulot aura peut-être servi à ça.

Hulot, pourtant ministre d'Etat, a été méprisé par E. Macron. Mais on ne veut pas croire qu'il fût assez naïf pour penser que les dirigeants gouvernementaux, dont il était, avait la ferme intention de mener une politique qui fût tant soit peu en lutte contre le réchauffement climatique et ses terribles et désormais prévisibles conséquences.
Une transition énergétique ne se fera pas si on laisse le "marché" faire de la politique. Pour sauver la planète, il faut des moyens, des moyens publics contrôlés démocratiquement. Or la politique gouvernementale est fondée tout d'abord sur une baisse drastique de la dépense publique pour respecter l'orthodoxie européiste ( par ex. la fameuse barrière des 3% des déficits publics) et pour favoriser des intérêts privés en dépit d'un intérêt général idéologiquement et pratiquement mis à mal.

La défense de l'environnement passera d'abord par l'abandon pur et simple de mesures inefficaces et dangereuses, causes de paupérisation de l'ensemble de la population et de l'asphyxie de l'action publique. Prenons l'exemple du CICE doublement repris par Macron mais inventé par Hollande qui l'avait placé dans une boîte à outils miraculeuse pour soit-disant sauver l'emploi et relancer la croissance. Aujourd'hui cela représente encore plus de vingt milliards par an de cadeaux faits à des entreprises, que ce soit sous forme de réduction d'impôts ou d'exonérations de cotisations sociales, des entreprises qui n'en ont pas réellement besoin et qui surtout oublient de renvoyer l’ascenseur en terme social ou écologique.
Ce sont donc finalement les marchés financiers et les actionnaires qui en profitent. Le mal est bien là. Non seulement cette politique a des effets en terme de violences sociales mais c'est de l'argent en moins pour des investissements écologiques programmés.

Le capitalisme financier ne permettra jamais, par nature, un développement harmonieux. ll y a donc lieu de se battre pour imposer partout, en Europe, mais d'abord dans notre pays, l'abandon des politiques monétaristes. Il convient au contraire d'exiger une régulation financière sans laquelle rien ne sera possible en matière écologique.

Sinon le spectacle, "hulotisé" ou pas, continuera encore longtemps au détriment du réel.

JMG




dimanche 29 juillet 2018

Macron président des riches, et des violents ?

Macron comme il a dit lui-même a pris le pouvoir par effraction, il l'a dit, reconnu, c'est son penchant bonapartiste. Il a une conception du pouvoir qui en appelle à la violence. Qu'il ait recruté un homme comme Benalla, en parallèle des forces de police régulières, témoigne de sa propension à contourner les règles et à abuser d'un pouvoir rendu déjà exorbitant dans une version présidentialiste de la Constitution de la Véme République.

Le contre-pouvoir que semble exercer les commissions d'enquête parlementaires, celle en tout cas formée par le Sénat, est de bon aloi mais demeure exceptionnel et d'abord motivé par la nécessité pour la droite de se recomposer sur le dos d'un macronisme qui semble-t-il a déjà mangé son pain blanc. Reste à consommer le noir, ce qui promet encore à notre démocratie quelques heures difficiles.

Les violences dans les manifestations ne datent pas d'hier, mais elle ont pris aujourd'hui une tournure singulière que l'on pourrait dater de la période Hollande-Valls, c'est en effet sous ce règne que s'est installée une violence pour imposer des réformes néo-libérales remettant en cause les droits acquis du monde du travail. Le fait que la loi  travail ait été poussée par des gens provenant de la "gauche" historique constituait déjà une violence d'ordre moral qui ne pouvaient qu'être accompagné par ses avatars physiques.

L'arrivée "effractive" de Macron, fils de Hollande, frère ennemi de Valls, n'a fait qu'amplifier, en plus lisible encore, cette violence. Les réformes telles que celle de la SNCF ou les suppressions massives de postes dans les fonctions publiques déstructurent la solidarité nationale aux dépens des classes les moins favorisées de la population.

On a pris coutume dans les media comme dans la classe politique de faire porter la responsabilité des dérapages, plus ou moins graves selon les manifestations et sans les distinguer des véritables casseurs, sur les manifestants eux-mêmes ou sur les syndicalistes, ceux en particulier de la CGT qui plus clairement que les autres appelaient à une résistance non violente mais ferme et combative.
On taisait dans le même temps les exactions et violences policières qui ont pu, de manière significative, se produire ici où là dans les manifestations du mouvement social. En février 2017 le Haut-Commissariat des droits de l'homme aux Nations-Unies dénonçait le nombre croissant des exactions policières en France.  On se doutait par ailleurs qu'il existait des forces para-policières dont le but était de décourager les simples citoyens de manifester afin d'isoler et de discréditer les organisations syndicales dans leur action.

L'affaire Benalla révèle au grand jour cette réalité, que ces exactions étaient permises voire encouragées au plus haut sommet de l'Etat quitte à la négation par nos "élites" des valeurs républicaines.

La République ne peut tolérer le retour des barbouzes. Certes l'affaire Benalla de par la variété de ces épisodes et de ses rebondissements est "une affaire d'été" qui finira par s'éteindre au bon vouloir des media.
Mais elle reste à jamais une véritable affaire d'Etat de par l'implication directe du Président de la République pourtant garant des institutions.

JMG

mercredi 18 juillet 2018

On est les champions !

Le porte-avions Charles de Gaulle dans le port de Toulon le 17 juillet, pièce maîtresse et fleuron de la Marine Nationale, mais potentiellement dépendant de "l'administration américaine" comme on dit joliment, cela depuis la vente à General Electric en 2015 de la branche énergie d'Alstom, secteur stratégique en matière nucléaire.
Gloire à François Hollande, Emmanuel Macron qui était alors ministre de l'économie, à tous nos responsables politiques ainsi qu'à nos premiers de cordée, les dirigeants de nos grandes sociétés industrielles dont la compétence est le plus souvent inversement proportionnelle à la rémunération, et qui sont capables de ce genre de coup "économique".
Mais rien de grave, car on est champion du monde de football, vous vous rendez compte, champion du monde !
JMG
 


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