mardi 31 janvier 2017

L'honneur perdu d'un gouvernement

On peut se réjouir, même sans illusion, de la victoire de Hamon car, consacrant la défaite de Valls, elle dénonce et condamne une politique d'austérité idiote et contre-productive, source de souffrances pour l'ensemble de la population au travers d'une flexibilisation accrue dans le monde du travail, conduite par un François Hollande qui aura trompé son électorat populaire à un degré que la gauche jusque là n'avait jamais connu.

Beaucoup ont voté Hamon par défaut, mais ce vote n'en est que plus important. Il exprime une défiance radicale vis à vis de Valls mais aussi  vis à vis de tous ceux qui, osant se réclamer des valeurs de la gauche, auront réussi non seulement à la déstabiliser mais à confirmer le pays dans la crise au nom du modernisme ou de l'esprit de responsabilité. Comme si être responsable c'était s'autoriser à ne plus rien inventer du tout et pire s'ingénier à travailler pour le camp adverse, celui qui  finalement pourrait porter Fillon ou Le Pen aux portes de l'Elysée.

Ce vote sanction devrait conduire, pour le moins, le gouvernement à abroger la Loi Travail emblématique de l'action de l'ancien premier ministre. Loi travail qui, grâce à l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution, revient sur les garanties collectives nationales que contient jusqu'alors le Code du Travail. ( Jusqu'alors car tous les décrets ne sont pas encore parus et qu'il suffirait simplement, comme l'aura fait Villepin pour le CPE, de ne pas les publier)

Le peuple de gauche qui existe au delà-même du corps électoral qui s'est exprimé dimanche dernier serait en droit d'exiger ce retrait.

L'actuel premier ministre Bernard Cazeneuve serait inspiré d'accomplir ce geste qui permettrait de sauver ce qui reste encore de l'honneur du parti socialiste et de ces dirigeants aujourd'hui mis en minorité par l'électorat de la primaire "socialiste".

C'eût été trop beau, et c'est donc tout le contraire qui se produit, l'exigence démocratique étant foulée aux pieds par ceux qui sont, pour peu de temps probablement, encore au pouvoir.

Un jour après le verdict, recevant Hamon à Matignon pour du bout des lèvres lui apporter son soutien, Bernard Cazeneuve a exhorté celui-ci au rassemblement et a exigé de lui qu'il assume le bilan du gouvernement,  bilan dont les socialistes selon le premier ministre devraient se sentir fiers !

Nous sommes donc à mille lieux d'une abrogation de la loi travail par l'actuel gouvernement. Ce dernier ne tient aucun compte du verdict des urnes, il est dans une posture anti-démocratique qui finalement aura été le signe de ce quinquennat.

Quinquennat décidément catastrophique en cela qu'il ouvre la voie à des suites politiques qui pourraient se révéler incontrôlables.

JMG

lundi 23 janvier 2017

Valls ? Par ici la farine !

Je n'ai jamais été très chaud pour les primaires, mais bon elles existent, faut faire avec. J'ai donc été voté dimanche et irai probablement voté dimanche prochain abondant ainsi, et lui donnant même un petit supplément de légitimité quelle ne mérite peut-être pas, cette Belle Alliance Populaire dont le supposé caractère populaire n'aura été confirmé que par une participation en demi-teinte. Participation dont le chiffre aurait même fait l'objet de manipulations. Mais bon on va pas mégoter, si ça se trouve c'est encore un stagiaire à Solferino qui s'est gouré en confondant deux colonnes de son tableur excell. (j'déconne)

On dira ce qu'on voudra, et j'entends bien les arguments anti-solférinesque que je suis même prêt de partager, mais cette primaire reste un exercice démocratique. Et ça c'est bien, faut pas cracher dessus. Quand je vois un bulletin de vote mon sang ne fait qu'un tour, j'ai envie d'exercer, par ce petit bout de papier, ma volonté de puissance. Je me dis qu'une seule voix, la mienne bien sûr, peut faire basculer le scrutin et ainsi, accessoirement, sauver la France.

Pour dimanche prochain, nous avons finalement le choix entre Hamon et Valls (moi dimanche dernier j'ai voté Montebourg, je me suis gouré, mais j'avais de bonne raisons je crois, sur l'Europe et la question démocratique,  sur la VIéme république, sur la nécessaire ré industrialisation du pays, des choses comme ça...). Je dirais même que Hamon ferait bien de reprendre ces thèmes, en les martelant si besoin, en en faisant des arguments de campagne même si cela lui paraît archaïque, pas assez djeun, ou pas assez sexy comme aurait dit Tony Blair.

Car entre nous son revenu universel, c'est bien, c'est neuf, ça a permis de parler d'autre chose que la fainéantise et le coût prohibitif des fonctionnaires, mais c'est pas assez costaud pour une présidentielle où en face il va se trouver un réac. comme "courage Fillon" ou une quasi-facho comme Le Pen.

Si je vais finalement voter dimanche, c'est pour enfariner Valls. J'en ai vraiment marre de ce type qui nous prend pour des demeurés, qui nous sert de derrière les fagots des lois dont on ne voulait pas,
assez de ce personnage qui se fait passer pour un mec de gauche alors que sans vergogne il a, entre autres choses, instrumentalisé les Roms à des fins politiciennes, usant d'un populisme autrement plus détestable que celui dont on accuse Mélenchon.

Donc voilà, voter Hamon ça sera un peu de farine, ma farine à moi, pour la lancer à Valls, ça fait pas de mal, c'est doux, et ce sera bien plus efficace, et plus légal, qu'une simple gifle lancée à la sauvette par un petit jeune désorienté.

C'est déjà ça. Et après on verra.

JMG

vendredi 20 janvier 2017

Valls, Macron, nouveaux visages de la droite ?

Que veut Macron ? Que veut Valls ? Ne sont-ils pas de typiques incarnations du sarko-hollandisme, (terme qu'il faudrait mieux définir, j'en conviens) ? Pour Valls il n'y a pas beaucoup de mystère, son programme se résume pour l'instant à vouloir supprimer, et sans rire, le 49-3 des tablettes de la Constitution, et défendre son bilan, dont il est fier, très fier, en tant que Ministre, puis Premier ministre d'un président qui aura été bien inspiré de ne pas se représenter.

Plus c'est gros plus ça passe, mais ça montre que Valls, le bougre, se démène et se décarcasse et qu'il n'est toujours pas à une tromperie près même si cela paraît dépasser les bornes. Que cherche t-il au fond ? Sauver le PS ? Sauver la gauche, on en doute bien sûr, ou se sauver lui-même ? C'est pathétique, presque pitoyable, et pourtant il y aura encore des militants du parti "socialiste" qui ne voudront y voir que du feu. Ces faux-semblants sont autant de crachats qu'on leur lance au visage, ou de gifles qu'on leur donne, ils continuent malgré tout de le soutenir, comme ils soutiennent encore, sans en avoir véritablement mesuré les conséquences, cette loi travail qui constitue pourtant une ligne de démarcation significative, décisive entre la droite et la gauche.

Nous sommes dans la m...ouise, avec un Manuel Valls dont certains sondages nous disaient encore qu'il resterait le meilleur candidat de la gauche pour le deuxième tour des présidentielles, de 10 à 12% tout au plus d'intention de vote, moins que JL Mélenchon, et moins surtout que Fillon et Le Pen qui pourraient se retrouver au second tour.  Catastrophe !
Quant à Macron on nous dit qu'il pourrait sauver ce qui peut l'être encore. Le problème avec Macron c'est qu'il est encore moins "socialiste" que...Valls...l'alliance des deux termes faisant toujours mal à la raison. On est bien dans un brouillard crasse et il faudra faire avec.

Alors, puisque une hypothèse dispose que Macron serait aspiré par le parti socialiste et sa "belle alliance populaire", il faut se poser la question : que veut Macron ? De qui, de quoi est-il fait ? A-t-il un programme ?
Outre le travail le dimanche, et plein de belles choses, je n'oublie pas d'abord qu'il est l'inspirateur d'une loi éponyme qui a commencé d'esquinter le code du travail, le travail ayant été terminé par Valls et El Khomry. Il a aussi, entre autres choses, esquinter la sécurité sociale en instaurant les mutuelles d'entreprises. On copie ainsi le modèle américain, celui en tout cas en vigueur avant l'Obamacare. N'eût-il pas été plus simple et surtout moins inégalitaire et injuste,  plus économique même, d'étendre le domaine de la sécurité sociale ? La sécu, que le monde nous envie encore tant qu'elle existe, et dont on fête ces temps-ci les soixante-dix ans.

Macron veut "assouplir" les 35 heures, vieux thème défendu par la droite, en différenciant une durée du travail senior d'une durée du temps de travail pour les jeunes. S'agissant du déclenchement des heures supplémentaires l'effet pervers sera que l'heure de travail sera moindre pour ces derniers. Cela ne ressemble-t-il pas au Smic jeunes que la gauche en son temps avait unanimement combattu ?

Il veut pour les retraites un système à la carte, mais sans plus de précisions, pas en tout cas dans le sens du partage du travail.
Il voudrait encore, le conditionnel ici est encore justifié par le vague et l'inanité des propositions du candidat, davantage d'autonomie pour les établissements scolaires, d'abord pour le primaire, et plus si affinités. Sur le modèle britannique ? Peut-être, peut-être pas...
Oui, c'est vrai, il veut aussi supprimer les départements, mais pas tous, bon...

Tout cela n'est pas bien original, mais globalement participe de l'esprit néo-libéral, avec un zeste de colbertisme (pas trop quand même) mélangé à une espèce de néo-capitalisme fortement "ubérisé". Tout cela devant être lu à la lumière de son action dans le gouvernement Hollande, et de son passé de banquier à forte teneur rentière. Son projet devrait aller dans le sens d'une flexibilisation et d'une déréglementation de la société accrues, de plus en plus forte avec les faibles, faible avec les forts.
Macron y va aussi de son petit morceau sur la sécurité en projetant de recruter un peu plus de gendarmes et de policiers, il annonce le chiffre de 10 000, et, pour faire gauche un peu quand même, il programme le retour de la police de proximité.

Tout cela justifie-t-il la mobilisation de l'ensemble des media, qui se mettent en marche au service de la macronisation des esprits ? Tout cela sent l'artifice, ne peut faire rêver que quelques élus plus ou moins socialistes qui pourraient, en marchant ou en boitillant, sauvegarder leurs postes de député ou même envisager des alliances tardives pour leur ouvrir un avenir politique.
Et pour Macron, cerise ou rose sur le gâteau, il n'y aura pas besoin de la Belle alliance populaire, il y va et pis c'est tout...

Les boules quoi...

JMG

PS : c'est encore le cas de le dire, j'irai voter quand même à la BAP (quel nom ridicule décidément), j'aurais préféré Filoche mais j'irai voter Montebourg, pour beaucoup d'idées que je partage, comme la nécessaire ré-industrialisation du pays, ou la réorientation de l'Europe (en admettant que celle-ci soit encore possible dans le cadre imposé aujourd'hui). J'irai voter sans illusion, beaucoup pour la forme, un peu pour le fond, pour se persuader peut-être que la gauche que jadis représentait le PS n'est pas encore morte, et qu'elle doit rebondir, dans un autre cadre qui reste à inventer, à reconstruire, à soutenir, et surtout dans l'unité...sait-on jamais...


mercredi 11 janvier 2017

Populisme

Je reproduis ici un article que j'avais publié par ailleurs et que j'ai corrigé et actualisé

A moins qu’on ne le prenne au premier degré, notamment comme dégénérescence du discours politique, le populisme a bien à voir avec le peuple, ce peuple dont l’idée doit appartenir à la gauche. C'est la gauche qui a inventé la notion de peuple au gré des révoltes ou des révolutions démocratiques. En ce sens, le populisme, notion éminemment politique s'il en est, pourrait se définir comme la relation du peuple au pouvoir. Même si le peuple, au fil de l'histoire, a pu apparaître comme objet de pouvoir davantage que comme sujet, même enfin si la notion est aujourd'hui récupérée par les droites extrêmes.

Si être populiste c’est défendre les acquis sociaux, les services publics, l’idée que les moyens de production ne doivent pas seulement obéir à des intérêts privés mais aussi répondre au souci de l’intérêt général, si on veut empêcher la privatisation de la santé à des fins lucratives, ou l’éducation, alors il est légitime d’être populiste. Mais, pour reprendre une tournure désormais célèbre, de quoi le populisme est-il le nom ?

JL Mélenchon se targuait d’être populiste pour contrer une accusation de la droite ou de la gauche bien-pensante pour lesquelles populisme et démagogie seraient une seule et même chose. En ce sens le populisme de Mélenchon peut se comprendre comme une contre–attaque d’ordre sémantique, une provocation salvatrice pour affirmer à la droite que le peuple ne lui appartient pas. En somme, Mélenchon entend dire haut et fort que la gauche aussi peut être sûre de ses valeurs, ne plus en avoir honte. Cette attitude est loin d’être illégitime.
La droite, en particulier la droite sarkozienne qui était au pouvoir depuis 2002, date à laquelle son mentor devint ministre de l’Intérieur, cette droite-là, tout comme, pour une bonne part, la gauche hollandaise ou vallsite qui lui a succédé, est " bonimentariste."

Elle a la prétention, ou le rêve, de s’adresser au peuple elle aussi, mais c’est pour le tromper, l'histoire l'aura montré. Il s’agit là de la droite des promesses généreusement distribuées mais jamais honorées, jamais tenues, aussitôt dites aussitôt envolées, mais il y en a tant, dissimulées dans de l’événementiel sans cesse renouvelé, qu’on les oublie.
Ainsi le navire néo-libéral, dont la coque désormais est trouée à plusieurs endroits, continue de voguer malgré tout, poussé par le vent de la vacuité et des faux-semblants, et ce en dépit des tempêtes scandaleuses, ou de « réformes » rétrogrades (loi travail, loi Macron, réformes territoriales...) visant à l'intégration européenne sous l'angle de la domination financière.

Cette démagogie (car il s'agit bien de cela), de droite ou prétendument de gauche, sert l’oligarchie financière qui le lui rend bien par les moyens de communication écrits et parlés qu’elle développe au service de son idéologie. Le bonimentarisme, cette propension à un discours politique vide de sens, purement formel, s’inscrit dans la volonté farouche de conserver le pouvoir à tout prix, même à celui de nier les règles de l’éthique et de la démocratie, pour le bien exclusif de quelques-uns.

En ce sens le populisme, qu'une gauche qui se respecte devrait disputer aux droites extrêmes, est préférable à ce bonimentarisme qui fragilise la démocratie.

JMG

samedi 7 janvier 2017

Bonne année, bonne santé, et cetera

Va falloir s'habituer à ce chiffre sept, et nous avons un an pour cela avant d'en inaugurer un autre. Ainsi va la vie, et ses repères (artificiels mais nécessaires peut-être) qui fondent notre humanité, nous sommes faits aussi de ces rendez-vous calendaires, rituels ou pas, le tout étant sans en être dupes de ne pas les manquer.

Et donc bonne année à tous, que cette année, monarco-présidentielle, politique s'il en est, soit consacrée à la liberté, l'égalité, la fraternité, valeurs qui par nature devraient nous faciliter le choix parmi ceux qui se proposent à nos suffrages.
Ainsi pour ce qui me concerne, et pour être aussi peu diviseur que possible, je commence par éliminer : je ne choisirai ni Fillon, ni Le Pen, ni Valls, ni Macron. J'accorderai une mention spéciale à ces deux derniers, le cynisme de l'un faisant écho à l'aventurisme de l'autre, eux qui ont tant trahi la gauche pour la mettre dans la mouise où elle se trouve aujourd'hui.
Et donc j'écarterai ces quatre pour tout ce qu'ils ont déjà fait ou déjà déclaré. Je ne les mets pas toutefois dans le même panier. Que cette année à cet égard ne nous oblige pas à des ralliements terribles.
Outre la paix (mais laquelle au fait ?), souhaitons-nous la liberté, on ne sait pas ce qu'exactement elle est, mais avec un peu d'imagination, il est aisé de deviner ce que nous pourrions devenir si elle disparaissait tout à coup.

 Que cette année soit aussi celle de l'égalité retrouvée : l'égalité absolue n'existe pas et peut-être n'est-elle même pas souhaitable, il faut pourtant s'atteler sans relâche à la défendre pour éviter que les inégalités, elles, continuent de s'accroître. Or c'est notre lot aujourd'hui, notamment en France, ou dans l'Union Européenne qui les aura même exacerbées, fractures sociales, économiques, culturelles qui tuent la démocratie à petit feu. Défendons-donc l'égalité dont l'image se dissipe au fil des années à cause d'un néo-libéralisme ou d'un capitalisme financier qui n'ont rien perdu de leur virulence malgré ou par la caricature qu'ils sont devenus.

Enfin souhaitons nous la fraternité sans laquelle ni la liberté ni l'égalité, ou leur idée même, ne sont possibles. Sans fraternité, la liberté ou l'égalité pourraient même devenir un enfer.

Et donc finalement, je nous souhaite à tous la République, République Sociale avant tout (Fillon piège à cons !), qui succède enfin à la cinquième, moribonde, pour donner naissance à une autre, une sixième, qui s'acharnerait enfin, la nécessité faisant loi, à être écologique.

JMG

samedi 3 décembre 2016

Le Roi est mort, vive le Roi !

Il a renoncé, et alors ? N'était-ce pas le plus sage dans sa situation de président "normal", qui a loupé à peu près tout de son mandat, ce mandat que ceux qui avaient voté pour lui en 2012, pétris d'espérance ou de candeur, étaient en droit d'attendre en mieux ?

Qu'on se le dise, Hollande a renoncé à se représenter parce qu'il n'avait aucune chance, il n'est pas question de courage ici, il se serait pris une déculottée qu'il aurait eu du mal à assumer sur le plan politique, comme sur le plan affectif : il est certain, ceci étant, que la décision a dû être difficile, d'où l'émotion qui l'étreignait et que l'on prendrait pour de la vertu.

Au-delà des larmes de crocodile, il faut voir le bilan de ce président qui, disait-il, et on l'a cru, allait conduire  une politique de gauche, en défendant le monde du travail, en terrassant la finance, en renégociant le traité budgétaire européen, en tenant bon devant l'ordo-libéralisme de Merkel.
Mais rien de tout cela ne s'est produit, tout s'est dégonflé...Trop nombreux au PS ont été ceux qui n'ont pas moufté, qui, lâchement, ou par ignorance, lui ont donné leur blanc-seing, et donc renoncé à faire leur devoir, leur devoir de militant, celui de faire de la politique.
 A la place ces mêmes se sont livrés à de l'idolâtrie, aveuglés par une  naïveté coupable, par un légitimisme béat. On les voit encore ces pleureuses au lendemain de la "démission" de leur mentor, accusant les autres, des frondeurs, des syndicalistes, que sais-je encore, de l'avoir fait toucher terre, alors qu'ils en sont les principaux responsables pour n'avoir permis aucun débat.

On pouvait espérer que  Hollande sur la question sociale respecte sa parole, qu'il convoque une grande conférence sociale où l'on aurait parlé salaires, temps de travail, licenciements boursiers...
C'est tout le contraire qu'il a fait, avec la loi de son ministre Macron, son protégé et bientôt traître, et surtout la loi travail qui a jeté des millions de salariés dans la rue, pour un des conflits sociaux les plus long de ces trente dernières années. Avec en prime, même s'il n'en est pas directement responsable, une criminalisation de l'action syndicale, aidé en cela par un premier ministre n'hésitant pas à alimenter l'amalgame entre casseurs et syndicalistes, la CGT plus particulièrement en point de mire. Trop c'est trop !
Sur un plan politique, on voit aujourd'hui le résultat : le retour d'une droite conservatrice qui s'est sentie des ailes, le réveil d'une droite fillonesque, aussi archaïque que revancharde, égoïste bien que catholique, prête à revenir sur tous les acquis sociaux issus du conseil national de la résistance.
Valls est donc en passe de prendre le relais d'une candidature qu'il a lui-même , d'une manière assez honteuse, déjouée ou, pour le moins, découragée.
Certains sont prêts à soutenir Valls comme si il était le nouveau monarque. Comment peut-on croire qu'il mènera une autre politique ? A moins qu'elle ne fût pire, ce ne serait pas étonnant. Le roi est mort, mais un même revient.
Nous sommes en pleine monarchie républicaine et tout l'enjeu aujourd'hui est d'en sortir sans trop de casse ! La VIéme et vite, comme le préconisent Filoche, Montebourg, Mélenchon, et d'autres !

Et pour cela qu'ils s'entendent donc, qu'ils s'unissent à la fin. La gauche, contrairement à ce que prétend Valls, ne peut pas mourir.

JMG

mercredi 30 novembre 2016

Parti...socialiste ?

Le parti socialiste n'est plus, il n'est plus, et depuis longtemps déjà, bien avant 2012, le parti auquel j'avais adhéré en 2002-2003. A l'époque il portait encore un projet  à peu près clair, même si déjà on pouvait, on devait même, relever les insuffisances et déjà les trahisons fomentées en interne par manque de fond politique. Mais alors y avait-il urgence, il fallait relever le défi dû au traumatisme d'avril 2002, traumatisme qui concernait la gauche dans son ensemble, et pas seulement le PS.

Ensuite tout s'est gâté, peu à peu, d'année en année, au PS se sont révélés des gens qui n'avaient plus rien à voir avec la défense du monde du travail, qui avaient abandonné toute référence à la question sociale. Et qui, c'est là le plus grave, avaient utilisé le parti à des fins d'ambition personnelles en jouant avec les procédures du parti pour les contourner ou carrément les nier. 

A Lons-le-Saunier, dans cette fédération du Jura que je connais bien puisque je siège à son conseil fédéral, on a vu ce que cela a donné, un feu de paille, trois petits tours, au conseil général de 2011 à 2014, et puis s'en vont. Des gens sans conviction prêts, pour sauver leur existence politique, à rejoindre aujourd'hui Macron ou à flirter avec les idées droitistes, sans vergogne. Ils ne voient pas ces bougres qu'ils se tuent eux-mêmes emportant avec eux l'idée de socialisme, en faisant au passage un label repoussoir, tout en préparant la route à la droite extrême qui revient, on le voit, de plus belle.

C'est que tout cela s'accompagnait d'un amaigrissement idéologique, de la fin de tout esprit critique qui ont fait qu'au niveau national cette fois, les Hollande, Valls, Macron ont pu faire ce qu'il leur chantait de faire, c'est à dire des politiques empruntées à droite de l'échiquier politique, le dépassant même, comme la loi travail dont on n'a pas fini de souffrir des conséquences pratiques et idéologiques.

Le parti socialiste n'est pas tout à fait un astre mort comme certains le prétendent mais c'est une maison hantée. Hantée par les promesses non tenues bien sûr, par les espoirs entretenus mais jamais honorés, par les mensonges et les tromperies d'un gouvernement et d'une direction nationale qui se sont moqués de ses militants.

Quels sont aujourd'hui les valeurs du PS, ne sont-elles pas abîmées par l'histoire des trahisons récentes ? Sont-ce encore des valeurs de gauche ? Hollande, Valls, Macron sont-ils de gauche,  ont-ils servi véritablement les intérêts du monde du travail, ont-ils agi pour les intérêts du peuple, autrement dit  pour  l'intérêt général ? N'ont-ils pas au contraire distiller les conditions d'un retour fracassant d'une droite dure, dure avec les faibles, dure avec la jeunesse ?

Comment peut-on ensuite tenter de mobiliser le peuple de gauche, composé par nature, de par son histoire, d'ouvriers, d'employés, de bas salaires, de chômeurs, des laissés-pour-compte. Le PS n'est pas un parti conservateur, il était même le parti de l'émancipation mais ce sont des conservateurs, hors les questions sociétales, qui l'ont pris d'assaut, de mèche avec les banques et les grands groupes industriels et financiers.

C'est pourquoi je le quitte après beaucoup d'hésitation, après m'être battu en toute modestie, à mon humble niveau, mais fermement, pour qu'il en soit autrement.

Le dernier conseil fédéral auquel j'ai participé a été violent. J'ai été attaqué parce que j'ai osé critiqué le gouvernement en dénonçant ce qu'il a fait avec la loi travail, le pacte de responsabilité qui porte si mal son nom, et le CICE qui va de pair. C'est à cette occasion que je me suis aperçu que ces "camarades" ne mesurent pas les conséquences, en période de crise prononcée, de cette politique de l'offre  pour laquelle il n'y a pas eu de débat. Savent-ils même ce que contient la loi travail ? Leur principal intérêt est politicien, ils sont devenues une espèce de secte, leur principal souci étant de défendre LEUR gouvernement, celui dont il pense qu'il est encore de leur côté.

Nous n'avions plus en face de nous des gens capables de débattre. A l'impossible nul n'est tenu, c'est pourquoi je m'en vais.

JMG
















jeudi 24 novembre 2016

Tenir la route

Les automobilistes s'en rendent compte jour après jour, le réseau routier est malade, de plus en plus malade. La CGT le rappelait dernièrement, près de 50% des accidents seraient liés à des questions d'infrastructures routières.
Ceux qui roulent la nuit, sur les routes nationales comme départementales, ne peuvent que souffrir, entre autres désagréments provoqués par faute d'entretien,  de l'effacement de la signalisation horizontale. Ainsi on ne distingue plus, ou très difficilement, les bandes blanches au milieu ou sur les bas-côtés des routes. Tout cela pose de véritables problèmes de sécurité qui peuvent, en cas d'accident, justifier de saisir les tribunaux. A qui la responsabilité, à qui la faute ?

De la même manière qu'on délaisse depuis des années l'entretien des infrastructures ferroviaires, l'entretien des routes prend de plein fouet les politiques stupides et criminelles d'austérité. La tendance lourde est à la non-intervention publique, à la diminution drastique des dépenses d'entretien courant et de gros entretien, et à l'abandon pur et simple d'investissements publics nouveaux.

On sert prioritairement les autoroutes, favorisant les grands axes,  avec au passage des augmentations de tarif dont profitent davantage les rentes boursières que les investissements utiles.
Ainsi le patrimoine routier, dans son ensemble, fait partie des victimes de ces politiques de réduction des dépenses publiques qui ont encore la faveur de la plupart des gouvernements en Europe. 
En France la tendance va s'affirmer avec des candidats de la droite, ou de la gauche gouvernementale actuelle, Macron compris. Tous sont d'accord au fond pour aboutir à la privatisation la plus large possible du domaine routier. Si l'on n'y prend garde, si on laisse faire, les routes à l'instar des autoroutes deviendront payantes ! Il y a là de l'argent à se faire, les milieux financiers à cet égard sont moins aveugles que les citoyens ou les usagers des routes !
Depuis 2011, les crédits de l'Etat et des collectivités à l'entretien courant du réseau routier est à la baisse. (baisse de 27 % de 2010 à 2011, et qui se confirme d'année en année). Ceci n'est pas dû au hasard et encore moins à un souci d'une saine gestion des deniers publics.
Cela est de nature à préparer bien plutôt les esprits à cette privatisation du domaine routier, les pouvoirs publics passant alors pour de piètres gestionnaires qu'il faudra à tout prix remplacer par des entreprises privées du BTP.
Les usagers ne pourront rien y faire une fois le fait accompli : les privatisations qui s'annoncent profiteront in fine à des actionnaires que l'intérêt public, par nature, indiffère.

Debout citoyens avant qu'on ne vous confisque vos routes au prix fort ! Encore un domaine où il est nécessaire de se battre pour ne pas laisser au privé une gestion qui dès lors deviendrait plus coûteuse  pour l'usager, ou pour le citoyen qui de surcroît ne pourra plus exercer son contrôle démocratique.
JMG

samedi 5 novembre 2016

Contre la mélancolie

Contre la mélancolie, on a trouvé un truc extra-bon, ce sont les primaires de la droite et du centre.
Bien sûr on peut en pleurer, se dire que c'est foutu de chez foutu, qu'entre Sarko, Juppé, Poisson, Copé, NKM, Fillon, Lemaire, dans ce délire néo-libéral où des clowns se font la courte-échelle, le champ politique nous est fermé désormais,  annonciateur d'une catastrophe politique dont nous aurons, tous et toutes à gauche, si même elle existe encore puisque Valls lui-même en distille la fin prochaine, du mal à nous remettre.

Alors, contre mauvaise fortune on peut décider d'en rire, de faire de ces primaires un divertissement, au diable la tragédie, et les chants de désespoir.
Je ne dirai même pas que nous avons affaire à la droite la plus bête du monde, prête à tuer notre modèle social dans la lignée de ce qu'auront initié ou encouragé Hollande, Valls, Macron et quelques autres pourtant de notre camp, je ne parlerai pas de la fin annoncée de la fonction publique et des services qu'elle fait fonctionner dans un effort d'égalité, ni de la privatisation programmée de l'hôpital et de la sécurité sociale, des promesses de hausse de TVA, de la baisse des impôts sur les sociétés, des surenchères imbéciles comme l'âge de la retraite qui ne devrait sonner que de plus en plus tard, ni de la fin des 35 heures laquelle, si l'un de ces imbéciles étaient élus, serait de nature à accroître encore plus le chômage, je ne parlerai de rien de cela.

Mais à la place, je tiens à faire part de mon admiration pour les bons coups que font Bayrou et Juppé à Sarko et donc aux autres aussi par la même occasion.
Bayrou a dit, pas très fort mais il l'a dit,  que si Juppé était battu à la primaire de la droite, il se présenterait fissa et malgré ça à la présidentielle. Lui Bayrou, lui le Béarnais, il se présenterait contre Sarko.
Et ce dernier de fulminer d'un coup aussi pendable, comme on le comprend, lui qui a trouvé là bien plus malin que lui.
On reconnait là le Béarnais, le Henry quarto of competition , qui sait jouer gagnant-gagnant, qui va donc, avec Juppé, quoi qu'il arrive, emporter la mise...Bayrou est un génie, et Juppé aussi pour l'avoir  choisi pour ami dans ce tournant politique décisif. En fait ces primaires n'en n'auront plus que le nom puisque Sarkozy, même s'il en sortait vainqueur, trouverait face à lui un François Bayrou tout frais pour continuer le combat.

Oui, on peut s'amuser des heurs et malheurs de la droite pour faire oublier les coupables tergiversations de la gauche qui ne parvient pas, pour l'instant en tout cas, à trouver l'unité indispensable pour éviter la catastrophe.
Quand on n'a plus le cœur de rire de soi-même il est fortement conseillé, pour la détente, de se moquer du camp adverse, et des dindons de la farce qu'il nous livre en pâture.

JMG