dimanche 26 mars 2017

Dans l'intérêt des usagers

Un préavis de grève a été déposé par la CGT du Conseil Départemental du Jura le mardi 4 avril pour protester contre la façon dont se passe le transfert de compétence des transports du département du Jura à la région Bourgogne-Franche-Comté. 
Encore une fois le personnel et les usagers sont les victimes de cette loi Notr(e) qui s'est faite sans aucune concertation avec les citoyens ou les usagers, singulièrement ici dans le domaine des transports publics. Il s'agit d'une réforme purement idéologique, politicienne mais qui peut avoir des conséquences désastreuses sur l'ensemble des services publics locaux et notamment sur le service public des transports interurbains, scolaires ou réguliers. 
Dans l'immédiat la CGT, avec l'ensemble du personnel du service des transports du Département, demande que le déménagement des locaux prévu par le Conseil Départemental ne se fasse pas en tout état de cause avant le 1er Décembre prochain afin de ne pas contrarier gravement le bon déroulement de la rentrée scolaire en matière d'organisation des transports et d'accueil des usagers.
Je donne ici le contenu de la lettre que nous avons adressée vendredi 24 mars à Clément Pernot Président du Conseil Départemental avec copie à la Présidente de Région.

JMG

Monsieur le Président,

La réforme territoriale, contre laquelle depuis de longues semaines notre organisation syndicale se bat, a des conséquences désastreuses sur l’organisation des services comme sur les conditions de travail des agents des collectivités territoriales.

C’est le cas pour la Direction des Transports du Département qui subit un bouleversement et une déstabilisation difficilement acceptables.
Il nous semble que ni la Région BFC ni le Département du Jura ne mesurent véritablement les conséquences de ce changement.

Le personnel, s’il ne remet pas en cause le principe, est particulièrement inquiet de la perspective d’un déménagement qui, d’après nos informations, devrait se faire dans le courant du mois d’avril. C’est sans compter en effet l’exigence absolue d’une bonne marche du service pour la réussite de la prochaine rentrée scolaire.
C’est pourquoi nous demandons que ce déménagement, s’il devait avoir lieu, se fasse après le 1er décembre pour tenir compte des contraintes techniques (informatique, accueil du public, information…) et pour s’assurer du bon déroulement de la préparation de la rentrée scolaire, et ainsi permettre le transport à tous les élèves du Jura, dans des conditions satisfaisantes, dès le premier jour de classe.

Par ailleurs nous émettons de sérieuses réserves quant aux futurs locaux proposés pour la Direction des Transports. Le lieu actuel avenue Rouget de Lisle se trouve à proximité de la Gare, ce qui constitue un avantage pratique très appréciable pour tous les usagers scolaires et commerciaux des transports Jurago.
En conséquence, nous demandons à ce sujet qu’il y ait une véritable concertation entre les deux collectivités en tenant compte du point de vue des agents mais aussi des usagers.

Nous tenons aussi à défendre le principe de l’aide aux familles en matière de transport scolaire. Nous revendiquons que cette aide reste au moins au niveau où elle se trouve aujourd’hui dans le contexte social tendu que nous connaissons.

Nous avons enfin quelques inquiétudes sur le devenir professionnel de certains agents et sur leurs conditions de travail à venir dans l’une ou l’autre des deux collectivités.

Pour toutes ces raisons, notre syndicat dépose un préavis de grève pour le mardi 4 avril 2017. Ce préavis est particulièrement destiné à la Direction des Transports où nous appelons à des débrayages. Mais il couvre également l’ensemble des services du Département  pour permettre aux collègues, qui le désirent, de manifester leur solidarité.

Une copie du présent courrier sera également transmise à Mme la Présidente  de Région tout aussi concernée par la question. Le personnel ne saurait être l’enjeu, ou la victime, d’un manque de concertation, voire d’une mésentente, entre les deux collectivités notamment sur les questions pratiques découlant des transferts de compétence.

Nous sommes disposés à vous rencontrer pour discuter des points abordés.



                                   Nous vous prions d’agréer Monsieur le Président l’expression de nos sentiments distingués.


                                                                             Pour la CGT

                                                                              le secrétaire
                                                                           

                     

                       

                                                                    

 


         

samedi 18 mars 2017

Permis de prendre parti ?

Permis de douter c'est sûr, malgré que le doute par nature est un obstacle à l'efficacité de l'action.
Mais d'action il n'y a guère aujourd'hui, en tout cas de bien viable, nous sommes en effet à gauche dans une situation de paralysie inédite. On l'aura remarqué au passage, malgré l'air du temps, et pour cause, je fais encore la différence entre la gauche et la droite. Ne serait-ce que parce que le confusionnisme idéologique nuit à la démocratie.

Mettons-nous à la place des citoyens normaux...que nous sommes. Dans nos malchances, il y avait une chance pour la gauche : les ennuis judiciaire ou moraux de Fillon alliés à une triangulaire au sommet incarnée par Le Pen, Macron, Fillon. Cette situation pour le moins originale aurait pu nous faire sortir de l'impasse politique dans laquelle nous sommes engagés aujourd'hui.

 Ces trois-là, Le Pen, Macron, Fillon, "en tête des sondages", demeurent donc en concurrence et dispersent leurs voix au profit éventuel d'une gauche arithmétiquement capable de passer le cap du premier tour avec même une chance d'arriver en tête du deuxième, comme arrivée au paradis. Hélas il s'agit d'une gauche déjà défaite, dans le cadre contraint d'une cinquième république moribonde, gauche schizophrène écartelée entre  Hamon d'un côté et Mélenchon de l'autre.

Ils sont tous deux à peu près à égalité même si Hamon est légèrement en tête, mais pas suffisamment pour lui donner une légitimité capable de faire plier une "France Insoumise", d'autant plus que cette légitimité peut être invoquée de ce côté-ci en faisant valoir un programme cohérent, incisif, complet car enrichi par des semaines de réflexion politique collective, et surtout indemne d'une participation gouvernementale encore brûlante.

Quoi qu'il en soit, chacun des deux camps se bouchent les yeux et les oreilles forts de leurs engagements ou de leurs enragés respectifs. Nous sommes donc bientôt à un point où il faudra choisir tout en sachant que ce choix, quel qu'il soit, sera celui de la défaite annoncée. En fait, au point où nous en sommes, il nous faudra choisir entre faire battre la gauche ou faire battre la gauche. Joli programme !
Il est à craindre de surcroît que chacun des deux candidats perdront en crédibilité au profit d'un vote prétendument "utile". Nous voilà bien !

Et pendant ce temps, Valls, comme Iznogoud l'aurait fait pour nous divertir, crachant sur les primaires qu'il avait pourtant promis de respecter croix de bois croix de fer, ne perdant rien de ses capacités de nuisance, traître et déloyal jusqu'au bout des ongles, débordé par ses propres ambitions et nourri du carriérisme et de l'opportunisme de ces amis pour qui la politique n'a plus grand chose à voir avec l'intérêt général, jouant le coup d'après en lorgnant déjà sur la présidentielle de 2022 comme si c'était là l'essentiel, Valls prépare et construit son maintien en se ralliant, même du bout des lèvres, à un Macron gêné comme on peut l'être de l'appui d'un ami embarrassant,  Macron qui n'en demandait pas tant.

On s'étonnera après de la montée irrésistible et massive de l'abstention ! N'est-elle pas le produit de  cette situation ubuesque dont  nous sommes victimes, mais aussi responsables pour n'avoir pas assez dénoncer la division et surtout pas assez préparé une unité qui aurait demandé, bien en amont, un travail de fond.
Mais travail rendu difficile voire impossible du fait des reniements et trahisons des gouvernements Hollande, casseroles ou cocottes-minutes que nous traînerons longtemps.
Il ne nous resterait que quelques petites semaines pour imposer la sagesse d'une unité cruciale.

On y croit ?

JMG




mardi 14 mars 2017

Transparence

Le candidat Fillon est le seul, à sa façon, à être transparent car il fait correspondre ses pratiques à son projet politique. En effet les mesures qu’il préconise pour redresser le pays sont de nature à conforter voire à aggraver les inégalités qui rongent notre contrat social.

 Ainsi en est-il par exemple de la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires ou de la réduction massive des cotisations sociales qui mettront à mal nos services publics ou notre système de santé.

Dans cet Etat où les riches deviendront encore plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres, ce sera le régime du chacun pour soi, celui des copains et des coquins, où il sera avantageux d’employer sa femme aux frais de la Princesse (ou aux frais de l’Etat dont Fillon disait qu’il était en faillite) tout en conservant d’excellents amis pour vous tailler des vestes…

JMG

mardi 28 février 2017

Trop tard ?

Nous sommes cernés, nous qui avons la prétention, l'espoir, la folie peut-être en ces temps électoralement incertains, de défendre vaille que vaille les intérêts du monde du travail en soulignant la nécessité de son unité et de sa solidarité.

Nous sommes cernés par trois candidatures qui semblent aujourd'hui les mieux placées pour l'emporter à la prochaine présidentielle. Le Pen d'abord dont une partie, l'essentiel même du projet, se fonde depuis toujours sur la xénophobie ou le racisme.

 Fillon ensuite qui représente une droite rance, revancharde, patronale au plus mauvais sens du terme, droite qui veut revenir sur tous les acquis sociaux en s'attaquant à la sécurité sociale au profit d'assurances privées pour lesquelles la loi Macron avait élargi la voie en les rendant obligatoires au cœur de l'entreprise.
Et puis enfin Macron précisément, le gars sorti du chapeau, l'aventuriste qui ne croit qu'à son étoile, qu'à son égo et qu'à ces talents de prêcheur, dont le programme séduisant pour les naïfs, ou opportuns pour les cyniques, ressemble à s'y méprendre à celui de Fillon cité plus haut.

Ainsi Macron veut-il réduire les cotisations sociales illustrant cette idée ridicule et dangereuse qu'il faudrait coûte que coûte réduire le coût du travail pour favoriser une création massive d'emplois. Vieille recette en effet, recette éculée mais reprise par des "économistes" qui parviennent à se faire passer pour des experts alors qu'ils sont avant tout des partisans d'une pensée unique calquée sur le modèle ultra-libéral en action outre-manche et qui privilégie les dividendes plutôt que les salaires.
C'est qu'en effet les cotisations sociales sont du salaire et les réduire comme voudrait le faire Macron c'est réduire leur part dans la valeur ajoutée, c'est indirectement continuer d'appauvrir le monde du travail au profit finalement des actionnaires.
Sans compter que ce manque à gagner, si on voulait préserver notre modèle social comme ils disent, conduirait à mobiliser d'autres ressources comme la CSG touchant alors les revenus des retraités. Ce serait encore une fois participer à cette politique de l'offre qui, sous prétexte d'une compétitivité à n'importe quel prix, croit épargner "l'entreprise" en chargeant le monde du travail. On a vu ce que cette politique a donné les trente dernières années !

Plus loin encore dans l'ineptie ou le cynisme politiques, Macron (et ses soutiens dont un certain Pisani-Ferry) entend s'attaquer non au chômage, mais aux chômeurs eux-mêmes comme s'ils étaient les responsables de leur propre condition et de la crise elle-même. Alors qu'il prétend dans le même temps créer une assurance chômage universelle, le candidat chouchou des media prévoit des contrôles plus fréquents et plus "drastiques" sur la recherche d'emploi.

Compte tenu de ces périls, il est permis de rêver de l'unité de la gauche qu'un Gérard Filoche, ou d'autres dans leur sagesse, appellent de leurs vœux. Cette gauche est aujourd'hui représentée par Hamon et Mélenchon, c'est comme ça. Le plus inquiétant est qu'ils ne trouvent pas les moyens de s'unir. C'est pourtant cette unité, même si elle paraît artificielle, qui pourrait sauver la mise. Pour que ce rêve devienne réalité il s'agirait en priorité d'effacer les rancœurs.

Il n'est qu'à voir les frondeurs (de droite) aujourd'hui, tout prêts à rejoindre Macron, j'ai nommé les Valls, Le Guen, Le Foll, tous ces gens qui se permettent de jouer contre leur parti comme ils ont joué depuis 2012 contre leur camp, et contre la gauche dont ils ont nié allègrement les valeurs, en faisant une politique en tout point opposée à ce pour quoi ils avaient été élus.

Hamon et ses soutiens devraient songer à ces traîtrises pour y puiser la volonté ou la rage capables de construire une unité nous préservant des périls qui s'annoncent. Quant à JLuc Mélenchon on peut lui demander de ne pas fermer définitivement la porte.

C'est ça le rêve. Serait-ce la mer à boire, vraiment ? On sait, c'est dur de s'entendre, surtout lorsque vos soutiens respectifs, croyant en leur vérité, font tout pour vous dissuader de l'unité. Plus facile à dire qu'à faire pour chacun des deux camps. Mais un petit effort de part et d'autre et ça pourrait repartir. Quitte à en faire un débat public, apaisé, responsable, avec au bout un projet commun, pour sauver ce qui peut l'être encore. Le rêve.

JMG




vendredi 17 février 2017

Pauvre Fillon

Pauvre, pauvre, c'est vite dit, il semblerait au contraire que son amour de l'argent ait pu faire de lui un homme habilité à dormir dans un château plutôt que dans la rue. On se plait pourtant à le plaindre comme à plaindre son épouse Pénélope qui porte bien son nom à être restée jusque là au foyer à s'occuper des enfants du couple lesquels n'en avaient pas vraiment besoin car déjà collaborateurs rémunérés, et comment, de leur père.

Leur père, et cela m'intrigue de façon rétrospective, c'est bien le même qui pilotait pendant ses heures de loisir des bolides sur le circuit de vingt-quatre heures du Mans ( Le Mans, bourgade proche du château de Solesmes). Pour cela il faut de l'argent. Moi par exemple, ceci dit sans me vanter, je ne pourrais pas : c'est Ford année 2004 (vignette couleur caca d'oie) bruyante, ou crève. Mais je ne plains pas, au contraire, pourvu que ça roule.

Pour revenir à Fillon, je sais ce n'est pas charitable, encore moins catholique, mais je me réjouis que l'affaire ait pu être révélée. Il y a là une odeur de lutte des classes qui ne me déplaît pas, l'idée d'une vérité enfin révélée, celle que certains politiques, plutôt de droite même si Cahuzac dans le genre n'était pas mal non plus, s'en mettent plein les poches depuis le début de leur élection, comme si leur naissance, comme auraient dit les bâtards de Louis XIV, ne pouvait leur suffire. Eh oui, on croyait à la plaisanterie, mais la politique ça peut rapporter gros.

Et le plus beau chez Fillon c'est qu'il ne s'était pas fait piqué jusque-là et que, plus fort encore, il prônait à l'envi, et il prône encore sans vergogne comme si ces "ennuis" n'était que rêve ou cauchemar, l'austérité, le sang et les larmes, mais uniquement pour les autres, pour les classes laborieuses, qui ont ou pas du travail, celles qui précisément ne sont pas payées à rien foutre.
Il répète encore dans ces meetings qu'il serait le seul à pouvoir redresser le pays. C'est ça ! Désormais il est permis, et même conseillé, d'en douter.

Avec Fillon, ce sera, ce serait, (le conditionnel heureusement est encore de mise, encore un petit espoir de ne pas le voir au pouvoir), pour les fonctionnaires d'abord puis pour les autres, du style travailler plus pour gagner beaucoup moins, et encore dans le cas où le poste ne fût pas parmi les 500 000 suppressions annoncées. Une vrai politique de réaction, mais pour prétendument  sauver "un Etat en faillite".

Tel est pris qui croyait prendre, ce qui est remarquable en France, c'est finalement une certaine transparence de la vie politique, transparence tendance comique, il y a de quoi rire en effet si ce n'était dramatique pour la démocratie. Car finalement, on le voit, tout finit par se savoir, surtout les choses les moins avouables.
Pourquoi ? Parce que les gens comme Fillon ne se rendent compte de rien du haut de leur superbe, vêtu de leur tailleur à sept mille euros, pas gênés comme on dit chez moi. Ils ont le sang bleu (version républicain), celui qui vous permet d'agir selon votre bon plaisir.

Les gens qui pourraient les inquiéter, ils dorment, sommeillent, et admirent plus riches qu'eux sans chercher à trouver d'où vienne leur fortune, et les inégalités qui la sous-tendent.
Finalement les citoyens existent peu, ou alors ils ne se manifestent pas, à part quelques illuminés qui croient en la justice sociale, on peut leur retirer leurs service public, leur emploi, leur sécurité sociale, l'école de leurs enfants, ils ne vont pas s'en plaindre, ou pas fort en tout cas.
Des Fillons il y en a aura toujours dans notre monarchie républicaine. Contrairement à la légende, les Français ne sont pas des coupeurs de tête, ils acceptent beaucoup de la Haute et même continue de l'admirer comme ils le faisaient avant la Révolution Française.

Ici la morale est précaire mais sauve, même s'il a fallu, pour découvrir le pot aux roses, des circonstances exceptionnelles comme aujourd'hui les présidentielles et quelques canards indépendants.

Il restera maintenant aux Français de décider et d'aller jusqu'au bout. Qu'au moins leur vote serve à se défaire de ceux qui auront déshonoré les mandats qui leur avaient été confiés.
Ce ne serait que justice.

JMG

mardi 31 janvier 2017

L'honneur perdu d'un gouvernement

On peut se réjouir, même sans illusion, de la victoire de Hamon car, consacrant la défaite de Valls, elle dénonce et condamne une politique d'austérité idiote et contre-productive, source de souffrances pour l'ensemble de la population au travers d'une flexibilisation accrue dans le monde du travail, conduite par un François Hollande qui aura trompé son électorat populaire à un degré que la gauche jusque là n'avait jamais connu.

Beaucoup ont voté Hamon par défaut, mais ce vote n'en est que plus important. Il exprime une défiance radicale vis à vis de Valls mais aussi  vis à vis de tous ceux qui, osant se réclamer des valeurs de la gauche, auront réussi non seulement à la déstabiliser mais à confirmer le pays dans la crise au nom du modernisme ou de l'esprit de responsabilité. Comme si être responsable c'était s'autoriser à ne plus rien inventer du tout et pire s'ingénier à travailler pour le camp adverse, celui qui  finalement pourrait porter Fillon ou Le Pen aux portes de l'Elysée.

Ce vote sanction devrait conduire, pour le moins, le gouvernement à abroger la Loi Travail emblématique de l'action de l'ancien premier ministre. Loi travail qui, grâce à l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution, revient sur les garanties collectives nationales que contient jusqu'alors le Code du Travail. ( Jusqu'alors car tous les décrets ne sont pas encore parus et qu'il suffirait simplement, comme l'aura fait Villepin pour le CPE, de ne pas les publier)

Le peuple de gauche qui existe au delà-même du corps électoral qui s'est exprimé dimanche dernier serait en droit d'exiger ce retrait.

L'actuel premier ministre Bernard Cazeneuve serait inspiré d'accomplir ce geste qui permettrait de sauver ce qui reste encore de l'honneur du parti socialiste et de ces dirigeants aujourd'hui mis en minorité par l'électorat de la primaire "socialiste".

C'eût été trop beau, et c'est donc tout le contraire qui se produit, l'exigence démocratique étant foulée aux pieds par ceux qui sont, pour peu de temps probablement, encore au pouvoir.

Un jour après le verdict, recevant Hamon à Matignon pour du bout des lèvres lui apporter son soutien, Bernard Cazeneuve a exhorté celui-ci au rassemblement et a exigé de lui qu'il assume le bilan du gouvernement,  bilan dont les socialistes selon le premier ministre devraient se sentir fiers !

Nous sommes donc à mille lieux d'une abrogation de la loi travail par l'actuel gouvernement. Ce dernier ne tient aucun compte du verdict des urnes, il est dans une posture anti-démocratique qui finalement aura été le signe de ce quinquennat.

Quinquennat décidément catastrophique en cela qu'il ouvre la voie à des suites politiques qui pourraient se révéler incontrôlables.

JMG

lundi 23 janvier 2017

Valls ? Par ici la farine !

Je n'ai jamais été très chaud pour les primaires, mais bon elles existent, faut faire avec. J'ai donc été voté dimanche et irai probablement voté dimanche prochain abondant ainsi, et lui donnant même un petit supplément de légitimité quelle ne mérite peut-être pas, cette Belle Alliance Populaire dont le supposé caractère populaire n'aura été confirmé que par une participation en demi-teinte. Participation dont le chiffre aurait même fait l'objet de manipulations. Mais bon on va pas mégoter, si ça se trouve c'est encore un stagiaire à Solferino qui s'est gouré en confondant deux colonnes de son tableur excell. (j'déconne)

On dira ce qu'on voudra, et j'entends bien les arguments anti-solférinesque que je suis même prêt de partager, mais cette primaire reste un exercice démocratique. Et ça c'est bien, faut pas cracher dessus. Quand je vois un bulletin de vote mon sang ne fait qu'un tour, j'ai envie d'exercer, par ce petit bout de papier, ma volonté de puissance. Je me dis qu'une seule voix, la mienne bien sûr, peut faire basculer le scrutin et ainsi, accessoirement, sauver la France.

Pour dimanche prochain, nous avons finalement le choix entre Hamon et Valls (moi dimanche dernier j'ai voté Montebourg, je me suis gouré, mais j'avais de bonne raisons je crois, sur l'Europe et la question démocratique,  sur la VIéme république, sur la nécessaire ré industrialisation du pays, des choses comme ça...). Je dirais même que Hamon ferait bien de reprendre ces thèmes, en les martelant si besoin, en en faisant des arguments de campagne même si cela lui paraît archaïque, pas assez djeun, ou pas assez sexy comme aurait dit Tony Blair.

Car entre nous son revenu universel, c'est bien, c'est neuf, ça a permis de parler d'autre chose que la fainéantise et le coût prohibitif des fonctionnaires, mais c'est pas assez costaud pour une présidentielle où en face il va se trouver un réac. comme "courage Fillon" ou une quasi-facho comme Le Pen.

Si je vais finalement voter dimanche, c'est pour enfariner Valls. J'en ai vraiment marre de ce type qui nous prend pour des demeurés, qui nous sert de derrière les fagots des lois dont on ne voulait pas,
assez de ce personnage qui se fait passer pour un mec de gauche alors que sans vergogne il a, entre autres choses, instrumentalisé les Roms à des fins politiciennes, usant d'un populisme autrement plus détestable que celui dont on accuse Mélenchon.

Donc voilà, voter Hamon ça sera un peu de farine, ma farine à moi, pour la lancer à Valls, ça fait pas de mal, c'est doux, et ce sera bien plus efficace, et plus légal, qu'une simple gifle lancée à la sauvette par un petit jeune désorienté.

C'est déjà ça. Et après on verra.

JMG

vendredi 20 janvier 2017

Valls, Macron, nouveaux visages de la droite ?

Que veut Macron ? Que veut Valls ? Ne sont-ils pas de typiques incarnations du sarko-hollandisme, (terme qu'il faudrait mieux définir, j'en conviens) ? Pour Valls il n'y a pas beaucoup de mystère, son programme se résume pour l'instant à vouloir supprimer, et sans rire, le 49-3 des tablettes de la Constitution, et défendre son bilan, dont il est fier, très fier, en tant que Ministre, puis Premier ministre d'un président qui aura été bien inspiré de ne pas se représenter.

Plus c'est gros plus ça passe, mais ça montre que Valls, le bougre, se démène et se décarcasse et qu'il n'est toujours pas à une tromperie près même si cela paraît dépasser les bornes. Que cherche t-il au fond ? Sauver le PS ? Sauver la gauche, on en doute bien sûr, ou se sauver lui-même ? C'est pathétique, presque pitoyable, et pourtant il y aura encore des militants du parti "socialiste" qui ne voudront y voir que du feu. Ces faux-semblants sont autant de crachats qu'on leur lance au visage, ou de gifles qu'on leur donne, ils continuent malgré tout de le soutenir, comme ils soutiennent encore, sans en avoir véritablement mesuré les conséquences, cette loi travail qui constitue pourtant une ligne de démarcation significative, décisive entre la droite et la gauche.

Nous sommes dans la m...ouise, avec un Manuel Valls dont certains sondages nous disaient encore qu'il resterait le meilleur candidat de la gauche pour le deuxième tour des présidentielles, de 10 à 12% tout au plus d'intention de vote, moins que JL Mélenchon, et moins surtout que Fillon et Le Pen qui pourraient se retrouver au second tour.  Catastrophe !
Quant à Macron on nous dit qu'il pourrait sauver ce qui peut l'être encore. Le problème avec Macron c'est qu'il est encore moins "socialiste" que...Valls...l'alliance des deux termes faisant toujours mal à la raison. On est bien dans un brouillard crasse et il faudra faire avec.

Alors, puisque une hypothèse dispose que Macron serait aspiré par le parti socialiste et sa "belle alliance populaire", il faut se poser la question : que veut Macron ? De qui, de quoi est-il fait ? A-t-il un programme ?
Outre le travail le dimanche, et plein de belles choses, je n'oublie pas d'abord qu'il est l'inspirateur d'une loi éponyme qui a commencé d'esquinter le code du travail, le travail ayant été terminé par Valls et El Khomry. Il a aussi, entre autres choses, esquinter la sécurité sociale en instaurant les mutuelles d'entreprises. On copie ainsi le modèle américain, celui en tout cas en vigueur avant l'Obamacare. N'eût-il pas été plus simple et surtout moins inégalitaire et injuste,  plus économique même, d'étendre le domaine de la sécurité sociale ? La sécu, que le monde nous envie encore tant qu'elle existe, et dont on fête ces temps-ci les soixante-dix ans.

Macron veut "assouplir" les 35 heures, vieux thème défendu par la droite, en différenciant une durée du travail senior d'une durée du temps de travail pour les jeunes. S'agissant du déclenchement des heures supplémentaires l'effet pervers sera que l'heure de travail sera moindre pour ces derniers. Cela ne ressemble-t-il pas au Smic jeunes que la gauche en son temps avait unanimement combattu ?

Il veut pour les retraites un système à la carte, mais sans plus de précisions, pas en tout cas dans le sens du partage du travail.
Il voudrait encore, le conditionnel ici est encore justifié par le vague et l'inanité des propositions du candidat, davantage d'autonomie pour les établissements scolaires, d'abord pour le primaire, et plus si affinités. Sur le modèle britannique ? Peut-être, peut-être pas...
Oui, c'est vrai, il veut aussi supprimer les départements, mais pas tous, bon...

Tout cela n'est pas bien original, mais globalement participe de l'esprit néo-libéral, avec un zeste de colbertisme (pas trop quand même) mélangé à une espèce de néo-capitalisme fortement "ubérisé". Tout cela devant être lu à la lumière de son action dans le gouvernement Hollande, et de son passé de banquier à forte teneur rentière. Son projet devrait aller dans le sens d'une flexibilisation et d'une déréglementation de la société accrues, de plus en plus forte avec les faibles, faible avec les forts.
Macron y va aussi de son petit morceau sur la sécurité en projetant de recruter un peu plus de gendarmes et de policiers, il annonce le chiffre de 10 000, et, pour faire gauche un peu quand même, il programme le retour de la police de proximité.

Tout cela justifie-t-il la mobilisation de l'ensemble des media, qui se mettent en marche au service de la macronisation des esprits ? Tout cela sent l'artifice, ne peut faire rêver que quelques élus plus ou moins socialistes qui pourraient, en marchant ou en boitillant, sauvegarder leurs postes de député ou même envisager des alliances tardives pour leur ouvrir un avenir politique.
Et pour Macron, cerise ou rose sur le gâteau, il n'y aura pas besoin de la Belle alliance populaire, il y va et pis c'est tout...

Les boules quoi...

JMG

PS : c'est encore le cas de le dire, j'irai voter quand même à la BAP (quel nom ridicule décidément), j'aurais préféré Filoche mais j'irai voter Montebourg, pour beaucoup d'idées que je partage, comme la nécessaire ré-industrialisation du pays, ou la réorientation de l'Europe (en admettant que celle-ci soit encore possible dans le cadre imposé aujourd'hui). J'irai voter sans illusion, beaucoup pour la forme, un peu pour le fond, pour se persuader peut-être que la gauche que jadis représentait le PS n'est pas encore morte, et qu'elle doit rebondir, dans un autre cadre qui reste à inventer, à reconstruire, à soutenir, et surtout dans l'unité...sait-on jamais...


mercredi 11 janvier 2017

Populisme

Je reproduis ici un article que j'avais publié par ailleurs et que j'ai corrigé et actualisé

A moins qu’on ne le prenne au premier degré, notamment comme dégénérescence du discours politique, le populisme a bien à voir avec le peuple, ce peuple dont l’idée doit appartenir à la gauche. C'est la gauche qui a inventé la notion de peuple au gré des révoltes ou des révolutions démocratiques. En ce sens, le populisme, notion éminemment politique s'il en est, pourrait se définir comme la relation du peuple au pouvoir. Même si le peuple, au fil de l'histoire, a pu apparaître comme objet de pouvoir davantage que comme sujet, même enfin si la notion est aujourd'hui récupérée par les droites extrêmes.

Si être populiste c’est défendre les acquis sociaux, les services publics, l’idée que les moyens de production ne doivent pas seulement obéir à des intérêts privés mais aussi répondre au souci de l’intérêt général, si on veut empêcher la privatisation de la santé à des fins lucratives, ou l’éducation, alors il est légitime d’être populiste. Mais, pour reprendre une tournure désormais célèbre, de quoi le populisme est-il le nom ?

JL Mélenchon se targuait d’être populiste pour contrer une accusation de la droite ou de la gauche bien-pensante pour lesquelles populisme et démagogie seraient une seule et même chose. En ce sens le populisme de Mélenchon peut se comprendre comme une contre–attaque d’ordre sémantique, une provocation salvatrice pour affirmer à la droite que le peuple ne lui appartient pas. En somme, Mélenchon entend dire haut et fort que la gauche aussi peut être sûre de ses valeurs, ne plus en avoir honte. Cette attitude est loin d’être illégitime.
La droite, en particulier la droite sarkozienne qui était au pouvoir depuis 2002, date à laquelle son mentor devint ministre de l’Intérieur, cette droite-là, tout comme, pour une bonne part, la gauche hollandaise ou vallsite qui lui a succédé, est " bonimentariste."

Elle a la prétention, ou le rêve, de s’adresser au peuple elle aussi, mais c’est pour le tromper, l'histoire l'aura montré. Il s’agit là de la droite des promesses généreusement distribuées mais jamais honorées, jamais tenues, aussitôt dites aussitôt envolées, mais il y en a tant, dissimulées dans de l’événementiel sans cesse renouvelé, qu’on les oublie.
Ainsi le navire néo-libéral, dont la coque désormais est trouée à plusieurs endroits, continue de voguer malgré tout, poussé par le vent de la vacuité et des faux-semblants, et ce en dépit des tempêtes scandaleuses, ou de « réformes » rétrogrades (loi travail, loi Macron, réformes territoriales...) visant à l'intégration européenne sous l'angle de la domination financière.

Cette démagogie (car il s'agit bien de cela), de droite ou prétendument de gauche, sert l’oligarchie financière qui le lui rend bien par les moyens de communication écrits et parlés qu’elle développe au service de son idéologie. Le bonimentarisme, cette propension à un discours politique vide de sens, purement formel, s’inscrit dans la volonté farouche de conserver le pouvoir à tout prix, même à celui de nier les règles de l’éthique et de la démocratie, pour le bien exclusif de quelques-uns.

En ce sens le populisme, qu'une gauche qui se respecte devrait disputer aux droites extrêmes, est préférable à ce bonimentarisme qui fragilise la démocratie.

JMG