jeudi 10 octobre 2013

Place au changement

Suite à mon désistement à l’investiture du Ps pour conduire la liste socialiste aux Municipales à Lons-le-Saunier, la Voix du Jura titre ainsi mon entretien : «  je devrais avoir une bonne place sur la liste PS ». Une bonne place...une bonne place...faut pas exagérer non plus, l’action du PS à la bourse des valeurs électorales n’est pas si bien cotée en ce moment, je doute fort qu’il s’agisse, quoi qu’il arrive, d’une « bonne place » même en cas de victoire. Et je ne suis même pas sûr que ce soit si bien payé. Sans doute ai-je dit plutôt « en bonne place ».

L’essentiel est que je me place à soutenir mon camarade MH Duvernet dans sa conquête pour la mairie de Lons-le-Saunier même si chacun sait que ce sera extrêmement difficile. Difficile face à un Jacques Pélissard excessivement expérimenté, et pour cause puisque qu’il est maire depuis 1989, vingt-quatre ans déjà, et cela fera vingt-cinq l’année prochaine. Un quart de siècle !

Donc…un peu de changement ne fera pas de mal. Rien que pour ça. Et puis ce sera excellent qu'un peu de gauche revienne au pouvoir dans cette ville, il faut changer les hommes, (et les femmes en parité), pour tenter de changer les choses.

J'y prendrai en effet ma place.

Jean-Marc Gardère


mardi 8 octobre 2013

Clémenceau, Valls et Sarkozy

Que Valls veuille combattre l’insécurité c’est son devoir de ministre de l’Intérieur, rien à redire  à cela, et s’il veut jouer les Clémenceau, après tout c’est son droit. Si j’ai bien compris c’est un rêve de jeunesse. Pourquoi pas après tout si l’on retient de Clémenceau  le défenseur des communards plutôt que celui qui réprima violemment les grèves ? Et puis tout cela c’est du passé avec la poétisation qui va avec.

Le plus embêtant c’est que le camarade Valls imite Sarkozy qui, lui, est beaucoup plus récent et dont on a tendance très justement à n’avoir pas encore oublié les travers. Il fait même plus qu’imiter Sarkozy, il est tout derrière, prenant à son compte une pensée politique très pauvre qui consiste à instrumentaliser « un problème », celui des Roms par exemple, mais il en est d’autres, pour faire avancer sa carrière politique. Mais peut-être le fait-il inconsciemment, un réflexe...

C’est l’ennui avec les gens qui se persuadent d’un destin, et celui-là est national, ils peuvent percevoir dans le malheur ou la solitude des autres les moyens d’arriver à leurs fins.

Si vraiment il était sincère à vouloir réduire certains ghettos et en extraire le crime,  le camarade Valls gagnerait, et nous ferait gagner par la même occasion, à être plus discret. Il est bien connu que dans la police plus vous êtes discret plus vous êtes efficace. Mais là encore, comme Sarkozy, Valls a tendance à en faire des tonnes car il a compris que le « premier flic de France » selon la définition que donnait Clémenceau de sa fonction de ministre de l’Intérieur, peut devenir premier en tout, y compris jusqu’à l’Elysée.

Comme ministres de l’Intérieur de gôche, j’ai préféré Pierre Joxe ou Daniel Vaillant, pour leur discrète efficacité, avec une préférence pour le second qui, bravant  la démagogie ambiante, se prononce aujourd’hui pour la légalisation du cannabis laquelle permettrait au moins de stopper les trafics.

Comme quoi, question efficacité, à la discrétion on peut ajouter le courage, dont même quelques gesticulations douteuses ne peut cacher le manque.

mardi 1 octobre 2013

Les chats, les chiens, et les autres


Devant l’augmentation réelle ou supposée de la mendicité dans la ville de Lons-le-Saunier ( c'est dans le Jura, ceci dit pour les Parisiens), le député-maire, déjà ému peut-être de la perspective des municipales, a recommandé à ses concitoyens de ne plus donner aux personnes faisant la manche sur les trottoirs.
Je ne pense pas que Jacques Pélissard soit inhumain, mais sans doute sa parole de gestionnaire a-t-elle pris ici, de façon bien malencontreuse, le pas sur son souci humanitaire.
Quoi qu’il en soit il a touché là quelque chose de douloureux chez ceux qui peu ou prou sont capables de mansuétude.
Car on le dit des chats ou des chiens sans collier, pour lesquels le conseil est donné parfois de ne pas les nourrir, ne leur donner ni à boire, ni à manger de peur qu’ils ne reviennent rôder autour de la maison.

Cela nous rappelle « le problème » des Roms qu’il faut bien expulser parce que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, (phrase qu’on attribue à Rocard mais sans en donner d’ailleurs jamais la suite : « mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part ». Comme quoi il est toujours facile par omission de déformer les propos de ceux qu’on veut dénigrer.)
La pauvreté avance en France, de manière inexorable, et il y a fort longtemps déjà qu’elle ne vient plus exclusivement de l’extérieur, loin de là. Non la pauvreté, la misère sont de chez nous, elles ne nous sont plus étrangères.

Il est temps de réagir, et de faire plus que s’indigner de l’indifférence voire de la lâcheté d'un monde politique qui a lâché la bride aux oligarchies financières. Par la spéculation généralisée, sans plus d'entraves régulatrices, ces oligarchies jouent contre l’emploi et distillent ainsi la misère. Les liens de causalité sont peut-être lointains mais ce sont ces intérêts particuliers qui commandent aujourd’hui.

Ce ne sont pas les pauvres ni les sans domicile fixe qu'il faudrait priver de boire et de manger, ce n'est pas eux forcément à qui il faudrait couper les vivres.

JMG

samedi 28 septembre 2013

Lons-le-Saunier 2014 : éléments pour un projet municipal


Au parti socialiste depuis 2003, j’entends y défendre les idées de solidarité et de meilleur partage des richesses en rejetant tous les excès du capitalisme financier qui est en train de tuer notre modèle social jusque dans nos communes.
J’ai déjà eu l’occasion de dire à quelle ville j’étais attaché. Elle est sociale et écologique, les deux étant selon moi indissociables.

Sociale d’abord : la ville est un lieu de solidarité et d’échanges, elle est même faite pour cela, elle doit être commune, respectée, et respectueuse de tous dans l’égalité.

Une politique de gauche se doit d’être attentive en priorité à la question du logement à la fois pour des questions urbanistiques et sociales. Il faut renouer avec une certaine densité urbaine, Lons-le-Saunier peut accueillir plus de 20 000 habitants, or aujourd’hui elle ne les atteint pas. Il faut continuer à mettre en œuvre, avec les acteurs du logement, les collectivités concernées, une politique de développement du logement social.

S’agissant de l’urgence sociale, il s’agira de mettre en place, au travers de l’action du CCAS, au niveau de l’agglomération et de la ville, des mécanismes d’aide aux plus démunis en simplifiant les démarches administratives autant qu’il est possible.
Nous appellerons à la création d’un comité d’usagers pour la mise en œuvre d’une politique sociale solidaire. Il est d’urgent d’aider les victimes de la crise sociale et économique, ils n’en sont pas responsables, à nous de faire jouer la solidarité.
De même faudra-t-il dessiner une véritable politique locale de santé à l’échelle de la ville et de son agglomération.

Pour resserrer les liens il s’agira aussi de ré-examiner les conditions du transport public sur Lons et son agglomération, étudier une baisse significative des tarifs, en particulier pour les familles nombreuses, une ville solidaire est une ville qui facilite les échanges entre les quartiers.

Il est essentiel d’avoir une action d’animation des quartiers les plus touchés par le chômage, en direction des jeunes plus particulièrement. Nous devrons porter plus d’efforts encore sur l’éducation populaire en créant de nouveaux équipements si besoin et en recrutant des personnels facilitant cette mise en oeuvre.

Quant à la citoyenneté, nous nous attacherons à développer une intelligence territoriale sur l’ensemble de l’agglomération en y associant tous ceux dans la population qui le souhaiteront.

Il faut à tout prix que la ville de Lons-le-Saunier garde la maîtrise politique et financière de ses services publics en ne déléguant pas de façon systématique leur gestion au secteur privé. Je le dis ici car c’est un danger que courent beaucoup de collectivités en France, au travers de l’usage des partenariats publics privés qui se révèlent catastrophiques pour les contribuables et les services à rendre en direction des usagers et des citoyens.




Une ville écologique :
La ville de Lons-le-Saunier se doit d’être attractive. Lons-le-Saunier a la chance d’avoir un cadre naturel exceptionnel. Il faut le valoriser en soignant particulièrement les entrées de ville mais aussi en redessinant le paysage urbain notamment en harmonisant dans la ville le minéral et le végétal.
D’accord pour ne pas faire disparaître la voiture de ce cadre mais il s’agira de mieux partager l’espace entre ces moyens de déplacement. Une politique de développement des pistes cyclables devra être menée. Par ailleurs, il faudra envisager des écos-quartiers avec expérimentation d’énergie renouvelable et autonome.

Cette ville a des ressources qu’il faut mieux valoriser, comme le thermalisme par exemple mais il en est d’autres qu’il faudra redécouvrir et promouvoir.
Un grand projet structurel urbain, résolument écologique, devra être mené sur la ville, il pourra s’agir notamment de la redécouverte de la Vallière. Il n’est pas normal que cette rivière qui traverse la ville d’Est en Ouest soit ainsi cachée comme si on en avait honte. Elle doit revenir une pièce maîtresse dans l’identité de la ville.
Une ville est vivante dans la mesure où son cœur, le centre-ville, l’est aussi. Or celui-ci n’est viable qu’avec des commerces de proximité nombreux et viables. Il faudra donc conduire ensemble une politique en ce sens.

Sur le plan économique, sans faire de surenchère par rapport à d’autres territoires contiguës, il s’agit néanmoins de permettre et de faciliter l’implantation d’entreprises sur Lons et son agglomération. Le cadre plus accueillant de la ville pourra le permettre, mais aussi des mesures plus concrètes, qui seront développées au cours de la campagne, pour aider les entreprises à projet durable pour l’emploi.
Il ne faut pas se bercer de mots. Les situations financières des collectivités, dans un contexte général d’austérité qu’il nous faut par ailleurs combattre, seront à l’avenir encore plus critiques qu’elles ne le sont aujourd’hui. Malgré cela, nous avons des marges de manœuvre qu’il faudra mettre à profit de façon optimale.
Je vois la campagne pour ces municipales comme un vaste rassemblement autour des idées qui fondent le parti socialiste depuis des décennies. Nous ferons appel à nos partenaires historiques, le parti communiste et ses alliés, les écologistes, mais aussi tous ceux dits de la société civile qui voudront nous rejoindre.

Dans la mesure où Marc-Henry Duvernet se prononce positivement sur l’ensemble de ces orientations politiques que je viens d’énoncer, j’appelle au rassemblement, et au soutien de sa candidature pour mener la liste aux municipales au nom du parti socialiste. Je vous invite, tous adhérents de la section du Bassin Lédonien à en débattre tous ensemble le 7 octobre prochain à 20 heures dans les locaux de la fédération.

Mon parcours est celui d’un militant de gauche. J’ai adhéré au Parti socialiste en 2003. J'ai par ailleurs une longue expérience de syndicaliste, d’abord à la CFDT à partir de 1981, puis à la CGT depuis 1995. Je me suis présenté aux municipales en 2008 à Lons-le-Saunier sur une liste d’union.
Pour moi, l’action politique est indissociable de l’action syndicale et le Parti socialiste le reconnaît et l’énonce dans ses statuts-mêmes. Pour marcher, il faut les deux jambes.
Professionnellement, je suis fonctionnaire territorial. A ce titre, je connais bien le fonctionnement des collectivités. J'ai toujours été neutre dans l'exercice de mes fonctions comme l’exige la qualité d’« agent public » tout en gardant et préservant jalousement ma conscience et mon action citoyennes, ainsi que je les exerce singulièrement ici. Pour moi, les deux termes ne sont pas seulement conciliables, ils sont complémentaires.

Jean-Marc Gardère


http://www.maintenantlagauche.fr/ 
 

samedi 21 septembre 2013

Maire pour quoi faire

J’hésite, c’est mon péché mignon. Ce n'est pas conseillé en politique où il vaut mieux pour réussir se montrer déterminé, quitte à faire semblant. Même si j'ai posé formellement posé ma candidature auprès de la fédération du parti socialiste du Jura, j’hésite à courir après l’investiture pour conduire la liste des municipales à Lons-le-Saunier, car je me demande si je ne vais pas encore me prendre une veste, devant les adhérents socialistes s'entend. C’est cela la politique, prendre coup sur coup, encaisser, au risque à la fin de devenir susceptible, sans compter que cela peut être dérangeant pour les idées qu'on défend.

Alors sérieusement : quelle est donc la situation politique -je préférerais dire "politicienne"-, puisqu’il faut bien en parler ? La section du PS lédonien est aux mains de son secrétaire qui est aussi candidat à la mairie avant, on l’a vu, de l’être à cette même investiture. Il est jeune, ambitieux, ce qui en politique sont deux qualités essentielles, indispensables même, au moins pour la seconde, sans parler de convictions sincères que je lui reconnais. Et tout est en place pour qu’il l’emporte au sein du parti socialiste, tout c’est-à-dire des adhérents prêts, majoritairement, et c’est là pour moi que le bât blesse, à voter pour lui. Normal, il s’est montré assez persuasif pour les faire adhérer et s’assurer ainsi d’un soutien majoritaire. Il a eu ce talent et ce temps de façonner la section à son image, et plus encore à l'intérieur même de la section, faire adhérer des camarades habitant Lons-le-Saunier, assez peu nombreux en valeur absolue, mais qui dès lors pourront décidé par leur vote de cette investiture. 

Sur quelles bases sa candidature ? Pour l’instant on ne sait trop, on verra bien , tout ce que l’on sait aujourd’hui nous le savons par une équipe "d’experts" ou "d’ambassadeurs" qu’il a formée ( l’équipe pas les experts) et qui ont travaillé à un diagnostic du bassin lédonien dont nous devrions bientôt voir le compte-rendu public. Franchement je ne m’attends pas à des miracles, je crains quelques discours technocratiques de plus. Il s’agissait si j’ai bien compris d’une démarche participative qui peut en effet prendre tout son sens sauf que cette démarche, et j’en ai déjà parlé ici même, se faisait en dehors du parti socialiste comme si celui-ci était à rejeter, qui plus est dans un contexte général de délitement idéologique qui le touche de plein fouet
On me rétorquera qu’il a été consulté, le parti socialiste. Vouais. J’ai déjà eu l’occasion, ici ou là, de souligner les dangers pour la gauche toute entière de cette démarche qui consiste à vouloir rassembler, mais trop bien, quitte à cligner des yeux vers les forces « conservatrices » du centre ou du centre-droit jusqu'à oublier la distinction droite-gauche, classique peut-être, mais qui n'a jamais été aujourd'hui autant d'actualité. Car on peut facilement perdre son âme ou, ce qui encore plus grave, renoncer à ses convictions, la fin justifiant les moyens de se faire élire à tout prix.

C’est pourquoi, j’y reviens, l’envie de me présenter me taraude toujours mais en défendant comme je l’ai déjà fait un projet pour la ville qui annonce une couleur franche.

Et donc je proposerai à mon jeune camarade ( permettez que je l’appelle camarade) d’être fidèle au moins à quelques principes de base que je me fais fort de défendre, et dont voici quelques lignes à partir desquelles on pourra s'élaborer un projet :
 -une orientation politique portant défense des services publics en privilégiant l'internalisation de l'action municipale.
- développement des services à destination de la jeunesse en faisant un sort particulier et privilégié sur les quartiers plus particulièrement touchés par le chômage
-favoriser l'accueil des jeunes travailleurs sur la ville en leur facilitant le logement
-faire porter l'effort sur tout ce qui pourra faire avancer l'éducation populaire en créant de nouveaux équipements si besoin après étude de la demande sociale à cet égard
-réexamen des politiques tarifaires pour un accès aux services publics municipaux rendu plus facile en direction particulièrement  des familles à faibles ressources
-une politique de densification du centre ville en optant pour des réhabilitations de logements, on voit que beaucoup sont vidés de leurs habitants
-une vision et des actions ou projets structurels de nature écologique qui participent de l'attrait naturel de la ville et à son développement économique durable
-défendre l'activité du centre-ville ainsi que son attractivité en faisant tout ce qui est en notre possible pour ne pas asphyxier le petit commerce ou le commerce de proximité
-travailler à faire venir des nouvelles activités économiques et à garder celles qui sont actuellement installées et en action sur l'ensemble du territoire de l'agglomération
-travailler à l'entretien de la ville lequel laisse beaucoup à désirer aujourd'hui, au besoin en confortant par des créations d'emploi les services municipaux
-promotion d'une politique culturelle de qualité ouverte à tous
-développer une intelligence et une conscience territoriales sur l'ensemble de l'agglomération en y associant la population
-et globalement faire un audit financier à l'arrivée pour déceler les marges de manœuvre financières qui nous permettront de mener la politique que nous voulons pour la ville de Lons-le-Saunier et son agglomération
  Tout cela a un coût me diront les esprits chagrins et ils auront raison puisque les collectivités locales, et Lons-le-Saunier et son agglomération n’y échapperont pas, seront bientôt si ce n'est déjà fait à plein touchées par la « crise », ce qui d’ailleurs est injuste puisqu’elles n’y sont pour rien.

Mais on ne fait rien sans ambition. Et l'intendance, quand on lui prête vie, en général suit.

Jean-Marc Gardère



mardi 3 septembre 2013

Que va faire Hollande en Syrie ?

Ou dans cette galère ? On ne demande qu’à comprendre. Il y a eu incontestablement  le 21 août dernier des morts pas centaines, victimes de gaz de combat (1421 morts exactement), mais on ne sait pas avec certitude, formellement comme disent les juristes, quels en sont les auteurs, aucune preuve matérielle n’ayant été trouvée de l’aveu même des services secrets français.

Ce serait une expédition punitive. Mais pour punir qui ? Un dictateur ? Mais lui sera protégé, contrairement aux civils qui, en bons dégâts collatéraux qu’ils sont, y laisseront leur peau. Une attaque pour faire perdre à cet assassin la confiance de son peuple ? C’est déjà fait je crois.
Faire la guerre à la guerre, c’est toujours la guerre. On l’a vu en Irak, en Afghanistan, en Libye ; pas encore au Mali, c’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour continuer ailleurs, forts croit-on d’une « victoire » qui reste toujours à prouver, tant il faut du temps pour départager définitivement les vainqueurs des vaincus, il n’est que l’histoire qui fasse le bilan exact des batailles et des guerres.

Nous avons, avec celle des Américains, la diplomatie la plus efficace et la plus nombreuse de la planète, et malgré les ravages qu’ont pu faire là aussi  la « révision générale des politiques publiques » (de droite) ou la « modernisation de l’action publique » (de gauche) , elle le reste heureusement encore.
Pourquoi ne pas la faire jouer à plein au lieu d’opérer avec des Rafales ou d’autres systèmes d’armes tout aussi meurtrières ? Parce qu’il faudrait absolument vendre les avions de M. Dassault, et pour cela en faire la promotion ? Je ne veux pas croire que cette guerre annoncée ne soit que commerciale.

Cette aventure ne me dit rien car on ne sait qui devra-t-on combattre ensuite.  Les Islamistes d’Al Quaïda qui veulent eux aussi, eux surtout, renverser Bachar el-Assad ? Voudrions-nous comme en Somalie un nouvel Etat islamiste ? Que de contradictions lorsqu’on combat ces mêmes partout ailleurs. On les arme même au risque, déjà maintes fois vérifié, que ses armes se retournent contre nous.
L’étincelle d’un bombardement même ciblé sur la Syrie pourrait embraser tout le Moyen-Orient en commençant en particulier par le Liban, le plus fragile de tous, le plus accoutumé pour son malheur à la guerre.

Enfin, on a raison de souligner ou de rappeler que l’armée continue de subir elle aussi les coupes budgétaires issues du livre blanc des armées, commencées par Sarkozy et que Hollande continue de faire avec certes un petit moins de violence. Je ne verrai qu’un petit avantage, dérisoire, de cette aventure militaire supplémentaire : celui de révéler ou de continuer de révéler un manque criant et sans cesse croissant de moyens.

Alors que faire ?

Une offensive diplomatique que la France pourrait mener, comme elle le faisait jadis où elle était plus pacifiste, saluée et reconnue par l’ensemble du monde arabe parce qu’elle refusait de s’aligner sur le géant américain, contrairement à ce qu’elle semble faire aujourd’hui avec un gouvernement (pourtant) socialiste. Mais pour cela convient-il pour le moins de respecter le droit international en ne considérant pas l’ONU pour le coup comme un simple « machin ».

Sur le plan intérieur, on voit une fois encore les limites démocratiques de la Vème république où un Président de la République peut porter le feu dans un pays étranger sans même un vote du Parlement.

Là aussi vivement la VIème République !

JMG

mercredi 28 août 2013

Le 1er avril désormais tombera le 1er octobre

C’est une des mesures prévues par le gouvernement pour « réformer » les retraites. La revalorisation annuelle des pensions est ainsi retardé au 1er octobre, il n’est pas de petites économies…pour les caisses de retraite.

Les retraités eux auraient plutôt tendance à décaisser, par exemple les parents d’au moins trois enfants qui auront à supporter une fiscalisation de la majoration de 10% des pensions.

Alors qu’on pouvait s’attendre à une hausse de la CSG comme beaucoup pouvaient le craindre, il y aura à la place une hausse des cotisations salariales et patronales (quatre milliards d’euros d’ici 2020.)

Il est aussi des mesures intéressantes comme le compte pénibilité (lequel serait  financé y compris par les employeurs au grand dam du Medef qui durant ces derniers mois s’était habitué à beaucoup mieux de la part du gouvernement, les pauvres…).
Mesure intéressante et positive aussi ces années d’apprentissage qui seront validées pour la constitution du droit à retraite. Mais quoi de plus « normal » pour un président de la République qui avait mis la jeunesse au cœur de son argument politique ?

Bref, c’est moins grave que si c’était pire…

…A part pour les jeunes qui un jour deviendront vieux eux aussi, ce qu’en tout cas on leur souhaite…
De 41 ans de durée de cotisation on passe à 43 ans d’ici…2035, ouf ! (si j’ose dire, car d’ici là, nous les presque vieux, serons-nous peut-être presque tous morts...)

Cela ne prête pas à rire cependant car imaginons un jeune qui, après avoir poursuivi quelques études, entre sur le marché du travail à 26 ans ( en admettant que d’ici là le marché du travail soit un peu plus accueillant) : sa retraite à taux plein ne sera effective qu’à soixante-neuf ans.
Et ce n’est pas la possibilité prévue par la loi de racheter ses années d’études qui pourra consoler durablement ce jeune qui, de par la faiblesse de l’aide financière que prévoirait la loi, aura fini de prendre un coup supplémentaire de vieux.

On a dit que cette « réforme » était politiquement habile. C’est vrai. Car elle paraît indolore. Après le battage médiatique de cet été, après les remèdes proposés par la docteur Moreau, on s’attendait à un coup de massue…
Elle n’aura été finalement qu’une petite claque en prolongement des « réformes » Balladur, Chérèque-Fillon, Sarkozy sans leur remise en cause. D’ailleurs, la CFDT est d’accord, c’est tout dire.

Dès lors était-elle si utile ?

Des progrès sans doute. Mais il aurait sans doute été plus utile de revenir à la retraite à soixante ans pour tous, utile socialement, utile économiquement ne serait-ce que pour défendre l’emploi des jeunes désespérés  de ne pouvoir contribuer aux richesses de ce pays, utile politiquement enfin pour contrer une droite et une extrême-droite qui montent dans l’opinion malgré le mal qu’elles ont pu faire qu’elles soient ou non au gouvernement.

La question des retraites ne peut être vue uniquement sous l’angle comptable. C’est ce qu’en 2010 les opposants à la réforme Sarkozy, dont l’ensemble du parti socialiste, avaient fortement manifesté dans la rue.
 C’est donc, malgré quelques avancées, un grand écart auquel se livre aujourd’hui le gouvernement si l’on considère les espoirs qu’il avait suscité à cet égard.
Ou alors qu'on nous explique pourquoi ce qui était possible dans les années quatre-vingt ne l’est plus aujourd’hui alors que la France produit aujourd’hui deux fois plus de richesses.  

samedi 20 juillet 2013

Extrême-droite : souple dans ses bottes

Il est à la fois symptomatique et inquiétant que le parti socialiste cherche à contrer le front national sur le plan économique.
Jusqu’alors la tactique consistait à dénoncer le FN sur l’immigration et la question démocratique. Parce qu'il juge que cet angle se révèle peu opératoire sur le plan électoral, le PS aurait tendance à quitter ces domaines pour attaquer le Front National sur un sujet, l’économie, que ce dernier est censé méconnaître et ignorer.

La tactique du PS et simple : le front national serait fou et irresponsable de demander une sortie de l’euro.
Est-ce la bonne tactique ? Le désordre économique et social que "l’Europe" telle nous que la connaissons aujourd’hui a pu produire en Europe du Sud, de laquelle culturellement nous faisons partie, peut conduire les citoyens que nous sommes à nous interroger sur le chemin étroit que nous ont fait prendre nos "élites".

Le Front National joue sur cette corde là. Et il en profite même se félicitant que ses adversaires « républicains » puissent l’attaquer sur ce point. 

Attaquer le Front National sous l'angle de sa pensée économique est vain, d'abord parce que cela conforte l'idée qu'il en a une.

Ensuite, le parti d'extrême-droite sait, abusivement, adapter son discours  social et économique à la réalité électorale d'un moment qui risque de durer, "crise" oblige.
Ainsi par exemple le Front National défend désormais l'idée d'une monnaie commune au lieu de la monnaie unique, ce qui est politiquement habile et économiquement plus crédible.

Le parti socialiste serait donc mal inspiré de l'attaquer  principalement sur ce terrain peu sûr.

Il serait mieux inspiré à reprendre l'offensive politique sur ces sujets sans se référer à ce que peut en dire le FN.
Le PS doit donc défendre plutôt l'idée d'une autre orientation de l'Europe qui ne soit celle du néo-libéralisme ni de l'ordo-libéralisme à l'allemande. Et il est vrai qu'à cet égard l'euro ne doit pas resté un sujet interdit.  Sous peine de le laisser à l'extrême-droite, ce qu'elle fait avec une joie politique non dissimulée.

Il faut en débattre au contraire et ce fut même la volonté de la majorité des militants socialistes lors de leur convention sur l'Europe.

La meilleure façon, pour la gauche, de combattre l'extrême-droite c'est de rappeler que l'Europe aujourd'hui pèche à ne pas être sociale. Et d'en convaincre Hollande.

On sait, on sait, c'est pas gagné, mais ne rien faire, ni ne rien dire, compte tenu de l'urgence, serait criminel.

JMG


jeudi 11 juillet 2013

PS : On rame, on rame, mais on avance

On dirait que le parti socialiste se réveille et ce n’est pas trop tôt. Quoique, il ouvre un œil seulement, encore abasourdi par la chaleur ambiante et les coups qu’il se porte à lui-même, depuis plus d’un an déjà, en refusant d’émettre la moindre critique, et la moindre proposition ce qui est encore plus grave, en direction du gouvernement. Comme ces chiens de chasse qui suivent le maître en se gardant bien de lever le gibier.

Le Bureau National du parti socialiste a donc adopté le 9 juillet un texte sur les retraites qui ne reflète pas, ou plus tout à fait, ce que voudrait le gouvernement Hollande. ( Je dis gouvernement Hollande au lieu de gouvernement Ayrault car dans notre V éme république le 1er ministre n’existe pas, je le dis en passant, à part gérer les affaires courantes comme la nomination à certains postes dont tout monde à part les intéressés se foutent…j’exagère à peine...)

Le gouvernement Hollande, suite à un rapport Moreau qui reprend les propositions éculées déjà faites par les gouvernements de droite selon lesquelles il faut, prioritairement, allonger les durées de cotisation comme si celles actuellement en vigueur  ne suffisaient pas.
Rappelons que le système des retraites en France, après les réformes Balladur et autres lois Chérèque-Fillon, est le plus dur d’Europe, plus dur qu’en Allemagne en tout cas que l’on prend toujours en exemple, en Allemagne où trente-cinq ans de cotisations ouvrent droit à une retraite, alors qu’en France on voudrait bientôt que  44,5 années fussent nécessaires ( contre 41 aujourd’hui, ce qui n’est déjà pas mal).

Et je me réjouis aussi puisque le bureau national semblant avoir pris son envol, on peut espérer que le secrétariat fédéral du Jura se montrera plus tolérant envers ceux, comme « maintenant  la gauche », voire "un monde d'avance" qui osent critiquer le gouvernement de François Ayrault  (j'ai dit François ?) quand ce dernier adopte une politique plus proche du (social)-libéralisme que de la social-démocratie.

Ainsi le bureau national, par 26 voix pour et 10 abstentions, refuse :
-         l’accélération du calendrier de l’allongement des durées de cotisations, pas avant 2020 en tout cas, (c’est toujours mieux que rien , non ?)
-         il refuse la désindexation des pensions et leur baisse par voie de conséquence
-         il demande une mise à contribution des revenus du capital
-         enfin il demande que soient prises en compte les années d’études, de stages d’insertion professionnelles dans le calcul des retraites.
Finalement rien de révolutionnaire, loin de là, car on ne revient pas sur les lois concoctées par la droite en son temps...mais on s'éloigne heureusement du rapport Moreau.
Et dire que certains osaient parler de grand écart pour les syndicalistes qui oseraient rester au parti socialiste tout en n’adhérant pas à la réforme des retraites version Hollande-Ayrault.
On ne sait pas ce que le gouvernement en retiendra.

A-t-il tenu compte du vote des adhérents en juin dernier sur l’Europe qui demandaient, entre autres choses, un ajournement des négociations sur le traité transatlantique ?
Pas sûr, et aucun message dans ce sens n'a été lancé par le gouvernement français à la commission de Bruxelles, ( et cela dans un contexte où les grandes oreilles de l'administration américaine nous écoutent et nous espionnent !)

Peut-être que le vent du boulet électoral qui souffle déjà sans même être sorti du fût du canon, saura cette fois-ci faire entendre raison à ce gouvernement...que nous soutenons.

JMG