mercredi 8 mars 2023

Ressources humaines

Le conflit sur les retraites nous aura permis de voir qu'Emmanuel Macron, le chantre du néo-libéralisme et du "management" version "start up nation", n'était pas un si bon "manager", qu'il était même en la matière particulièrement mauvais. Heureusement (pour lui) qu'il n'a, si j'ose dire, à s'occuper que de l'Etat, et non pas d'entreprise car la sienne, depuis longtemps, serait en faillite. On a beau avoir fait l'ENA, l'intelligence n'est pas donnée avec le diplôme.

Le 14 avril dernier, le conseil constitutionnel validait "sa" réforme des retraites et, dans la nuit qui suivait, il la promulguait, battant nuitamment, et de façon brutale, tout espoir que pouvait encore cultiver chacun des hommes ou des femmes de ce pays qui, en état de légitime défense, manifeste depuis des mois pour le maintien de leur droit. 

Un droit bien banal d'ailleurs, et pas si exorbitant, qui consiste à prendre une retraite méritée telle qu'elle était promise au moment de prendre un emploi, retraite qui, sans obliger le bonheur, le permette, le conditionne, et tout au moins ne l'interdise pas dans ce qui "reste d'années à vivre".

Cette réforme, purement idéologique, est imposée alors même qu'aucune réflexion sur les conditions du travail et leurs améliorations nécessaires n'ait pu être menée, ni même que l'emploi des séniors, problématique dans notre pays, n'ait fait fait l'objet du moindre début de solution. Ainsi les salariés de 62 ans qui sont au chômage devront attendre deux ans de plus au moins pour faire valoir leurs droits à la retraite, opérant par la même occasion un transfert de dépenses vers l'allocation chômage si tant est que celle-ci ne soit encore largement diminuée.

Cette situation les citoyens et le monde du travail  l'ont déjà connue lors des précédentes réformes sur les retraites comme si celles-ci faisaient partie des horizons indépassable des forces conservatrices.

Déjà en 93 avec la loi Balladur qui touchait le secteur privé et qui obligeait les salariés, surtout les femmes déjà, à travailler jusqu'à soixante sept ans pour leur permettre une retraite "complète". Puis, prétextant un alignement sur le privé, fut votée, pour le secteur public, la réforme de 2003 initiée par Chirac et Raffarin, alors que le peuple avait voté Chirac pour faire barrage à l'extrême-droite. On vit donc comment ce peuple en fut remercié, le gouvernement de l'époque instituant ainsi une sorte de jurisprudence dont la vague douloureusement nous atteint encore aujourd'hui.

 

mercredi 1 mars 2023

Impuissance parlementaire

On a beaucoup dit que les députés de la Nupes, et plus encore parmi ceux de la France Insoumise, bloquaient le fonctionnement de l’Assemblée Nationale, et donc ne permettaient pas le débat sur la réforme des retraites. Il aurait fallu notamment que l’article 7 du projet, celui qui détermine l’âge légal de départ à la retraite, puisse être discuté sans l’obstruction parlementaire dont il aurait été l’objet. Et en effet le vote de cet article par la représentation nationale n’a pu avoir lieu au grand dam du gouvernement qui pensait ainsi écrire dans le marbre ce fameux âge de départ.

Les députés LFI ont multiplié les amendements voulant ainsi accompagner et soutenir le mouvement social mais avec, en quelque sorte, les armes de l’impuissance, les seules qui leur soient données. Même les organisations syndicales ont dans leur ensemble condamné les actions de ces députés. Et le Front National lui-même, un comble, a su tirer son épingle du jeu en faisant passer ses députés pour des sages de l’Assemblée.

La polémique ainsi crée, artificielle, ne sert donc pas la gauche. Elle la sert d’autant  moins  que les attaques les plus virulents sont réservées au groupe le plus important qui compose la Nupes.

Cela bien sûr ne manque pas de nourrir l’antiparlementarisme qui caractérise la vie politique française. Ce Président dédaigne de respecter la représentation nationale en se servant sans vergogne des outils que lui offre la Constitution de la Vème république.

La chienlit parlementaire, s’il en est, c’est lui. L’article 49-3 servis à toutes les sauces budgétaires, et au-delà, c’est lui ; l’article 47-1 qui permet de raccourcir encore plus le débat c’est encore lui qui l’utilise, même au risque de l’anticonstitutionnalité.

La Constitution de la Vème République c’est la cour des miracles de la démocratie ou de ce qu’il en reste, c’est la courte-échelle faite à E. Macron pour réaffirmer cyniquement son mépris du peuple.

Ce qui vient de se passer à l’Assemblée Nationale, ce prétendu foutoir parlementaire, ce tumulte qui peut sembler infantile et dont la droite, d’un extrême à l’autre en passant par le macronisme, aura fait ses choux gras, ne sont pas le fruit du hasard : mais bien plutôt la conséquence naturelle d’un régime constitutionnel qui laisse la part trop belle à l’exécutif même lorsque, et c’est le cas ici, ce dernier ne détient qu’une majorité relative (qui un temps a pu donner à certains des espérances déçues sur une lecture plus démocratique de la Constitution).

C’est pourquoi il convient de ne pas se tromper d’adversaire, de ne pas se donner plus de bâtons qu’il n’en faut pour se faire battre. L’assemblée Nationale est à l’image du pays, celle d’une France bloquée, bâillonnée, qui ne laisse rien passer d’une inspiration démocratique. C’est pourquoi pour l’heure la rue doit prendre le relais et le mouvement social rester vivace et combatif.

La victoire est incertaine mais c’est bien la seule solution donnée au monde du travail pour défendre pour le moins ce qu’il a de par son histoire durement conquis. Et donc il est impératif de préparer le 7 mars prochain dans l’unité la plus large possible.

En attendant une VIème République plus respectueuse de l’intérêt général.

JMG

mercredi 1 février 2023

Retraites : encore une réforme à la con...mais pas que

 

La réforme des retraites telle que la veulent Macron et la droite ne se justifie pas en soi, elle est inutile, nocive, anti sociale bien sûr, anti démocratique, et les raisons pour la mener à bien sont plus ou moins explicites, plus ou moins inavouées. Que nous cache cette réforme ? Pour quoi, pour qui est-elle faite ?

Il s’agit d’abord de nous faire porter l’attention ailleurs, regarder autre chose que les problèmes les plus importants, ceux-là mêmes que le pouvoir n'est plus capable, par volonté, par manque de courage ou par paresse, de résoudre.

C’est que pour ce gouvernement les urgences peuvent attendre comme celle de l’hôpital public qui se meurt, comme l’éducation nationale abandonnée, comme l’ensemble des services publics qu’on a systématiquement délaissés non seulement dans les zones périurbaines, ou néo-rurales, mais aussi au cœur des villes.

Pour paraphraser un ministre de l’Intérieur de droite : Gouvernants vous avez un problème, voire plusieurs ?, créez-en un autre ! Et un plus grand même qui soit capable de faire de l’ombre à ceux auxquels, moyennant un peu de responsabilité publique, vous auriez pu et dû dans l’intérêt général apporter quelque solution.

Agrandissez l’abîme du chaos, voilà donc la solution et la « réforme » des retraites procède de cette veine-là. Tout comme en son temps la réforme territoriale par exemple, réforme superflue qui n’avait d’autre but que de redistribuer des cartes sans changer véritablement de jeu, mais qui permettait à Valls ou aux sociaux libéraux de montrer qu’ils restaient maîtres du jeu en matière de système administratif.

Il est un autre moyen de semer le désordre, tout aussi efficace, diviser pour régner en exaspérant le conflit des générations.  Ce conflit potentiel fait office de champ de bataille pour justifier les mesures régressives du gouvernement en matière de retraite. Ainsi les retraités d’aujourd’hui seraient-ils responsables d’une dette dont le poids incombe déjà, injustement, aux jeunes générations. Les anciens seraient égoïstes, sans considération pour de plus jeunes qui leur permettent de vivre une retraite sans péril économique. Et cela est étayé par des sondages faisant apparaître que l’électorat de Macron serait surtout composé de retraités favorables à une réforme susceptible de sauver un système dont ils seraient les seuls bénéficiaires.

Centralisation et verticalité.

Cette contre-réforme s’inscrit aussi, et de façon brutale, dans une volonté qui ne se dément plus depuis des années de confisquer aux partenaires sociaux un domaine qui pourtant principalement leur appartient : la gestion  des organismes de protection  sociale.

Les retraites comme l’ensemble de la sécurité sociale se fondent sur des cotisations appliquées aux salaires, elles en constituent une base financière qui devrait être gérée par les partenaires sociaux, salariés et employeurs, sans qu’un gouvernement dût s’en mêler.

Le gouvernement Macron, à la suite d’autres, et dans cet élan centralisateur et confiscatoire qui domine aujourd’hui les relations sociales, ne se seront pas privés de se mêler au fond de ce qui ne les regarde pas. Cette réforme annoncée des retraites peut être perçue par l’ensemble du monde du travail comme une appropriation pure et simple exercée par le pouvoir central. Dans ce contexte l’argument de l’équilibre financier se révèle fragile voire mensonger…Macron lui-même en 2017 ne déclarait-il pas que les retraites n’étaient « plus un problème financier » ?

Une autre raison essentielle pousse l’actuel Président de la République à conduire cette réforme : apparaître le bon élève, premier de la classe dans la course à l’intégration européenne. Macron est de ceux qui vont plus vite que la musique européiste quitte à froisser quelques principes démocratiques. Macron le néo-libéral se fait un devoir de ne pas décevoir la commission européenne et mieux encore entend bien rester l’artisan principal d’une Europe qui précisément ne met pas la question sociale au cœur de ses préoccupations. C’est pourquoi la presse se fait si généreusement l’écho des autres systèmes de retraite dans les différents pays de l’union européenne, répétant à l’envi, sans d’ailleurs en apporter les preuves, que la France serait la plus généreuse en la matière, l’urgence étant dès lors de limiter ce qui passe aux yeux de Bruxelles pour un gaspillage d’argent public.

Lutte des classes

Ce qui se trame au niveau de l’union européenne est le reflet du pouvoir exercé par l’oligarchie.  Macron a été élu grâce ou par les plus riches de ce pays, il a reçu mandat des patrons du CAC 40 pour revenir sur les acquis sociaux. Il faut rappeler sans cesse à cet égard ce que disait en 2007 Denis KESSLER, vice-président du MEDEF, dans un article intitulé "Adieu 1945" :

"Le modèle français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie… Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du CNR… renforcé par le programme commun en 1981, à contre sens de l’histoire… Aujourd’hui face à la quasi-disparition du parti communiste, à la relégation de la CGT dans quelques places fortes, à l’essoufflement asthmatique du PS ?? Conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce".

Nul doute que ce point de vue et largement partagé au sein du pouvoir macroniste. Il donne au Président de la République actuel une boussole politique. Un contre-programme est aussi un programme susceptible de rassembler un camp, celui de l’oligarchie et de « la finance » dont le président Macron est issu. Il ne s’en cache plus, assuré qu’il est de n’être pas réélu.

Cela doit inciter le monde du travail à continuer la lutte, rassemblé dans un mouvement social le plus unitaire possible. L’opinion publique a bien compris que l’argument financier d’un maintien à l’équilibre du système ne tient pas ou n’est pas suffisant. Cette réforme est idéologique, elle vise à accentuer et à asseoir un pouvoir qui méprise le peuple et méconnait le monde du travail. C’est la réforme d’un petit Jupiter.

JMG

vendredi 30 décembre 2022

Hôpital : l'urgence absolue

 Oui, l’hôpital est en danger, il brule même, et pour paraphraser cet autre discours sur l’urgence, « nous regardons ailleurs », comme si cela ne nous concernait en rien, menace posée devant nous sans pouvoir la distinguer elle non plus. Sommes-nous devenus malades à ce point pour ne rien voir de l’épée de Damoclès qui pend sur l’hôpital public ?

C’est que le l’hôpital souffre d’abord de l’absence, sans doute voulue de la part des pouvoirs qui se seront succédés, de débat démocratique. Le néo-libéralisme, ou le libéralisme à tout crin, sans régulation de l’Etat, ne font pas bon ménage avec la démocratie ni avec l’intérêt supérieur du peuple.

 André Grimaldi, professeur émérite de diabétologie au CHU Pitié-Salpétrière à Paris, dresse un diagnostic de l’hôpital et énumère quelques mesures à prendre pour le sauver : « L’hôpital nous a sauvé : sauvons le », livre préfacé par Alain Supiot. 

Ce dernier cite Cornélius Castoriadis : «  Faire toujours de son mieux sans en attendre un profit matériel n’a pas de place dans l’échafaudage imaginaire du capitalisme ». C’est que le serment d’Hyppocrate doit transcender les lois le plus souvent mortifères du marché. La politique menée depuis plus de trente ans, fondée sur la course à la rentabilité et au profit, au mépris de l’intérêt humain,  conduit inexorablement à la disparition de l’hôpital public lequel devrait rester pourtant au centre des politiques publiques de santé.

Il y a lieu, plus que jamais, d’exiger la continuité du service et son libre et égal accès pour tous, conceptions qui sont étrangères par nature au secteur privé. L’hôpital doit rester à appartenir à tous et à chacun. C’est sans compter les exigences des marchés financiers et les prescriptions de l’Union européenne.

Rénovation ou privatisation ?

André Grimaldi nous rappelle l’enjeu actuel de la privatisation qui menace. Deux-cent vingt milliards d’euros pour les dépenses de santé constituent un trésor potentiel qui suscite l’envie des puissances d’argent. On peut y ajouter les dépenses de la branche vieillesse soit cent-trente-neuf  milliards par an.

Pour profiter de ce gâteau prometteur la stratégie néo-libérale s’attache à affaiblir l’hôpital. Jusqu’à trente pour cent des lits sont aujourd’hui fermés. Dix pour cent des Français n’ont pas de médecins traitants et la pénurie devrait être effective jusqu’en 2030.

L’actuelle insuffisance, voire la défaillance de la médecine de ville constituent avec la conception d’hôpital-entreprise deux causes essentielles de la menace qui pèse sur l’hôpital.

La charte de la médecine libérale prévoit depuis 1927 la liberté d’installation et le paiement à l’acte combinées au début des années soixante-dix avec la mise en place du numérus clausus.

Résultat moins de 40% des médecins de ville prennent encore des gardes si bien que les patients sont amenés désormais à considérer l’hôpital comme un médecin de premier recours. C’est donc la médecine de proximité qui se montre insuffisante.

André Grimaldi appuie là où ça fait mal en notant que la Fédération Hospitalière de France (FHF) est présidée par des politiques n’appartenant pas au monde hospitalier, tels Gérard Larcher, Claude Evin… ceux-ci relayant et promouvant une gouvernance de l’hôpital conforme à une orthodoxie bien en cour au sein de l’Union européenne.

L’hôpital-entreprise

C’est à partir de l’année 2004 qu’est introduite la tarification à l’activité, (dite T2A comme pour obscurcir plus encore la question), utile à susciter une concurrence entre les établissements hospitaliers tout en donnant l’avantage à ceux appartenant au secteur privé : quatre grandes chaînes internationales financiarisées (Ramsay, Elan, Vivalto, Almaviva…) lesquelles opteront pour les activités profitables, notamment la chirurgie ambulatoire, au détriment des non rentables comme l’obstétrique. Dans le même temps les dépassements d’honoraires augmentaient de plus de 30% entre 2012 et 2017.

En 2009 la loi Bachelot supprimait le service public hospitalier au profit d’une gouvernance d’entreprise menée par un directeur administratif « seul maitre à bord ». Etait inscrite dans la loi la recherche de la rentabilité. Le « codage » décrié à juste titre par les soignants accompagnait donc désormais une marchandisation du système, le « business » plan l’emportant sur la visée médicale.

Le budget hospitalier ne progressait en moyenne qu’un peu plus de 2% alors que celle des dépenses se situait entre 4 et 4,5%. La paupérisation s’avançait donc et plus encore s’agissant de psychiatrie dont la dotation dépassait tout juste un pour cent en moyenne annuelle.

Le débat était dès lors escamoté et confisqué par une élite technocratique « conseillée » par des sociétés telles que Capgemini ou bien encore Mckinsey qui récemment défrayait la chronique pour des marchés illégalement attribués au prix fort.

Plusieurs types de manipulation pour tuer ou dissoudre le service public hospitalier comme le montage de partenariat public privé rompu à une répartition inégale des tâches : au privé les les activités rentables, au public les plus dépensières.

La solidarité plutôt que la charité 

L’hôpital est à la croisée des chemins. André Grimaldi propose dix mesures quelque peu inégales et parfois difficiles à mettre en œuvre tant le système hospitalier souffre depuis des décennies d’une marchandisation rampante mais impitoyable. Un plan de santé publique sur cinq ans s’annonce nécessaire pour que la solidarité prime à nouveau sur la charité. La santé est un bien supérieur à tous les autres. Rien dans les politiques menés par l’actuel gouvernement ne présage de bon pour la santé publique. Il est plus facile semble-t-il de faire une réforme des retraites inutile que de sauver l’hôpital. Macron s’acharne, il ne fera aucun cadeau.

L’hôpital est un bien  précieux, vital, qui nous appartient encore, ne permettons pas son saccage.

JMG


article paru dans le n°301 de "Démocratie et Socialisme" le magazine de la Gauche Démocratique et Sociale (GDS)

samedi 17 décembre 2022

La claque

 Au fond on ne sait grand-chose de l’affaire Quatennens à part bien sûr qu’elle fait parler. Il n’est pas extraordinaire qu’un homme, député, appartenant à une organisation ou mouvement qui fait du féminisme et de la cause des femmes un pilier principal de son engagement, soit tracé, surveillé, commenté, et ce même à l’issue d’une décision judiciaire qui pourtant présente « l’autorité de la chose jugée ».

Adrien Quatennens est condamné, il en accepte la sentence (quatre ans de prison avec sursis et 2000 euros de dommage et intérêts), et l’aura même appelée de ses vœux comme de  ses aveux, et fait profil bas dans une bonne partie des interviews données à la Voix du Nord et à BFM.

Mais aussi il se défend en relativisant, en « contextualisant », en expliquant et en revenant à sa vérité, la sienne qu’il entend légitimement partager. Tout pourrait redevenir calme, mais c’est sans compter l’opprobre qui lui colle désormais à la peau. Ainsi doit-on se demander  à qui profite non seulement le crime, mais aussi la condamnation.

A droite on nous dit que c’est bien fait pour un homme dont le mouvement a fait de la cause des femmes un combat permanent. Et cet homme doit payer, quitte à  emporter avec lui le mouvement qui le fit député.

La bonne aubaine pour ces droites, dont la vertu n’est pas le fort et qui s’empressent parfois en sourdine d’aggraver la sentence via ses chaînes d’information, pas mécontente d’avoir débusqué un « donneur de leçon » pris à son propre piège. Ainsi on fait passer pour pertes et profits les crimes et méfaits, autrement plus graves (car la hiérarchie en ce domaine, ça existe) d’un député LR dont on a presque dans ce vacarme oublié le nom.

C’est pourquoi ceux qui composent encore la NUPES voire même au sein de LFI, féministes ou pas, devrait s’abstenir de crier avec les loups et de charger encore plus la barque de la vindicte. La droite sait très bien le faire, pas la peine de l’y aider.

Adrien Quatennens est condamné par la justice. N’en jetons plus aux chiens. La claque pour lui aussi aura été violente.

JMG

mercredi 16 novembre 2022

Pour une information pluraliste et non soumise

Les célébrations de la fin de la guerre de 14-18 rappellent  à notre souvenir, outre le sacrifice des peuples, que les guerres ne se déclarent jamais tout à fait par hasard, mais sont le produit de circonstances particulières et surtout de politiques mal menées. Notre pays s’enlise dans une droitisation favorisée en ce moment même par l’instrumentalisation de l’immigration dont le parti  lepéniste, mais aussi la droite classique, se servent sans vergogne pour asseoir une idéologie fondée sur la haine et le rejet de l’immigré.

Et il se trouve que cette xénophobie est entrée, si l’on peut dire, dans un champ concurrentiel où l’on voit l’extrême droite italienne, désormais au pouvoir avec Giorgia Meloni, le disputer aux droites extrêmes en France.  Qui sera le plus dur à droite, qui sera le plus dur en Europe pour traiter de cette question devenue électoralement et politiquement essentielle et alimentée artificiellement par des medias aux ordres du "bloc bourgeois"?

Cette question voudrait en cacher d’autres, autrement plus importantes pour l’avenir de notre pays,  comme  celle du devenir de l’hôpital public ou des prestations sociales. Serons-nous soignés demain, et dans l’égalité et le respect de chacun ? Au train où vont les choses, rien n‘est moins sûr. En témoigne le vote par le parlement du projet de loi de financement de sécurité sociale (PLFSS) pour 2023 qui ne prend pas la mesure de l’urgence et qui au contraire, en s’aidant d‘article 49-3 qui est devenu ou redevenu ces dernier temps le symbole de la non-démocratie et du mépris réservé à l’Assemblée Nationale, fragilise grandement un conquis social qui pourtant appartient naturellement et  historiquement au monde du travail. Ainsi l’objectif national en matière de dépenses d’assurance maladie défini par Macron et son gouvernement est-il seulement de 3,7%, bien inférieur à l’inflation prévue, alors qu’une bonne gestion l’exigerait plutôt à hauteur de 5%.

Les reculs sociaux, ou les atteintes aux libertés publiques, ou bien encore l’instrumentalisation des questions migratoires, ne sont rendus possibles que par des Media aux ordres du pouvoir et concentrés à l’extrême. Il est urgent, il est nécessaire de combattre cette concentration des Media aux mains d’une poignée de milliardaires qui font la pluie et le beau temps idéologiques. Le magasine de GDS « Démocratie et Socialisme », qui fête son trentième anniversaire le 10 décembre prochain, témoigne de la persistance et de la nécessité d’une presse militante libre et indépendante contre une culture de la soumission.

On aura  retenu l’épisode d’un certain Hanouna qui traitait dans son émission un député de la Nupes de «merde » parce ce que ce dernier dénonçait les malversations d’un Bolloré en Afrique. Cette vulgarité, triomphante et servile à l’égard des puissants, en dit long sur une bataille idéologique de plus en plus difficile à mener. En témoignent aussi les débats jamais véritablement contradictoires sur des chaines en continue dites d’information, telle CNews notamment, qui développent à l’envi les thèmes chers à la droite comme à l’extrême-droite. Paradoxalement cela révèle la faiblesse d’un pouvoir de moins en moins démocratique, de plus en plus autoritaire, qui n’a plus de projet, et qui n’en a jamais eu, à part celui de revenir sur les acquis inspirés du Conseil National de la Résistance.

La bataille, la lutte doivent continuer, dans l’unité à gauche la plus large possible.

dimanche 23 octobre 2022

Immigration : le grand affollement

 Le martyre de Lola, cette enfant dont l’assassin présumée est une jeune femme  immigrée en situation irrégulière et frappée par une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), aura à nouveau suscité les ferments de la haine et de l’indécence portés par une droite et une extrême-droite plus motivées que jamais à pourfendre sans nuance l’immigration. Il est si facile de jouer avec les peurs et l’ignorance pour atteindre ou asseoir un pouvoir. La question de l’immigration demeure, comme l’insécurité, un moyen idéologique pour les droites extrêmes de parvenir au pouvoir.  

On y a retrouvé Marine Le Pen mais aussi une droite plus classique tout autant à son affaire comme celle des « Républicains » personnalisé, l’air de ne pas y toucher, par un Retailleau plus sournois et à l’aise que jamais sous les ors du Sénat. Ces attaques des droites extrêmes, martelées par des chaînes d’information sans concession sont dirigées contre la gauche qui elle est  présentée comme laxiste et aveugle.

Il s’agit de répondre à cette droite pour ne pas la laisser seule maîtresse d’une question essentielle que la gauche dans sa diversité aurait tort en effet de négliger. Que la discussion puisse avoir lieu sur des bases objectives et saines.

D’où et combien ?

Selon la définition donnée par l’INSEE « Un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France ».

Rappelons d’abord que le taux d’immigration en France est le plus faible des pays de l’OCDE*. Il est à peine de 9% alors qu’il se monte à plus de 20% dans des pays comme l’Australie, le Luxembourg, le Canada, la Suisse et entre 14 et 20%  s’agissant de l’Irlande, la Suède, la Belgique, la Norvège ou l’Espagne.

L’Allemagne et les Etats-Unis se situent exactement dans la moyenne des pays de l’OCDE soit entre 13 et 14%.

Les six millions d’immigrés que l’on compte dans notre pays sont donc loin, de par le nombre déjà, de constituer une menace comparée à celle qu’elle présenterait dans les pays les plus proches économiquement du nôtre.

Au vu de ces chiffres la France n’est pas ou n’est plus ce grand pays d’accueil dont on se plait  parfois à étaler les mérites de l’hospitalité. Elle n’est pas non plus des plus généreuses en matière d’accueil des réfugiés humanitaires. Il faut à ce propos rappeler que ce sont précisément les pays en développement qui accueillent la majorité des réfugiés. Sur les 65 millions de personnes déplacées dans le monde neuf sur dix sont accueillis dans et par des pays ou les régions les moins avancées sur le plan économique ou social.

A cet égard elle serait même fermée dans ses frontières, peu encline en réalité à recevoir « tout la misère du monde ». Et d’ailleurs est-bien la misère que l’on reçoit dans ce cas ? N’est-ce pas plutôt une part de richesse de ces pays à l’émigration subie.

En effet, Il faut pour émigrer non seulement du courage mais aussi et surtout  détenir un certain capital social et économique. Il faut de l’argent, de l’instruction propres à combattre la misère, il faut donc être plus riches ou éduqués que d’autres pour parvenir à entrer dans un pays étranger qui d’emblée vous rejette. Les plus qualifiés ou les moins pauvres sont donc les plus aptes à partir.

Ainsi plus de la moitié des réfugiés qui affluaient à l’époque de Sangatte notamment, étaient titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur.

Quarante-trois pour cent des personnes entrées comme migrants et qui ont un travail permanent sont d’anciens étudiants ayant poursuivi leurs études en France. Misère peut-être mais misère éduquée avec un fort potentiel dont d’autres pays que le nôtre, la Grande-Bretagne notamment mais aussi l’Allemagne, auront su profiter plutôt que de les considérer a priori comme des handicaps.

Dans ces conditions une politique sélective de l’immigration n’est même plus souhaitable dans la mesure où elle est difficilement adaptable à la complexité et à la diversité du marché du travail.

Martellement d’idées reçues

L’autre idée est que les immigrés feraient baisser les salaires. En fait il se trouve que les immigrés et les autochtones ne sont pas en concurrence mais sont complémentaires sur les différents types de postes.

De même les immigrés ne sont pas attirés exclusivement par la protection sociale existant dans notre pays. Ils sont surreprésentés dans les classes en âge de travailler et donc contribuent davantage que les autres salariés au budget de l’Etat comme à celui de la sécurité sociale.

Pour la gauche il est essentiel, si elle entend rester jalouse de ses valeurs,  de défendre les droits des immigrés. Le mépris et la négation de leurs droits constituent un obstacle de taille à leur intégration. Ainsi faudrait-il même élargir ces droits aux élections locales. Pour l’heure que soit appliquée la convention des Nations-Unies du 18 décembre 1990 pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.

Une politique de régularisation est de nature à contourner le piège de la clandestinité qui n’est bon pour personne.

Le meurtre de Lola a été perpétré par une femme atteinte de troubles psychiatriques sévères. Qu’elle ait été sous le coup d’une OQTF ne change pas grand-chose, n’en déplaise à une droite manipulatrice, indigne, et peu sensible finalement, à la douleur de la famille. Ce meurtre effroyable en dit long sur la misère psychiatrique qui frappe notre pays depuis plusieurs années. Il nous instruit aussi, considérant les réactions des droites extrêmes, de la nécessité d’une véritable politique de l’immigration qui ne soit pas seulement guidée par la haine et la déraison.

 JMG

     

*L’immigration en France E.M Mouhoud, Fayard

Article paru dans le numéro 300 de "Démocratie et Socialisme" magazine qui fête ses trente ans le 10 décembre prochain 

mercredi 12 octobre 2022

Mensonges

Le conflit actuel qui oppose, dans les raffineries, la CGT et les directions de Exxon et de Total rend folles les chaînes d'information en continue, CNews notamment.

De prétendus "experts", ou des "journalistes" ou éditorialistes patentés n'hésitent pas sur les plateaux à mentir de façon grossière pour affirmer que les ouvriers salariés de ces sociétés gagneraient 4000 voire 5000 euros par mois. La réalité est bien  plus ordinaire en matière de salaires, ceux-ci se situant plutôt aux alentours tout au plus de 2500 euros net en moyenne, primes ou intéressements compris.

Voilà donc comment une certaine presse choisit de discréditer coûte que coûte un mouvement social juste et légitime. Il serait temps de parvenir à une pluralité de l'information et ne pas la laisser aux mains exclusives d'oligarques improductifs et sans scrupules, par ailleurs actionnaires de sociétés aux finances florissantes.

JMG

 

lundi 3 octobre 2022

Privatisation du rail : pas bon pour les usagers, pas bon pour le climat

 Les transports collectifs par nature pourraient, si volonté politique il y avait, constituer un atout pour combattre le réchauffement climatique dont les effets s’imposent aujourd’hui au monde entier de manière dramatiquement évidente.

C’est pourquoi il est important de se pencher sur le mode de gestion des transports collectifs en les faisant correspondre à leur statut naturel de bien commun.

 

Le train en particulier est un moyen de transport collectif qui doit être géré dans le souci de cet intérêt général auquel l’idéologie libérale  fait obstacle depuis de nombreuses années en Europe.

Jusqu’au début des années mille neuf cent quatre-vingt-dix le rail était généralement sous gouvernance et gestion publiques.  

Dérégulation et démantèlements

Au Royaume-Uni le rail aura été libéralisé dès les années 1980 sous le règne sans concession de Margaret Thatcher qui donnera en quelque sorte le « la » à l’ensemble de l’Europe. Cela concernait aussi bien l’exploitation que la gestion du réseau. Cela aura conduit à des catastrophes, y compris humaines et sociales. Voir à cet égard le film de Ken Loach « The navigators » de 2001, qui brosse un tableau réaliste du monde des cheminots britanniques après la privatisation de l’ensemble du réseau ferroviaire.

En Italie la libéralisation se produit à partir de 2000 sur les lignes régionales, et c’est en 2012 que le gouvernement italien concédera des lignes à grande vitesse « low cost » à un opérateur privé.

En Allemagne la libéralisation remonte aux années quatre-vingt-dix mais l’Etat fédéral reste cependant maitre et responsable du réseau, et reprendra plus tard à son compte la dette de la « Deutsch Bahn ».

La France bien sûr ne sera pas en reste et aura la volonté de demeurer le bon élève de l’Europe en matière de libéralisation du transport ferroviaire.

Pour la Commission Européenne, enserrée dans l’obsession (1957) d’une concurrence libre et non faussée, cette dérégulation doit permettre  le renforcement de la compétitivité d’entreprises ferroviaires à visage nouveau, ainsi débarrassées du carcan que leur imposeraient les Etats dans leur fonction d’autorité organisatrice de transport.

La Commission dès 1991 se détermine pour une séparation entre la gestion des infrastructures et leur exploitation. Ainsi est créée Réseau Ferré de France (RFF) séparée désormais de la SNCF société historique ( RFF deviendra Sncf Réseau en 2015).

En 2001, sous le vocable d’un « premier paquet ferroviaire », les Etats membres de l’Union se mettent d’accord pour un projet de libéralisation du fret européen qu’il soit trans-national ou national. Il est même prévu de mettre en place des autorités indépendantes de contrôle permettant de veiller à l’instauration  de cette sacro-sainte concurrence.

Puis on assiste en 2004 à la mise en place d’un deuxième paquet ferroviaire qui libéralise complétement le fret pour tous les Etats de l’Union. Ainsi est effective en 2006 une ouverture à la concurrence du fret international et en 2007 celle du fret national. Le fret ferroviaire n’y aura rien gagné et au contraire le transport routier aura pris le dessus contre toute sagesse environnementale.

En 2007 encore un « troisième paquet ferroviaire » libéralise le transport international de passagers et ce à partir de 2010.

En 2016 un « quatrième paquet ferroviaire » vise alors le transport national de passagers. Rappelons-le que l’Allemagne et le Royaume Uni avaient déjà enclenché et largement réalisé l’ouverture de leur réseau à la concurrence.

Fin 2019, en France, s’ouvrent à la concurrence des lignes conventionnées telles que les lignes régionales TER et les lignes Inter cités dépendantes de l’Etat. Idem pour les TGV qui en principe sont eux aussi soumis à concurrence, notamment sur les lignes internationales.

Mais ce ne sera encore qu’une possibilité pour toute autorité organisatrice de transport, l’obligation ne deviendra effective qu’en 2023.

L’objectif est une ouverture totale à la concurrence en 2039 au plus tard, y compris le Transilien en région ile de France.

 

Un passage en force

Il faut bien souligner que rien n’obligeait l’Etat français à s’attaquer au statut des cheminots, ce qu’il fit pourtant en mettant fin aux embauches sous statut dès le 1er janvier 2020.

De même rien ne contraignait les conseils régionaux à appliquer de suite les directives européennes de libéralisation. C’est pourtant ce que firent plusieurs régions, fortes de la possibilité, qu’elles ont désormais depuis décembre 2019, d’attribuer l’exploitation de leur réseau ferroviaire à d’autres opérateurs que la SNCF.

La région PACA vote ainsi sans tarder, en décembre 2019, le principe d’une délégation de service public pour la ligne emblématique Marseille-Nice. Son président de droite, Renaud Muselier, reprochait à la SNCF sa « mauvais productivité ». Cela prenait les accents d’une véritable punition infligée à l’opérateur historique.

Quant à la région Grand-Est, elle aussi à la pointe de la libéralisation, son président naïvement ou coupablement, se plaisait à parier sur une économie de 30% des frais de fonctionnement.

 Le cas de la région Bourgogne Franche Comté

Un cas en effet puisque ce fut la première région de « gauche » à vouloir ouvrir son réseau de TER (trans-express régional) à la concurrence. L’ensemble de ses 17 lignes qui représentent 1951 kms au total seront donc soumis à appel d’offre mettant de fait l’opérateur historique, la SNCF, en difficulté. Le droit européen implique que soit mis en concurrence l’ensemble du réseau au travers d’un seul contrat (à la différence des lignes TGV qui peuvent se négocier ligne par ligne.)

La région BFC, qui s’est donc prononcée (le parti communiste et le rassemblement national avait voté contre) pour une libéralisation du rail sur tout son territoire pouvait tout aussi bien signer avec la seule SNCF avant le 25 décembre 2023 pour une durée de dix ans ce qui prolongeait le contrat avec l’opérateur historique jusqu’en 2033.

Pour l’heure, les agents de la SNCF restent dans une incertitude quant à l’évolution de leurs carrières. Et surtout ils s’interrogent sur la perte de sens de leurs métiers ainsi que sur la marche de leur entreprise publique au service d’usagers qui eux-mêmes bien souvent ne s’y retrouvent plus.

Bien sûr les organisations syndicales, et en particulier la CGT, se sont élevées contre ce passage en force de la région BFC. A sa tête une présidente appartenant au parti socialiste mais qui  aura choisi E. Macron dès le départ pour ensuite soutenir des candidats de la NUPES aux législatives de 2022.

Ce confusionnisme politique n’est pas tout à fait le fruit du hasard, il épouse ou fait craindre une absence de sérieux politique quant à l’avenir du rail. La bonne gestion de celui-ci commanderait pourtant, dans l’intérêt général, plus de stabilité et davantage de sérénité.

On sait que le secteur du  transport (y compris le fret) représente une part importante dans l’émission de CO2 (plus de 33% en France). La route en représente plus de 80%, suivie du transport aérien avec 15%, et du ferroviaire avec seulement 2%.

C’est dire l’enjeu stratégique du rail en matière de transition énergétique. La France en la matière semble vouloir rattraper son « retard » mais à l’envers du progrès contrairement à des pays comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou l’Italie qui reviennent, forts de l’expérience,  à des gestions plus transparentes et davantage maîtrisées des transports collectifs.

Notre pays semble plus que jamais au cœur d’une course effrénée vers une dérégulation qui ne mène à rien d’autre qu’à un sous-investissement des réseaux ferrés, et qui donc  empêchent une stratégie de développement du rail. Il est temps de remettre en cause cette politique même si la Commission Européenne, appuyée voire instiguée par un gouvernement français complice, exige de rester maîtresse du jeu en faisant valoir coûte que coûte, d’une manière peu démocratique, une doctrine néo-libérale incapable de répondre à l’exigence d’une transition écologique harmonieuse et efficace.

JMarc Gardère


NB : article publié dans Démocratie et Socialisme n° 297 de septembre 2002