jeudi 1 mars 2018

Feu le PS ?

Et je n'ai pas dit feu sur le PS, on ne tire pas sur l'ambulance et encore moins, comme ici, sur les corbillards : cela ne servirait à rien. D'autant plus que le PS si on n'y réfléchit bien, en tant que tel, n'y est pour rien.

Feu le PS cela signifie, littéralement, étymologiquement, qu'il fut. En témoigne à Lons-le-Saunier, bien en vue avenue Thurel, l'immeuble dont ce fut le siège durant ses dernières années de gloire, gloire nationale surtout, et un peu aussi de gloire locale puisqu'il le parti "socialiste" lédonien fut à l'origine d'un président de conseil général de "gauche" durant quelques petites années.

Cet immeuble de trois étages s'est récemment départi de ce qui lui tenait lieu d'oriflamme, un grand panneau sur lequel était inscrit "parti socialiste", écrit en rouge bien sûr pour rappeler qu'il fut un peu quand même le parti de Jaurès.
M-H Duvernet, ancien premier secrétaire fédéral du Jura, le dernier, a donc rendu les clés en déclarant, même si cela prête à rire, que le parti socialise n'était pas un parti pour le XXIéme siècle (sic) ; il est parti sans doute écœuré, et on le serait à moins, par ses résultats aux dernières municipales durant lesquelles il ne fit d’ailleurs aucun cadeau au parti qui l'avait investi, écœuré aussi plus récemment par ses résultats aux dernières législatives qu'il pensait gagner sans doute, malgré l'évidence. Il est donc parti ailleurs, à Dole précisément, qui on en conviendra n'est pas le meilleur endroit d'où partir pour conquérir la mairie de Lons-le-Saunier.

Pour revenir au parti socialiste il est mort de traîtrise, de suicide, d'inanité idéologique, d'opportunisme politique. Le PS a collectionné les erreurs croyant en 2012 qu'il avait décroché la timbale avec l'élection de Hollande. Cette victoire électorale se sera révélée être un anesthésiant de la pensée et des convictions politiques.

Ainsi dans le Jura a-t-on vu E.Lacroix, ancien premier secrétaire fédéral, après avoir flirté avec un club giscardien antédiluvien, rejoindre "En marche" pour aider Danièle Brulebois à devenir députée du Jura. Cette dernière avait emporté l'investiture du parti de Macron aux dépens de son ancien collègue du Conseil Général Christophe Perny lui aussi aspiré par les promesses électoralistes du parti présidentiel.

Bien sûr il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'envie, mais la politique ne doit-elle pas rester une affaire sérieuse ?! Comment peut-on ainsi  s'accommoder de tels revirements ? Ce n'est pas être naïf que d'exiger en politique un peu de morale et beaucoup de cohérence.
Je passe sur certains militants de la section PS de Dole qui avait contesté leur exclusion du parti pour avoir soutenu Macron contre le candidat Hamon, on croit rêver !

Car on voit ce qu'il advient aujourd'hui de la politique de Macron, qui se veut "moderne" avec plus de trente ans de retard, une politique ultra-droitière qui s'inspire à bien des égards de Margaret Thatcher. Macron est le chantre et le serviteur  d'un ultra-libéralisme qui revient à détruire le droit du travail, à s'attaquer aux services publics, à l'hôpital, à la SNCF, à l'audiovisuel public, à l'école, à l'Université...à toutes les structures de solidarité qui font la richesse et la cohésion d'une société.

Voilà pourquoi le PS est mort. Faible d'une doctrine construite dans les congrès mais aussitôt refoulée par des ambitions personnelles misérables...
Le parti socialiste aura pourtant été un grand parti démocratique qui  a su une époque produire une pensée politique dans un cadre démocratique ouvert.

Mais contrairement à ce que disait Valls, qui fut lui aussi un brillant représentant du retournement de veste, la gauche, la vraie elle, n'est pas morte.
Il reviendra à cette gauche de se rassembler, à la base comme au sommet.
Rien n'est gagné, mais rien n'est perdu non plus, d'autant plus que la politique s'accorde par nature à la nécessité.
Le pire n'est jamais sûr.

JMG

samedi 17 février 2018

"brutalité de l'histoire", mais encore...

Macron s'est révélé un peu plus lors de la pseudo-conférence de presse qu'il a tenue le 13 février dernier devant 120 journalistes. Il a dit exactement :
"Je ne suis pas l'enfant naturel des temps calmes de la vie politique. Je suis le fruit d'une forme de brutalité de l'histoire. Une effraction parce que la France était malheureuse et inquiète."

Par cette déclaration, quasi-littéraire, Macron prétend se placer dans une distance esthétique par rapport au politique. Mais le souci ici n'est pas seulement esthétique.
Macron veut dire, d'une façon qu'on peut juger présomptueuse, qu'il est au-dessus des contingences politiciennes, qu'il est là parce qu'un destin singulier, le sien, l'aurait placé là sans qu'il l'ait voulu expressément. Il se présente en fils de l'Histoire, mais c'est la Providence plutôt, et non le peuple, qui l'aurait dressé au rang de sauveur d'une "France malheureuse et inquiète".

D'où le terme d'"effraction" qu'il emploie également, à juste titre. Macron en effet a été élu par une minorité de citoyens en âge de voter, avec une abstention record de près de 25,5%. Il a été élu davantage pour faire un hypothétique barrage à Le Pen que par un geste du corps électoral qui fût délibéré, consenti, constructif et politique au meilleur sens du terme.

Il n'est pas étonnant dès lors que Macron se permette de passer pour l'homme providentiel de temps de crise. C'est pourquoi il prétend ne pas être "l'enfant naturel des temps calmes de la vie politique".

Mais bien sûr le problème demeure, car l'actuel locataire de l'Elysée ne tire pas toutes les conclusions de cette carence démocratique, comme l'aurait fait un véritable homme d'Etat.
Reconnaissant lui-même qu'il n'a pas été élu sur une base clairement accepté par le peuple, il l'a été en effet "par effraction". Et surtout hors de toute doctrine politique, élu en quelque sorte sur une illusion, ou pire une vacuité, ce qui explique au moins en partie la baisse considérable des opinons favorables dans une opinion qui découvre enfin, mais un peu tard, la supercherie. Et les annonces de cette semaine sur de prétendus baisse du chômage ou de redémarrage de la croissance ne seront ici d'aucun secours.

La situation est dangereuse car le programme de Macron n'en est pas un. Il n'y a rien de constructif, rien d'une vision à long terme, à part bien sûr la volonté affichée, revendiquée, sans complexe, de revenir sur tous les principes de l'Etat Social qui a fait jusqu'à maintenant la richesse, la spécificité, voire l'influence au plan international de notre pays.

Dans cette conférence Macron évoque la question du travail au travers une loi travail qu'il veut mener au bout mais qui va s'avérer bien vite, si ce n'est déjà le cas , comme une catastrophe. Son pari qui consiste à croire que cette loi va combattre le chômage est stupide et voué à l'échec, et dans le même temps sera facteur de souffrance sociale dont le peuple français et le monde du travail en particulier se seraient bien passé.

Emmanuel Macron continue de détruire patiemment à la suite de ces prédécesseurs à l'Elysée, au besoin par ordonnances, toutes les structures de solidarité (comme la sécurité sociale), structures collectives pourtant de nature à amortir les crises financières, et grâce auxquelles nous vivons en paix civile et en relative prospérité depuis la fin de la dernière guerre.

Si la résistance à cette politique n'est pas plus volontaire et collective il ira jusqu'au bout, instrumentalisé par les entreprises du CAC 40, encouragé par les exigences d'une Union Européenne plus que jamais monétariste et inégalitaire.

JMG



dimanche 11 février 2018

Pensée complexe ?

On ne sait trop d'où vient l'expression, de Ricoeur peut-être dont Emmanuel Macron se targue d'avoir été l'assistant (?), mais faisons simple et gageons que le macronisme n'a rien d'une pensée complexe.

Le but de Macron est simplissime. Faire de la France un Etat conforme aux désirs et à l'évolution des grands groupes industriels et commerciaux multi-nationaux. Cela quitte à mépriser des petites et moyennes entreprises vassalisées par les entreprises cotées au Cac 40, et bien sûr en opposition  à l'intérêt du monde du travail.

Macron a été élevé au biberon d'une économie hautement financiarisée dans laquelle la spéculation représente la première source de profits. On aurait pu espérer un moment qu'il défendrait l'industrie française et les emplois qui vont avec. Il n'en est rien, Macron ne se révèle pas saint-simonien, il fait partie d'un monde finalement plus archaïque et plus simpliste qui pense que c'est en assistant les grandes entreprises, en les exonérant de prélèvements obligatoires, qu'on parviendra à produire de l'argent qui ensuite "ruissellerait" sur les plus pauvres des ménages ou des entreprises.

Macron n'est pas de la veine des grands industriels ou des capitaines d'industrie, il  reste l'employé de luxe de la banque Rothshild. Jusqu'à présent il s'est montré plus proche de la partie du patronat la plus dure.
En aucun moment, jusqu'ici en tout cas, il n'a tenté de rétablir un certain équilibre ni de lutter contre des inégalités qui ne cessent de croître en France et qui sont non seulement des sources de violence potentielle mais aussi de crises systémiques comme celles de 2008.

Au contraire, en supprimant des postes d'agents publics ou de fonctionnaires comme avait voulu le faire un François Fillon d'une façon encore plus caricaturale, il s'attaque aux services publics qui échappent encore à la marchandisation. Il se prononce pour une intégration européenne sous l'angle d'une libéralisation accrue du marché faisant ainsi le jeu de l'ordolibéralisme d'Outre-Rhin dans une zone euro contrainte par les critères inutiles et néfastes de Maastricht.

Par ailleurs, en même temps qu'ils flexibilisent le marché du travail, lui et son gouvernement exagèrent une prétendue fraude sociale en laissant filer une évasion fiscale qui coûte jusqu'à 80 milliards à la collectivité nationale. Il met à mal, par manque de moyens, et par choix politique, une Université démocratique qui jusqu'ici par principe était ouverte à tous.
En somme, rien n'est fait pour établir les conditions d'une résistance sociale à une mondialisation qui à bien des égards s'avère malheureuse.

Pour faire simple, Emmanuel Macron alimente une lutte des classes que tous ceux qu'il défend sont en train de gagner.
En tant que chef de l'Etat il pourra toujours prétendre qu'il ne choisit pas son camp. Mais c'est bien son camp qui l'a choisi.

JMG

samedi 3 février 2018

Macron à l'assaut de la fonction publique

Ainsi Emmanuel Macron, par l'entremise de Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, veut-il réformer la fonction publique en l'amputant de 120 000 postes de fonctionnaires. C'est un bon début. Rien de tel pour être efficace que de trancher dans le vif, rien de tel pour guérir quelqu'un que de lui couper une ou deux jambes surtout s'il se plaint d'avoir mal à la main.

Oui, parce que les fonctionnaires, quand on ne les met pas au placard comme c'est souvent le cas dans les fonctions publiques, ça paresse, ça fait rien, ça produit rien. Les infirmières, les surveillants de prison, les gars qui vident les poubelles, qui balayent les rues, les travailleurs sociaux, les enseignants, les policiers (ça c'est con, allez dire ça à Collomb) tous autant qu'ils sont, ce ne sont que des feignasses. On dirait pas comme ça, mais c'en est. 

De plus, non contents de manger le pain des premiers de cordée, ils sont à l'origine de l'augmentation de vos impôts, locaux ou pas. Il n'y a donc pas de raison de ne pas faire avec eux ce qu'on fait déjà avec les ouvriers de PSA, de Carrefour ou d'autres "fleurons" de l'économie française, il faut, pour que ça marche, pouvoir les LI-CEN-CIER. Les fonctionnaires doivent participer à l'effort national de lutte pour l'emploi, et le meilleur moyen d'y parvenir c'est de les empêcher de travailler. 

Darmanin, Macron, Philippe, en marche cadencée, tiennent aussi à rémunérer les fonctionnaires, ou ce qu'il en en restera, au mérite. C'est original, c'est grand, c'est courageux, Macron belle gueule c'est quelqu'un qui en a dans le slip au moins, c'est le genre de gars qui sait séparer le bon grain de l'ivraie, une espèce de Bonaparte de temps de paix qui, malgré le danger, court sur le pont d'Arcole sous le feu de bombes à eau lancées par un Laurent Berger.

Car c'est vrai que les fonctionnaires sont trop bien payés, il faut donc que leur traitement soit mesuré, très mesuré à un mérite dont ils devront donner la preuve. Mesure très efficace pour instiller l'idée dans la population que les fonctionnaires sont déjà bien payés pour ce qu'ils font. 

Le plus étrange dans tout ça, le plus amusant, c'est que des mesures pareilles existent déjà depuis longtemps et on se demande pourquoi le gouvernement Macron veut à tout prix en rajouter une couche. N'est-ce pas pour montrer qu'il est encore plus radicalement néo-libéral et anti-fonction publique que ces prédécesseurs ? Qu'il veut faire mieux encore que la droite partisane ? Qu'il se rassure il a mille fois rempli cet objectif.

Le recours aux contractuels, que Darmanin à déclaré vouloir étendre, est une déjà vieille tradition utilisée pour payer moins les gens en leur ôtant les garanties collectives qu'offre un statut, lequel par ailleurs, comme l'a rappelé la CGT, est conçu aussi pour préserver les administrations publiques du clientélisme politique.

Et quant à la prétendue rémunération au mérite, n'est-ce pas le gouvernement Hollande qui a inventé le RIFSEEP, Régime Indemnitaire tenant compte des Fonctions, des Sujétions, de l'Expertise et de l'Engagement professionnel (Décret du 20 mai 2014) ?
Tout, y compris l'arbitraire, est compris dans le titre qui n'est lui-même qu'un beau mensonge. Il signifie l'explosion du statut de la fonction publique.
Macron ici aussi ne fait que continuer un travail largement entamé par Hollande, président "socialiste".

Les départs volontaires ils existent déjà, Sarkozy les avaient voulu en 2008. Cela du reste n'avait donné lieu qu'à un très faible nombre de départs, les indemnités étant ridiculement basses (décret d'avril 2008), et c'était sans compter l’attachement des fonctionnaires à leurs métiers au service de la population.

Ces mesures qui n'ont rien de nouveau sentent fort la naphtaline, elles ne font que confirmer et renforcer la volonté de tuer la fonction publique contre l'intérêt général et l'idée républicaine. 

Elles constituent de surcroît les prémisses ou les conditions de privatisations et de marchandisation des services publics. Macron et son gouvernement entendent les accélérer pour des intérêts financiers dont ils se révèlent plus que jamais les ardents défenseurs.

JMG









samedi 20 janvier 2018

Notre-Dame-des-Landes : ordre, contre-ordre, désordre

Il se confirme qu'on s'acheminait bien dans "les milieux autorisés" (Coluche) vers un report de l’aéroport de NDDL, et "en même temps" (Macron) on envisageait de faire déguerpir de la Zad de Notre-Dame-des-Landes toutes les graines de gauchistes voulant prendre racine dans milieux naturels et autres zones humides.

Et les media, attirés par le sang peut-être ou au moins par un certain goût du sport, y allaient de leur tambours. On nous préparait la guerre, une sorte de Vietnam des pauvres, l'expression faisant florès, Vietnam que deviendrait les champs de bataille de la ZAD.

Aux armes CRS, aux armes gendarmes mobiles, l'ordre est en danger, le désordre est partout, s'insinue dans les champs et surtout dans les têtes, l'heure était à "ne vous inquiétez pas, on va vous en débarrasser !" (Sarkozy).

Patatras, la nouvelle tombait donc comme une bombe à fragmentation, même si on s'y attendait un peu : l'aéroport ne se ferait pas. 
Le problème cependant restait entier, il faudrait bien porter ailleurs l'estocade, il conviendrait de changer en victoire ce qui s'annonçait comme une défaite cuisante, défaite vieille de plus de quarante ans maintenant.
Il resterait à montrer aux gauchos et autres anarcho-communistes ou crytpto-marxistes que la loi c'est pas eux qui la font mais bien Macron, Collomb, et quelques autres qui sont la lumière et les leaders incontestés et incontestables, premiers de cordée d'un peuple, le nôtre, qui fût rangé, productif, efficient, mondialisé, intégré, startup-tisé, hygiénisé, appertisé, désinfecté, et vacciné huit fois plutôt qu'une.

Donc voilà un des visages de la politique "en marche", céder oui, mais tout en montrant qu'on reste le plus fort, qu'on n'a pas tout à fait perdu, et continuer à invoquer la guerre pour faire croire que l'ordre est bien gardé, même si c'est au prix du désordre et de la répression, tant il est vrai que "l'ordre établi a besoin du désordre" (Sartre).

Il semblerait toutefois, aux toutes dernières nouvelles, que le gouvernement pencherait pour l’apaisement. Par sagesse ? Ou plutôt par pragmatisme, découvrant que la violence pour la violence, même sous le prétexte de la défense d'un hypothétique état de droit, ne lui apporterait que des ennuis ?

Serait-ce que le métier commence à entrer dans la tête de ces "surdoués" ?  A suivre...

JMG

samedi 13 janvier 2018

Il est interdit de parler au conducteur

Si le projet va au bout comme le veut le gouvernement, il sera désormais interdit de rouler à plus de 80 kms heures sur les routes du réseau secondaire. Pour ma part je dois dire que je ne dépasse jamais le 70 sur les routes secondaires, j'aime pas les routes secondaires, surtout quand il pleut, ou qu'il neige, ou qu'il fait nuit, ou les trois, et qu'on ne voit même pas la signalisation horizontale qui est censé borner la route.

Quitte à apporter des limites ou des interdictions, que le gouvernement descende à 70 km/h, voire à 60 tant qu'on y est, vitesse normale en fait pour qui sait conduire avec un minimum d'attention sur des routes dont on constate pour beaucoup qu'elles sont de moins en moins bien entretenues.

Ce mauvais entretien on le constate aujourd'hui à peu près partout et il faut être un chauffard invétéré pour ne pas en tenir compte. Finalement, le gouvernement ne ferait-il que régulariser une situation en ajustant la vitesse réglementaire à l'état, de plus en plus désastreux, de nos routes ?

Les conseils départementaux, qui on le sait ont encore sous leur responsabilité les routes du même nom, ont de moins en moins de moyens financiers, ceux-ci ayant été fortement diminués via un désengagement de l'Etat par des baisses de dotations ainsi que par une politique fiscale visant à étrangler les collectivités. (suppression de la taxe d'habitation notamment sans que rien pour l'instant ne vienne à la remplacer...).
Il en est de même pour le réseau secondaire géré par l'Etat qui se donne de moins en moins de moyens pour entretenir ce qui reste de son patrimoine routier.

Si le gouvernement était véritablement attaché à notre sécurité il se saisirait des moyens à sa disposition, par exemple en baissant significativement le péage de autoroutes pour renforcer leur attractivité pour ceux qui hésitent à les prendre par souci économique. Mais le choix a été fait, depuis leur nationalisation par Villepin, de  les rendre attractives uniquement pour les actionnaires.

Je me souviens étant gamin de cette injonction "il est interdit de parler au conducteur" affichée dans les autocars et de mon embarras à la comprendre. Pourquoi donc était-ce interdit ? Je me doutais un peu de l'exigence sécuritaire sans vraiment la formuler. On la retrouve aujourd'hui dans l'interdiction, bienvenue, des téléphones portables. Je comprends cette exigence et je la défends.
Mais elle ne saurait être absolument efficace sans une politique plus large de la route, ce qui exclut d'abord la tentation de la privatiser à des fins lucratives.

D'accord pour une sécurité accrue sur les routes mais qui ne passe pas uniquement par des interdictions. Il est d'autres raisons de l'insécurité routière, on voit de plus en plus de gens qui roulent sans permis conséquence d'une paupérisation contre laquelle il faudrait s'insurger.
D'une manière générale la violence routière est le reflet d'une violence plus profonde qui s'enracine dans des inégalités sociales qui finissent par dépasser les politiques publiques.

Les mesures coercitives ou punitives en matière routière ne doivent pas servir uniquement à des fins politiciennes. On pourrait montrer aisément qu'elles sont prises au détriment des plus faibles : les mesures toucheront en priorité les gens qui prennent leur voiture tous les jours pour aller bosser. Ce gouvernement veut nous faire croire par ses décisions qu'il maîtriserait les situations.

N'a-t-il trouvé là au contraire un moyen de cacher son impuissance à régler les véritables problèmes ? N'est-ce pas au fond une manière de communication politique ?

JMG

samedi 6 janvier 2018

Politique : meilleurs vœux, pour une meilleure année

Bonne année, que cette année soit celle de la conscience retrouvée qui nous permette de regarder autour de nous sans rien oublier de ce par quoi collectivement nous sommes faits. Bonne année de pleine conscience, mais pas seulement axée sur soi ou sur l'individu. Et donc bonne année de pleine conscience collective.

La bonté, l'attention à l'autre, les bonnes résolutions diverses et variés, c'est bien, c'est nécessaire en cela qu'ils sont de la matière dont on fait la profondeur des relations interpersonnelles, et peut-être de la fraternité. On a besoin de ce carburant qui nous permet de nous ressentir vivant, avec d'autres, tous les autres.

Mais il est une autre exigence, tout aussi noble, tout aussi nécessaire qui donne une vision qui dépasse la première par son importance, voire qui l'autorise. Cette exigence c'est celle de la conscience collective qui nous fait accepter ce monde en tentant de l'organiser au regard d'intérêts contradictoires ou de rapports de force aujourd'hui déséquilibrés au détriment des plus faibles.

J'en viens au fait : que cette année soit celle de la renaissance de l'esprit de solidarité inscrit dans des buts politiques pour précisément redonner du pouvoir aux plus faibles, au déshérités, aux sans domicile fixe dont le nombre d'année en année s’accroît, au monde du travail créateur de richesses. Aujourd'hui cet esprit de progrès semble mort, et il est insuffisant de le remplacer uniquement par les initiatives individuelles, fussent-elles associatives.

Je souhaite donc que l'année 2018 voie le retour du politique, mais pas n'importe lequel bien sûr.

La tâche est immense après des années de traîtrise, de tromperie qui continuent aujourd’hui de plus belle tout en distillant l'idée, dans nos tristes cerveaux de consommateurs inconscients, que la politique ce serait fini. En réalité l'idée a été confisquée par ceux qui ne veulent le bonheur que du petit monde dont ils font partie

Ainsi j'émets le vœu très précis que nous citoyens, et là j'en appelle à la gauche qui ne redeviendra forte que si elle retrouve son unité, nous nous battions pour défendre toutes les institutions qui préservent et organisent dans notre pays la solidarité nationale sans laquelle n'est possible aucun progrès social ni économique.
Il s'agit donc de défendre l'ensemble de services publics qui sont la richesse de ceux qui n'ont rien, et la sécurité sociale plus que jamais en péril à cause de l'irresponsabilité ou de la volonté de certains hommes politiques vendus à des intérêts particuliers.

La sécurité sociale a été construite par des forces de progrès au moment de la Libération, à un moment où la France était beaucoup moins riche qu'aujourd'hui. L'homme ne serait-il sage seulement qu'au lendemain des guerres ? C'est pourquoi le devoir de mémoire doit s'exercer aussi pour sauver ce bien commun conquis de haute lutte.
Il est essentiel de lutter contre la privatisation rampante de la sécurité sociale, la mise en pièces de l'hôpital public, mais aussi contre la disparition de notre droit du travail, contre tout ce qui porte atteinte au plein emploi et à notre contrat social.

Bonne année de résistance, bonne année de conscience, bonne année de nouvelles conquêtes sociales.

JMG


jeudi 28 décembre 2017

Ultra riches : Macron vous souhaite de très bonnes fêtes

On ne dirait pas comme ça, mais Macron trump énormément. Le jeu de mot est facile, j'en conviens, un peu indigne même. Mais c'est vrai qu'on lui donnerait le bon dieu sans confession à notre président, on pourrait penser à le voir, à l'entendre, qu'il se bat pour "son" peuple, qu'il le protège, et les sondages favorables, dont il est en ce moment gratifié, montreraient que ce peuple lui en serait naturellement reconnaissant.

En tout cas, nul de ce côté-ci de l'Atlantique n'oserait le comparer à Trump qui lui, au contraire, même s'il reste encore soutenu par une bonne partie de ses électeurs, souffre d'une mauvaise presse laquelle retient surtout ses postures un peu folles ou ses prises de position erratiques qu'on n'avait pas encore connues, à ce point, chez un président des Etats-Unis.

Pourtant, dans le fond, les deux chefs d'Etat ont des points communs que l'actualité récente a dévoilés. Outre les politiques en matière d’immigration, c’est particulièrement vrai en matière de politique fiscale, faite pour les riches et sous la pression des riches. Il faudrait bien sûr s'efforcer de définir le terme, qui est riche, qui ne l'est pas, ou d'aborder, de façon plus satisfaisante, la question sous l'angle du pouvoir économique ou financier.
Qui profite le plus de la « crise » si ce ne sont les détenteurs de ces capitaux, propriétaires des plus grandes entreprises aux dépens le plus souvent des petites et moyennes qui n’en sont le plus souvent que les sous-traitantes ?

En France on avait coutume de parler des 500 familles, elles existent toujours, même si le terme a quelques relents désuets elles représentent toujours 15% du produit intérieur brut.

Pour leur donner plus encore de ce pouvoir, Macron fait passer l’impôt sur les sociétés de 33 à 25%, sans garantie que les sommes ainsi « libérées » puissent être réinvesties dans la production, et bien entendu sans contrepartie en termes d’emplois créés. En cela il est le continuateur des politiques menées par Sarkozy ou Hollande.
Contrairement à la propagande relayée par les media, l’emploi, qui dans le meilleur des cas est précarisé, semble être le dernier des soucis du gouvernement.

Si c’était le cas il interviendrait contre les licenciements boursiers de plus en plus fréquents, facilités par une loi travail dont on voit concrètement les effets dévastateurs dans les conflits en cours, comme chez Carrefour, ou chez Pimkie, (groupe Mulliez), où l’on licencie massivement en utilisant la rupture conventionnelle collective dont on offre désormais la possibilité aux employeurs.

Trump quant à lui vient juste de faire passer l’impôt sur les sociétés de 35 à 25% rompant définitivement avec la tradition aux Etats-Unis d’une relativement forte imposition des entreprises.

Ces politiques se ressemblent et obéissent à une même démarche qui traduit l’abandon des politiques économiques par les pouvoirs publics. L’Etat, que ce soit de ce côté ou l’autre de l’Atlantique, abandonne ses prérogatives et ses obligations en laissant faire « le marché », ce qui ne profite qu’à la spéculation et à l’enrichissement des plus riches.
Les pauvres eux n’auront qu’à pointer au chômage dont les contrôles se feront plus drastiques comme on vient de l’apprendre par le « Canard Enchaîné », ce que Macron n’a pas démenti.

Macron de par sa politique fiscale c'est trois milliards d'euros en moins pour les trois mille les plus riches. Macron c'est l'homme de la "flat tax", ce que même la droite ici en France n'avait même pas osé envisager, et qui finit d’affaiblir le principe de la progressivité de l'impôt sur le revenu, facteur de justice.

Macron peut donc souhaiter de très bonnes fêtes aux très riches. Il les représente bien, comme Trump il est des leurs, il n’en a pas honte, il sait très bien ce qu’il fait en cassant notre contrat social.

A nous donc, les miettes de la fête, ou les gouttes plutôt si l’on en croit « la théorie du ruissellement » qui voudrait que les richesses d’un petit nombre « d’élites » s’écoulent jusqu’à nous.

Car sur ce plan au moins on peut toujours rêver. On nous y incite même.

JMG

samedi 9 décembre 2017

et si on lui lâchait un peu la gratte à Johnny ?

Convertir au cathlolicisme la place de la Concorde, et une bonne et belle partie de la jet set dans une Madeleine transfigurée, Johnny l'a fait et bien fait, terminant ainsi son oeuvre par une apothéose digne d'un demi-Dieu. Il l'a peut-être voulu en secret, et son entourage, tout comme des media surexcités, ont concrétisé cette volonté. 
Bon, Johnny est mort, et alors, et après ? Cela va-t-il réconcilié les Français ? Pourquoi tant d'effusion ? Cet excès, car c'en est un, n'est-il pas le signe d'un manque, celui d'une société qui n'a plus rien a rêver et à qui il reste cependant la nostalgie, indéfinissable et légèrement sucrée, tout juste un peu amère comme toute nostalgie, une nostalgie faute de mieux ?

Macron, en grand intuitif qu'il est, ne s'y est pas trompé, et en une fin de semaine de décembre, a pu jongler entre le Rock et l'Académie et surfer ainsi sur l'indifférence collective d'une société qui se sert de ces "héros", d'Ormesson ou Halliday, d'apparence si différents, pour se dispenser de penser à autre chose. Oui, la société fançaise est malade à ne pas discerner l'essentiel du superflu (même légitime), et de plus on l'y encourage. Ce n'est pas que l'émotion est banissable, haïssable, condamnable, mais elle reste à craindre, car suspecte de cacher d'autres vérités plus profondes ou plus graves, de dangers imminents. L'émotion doit rester privative au risque de tout cacher, de tout gâcher.

Comment se fait-il qu'on ait pu, en ces quelques jours, tout oublier des malheurs du monde pour se concentrer avec autant de ferveur, de force, de nombre, sur ceux d'un petit groupe de personnes qui ne furent pourtant pas les plus oubliées du bonheur ? Comment se fait-il que depuis le jour de la mort consécutive de deux célébrités, l'on ait pu ne plus se rappeler de rien, ni de la Palestine qu'on veut mettre à mort, ni du détricotage de notre droit social, ni d'une Europe incertaine, ni de tant d'autres  choses qui mériteraient notre attention en cela qu'elles détiennent les clés de nos destins collectifs ? 

C'est de quoi et pour quoi est faite cette émotion collective, sans réel projet qu'elle même, une drogue puissante comme le fut un temps, ou encore de nos jours en d'autres lieux du monde, tout aussi aveuglante et convaincante, la religion pour le peuple. 

JMG