mardi 7 janvier 2020

Les meilleurs vœux aux gens de peu

Que peut-on souhaiter cette année autre chose que des vœux de sagesse, de lucidité, de modestie à ce gouvernement qui à décidé de ne rien entendre et de ne céder sur rien ? Quels sont ces gens qui nous gouvernent ? Sont-ils des adversaires, des ennemis ? Pourquoi sont-ils à s'en prendre à nous, au peuple qu'ils sont censés représenter ? Nous représentent-t-ils vraiment ceux qui ont décidé de nous appauvrir ? Quels sont leurs motivations profondes, ne sont-ils pas victimes de leur méconnaissance d'un peuple qui pourtant, électoralement parlant, les a portés au pouvoir ? Ont-ils tout oublié, trahis eux-mêmes par un mandat parlementaire ou a des fonctions ministérielles dont il ne mesurent pas, ou plus du tout, la dimension de responsabilité ? 

Sont-ils à ce point aveugles pour ne pas voir qu'ils ne sont plus capables, et encore moins légitimes, de parler en notre nom et, surtout, de décider en notre lieu et place ? Sont-ils prêts à reconnaître que leur victoire électorale en son temps ne les autorisent pas a édicter des lois, ou à prendre des décisions sans respecter ceux qui les ont élus, ne fût-ce d'ailleurs que pour éviter le pire ? Savent-ils que cette fonction d'élu ne leur confère pas le droit d'agir contre l'intérêt de ce peuple, contre notre intérêt, l'intérêt général ? Ne serait-il pas plus sage, de leur part, de tirer sans tarder les leçons de ce conflit qui dure ? Et en l'occurrence de retirer un projet de loi dont le caractère anti-démocratique et anti-économique ont été, grâce à un mouvement social puissant et durable, depuis déjà trop longtemps démasqué ?

Sont-ils conscients ces technocrates qu'ils sont en train de tuer l'espoir et le dynamisme de ce pays ? Savent-ils que le recul de l'âge de la retraite et de la remise en cause de celle-ci, une fois encore, n'auront pour effet que de faire obstacle à l'emploi des jeunes tout en ne favorisant pas celui des seniors lesquels seraient condamnés à travailler jusqu'à...?

Et donc j'émets le vœu que la lassitude et le découragement épargnent tous ceux qui font oeuvre de résistance contre un pouvoir qui clairement, délibérément,  a décidé de s'en prendre à un contrat social qui, malgré les attaques dont il fait l'objet depuis des décennies, fait encore la preuve de son efficacité économique et sociale.

J'émets le vœu que le courage et la détermination n'abandonnent pas ces héros en effet que sont les grévistes, n'en déplaise aux véritables privilégiés, les actionnaires professionnels ou les éditorialistes patentés de la presse mainstream, qui s'attachent à dégrader leur image.
Je souhaite la meilleure année possible, malgré l'adversité, à tous ceux qui œuvrent dans les services publics et qui les défendent ardemment, sachant qu'ils restent encore la richesse de ceux qui n'ont rien.

Et donc je souhaite, en ce début d'année 2020, que ces salariés du privé ou ces agents publics, dans chacun des secteurs qu'ils occupent, obtiennent enfin satisfaction et que leur soient rendus ou améliorés leurs droits sociaux sans lesquels il n'est de pays riche, juste et véritablement démocratique.

JMG


mercredi 18 décembre 2019

Jours de fête

Ainsi, à en croire certains medias qui nous le disent en boucle, les Français seraient plus inquiets des fêtes de fin d'année que de la pauvreté annoncée de l'ensemble des retraités.
Ainsi seraient-ils aussi indifférents à ce que les retraites des plus jeunes se voient amputées de 20 à 30%.
N'est-ce pas prendre les citoyens français uniquement pour des veaux ? N'est-ce-pas les prendre pour des lâches, ou pire pour des…?
Ou simplement pour des consommateurs sans conscience ? Seraient-ils seulement ces riens, ou ces moins que rien, que Macron a pu croiser un jour dans ces gares qu'il ne fréquente pourtant pas ?
Eh bien non ! Les Français peuvent et savent se révolter, et ils le prouvent, il refusent cette société que le pouvoir veut leur imposer, fondée sur la concurrence plutôt que sur la coopération. 

JMG




dimanche 15 décembre 2019

Les retraités de chez Latécoère

Le gouvernement, parce que céder constituerait un déshonneur et traduirait un recul politique qu'il ne peut se permettre, entend aller jusqu'au bout de sa contre-réforme des retraites en laissant croire que celle-ci est essentielle, utile, indispensable. Ce n'est évidemment pas le cas, cette loi est idéologique, elle conduira à paupériser l'ensemble de la population, qui plus est dans un contexte de crise de l'emploi, celui des jeunes comme celui des seniors, que le gouvernement n'entend ne pas traiter avec le sérieux et la volonté politique voulus.

En réalité, une des fonctions, s'il en est, de cette "réforme" est de cacher le bilan désastreux du macronisme sur le plan économique. Et on ne parle pas ici du social que Macron abandonne sans vergogne et avec un mépris spectaculaire au profit des plus riches.

Je mets en parallèle cette "réforme" des retraites avec ce qui vient de se passer chez Latécoère. Latécoère est une grande entreprise basée à Toulouse, historique, à la base avec d'autres, de l'excellence française en matière d'aviation. La société Latécoère emploie 4900 salariés dans le monde dont 1500 en France. La CGT s'inquiète désormais, à juste titre, de l'avenir de l'entreprise et de ses salariés.

En effet, un fonds de pension américain, en avril de cette année, le Search Light Capital Partners, s'est emparé de 26% du capital de cette société. Elle a tenté ensuite par une OPA (offre publique d'achat "amicale") se saisir des 76% manquants.
Cette OPA s'est révélée être un succès, car les financiers américains se voient donc finalement propriétaires à près de 63% du capital du groupe dont ils prennent le contrôle effectif.

Ce peut être catastrophique pour la France : Latécoère est spécialiste et pionnière en matière d'utilisation de la lumière pour échanger des données (Li Fi). Il s'agit là d'une méthode innovante d'importance stratégique qui intéresse la politique de défense. 
Le fait est comparable au rachat par l'Américain Général Electric de la branche énergie d'Alstom laquelle permet la viabilité opérationnelle de l'unique porte-avions français. Rien que ça.

La souveraineté stratégique de la France en matière de défense, et en matière industrielle tout court, en prend donc encore un sacré coup. 
Au tour de Latécoère et de ses prouesses technologique ( et financières !) de passer aux mains des  décideurs américains peu soucieux par ailleurs des promesses qu'ils pourront tenir en matière d'emplois. La malheureuse et désastreuse expérience d'Alstom, de ce point de vue aussi, en aura donné déjà un exemple édifiant puisque non seulement les emplois promis n'auront pas été au rendez-vous mais au contraire de nombreux auront été supprimés.

De tout cela notre Président et son gouvernement n'ont cure, ils se foutent royalement, c'est le cas de le dire, de l'avenir des salariés de cette entreprise stratégique.
Macron aurait pu pourtant s'opposer à ces prises de contrôle.

Au lieu de défendre l'emploi industriel en France, notamment ces emplois qui comme ici représentent un enjeu stratégique majeur, au lieu de sauvegarder notre souveraineté en matière de défense, le gouvernement Macron préfère emmerder  les gens par des réformes, comme celle des retraites, qui vont à l'encontre de l'emploi des jeunes tout en appauvrissant l'ensemble de la population, actuels et surtout futurs retraités.

Le gouvernement Macron instaure un climat de guerre civile larvé, en tentant de diviser le monde du travail. Ainsi a-t-il désigné des coupables chimériques comme les "régimes spéciaux" qui seraient à l'origine d'injustices prétendument insupportables entre agents publics ou salariés. Il utilise les syndicats "réformistes" ou accompagnateurs (CFDT, UNSA...) pour mieux cacher son refus des négociations réelles avec les syndicats qui se trouvent à la pointe d'une légitime contestation. En même temps il fait porter à ces derniers la responsabilité des "blocages", ou des "prises d'otages".

Livrer un fleuron de notre industrie comme Latécoère à un fond de pension fait le lien avec cette réforme dont le but plus ou moins transparent est de fonder les retraites sur de l'épargne soumise à la spéculation financière.
Les fonds de pension exigent des sociétés qu'ils contrôlent des rendements importants. Le boursicotage joue contre l'emploi. Le monde de la finance en demande toujours plus, par des baisses de salaires, ou par des suppressions d'emplois facilités par un code du travail lui-même dévasté par des réformes iniques.

Le serpent néo-libéral se mord la queue, dût-il en crever. Le monde du travail, seul véritable créateur de richesses, doit gagner la bataille.

JMG







samedi 23 novembre 2019

A la veille des municipales : défendre la fonction publique territoriale !


Il est clair aujourd’hui que le pouvoir en place veut la mort du statut de la fonction publique, et plus précisément de son versant territorial. Sont concernés les 1 886 000 agents territoriaux (sur 5 480 000 au total des trois versants de la Fonction publique) qui œuvrent dans les collectivités territoriales, régions, départements, communes, établissements publics locaux…

Tout cela dans un contexte de diminution des postes d’agents publics pour préparer des privatisations annoncées dans le plan « action publique 2022 ». Ce plan prévoit la suppression de 70 000 postes de fonctionnaires territoriaux d’ici à l’année 2022.

Pour les cadres de la fonction publique, qu’ils soient des cadres d’emplois des administrateurs, attachés, ingénieurs, rédacteurs, techniciens, agents de maîtrise, le statut dans ce contexte social préoccupant revêt une importance primordiale.
Les cadres de la fonction publique territoriale sont en effet en prise directe avec les pouvoirs politiques locaux à la merci parfois d’un clientélisme qui par nature va à l’encontre de l’intérêt général des populations.

Ainsi la neutralité de la fonction  publique est-elle essentielle pour que les agents publics, en particulier les cadres, puissent mener leur missions de service public dans une relative indépendance même s’il n’est pas question de contester les pouvoirs et les compétences des employeurs publics. Au contraire c’est en préservant le statut de ceux qui sont en charge du fonctionnement des services publics locaux que la démocratie sera protégée.

Les carrières des agents cadres de la FPT ne doit pas être soumise exclusivement au bon vouloir de ces élus selon des impératifs électoraux ou politiciens. Les élus doivent servir la République et ils le feront d’autant mieux s’ils peuvent s’appuyer sur des personnels d’encadrement compétents, serviables et non serviles, qui soient techniquement garants des lois et règlements, qui aident efficacement à la prise de décision politique.

C’est pourquoi l’on doit s’inquiéter de l’adoption définitive de la loi sur la fonction  publique du 6 aout 2019. Même si on entend encore quelques décrets d’application cette loi est désormais exécutoire. Nous demandons son abrogation pure et simple. Elle remet en cause le cadre statutaire originel qui actait de la séparation du grade et de la fonction.

En même temps qu’on précarise les agents publics on fragilise de fait le fonctionnement des services publics.  Le droit à la carrière doit s’appliquer de manière à protéger l’indépendance et la neutralité des fonctionnaires.  Le « mérite » notion toute relative, surtout lorsqu’il est apprécié par les employeurs, doit être évalué au regard d’une formation initiale et professionnelle sanctionnée par des concours internes permettant aux cadres territoriaux (ICTAM Ingénieurs, cadres, techniciens, agents de maîtrise) d’avoir une carrière évolutive qui reconnaisse les vertus et les talents professionnels de chacun indépendamment de préoccupations politiciennes ou électoralistes.  

Les cadres comme l’ensemble des fonctionnaires territoriaux ont vu leur pouvoir d’achat considérablement baissé, baisse de l’ordre de 17% en moyenne depuis 2000, due en particulier au blocage du point d’indice. Celui-ci devrait être de 5,443 euros alors qu’il n’est que de 4,686 euros. Il y a lieu de revaloriser d’urgence cet indice  pour rattraper la perte de pouvoir d’achat, (238 euros mensuel en moins pour les catégories B, 450 euros en moins pour les A.)
 Il est aussi urgent de revaloriser les grilles indiciaires pour ne pas céder à la tentation de primes en dehors des cadres de rémunération.

Les cadres sont plus particulièrement à la merci de l’arbitraire qui accompagne le principe de ces primes, le RIFSEEP notamment, (régime indemnitaire de fonction, de sujétions, de l’expertise et de l’engagement), instauré depuis décembre 2016,  est de nature à saborder peu à peu une fonction publique de carrière. La CGT notamment demande que ces primes soient intégrées dans les grilles de rémunération des divers cadres d’emploi.
Ces primes déstabilisent, au regard de l’égalité entre les femmes et les hommes, les cadres d’emploi de certaines filières, par exemple la filière administrative (attachés, rédacteurs) particulièrement féminisée par rapport à d’autres. Il apparait que les filières culturelle ou animation sont également touchées par ce manque évident d’équité au regard de ces primes.

Il est donc urgent de ne pas faire de ces primes la pièce maîtresse des systèmes de rémunération. D’autant plus qu’elles instaurent, selon la richesse des collectivités, ou selon leur importance démographique, des inégalités entre les territoires. Ce phénomène est dommageable du point de vue de l’égalité de traitement des citoyens devant les services publics locaux auxquels les cadres de la fonction publique territoriale sont attachés.
Le droit à la carrière doit être réaffirmé pour l’ensemble des cadres de la FPT. Carrière reposant au moins sur deux grades par catégorie. Les changements de catégorie ne doivent se faire que par concours, notamment interne.
Les avancements de grade doivent s’opérer indépendamment d’une fonction d’encadrement ou d’expertise. L’expertise en effet doit être autant reconnue que le rôle d’encadrant pour déterminer ces avancements.

La question du mérite doit donc être revisitée et surtout ne pas servir de base à une discrimination syndicale insupportable, que l’on subit malheureusement de plus en plus au sein de nos collectivités. L’évaluation des compétences, notamment dans le cadre de l’entretien annuel, doit se faire au regard des perspectives professionnelles et non uniquement sur une valeur professionnelle difficile à mesurer.

Il est nécessaire et légitime de demander l’abrogation de la loi dite de transformation de la fonction publique. Nécessaire et légitime de lutter en particulier contre les contrats de projet (durée de un à six ans) qui vont faire exploser le nombre de contractuels et précariser les ICTAM fragilisant par là-même les services publics locaux.
Nécessaire et légitime de se battre contre l’élargissement des possibilités de recrutement de non-titulaires pour remplacer des agents momentanément indisponibles ou à temps partiel, ou en vue de pourvoir des emplois fonctionnels dans les communes et intercos de plus de 40 000 habitants.

C'est à ce prix et grâce à ces engagements que seront préservées la démocratie locale comme l'égalité  d'accès des citoyens aux services publics locaux.


JMG   


















mercredi 13 novembre 2019

Macronie, retournements de veste, et autres navigations

Comment peut-on être macronien aujourd'hui, comment peut-on appartenir à cette droite nouvelle, masquée, violemment néo-libérale, qui continue d'assassiner et d'exclure socialement tous ceux qui refusent d'appartenir à la "start-up nation" laquelle s'avère n'être qu'un leurre ridicule pour mieux s'attaquer à notre contrat social ?

La droite classique elle-même a peine à s'y retrouver, Macron lui a ôté de la gueule son os à ronger, il n'y a plus grand place pour elle et tout ça la désespère. C'est pourquoi beaucoup de gens le l'UMP auront quitté, à la faveur des municipales qui s'approchent à grand pas, un navire qui prend l'eau.

Car entre la droite classique et le parti "en marche" il n'y pas grande différence, il n'est qu'une différence d'âge. Sarkozy a dit lui-même de Macron que c'était lui, mais en mieux. Macron est seulement plus jeune, plus déterminé, et plus inconscient de ce qu'il est en train de faire, c'est-à-dire défaire toutes les solidarités qui auront construit notre pays. Voilà pour la droite.

Et à "gauche" ?

De l'autre côté, nombreux sont les gens qui furent au parti dit socialiste, et qui ont rejoint "en marche" dés qu'ils ont compris qu'ils pourraient en retirer quelque avantage.
Lons-le-Saunier ne fait pas exception pour ceux en tout cas qui ont ainsi retourné leur veste. Il faut faire l'effort de relever ces grands écarts, pour en connaître l'absurdité et l'effet désastreux que cela peut produire.
Passer d'un camp à un autre si différent porte atteinte à l'honneur de la politique et à l'honneur de ceux qui se prêtent à ce jeu, lequel n'est ni neutre ni innocent. Ces revirements partisans, qui n'obéissent à aucun fondement idéologique sérieux, sont préjudiciables à l'idée politique elle même.

On comprend mieux de quoi est mort le parti socialiste, il n'était bâti que sur du sable, ne servant que les carrières. Il est mort de règles non respectées. Or la démocratie se fonde sur des règles que les partis mettent en musique.
On peut concevoir qu'on puisse changer d'avis ou de conviction, mais encore faut-il que ce soit à l'issue d'une réflexion mûrie ou d'une longue maturation politique. Et le plus souvent c'est n'est pas le cas. 

Ainsi, comme tragi-comique énumération, une certaine Paule Petitjean élue sur la liste Duvernet en 2014 et qui vient de rejoindre le train en marche : pour espérer quoi, une montée en première classe ?
Que dire aussi de députée D. Brulebois, ancienne du PS elle aussi, qui vote toutes les lois anti-sociales d'E. Macron qui vont de la remise en cause fondamentale de notre droit du travail, à l'instauration d'une fiscalité utile surtout aux plus riches, et à la destruction de nos services publics les plus essentiels.
Comment ensuite dans ces conditions défendre l'hôpital public à Lons-le-Saunier alors que la majorité présidentielle vote sans sourciller toutes les réductions de financement de la sécurité sociale : 4,2 milliards de restriction budgétaire dont 1,2 milliards pour l'hôpital. Plus de 4000 lits supprimés dans les hôpitaux en 2018. Quelle crédibilité lui accorder ?

C. Perny, ancien du PS, ancien de "la République en marche" qui lui a refusé l'investiture (au profit d'un ancien UMP), et se présentant désormais sous sa propre étiquette, appelle à un rassemblement des élus ou des candidats actuels à la Mairie pour sauver l'hôpital public de Lons-le-Saunier. Il le fait tout en méprisant les syndicalistes qui eux furent les premiers, à alerter sur les dangers qui planent sur l'hôpital. Quelle crédibilité là aussi accorder à cet appel ?

Cette histoire récente conditionne (à Lons-le-Saunier comme ailleurs) la situation politique d'aujourd'hui, une droite fracassée et tiraillée pour l'instant par la constitution possible de trois à quatre listes (pas grave en soi), mais aussi malheureusement une gauche idéologiquement confuse, qui aura du mal à se construire et à recouvrer une crédibilité perdue au fil des élections et des retournements de ceux qui prétendaient la servir.

Mais venons-en aux municipales qui se préparent aujourd’hui à Lons. La gauche souffre de  ces remue-ménages, telles des répliques  qui se sont produits il y a six ans ou plus récemment.
Dans ce contexte l'unité de la gauche, à la veille de cette élection, est problématique. On pourrait dire que la liste de gauche constituée aujourd'hui du parti socialiste ou de ce qu'il en reste, de Europe Ecologie les Verts et du parti communiste se situe au centre-gauche.
Sa tête de liste qui a déjà été choisie, Y. Ravier, sort de la société civile et en fait même un argument électoral. Cela ne pourrait suffire à enlever l'adhésion des électeurs de Lons-le-Saunier. Cette liste à elle seule ne peut faire revenir les électeurs de gauche. Les appels à l'unité (notamment en direction de la France Insoumise) sont bien timides au demeurant, non-officiels, tardifs et artificiels, non décisifs.

C'est pourquoi une liste de la France Insoumise à Lons-le-Saunier serait bienvenue. Elle peut enrichir le débat municipal sans mettre la gauche en danger pour autant, elle peut apporter quelque chose de nouveau, qui sorte des sentiers battus, qui ne tienne pas de l'artifice électoraliste. Il serait temps au fond de tenir compte des nombreux mouvement populaires qui manifestent aujourd'hui partout en France contre les méfaits du monétarisme et du néo-libéralisme briseurs d'humanité.

On peut, on doit faire revenir les électeurs que la gauche a trahis.

JMG




samedi 2 novembre 2019

quand une école brûle

Cela s'est passé vendredi dernier 1er novembre, un incendie a détruit, dans sa ville, une école et un collège. Trois-cent élèves devront se passer de leur établissement scolaire. Robert Ménard, le maire de Béziers, a déclaré à la télévision qu'il voulait que les responsables de cet incendie (probablement criminel) soient sévèrement punis, et qu'ils se retrouvent derrière les barreaux.

Faut-il être le maire de Béziers, d'extrême-droite qui plus est, pour sortir de telles banalités ? Qui voudraient que les auteurs de cet incendie n'aillent pas ailleurs qu'en prison ? Faudrait-il rétablir la peine de mort, idée fixe de l’extrême-droite, alors que les coupables pourraient être des mineurs ? Encore faudrait-t-il les retrouver ces coupables ! Et accessoirement connaître leurs motivations, s'ils en ont...

Cette impuissance devant le crime tendrait à prouver qu'appartenir à l'extrême droite ne règle pas les problèmes de sécurité dans la ville, de toute évidence il ne suffit pas que Ménard, maire de Béziers, exhibe ses petits bras musclés pour imposer la paix citoyenne.

La politique qu'il entend menée depuis son élection à la mairie en 2014 a fait pschitt. Deux établissements scolaires qui brûlent ça fait beaucoup pour un seul homme, dépassé, submergé qu'il est par les événements...
Cela peut vous écœurer à jamais d'aller voter, et pas même pour Ménard, Marine ou Marion.

Cette violence est gratuite, condamnable, et bien sûr on peut toujours s'étrangler à la manière du maire de Béziers, on peut fulminer tel un taureau désespéré qui cherche le matador derrière la muleta, et être jusqu'au bout le jouet de sa propre impuissance. 
Mais alors, que faire d'intelligent, et d'efficace surtout, pour sortir de cette situation dans laquelle les tenants du pouvoir quels qu'ils soient se sont enfermés ? Est-il au moins permis d'y penser sans être accuser d'y trop réfléchir ?

La société française s'enfonce peu à peu dans la violence, on le savait déjà ! La faute à qui ? Pas de causalité directe et immédiate bien sûr mais quand même : nous sommes dans un contexte de violences sociales lesquelles irradient l'ensemble de la collectivité, violences induites par les politiques menées aujourd'hui par le gouvernement qui n'hésite plus à s'attaquer aux conquis sociaux qui datent des lendemains de la dernière guerre.
Ou encore, qui vient juste de frapper, la réforme de l'assurance chômage de nature à généraliser la pauvreté et la précarité dans le pays.

Ces incendies par ailleurs se sont produits dans le quartier dit "sensible" de la Devèze. Ce n'est pas un hasard. Au delà de savoir qui a fait ça, et pour quelles raisons précisément, il y a lieu de s'interroger, ces territoires jusqu'à nouvel ordre faisant partie de la République, sur la quasi-disparition voulue des politiques dites de la ville qui avaient au moins l'avantage de tenir compte des difficultés rencontrées par ces quartiers périphériques.

 E.Macron, l'année dernière, a traité avec mépris le rapport qu'il avait lui-même demandé à Borloo sur le sujet. Macron n'entend pas agir : par idéologie, par irresponsabilité, il laisse aller. A l'instar d'une bonne partie de la droite, il dénonce par le mépris, ce pognon "de dingue", ces dizaines de milliards de francs puis d'euros qui jusque là auraient été déversés dans ces quartiers (comme on déverse des ordures dans une décharge, à entendre certains) pour des résultats soi-disant nuls.
Or on est en droit d'affirmer que la situation serait encore plus dramatique si ces milliards n'avaient pas été accordés aux politiques de la ville.

Au nom de la réduction des dépenses publiques on a abandonné ces quartiers alors que, le plus souvent, ils restent malgré tout le théâtre d'une intense vie associative mais aujourd'hui plus que jamais en péril.

Combien d'écoles, à Béziers ou ailleurs, laisserons-nous brûler ?


JMG

lundi 14 octobre 2019

Retraite : vaudra mieux mourir assez tôt pour en avoir une bonne

Le gouvernement a annoncé à plusieurs reprises que sa réforme sur les retraites ne serait soumise au Parlement qu'après les élections municipales. Courageux mais pas téméraire, car l'enjeu est beaucoup trop grand : Macron et les siens savent qu'ils tiennent dans leur main une grenade qu'il convient de ne pas dégoupiller de suite. Elle pourrait exploser au cours d'un scrutin essentiel pour l'avenir d'"En marche".

Mais alors pourquoi la mener cette réforme, cette énième réforme des retraites comme si toutes celles qui l'auront précédé, Seguin en 1987, Balladur en 93, Fillon en 2003, Woerth en 2010, Hollande en 2013, n'avaient servi ni mené à rien ? De quels bois sont faits ces pouvoirs qui réforment et déforment sans arrêt pour des résultats nuls sinon nuisibles ? Ne faudrait-il pas finalement payer nos gouvernants à ne rien faire plutôt qu'à les laisser détruire peu à peu, avec insistance, tous nos systèmes de solidarité dont nos régimes de retraite par répartition sont parmi les pièces essentielles ?

On dit que le système est en déséquilibre, il n'en est rien, ou si peu, il suffirait d'augmenter légèrement les cotisations sociales (qui sont, rappelons-le, du salaire socialisé) pour stabiliser durablement le système, mais ce n'est pas l'option retenue. Tout cela pour ne pas alourdir les soi-disant "charges" des entreprises. Ainsi le taux des cotisations n'a-t-il pas évoluer depuis la fin des années soixante et au contraire baissé de façon continue, avec une accélération ces dernières années, dans un contexte idéologique de plus en plus prégnant et dominé par le néo-libéralisme.
Ainsi a-t-on limité les taux de cotisation ( décret de 2015) pour que la part des pensions ne dépassent pas 14% du PIB. L'autre levier pour faire baisser cette part du PIB a été d'allonger les durées d'activité.

Pour mieux maquiller ce phénomène de paupérisation des retraités, Macron a par ailleurs introduit  l'idée, démagogique entre toutes, que les pensions des retraités nuiraient ou empêcheraient l'enrichissement des salariés. Ainsi fait-il porter sur les retraités tout le poids du vieillissement en réservant les gains de productivité aux salariés. Pourtant l'un n'empêche pas l'autre.*

Le projet de réforme Macron vise un système plus simple, plus juste, plus équitable, où un euro cotisé produisant les même droits pour chacun. Mon œil ! Le projet est non seulement fou, parce qu'il vise à détruire des solidarités,  mais il est flou avec un calendrier incertain et des chiffres manipulés.

L'âge du départ à la retraite resterait à 62 ans mais c'est un leurre car les décotes ou surcotes incitent fortement à partir plus tard : au moins à 64 ans ("âge d'équilibre" comme il est dit dans le projet) pour pouvoir prétendre à un "taux plein". Notons que ce terme est tout aussi mensonger puisque le taux plein n'a en réalité jamais existé, le taux de remplacement n'ayant jamais dépassé 75%.

 Pour chaque génération la somme des cotisations versées doit être équivalente à la somme des pensions versées, c'est aux yeux du gouvernement la condition de l'équilibre financier du système. Cela met en jeu notamment l'espérance de vie pour une génération. Plus l'espérance de vie sera grande moins les pensions seront hautes, vous avez donc plutôt intérêt à ne pas mourir trop tard.

S'agissant des départs anticipées seules les professions régaliennes (police, pompiers, personnel pénitentiaire...) seraient concernées. Les autres professions perdront cette possibilité de départ anticipé, même si pourront leur être appliqués les critères d'un compte professionnel de prévention.

Les systèmes de retraite en France représentent 13,8% du produit intérieur brut soit 325 milliards d'euros par an. 80% sont financés par les cotisations sociales, le reste étant abondé essentiellement par des taxes ou des impôts.

La réforme prévoit qu'un fonds de solidarité vieillesse universel fiancera les périodes de chômage, maladie, invalidité...Ce fonds sera abondé principalement par de la fiscalité. Les lois de finances se substitueront aux lois de financement de la sécurité sociale.
Le financement de l'ensemble du système s'effectuera donc selon une trajectoire définie par le Parlement et le gouvernement. C'est à ce niveau étatique que sera déterminée une valeur du point évolutive. On est loin du principe fondateur de gestion de la sécurité sociale par ceux-là même à qui elle appartient, à savoir l'ensemble des travailleurs.

Cette réforme ainsi que leur mise en oeuvre ne seront pas plus simples que ce qui existe actuellement. Par contre elle s'inscrit dans une volonté d'un changement de société peu favorable à tous ceux qui créent les richesses c'est-à-dire les salariés, les artisans, les agents publics. Elles visent particulièremt ces derniers, les fonctionnaires territoriaux, les enseignants...dont les retraites seront désormais calculés sur la moyenne des traitements et non plus sur les six derniers mois.

Cette réforme se révèle avant tout politicienne, elle vise à diviser les gens entre eux, en insistant sur l'inégalité supposée et mensongère qui serait induite par les "régimes spéciaux". Or ces régimes ne sont que le fruit d'une histoire des métiers et des professions. Dans le nouveau régime il n'est pas sûr que soient respectées ces exigences et ces spécificités, qui tiennent compte par exemple de la pénibilité. 

La sécurité sociale, issue de la Libération, et dont les systèmes de retraite font partie, doit rester l'affaire et la propriété de tous les citoyens et non un prétexte ou une raison de division de la société. 
Selon la CGT une augmentation des salaires de 3,5% suffirait à maintenir l’équilibre d'un système qui par ailleurs souffre des exonération des cotisations sociales, exonérations injustifiées auxquelles il faudra bien mettre fin.
Cet équilibre sera conforté si enfin est réellement instauré une égalité de salaire entre les hommes et les femmes.
Pourtant les solutions sont à portée de main comme par exemple la création, c'est que la CGT propose notamment, "d'une contribution sociale sur les revenus financiers distribués par les entreprises, à un taux équivalent aux cotisations employeurs sur les salaires", contribution qui pourrait rapporter trente milliards d'euros
Une lutte véritable et déterminée contre l’évasion fiscale et sociale pourraient par ailleurs abondé le système de plusieurs dizaines de milliards d’Euros.

Le projet du gouvernement "en marche" s'il était mis en oeuvre sera de nature à réduire, de l'ordre de 20 à 30%, les retraites par répartition.
Ce sera dans un but encore inavoué : favoriser un système par capitalisation permettant l'émergence d'assurances privées et à terme le triomphe de milieux financiers avides d'investir des secteurs non encore marchandisés.

Le monde du travail n'y a pas intérêt, le combat est loin d'être perdu.

JMG


*Pour mémoire la pension moyenne en 2017 se montait à 1568 euros net contre un revenu d'activité net moyen de 2383 euros en 2017 (chiffres du conseil d'orientation des retraites)
La pension diminue de façon significative sous le prétexte mensonger d'une "revalorisation du travail" contre les retraités. C'est au nom de cette doctrine que les pensions sont gelées et non plus indexées sur le coût de la vie.
Si cette logique était maintenu le COR prévoit que l'âge moyen du départ en retraite passe à 69 ans en 2050.

lundi 30 septembre 2019

Chirac : le roi est mort, vive le roi

L'émotion passée, légitime sans doute, même si elle aura été entretenue par une monde politico-médiatique exagérément unanime, il faut s'interroger sur le sens ou le bien-fondé de cette béatification populaire et laïque. 
Oui, le roi est mort,  mais vive le Roi ! E. Macron lui-même ne peut que se sentir visé par cette funèbre consécration, en creux. Il peut se penser l'héritier et porteur d'une flamme historique, il ne nous aura pas d'ailleurs épargné ses sorties larmoyantes en l'honneur posthume d'un de ses prédécesseurs. Il a dû penser à sa propre mort future de président, glorieuse et nostalgique. Pour l'heure c'est bien lui le président qui en aura remplacé d'autres, dans cette V éme république où tout  doit changer pour que rien d'essentiel ne change. 

Jacques Chirac est mort, deuil national pour ce roi qui fit partie, la République ait son âme, de cette monarchie républicaine que la France a inventée, unique au monde, surprenante. Chirac, comme aujourd'hui Macron, était un conservateur. Ne nous leurrons pas : ami du peuple pour l'affiche mais n'hésitant pas, parce que c'était de sa culture, à revenir sans hésitation sur des conquêtes et acquis sociaux dont il savait pourtant, lui dont on dit qu'il avait vendu l'Humanité lorsqu'il était à Sciences Po ( à vérifier quand même), qu'elles avaient été emportées de haute lutte.

En 2002, il gagne contre Le Pen avec l'appui d'un électorat de gauche particulièrement mobilisé, mais sans que ce sursaut historique du peuple français fût payé en retour. Bien au contraire il faisait voter avec le bon gros Raffarin, qui lui voulait carrément la mort du socialisme et s'en vantait, une réforme des retraites qui en 2003 sonna le glas d'un politique qui jusque là avait su ménager la fonction publique et ceux qui la servaient.
Plus tôt, la fameuse "fracture sociale", qui le fit élire en 1995 contre Jospin, ne fut qu'un artifice aux dépens des gogos même si cela n'empêcha pas le sursaut réussi des organisations syndicales. Celles-ci dont FO, la CGT (et hormis la CFDT qui se rangea aux volontés du pouvoir) empêchèrent la suppression des régimes spéciaux de retraite et réussirent à conserver une Sécurité Sociale salvatrice issue de la Libération.

Chirac fut une girouette politique, certes, mais dans un sens du vent finalement assez constant, celui de la régression sociale. Celle-ci passait d'autant plus facilement que l'homme était sympathique et "humain". C'est encore lui qui fut, comme premier ministre en 1986, à la barre pour faire adopter la suppression de l'autorisation administrative de licenciement pour motif économique. C'était à la demande d'un patronat (le CNPF à l'époque, ancêtre du Medef), qui lorgnait avec insistance sur cet ultra-libéralisme qui gagnait l'Amérique de Ronald Reagan et la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher. Le patronat français en échange promettait à l'exécutif français la création de 350 000 emplois. Rien de tout cela n'advint et au contraire le chômage et la précarité prenait un cours ascendant, permis et encouragé par cette première "flexibilisation" du travail.

Cette flexibilité accompagna des nombreuses privatisations (souvent partielles il est vrai) sous son gouvernement entre 1986 et 1988, qui rapportèrent quelque deniers à l'Etat mais qui en'trouvait la brèche à une économie hautement financiarisée, fabrique du chômage aujourd'hui.
Sur l'Europe, Chirac passa de l'appel de Cochin en 1978 qui dénonçait "le parti de l'étranger" à un européisme excessif que nous subissons aujourd'hui.

Chirac était un homme de pouvoir. Pour le gagner ou pour ne pas le perdre, il céda à la tentation de la xénophobie empruntant un vocabulaire de l'extrême-droite. On se rappelle bien sûr "le bruit et l'odeur" discours nauséabond et effarant dont il ne crut jamais bon de s'excuser envers ceux qu'ils visaient.

On voudra bien retenir quelques points qu'on jugera positifs comme par exemple le refus de participer à la guerre d'Irak en 2003 contre une Amérique plus que jamais arrogante. Il aura ainsi fait éviter au pays une aventure funeste, contrairement à d'autres qui se seront montrés davantage bellicistes et atlantistes comme Sarkozy, Hollande, Macron.
Chirac aura évité pendant sa gouvernance de faire de notre pays un lieu privilégié du terrorisme international. Ce fut sa façon la plus habile, et la plus utile, de rentrer dans l'histoire.

On peut lui être gré enfin d'avoir dissous l'assemblée nationale en 1997, même si pour la droite ce fut une gaffe (tant mieux), laissant la place à Jospin qui, peu ou prou, conduit une politique de gauche, et fit de la réduction du temps du travail un instrument de politique économique, avec la création de 500 000 emplois, bien plus que les 350 000, voire le million promis, mais non tenus, par le patronat français.

Enfin on peut saluer la création du musée des arts primitifs quai Branly à Paris. Gageons que la culture, elle, même la plus ancienne, ne meure pas.


JMG






vendredi 20 septembre 2019

Le Pen n'est pas présidente mais...

Macron a jeté lundi dernier,  à l'occasion d'un pot-séminaire offert à ses parlementaires, le thème de l'immigration dans le débat national, comme on jette de la viande à des chiens pour qu’ils en fassent rapidement leur affaire.

Il entend bien faire de l'immigration, après Sarkozy et avec Le Pen, un objet privilégié du débat politique. Avec l'aide toujours fidèle des principaux médias, il y réussit, même si le mérite est tout relatif tant le gisement électoraliste sur ce thème est toujours aussi prometteur et fécond. Pourquoi se gêner, pourquoi s'interdire d'utiliser ce moyen qui jusque-là a toujours fait ses preuves ? Le président de la république ne fait là que reprendre un vieux thème, un des plus rances qui soient, qui font traditionnellement le jeu des droites et des conservatismes. Le comble du cynisme est atteint lorsque notre grand bourgeois de Président prétend relancer ce débat au nom et en défense des classes populaires, lesquelles sont composées en grande partie de personnes immigrées ou issues de l'immigration.

La France est le pays d’Europe, avec le Portugal, qui accueille le moins d'immigrés sur son sol, 6,3 % seulement contre 8,7% en Allemagne par exemple, ou 8,1% en Italie (chiffres eurostat). C’est d'ailleurs assez mauvais signe pour notre industrie, cela signifie que le gros de l’activité industrielle n’est plus de notre côté.
S'agissant des demandeurs d'asile Eric Fassin rappelait récemment qu'ils ne sont que 150 000 pour un pays de plus de 67 000 000 d'habitants... Il n'y donc pas le feu au lac, moins encore de submersion de notre beau pays, pas même de quoi fouetter le racisme ordinaire.

Par cette instrumentalisation honteuse, et sous le prétexte qu'il faut débattre de tout, Macron le populiste espère ainsi faire oublier tout le reste, c’est-à-dire l’essentiel, le chômage devant lequel il se montre impuissant, ou contre  la pauvreté qui s’insinue fermement dans la société française, impuissant ou involontaire à lutter contre la désindustrialisation de la France. Les victimes sont toujours les mêmes, victimes expiatoires à la merci de l’ignorance et de la bêtise alimentés par des chiffres le plus souvent falsifiés ou intentionnellement mal interprétés.

Ces constructions servent à consolider des postures politiques de haine et de rejet des étrangers accusés d'être à la base des crises économiques et sociales. Tous ceux qui ont voulu faire barrage à le Pen en votant Macron dès le premier tout en 2017 en sont pour leur frais, ou bien le cynisme les aura définitivement habités.

Les immigrés pourtant constituent pour les pays européens une vraie chance de surmonter un déficit démographique qui pourrait les faire disparaître.  Sans les immigrés la « croissance », je préfère dire l'activité, ne seraient même pas ce qu’elle sont aujourd’hui, les immigrés apportant plus de richesses qu’ils ne coûtent à la société. La contribution des immigrés aux budgets publics s’élève à 12 milliards d’euros, bien davantage que ce qu'ils "coûtent ".

L’identité française,  parlons-en, ne peut se complaire dans cette démagogie sordide. Macron et ses soutiens savent très bien ce qu'ils font, ils ne sont pas innocents.


JMG