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dimanche 29 juillet 2018

Macron président des riches, et des violents ?

Macron comme il a dit lui-même a pris le pouvoir par effraction, il l'a dit, reconnu, c'est son penchant bonapartiste. Il a une conception du pouvoir qui en appelle à la violence. Qu'il ait recruté un homme comme Benalla, en parallèle des forces de police régulières, témoigne de sa propension à contourner les règles et à abuser d'un pouvoir rendu déjà exorbitant dans une version présidentialiste de la Constitution de la Véme République.

Le contre-pouvoir que semble exercer les commissions d'enquête parlementaires, celle en tout cas formée par le Sénat, est de bon aloi mais demeure exceptionnel et d'abord motivé par la nécessité pour la droite de se recomposer sur le dos d'un macronisme qui semble-t-il a déjà mangé son pain blanc. Reste à consommer le noir, ce qui promet encore à notre démocratie quelques heures difficiles.

Les violences dans les manifestations ne datent pas d'hier, mais elle ont pris aujourd'hui une tournure singulière que l'on pourrait dater de la période Hollande-Valls, c'est en effet sous ce règne que s'est installée une violence pour imposer des réformes néo-libérales remettant en cause les droits acquis du monde du travail. Le fait que la loi  travail ait été poussée par des gens provenant de la "gauche" historique constituait déjà une violence d'ordre moral qui ne pouvaient qu'être accompagné par ses avatars physiques.

L'arrivée "effractive" de Macron, fils de Hollande, frère ennemi de Valls, n'a fait qu'amplifier, en plus lisible encore, cette violence. Les réformes telles que celle de la SNCF ou les suppressions massives de postes dans les fonctions publiques déstructurent la solidarité nationale aux dépens des classes les moins favorisées de la population.

On a pris coutume dans les media comme dans la classe politique de faire porter la responsabilité des dérapages, plus ou moins graves selon les manifestations et sans les distinguer des véritables casseurs, sur les manifestants eux-mêmes ou sur les syndicalistes, ceux en particulier de la CGT qui plus clairement que les autres appelaient à une résistance non violente mais ferme et combative.
On taisait dans le même temps les exactions et violences policières qui ont pu, de manière significative, se produire ici où là dans les manifestations du mouvement social. En février 2017 le Haut-Commissariat des droits de l'homme aux Nations-Unies dénonçait le nombre croissant des exactions policières en France.  On se doutait par ailleurs qu'il existait des forces para-policières dont le but était de décourager les simples citoyens de manifester afin d'isoler et de discréditer les organisations syndicales dans leur action.

L'affaire Benalla révèle au grand jour cette réalité, que ces exactions étaient permises voire encouragées au plus haut sommet de l'Etat quitte à la négation par nos "élites" des valeurs républicaines.

La République ne peut tolérer le retour des barbouzes. Certes l'affaire Benalla de par la variété de ces épisodes et de ses rebondissements est "une affaire d'été" qui finira par s'éteindre au bon vouloir des media.
Mais elle reste à jamais une véritable affaire d'Etat de par l'implication directe du Président de la République pourtant garant des institutions.

JMG

vendredi 16 juin 2017

La position du démissionnaire

Ça y est ils m'ont démissionné, ils y ont mis le temps mais c'est fait. Je viens de recevoir un brillant mail du premier secrétaire de la fédération PS du Jura, Marc Henry Duvernet, dit Marco, (qu'on ne pourrait confondre avec le sous-commandant Marcos), mail qui finit par un cordial mais banal "cordialement".
Jusqu'à présent les lettres, missives, messages du parti socialiste qui m'était gentiment destinés se terminaient toujours par "salutations socialistes" ce qui entre nous ne manquait pas de sel pour une formation politique dont beaucoup de responsables manquèrent, c'est le moins qu'on puisse dire, à leurs devoirs de défense de la république sociale.
De même, jusqu'à aujourd'hui, les messages débutaient par un tonitruant "camarade", à vous donner l'envie, même en plein été, de faire le matin au pied levé une ou deux Révolution d'Octobre. Nous nous serons contentés de quelques évolutions bien timides sans compter les plus amères à mon goût, loi travail, CICE, etc...

Le mail débute par un poli "Madame, Monsieur". La classe ! Franchement je ne m'attendais pas à une telle promotion, j'y perds peut-être en énergie mais y gagne en considération.

A moins d'une discrimination flagrante, certains indices me donnent à penser que je n'aurai pas été le seul à être démissionné, car en plus du "Monsieur" (que j'ai bien pris pour moi) il y aurait aussi une "Madame", au moins une. Je pensais que c'était déjà fait, peut-être s'agit-il de la candidate investie par la République en marche (République en marche qui d'ailleurs, l'avez-vous vu, commence de boiter).

Combien sont-ils ou t-elles dans la charrette des démissionnaires ? El Khomry par exemple en fera-t-elle partie ? Une frayeur tout à coup : j'aimerais pouvoir choisir la mienne de charrette, je n'aimerais pas être embarqué dans une où se trouveraient des admirateurs de Macron, de Valls ou de Hollande. Il n'est pas question pour moi, même en ces temps politiquement bouleversés, de confondre les torchons et les serviettes.

Ceci étant je trouve normal l'honneur qui m'est ainsi donné, même si "démissionnaire" (terme employé dans le courrier) dans les faits je l'étais depuis longtemps ; en raison déjà de mes prises de position qui m'ont bien valu quelques engueulades, au conseil fédéral ou dans d'autres instance du parti.

C'est donc la règle et je ne la remets pas en cause, j'ai trop demandé par le passé que les règles soient respectées pour aujourd'hui m'en plaindre et quémander le contraire. C'est d'ailleurs ce qui me chagrine le plus : me faire rappeler à l'ordre par des gens qui, sans vergogne parfois, pouvaient allégrement les contourner.
J'aurais dû peut-être prendre les devants, démissionner moi-même avant de devenir un démissionnaire "à l'insu de son plein gré". J'estime cependant que ce n'était pas à moi de partir le premier.

J'avais prévenu, ici même, ou ailleurs à plusieurs reprises. Mon seul tort, ceci dit sans me vanter, a été d'avoir raison trop tôt. Et mon regret de n'avoir pu, avec d'autres camarades, changer les choses avant que n'arrive à gauche la catastrophe que nous connaissons aujourd'hui.

Et donc la voilà ma faute : j'ai soutenu le candidat de la France Insoumise (ici) au lieu de soutenir Marco qui avait l'investiture officielle du PS aux législatives.

C'est ce choix mûrement réfléchi, à mes yeux politiquement cohérent, qui me vaut cette appellation d'origine contrôlée.
 "Démissionnaire", c'est-t-y pas beau ça ?

JMG

mercredi 10 mai 2017

pour rire "en marche" ou en courant

Devant la naissance de tous ces mouvements, j'ai décidé de créer le mien qui s'appellera "en courant"

Les réformes ainsi seraient plus rapidement mises en place ( "en marche" à côté ce sera vraiment nul question vitesse) et en même temps ce nouveau truc pourrait servir à tous ceux qui n'ont pu trouver refuge dans les autres au terme d'une carrière politique plus ou moins bien aboutie (Manu, si tu m'entends)

La nature des réformes ne sont pas encore connues exactement (elles seront malgré tout dans l'air du temps, du genre pas trop pour les pauvres) mais c'est pas grave car, quelles qu'elles soient, elles ne sont jamais bien regardées par le grand public qui a certainement d'autres chats à fouetter que de s'emmerder à lire un programme qui pourra à peine être appliqué et ce pour des raisons diverses et absolument indépendante de ma volonté

J'aimerais avoir des avis pour savoir si ça vaut le coup mon truc
mais il vous est possible dès maintenant de déposer votre dossier de candidature au cas où vous voudriez vous présenter aux législatives au nom de ce nouveau courant "d'en courant"

vous voudrez bien mettre votre photo
je vous dis tout de suite, je ne vous prend pas en traître, je ferai très attention à la forme, à l'esthétique, à la communication, à toutes ces choses dont les imbéciles ou les naïfs en politique n'attribuent que très peu d'importance

jmg

mercredi 3 mai 2017

Le Pen, là où ça fait mal

Le risque est grand qu'on ait Le Pen à l'issue du deuxième tour, le risque est grand qu'on ait Macron. La question, ne serait-ce que pour la suite, est de savoir pourquoi on en est arrivé là. Pour l'heure cette question demeure tabou, comme il est impossible de ne pas dire qu'on doit voter Macron.
Et donc est morte toute possibilité de pensée politique. On espère juste que ce soit provisoire.

C'est pourquoi pour ma part je garderai le secret de mon vote, secret que pour une fois je revendique, je le planquerai dans l'isoloir lequel ainsi retrouvera sa raison d'être, merci aux Républicains, les vrais, qui l'ont inventé. Il est un barrage, le seul qui semble nous rester, au macron-lepénisme d'aujourd'hui.

On espère que nous sortirons vite de cette situation ubuesque, dangereuse pour la démocratie, on souhaite que chacun à sa manière aura résisté à cette propagande finement ou grossièrement diffusée par des media détenues en France rappelons-le par une dizaine de milliardaires, comme Bolloré, Niel, Bouygues, Dassault, Bergé, Pinault, Drahi, Pigasse et Lagardère.

Il y a donc un loup (ou une louve) quelque part. Il faudrait obligatoirement se prononcer pour Macron, avec optimisme nous dit-on, comme si l'optimisme pouvait se commander.
C'est ballot, mais qu'on le veuille ou non, voter Macron c'est soutenir le CETA,  voter aussi pour une loi travail encore plus nocive encore que celle qui vient de nous être imposée par Valls-El Khomry...Le jeune homme Macron encore à ministre à Bercy aurait été vexé que sa loi initiale n'ait pas été reprise dans sa violente intégralité.
Il veut donc, aussitôt élu, en remettre une couche, sa couche à lui. Grand bien lui fasse le bougre, mais à nos dépens. Il faudrait donc se prononcer entre Macron et Macron, un peu limité comme choix démocratique, on en conviendra. Puisque l'heure est à l'imprécision des concepts ou des termes, on pourrait même parler de fascisme mais d'un fascisme rampant.

Et donc pourquoi cette situation ? Surtout à l'issue d'un premier tour où les candidats de gauche ont finalement perdu même si c'est brillamment comme JL Mélenchon. On peut remonter très loin, mais il nous suffira seulement de faire le bilan d'un quinquennat pour lequel nous avons apporté nos suffrages en 2012. Le président élu représentait alors la gauche, du moins l'avons nous cru. A la place nous avons eu la victoire de la finance dans un cadre monétaire européiste qui malgré les promesses françois-hollandaises n'a jamais été remis en cause.
Pour faire bonne figure aux yeux d'une Merkel intransigeante aucun traité européen n'aura fait l'objet d'un ré-examen salutaire.
Hollande, Macron, Valls ont été plus loin encore que les exigences bruxelloises puisqu'en plus de la règle d'or budgétaire, ils nous ont offert le pacte de responsabilité et le CICE avec ces 40 milliards d'argent public jeté par les fenêtres, gabegie accompagnée de toutes les souffrances sociales visibles ou invisibles.

Là où ça fait mal c'est que Marine Le Pen s'est contentée fort opportunément de reprendre cet argumentaire, et de s'adresser sans en avoir l'air aux masses populaires, c'est pourquoi elle s'est banalisée et a pu s'implanter dans le cœur des plus faibles ceux-là même que la gauche dite gouvernementale a abandonnés depuis longtemps déjà, depuis trente ans au moins.
Macron est le bébé cadum de cette démission politique et de cette absence de pensée.

C'est pourquoi, en attendant les législatives de juin pour lesquelles on se doit malgré tout de nourrir quelque espoir, vous me permettrez dimanche de m'isoler un peu.

JMG





mercredi 26 avril 2017

Prise de tête dans le rideau de l'isoloir

Je vais faire mon psy, une fois n’est pas coutume, je vais lâcher prise comme ils disent les psys tendance bouddhiste, je vais vous dire pour vous apaiser que votre vote, quel qu’il soit, à moins que vous soyez un Macron de la première heure (il n’y a donc pas longtemps) ou une Marine butée, votre vote sera nul. Il ne servira à rien, il ne fera barrage ni à Macron ni à Le Pen, et donc détendez-vous.

Il n’est plus le temps où on pouvait voter Chirac pour faire la nique au père de la ci-devant, c’est fini ça. En 2002, j’étais dans les manifs contre le père de la ci-devant, j’ai pu mesurer le nombre, la détermination, la sincérité, des gens qui se sont persuadés qu’il fallait voter Chirac pour, selon l’expression mille fois répétée, « faire barrage à l’extrême-droite ». Bon d’accord on n’a pas eu Le Pen, mais on s’est payé Raffarin, ce n’était pas (beaucoup) mieux. On a eu la réforme des retraites quelques semaines après, avec en prime la trahison du syndicat dit réformiste le plus en vue de la droite et des libéraux, la CFDT. En gros on a eu le beurre et l’argent du beurre.

Le Pen a dû faire à l’époque au second tour moins de vingt pour cent. On avait gagné ! Aujourd’hui on voudrait, « pour faire barrage à Le Pen », nous faire voter Macron. On nous prendrait pour des cons que ça m’étonnerait pas, en plus ça rime, comme si c’était fait exprès. Comme si il ne suffisait pas de ne pas voter Le Pen pour lui faire barrage. Pour faire barrage à Le Pen, réellement, il aurait fallu y penser avant. Maintenant c’est un peu tard.

Par exemple il aurait ne pas faire voter la loi Macron. Idem pour la loi El Khomry. Je ne vois pas pourquoi il faudrait faire barrage à Le Pen tout en disculpant Valls, El Khomry, Macron qui se seront révélés comme de véritables fossoyeurs de l’espoir même de la rénovation sociale. Faire barrage à Le Pen présupposerait d’abord de ne pas faire barrage à la gauche. Or c’est ce qu’ont fait les gouvernements Hollande qui se sont succédé, et tous ceux qui sans vergogne ont trahi Hamon, le pauvre Hamon qui a trouvé plus frondeur que lui, lui qui en fait n’a jamais été un frondeur. Il n’a fait que critiquer Valls, et en plus sur le tard, ce n’est pas fronder ça, c’était seulement faire  preuve de bon sens : lorsque on est de gauche on évite de faire trop de lois que la droite n’aurait jamais osé faire.

On est bien d’accord il existe un risque Le Pen, cette présidentielle est bien celle de tous les impossibles. Tout peut arriver même le pire. Mais le pire n’est-il pas déjà là, en embuscade ? Qui aurait dit qu’on aurait un tel embarras de non-choix ? Qui aurait pensé que l’offre politique fût à ce point pauvre et fermée ?

Car existe aussi le risque Macron. Lui qui fait venir à lui tous les opportunistes dont certains ont montré déjà de quoi ils étaient (in)capables, lui qui est sur le point de s’en prendre de plus belle à l’Etat Social avec une violence que nous soupçonnons mal et dont il a pourtant donné un aperçu pendant les quelques mois qu’il est resté au gouvernement Valls-Hollande. Ces derniers d’ailleurs, incarnation de la deuxième droite, ne sont-ils pas, eux qui jouent aujourd’hui les vierges effarouchées, co-responsables de l’avènement inquiétant de l’extrême-droite ?

Et donc je ne dirai rien de ce que j’ai décidé, déjà pour la bonne raison que je n’ai pas encore décidé. Compte tenu de l’histoire récente j’estime avoir le droit de considérer que le mai de 2002 n’a rien à voir avec le mai de cette année. Un peu comme Méluche, je n'ai pas le cœur à me prononcer. Réflexion.
Je sais, c’est décevant.

JMG



mercredi 12 avril 2017

je vote Mélenchon

A quelques jours du premier tour, même si la décision est particulièrement difficile à prendre, il faut se construire une raison, et bien plus une détermination en tenant compte des circonstances qui sont offerts à nos choix. Et dire le sien. Voter est un engagement d'autant plus grand qu'il est rendu public.

JL Mélenchon, aujourd'hui me paraît être le seul à gauche susceptible de l'emporter. Ce n'est pas tant les derniers sondages qui me font dire cela, ni même la dynamique qui semble le porter depuis quelques jours, mais bien plutôt la force des idées qui paraissent avoir un effet dans la population française, effet secrètement que tout le monde attendait.
La France est une terre de gauche, il convient seulement de le lui rappeler de temps en temps, chose que ni Hollande, ni Valls (au fait où est-il passé ?), et encore moins Macron n'ont voulu faire. Ils ont fait le contraire contre toute morale politique et pour les échecs qui ont suivi sur les plans économiques et sociaux.

Ces idées ce sont celles d'un PS de l'origine, n'en déplaisent à quelques thuriféraires de Mélenchon oublieux ou bien naïfs qui croient avoir inventé l'eau chaude, ce sont en tout cas celles que pour ma part je défends depuis toujours. Mais ces idées, tout comme leur propagation renouvelée, sont aussi le fruit de débats sérieux ayant eu cours au sein de "la France insoumise" avec un sort singulier et bénéfique à la question écologique. En tout cas le projet de Mélenchon n'est pas n'importe quoi, il parait savamment construit, avec une cohérence interne que l'on peut saluer, produit d'un travail collectif, démocratique.

Hamon n'a pas démérité, mais il faut se rendre à l'évidence, il lui est impossible désormais de rassembler, je ne dis pas que Mélenchon lui pourra le faire à coup sûr avec à la clé une victoire inespérée mais il semble être sur une meilleure voie que le vainqueur des primaires socialistes sur lesquelles Valls et d'autres, dont beaucoup rejoignent Macron, auront craché sans vergogne, contre leur propre camp, comme un point d'orgue à toutes les trahisons d'ordre idéologique et programmatique dont ils se sont montré capables et coupables surtout.

Ceci bien sûr est fragile, il se peut dans quelques heures, dans quelques jours, que cette dynamique, agressée par des attaques de tous bords, de droite, ou de "gauche" comme celle venue d'un François Hollande sentant venir le danger d'une remise en cause de son néo-libéralisme, se retourne à nouveau et casse un élan que l'on pût croire décisif.

Mais je ne crois pas. En cette dernière ligne droite, il s'agit d'utiliser les accélérateurs qui nous sont offerts. Cela me parait d'autant plus nécessaire qu'on peut se sentir réticent sur un revenu universel aventureux et encore trop mal défini. Je me sens plus proche de Mélenchon que de Hamon sur la question européenne, plus proche encore de Mélenchon sur la politique au Moyen-Orient. Benoît Hamon à cet égard me paraît trop suiviste par rapport aux Etats-Unis dans le sillage d'un Hollande aveuglé par une pensée dominante guerrière.

Voilà.

JMG

samedi 18 mars 2017

Permis de prendre parti ?

Permis de douter c'est sûr, malgré que le doute par nature est un obstacle à l'efficacité de l'action.
Mais d'action il n'y a guère aujourd'hui, en tout cas de bien viable, nous sommes en effet à gauche dans une situation de paralysie inédite. On l'aura remarqué au passage, malgré l'air du temps, et pour cause, je fais encore la différence entre la gauche et la droite. Ne serait-ce que parce que le confusionnisme idéologique nuit à la démocratie.

Mettons-nous à la place des citoyens normaux...que nous sommes. Dans nos malchances, il y avait une chance pour la gauche : les ennuis judiciaire ou moraux de Fillon alliés à une triangulaire au sommet incarnée par Le Pen, Macron, Fillon. Cette situation pour le moins originale aurait pu nous faire sortir de l'impasse politique dans laquelle nous sommes engagés aujourd'hui.

 Ces trois-là, Le Pen, Macron, Fillon, "en tête des sondages", demeurent donc en concurrence et dispersent leurs voix au profit éventuel d'une gauche arithmétiquement capable de passer le cap du premier tour avec même une chance d'arriver en tête du deuxième, comme arrivée au paradis. Hélas il s'agit d'une gauche déjà défaite, dans le cadre contraint d'une cinquième république moribonde, gauche schizophrène écartelée entre  Hamon d'un côté et Mélenchon de l'autre.

Ils sont tous deux à peu près à égalité même si Hamon est légèrement en tête, mais pas suffisamment pour lui donner une légitimité capable de faire plier une "France Insoumise", d'autant plus que cette légitimité peut être invoquée de ce côté-ci en faisant valoir un programme cohérent, incisif, complet car enrichi par des semaines de réflexion politique collective, et surtout indemne d'une participation gouvernementale encore brûlante.

Quoi qu'il en soit, chacun des deux camps se bouchent les yeux et les oreilles forts de leurs engagements ou de leurs enragés respectifs. Nous sommes donc bientôt à un point où il faudra choisir tout en sachant que ce choix, quel qu'il soit, sera celui de la défaite annoncée. En fait, au point où nous en sommes, il nous faudra choisir entre faire battre la gauche ou faire battre la gauche. Joli programme !
Il est à craindre de surcroît que chacun des deux candidats perdront en crédibilité au profit d'un vote prétendument "utile". Nous voilà bien !

Et pendant ce temps, Valls, comme Iznogoud l'aurait fait pour nous divertir, crachant sur les primaires qu'il avait pourtant promis de respecter croix de bois croix de fer, ne perdant rien de ses capacités de nuisance, traître et déloyal jusqu'au bout des ongles, débordé par ses propres ambitions et nourri du carriérisme et de l'opportunisme de ces amis pour qui la politique n'a plus grand chose à voir avec l'intérêt général, jouant le coup d'après en lorgnant déjà sur la présidentielle de 2022 comme si c'était là l'essentiel, Valls prépare et construit son maintien en se ralliant, même du bout des lèvres, à un Macron gêné comme on peut l'être de l'appui d'un ami embarrassant,  Macron qui n'en demandait pas tant.

On s'étonnera après de la montée irrésistible et massive de l'abstention ! N'est-elle pas le produit de  cette situation ubuesque dont  nous sommes victimes, mais aussi responsables pour n'avoir pas assez dénoncer la division et surtout pas assez préparé une unité qui aurait demandé, bien en amont, un travail de fond.
Mais travail rendu difficile voire impossible du fait des reniements et trahisons des gouvernements Hollande, casseroles ou cocottes-minutes que nous traînerons longtemps.
Il ne nous resterait que quelques petites semaines pour imposer la sagesse d'une unité cruciale.

On y croit ?

JMG




mardi 28 février 2017

Trop tard ?

Nous sommes cernés, nous qui avons la prétention, l'espoir, la folie peut-être en ces temps électoralement incertains, de défendre vaille que vaille les intérêts du monde du travail en soulignant la nécessité de son unité et de sa solidarité.

Nous sommes cernés par trois candidatures qui semblent aujourd'hui les mieux placées pour l'emporter à la prochaine présidentielle. Le Pen d'abord dont une partie, l'essentiel même du projet, se fonde depuis toujours sur la xénophobie ou le racisme.

 Fillon ensuite qui représente une droite rance, revancharde, patronale au plus mauvais sens du terme, droite qui veut revenir sur tous les acquis sociaux en s'attaquant à la sécurité sociale au profit d'assurances privées pour lesquelles la loi Macron avait élargi la voie en les rendant obligatoires au cœur de l'entreprise.
Et puis enfin Macron précisément, le gars sorti du chapeau, l'aventuriste qui ne croit qu'à son étoile, qu'à son égo et qu'à ces talents de prêcheur, dont le programme séduisant pour les naïfs, ou opportuns pour les cyniques, ressemble à s'y méprendre à celui de Fillon cité plus haut.

Ainsi Macron veut-il réduire les cotisations sociales illustrant cette idée ridicule et dangereuse qu'il faudrait coûte que coûte réduire le coût du travail pour favoriser une création massive d'emplois. Vieille recette en effet, recette éculée mais reprise par des "économistes" qui parviennent à se faire passer pour des experts alors qu'ils sont avant tout des partisans d'une pensée unique calquée sur le modèle ultra-libéral en action outre-manche et qui privilégie les dividendes plutôt que les salaires.
C'est qu'en effet les cotisations sociales sont du salaire et les réduire comme voudrait le faire Macron c'est réduire leur part dans la valeur ajoutée, c'est indirectement continuer d'appauvrir le monde du travail au profit finalement des actionnaires.
Sans compter que ce manque à gagner, si on voulait préserver notre modèle social comme ils disent, conduirait à mobiliser d'autres ressources comme la CSG touchant alors les revenus des retraités. Ce serait encore une fois participer à cette politique de l'offre qui, sous prétexte d'une compétitivité à n'importe quel prix, croit épargner "l'entreprise" en chargeant le monde du travail. On a vu ce que cette politique a donné les trente dernières années !

Plus loin encore dans l'ineptie ou le cynisme politiques, Macron (et ses soutiens dont un certain Pisani-Ferry) entend s'attaquer non au chômage, mais aux chômeurs eux-mêmes comme s'ils étaient les responsables de leur propre condition et de la crise elle-même. Alors qu'il prétend dans le même temps créer une assurance chômage universelle, le candidat chouchou des media prévoit des contrôles plus fréquents et plus "drastiques" sur la recherche d'emploi.

Compte tenu de ces périls, il est permis de rêver de l'unité de la gauche qu'un Gérard Filoche, ou d'autres dans leur sagesse, appellent de leurs vœux. Cette gauche est aujourd'hui représentée par Hamon et Mélenchon, c'est comme ça. Le plus inquiétant est qu'ils ne trouvent pas les moyens de s'unir. C'est pourtant cette unité, même si elle paraît artificielle, qui pourrait sauver la mise. Pour que ce rêve devienne réalité il s'agirait en priorité d'effacer les rancœurs.

Il n'est qu'à voir les frondeurs (de droite) aujourd'hui, tout prêts à rejoindre Macron, j'ai nommé les Valls, Le Guen, Le Foll, tous ces gens qui se permettent de jouer contre leur parti comme ils ont joué depuis 2012 contre leur camp, et contre la gauche dont ils ont nié allègrement les valeurs, en faisant une politique en tout point opposée à ce pour quoi ils avaient été élus.

Hamon et ses soutiens devraient songer à ces traîtrises pour y puiser la volonté ou la rage capables de construire une unité nous préservant des périls qui s'annoncent. Quant à JLuc Mélenchon on peut lui demander de ne pas fermer définitivement la porte.

C'est ça le rêve. Serait-ce la mer à boire, vraiment ? On sait, c'est dur de s'entendre, surtout lorsque vos soutiens respectifs, croyant en leur vérité, font tout pour vous dissuader de l'unité. Plus facile à dire qu'à faire pour chacun des deux camps. Mais un petit effort de part et d'autre et ça pourrait repartir. Quitte à en faire un débat public, apaisé, responsable, avec au bout un projet commun, pour sauver ce qui peut l'être encore. Le rêve.

JMG




lundi 23 janvier 2017

Valls ? Par ici la farine !

Je n'ai jamais été très chaud pour les primaires, mais bon elles existent, faut faire avec. J'ai donc été voté dimanche et irai probablement voté dimanche prochain abondant ainsi, et lui donnant même un petit supplément de légitimité quelle ne mérite peut-être pas, cette Belle Alliance Populaire dont le supposé caractère populaire n'aura été confirmé que par une participation en demi-teinte. Participation dont le chiffre aurait même fait l'objet de manipulations. Mais bon on va pas mégoter, si ça se trouve c'est encore un stagiaire à Solferino qui s'est gouré en confondant deux colonnes de son tableur excell. (j'déconne)

On dira ce qu'on voudra, et j'entends bien les arguments anti-solférinesque que je suis même prêt de partager, mais cette primaire reste un exercice démocratique. Et ça c'est bien, faut pas cracher dessus. Quand je vois un bulletin de vote mon sang ne fait qu'un tour, j'ai envie d'exercer, par ce petit bout de papier, ma volonté de puissance. Je me dis qu'une seule voix, la mienne bien sûr, peut faire basculer le scrutin et ainsi, accessoirement, sauver la France.

Pour dimanche prochain, nous avons finalement le choix entre Hamon et Valls (moi dimanche dernier j'ai voté Montebourg, je me suis gouré, mais j'avais de bonne raisons je crois, sur l'Europe et la question démocratique,  sur la VIéme république, sur la nécessaire ré industrialisation du pays, des choses comme ça...). Je dirais même que Hamon ferait bien de reprendre ces thèmes, en les martelant si besoin, en en faisant des arguments de campagne même si cela lui paraît archaïque, pas assez djeun, ou pas assez sexy comme aurait dit Tony Blair.

Car entre nous son revenu universel, c'est bien, c'est neuf, ça a permis de parler d'autre chose que la fainéantise et le coût prohibitif des fonctionnaires, mais c'est pas assez costaud pour une présidentielle où en face il va se trouver un réac. comme "courage Fillon" ou une quasi-facho comme Le Pen.

Si je vais finalement voter dimanche, c'est pour enfariner Valls. J'en ai vraiment marre de ce type qui nous prend pour des demeurés, qui nous sert de derrière les fagots des lois dont on ne voulait pas,
assez de ce personnage qui se fait passer pour un mec de gauche alors que sans vergogne il a, entre autres choses, instrumentalisé les Roms à des fins politiciennes, usant d'un populisme autrement plus détestable que celui dont on accuse Mélenchon.

Donc voilà, voter Hamon ça sera un peu de farine, ma farine à moi, pour la lancer à Valls, ça fait pas de mal, c'est doux, et ce sera bien plus efficace, et plus légal, qu'une simple gifle lancée à la sauvette par un petit jeune désorienté.

C'est déjà ça. Et après on verra.

JMG

vendredi 20 janvier 2017

Valls, Macron, nouveaux visages de la droite ?

Que veut Macron ? Que veut Valls ? Ne sont-ils pas de typiques incarnations du sarko-hollandisme, (terme qu'il faudrait mieux définir, j'en conviens) ? Pour Valls il n'y a pas beaucoup de mystère, son programme se résume pour l'instant à vouloir supprimer, et sans rire, le 49-3 des tablettes de la Constitution, et défendre son bilan, dont il est fier, très fier, en tant que Ministre, puis Premier ministre d'un président qui aura été bien inspiré de ne pas se représenter.

Plus c'est gros plus ça passe, mais ça montre que Valls, le bougre, se démène et se décarcasse et qu'il n'est toujours pas à une tromperie près même si cela paraît dépasser les bornes. Que cherche t-il au fond ? Sauver le PS ? Sauver la gauche, on en doute bien sûr, ou se sauver lui-même ? C'est pathétique, presque pitoyable, et pourtant il y aura encore des militants du parti "socialiste" qui ne voudront y voir que du feu. Ces faux-semblants sont autant de crachats qu'on leur lance au visage, ou de gifles qu'on leur donne, ils continuent malgré tout de le soutenir, comme ils soutiennent encore, sans en avoir véritablement mesuré les conséquences, cette loi travail qui constitue pourtant une ligne de démarcation significative, décisive entre la droite et la gauche.

Nous sommes dans la m...ouise, avec un Manuel Valls dont certains sondages nous disaient encore qu'il resterait le meilleur candidat de la gauche pour le deuxième tour des présidentielles, de 10 à 12% tout au plus d'intention de vote, moins que JL Mélenchon, et moins surtout que Fillon et Le Pen qui pourraient se retrouver au second tour.  Catastrophe !
Quant à Macron on nous dit qu'il pourrait sauver ce qui peut l'être encore. Le problème avec Macron c'est qu'il est encore moins "socialiste" que...Valls...l'alliance des deux termes faisant toujours mal à la raison. On est bien dans un brouillard crasse et il faudra faire avec.

Alors, puisque une hypothèse dispose que Macron serait aspiré par le parti socialiste et sa "belle alliance populaire", il faut se poser la question : que veut Macron ? De qui, de quoi est-il fait ? A-t-il un programme ?
Outre le travail le dimanche, et plein de belles choses, je n'oublie pas d'abord qu'il est l'inspirateur d'une loi éponyme qui a commencé d'esquinter le code du travail, le travail ayant été terminé par Valls et El Khomry. Il a aussi, entre autres choses, esquinter la sécurité sociale en instaurant les mutuelles d'entreprises. On copie ainsi le modèle américain, celui en tout cas en vigueur avant l'Obamacare. N'eût-il pas été plus simple et surtout moins inégalitaire et injuste,  plus économique même, d'étendre le domaine de la sécurité sociale ? La sécu, que le monde nous envie encore tant qu'elle existe, et dont on fête ces temps-ci les soixante-dix ans.

Macron veut "assouplir" les 35 heures, vieux thème défendu par la droite, en différenciant une durée du travail senior d'une durée du temps de travail pour les jeunes. S'agissant du déclenchement des heures supplémentaires l'effet pervers sera que l'heure de travail sera moindre pour ces derniers. Cela ne ressemble-t-il pas au Smic jeunes que la gauche en son temps avait unanimement combattu ?

Il veut pour les retraites un système à la carte, mais sans plus de précisions, pas en tout cas dans le sens du partage du travail.
Il voudrait encore, le conditionnel ici est encore justifié par le vague et l'inanité des propositions du candidat, davantage d'autonomie pour les établissements scolaires, d'abord pour le primaire, et plus si affinités. Sur le modèle britannique ? Peut-être, peut-être pas...
Oui, c'est vrai, il veut aussi supprimer les départements, mais pas tous, bon...

Tout cela n'est pas bien original, mais globalement participe de l'esprit néo-libéral, avec un zeste de colbertisme (pas trop quand même) mélangé à une espèce de néo-capitalisme fortement "ubérisé". Tout cela devant être lu à la lumière de son action dans le gouvernement Hollande, et de son passé de banquier à forte teneur rentière. Son projet devrait aller dans le sens d'une flexibilisation et d'une déréglementation de la société accrues, de plus en plus forte avec les faibles, faible avec les forts.
Macron y va aussi de son petit morceau sur la sécurité en projetant de recruter un peu plus de gendarmes et de policiers, il annonce le chiffre de 10 000, et, pour faire gauche un peu quand même, il programme le retour de la police de proximité.

Tout cela justifie-t-il la mobilisation de l'ensemble des media, qui se mettent en marche au service de la macronisation des esprits ? Tout cela sent l'artifice, ne peut faire rêver que quelques élus plus ou moins socialistes qui pourraient, en marchant ou en boitillant, sauvegarder leurs postes de député ou même envisager des alliances tardives pour leur ouvrir un avenir politique.
Et pour Macron, cerise ou rose sur le gâteau, il n'y aura pas besoin de la Belle alliance populaire, il y va et pis c'est tout...

Les boules quoi...

JMG

PS : c'est encore le cas de le dire, j'irai voter quand même à la BAP (quel nom ridicule décidément), j'aurais préféré Filoche mais j'irai voter Montebourg, pour beaucoup d'idées que je partage, comme la nécessaire ré-industrialisation du pays, ou la réorientation de l'Europe (en admettant que celle-ci soit encore possible dans le cadre imposé aujourd'hui). J'irai voter sans illusion, beaucoup pour la forme, un peu pour le fond, pour se persuader peut-être que la gauche que jadis représentait le PS n'est pas encore morte, et qu'elle doit rebondir, dans un autre cadre qui reste à inventer, à reconstruire, à soutenir, et surtout dans l'unité...sait-on jamais...


samedi 7 janvier 2017

Bonne année, bonne santé, et cetera

Va falloir s'habituer à ce chiffre sept, et nous avons un an pour cela avant d'en inaugurer un autre. Ainsi va la vie, et ses repères (artificiels mais nécessaires peut-être) qui fondent notre humanité, nous sommes faits aussi de ces rendez-vous calendaires, rituels ou pas, le tout étant sans en être dupes de ne pas les manquer.

Et donc bonne année à tous, que cette année, monarco-présidentielle, politique s'il en est, soit consacrée à la liberté, l'égalité, la fraternité, valeurs qui par nature devraient nous faciliter le choix parmi ceux qui se proposent à nos suffrages.
Ainsi pour ce qui me concerne, et pour être aussi peu diviseur que possible, je commence par éliminer : je ne choisirai ni Fillon, ni Le Pen, ni Valls, ni Macron. J'accorderai une mention spéciale à ces deux derniers, le cynisme de l'un faisant écho à l'aventurisme de l'autre, eux qui ont tant trahi la gauche pour la mettre dans la mouise où elle se trouve aujourd'hui.
Et donc j'écarterai ces quatre pour tout ce qu'ils ont déjà fait ou déjà déclaré. Je ne les mets pas toutefois dans le même panier. Que cette année à cet égard ne nous oblige pas à des ralliements terribles.
Outre la paix (mais laquelle au fait ?), souhaitons-nous la liberté, on ne sait pas ce qu'exactement elle est, mais avec un peu d'imagination, il est aisé de deviner ce que nous pourrions devenir si elle disparaissait tout à coup.

 Que cette année soit aussi celle de l'égalité retrouvée : l'égalité absolue n'existe pas et peut-être n'est-elle même pas souhaitable, il faut pourtant s'atteler sans relâche à la défendre pour éviter que les inégalités, elles, continuent de s'accroître. Or c'est notre lot aujourd'hui, notamment en France, ou dans l'Union Européenne qui les aura même exacerbées, fractures sociales, économiques, culturelles qui tuent la démocratie à petit feu. Défendons-donc l'égalité dont l'image se dissipe au fil des années à cause d'un néo-libéralisme ou d'un capitalisme financier qui n'ont rien perdu de leur virulence malgré ou par la caricature qu'ils sont devenus.

Enfin souhaitons nous la fraternité sans laquelle ni la liberté ni l'égalité, ou leur idée même, ne sont possibles. Sans fraternité, la liberté ou l'égalité pourraient même devenir un enfer.

Et donc finalement, je nous souhaite à tous la République, République Sociale avant tout (Fillon piège à cons !), qui succède enfin à la cinquième, moribonde, pour donner naissance à une autre, une sixième, qui s'acharnerait enfin, la nécessité faisant loi, à être écologique.

JMG

samedi 3 décembre 2016

Le Roi est mort, vive le Roi !

Il a renoncé, et alors ? N'était-ce pas le plus sage dans sa situation de président "normal", qui a loupé à peu près tout de son mandat, ce mandat que ceux qui avaient voté pour lui en 2012, pétris d'espérance ou de candeur, étaient en droit d'attendre en mieux ?

Qu'on se le dise, Hollande a renoncé à se représenter parce qu'il n'avait aucune chance, il n'est pas question de courage ici, il se serait pris une déculottée qu'il aurait eu du mal à assumer sur le plan politique, comme sur le plan affectif : il est certain, ceci étant, que la décision a dû être difficile, d'où l'émotion qui l'étreignait et que l'on prendrait pour de la vertu.

Au-delà des larmes de crocodile, il faut voir le bilan de ce président qui, disait-il, et on l'a cru, allait conduire  une politique de gauche, en défendant le monde du travail, en terrassant la finance, en renégociant le traité budgétaire européen, en tenant bon devant l'ordo-libéralisme de Merkel.
Mais rien de tout cela ne s'est produit, tout s'est dégonflé...Trop nombreux au PS ont été ceux qui n'ont pas moufté, qui, lâchement, ou par ignorance, lui ont donné leur blanc-seing, et donc renoncé à faire leur devoir, leur devoir de militant, celui de faire de la politique.
 A la place ces mêmes se sont livrés à de l'idolâtrie, aveuglés par une  naïveté coupable, par un légitimisme béat. On les voit encore ces pleureuses au lendemain de la "démission" de leur mentor, accusant les autres, des frondeurs, des syndicalistes, que sais-je encore, de l'avoir fait toucher terre, alors qu'ils en sont les principaux responsables pour n'avoir permis aucun débat.

On pouvait espérer que  Hollande sur la question sociale respecte sa parole, qu'il convoque une grande conférence sociale où l'on aurait parlé salaires, temps de travail, licenciements boursiers...
C'est tout le contraire qu'il a fait, avec la loi de son ministre Macron, son protégé et bientôt traître, et surtout la loi travail qui a jeté des millions de salariés dans la rue, pour un des conflits sociaux les plus long de ces trente dernières années. Avec en prime, même s'il n'en est pas directement responsable, une criminalisation de l'action syndicale, aidé en cela par un premier ministre n'hésitant pas à alimenter l'amalgame entre casseurs et syndicalistes, la CGT plus particulièrement en point de mire. Trop c'est trop !
Sur un plan politique, on voit aujourd'hui le résultat : le retour d'une droite conservatrice qui s'est sentie des ailes, le réveil d'une droite fillonesque, aussi archaïque que revancharde, égoïste bien que catholique, prête à revenir sur tous les acquis sociaux issus du conseil national de la résistance.
Valls est donc en passe de prendre le relais d'une candidature qu'il a lui-même , d'une manière assez honteuse, déjouée ou, pour le moins, découragée.
Certains sont prêts à soutenir Valls comme si il était le nouveau monarque. Comment peut-on croire qu'il mènera une autre politique ? A moins qu'elle ne fût pire, ce ne serait pas étonnant. Le roi est mort, mais un même revient.
Nous sommes en pleine monarchie républicaine et tout l'enjeu aujourd'hui est d'en sortir sans trop de casse ! La VIéme et vite, comme le préconisent Filoche, Montebourg, Mélenchon, et d'autres !

Et pour cela qu'ils s'entendent donc, qu'ils s'unissent à la fin. La gauche, contrairement à ce que prétend Valls, ne peut pas mourir.

JMG

samedi 5 novembre 2016

Contre la mélancolie

Contre la mélancolie, on a trouvé un truc extra-bon, ce sont les primaires de la droite et du centre.
Bien sûr on peut en pleurer, se dire que c'est foutu de chez foutu, qu'entre Sarko, Juppé, Poisson, Copé, NKM, Fillon, Lemaire, dans ce délire néo-libéral où des clowns se font la courte-échelle, le champ politique nous est fermé désormais,  annonciateur d'une catastrophe politique dont nous aurons, tous et toutes à gauche, si même elle existe encore puisque Valls lui-même en distille la fin prochaine, du mal à nous remettre.

Alors, contre mauvaise fortune on peut décider d'en rire, de faire de ces primaires un divertissement, au diable la tragédie, et les chants de désespoir.
Je ne dirai même pas que nous avons affaire à la droite la plus bête du monde, prête à tuer notre modèle social dans la lignée de ce qu'auront initié ou encouragé Hollande, Valls, Macron et quelques autres pourtant de notre camp, je ne parlerai pas de la fin annoncée de la fonction publique et des services qu'elle fait fonctionner dans un effort d'égalité, ni de la privatisation programmée de l'hôpital et de la sécurité sociale, des promesses de hausse de TVA, de la baisse des impôts sur les sociétés, des surenchères imbéciles comme l'âge de la retraite qui ne devrait sonner que de plus en plus tard, ni de la fin des 35 heures laquelle, si l'un de ces imbéciles étaient élus, serait de nature à accroître encore plus le chômage, je ne parlerai de rien de cela.

Mais à la place, je tiens à faire part de mon admiration pour les bons coups que font Bayrou et Juppé à Sarko et donc aux autres aussi par la même occasion.
Bayrou a dit, pas très fort mais il l'a dit,  que si Juppé était battu à la primaire de la droite, il se présenterait fissa et malgré ça à la présidentielle. Lui Bayrou, lui le Béarnais, il se présenterait contre Sarko.
Et ce dernier de fulminer d'un coup aussi pendable, comme on le comprend, lui qui a trouvé là bien plus malin que lui.
On reconnait là le Béarnais, le Henry quarto of competition , qui sait jouer gagnant-gagnant, qui va donc, avec Juppé, quoi qu'il arrive, emporter la mise...Bayrou est un génie, et Juppé aussi pour l'avoir  choisi pour ami dans ce tournant politique décisif. En fait ces primaires n'en n'auront plus que le nom puisque Sarkozy, même s'il en sortait vainqueur, trouverait face à lui un François Bayrou tout frais pour continuer le combat.

Oui, on peut s'amuser des heurs et malheurs de la droite pour faire oublier les coupables tergiversations de la gauche qui ne parvient pas, pour l'instant en tout cas, à trouver l'unité indispensable pour éviter la catastrophe.
Quand on n'a plus le cœur de rire de soi-même il est fortement conseillé, pour la détente, de se moquer du camp adverse, et des dindons de la farce qu'il nous livre en pâture.

JMG

dimanche 28 août 2016

Présidentielles, n'en jetez plus

Beaucoup de monde à gauche (mais aussi à droite bien sûr, une droite qui atteint le fond de la démagogie, mais ici n'est pas le sujet) beaucoup de monde devant le portillon étroit de la présidentielle généreusement offert pourtant, et c'est là le paradoxe, par la cinquième république, institutions dépassées s'il en est qui font se reposer sur un seul individu le devenir politique et social d'un pays. On l'a vu tout récemment à propos de la loi travail travail avec un 49-3 qui a fini de souligner, grâce à une gauche de gouvernement en lamentable perdition, le caractère autocratique de cette constitution.

Il conviendrait d'abord de définir ce qu'est la gauche, grossièrement, ou plutôt ce qu'elle n'est pas, j'ai nommé des gens comme Hollande, Valls, excusez du peu...Il s'agit d'épousseter légèrement pour continuer l'analyse.
Ainsi nous avons depuis cette année une façon assez commode, et assez objective de distinguer ce qui n'est pas de gauche : tous ceux qui ont commandé ou soutenu la Loi Travail sans en avoir dénoncé les moindres dangers prévisibles. C'est un excellent tamis, un peu grossier certes dénonceront certains, mais faut bien commencer par faire un début de commencement de tri.

Mais revenons à nos moutons : Jean-Luc Mélenchon, Gérard Filoche, Marie-Noëlle Liennemann, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Cécile Duflot, sept cent millions de Chinois et moi, et moi et moi...J'ai dû en oublier, ce billet n'a pas la prétention d'être encyclopédique.
Il est dans la nature de la cinquième de cultiver les égos, c'est normal, nous sommes dans un régime ultra présidentiel, gagnera celui ou celle qui le plus fermement,  avec le plus de détermination, illusoire ou pas, croit en son étoile.
Montebourg, Hamon, Duflot, permettez moi de les mettre un peu à part de ce sous-ensemble, ils ont en effet participé à ce gouvernement Hollande et donc ont souscrit peu ou prou à des mesures que ce dernier a pu prendre. En cela ils ont de mon point de vue un peu perdu de leur virginité. Après Hollande il faudra en priorité des hommes neufs. 

Filoche en est un, de par son expérience, de part sa connaissance du monde du travail, il n'est pas hors-sol, ou déjà vieux, comme Valls, Macron, et propose de véritables solutions, bien que celles-ci bien sûr puissent paraître révolutionnaires et iconoclastes aux yeux des acteurs néo-libéraux qui de Hollande à Sarkozy, pensent et surtout proposent la même chose autour des thèmes éculés de la compétitivité, de la contraction des dépenses publiques, du dépérissement de l'Etat social et de l'Etat tout court.

Gérard Filoche surtout propose une stratégie. Il est peut-être le seul à avoir compris, alors que cela apparaît comme l'évidence même dans le cadre actuel des institutions, qu'une candidature unique de la gauche sera la seule façon de ne pas laisser aux droites extrêmes le soin de conduire les destinées du pays en 2017. Pour ce faire il s'agit de passer par une primaire de toute la gauche, qui ne soit pas celle dénommée, par un comique peut-être involontaire, la "belle alliance populaire" concoctée par les dirigeants actuels du parti socialiste.

Le principe des primaires n'est pas à l'origine une excellente idée, elle m'apparaissait à l'époque comme le symptôme d'une maladie de parti sans projet, s'en remettant à un seul homme dans le cadre institutionnel que l'on connait, le début de la fin en quelque sorte, dans la purée d'une dilution idéologique et programmatique dont on voit malheureusement les effets aujourd'hui.

Il faut cependant faire avec ça : et donc prendre les avantages d'une primaire auxquels participeraient tous les éléments de la gauche progressiste, sociale, écologiste, tous ceux qu'on a pu citer, mais y compris bien sûr JLuc Mélenchon sans lequel aujourd'hui rien n'est possible à gauche.
Sans doute ce dernier ferait-il un excellent score dans un premier tour d'élections présidentielle, peut-être irait-il à un second tour, mais après ? Serait-il en capacité, alors que d'autres seront sur les rangs, nombreux, de l'emporter pour un second ? Rien n'est moins sûr, c'est même couru d'avance. 
Et donc, dans l'urgence c'est vrai, il s'agit de construire une primaire, en décembre, qui mette en compétition loyale, à partir de programmes politiques clairs, tous les candidats défendant le progrès social comme seule condition au fond d'un développement économique harmonieux et durable.

Il faut un seul candidat pour une gauche rassemblée, il n'est pas trop tard, il faut absolument y travailler avec toutes les forces communistes, écologistes, socialistes de progrès.Cette primaire* de toute la gauche, progressiste, que Gérard Filoche défend, n'est un piège pour quiconque.
Elle peut au contraire constituer un grand espoir pour tous.

JMG

* une primaire de toute la gauche des 4 et 11 décembre est encore possible, mais le temps presse

jeudi 21 juillet 2016

Les vautours

Le malheurs des uns fait le bonheur des autres, du moins le croient-ils. Il est déroutant, dégoûtant même de voir à quel point les hommes politiques, ici de "droite", hurle avec les loups, dénonce ce qui n'aurait pas été fait pour éviter  le massacre de Nice le 14 juillet. Ainsi Juppé, ainsi Wauquier, ainsi Sarkozy, ainsi Le Pen, toute la fine fleur de l'opposition se rue sur l'occasion qui lui est donnée de contester et de blâmer les insuffisances d'un gouvernement qui entend lutter contre ce qu'on nomme communément le terrorisme.

Rappelons, au passage, que le dernier attentat s'est produit à Nice, ville dans laquelle Estrosi, le Maire, se targuait d'avoir mis en place un système de vidéo-surveillance super moderne, super efficace, sensé faire échec à toute sorte d'insécurité. Cela montre, s'il en était besoin, que ces caméras ne sont pas d'une grande utilité si il n'y a pas derrière un peu d'humanité, et suffisamment avisée pour tenter de traduire et d'interpréter des images le plus souvent insignifiantes.
Le plus étonnant c'est que ces personnes, qui sautent sur leurs petites gambettes et  nous crient sécurité, sécurité, savent pertinemment ce qu'ils font. Ils savent que leur discours, avec l'aide des media, fera effet sur une population que l'on presse d'être terrorisée, même si dans le fond elle ne l'est pas.
On peut saluer le courage des Français, ils peuvent craindre les attentats sans pour autant se priver de sortir de chez eux.

C'est que le souci de l'hyper-sécuritaire relève d'une idéologie de nature à déterrer les immondices du racisme et de la xénophobie. C'est un feu qu'on allume et qui ensuite s'auto-alimente au gré des événements dont certains ne relèvent même pas du "terrorisme." Les mauvais politiques en profitent donc pour jouer ce jeu malsain de la récupération démagogique.
La droite n'est pas la seule, pour le malheur de ce pays, à manger de ce pain là. Hollande et Valls en jouent aussi, et n'ont pas hésité, autant par inconscience que par opportunisme, et dans la précipitation, à prolonger un état d'urgence dont a vu jusqu'ici le peu d'efficacité pour la sécurité, et perçu déjà le péril qu'il représente pour la liberté.

Tout cela sur fond d'un aveuglement qui empêche de voir les racines du mal lesquelles se trouvent pour une bonne part dans la conduite par la France d'une politique étrangère catastrophique, particulièrement au Moyen-Orient où notre pays pourtant, à une époque encore récente, avait l'estime de la plupart des pays arabes, nous épargnant ainsi la haine de fanatiques.

JMG

samedi 16 juillet 2016

La paix c'est maintenant

Il est temps de s'interroger sur la politique étrangère de la France, notamment depuis les mandats de Sarkozy et Hollande lesquels, de ce point de vue, sont à peu près les mêmes, et produisent donc les mêmes effets. Les deux sont "Américains", l'un un peu plus que l'autre dans la mesure où il avait annoncé la couleur. C'est moins vrai pour Hollande dont beaucoup, et j'en suis, ont été surpris par le degré d'atlantisme dont il s'avère porteur.
Hollande en Europe, s'agissant d'économie et de finances, suit l'Allemagne aveuglément, et il suit tout aussi aveuglément les Etats-Unis au niveau de la politique menée au Proche et au Moyen-Orient.

Hollande n'est peut-être pas un chef de guerre, mais il la fait volontiers pour les autres, et notamment pour les Etats-Unis. Ces derniers, après avoir répandu et créé le chaos en 2003 en Irak, se retirent peu ou prou des théâtres d'opération, dans l'espoir que l'Europe prenne le relais, ce que celle-ci fait très partiellement en passant le bébé à la France. 

Question efficacité militaire, c'est rien ou presque, la France n'est pas une super-puissance, mais sur le plan idéologique le fardeau est inestimable et d'une lourdeur inhumaine.

Il s'agit bien d'un fardeau dont notre pays a hérité. Mais c'est parce que nos gouvernants, sans débat démocratique digne de ce nom, l'ont bien voulu. Nous en avons les résultats tragiques à Paris au Bataclan, puis tout récemment à Nice. Nous en reverrons d'autres tout aussi dramatiques. Dans ce domaine on peut croire Valls qui nous dit à l'envi que la France est en guerre (ce qui heureusement est encore faux) et que les Français doivent s’attendre à d'autres crimes de masse, et donc "s'habituer au terrorisme". Il le dit avec une telle conviction qu'on se demande même, question politique intérieure, si cela ne l'arrange pas un peu.

L'attentat de Nice a été perpétré par un raté, nous le savons maintenant, un simple mais dangereux délinquant, rendu amer, à la folie et à la mort, par une vie de misère matérielle, intellectuelle, et spirituelle, ce qui est un comble pour quelqu'un qui entendait mener sa guerre sainte. Cette situation individuelle, faite de rancœur et d'humeur dépressive, s'est amalgamée avec une idéologie mortifère et guerrière. Daesh ne s'y est pas trompé qui revendique, on devrait dire récupère, finalement cet acte aujourd'hui, deux jours après ce crime qui aura fait près de quatre-vingt-dix victimes innocentes.

En ces jours de deuil le gouvernement français serait bien inspiré de ne pas en rajouter dans le discours belliqueux. Pour combattre le "terrorisme", mieux vaut s'attacher à donner les moyens aux services de renseignement pour qu'ils fassent discrètement leur travail, (ce qui serait autrement plus productif qu'un état d'urgence qui n'aura pas empêché la tuerie de Nice.)

Sur le plan géo-politique il est temps que notre pays promeuve la paix, c'est encore possible. Il s'agit donc de tempérer ces discours guerriers qui ne font qu'attiser le feu dans les esprits malades. il s'agit surtout de renouer avec un vrai travail diplomatique qui évite la guerre

La France, pour ce faire, retrouvera-t-elle son indépendance et sa neutralité pour gagner finalement en influence au Moyen-Orient, sans devenir le cible privilégié des terroristes de tout poil ?
Le passif est devenu lourd après des années d'une politique étrangère calamiteuse que l'on doit à Hollande autant qu'à Sarkozy.
Il faudra de l'énergie, du temps, de la volonté, du courage surtout, pour sortir du guêpier dans lequel, sans notre accord, on nous aura plongés.

JMG





lundi 4 juillet 2016

De l'art des lois inutiles

On aura été bien servis ces temps-ci de lois inutiles, et tout aussi nuisibles. Réforme territoriale, lois Macron, loi El Khomry, autant de textes qui n'auront fait l'objet d'aucun travail démocratique, et qui auront agi contre cet idéal même, à coups de 49-3 ou de votes bloqués, moyens bien commodes de la Constitution qui permettent à de grands (?) politiciens mais de piètres (!) politiques d'aller chasser dans les terrains vagues et scabreux de l'autocratie.

D'autant que ces textes, qui n'ont donc de législatifs que le nom, l'Assemblée Nationale étant rangée au rang des accessoires malheureux du débat national, n'étaient en rien inscrits dans les soixante propositions, rétrospectivement risibles, du candidat Hollande. Cela a déjà été dit, maintes fois, et ici même, mais il convient de répéter les choses contre lesquelles, pour diverses raisons, on ne peut rien...apparemment. Il nous reste une petite liberté d'expression, profitons-en, défendons la coûte que coûte, tant qu'on peut et qu'il n'est pas trop tard. Au moins on ne pourra pas nous reprocher d'avoir fermé notre gueule.

Lois inutiles que les Français auront bientôt oubliées, ou digérées, mais qui n'en seront pas moins nocives dans leur vie quotidienne. Cette nocivité, ni vue ni connue, rendue invisible par l'instantanéité et la superficialité médiatiques, aura bien vite été mise au crédit de ce qu'on nomme "la crise".
La loi Notr(e) est la dernière, mais pas l'ultime, d'une longue série commencée il y a plus de quarante ans et qui veut nous faire croire que les réformes territoriales, dites aussi lois de décentralisation, étaient d'une nécessité vitale pour alléger l'hypothétique et repoussant mille-feuilles territorial, comme si ce dernier eût été la cause de tous nos ennuis.
La loi Notr(e) en réalité en aura rajouté une couche dans l'illisibilité citoyenne. Celle-ci est renforcée par le changement permanent et continue des règles, ce qui ne fait que déstabiliser le système.  Ce seront les métropoles, au détriment des territoires ruraux, qui en auront été les grands gagnants, dans le but de satisfaire une Europe des régions qui éloigne les citoyens des lieux de décision. C'est la mort annoncée de la "commune" qui constitue, encore mais jusqu'à quand, la base démocratique dans le découpage administratif français

Les lois Macron quant à elles peuvent être perçues comme la préfiguration de la Loi travail qui poursuit le dérèglement comme le déséquilibre des rapports de subordination du salarié à son employeur. Cette loi inutile et pernicieuse, et cela serait encore plus particulièrement rageant, serait même née de la surrenchère entre Macron et Valls ce dernier ayant la volonté de faire encore "mieux", et plus "moderne" que son collègue Macron. Quel gâchis !

Mais au fond que sont ces lois inutiles, sinon les avatars d'un pouvoir qui a été délégué, par nos grands (?)  hommes d'Etat, à l'Union européenne devenue l'unique horizon politique.
Quelle est la nature profonde de ces textes nationaux sinon l'accompagnement des politiques européennes allié à la démission condamnables  de ceux que nous avons élus ?
Quelle est la destination de ces textes sinon celle de cacher la misère démocratique dans laquelle nous baignons aujourd'hui ?

JMG

lundi 13 juin 2016

Pourquoi ils s'en prennent à la CGT

Il se confirme que le pouvoir veut la peau des syndicats, mais pas n'importe lesquels bien sûr, la CFDT est épargnée, et pour cause , mais ni la FSU, ni Sud, ni FO dans certains cas, ni moins encore la CGT, devenue l'ennemie jurée du gouvernement, n'échappent aux attaques gouvernementales. 

Tout syndicaliste sait qu'une organisation syndicale, et plus précisément son appareil, ne peut déclencher une grève sur un simple claquement des doigts ; qu'elle puisse susciter un mouvement certes mais seulement par la sensibilisation ou l'information faite en direction des salariés, ceux-ci restant libres de faire grève ou pas. C'est pourquoi le syndicalisme est un lieu essentiel de la démocratie, c'est pourquoi il est criminel de le criminaliser comme le fait aujourd'hui l'exécutif.

Les medias principaux entendent donner l'image d'une CGT uniquement protestataire et jusqu’au-boutiste qui aurait le pouvoir, dans sa grande capacité de nuisance, de mettre le pays à feu et à sang dans un grève générale imposée à des usagers ou à des citoyens devenus otages d'un syndicalisme réputé irresponsable.
 Cette perception est par ailleurs encouragée par la direction nationale de la CFDT qui essaiera coûte que coûte de récolter les effets d'une lutte dont elle aura par ailleurs critiqué les principaux acteurs. Déjà Berger, son secrétaire général, déclarait dimanche que la CFDT soutenait un projet de loi qui désormais, grâce à la lutte qu'elle avait menée (sic), était devenu tout à fait acceptable. On sait bien sûr qu'il n'en est rien et qu'au contraire le texte, s'agissant notamment de l'article sur l'ubérisation, n'a rien perdu de son caractère nocif pour le monde du travail.

Valls, depuis le début de cette loi travail et des mouvements qu'elle a entraînés, veut en découdre et va plus loin, sous certains aspects, que n'aurait fait la droite dans la répression du mouvement social. Valls n'est pas un social-démocrate, on le savait, avant tout parce qu'il n'est pas un véritable démocrate. C'est l'homme des rapports de force, celui qui a viré Montebourg ou Hamon (même si l'on concède que ce n'était pas le plus grave), lui surtout qui s'avère être un anti-syndicaliste primaire qui n'entend rien au monde du travail, infidèle aux idées pour lesquelles il fut porter au pouvoir  grâce aux militants et électeurs de gauche.
Raffarin en 2003, lors du premier grand conflit sur les retraites avait dit fièrement, et quelques autres après lui, "ce n'est pas la rue qui gouverne", Valls de son côté dénigre précisément la CGT en utilisant un langage guerrier, donnant le ton ou le signal  d'un langage outrancier repris par des "responsables" du patronat ou des media qui vont jusqu'à comparer la CGT à Daesh.
Valls est en retard d'une guerre parce qu'il le veut bien. Cette individualisation, ou plutôt cette discrimination de la CGT, vise à l'isoler pour la réduire si possible à sa plus simple expression, il retrouve là certains accents de la guerre froide toujours présente dans l'inconscient collectif d'une partie de la société française sensible aux thèses de la droite extrême.

Il est malheureux de constater que cette attitude est suivi encore par quelques militants ou sympathisants socialistes. Par charité je mettrai cela sur le compte d'un manque de formation ou d'expérience politique, ou de simple sottise, ce parti étant devenu depuis longtemps un simple lieu où se jouent les ambitions personnelles, sans fond, sans conviction, sans véritable pensée politique.
Lors du dernier congrès du parti socialiste à Poitiers la motion majoritaire dont faisait partie Valls, Cambadélis...se prononçait clairement contre l'inversion de la hiérarchie des normes. Comment peut-on à ce point trahir ses propres engagements et surtout la confiance de ses propres militants !?

La CGT, comme la FSU ou Solidaires, sont les derniers remparts contre la libéralisation du droit du travail et la mutation définitive de notre République en terrain de jeux de la finance mondialisée ou des grands groupes industriels.
C'est ainsi qu'il faut comprendre les attaques de Valls, mais aussi de Hollande, contre le mouvement social. De nombreux militants de la CGT sont aujourd'hui devant les tribunaux, ces comparutions étant sciemment confondues avec celles dont les véritables casseurs sont l'objet.
On notera aussi au passage la différence de traitement avec les manifestants de la FNSEA (qui ont pu se livrer à des exactions ou des destruction de biens publics) et qui furent davantage écoutés sans être pointés du doigt comme peuvent l'être aujourd'hui les militants des organisations qui sont en première ligne pour défendre l'Etat social.

J'insiste sur le fait que cette remise en cause violente d'un syndicalisme d'action et de résistance, auquel se livre de façon légitime la CGT, ne vient pas seulement de l'exécutif gouvernemental. Celui-ci reçoit le soutien paradoxal et contre-nature de la CFDT qui reste dans son rôle désormais habituel depuis plus d'une vingtaine d'années : critiquer les gouvernements en place mais seulement dans la forme pour mieux les soutenir sur le fond dans des contre-réformes néolibérales.

JMG

samedi 21 mai 2016

Epreuve de force pour un choix de société

La loi travail, tout au moins son projet, est révélatrice de la société que l'on veut...ou pas. C'est pourquoi elle est importante, c'est pourquoi elle fait parler, c'est pourquoi surtout elle rassemble contre elle et suscite les combats qui se déroulent sous nos yeux.
On ne revient pas sur le fait qu'elle est imposée par un gouvernement qui prétend appartenir à la gauche, on sait bien qu'il n'en est rien, que la traîtrise est amère et qu'elle redouble la haine et la détermination à ne pas laisser passer l'impensable.

D'abord la loi travail est une loi qui se révèle anti-démocratique par les chemins qu'elle prend pour se faire adopter, par le biais notamment d'un article (le 49-3) d'une constitution qui elle-même est déficitaire sur ce plan, comme "un coup d'état permanent" en effet.
L'article 49-3, une fois de plus avec le gouvernement Hollande-Valls, se révèle nécessaire à un exécutif qui a perdu la confiance de sa majorité. Cela permet à notre premier ministre, qui lui même s'est fait nommer alors qu'au sein de son camp  au cours de primaires il ne faisait que 5% des voix,  d'imposer une réforme de régression sociale contre l'avis de la plupart des organisations syndicales aujourd'hui, et si on en croit les sondages, de la population dans son ensemble.

Le gouvernement, comme les confédérations syndicales qui habituellement soutiennent le pouvoir telle la CFDT, nous parlent de démocratie sociale. Force est de constater qu'ici celle-ci n'existe plus, qu'elle est devenue un vain mot, une simple incantation qui permet de cacher une violence sociale de plus en plus détestable. A cela s'ajoutent aujourd'hui des violences, celle des "casseurs" bien sûr, mais aussi des violences policières qui ne sont pas forcément le fruit de l'imagination de ceux qui, dans la rue, pacifiquement, défendent leur vision de la société, plus égale, plus solidaire, plus fraternelle.
En face le gouvernement joue avec le feu, et le fait même savoir pour décourager les bonnes volontés. Tourt cela dans "un état d'urgence" qui se prolonge et dont on se demande s'il sert à combattre le terrorisme.

Ensuite, qu'on le veuille ou non, cette contre-réforme est menée dans le cadre d'une Union Européenne qui a été imposée au peuple français en 2005.
On avait raison de s'en inquiéter : l'UE aujourd'hui pratique un dumping social qui fait se dresser les économies les unes contre les autres dans un tourbillon de remises en cause des acquis sociaux.
Les dévaluations internes se sont substituées à des dévaluations externes dans une Europe dominée par le Mark, à la merci de la spéculation financière et dans un contexte de défense de la rente à tout prix.

Enfin, cette loi est une étape supplémentaire vers une espèce d'anglo-saxonisation de la société française, favorisant les rapports de force sans la modération des corps intermédiaires. Le pouvoir actuel persiste donc un travail de sape contre les syndicats qui ne sont pas dans sa norme néo ou "socio-libérale", avec le soutien paradoxal d'organisations dites "réformistes" qui ne font qu'accompagner, voire encourager, le virage qu'on veut imposer au monde du travail.
On en voit l'illustration dans les attaques dont FO, la FSU et plus encore la CGT, sont l'objet aujourd'hui. Sous prétexte de défendre la police on condamne un syndicat CGT pour une affiche qui ne fait que traduire, avec véhémence certes, une violence policière dont des manifestants pacifiques ont à souffrir dans leur chair.
Cela n'a pas pris encore l'ampleur répressive que les Etats-Unis ont connu sous la présidence Reagan ou celle de Thatcher en Grande Bretagne dans les années quatre-vingt, mais ce rempart syndical, lycéen, universitaire ou ouvrier, est attaqué de toutes parts, avec la complicité des media détenus par le pouvoir économique.
Par ailleurs, les dernières déclarations de Valls appelant les syndicats à organiser moins de manifestations instillent l'idée dans l'opinion qu'ils seraient les véritables responsables des violences.

Au travers de ce conflit, on constate que le fait syndical en France est remis en cause par le pouvoir, de  gauche ou de droite gouvernementales.
Il sera mis d'autant plus en difficulté si le mouvement social aujourd'hui ne parvient pas à ce que le gouvernement retire son projet. Ce serait là un échec qui s'ajouterait à ceux de 1993 et surtout 2003 et 2010 lesquelles portent encore aujourd'hui leurs fruits amers dans le monde syndical.
Le tournant vers une société inégalitaire, contraire à celle encore prônée par la république pourrait alors bel et bien se concrétiser. C'est ainsi qu'il faut lire la déclaration de Valls "la gauche peut mourir". C'est ce qu'il veut au fond.

Il faut que le gouvernement retire son projet. Car la menace est concrète, elle touchera nos vies plus vite qu'on ne le croit, c'est déjà commencé. S'opposer à cette loi n'est pas seulement s'opposer à un gouvernement hors-sol, c'est refuser une société qui aurait perdu l'essentiel de son idéal social, démocratique et républicain.

JMG

samedi 14 mai 2016

Qui fait la courte échelle à Juppé ?

Ce sera pire avec la droite, et Valls, Hollande, le gouvernement dans son ensemble, le savent. L'on dirait même qu'ils comptent là-dessus, se servent de la droite comme d'un épouvantail, comme d'une planche de salut : que les autres, en face, déclarent haut et fort qu'ils feront pire que lui. Le piège pour ainsi dire est en passe de fonctionner, sa première étape en tout cas : les candidats "républicains" ou centristes font la course à l’échalote, c'est à celui ou celle d'entre eux de proposer le mieux-disant "libéral", celui ou celle qui aura le plus de "courage" pour réduire les dépenses publiques, et donc tailler dans les services publics, en y détruisant des emplois, comme si cela pouvait constituer la condition unique d'un retour à la prospérité.

C'est dans l'air aujourd'hui, (il y a même une émission à la télévision, qui porte ce nom et qui en instille l'idée, comme l'ensemble des media, peu à peu, ou grossièrement, de jour en jour): les emplois publics empêcheraient la richesse, leur diminution en nombre serait donc le moyen infaillible d'un retour à la "croissance". Cela est dit ou écrit à longueur de journaux, comme autant d'incantations religieuses, sans le moindre début de démonstration sérieuse, ni encore moins de preuves.
Ainsi oublie-t-on de faire l'hypothèse tout à fait plausible qu'au contraire ces emplois, tout en soutenant l'activité, sont de nature à servir la population à un coût social et économique moindre que celui proposé par l'entreprise privée, et pour cause, puisque celle-ci devient de plus en plus le jouet de la financiarisation extrême de notre économie.

Quelles mouches donc les piquent, tous ces libéraux qui poussent le néo-libéralisme jusqu'au bout de la caricature : ainsi Juppé, soit-disant pour atteindre le plein emploi, mais au risque de déstabiliser tous les transferts sociaux, propose ni plus ni moins de baisser les prélèvement obligatoires de 28 milliards d'euros et de réduire les cotisations familles de 10 milliards. Il faut y ajouter son projet de porter l'âge de la retraite à 65 ans et celui de supprimer les 35 heures (il y avait longtemps !). Je ne cite pas les autres, Le Maire, Sarkozy et compagnie, qui font pire dans cette surenchère propre à aggraver les inégalités, comme si celles-ci n'étaient pas déjà assez fortes en France comme dans l'ensemble de l'union européenne.

Nul doute que cette folie néo-libérale, qui plus est à l'approche d'une élection capitale, est encouragée par la politique gouvernementale qui conduit à la démesure et la surenchère dans un conservatisme habituellement attaché à la droite. La loi El Khomry en est le dernier et éclatant exemple. Elle ne créera aucun emploi, et si jamais c'était le cas elle serait plutôt de nature à en susciter des plus précaires. En tout cas elle va dans le sens d'encore plus de précarité et d'instabilité dans le monde du travail. Elle finit d'insinuer dans les esprits que l'emploi à vie c'est fini et que c'est le sacro-saint "marché" en définitive qui désormais devrait être le maître de nos vies.

C'est pourquoi, compte tenu du désastre politique, du rejet qu'il n'a pas fini de susciter, de son inefficacité économique probable, et de sa nuisance sociale assurée, il conviendrait que le gouvernement, dans sa grande sagesse enfin retrouvée, retire son projet, au besoin en convoquant dans le même temps, une grande conférence sociale, digne de ce nom, celle-là même que l'on pouvait attendre après les promesses du candidat Hollande.

Il est bien tard déjà mais le retrait du texte est devenu une nécessité urgente et absolu, si l'on veut sauver ce qui peut l'être encore.

JMG