samedi 7 janvier 2017

Bonne année, bonne santé, et cetera

Va falloir s'habituer à ce chiffre sept, et nous avons un an pour cela avant d'en inaugurer un autre. Ainsi va la vie, et ses repères (artificiels mais nécessaires peut-être) qui fondent notre humanité, nous sommes faits aussi de ces rendez-vous calendaires, rituels ou pas, le tout étant sans en être dupes de ne pas les manquer.

Et donc bonne année à tous, que cette année, monarco-présidentielle, politique s'il en est, soit consacrée à la liberté, l'égalité, la fraternité, valeurs qui par nature devraient nous faciliter le choix parmi ceux qui se proposent à nos suffrages.
Ainsi pour ce qui me concerne, et pour être aussi peu diviseur que possible, je commence par éliminer : je ne choisirai ni Fillon, ni Le Pen, ni Valls, ni Macron. J'accorderai une mention spéciale à ces deux derniers, le cynisme de l'un faisant écho à l'aventurisme de l'autre, eux qui ont tant trahi la gauche pour la mettre dans la mouise où elle se trouve aujourd'hui.
Et donc j'écarterai ces quatre pour tout ce qu'ils ont déjà fait ou déjà déclaré. Je ne les mets pas toutefois dans le même panier. Que cette année à cet égard ne nous oblige pas à des ralliements terribles.
Outre la paix (mais laquelle au fait ?), souhaitons-nous la liberté, on ne sait pas ce qu'exactement elle est, mais avec un peu d'imagination, il est aisé de deviner ce que nous pourrions devenir si elle disparaissait tout à coup.

 Que cette année soit aussi celle de l'égalité retrouvée : l'égalité absolue n'existe pas et peut-être n'est-elle même pas souhaitable, il faut pourtant s'atteler sans relâche à la défendre pour éviter que les inégalités, elles, continuent de s'accroître. Or c'est notre lot aujourd'hui, notamment en France, ou dans l'Union Européenne qui les aura même exacerbées, fractures sociales, économiques, culturelles qui tuent la démocratie à petit feu. Défendons-donc l'égalité dont l'image se dissipe au fil des années à cause d'un néo-libéralisme ou d'un capitalisme financier qui n'ont rien perdu de leur virulence malgré ou par la caricature qu'ils sont devenus.

Enfin souhaitons nous la fraternité sans laquelle ni la liberté ni l'égalité, ou leur idée même, ne sont possibles. Sans fraternité, la liberté ou l'égalité pourraient même devenir un enfer.

Et donc finalement, je nous souhaite à tous la République, République Sociale avant tout (Fillon piège à cons !), qui succède enfin à la cinquième, moribonde, pour donner naissance à une autre, une sixième, qui s'acharnerait enfin, la nécessité faisant loi, à être écologique.

JMG

samedi 3 décembre 2016

Le Roi est mort, vive le Roi !

Il a renoncé, et alors ? N'était-ce pas le plus sage dans sa situation de président "normal", qui a loupé à peu près tout de son mandat, ce mandat que ceux qui avaient voté pour lui en 2012, pétris d'espérance ou de candeur, étaient en droit d'attendre en mieux ?

Qu'on se le dise, Hollande a renoncé à se représenter parce qu'il n'avait aucune chance, il n'est pas question de courage ici, il se serait pris une déculottée qu'il aurait eu du mal à assumer sur le plan politique, comme sur le plan affectif : il est certain, ceci étant, que la décision a dû être difficile, d'où l'émotion qui l'étreignait et que l'on prendrait pour de la vertu.

Au-delà des larmes de crocodile, il faut voir le bilan de ce président qui, disait-il, et on l'a cru, allait conduire  une politique de gauche, en défendant le monde du travail, en terrassant la finance, en renégociant le traité budgétaire européen, en tenant bon devant l'ordo-libéralisme de Merkel.
Mais rien de tout cela ne s'est produit, tout s'est dégonflé...Trop nombreux au PS ont été ceux qui n'ont pas moufté, qui, lâchement, ou par ignorance, lui ont donné leur blanc-seing, et donc renoncé à faire leur devoir, leur devoir de militant, celui de faire de la politique.
 A la place ces mêmes se sont livrés à de l'idolâtrie, aveuglés par une  naïveté coupable, par un légitimisme béat. On les voit encore ces pleureuses au lendemain de la "démission" de leur mentor, accusant les autres, des frondeurs, des syndicalistes, que sais-je encore, de l'avoir fait toucher terre, alors qu'ils en sont les principaux responsables pour n'avoir permis aucun débat.

On pouvait espérer que  Hollande sur la question sociale respecte sa parole, qu'il convoque une grande conférence sociale où l'on aurait parlé salaires, temps de travail, licenciements boursiers...
C'est tout le contraire qu'il a fait, avec la loi de son ministre Macron, son protégé et bientôt traître, et surtout la loi travail qui a jeté des millions de salariés dans la rue, pour un des conflits sociaux les plus long de ces trente dernières années. Avec en prime, même s'il n'en est pas directement responsable, une criminalisation de l'action syndicale, aidé en cela par un premier ministre n'hésitant pas à alimenter l'amalgame entre casseurs et syndicalistes, la CGT plus particulièrement en point de mire. Trop c'est trop !
Sur un plan politique, on voit aujourd'hui le résultat : le retour d'une droite conservatrice qui s'est sentie des ailes, le réveil d'une droite fillonesque, aussi archaïque que revancharde, égoïste bien que catholique, prête à revenir sur tous les acquis sociaux issus du conseil national de la résistance.
Valls est donc en passe de prendre le relais d'une candidature qu'il a lui-même , d'une manière assez honteuse, déjouée ou, pour le moins, découragée.
Certains sont prêts à soutenir Valls comme si il était le nouveau monarque. Comment peut-on croire qu'il mènera une autre politique ? A moins qu'elle ne fût pire, ce ne serait pas étonnant. Le roi est mort, mais un même revient.
Nous sommes en pleine monarchie républicaine et tout l'enjeu aujourd'hui est d'en sortir sans trop de casse ! La VIéme et vite, comme le préconisent Filoche, Montebourg, Mélenchon, et d'autres !

Et pour cela qu'ils s'entendent donc, qu'ils s'unissent à la fin. La gauche, contrairement à ce que prétend Valls, ne peut pas mourir.

JMG

mercredi 30 novembre 2016

Parti...socialiste ?

Le parti socialiste n'est plus, il n'est plus, et depuis longtemps déjà, bien avant 2012, le parti auquel j'avais adhéré en 2002-2003. A l'époque il portait encore un projet  à peu près clair, même si déjà on pouvait, on devait même, relever les insuffisances et déjà les trahisons fomentées en interne par manque de fond politique. Mais alors y avait-il urgence, il fallait relever le défi dû au traumatisme d'avril 2002, traumatisme qui concernait la gauche dans son ensemble, et pas seulement le PS.

Ensuite tout s'est gâté, peu à peu, d'année en année, au PS se sont révélés des gens qui n'avaient plus rien à voir avec la défense du monde du travail, qui avaient abandonné toute référence à la question sociale. Et qui, c'est là le plus grave, avaient utilisé le parti à des fins d'ambition personnelles en jouant avec les procédures du parti pour les contourner ou carrément les nier. 

A Lons-le-Saunier, dans cette fédération du Jura que je connais bien puisque je siège à son conseil fédéral, on a vu ce que cela a donné, un feu de paille, trois petits tours, au conseil général de 2011 à 2014, et puis s'en vont. Des gens sans conviction prêts, pour sauver leur existence politique, à rejoindre aujourd'hui Macron ou à flirter avec les idées droitistes, sans vergogne. Ils ne voient pas ces bougres qu'ils se tuent eux-mêmes emportant avec eux l'idée de socialisme, en faisant au passage un label repoussoir, tout en préparant la route à la droite extrême qui revient, on le voit, de plus belle.

C'est que tout cela s'accompagnait d'un amaigrissement idéologique, de la fin de tout esprit critique qui ont fait qu'au niveau national cette fois, les Hollande, Valls, Macron ont pu faire ce qu'il leur chantait de faire, c'est à dire des politiques empruntées à droite de l'échiquier politique, le dépassant même, comme la loi travail dont on n'a pas fini de souffrir des conséquences pratiques et idéologiques.

Le parti socialiste n'est pas tout à fait un astre mort comme certains le prétendent mais c'est une maison hantée. Hantée par les promesses non tenues bien sûr, par les espoirs entretenus mais jamais honorés, par les mensonges et les tromperies d'un gouvernement et d'une direction nationale qui se sont moqués de ses militants.

Quels sont aujourd'hui les valeurs du PS, ne sont-elles pas abîmées par l'histoire des trahisons récentes ? Sont-ce encore des valeurs de gauche ? Hollande, Valls, Macron sont-ils de gauche,  ont-ils servi véritablement les intérêts du monde du travail, ont-ils agi pour les intérêts du peuple, autrement dit  pour  l'intérêt général ? N'ont-ils pas au contraire distiller les conditions d'un retour fracassant d'une droite dure, dure avec les faibles, dure avec la jeunesse ?

Comment peut-on ensuite tenter de mobiliser le peuple de gauche, composé par nature, de par son histoire, d'ouvriers, d'employés, de bas salaires, de chômeurs, des laissés-pour-compte. Le PS n'est pas un parti conservateur, il était même le parti de l'émancipation mais ce sont des conservateurs, hors les questions sociétales, qui l'ont pris d'assaut, de mèche avec les banques et les grands groupes industriels et financiers.

C'est pourquoi je le quitte après beaucoup d'hésitation, après m'être battu en toute modestie, à mon humble niveau, mais fermement, pour qu'il en soit autrement.

Le dernier conseil fédéral auquel j'ai participé a été violent. J'ai été attaqué parce que j'ai osé critiqué le gouvernement en dénonçant ce qu'il a fait avec la loi travail, le pacte de responsabilité qui porte si mal son nom, et le CICE qui va de pair. C'est à cette occasion que je me suis aperçu que ces "camarades" ne mesurent pas les conséquences, en période de crise prononcée, de cette politique de l'offre  pour laquelle il n'y a pas eu de débat. Savent-ils même ce que contient la loi travail ? Leur principal intérêt est politicien, ils sont devenues une espèce de secte, leur principal souci étant de défendre LEUR gouvernement, celui dont il pense qu'il est encore de leur côté.

Nous n'avions plus en face de nous des gens capables de débattre. A l'impossible nul n'est tenu, c'est pourquoi je m'en vais.

JMG
















jeudi 24 novembre 2016

Tenir la route

Les automobilistes s'en rendent compte jour après jour, le réseau routier est malade, de plus en plus malade. La CGT le rappelait dernièrement, près de 50% des accidents seraient liés à des questions d'infrastructures routières.
Ceux qui roulent la nuit, sur les routes nationales comme départementales, ne peuvent que souffrir, entre autres désagréments provoqués par faute d'entretien,  de l'effacement de la signalisation horizontale. Ainsi on ne distingue plus, ou très difficilement, les bandes blanches au milieu ou sur les bas-côtés des routes. Tout cela pose de véritables problèmes de sécurité qui peuvent, en cas d'accident, justifier de saisir les tribunaux. A qui la responsabilité, à qui la faute ?

De la même manière qu'on délaisse depuis des années l'entretien des infrastructures ferroviaires, l'entretien des routes prend de plein fouet les politiques stupides et criminelles d'austérité. La tendance lourde est à la non-intervention publique, à la diminution drastique des dépenses d'entretien courant et de gros entretien, et à l'abandon pur et simple d'investissements publics nouveaux.

On sert prioritairement les autoroutes, favorisant les grands axes,  avec au passage des augmentations de tarif dont profitent davantage les rentes boursières que les investissements utiles.
Ainsi le patrimoine routier, dans son ensemble, fait partie des victimes de ces politiques de réduction des dépenses publiques qui ont encore la faveur de la plupart des gouvernements en Europe. 
En France la tendance va s'affirmer avec des candidats de la droite, ou de la gauche gouvernementale actuelle, Macron compris. Tous sont d'accord au fond pour aboutir à la privatisation la plus large possible du domaine routier. Si l'on n'y prend garde, si on laisse faire, les routes à l'instar des autoroutes deviendront payantes ! Il y a là de l'argent à se faire, les milieux financiers à cet égard sont moins aveugles que les citoyens ou les usagers des routes !
Depuis 2011, les crédits de l'Etat et des collectivités à l'entretien courant du réseau routier est à la baisse. (baisse de 27 % de 2010 à 2011, et qui se confirme d'année en année). Ceci n'est pas dû au hasard et encore moins à un souci d'une saine gestion des deniers publics.
Cela est de nature à préparer bien plutôt les esprits à cette privatisation du domaine routier, les pouvoirs publics passant alors pour de piètres gestionnaires qu'il faudra à tout prix remplacer par des entreprises privées du BTP.
Les usagers ne pourront rien y faire une fois le fait accompli : les privatisations qui s'annoncent profiteront in fine à des actionnaires que l'intérêt public, par nature, indiffère.

Debout citoyens avant qu'on ne vous confisque vos routes au prix fort ! Encore un domaine où il est nécessaire de se battre pour ne pas laisser au privé une gestion qui dès lors deviendrait plus coûteuse  pour l'usager, ou pour le citoyen qui de surcroît ne pourra plus exercer son contrôle démocratique.
JMG

samedi 5 novembre 2016

Contre la mélancolie

Contre la mélancolie, on a trouvé un truc extra-bon, ce sont les primaires de la droite et du centre.
Bien sûr on peut en pleurer, se dire que c'est foutu de chez foutu, qu'entre Sarko, Juppé, Poisson, Copé, NKM, Fillon, Lemaire, dans ce délire néo-libéral où des clowns se font la courte-échelle, le champ politique nous est fermé désormais,  annonciateur d'une catastrophe politique dont nous aurons, tous et toutes à gauche, si même elle existe encore puisque Valls lui-même en distille la fin prochaine, du mal à nous remettre.

Alors, contre mauvaise fortune on peut décider d'en rire, de faire de ces primaires un divertissement, au diable la tragédie, et les chants de désespoir.
Je ne dirai même pas que nous avons affaire à la droite la plus bête du monde, prête à tuer notre modèle social dans la lignée de ce qu'auront initié ou encouragé Hollande, Valls, Macron et quelques autres pourtant de notre camp, je ne parlerai pas de la fin annoncée de la fonction publique et des services qu'elle fait fonctionner dans un effort d'égalité, ni de la privatisation programmée de l'hôpital et de la sécurité sociale, des promesses de hausse de TVA, de la baisse des impôts sur les sociétés, des surenchères imbéciles comme l'âge de la retraite qui ne devrait sonner que de plus en plus tard, ni de la fin des 35 heures laquelle, si l'un de ces imbéciles étaient élus, serait de nature à accroître encore plus le chômage, je ne parlerai de rien de cela.

Mais à la place, je tiens à faire part de mon admiration pour les bons coups que font Bayrou et Juppé à Sarko et donc aux autres aussi par la même occasion.
Bayrou a dit, pas très fort mais il l'a dit,  que si Juppé était battu à la primaire de la droite, il se présenterait fissa et malgré ça à la présidentielle. Lui Bayrou, lui le Béarnais, il se présenterait contre Sarko.
Et ce dernier de fulminer d'un coup aussi pendable, comme on le comprend, lui qui a trouvé là bien plus malin que lui.
On reconnait là le Béarnais, le Henry quarto of competition , qui sait jouer gagnant-gagnant, qui va donc, avec Juppé, quoi qu'il arrive, emporter la mise...Bayrou est un génie, et Juppé aussi pour l'avoir  choisi pour ami dans ce tournant politique décisif. En fait ces primaires n'en n'auront plus que le nom puisque Sarkozy, même s'il en sortait vainqueur, trouverait face à lui un François Bayrou tout frais pour continuer le combat.

Oui, on peut s'amuser des heurs et malheurs de la droite pour faire oublier les coupables tergiversations de la gauche qui ne parvient pas, pour l'instant en tout cas, à trouver l'unité indispensable pour éviter la catastrophe.
Quand on n'a plus le cœur de rire de soi-même il est fortement conseillé, pour la détente, de se moquer du camp adverse, et des dindons de la farce qu'il nous livre en pâture.

JMG

samedi 29 octobre 2016

Béziers, j'ai pris l'oseille et je me suis tiré

Il y a bien longtemps que je ne m'étais pas rendu à Béziers, ville que je connais à peine dans laquelle pourtant mon grand-père maternel avait tenu, il y a longtemps, une petite librairie. Je ne sais même pas où elle se trouvait exactement, je n'ai pas pris le temps de retrouver la trace qu'elle aurait pu laisser.
En arrivant de l'autoroute, la cathédrale Saint-Nazaire vous domine et vous lance un défi, celui de la rejoindre tout en haut. Nous sommes passés, en montant, par un quartier où les immeubles m'ont paru inhabités, comme désœuvrés, en mal de ravalement ou de restauration.
Le miraculeux, le valeureux, l'efficace maire d'extrême-droite, Robert Ménard, n'est peut-être pas encore passé par là.

On se surprendrait à penser que c'est en raison de son élection que ces immeubles font autant la gueule. Puis on se dit -de façon plus objective- que c'est le contraire, c'est parce que tout cela est moche, abandonné, qu'une petite majorité de la population biterroise en âge et en désir encore d'aller voter, a pu le choisir comme maire, croyant ainsi crier mieux sa révolte, ou bien exprimer une haine ordinaire, haine contre soi-même ou contre un hypothétique étranger d'où viendraient les ennuis d'une ville en perdition.

Une ville abîmée, comme beaucoup en France, où le centre-ville est déserté par les commerces, où les rues sont désertes, tristes, désespérément vides, ennuyeuses, et dans laquelle les sans domicile fixe, par désespoir, ont élu domicile, faute de mieux et de moyens, ville où on ne passerait son temps qu'à survivre.
Bonjour l'ambiance, parce que le temps aussi était au gris ou à la tempête, en ce jour d'octobre où Météo France avait eu la fâcheuse idée d'en rajouter en décrétant une alerte orange en prévision de ce qui, finalement,  ne se traduisit que par quelques coups, bien sentis c'est vrai, de tramontane.

Il n'y a pas qu'à Béziers que la grande distribution, puis le chômage généralisé qui touche l'espoir et l'avenir des forces vives d'une nation, a pu faire des ravages. L'extrême-droite, on le sait, prospère sur la misère qu'on entretient depuis des années à coup de "réformes" qui font la part belle à la déréglementation, et d'une manière générale, à l'abandon des politiques publiques. Pas qu'à Béziers donc ! En matière de relégation urbaine la crise n'a pas fini de faire des émules.

Le lendemain, un dimanche, à côté des halles, j'ai voulu prendre de l'argent liquide, il y avait devant le distributeur, une vielle dame qui pouvait à loisir se sentir en sécurité. Et pour cause, un groupe de quatre policiers municipaux qui m'ont paru armés jusqu'aux dents, de vrais Robocops, plus genre forces spéciales que police de proximité, encerclaient deux jeunes qui visiblement avaient peine à s'expliquer pour on ne sait quelle faute. Il n'avaient rien de criminels, ils s'exprimaient bien, bien habillés, ce n'étaient pas des miséreux à qui l'on aurait pu reprocher de traîner dans les rues.
L'un des deux disait : "je suis très déçu de ce qui m'arrive, je suis Français, je suis désolé de voir ça, c'est exagéré". Le gars était Français, à Béziers, et il a cru bon de le préciser. Étonnant non ?

Je me suis retourné pour tenter de mieux comprendre, et là je suis tombé sur le regard de celui qui vraisemblablement était le chef du groupe des policiers municipaux, regard insistant, comme si moi aussi je devais être en faute, il m'a fixé pour m'obliger à détourner les yeux au bout de longues secondes. Comme collègue de la fonction publique territoriale, me suis-je dit, il y a mieux, le gars m'avait à l'œil, littéralement.

J'ai donc pris l'oseille, et je me suis tiré, sans demander mon reste, pas rassuré. Je n'ai pas eu la témérité de questionner de quoi ces jeunes pouvaient être coupables. Je ne pense pas qu'ils venaient de dévaliser la bijouterie d'en face, de vandaliser l'Eglise de la Madeleine juste à côté ou d'attaquer la vielle dame qui était à l'instant devant moi au distributeur automatique. Etre jeune à Béziers, apparemment ça craint, c'est le sentiment que cela m'a laissé.
Quand même, ça donne pas envie d'y retourner, même pour y retrouver les traces d'une librairie perdue.

JMG




dimanche 9 octobre 2016

La droite n'est jamais partie, elle revient quand même

La catastrophe idéologique du parti socialiste, que ses responsables à Solférino ont bien voulue, se sera donc traduite par des lois anti-sociales ou contre-productives comme la loi travail par exemple, ou le "pacte responsabilité" qui coûte cher au budget de l'Etat sans résultat positif sur l'emploi. Cela conduira-t-il au délabrement général de la gauche ?

La responsabilité de ces dirigeants en tout cas est immense, historique. Il y a encore un espoir peut-être que la gauche se redresse avant la date cruciale des présidentielles. Mais pour l'heure on voit se dessiner plutôt un renforcement du camp des droitistes purs et durs dont certains se voient déjà à l'Elysée, Juppé, Sarkozy, Le Maire, Fillon...auxquels, outre Le Pen bien sûr, on pourrait ajouter Macron comme étant, si on a bien compris, ni de droite, ni de gauche, et donc plutôt au centre-droit.
 On peut espérer seulement qu'ils fassent comme Hollande, qu'ils ne respectent pas leur promesses et qu'au contraire, comme lui, élection faite, s'attaquent à des réformes qui aillent contre leur propre camp.

Je n'en crois rien bien sûr, ces candidats entendent conduire une politique qui aggravera la situation de millions de Français, ceux là même que les débats sur les primaires, par lassitude, par dégoût, indiffèrent au plus haut point.
C'est que pour une bonne partie de la population l'urgence n'est pas ou n'est plus là. Une bonne partie s'abstiendra et, ce faisant, fera le jeu des plus conservateurs.

Car dans l'électorat de droite, il est à parier que l'abstention ne saura pas aussi forte, la droite sera davantage pressée d'en découdre et de se débarrasser de Hollande de la même façon qu'en 2012 le peuple de gauche, mobilisé, avait décidé de se débarrasser avant tout de Sarkozy.

Dès lors, pour mieux se démarquer de la "gauche", il n'est pas étonnant que les prétendants de la droite ou du centre fassent de la surenchère et se risquent à l'absurde.
Ainsi Juppé entend bien continuer l'oeuvre néo-libérale, si besoin en l'aggravant, de Sarko ou de Hollande en réduisant encore les "charges" des entreprises ce qui ne fera en définitive que réduire encore davantage la part des salaires dans le PIB, au profit d'une spéculation financière qui tue l'économie réelle.
Ainsi encore, Juppé, qui passe pourtant pour un modéré, veut-il reculer la retraite à 65 ans comme si cette vieille recette, rance, allait miraculeusement relancer la croissance et réduire le chômage, celui des jeunes en particulier ! On marche sur la tête !

On passe sur la suppression de l'ISF, ou la hausse d'un point de la TVA de nature à appauvrir les plus pauvres, ou le plafonnement des aides sociales...On retiendra surtout, tout un symbole, la sacro-sainte suppression des 35 heures : Jospin enfin assassiné lui aussi, qui n'était pourtant pas un révolutionnaire !

Et tout ça dans quel but, pour quel horizon indépassable ? Réduire les dépenses publiques jusqu'à 100 milliards d'économies en cinq ans ! A côté, Hollande avec ses 40 milliards dépensés sans contre-partie au titre du CICE, passera pour un gauchiste ou un modéré, ce que ses thuriféraires ne manqueront d'ailleurs pas de souligner. Ils comptent bien là-dessus, ces naïfs, pour faire passer leur candidat, dans le style " vous n'avez pas le choix, avec la droite ce sera pire" ce en quoi ils n'ont pas tort, le pire étant toujours possible en effet.

Juppé entend dans son programme nous libérer du code du travail, d'assouplir notamment le travail du dimanche ou en soirée. C'est la direction nationale de la CFDT qui va être contente, la loi El Khomry aura fait ses petits.

Je ne parle pas du programme de Fillon qui va plus loin encore dans l'hystérie néo-libérale, ou celui de Le Maire qui veut supprimer le statut de la fonction publique territoriale comme si, pour combattre le chômage, il suffisait d'élargir la précarité et de supprimer des acteurs essentiels des services publics.

L'heure est grave. La gauche ne gagnera cette présidentielle qu'unie, elle n'en prend pas pour l'instant le chemin. La première étape serait que Hollande, compte tenu de son bilan, ne se représente pas, et le dise enfin.
Même ça ce n'est pas gagné.

JMG


vendredi 30 septembre 2016

"Gôche", c'est le fond qui manque le plus

Je retiens deux ou trois petites choses qui auront pour moi, peu ou prou, marqué cette rentrée de la gauche politique dans le Jura.
La première :  la Fête de la rose organisée par la fédération du parti socialiste du Jura à Saint-Didier. Fête que je ne regrette pas d'avoir séchée : j'avais piscine. Son mentor, l'ancien conseiller général de Lons-Nord MHD y a même déclaré (in le Progrès en date du 3 septembre) "il faut arrêter avec les professionnels de la politique" euh...vraiment ? Il n'y a que les imbéciles qui ne change pas d'avis : dont acte, on espère.
L'année dernière il y avait Georges Filoche, cela en valait mieux la peine à mes yeux, d'autant, bien avant que nous tombe dessus la loi travail, son discours avait été à raison centré sur la défense du code du travail. La loi Macron en effet, en septembre de l'année dernière, était déjà passée par là, préfiguratrice d'une loi El Khomry qui aura complété l'infamie contre l'ensemble des salariés de ce pays.

C'est Karine Berger qui était invitée de cette deuxième édition de la Fête de la Rose. Députée, porte-parole d'un courant qui a dû faire 10% au congrès de Poitiers en 2015. Je le dis en passant : on sait ce que sont devenus les congrès du parti socialiste, on a la preuve aujourd'hui non pas tout à fait de leur inutilité, mais du mépris qui l'inspire à ceux-là mêmes qui les convoquent. Les dirigeants du PS, et donc le gouvernement, ces dernières années, ont eu le don de prendre les militants et les congressistes pour des imbéciles ou carrément pour des...j'ose même pas le dire. Mais ce qu'ils sont peut-être au fond en majorité, par excès de légitimisme et de suivisme. En tout cas, on ne peut se remettre très difficilement de pareille tromperie. Les dirigeants du PS ont là dépassé les bornes. Et les droites, extrêmes ou pas, de se réjouir sous cape et bientôt dans les urnes.

Exemple d'incohérence, toujours à propos de la loi travail : au Congrès de Poitiers la motion majoritaire, celle de Cambadélis, Valls...énonçait : " il faut rétablir la hiérarchie des normes : la loi est plus forte que l'accord collectif, et lui-même s'impose au contrat de travail". Exactement le contraire de la loi El Khomry ! A partir de là on peut considérer que le PS n'est pas un parti démocratique puisqu'il s'assoit allègrement sur ses propres convictions ou ses délibérations.
Ce ne serait pas dramatique si cela n'eût concerné que ce pauvre parti, il concerne toute la gauche et l'ensemble du monde du travail.

L'autre événement, petit événement diront certains, est le retour sur la scène politique jurassienne de "gôche", de l'ancien président du conseil départemental du Jura. On l'a vu début septembre, à cette même fête de la rose. Et alors que Karine Berger y déclarait sa flamme à un Arnaud Montebourg renaissant, Christophe Perny lui avait déjà commencé de distiller, via les réseaux sociaux, son admiration pour un certain Macron, démissionnaire du gouvernement pour cause, pourrait-on supposer, de gourmandise présidentielle.
Cette subite macronisation peut étonner, mais s'explique sans doute aussi par des sondages qui, pour l'instant en tout cas dans la perspective d'une primaire encore hypothétique, semble souffler en faveur de l'ancien ministre de l'économie.

Enfin, toujours dans la veine "les anciens ou les ex", je ne résiste pas à revenir sur l'attitude de l'ancien premier secrétaire du PS jurassien, qui, de façon non complexée, a rejoint le préhistorique "club perspectives et réalités" crée dans les années soixante-dix par Valéry Giscard d'Estaing et sa "société libérale avancée".

Voilà une bouillie idéologique qui ne nous rajeunit pas ! Quand on vous disait que tout serait à reconstruire.


JMG

jeudi 15 septembre 2016

Pour l'abrogation de la loi Travail, ne rien lâcher

En cette journée du 15 septembre, je remets ici un article publié dans le journal du syndicat CGT du Conseil Général du Jura publié en juin dernier. La lutte continue pour mettre en échec et abroger une loi qui, si elle était appliquée, remettrait en cause des garanties collectives conquises de haute lutte au niveau national, et donnerait des idées à d'autres, issus des droites extrêmes, pour une extension malheureuse de la précarité, notamment dans les fonctions publiques dont la territoriale.
Rassemblements le 15 septembre dans le Jura, Lons-le-Saunier à 15 heures place de la Liberté, Dole à 10h30 place de la sous-préfecture, Saint-Claude à 10h 30 place de la sous-préfecture 

La loi travail, dite encore loi El Khomry, remet en cause toute la philosophie du Code du Travail, d’une façon violente et inattendue de la part d’un gouvernement qui n’avait pas mandat pour le faire. On nous répond parfois que cela ne concerne pas la fonction publique. Détrompons-nous. Outre la solidarité indispensable avec les travailleurs du privé, soyons persuadés qu’elle concernera l’ensemble du monde travail, public comme privé.
 Ainsi dès l’article 1, le projet de loi subordonne le droit des salariés au bon fonctionnement des entreprises. L’article 2 est encore plus explicite puisqu’il inverse la hiérarchie des normes, plaçant l’accord d’entreprise devant la primauté de la loi. Cela signifie qu’il pourrait y avoir autant de codes de travail qu’il y a d’entreprises, les mettant de fait dans un contexte de dumping social, le « gagnant » étant celle qui pratiquera des salaires ou des conditions de travail les moins contraignants possibles.
Les autres articles sont tout autant contraires aux intérêts des travailleurs, en légalisant les licenciements boursiers, en généralisant le chantage à l’emploi avec l’extension des accords de compétitivité y compris pour les entreprises sans difficultés économiques (art 30) ; nous ne pouvons non plus accepter l’article 44 qui remet en cause la médecine du travail, l’article 52 qui traite du remboursement des indus par les privés d’emploi, et d’autres sur lesquels on ne revient pas ici mais qui alourdissent encore plus ce code du travail qu’on voulait soi-disant simplifier !
Ces quelques articles justifient en eux-mêmes notre demande de retrait et une suspension du processus parlementaire. Le gouvernement est responsable de la situation de blocage que notre pays connait aujourd’hui. Il ne tient qu’à lui d’ouvrir des négociations. Il a voulu jouer en force contre les principales organisations syndicales, en s’appuyant sur une direction nationale de la CFDT qui nous avait fait le même coup lors de la réforme des retraites en 2003 et 2010.
 Cette loi est essentielle car elle pourrait remettre en cause, si par malheur elle passait, des années de conquêtes sociales sans créer aucun emploi, bien au contraire ! C’est pourquoi nous nous battons pour son retrait pur et simple.