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lundi 24 mars 2014

Nous fûmes assez grands pour perdre tout seuls

Grande déception, découragement même, après ces résultats du premier tour des municipales, une certaine tristesse aussi pour Jean-Claude Wambst à Dole. La gauche coule, s’enfonce en même temps que la société elle-même touchée par ces années d’austérité, celles passées comme celles à venir, que l’on avait pourtant l’espoir d’arrêter avec l’élection de 2012. Loin s’en faut, l’austérité organisée continuait de plus belle avec l’élection de François Hollande qui au lieu de la contenir, l’a exacerbée et l’a portée, dirait-on, en but ultime de la politique : moins de dépenses publiques pour faire plaisir à la vulgate libérale, plus encore de monétarisme pour satisfaire les professionnels assistés de la rente boursière.

C’est pourquoi la défaite de la gauche est rageante comme elle était prévisible. La gauche au pouvoir n’aurait jamais dû ni devrait jamais accepter ça : plus de pauvreté pour les pauvres, plus de richesses encore pour les riches. Dans ce contexte, il est presque anormal que le Front de gauche ait fait un petit score, mais c’est parce qu’il fut peut-être victime de ces dissensions internes et fratricides. Je n’y reviens pas, ces responsables feront le ménage peut-être ou si besoin laveront leur linge en famille si tant est qu’il y en est une. Disons seulement que je m’en désespère moi-même car je pense qu’il ne peut exister de gauche sans gauche de la gauche, car c’est par l’esprit critique, bien compris, que l’on parvient à combattre la régression sociale et à œuvrer pour le progrès démocratique.

La défaite de la gauche à Lons-le-Saunier est une de ces répliques d’une politique qui a oublié ses buts et ses espoirs pour ne s’en tenir qu’à une gestion imbécile sans vision à long terme, pour le malheur du monde du travail. Là encore le Front de gauche fait un mauvais score, mauvais score aussi, surtout, pour le parti socialiste malgré ou à cause qu’on ait réussi en en taire jusqu’au nom, et non seulement les idées. La liste MDH était une liste de gauche, et avec une écologiste paraît-il, mais il fallait de toute évidence se forcer à ne pas le dire trop fort pour ne pas effrayer les électeurs ou les bourgeois peut-être. C’est donc très timidement que les électeurs ont déposé leur enveloppe sans y croire, car d’autres se chargeait pour eux d’illusions à bon marché, comme si la triste et suffisante notion d’ouverture politique devait suffire à nous ouvrir les bras de la victoire.

Mais non, ce fut donc une défaite, presque joyeuse, notre candidat gardait le sourire en appelant aux lendemains qui chantent, sauf que ce n’était que des lendemains électoraux qui ne viendront peut-être même pas. On ne rassemblera pas la gauche en invoquant principalement les « projets solides et les équipes compétentes », lesquels ne sont que des slogans publicitaires. Il ne suffit pas d’être solide ou compétent, il faut le prouver. Cette élections de 2014, qui je l’espère ne laissera qu’un mauvais souvenir sans conséquence, ce dont je doute un peu, ne nous en laisse pas même l’occasion.

Le bilan de cette défaite, du point de vue socialiste en tout cas, c’est l’affaiblissement du parti qui a commencé bien avant la défaite sans appel du dimanche 23 mars. Je le redis : les règles démocratiques, qui sont sa seule force, n’ont pas été respectées. La liste s’est constituée en dehors des militants les plus anciens qui en ont été exclus, de fait. On a laissé la place à un jeunisme et à un égocentrisme sans contenu politique véritable qui ne tranche pas véritablement avec des politiques ou un corpus idéologique de centre-droit. On a interdit toute possibilité d’union de la gauche pensant qu’on pourrait gagner tout seul.

Nous, la gauche dans sa globalité, fûmes ainsi assez grands pour perdre tout seuls, laissant à Jacques Pélissard le soin et le temps surtout de préparer tranquillement sa succession. On ne peut que s'incliner, avant de rebondir, peut-être...

JMG

samedi 1 mars 2014

Municipales et art du grand écart

C’est un art difficile mais apparemment très prisé, à la veille des élections, que cet art du grand écart.

Ainsi un de nos anciens camarades du PS rejoint la liste UMP sans étiquette de Jacques Pélissard à Lons-le-Saunier (Jura), en position éligible bien sûr : tant qu’on y est soyons réaliste.
Bravo l’artiste ! Il doit avoir ses raisons, mais quelles qu’elles soient je ne les partage pas. Appelons un chat un chat, c’est de l’opportunisme, un retournement de veste, un tour de girouette sensible à la moindre brise printanière. J’aurais mieux compris s’il avait rejoint le Front de gauche, question de cohérence là aussi connaissant un peu son parcours militant, ce que j’avoue, j’ai failli faire moi-même ou que je ferai bientôt peut-être si, au parti socialiste notamment, le reniement idéologique continuait à trop peser sur les classes les plus défavorisées de la population.

C'est l’exemple ainsi donné qui me dérange, d'autant plus que la jeunesse nous écoute malgré sa prétendue indifférence à la politique. On peut vivre de contradictions, on doit même, mais il y a des signes incohérents qui risquent fort d’alimenter le nihilisme politique, voire pire. C’est un peu ce qui nous arrive collectivement aujourd’hui, avec des politiques de plus en plus déconsidérés, et pour cause. 

Qu’est-ce qu’il lui a pris à ce « camarade», professeur de lycée de son état à Lons-le-Saunier. L'attrait d’un pouvoir, de la gloire, ou pour mieux pourfendre MHD, le candidat sans étiquette du parti socialiste, comme je l’ai lu ou entendu ?
(je m’excuse par avance auprès des milliers de Parisiens ou de Parisiennes qui ne vont rien comprendre à ce billet…mais z’ont qu’à suivre après tout).
En tout cas rien de très politique dans tout ça, sauf si, comme on le fait souvent, on confond jeu politique et jeu politicien, sauf si on participe à la confusion idéologique qui de tout temps a profité aux partis conservateurs plutôt qu’aux progressistes.

Je ne juge pas, mais je me plais à penser que cette attitude conforte ceux pour qui la morale en politique n’est qu’un paillasson sur lequel on s’essuie pour avoir le droit de s’asseoir sur un strapontin, enfin le plus souvent sur un strapontin. Pourquoi ?
Parce qu’au fond on entretient l’idée, de plus en plus répandue jusque dans mon propre parti, et c’est pourquoi j’en viens à le critiquer souvent et durement parfois, l’idée, au moins implicite,  que la gauche et la droite c’est pareil et qu’on peut ainsi sans coup férir, se construire une (misérable) carrière politique. Comment ?
En arrachant l’étiquette qu’on est sensé défendre ou bien ici encore en mélangeant ses propres convictions avec celles de ceux que l’on vilipendait la veille.

Bref, c’est ainsi qu’on se fout du peuple. Le peuple que l’on prétend pourtant chercher désespérément.

JMG

dimanche 23 février 2014

J'y suis...

j'y reste ?

La question se pose pour beaucoup de militants socialistes.
Mais il est vrai qu’en quittant le PS, on laisserait la clé, on cautionnerait par notre départ une certaine conception de la politique qui majore la violence du fait accompli aux dépens de l'effort d'explication, du dialogue et du débat.

Je dis « on » car je ne suis pas seul, je ne dis pas « nous » parce que tout est encore flou, beaucoup de militants sont plus que déçus par ces reniements, et tous ces clins d’œil à la droite, au modem, ou à un néo-libéralisme de gauche (pour rire) quasi assumé.
Il faut dire que la situation actuelle au PS vient aussi du départ de beaucoup.

Mais rester c’est également cautionner, voilà le dilemme. Il n’est pas cornélien parce qu’il n’est pas vital, pas encore dans le marasme politicien qui est le nôtre aujourd’hui, mais il pourrait vite le devenir.

Certaines pratiques sont inacceptables.  D’abord au niveau national : Hollande a trompé la gauche, il ne l'a pas trahie, en ce sens qu’il est simplement devenu ce qu’il est au fond, ce que sans doute il a toujours été, un (social)-libéral qui prend opportunément appui sur les réformes sociétales pour cacher la façon dont est évacuée la question sociale.

Hollande n’est ni socialiste ni même social-démocrate. Son atlantisme aussi est plus que gênant, par exemple vouloir bombarder la Syrie était fou, c’était se faire plus royaliste que le roi, encore plus bushiste qu’Obama qui a eu l’intelligence lui, de ne pas entrer dans la combine, pas celle-ci en tout cas.

Sur le plan local, chaque cas est particulier. Dans le Jura notamment, le parti socialiste depuis les sénatoriales de 2011 collectionne les défaites, il faudra dire pourquoi un jour. Si le PS perd les élections c’est qu'il y pense trop précisément, aux dépens d'un fond politique fidèle à ses valeurs, même plus capable d'avoir une expression tant soit peu critique vis à vis d'un gouvernement qui se coupe de la population en un point qu'on se demande s'il ne prétend pas imiter le bon temps du sarkozisme, le PS ne sait plus où il est.
Le contenu politique pour la bataille municipale à Lons-le-Saunier est très peu consistant, il fait place à une personnification excessive et infantile, les ambitions personnelles s'imposent en court-circuitant le parti et ses règles.

Tout ceci est assez désespérant, et c'est vrai que la tentation est forte d'aller voir ailleurs.

On prête à Pierre Mauroy ceci : "Si les dégoûtés s’en vont, ne resteront plus que les dégoûtants.» Et donc ne faut-il pas au contraire tenter de reprendre la main ?

samedi 15 février 2014

Les couleuvres c’est bon mais…

…c’est un peu étouffe-chrétien.

J’en viens au fait : ce n’est pas sans risque que j’avais passé un accord conditionnant mon retrait de la candidature à l’investiture du PS comme tête de liste aux municipales de Lons-le-Saunier.

Ce retrait était conditionné par une prise en compte, partielle au moins, des idées que j’avais pour cette ville, avec le souhait de figurer sur cette liste « en bonne place » de sorte qu’il fût possible, en cas d’échec comme en cas de victoire, d’agir modestement, fidèle à mes convictions, dont celles portées par le courant du parti socialiste « maintenant la gauche » (aile gauche du parti) dont je suis mandataire pour la fédération PS du Jura.

Au jour où j’écris ce billet je n’ai pas connaissance de la liste complète. Qui la connaît ? En principe une liste complète et ordonnée aurait due être soumise au vote des militants socialistes concernés. Ce débat n’a pas eu lieu et à la place a été soumise, au vote des militants en novembre dernier, une liste ordonnée par ordre…alphabétique, sans qu'y figurent les  places réservées à la « société civile » qui seraient présentées par la suite au nom du parti socialiste.
Lorsque la lettre d’une règle n’est pas respectée qu’au moins l’esprit le soit. Cela a été loin d’être le cas.

La démocratie reste la grande force du parti socialiste, celle qui lui reste encore en ce temps très incertain pour lui. Manquer à ses règles est un symptôme d’un mal plus profond qui est en train  de tuer le parti de mort lente.

Je décide de ne pas figurer sur cette liste MHD parce que les engagements à mes yeux ne sont pas tenus, et pour ne pas cautionner certains aspects d'une pratique politique, très peu participative en réalité, que je réprouve et qui m’inquiètent.
Et puis cette liste (à venir ) est sans étiquette. J’avais fait le pari, décidément risqué, de m'y retrouver sur le fond politique. C'est loupé.


JMG


samedi 28 décembre 2013

Les municipales et mon futur ami JP

Il m'arrive une chose pas ordinaire ce matin, les amis de Jacques Pélissard m'invitent à faire ami-ami avec eux sur Facebook, ils se nomment eux-mêmes "Municipales de Lons-le-Saunier" (nom) "tous avec Jacques Pélissard" (prénom). 
Je dois avouer que ça m'en bouche un coin et je dirais même plus : cela m'attendrit. On a tellement du mal parfois à s'accommoder de ses propres amis (parmi lesquels certains ne vous acceptent même pas comme "ami" sur facebook) qu'on ne peut être touchés lorsque ceux de l'autre camp vous offrent leur amitié, fût-elle aussi précaire et paraît-il virtuelle que celles qui surfent sur l'écume des réseaux sociaux.

J'ai donc écarquillé les yeux ce matin, hésitant à voir dans cette démarche amicale, ou bien les restes d'un cauchemar, ou bien ceux d'un rêve qui s'échouerait les lendemains d'une fête de la nativité.  Je suis tenté davantage par le rêve, c'est mon côté optimiste qui repart de plus belle, après il est vrai un assez court moment d'angoisse.

Mais comme tout se négocie aujourd'hui, y compris les amitiés, on me permettra donc d'avancer sinon avec prudence du moins avec intérêt. 
C'est pourquoi je n'accepterais d'être l'ami de "Municipales de Lons-le-Saunier" qu'à certaines conditions.

D'abord il conviendra que mon nouvel ami prénommé  "Tous avec Jacques Pélissard" prenne l'engagement de tenir ses promesses. (D'un coup cette tautologie, car c'en est une je crois bien, ne me dit rien de bon, j'ai le sentiment que je vais encore me faire avoir, disons que c'est un engagement qui ne ne mange pas de pain pour celui qui l'énoncerait...mais courage, continuons malgré ces risques sérieux...)

J'ai donc pensé, dans une espèce d'éclair subit de complète inconscience, demander à mon éventuel nouvel ami d’œuvrer pour un retour au pouvoir des soviets, mais j'ai bien vite renoncé, car trop c'est trop, il convient dans une négociation de toujours respecter l'adversaire et, considérant ses antécédents, de ne pas lui demander l'impossible ne serait-ce que pour lui éviter une crise d'apoplexie.

Par contre je lui demande, si tant est qu'il veuille toujours autant mériter mon amitiés FB, de s'engager à intercéder auprès de ses amis Fillon-Copé ( dans ce cas les amis de mes amis devenant mes amis) pour qu'ils souscrivent à une fiscalité plus juste, progressive, au moins du niveau qu'elle fut avant que leur copain Raffarin par une sorte d'excès effarant de libéralisme, n'y mît un point final.

J'engagerais ensuite mon nouvel ami à intercéder auprès de Fillon ou Copé (on ne sait plus lequel) pour que soit restaurée la retraite à soixante ans. Tout cela a tellement donné de mauvaises idées à l'actuel gouvernement de gauche qu'il s'agirait aujourd'hui de crier haut et fort la nécessité de faire machine arrière et remplacer le chômage des jeunes par une retraite bien méritée des plus anciens, l'avenir, surtout en pleine mondialisation, étant davantage au partage du travail qu'à sa raréfaction.

Je lui demanderais aussi d'arrêter de bassiner les électeurs sur les questions de sécurité comme si celles-ci devaient rester le nec plus ultra et le but ultime de la politique. Même si électoralement ça peut marcher il y a toujours quelque intérêt à ne pas prendre les électeurs pour des imbéciles, surtout que l'insécurité aujourd'hui est avant tout sociale.

Enfin, sur le plan local, je demanderais à mon supposé ami de construire un vrai service de nettoiement pour la ville de Lons-le-Saunier, un peu plus efficace, avec de véritables moyens humains et matériels, et qui ne soit pas, même accessoirement, devenu un vecteur de publicité pour la restauration rapide, Mac Donald pour ne pas le nommer. 

Ces trois engagements étant pris, et qui ne sont pas grand'chose par rapport à ce que j'aurais pu demander, j'accepterais alors d'être "ami", cela ne m'empêchant pas quand même de continuer à voter pour mon propre camp, j'ai nommé la gauche et le parti socialiste qui, en ces temps d'incertitude politique et idéologique, en auront bien besoin. 

Car il ne faut quand même pas pousser...


JMG






samedi 30 novembre 2013

Où l'on voit qu'il n'y a pas que les municipales dans la vie, surtout en ce moment

Cette semaine à Lons-le-Saunier (  Jura, sur Vallière pour ceux qui ne connaissent pas) aura été marquée par le rassemblement que Marc-Henry Duvernet, notre candidat, investi par le parti socialiste (voir les épisodes précédents),  aura réussi avec un certain brio à organiser au Carcom, ce dont je le félicite. Une belle réunion, conviviale comme on dit, même si parfois l’auto-congratulation mutualisée et généralisée, à l'américaine, a pu paraître excessive à certains, comme hors-sol. Maintenant si cela peut contribuer à nous faire gagner, tant mieux...ça ira, ça ira...pourvu que ce ne fût au prix de nos valeurs, celles de la gauche s'entend...

C’était le 26 novembre dernier donc, le jour même, hasard du calendrier, où l’Assemblée Nationale votait la « réforme » des retraites dans les griffes d’un article 49-3 de la Constitution ( dit vote bloqué) qui permet à un gouvernement peu sûr de lui de faire adopter des projets dont il sait qu’ils n’obtiendrait pas, sans ce stratagème constitutionnel, l’aval des députés de son camp.
Un bel exemple de contre-démocratie parlementaire que nous dénoncions encore il n’y a pas si longtemps. De cette réforme il ne fut nullement question pourtant, l’atmosphère étant à la fête et au rassemblement.

Les façons d’arriver à cette « réforme » des retraites  aggrave le fond de l’affaire : une loi de nature à accentuer la paupérisation de la population, et qui vient à la suite de celles concoctées par la Droite. Contre ces réformes, des millions de personnes ont manifesté, en 2003, 2008 et 2010, dont un certain nombre d’actuels ministres, pour finir ces jours récents où nous ne fûmes plus que quelques syndicalistes.

Ces réformes n’ont pas été remises en cause par le gouvernement Hollande. Bien au contraire. D’autres solutions pourtant étaient possibles ( lire le blog de Gérard Filoche) mais pour cela il aurait fallu d’abord faire fi de l’argument fallacieux, mais bien commode, du supposé allongement de la durée de la vie…qui est en train de régresser d’ailleurs, et pour cause.
C’est le chômage qui est en train de tuer nos système de retraites, les jeunes étant fort logiquement le plus touchés puisque les « seniors », ceux d’entre eux qui ne seront pas déjà au chômage ( en France moins d’un salarié sur deux est en emploi avant la retraite),  seront obligés de travailler plus longtemps.

Le gouvernement aura donc choisi la solution de facilité, et répondu ainsi par la même occasion à un diktat de la commission de Bruxelles qui a exigé une réforme des retraite contre le délai supplémentaire donné au gouvernement pour atteindre les moins de 3% de déficit public. Résultat : la France a un régime des retraites parmi le plus durs des pays européens....Et ce n'est pas cela qui fera revenir la croissance !

Quels rapports avec les municipales me direz-vous ? On peut vouloir dynamiser une ville mais on ne peut faire abstraction de la situation économique et sociale du pays. La diminution du pouvoir d’achat, celui des retraités comme celui des salariés a des conséquences sur les politiques municipales. Il n’y a pas que des bobos en centre-ville (et les bobos eux-mêmes ont de plus en plus de difficultés à vivre décemment.)

Les élus, s’ils sont de gauche, doivent en avoir conscience et combattre une austérité qui est en train, insidieusement, et à distance, de tuer leur ville.

JMG


http://www.maintenantlagauche.fr/


mardi 15 octobre 2013

Jeu de c...omptes à quelques mois des municipales

Si j’étais aussi injuste qu’elle peut l’être avec les collectivités territoriales je dirais qu’elle nous coûte bien cher la Cour des Comptes. Pourtant et par la bouche de son Président Didier Migaud, elle vient de déplorer que les collectivités souffraient de masses salariales  importantes qui augmenteraient chaque année, et trop bien sûr…

Je ne sais plus si Migaud est socialiste, il a dû l’être si je me souviens bien, il a dû oublier. Mais qu’il le soit ou non, ou peu, ou plus du tout, ça commence à bien faire. Est-ce son rôle de rallier ainsi les pleureuses de droite, et maintenant de gauche plus ou moins, que l’on entend du matin au soir se plaindre de dépenses publiques qui seraient insoutenables ? Ainsi, la tentation de cette démagogie étant trop facile, Migault déplore-t-il que les fonctionnaires seraient trop payés et que les avancements dont ils bénéficierait crèveraient les plafonds budgétaires. Je ne rentrerais pas dans une bataille de chiffres, elle serait vaine. Et ce serait faire le jeu de ceux qui ne savent regarder que par le petit bout de la lorgnette. Retenons seulement que la moitié des agents de la fonction publique territoriale gagne moins de 1600 euros net par mois et que leurs salaires globalement baissent d’année en année depuis 2008.

Mais voilà c’est fait, ce qui devait arriver arrive, la crise financière de l’Etat, enfermé dans le carcan européen tel qu’il se présente aujourd’hui, est exportée vers les collectivités locales. Que la Cour des comptes, dont la mission première est de rendre la justice financière, les accuse de façon aussi injuste est le signal d’un hallali qui ne fait que commencer. L’Etat réduit pour 2014 et 2015 de 1,5 milliards ses dotations aux collectivités, amputations financières qui s’ajoutent à celles déjà programmées. Et donc les zélateurs de la Cour des Comptes ont là une belle occasion d’apporter leur pierre au dénigrement général qui jette la gestion des collectivités à l’opprobre populaire. Puisque qu’on est incapable de combattre les causes réelles de « la crise », c’est avec démagogie qu’on pousse à l’économie des dépenses publiques jusqu’à la caricature. Il faut bien des coupables, et après la sécurité sociale hier, c’est au tour aujourd’hui des collectivités.

Ainsi en appelle-t-on à l’austérité dans les collectivités sans voir qu’elles sont l’un des derniers atouts au soutien d’une activité qui se meurt. L’emploi devrait être la priorité en France. Or que fait-on, alors que les collectivités sont encore pour 75% dans l’investissement public, alors qu’elles sont encore pour des milliers de jeunes l'espoir d’obtenir un emploi à peu près stable ?
Que restera-t-il lorsque les régions, les départements, les communes n’auront plus assez de moyens financiers pour faire fonctionner leurs services publics ou pour donner du travail à ces milliers de petites et moyennes entreprises dont les collectivités sont les clients ? Que fera-t-on lorsque l’urgence sociale ne pourra même plus être financée ?

Il est dommageable qu’en la matière le gouvernement Ayrault continue le travail de sape du gouvernement Sarkozy. 

On avait voté pour ça ?

JMG


jeudi 10 octobre 2013

Place au changement

Suite à mon désistement à l’investiture du Ps pour conduire la liste socialiste aux Municipales à Lons-le-Saunier, la Voix du Jura titre ainsi mon entretien : «  je devrais avoir une bonne place sur la liste PS ». Une bonne place...une bonne place...faut pas exagérer non plus, l’action du PS à la bourse des valeurs électorales n’est pas si bien cotée en ce moment, je doute fort qu’il s’agisse, quoi qu’il arrive, d’une « bonne place » même en cas de victoire. Et je ne suis même pas sûr que ce soit si bien payé. Sans doute ai-je dit plutôt « en bonne place ».

L’essentiel est que je me place à soutenir mon camarade MH Duvernet dans sa conquête pour la mairie de Lons-le-Saunier même si chacun sait que ce sera extrêmement difficile. Difficile face à un Jacques Pélissard excessivement expérimenté, et pour cause puisque qu’il est maire depuis 1989, vingt-quatre ans déjà, et cela fera vingt-cinq l’année prochaine. Un quart de siècle !

Donc…un peu de changement ne fera pas de mal. Rien que pour ça. Et puis ce sera excellent qu'un peu de gauche revienne au pouvoir dans cette ville, il faut changer les hommes, (et les femmes en parité), pour tenter de changer les choses.

J'y prendrai en effet ma place.

Jean-Marc Gardère


samedi 21 septembre 2013

Maire pour quoi faire

J’hésite, c’est mon péché mignon. Ce n'est pas conseillé en politique où il vaut mieux pour réussir se montrer déterminé, quitte à faire semblant. Même si j'ai posé formellement posé ma candidature auprès de la fédération du parti socialiste du Jura, j’hésite à courir après l’investiture pour conduire la liste des municipales à Lons-le-Saunier, car je me demande si je ne vais pas encore me prendre une veste, devant les adhérents socialistes s'entend. C’est cela la politique, prendre coup sur coup, encaisser, au risque à la fin de devenir susceptible, sans compter que cela peut être dérangeant pour les idées qu'on défend.

Alors sérieusement : quelle est donc la situation politique -je préférerais dire "politicienne"-, puisqu’il faut bien en parler ? La section du PS lédonien est aux mains de son secrétaire qui est aussi candidat à la mairie avant, on l’a vu, de l’être à cette même investiture. Il est jeune, ambitieux, ce qui en politique sont deux qualités essentielles, indispensables même, au moins pour la seconde, sans parler de convictions sincères que je lui reconnais. Et tout est en place pour qu’il l’emporte au sein du parti socialiste, tout c’est-à-dire des adhérents prêts, majoritairement, et c’est là pour moi que le bât blesse, à voter pour lui. Normal, il s’est montré assez persuasif pour les faire adhérer et s’assurer ainsi d’un soutien majoritaire. Il a eu ce talent et ce temps de façonner la section à son image, et plus encore à l'intérieur même de la section, faire adhérer des camarades habitant Lons-le-Saunier, assez peu nombreux en valeur absolue, mais qui dès lors pourront décidé par leur vote de cette investiture. 

Sur quelles bases sa candidature ? Pour l’instant on ne sait trop, on verra bien , tout ce que l’on sait aujourd’hui nous le savons par une équipe "d’experts" ou "d’ambassadeurs" qu’il a formée ( l’équipe pas les experts) et qui ont travaillé à un diagnostic du bassin lédonien dont nous devrions bientôt voir le compte-rendu public. Franchement je ne m’attends pas à des miracles, je crains quelques discours technocratiques de plus. Il s’agissait si j’ai bien compris d’une démarche participative qui peut en effet prendre tout son sens sauf que cette démarche, et j’en ai déjà parlé ici même, se faisait en dehors du parti socialiste comme si celui-ci était à rejeter, qui plus est dans un contexte général de délitement idéologique qui le touche de plein fouet
On me rétorquera qu’il a été consulté, le parti socialiste. Vouais. J’ai déjà eu l’occasion, ici ou là, de souligner les dangers pour la gauche toute entière de cette démarche qui consiste à vouloir rassembler, mais trop bien, quitte à cligner des yeux vers les forces « conservatrices » du centre ou du centre-droit jusqu'à oublier la distinction droite-gauche, classique peut-être, mais qui n'a jamais été aujourd'hui autant d'actualité. Car on peut facilement perdre son âme ou, ce qui encore plus grave, renoncer à ses convictions, la fin justifiant les moyens de se faire élire à tout prix.

C’est pourquoi, j’y reviens, l’envie de me présenter me taraude toujours mais en défendant comme je l’ai déjà fait un projet pour la ville qui annonce une couleur franche.

Et donc je proposerai à mon jeune camarade ( permettez que je l’appelle camarade) d’être fidèle au moins à quelques principes de base que je me fais fort de défendre, et dont voici quelques lignes à partir desquelles on pourra s'élaborer un projet :
 -une orientation politique portant défense des services publics en privilégiant l'internalisation de l'action municipale.
- développement des services à destination de la jeunesse en faisant un sort particulier et privilégié sur les quartiers plus particulièrement touchés par le chômage
-favoriser l'accueil des jeunes travailleurs sur la ville en leur facilitant le logement
-faire porter l'effort sur tout ce qui pourra faire avancer l'éducation populaire en créant de nouveaux équipements si besoin après étude de la demande sociale à cet égard
-réexamen des politiques tarifaires pour un accès aux services publics municipaux rendu plus facile en direction particulièrement  des familles à faibles ressources
-une politique de densification du centre ville en optant pour des réhabilitations de logements, on voit que beaucoup sont vidés de leurs habitants
-une vision et des actions ou projets structurels de nature écologique qui participent de l'attrait naturel de la ville et à son développement économique durable
-défendre l'activité du centre-ville ainsi que son attractivité en faisant tout ce qui est en notre possible pour ne pas asphyxier le petit commerce ou le commerce de proximité
-travailler à faire venir des nouvelles activités économiques et à garder celles qui sont actuellement installées et en action sur l'ensemble du territoire de l'agglomération
-travailler à l'entretien de la ville lequel laisse beaucoup à désirer aujourd'hui, au besoin en confortant par des créations d'emploi les services municipaux
-promotion d'une politique culturelle de qualité ouverte à tous
-développer une intelligence et une conscience territoriales sur l'ensemble de l'agglomération en y associant la population
-et globalement faire un audit financier à l'arrivée pour déceler les marges de manœuvre financières qui nous permettront de mener la politique que nous voulons pour la ville de Lons-le-Saunier et son agglomération
  Tout cela a un coût me diront les esprits chagrins et ils auront raison puisque les collectivités locales, et Lons-le-Saunier et son agglomération n’y échapperont pas, seront bientôt si ce n'est déjà fait à plein touchées par la « crise », ce qui d’ailleurs est injuste puisqu’elles n’y sont pour rien.

Mais on ne fait rien sans ambition. Et l'intendance, quand on lui prête vie, en général suit.

Jean-Marc Gardère



mercredi 17 avril 2013

Municipales 2014 : comment le PS désignera ses candidats ?

C'est bien connu, la démocratie ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Dans un parti politique la diversité et l'expression pluraliste des idées sont toujours préférables à une unité qui ne serait que de façade. 

Pour gérer cette diversité, la direction nationale du parti socialiste a publié en mars dernier une circulaire qui organise les modalités de l’investiture de ses candidats aux prochaines municipales.

La désignation des listes aux municipales de 2014, à Lons-le-Saunier comme ailleurs, se fera en deux étapes.
Il s’agira d’abord de désigner les militants chargés de conduire les listes. Cette désignation se fera en octobre. Le premier tour aura lieu le 10 octobre prochain, et le deuxième si besoin le 17 octobre, au cas où aucun candidat n’aurait obtenu la majorité absolue à l’issue du premier tour…

Sera soumise ensuite au vote des militants la liste complète laquelle aura été au préalable soumise à une commission des candidatures. Ce vote des adhérents aura lieu le 21 novembre, et le 28 novembre également en cas de refus de la liste soumise lors de premier vote.

Les candidatures devront être portées à la connaissance des adhérents du parti qui seront concernés par cette élection dans la commune.
Pour pouvoir participer au vote il faudra être électeur dans cette commune. La présentation de la carte d’électeur ou d’une attestation d’inscription sur la liste électorale pour permettre le vote.

Il faudra avoir adhéré au parti socialiste avant le 9 avril 2013. Les procurations ne seront pas admises et le bureau de vote sera ouvert sans interruption de 17 à 22 heures.

La circulaire de la rue Solférino qui énonce, avec plus de précisions qu'ici bien sûr, ces dispositions, ne fait allusion à aucune possibilité d’organisation, pour l'instant en tout cas, de primaires ouvertes telles qu'on a pu en connaître lors des élections présidentielles ( sauf pour Paris, Lyon, Marseille). Certains militants ont pu pourtant en exprimé le souhait.
L’essentiel reste que la circulaire soit respectée et que ce vote de désignation se passe dans les meilleurs conditions possibles. Il n’y a pas de raison que cela se passe autrement, nous y veillerons tous dans le respect des règles démocratiques.
Il va de soi que les candidats investis seront ceux de tout le parti et que ce dernier les soutiendra sans réserve et de toutes ses forces disponibles.

Mais bien sûr l'intérêt de ce mode de désignation sera d'autant plus grand qu'il aura permis le débat politique sur la ville que nous voulons.

mercredi 13 mars 2013

Ma ville : sociale et écologique

 

En janvier dernier, j’ai fait part à la section PS de Lons-le-Saunier de ma décision de me présenter devant les militants pour conduire la liste des municipales à Lons-le-Saunier.  J’entends ainsi modestement, mais fermement, contribuer à préserver la crédibilité et la santé démocratiques de ce parti en étant respectueux de ses règles et de ses traditions.
Deux candidats, voire plus, à l’intérieur du parti socialiste valent mieux qu’un seul. Il ne peut pas dans ce contexte y avoir d’adversaires mais seulement une saine concurrence pourvoyeuse d’idées et d’énergie. Au moins il y aura chance de débat, de discussion contradictoire en vue de l’élaboration d’un programme municipal qui ne soit pas uniquement le produit de cerveaux d’ « expert » .
La ville appartient aux citoyens et le parti est le lieu privilégié de cette médiation.
Je défends un projet de gauche, fondé avant tout sur la nécessaire solidarité. J’affirme ici que Lons-le-Saunier, sociologiquement, est une ville de gauche. Il faut qu’elle le devienne politiquement. Il faut y travailler.
Un projet municipal doit s’articuler autour de cette exigence de solidarité et pour cela annoncer clairement la couleur, sans faux-semblant, et en évitant d’imiter tout discours technocratique abscons.
Il faut renforcer l’ensemble des services publics municipaux pour qu’ils servent utilement l’ensemble de la population. Les services publics sont la richesse de tous y compris surtout des plus fragiles.
Il faut veiller aussi au mode de gestion de ces services publics en prenant l'engagement de ne pas recourir à des modes préjudiciables aux finances publiques, ou qui sont de nature à diluer et affaiblir la puissance publique au profit d’intérêts privés, comme par exemple les partenariats publics privés  qui mettent à mal les finances publiques tout en en diminuant l’efficacité sociale. C’est pourquoi aussi il faut défendre et développer l’idée moderne de la régie municipale et se méfier des modes qui dissolvent l’action publique.

Il s’agit là de la responsabilité sociale de la ville. Il faut en discuter et la décliner en programme crédible : augmentation de places de crèche par exemple, en évaluant la véritable demande sociale. Il est de nombreux domaines sur lesquels il faudra porter notre effort. Tout particulièrement en direction de la jeunesse frappée par une crise qui malheureusement perdure depuis des années. Il faudra être attentif à défendre l’école ( on devrait dire, malheureusement, les écoles qui dans notre département et notre ville ferment en nombre), et promouvoir l’enseignement supérieur à Lons-le-Saunier.
Nous aurons aussi le devoir de mener des politiques locales de santé.

Responsabilité économique ensuite. Lons-le-Saunier est la ville centre d’une agglomération qui, sur le papier en tout cas , en a la compétence au travers notamment l’aménagement de zones industrielles et artisanales.
Une municipalité de gauche devra encourager et faciliter l’implantation d’entreprises nouvelles créatrices d’emploi, et de sauvegarder l’emploi de celles qui restent sur le territoire. Pas à n’importe quel prix, et dans l’obligation de la priorité à l’emploi, et avec des contreparties contractualisées avec les entreprise concernées.

Responsabilité économique et commerciale encore en sauvegardant et en développant le commerce dans le centre-ville, le commerce de proximité. Cela demandera un travail avec les commerçants pour les aider à se développer. Ils contribuent à l’animation de la ville, et il primordial de les associer au projet municipal dont il seront les acteurs. Il faudra aussi repenser la politique vis à vis des grands centres commerciaux qui ne doivent pas asphyxier le cœur de ville en tant que lieu de vie et d’échanges.

Une ville c’est aussi l’urbanisme, l’agencement et l’organisation de l’espace urbain.
Il faut un grand projet urbanistique à Lons-le-Saunier qui soit durable, structurant, centré donc sur la protection de l’environnement dont il faut faire un atout de développement de la ville. Cette ville s’est développée dans un cadre naturel, il faudra donc en travailler le paysage. Pour le modeler, il faudra faciliter la circulation des piétons et des vélos, notamment dans l’hyper-centre. Nous devrons traiter aussi le cadre de vie des quartiers plus périphériques. On doit avoir dans cette optique un projet ambitieux et original. Il faudra faire de ces projets, qui améliorent le cadre de vie,  de véritables investissements pour l’avenir.
Il sera essentiel en effet de s’occuper des quartiers dits périphériques, les Mouillères, et la Marjorie aussi pour lesquels une politique de la ville devra être conduite avec détermination. Il faut que les habitants de ces quartiers se sentent citoyens de la ville et pour cela réaffirmer et défendre l’idée de développement ou de maintien des services publics. Il faudra notamment s'assurer d'un meilleur réseau de transports publics pour améliorer le lien entre les quartiers et vers le centre-ville.
Ces services seront orientés en priorité en direction de la jeunesse dans une optique d’animation et d’éducation populaire, en faisant notamment la part belle aux associations actives et reconnues dans ces quartiers.

Sur le plan culturel, Lons-le-Saunier a pris beaucoup de retard. Cela fait longtemps que les Lédoniens attendaient la médiathèque, ils mesurent aujourd'hui le temps perdu.
La politique culturelle, au delà des événements repères tels que «  Musiques actuelles » qu’il faudra recréer, devra s’appuyer sur les associations et aussi les structures municipales.
Lons-le-Saunier depuis des années perd ses habitants. La ville il n’y a pas si longtemps comprenant plus de 20 000 habitants. Il faut les faire revenir en favorisant la création de logements nouveaux dont les loyers seront, en ces temps de crise subie, abordables pour tous les foyers, notamment les plus modestes. Il faudra se résoudre à densifier l’habitat au centre-ville ce qui sera un excellent moyen de le revivifier. Il faut que le cœur de la ville soit dense et animé.

Le financement de ces mesures se feront hélas dans un cadre contraint. La fiscalité locale est injuste, elle serait davantage équitable si une partie au moins était fondé sur les revenus. Ce n’est pas le cas pour l’instant, mais on fera en sorte néanmoins de la rendre à la fois plus juste et plus productive dans le cadre réglementaire imposé aux collectivités.

Ce projet n’est qu’une base à partir de laquelle on travaillera ensemble en faisant participer le plus largement possible ceux parmi les citoyens de la ville qui se sentiront concernés.
Mais je crois aussi en la responsabilité des partis de la gauche toute entière, nos partenaires historiques.
Il sera fait appel à toutes les forces de gauche sans exception qui voudront bien travailler avec nous autour de ce projet pour une ville sociale, progressiste, écologique.

                                              Jean-Marc Gardère
-membre de la commission administrative de la section PS du bassin lédonien- « Maintenant la gauche ».

  


samedi 16 février 2013

Quel est ce citoyen ?

Ainsi pour les municipales prochaines de 2014, un membre du PS, conseiller général du canton de Lons-Nord, et qui se porte clairement candidat à la mairie sans même avoir reçu encore l'investiture de sa formation politique, consulte les citoyens. Mais lesquels ? Sont-ce les quatre qui se sont réunis dans une brasserie à Lons-le-Saunier et qui se sont vus déjà affublés de missions particulières, et dont la presse locale avec force photos, s'est fait l'écho ? On nous dit que ce sont des membres de la société civile, mais les membres du parti socialiste ne sont-ils pas aussi membres de la société civile ? Et pourquoi, parmi la société civile, choisit-on ceux-là et pas d'autres ?
Ils sont sympathiques sans doute, très certainement compétents dans leurs domaines, mais beaucoup dans le parti socialiste s'interrogent sur la légitimité de "ces animateurs d'ateliers" qu'on leur impose sans trop de discussion, de ces experts qui sont chargés de penser, de réfléchir, de fédérer,de créer, à la place de membres du parti socialiste, ou bien à la place, tout autant, d'autres citoyens. Il s'agit donc en effet de s'interroger.

Je prendrai donc, contre l'expertise, la supposée expertise plutôt, la défense de l'idée de parti politique.

C'est vrai qu'en ces temps de démagogie ambiante,  défendre cette idée là passe pour une gageure, d'autant plus que le parti socialiste en particulier est en passe, si ce n'est déjà fait, de traverser  des épisodes tumultueux qui pourraient bien lui être fatals. Le peuple pourrait en effet ne pas lui pardonner de défendre sans discussion, aveuglément, une politique gouvernementale d'austérité semblable à peu de choses près, au moins pour l'instant, et moyennant il est vrai quelques mesures de correction sociale, à ce que fut la politique de Sarkozy, une politique de l'offre pour faire court, plutôt qu'une politique de la demande qui pourtant serait la plus pertinente en ces temps de chômage record. Dix pour cent de la population quand même !

 Et donc, malgré que je sois le plus souvent critique vis à vis de mon parti, c'est consciemment que je défends le fait que le salut vient d'une démocratie régulée qui fonde précisément la notion d'organisation politique.
Car contrairement à la "société civile" à laquelle on fait illusoirement appel, souvent de manière démagogique, pour aller parler directement au peuple, mais aussi en l'occurrence pour faciliter sa propre carrière politique, le parti est un lieu de débat réglementé, policé, même si les explications ou les disputes militantes parfois peuvent se révéler rudes.

Et donc les "experts" c'est bien, mais la démocratie c'est mieux. Tout le monde est expert de quelque chose, il est bien plus difficile d'être un citoyen.
Le plus inquiétant c'est que certains membres du parti semble ne pas en avoir pleinement conscience aveuglés peut-être par la lumière du pouvoir, ou bien victimes d'une certaine inculture politique.


JMG

http://www.maintenantlagauche.fr