lundi 11 février 2019

Violence sociale : Jupiter nous a à l’œil

Cette semaine dernière aura vu le vote à l'Assemblée Nationale de la loi dite "anti-casseurs". Ce nouveau texte législatif proposé par la droite et repris par la "république en marche" est une étape particulièrement sévère dans la répression et la limitation des libertés publiques dans notre pays. Ainsi le préfet pourrait interdire à un citoyen de participer à une manifestation s'il estime qu'il présente des velléités de violence. Ainsi est punie l'intention, la punition étant désormais prononcée par une autorité administrative et non plus par un juge.

Cela contrevient à la séparation des pouvoirs sans laquelle il n'est pas de démocratie possible, il s'agit là d'une mesure gravissime et dangereuse pour notre état de droit. Le Rassemblement National  de Marine Le Pen, qui n'en attendait pas tant, s'est précipité dans le vote de ce texte liberticide qui lui va comme un gant.

Nos trois députés du Jura ont voté pour, eux aussi, (le nom de ceux de la droite m'a échappé, mais je m'en remettrai), et parmi eux Danièle Brulebois, ancienne du parti "socialiste". Elle aurait pu s'abstenir comme l'ont fait certains de ses collègues LREM qui pour une fois, on peut leur reconnaître cet accès inhabituel de lucidité, se sont abstenus de marcher en arrière.

Cette loi montre à quel point le pouvoir aujourd'hui est pris de panique. Ou alors, et ce serait plus grave, assume-t-il sa totale conversion à un autoritarisme qu'il fait passer pour de la fermeté, éventuellement utile à le faire remonter dans les sondages d'opinion.

Mais de solution réelle, aucune. C'est pourquoi les violences continuent de plus belle, dont des violences policières, qui ne sont que le reflet d'une violence sociale imposée par le pouvoir actuel. Un pouvoir qui aggrave plus de trente ans de politiques sans imagination, principalement axées sur une déconstruction programmée des solidarités nationales.

Dans l'esprit même de la Vème République E. Macron, pour sauver son honneur et peut-être la fonction qu'il occupe, serait bien inspiré de prononcer la dissolution de l'Assemblée Nationale : cela ne suffirait pas à résoudre la crise mais permettrait de donner une respiration à notre démocratie en rebattant les cartes bien plus efficacement qu'un "grand débat" sans enjeu véritable.

De nouvelles élections législatives auraient aussi l'avantage, et pas des moindres, de renverser le calendrier électoral autorisant ainsi une interprétation parlementariste de la Constitution de la V ème République. Ce serait une façon de sortir peut-être d'une crise qui n'en finit pas.

Mais Macron, qui se prend Jupiter, n'est pas un homme d'Etat, il n'est qu'un dieu parmi beaucoup d'autres.

JMG


vendredi 25 janvier 2019

Au nom de ce que Macron ne veut pas

Sauf tout le respect sincère que je lui dois, Danielle Brulebois, pour défendre le pouvoir qui l'a faite députée de la première circonscription du Jura, ne s'embarrasse pas de la contradiction et au contraire la supprime quand elle peut.

 Ainsi avais-je eu la mauvaise idée de souligner sur son mur "Facebook", en simple commentaire d'un "post" qu'elle avait envoyé au sujet de la loi dite anti-casseurs actuellement en discussion à l'assemblée nationale, l'idée que le quinquennat Macron entrerait dans l'histoire aussi par les violences policières dont il porte l'entière responsabilité.
Près de deux-mille blessés dont vingt graves ont été recensés depuis novembre dernier, démontrant une violence jamais égalée en France depuis la guerre d'Algérie.

Cette violence, dont le gouvernement se plait à suggérer qu'elle vient essentiellement des manifestants, n'est finalement que le pendant de la misère sociale devenue politiquement visible grâce au mouvement des gilets jaunes. 

Violence sociale par la suppression, par exemple, de quatre milliards d'euros soustraits au budget de la sécurité sociale qui directement affectent le fonctionnement de l'hôpital public. Chose que j'avais souligné également un jour en commentaire et que Mme Brulebois avait eu déjà la bonne idée d'effacer.

Le bassin de vie de Lons-le-Saunier, que Mme Brulebois représente à l'Assemblée Nationale, est d’ailleurs particulièrement touchée puisque la deuxième ligne de service médical d'urgence  est en passe de disparaître et cela malgré la mobilisation syndicale et populaire, et en dépit surtout de la sécurité sanitaire de la population.

Et donc par ma faute (c'est ma très grande faute), parce que la vérité blesse, Mme la Députée m'a visiblement ôté de ses amis, voire désigné "d'indésirable" selon le vocabulaire du réseau social bien connu.

Le fond de l'affaire c'est que l'Assemblée Nationale et sa majorité présidentielle, dont Mme Brulebois fait ardemment partie après avoir été membre d'un parti dit "socialiste", continue de voter des lois contraires à l'intérêt de la population. Après la loi travail qui est de nature à aggraver la précarité, ont été votés par la majorité "en marche" des textes législatifs dont la finalité est d'augmenter les dividendes au détriment des salariés et contre une logique d'activité qui permettrait de réduire massivement le chômage. Cela s'ajoute à une injustice fiscale de plus en plus contestée.

C'est grave en soi, c'est grave aussi parce que c'est mépriser en actes le mouvement social en cours, mouvement profond qui fera date et qui en appellera d'autres si on ne met pas un terme à cette violence sociale.

Je reconnais en Danielle Brulebois la députée de terrain qu'elle est, je crois, de manière authentique. C'est à tout à son honneur. En cela elle se distingue de ses collègues LREM, qui eux sortent plutôt des école de commerce dans le pur style de la "start-up nation" prônée par Emmanuel Macron.

En revanche je ne peux que déplorer un suivisme coupable et une fermeture au débat.

JMG








dimanche 20 janvier 2019

Pas de débat, pas de chocolat

Un débat sans enjeu, surtout s’il est fomenté et organisé par le pouvoir en place, n’est jamais qu’un coup de communication. Ainsi en-est-il de ce débat dont le gouvernement Macron a décidé pourtant qu’il serait « grand ».
 
Ce débat a été lancé pour éviter que la rue ne s'embrase, il naît sous des auspices pour le moins suspects. Le contraire eût étonné mais les premiers que l’on voit fleurir localement sont appelés ou organisés, en particulier à Lons-le-Saunier, par des partisans ou des soutiens de la République en Marche, ce qui évidemment leur enlève déjà toute crédibilité.

Il s’inscrit dans un cadre trop bien formalisé pour être honnête. Les questions sont biaisées comme celles notamment sur la fiscalité ou les finances publiques. A cet égard les questions 5 et 6 valent leur pesant de cacahuètes, où l’on vous demande de choisir quelles seraient les dépenses publiques à réduire en priorité sans considérer que le premier des soucis pour la population reste précisément le maintien des services publics.

En aucun moment n'est posée la question, pourtant mise en évidence par le mouvement des gilets jaunes, d'une fiscalité injuste et aberrante pourtant privilégiée par le pouvoir en place. Nulle part n'est posée la question de savoir si l'on ne préférerait pas le rétablissement d'un impôt progressif à la suppression quasi-totale de l’ISF.
S'agissant des services publics, l'assemblée nationale cette semaine vient de voter la fusion dans les territoires des tribunaux d'instance et de grande instance, ce qui signifie un éloignement encore plus important des citoyens par rapport à leur justice.
Un débat authentique exigerait un moratoire sur les réformes en cours. Rien de tout cela, le gouvernement Macron continue ses réformes anti-sociales malgré tout, comme celle de l'indemnisation du chômage. Salaud de pauvres !

Le talent indéniable de notre président de la république, plus premier de la classe que premier de cordée, s’il a pu tromper par sa faconde au moins trois-cents maires, fussent-ils normands ou occitans, ne saurait tromper le peuple tout entier.
Ce débat s’annonce donc comme artificiel et fait pour reprendre un pouvoir symbolique perdu, il est destiné à laisser passer l’orage et entend constituer une réponse dérivative à un mouvement social qui fait peur à un pouvoir incapable de gouverner.

La réponse est politique et devrait se traduire par un geste fort du Président de la République comme, par exemple, la dissolution de l’Assemblée nationale en effet.

Alors un vrai débat, électoral celui-là avec des enjeux véritables, pourrait s’instaurer !
Allez Manu, bouge-toi, ça nous fera des vacances !

JMG

mardi 15 janvier 2019

Quatre-vingts, quatre-vingt-dix, qui dit mieux ?

En laissant planer le doute sur le maintien ou pas de la limitation à quatre-vingts à l'heure sur les routes à deux voies, le gouvernement joue à faire porter les débats sur une chose qui somme toute tient du symbole plutôt que du réel.

Il est vrai que cette mesure,  à demi refusée en son temps par Gérard Collomb lui-même, n'est pas essentielle à la vie quotidienne de nos concitoyens, en tout cas pas avec autant d'acuité que d'autres revendications portées par les "gilets jaunes", comme celles de la perte de pouvoir d'achat, du prix du carburant, ou du maintien des services publics dans les territoires.

Lorsque cette décision a été prise par décret en juin dernier, j'avais ici même attiré l'attention que ce n'était pas fondamentalement une mauvais mesure en ce sens où en effet elle pouvait en elle-même constituer un paramètre de sécurisation de la route. Il semblerait que cette mesure entraîne des comportement de prudence de la part des automobilistes, c'est ce que moi je constate en tout cas : les gens roulent moins vite, avec semble-t-il davantage d'attention et de précaution, portés par une mesure générale de conscientisation.
Cette hypothèses sera peut-être confortée, on peut l'espérer, par une diminution des accidents ou des morts qu'entraîne la violence routière. Il s'agira de suivre les statistiques.

Et donc, je soupçonne le pouvoir, mis en difficulté par le mouvement des gilets jaunes qui s'insurge d'ailleurs davantage contre les radars que contre les limitations de vitesse, de jouer de sa démagogie pour porter le débat ailleurs que sur la question sociale.
D'autant que je faisais remarquer déjà que la question de la limitation de vitesse pouvait cacher le problème, au moins tout aussi important pour la sécurité routière, des infrastructures routières pour lesquelles de moins en moins de crédits sont consacrés par excès d'austérité.

Au final, cette proposition de revenir à une limitation à 90 km/h, quelles qu'en soient les modalités et si elle se confirmait, tiendrait davantage de la démagogie que d'un souci de l'intérêt général. De cela on est habitué.

JMG

samedi 12 janvier 2019

Politique du pire

Le mouvement des gilets jaunes, en cette mi-janvier, ne se sera pas tari malgré les espoirs d'un gouvernement qui de jour en jour fait montre de son incompétence, il est au contraire un fleuve qui grossit, qui s'alimente de la résistance de tous ceux qui sont dégoûtés de cette politique de délabrement de l'Etat social. On dirait que le pouvoir macroniste veut la mort d'un "état-providence " sans lequel aucun vivre-ensemble dans la paix et la prospérité ne sont possibles.

Macron et son gouvernement sont en échec, eux qui jusqu'alors, une cuillère d'argent à la bouche, ne l'avaient jamais connu. Cette inexpérience les rend d'autant plus nerveux et dangereux. Ce gouvernement que l'on disait composé de surdoués court désormais après une crédibilité qu'il a si vite, et sans doute à jamais, perdue.

Il faut bien entendu dénoncer les violences, toutes les violences, celles possibles des manifestants comme celles provenant des rangs de la police.

Ultime responsable de cette situation, le pouvoir macroniste fait jouer une répression policière jamais atteinte encore sous la Véme République, en témoignent les centaines de blessés parmi les manifestants depuis le début de ces événements, blessés graves très souvent, dont les media principaux choisissent de ne parler qu'avec une retenue coupable sans la compassion que l'on destine, par ailleurs à juste titre, aux policiers blessés. Sur le plan judiciaire, on dénombrait mi-janvier 3747 condamnations pour 216 emprisonnements dans les rangs des gilets jaunes.

Par contre les violences policières elles sont tues ou pour le moins minimisées, elle continuent donc de plus belle pour se traduire parfois en de véritables provocations auxquelles il est difficile de résister. Ainsi cet ancien boxeur tombé dans le piège d'un contexte ultra-violent qu'il n'appelait pas forcément de ses vœux,  et qui va probablement écoper d'une peine  de prison "exemplaire".

On préfère mettre sous les feux de la rampe les violences qui seraient l'oeuvre des manifestants, sans faire la part du vandalisme pur et simple de casseurs. Ces derniers se révèlent fort utiles pour justifier les remises en cause du droit fondamental de manifester.
Ainsi Edouard Philippe a-t-il annoncé toute une série des mesures législatives ou réglementaires permettant notamment de ficher les personnes qui participeraient à des manifestations préalablement non déclarées.

Les gilets jaune c'est la France laborieuse, associative, qui se rebelle ou se révolte, c'est une lame de fond qui ne s'arrêtera pas sans qu'une solution politique ne soit enfin proposée par le pouvoir.

La seule manière d'échapper à cette chienlit serait que Macron renonce à son programme de dé-tricotage de l’État social, de suppression de services publics, d'aggravations des inégalités fiscales. Au lieu de cela, la réponse gouvernementale est essentiellement répressive.

Le ministre de l'Intérieur Castaner cherche à intimider, à décourager, pour finalement réprimer dans une violence inédite. Cela n'est pas de bon augure. Ce serait pourtant au gouvernement de se montrer raisonnable en baissant d'un ton une violence dont il fait délibérément et de façon irresponsable le coeur de sa stratégie.

JMG






dimanche 9 décembre 2018

Le vieux monde de Macron

"Réduire la dépense publique", il n'a pas honte, voilà toute la réponse que faisait Bruno le Maire cette semaine face au mouvement des gilets jaunes. Le ministre de l'économie, transfuge de LR, qui fut même un inconditionnel de Fillon, n'a donc rien compris. Ou alors il fait semblant. 

Comme d'autres de son camp, il continue de déblatérer le vieux discours de l'orthodoxie néo-libérale qui précisément nous a amenés à la situation que nous connaissons. Il en profité bien sûr pour dénoncer la pression fiscale en oubliant de mentionner tous les cadeaux fiscaux faits aux plus riches, suppression de l'impôt sur la fortune, instauration d'une "flat tax", exonérations diverses et variés qui depuis plus de trente ans maintenant font office de politique fiscale à l'envers. Tout cela au nom d'un "ruissellement" théorique des riches qui irait abreuver les plus pauvres.

Alors oui, disons le, il y a trop de pression fiscale. Mais de celle qui touche sans équité salvatrice les plus démunis au travers des impôts indirects, à travers le taux de TVA,  ou bien encore par le moyen des taxes sur les carburants dont le gouvernement fait semblant de croire qu'elles sont destinées à la transition écologique.

La pression fiscale s'est allégée sur les plus riches par la suppression de la plus grande partie de l'impôt sur la fortune soit près de 4 milliards de moins qui auraient pu être consacrés au maintien ou au développement des services publics sur les territoires. 
Moins de pression fiscale aussi pour les sociétés les plus riches et les plus grandes, le plus souvent multinationales, au travers le "Crédit Impôts pour la Compétitivité et l'Emploi", soit plus de quarante milliards enlevés à la maîtrise citoyenne et qui, dans le même temps, échappent aux PME lesquelles restent soumises au droit commun de la fiscalité.

Le pouvoir depuis des années met en avant le besoin et la nécessité des "réformes structurelles",ce terme est devenu le mot de passe d'un réformisme en folie. Il s'agit là de signifier, dans un langage à la fois technocratique et magique, que les "réformes" sont indispensables. Celles-ci ne visent pourtant qu'à détruire de l'intérieur toutes la construction sociale bâtie laborieusement au lendemain de la dernière guerre et qui a permis, en contenant les inégalités sociales, la relative prospérité de notre société.

Il est urgent de sauver ce système de redistribution sociale, et c'est pourquoi l’insurrection actuelle-car c'en est une- est essentielle et bienvenue, quasi inespérée si tant est qu'elle reste authentiquement populaire et démocratique. 
En l'absence d'un tel système de redistribution, le taux de pauvreté en France serait de 19% alors qu'il n'est aujourd’hui "que" de 7%, ce qui est déjà trop. La France est un  pays suffisamment riche pour éteindre le paupérisme qui est en train de le miner.

Le pouvoir depuis des année s’échine à s’attaquer aux "dépenses publiques" pour soit-disant diminuer ou contenir la dette publique. Ainsi suscite-t-on la peur et la culpabilité par rapport à une dette qu'il ne faudrait pas "laisser à nos enfants". Une absence d'investissement public est bien pire pour l'avenir. 

C'est pourquoi l'on ferait mieux de s'attaquer à la dette privée qui fut à l'origine de la crise de 2008. Les dépenses publiques elles ayant au contraire secouru le secteur bancaire...
Ce sauvetage des banques a pu être en effet opérée indirectement grâce aux impôts des classes moyennes ou défavorisées. 
Les plus riches quant à eux en auront au contraire bien profité.

JMG


samedi 24 novembre 2018

Le peuple, visible ou invisible

Pour paraphraser Renan, parlant de religion, on pourrait dire qu'une révolution est une jacquerie qui a réussi.
C'est ainsi dans l'histoire que sont survenus les grands bouleversements sociaux et politiques, un fait jugé peu important par nos dirigeants, ici une hausse présente ou programmée des taxes sur les carburants, mettant le feu aux poudres de la contestation citoyenne et du mécontentement généralisés. Le feu prend d'autant mieux ici qu'il est alimenté par un mensonge du gouvernement : la hausse des taxes sur le carburant se justifierait au nom de la transition écologique. Bel alibi, mais un peu court compte tenu de la politique fiscale désastreuse du gouvernement d' E.Macron.

Pour l'heure, malgré la couleur fluo porté en étendard, le mouvement des gilets jaunes reste peu lisible ou, pour le moins, sujet à des interprétations multiples et interrogatives.
Qu'en est-il notamment des risques d'une "récupération " de l'extrême-droite, ou même au delà de cette organisation, des risques de débordements de type raciste ou xénophobe comme on a pu le constater à certains endroits ?

Il n'est pas douteux que le gouvernement joue sur ces méfaits ultra-minoritaires pour déjouer et discréditer le mouvement. Ce mouvement en réalité lui fait peur car il s'agit d'un mouvement social, authentique, qui rend visible ce qu'on appelle depuis la révolution française "le peuple", peuple divers, multiple, phénoménal, imprévisible. Il n'était pas prévu début juillet 1789 que l'on prenne La Bastille quelques jours plus tard et que l'on guillotine Louis Capet quelques années après. A bon entendeur...

Oui, bien sûr, surtout sans le filtre de corps intermédiaires ignorés ou méprisés par E.Macron, ces rassemblements populaires peuvent montrer un visage violent et déterminé. Certains commencent à se mordre les doigts d'une situation qu'ils ont largement contribué à enflammer. Elle ne vient pas de n'importe où, elle ne s'est pas créé ex-nihilo, elle constitue une réponse singulière et inattendue à la violence sourde d'une politique gouvernementale qui vise à servir les plus riches et à faire éclater notre pacte social.

La gauche politique et syndicale organisée aurait tout à perdre à déconsidérer et à mépriser ce mouvement sous prétexte qu'elle n'en serait pas à l'initiative. D'autant plus que les cahiers de doléance semble reprendre beaucoup des revendications traditionnellement portés par les organisations de gauche, comme en premier lieu la défense du pouvoir d'achat, le maintien des services publics dans les zones dites périphériques. Et cela s'accorde avec l'exigence d'une fiscalité plus juste, en favorisant un impôt progressif contre l'augmentation de taxes diverses et variées.

Nul ne sait aujourd'hui ce qu'il adviendra de ce mouvement, il reste à espérer qu'il sera utile à renforcer, dans le calme si possible, une démocratie populaire qui fait tant défaut aujourd'hui.

JMG


lundi 12 novembre 2018

Ni à droite, ni en arrière, pas d'en Marche dans les mairies

Et pas d'en Marche à la mairie de Lons-le-Saunier non plus. La droite on connait, ou à peu près, elle est notre adversaire, il faut continuer à la combattre au lieu de l'imiter comme l'a fait F.Hollande à bien des égards, notamment en conduisant une politique foncièrement néo-libérale sous la bannière "socialiste". Nous aurons encore longtemps à gérer ce mensonge.

Aujourd'hui, depuis près de deux ans, il est un autre mensonge, tout aussi nuisible pour le monde du travail que nous défendons, celui de se présenter, quelles que soient les élections, sous l'étiquette "En marche".
Se présenter sous cette étiquette, très souvent par opportunisme politique, après avoir même fréquenté d'autres tendances qui se disait  mensongèrement de gauche, c'est soutenir de fait une politique menée par un président, E.Macron, issu du milieu des affaires et dont le projet, qu'il l'avoue ou pas, est de détruire l'Etat social.

Soutenir "En marche" c'est condamner les systèmes de protection sociale qui ces dernières années se sont pourtant révélées utiles et nécessaires à amortir les crises économiques. Celles-ci ne manqueront pas de se reproduire dans un système économique hyper financiarisé et mondialisé dans lequel aujourd'hui nous sommes condamnés à évoluer. C'est condamner, en asséchant ses recettes, la sécurité sociale que le monde nous envie, mais qui inexorablement, à petit feu, est en train de disparaître sans que les Français ne s'en rendent compte. Les réveils, si rien n'est fait, pourraient être douloureux.

Votez "En marche" c'est soutenir la réforme inique de la fonction  publique. Cette réforme ne fait qu'anticiper et préparer plus largement encore la disparition, dans les territoires, des services publics en accompagnant ou en suscitant leur marchandisation. C'est fermer les hôpitaux publics, les bureaux de poste, les écoles, c'est persister à supprimer les communes premier échelon démocratique dans notre organisation administrative.

Votez "en marche" c'est donc soutenir une politique d'ultra-droite, sous le couvert d'un modernisme qui n'a rien à voir avec le progrès, en persistant dans une fiscalité foncièrement injuste et antiéconomique au service des plus riches et du pouvoir financier.

C'est pourquoi il est essentiel et vital de se battre pour empêcher ce parti de gagner les élections dans les territoires. Les prochaines municipales seront à cet égard décisives. Ni en arrière, ni à droite. Pour l'instant nous avons affaire à un duel droite-droite. Où est la gauche ?

A Lons-le-Saunier en particulier mais c'est vrai sans doute pour l'ensemble de la France, la population est pourtant attachée à la sécurité sociale, à l'école, au développement harmonieux des villes, à l’accessibilité et la qualité du logement social. Lons-le-Saunier sociologiquement est une terre de gauche, son passé l'a montré, attachée au principe de solidarité et de justice.

C'est pourquoi la gauche dans son ensemble doit se ressaisir, et proposer autre chose que l'impasse politique qui s'offre malheureusement à elle aujourd'hui.
Il reste à savoir quelle politique de gauche il est possible de mettre en place pour construire une ville écologique et sociale, malgré le contexte contraint imposé aux collectivité locales ces derniers années par l’État central. C'est encore possible en rassemblant la gauche, rien que la gauche, authentiquement écologique et sociale.

Le premier travail sera donc d'évaluer et de déterminer quelle est la demande sociale qui s'exprime aujourd'hui dans une ville comme Lons-le-Saunier.

Il serait temps de s'y mettre, et ce ne sera qu'une première étape.

JMG

jeudi 8 novembre 2018

Pétain de polémique !

La ficelle était un peu grosse mais ça pouvait marcher, mais pouvait seulement, au conditionnel. Dire de Pétain qu'il avait été un grand soldat pouvait permettre à Macron d'effacer les polémiques ou les contestations en cours, sur la hausse des taxes des carburants ou sur d'autres présentes ou à venir.
E. Macron n'est pas un innocent sur ce coup-là, mais juste un peu naïf, il pensait que son propos sur Pétain pouvait servir de contre-feu à faire oublier ceux qui couvent ou qui brûlent déjà, qui peuvent se révéler encore plus dangereux pour lui.

Sur le fond, même si cela peut paraître un détail, il est permis de douter que Pétain fût réellement un grand soldat. Il le fut certainement moins que tous ceux qui moururent dans les tranchées, sous le feu, noyés dans la boue, écrasés et broyés par les obus, étouffés et brûlés par les gaz. Il fut un chef de guerre, d'une guerre totale, cruelle, insensée, absurde. Un chef qui ordonna des exécutions de soldats lors des mutineries de 1917.
On rapporte aussi qu'à la toute dernière partie de la guerre, devant d'ultimes offensives allemande, il fut pris de panique et crut que tout était définitivement perdu, prêt à capituler, déjà. Grand soldat ?

Et puis surtout, bien sûr, il y eut la deuxième guerre mondiale, celle de la collaboration avec l'ennemi, celle de l’infamie, contre les juifs, les tsiganes, les résistants, les multiples victimes de la barbarie nazie.
Évoquer la mémoire de Pétain à ce moment de célébration et de mise à l'honneur des combattants n'est pas le fait du hasard. Ne s'agit-il pas d'un calcul maladroit malgré une spontanéité apparente ou trompeuse ?

Macron n'a pas la stature de Gaulle qui, parce qu'il avait vécu deux guerres mondiales et en avait été un acteur important, avait pu en 1966 dissocier le vainqueur de Verdun du chef complice de l'Allemagne nazie.
E. Macron ne se doutait-il pas que la polémique allait venir ? Ne voulait-il pas en somme ratisser large ? Espérant peut-être que ce qui se trouve à l'extrême droite puisse lui être redevable ?
C'est loupé semble-t-il, on l'espère en tout cas.

JMG