samedi 20 juillet 2013

Extrême-droite : souple dans ses bottes

Il est à la fois symptomatique et inquiétant que le parti socialiste cherche à contrer le front national sur le plan économique.
Jusqu’alors la tactique consistait à dénoncer le FN sur l’immigration et la question démocratique. Parce qu'il juge que cet angle se révèle peu opératoire sur le plan électoral, le PS aurait tendance à quitter ces domaines pour attaquer le Front National sur un sujet, l’économie, que ce dernier est censé méconnaître et ignorer.

La tactique du PS et simple : le front national serait fou et irresponsable de demander une sortie de l’euro.
Est-ce la bonne tactique ? Le désordre économique et social que "l’Europe" telle nous que la connaissons aujourd’hui a pu produire en Europe du Sud, de laquelle culturellement nous faisons partie, peut conduire les citoyens que nous sommes à nous interroger sur le chemin étroit que nous ont fait prendre nos "élites".

Le Front National joue sur cette corde là. Et il en profite même se félicitant que ses adversaires « républicains » puissent l’attaquer sur ce point. 

Attaquer le Front National sous l'angle de sa pensée économique est vain, d'abord parce que cela conforte l'idée qu'il en a une.

Ensuite, le parti d'extrême-droite sait, abusivement, adapter son discours  social et économique à la réalité électorale d'un moment qui risque de durer, "crise" oblige.
Ainsi par exemple le Front National défend désormais l'idée d'une monnaie commune au lieu de la monnaie unique, ce qui est politiquement habile et économiquement plus crédible.

Le parti socialiste serait donc mal inspiré de l'attaquer  principalement sur ce terrain peu sûr.

Il serait mieux inspiré à reprendre l'offensive politique sur ces sujets sans se référer à ce que peut en dire le FN.
Le PS doit donc défendre plutôt l'idée d'une autre orientation de l'Europe qui ne soit celle du néo-libéralisme ni de l'ordo-libéralisme à l'allemande. Et il est vrai qu'à cet égard l'euro ne doit pas resté un sujet interdit.  Sous peine de le laisser à l'extrême-droite, ce qu'elle fait avec une joie politique non dissimulée.

Il faut en débattre au contraire et ce fut même la volonté de la majorité des militants socialistes lors de leur convention sur l'Europe.

La meilleure façon, pour la gauche, de combattre l'extrême-droite c'est de rappeler que l'Europe aujourd'hui pèche à ne pas être sociale. Et d'en convaincre Hollande.

On sait, on sait, c'est pas gagné, mais ne rien faire, ni ne rien dire, compte tenu de l'urgence, serait criminel.

JMG


jeudi 11 juillet 2013

PS : On rame, on rame, mais on avance

On dirait que le parti socialiste se réveille et ce n’est pas trop tôt. Quoique, il ouvre un œil seulement, encore abasourdi par la chaleur ambiante et les coups qu’il se porte à lui-même, depuis plus d’un an déjà, en refusant d’émettre la moindre critique, et la moindre proposition ce qui est encore plus grave, en direction du gouvernement. Comme ces chiens de chasse qui suivent le maître en se gardant bien de lever le gibier.

Le Bureau National du parti socialiste a donc adopté le 9 juillet un texte sur les retraites qui ne reflète pas, ou plus tout à fait, ce que voudrait le gouvernement Hollande. ( Je dis gouvernement Hollande au lieu de gouvernement Ayrault car dans notre V éme république le 1er ministre n’existe pas, je le dis en passant, à part gérer les affaires courantes comme la nomination à certains postes dont tout monde à part les intéressés se foutent…j’exagère à peine...)

Le gouvernement Hollande, suite à un rapport Moreau qui reprend les propositions éculées déjà faites par les gouvernements de droite selon lesquelles il faut, prioritairement, allonger les durées de cotisation comme si celles actuellement en vigueur  ne suffisaient pas.
Rappelons que le système des retraites en France, après les réformes Balladur et autres lois Chérèque-Fillon, est le plus dur d’Europe, plus dur qu’en Allemagne en tout cas que l’on prend toujours en exemple, en Allemagne où trente-cinq ans de cotisations ouvrent droit à une retraite, alors qu’en France on voudrait bientôt que  44,5 années fussent nécessaires ( contre 41 aujourd’hui, ce qui n’est déjà pas mal).

Et je me réjouis aussi puisque le bureau national semblant avoir pris son envol, on peut espérer que le secrétariat fédéral du Jura se montrera plus tolérant envers ceux, comme « maintenant  la gauche », voire "un monde d'avance" qui osent critiquer le gouvernement de François Ayrault  (j'ai dit François ?) quand ce dernier adopte une politique plus proche du (social)-libéralisme que de la social-démocratie.

Ainsi le bureau national, par 26 voix pour et 10 abstentions, refuse :
-         l’accélération du calendrier de l’allongement des durées de cotisations, pas avant 2020 en tout cas, (c’est toujours mieux que rien , non ?)
-         il refuse la désindexation des pensions et leur baisse par voie de conséquence
-         il demande une mise à contribution des revenus du capital
-         enfin il demande que soient prises en compte les années d’études, de stages d’insertion professionnelles dans le calcul des retraites.
Finalement rien de révolutionnaire, loin de là, car on ne revient pas sur les lois concoctées par la droite en son temps...mais on s'éloigne heureusement du rapport Moreau.
Et dire que certains osaient parler de grand écart pour les syndicalistes qui oseraient rester au parti socialiste tout en n’adhérant pas à la réforme des retraites version Hollande-Ayrault.
On ne sait pas ce que le gouvernement en retiendra.

A-t-il tenu compte du vote des adhérents en juin dernier sur l’Europe qui demandaient, entre autres choses, un ajournement des négociations sur le traité transatlantique ?
Pas sûr, et aucun message dans ce sens n'a été lancé par le gouvernement français à la commission de Bruxelles, ( et cela dans un contexte où les grandes oreilles de l'administration américaine nous écoutent et nous espionnent !)

Peut-être que le vent du boulet électoral qui souffle déjà sans même être sorti du fût du canon, saura cette fois-ci faire entendre raison à ce gouvernement...que nous soutenons.

JMG

mercredi 3 juillet 2013

De quoi le parti socialiste est-il encore le nom ?

Ainsi nous apprenons que le Modem soutient un candidat proclamé, issu du parti socialiste, pour les prochaines municipales de Lons-le-Saunier. Le Modem fait ce qu’il veut. Je ne savais pas pour ma part qu’il existait encore. (Je me souviens d’un certain Bayrou mais cela reste très nébuleux pour moi.)
Je confonds avec l’UDI, et un peu aussi avec l’UMP. Sans être désobligeant avec tous ces sigles et ce (ou ceux) qu’ils voudraient (ou pas) représenter, ça me rappelle les noms des grandes sociétés commerciales qui,  au gré de rachats ou  autres fusions, changent de nom comme de chemise Lacoste. Quoique Lacoste est un mauvais exemple ici : (outre le fait que je n’en ai jamais porté et que je me fous des marques comme de mon premier polo), il faut reconnaître que Lacoste est une grande marque  qui précisément a su garder son identité.

Un peu comme le parti socialiste qui malgré les velléités exprimés un jour par Emmanuel Valls ( qui aurait pu être lui de l’ump pour les misères qu’il fait aux sans-papiers ou aux Roms) n’a pas encore changé de nom. Ce qui sauve un peu son âme. Il y a encore un peu d’espoir qu’en se disant socialiste on le reste tant soit peu.

C’est que le parti socialiste, dans les esprits, et dans l’électorat ( mais oui, c’est pourquoi logiquement beaucoup d’élus ne le quitteraient pour rien au monde, pour l’instant tout au moins ) reste encore malgré tout une valeur sûre. Mais jusqu’à quand ? Les coups de butoir idéologiques dont il est victime, en interne, mais aussi par effet indirect des actions ou inactions gouvernementales, pourront-ils le préserver d’un changement mortifère ?

En d’autres termes, jusqu’où ira-t-il, le parti socialiste,  pour faire une politique qui n’aurait plus rien à voir avec son nom, jusqu’à précisément se lier au Modem, ou à l’UDI, ou à d’autres choses encore ?
Saura-t-il se défaire de l’anti-communisme primaire de certains de ses membres, rares peut-être mais influents, qui l’empêche aujourd’hui de travailler avec son propre camp historique ?

Sans faire dans la grandiloquence le parti socialiste est  le parti de Jaurès.
Jaurès qui aurait été bien malade d’apprendre ou de constater, même sous un gouvernement de gauche, ce que l’on peut faire aujourd‘hui de son héritage.

En clair, le parti socialiste qui reste la composante essentielle de la gauche, autant localement que nationalement, doit retrouver les valeurs qui le fondent encore, et ne pas se vouer aveuglément, et sans débat interne surtout, à des alliances qui pourraient finir de le couler. Il doit avant tout se faire le porte-parole de ceux qui l'ont porté au pouvoir, c'est à dire les salariés.
C'est là une urgence politique.

JMG

jeudi 27 juin 2013

...tout juste un peu vénère


...mais ça se soigne,

....quand même, ce n'est pas en bafouant les principes démocratiques que le parti socialiste gagnera les prochaines élections, dont les municipales  de mars 2014.
A cet égard les apparences à Lons-le-Saunier ne sont même pas respectées et c'est dommage . Une circulaire a été publié en mars  dernier par la rue Solférino traitant du vote qui doit avoir lieu pour choisir les têtes de liste socialistes, notamment dans les villes de plus de vingt mille habitants ou dans les villes préfecture comme Lons-le-Saunier. Plusieurs candidats peuvent donc se faire connaître d'ici le  23 septembre, date à laquelle l'enregistrement des candidatures sera close.

 A quoi ça sert que Solférino il se décarcasse ?

Le parti socialiste tire sa force de sa capacité démocratique. Les fois où il a gagné sont bien celles où il s'est trouvé rassemblé dans le respect mutuel et bien compris de ses composantes. Et il n'est pire déloyauté que celle qui consiste à ne pas respecter les règles que l'on s'est soi-même fixées. ( c'est de moi, ce n'est pas de Montaigne, il faudra que je la ressorte celle-là...)

C'est une question politique, mais c'est donc aussi une élémentaire question d'éthique.  On ne peut pas se présenter, ou se faire présenter par un aîné, comme seul candidat à une élection alors que le vote d'investiture n'a même pas eu lieu. Ou au moins doit-on sauver les apparences ne serait-ce que par respect vis à vis d'autres candidats possibles. Moi-même j'ai annoncé mon intention de présenter ma candidature à cette investiture, et il peut y en avoir d'autres. 

Les jeux sont joués d'avance semble-t-il (nous verrons bien) et je me pose parfois, légitimement, la question de savoir si je vais continuer de participer à ces simagrées.

La méthode qui consiste à mettre les militants devant le fait accompli ne participe pas d'une "démocratie renouvelée" dont certains pourtant se targuent.

 C'est pourquoi je ne n'ai pas finalement voulu participer à cette réunion que le candidat proclamé avait organisé avec ses "experts" ou ses "ambassadeurs" à la salle du Puits Salé mercredi dernier.

C'est une question de morale politique. Et il y a même une académie pour ça.



Jean-Marc Gardère


maintenant la gauche




lundi 17 juin 2013

Un coup (à boire?) pour le Pasok

Je n'ai pas reconnu qui ce pouvait être au début. Un gros gars entouré d'un aréopage musclé, et de policiers qui accouraient, un remous dans la foule, des tables dérangées sur la terrasse de ce café, et des Parisiens qui continuaient de passer à côté, plus ou moins pressés, imperturbables. Le gars en question c'était Evangelos Venizélos, le président du Pasok, l'équivalent grec pour faire court du parti socialiste français. Le responsable du Pasok, légèrement groggy, stupéfait pour le moins, s'essuyait le front avec un mouchoir blanc, tentait de reprendre ses esprits après que deux de ses compatriotes en visite ou vivant à Paris, l'ayant reconnu, lui jetèrent un verre à la figure, le verre, et pas seulement le liquide qui le contenait.

La scène se passait sur la terrasse du café Saint-Victor, juste en face de la Mutualité à Paris où avait lieu ce samedi 5 juin le forum des progressistes européens, tout un programme. Que du beau monde, on aurait aimé pouvoir dire, de la belle Europe, de Harlem Désir à Martin Schultz, président du parlement européen, futur chancelier allemand ( peut-être), en passant par José Séguro, le Portugais, Guglielmo Epifani l'Italien, Alfredo Pérez Rubalcapaba le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol, et d'autres jusqu'à Jacques Delors qui pleurait le temps passé. Ce dernier semblait en effet, du haut de ses 87 ans et de son expérience européenne, regretter que l'Europe aujourd'hui ne fût pas tout à fait celle qu'il avait rêvée.
A qui la faute ?

Cette question, essentielle pourtant, ne fut pas vraiment posée au cours de ce forum qui réunissait les "progressistes européens". Et c'est vrai qu'ils l'étaient progressistes si on les compare à tous ceux qui aujourd'hui partout en Europe composent les ( extrême)-droites européennes qui montent, qui montent...
Progressistes mais qui ne le furent pas assez sans doute, ou par trop pusillanimes : ce sont les mêmes dans ce forum qui déplorent au fil de leurs interventions le chômage endémique qui ronge aujourd'hui tout le continent. Ils dénoncent tout aussi bien les spéculateurs qui sévissent dans la zone euro laquelle est devenue, comme si on ne s'y était jamais attendu, le terrain de chasse privilégié de l'oligarchie financière. Ils s'étonnent et regrettent, à juste titre mais un peu tard, que la banque centrale européenne puisse prêter à un 1% à des banques commerciales qui à leur tour prêtent aux Etats à des taux prohibitifs.

On a donc entendu un constat d'échec, mais prononcé sur le bout des lèvres, comme si personne parmi eux n'avait pu l'empêcher alors qu'il leur arriva de tenir en Europe les rênes du pouvoir. Ils n'ont pu empêcher ce à quoi l'Europe est arrivée, un "machin" ingouvernable incapable de produire ni la prospérité, et encore moins la justice sociale. Où donc est passée l'idée d'Europe sociale dont ces partis, socio-démocrates au départ ou qui le sont peut-être encore,  devaient être les promoteurs ?

Et il y eut même pour certains, comme un soupçon de satisfecit décalé : tel  Evangelos Venizélos qui eut la mauvaise idée de prendre ce verre, au propre comme au figuré au café Saint-Victor en face de la mutualité. Ironie du sort : il venait de se féliciter, en substance, que son pays, la Grèce, avait atteint certains des objectifs de la Troïka ( FMI, commission européenne, banque centrale européenne).

Sans grande compassion pour son peuple à qui il  dut imposer, avec d'autres, des sacrifices bien inutiles. Le hasard fit le reste, il tomba sur deux de ses compatriotes, deux touristes grecs, (ou des travailleurs ayant trouvé en France des cieux plus cléments si c'est encore possible), deux de ses compatriotes helléniques qui passaient par là et qui, eux, le reconnurent.

JMG

samedi 8 juin 2013

Principe général du Droit contre intérêt particulier de Solférino

La convention pour l'Europe s'est tenue cette fin de semaine dans la fédération du Jura . Nous n'étions que... pas plus...à débattre de l'Europe, trop peu nombreux pour un sujet essentiel, je préfère taire le chiffre par charité.
Le parti n'est pas en excellente santé, il ne suffit donc pas d'avoir tous les pouvoirs, ou presque, institutionnels pour prétendre changer le pays. Dans le même temps il se pourrait que le carriérisme politique est en train de tuer ce parti, il sera bon de revenir sur ce thème un peu plus tard...

Mais revenons pour l'heure à cette convention sur l'Europe : les amendements proposés par les motions "maintenant la gauche" ou "un monde d'avance" ont toutes recueilli une majorité confortable.
Pour cela il faut compter comme il est d'usage de compter, c'est à dire en comptabilisant les suffrages exprimés comme la somme des votes "pour" et vote "contre". L'amendement 8 par exemple, qui défend l'idée de mettre la BCE au service de l'économie réelle, obtient 63,89% dans la fédération du Jura. C'est un excellent score.

Et bien sûr on ne doit pas mettre dans le même panier les contres et les abstentions ! Un pourcentage se fait toujours par rapport aux suffrages réellement exprimés, sans les nuls, sans les abstentions. Car dans ce cas François Hollande ne serait peut-être pas aujourd'hui Président de la République ( je ne me suis pas fait la frayeur de calculer précisément), ce serait l'autre.

Ces succès des amendements défendues par ce qu'il est coutume d'appeler l'aile gauche du PS se retrouvent dans l'ensemble des fédérations partout en France. Ces amendements doivent donc être adoptés puisqu'ils sont  majoritaires, si toutefois sont respectés les principes généraux du Droit. 

Mais en comptabilisant à la fois les abstentions et les votes nuls, la fédération, appliquant sans doute aveuglément des directives de Solférino, fait que ce même amendement 8 n'obtient seulement que 44,66% des voix, ce qui entraînerait son rejet ...je l'ai entendu de mes propres oreilles. On croit rêver !

Pour moi ces amendements sont majoritaires bien sûr et ils doivent être respectés comme le signe que les militants socialistes  ne veulent pas d'une Europe monétariste cause d'un chômage qui atteint aujourd'hui au moins 12% de la population active.

Voici les résultats au plan national :

Amendement 4: 25098 exprimés, 15233 POUR soit 60%.
Amendement 8 : 22541 exprimés, 16522 POUR soit 73%.
Amendement 10: 22310 exprimés, 15809 POUR soit 71%.
Amendement 13: 21 458 exprimés, 14348 POUR soit 67%.



La convention nationale qui se tient dimanche prochain à Paris devra prendre acte de ces résultats. Nous avons la preuve que le parti dans sa grande majorité, au moins sur la question européenne qui nous occupe ici, est plus progressiste, moins atlantiste, moins social-libéral que sa direction nationale. On ne nous fera pas prendre des vessies pour des lanternes. 

Puisse le courant d'air frais démocratique s'engouffrer à nouveau dans la rue Solférino.

JMG

http://www.maintenantlagauche.fr/

mercredi 29 mai 2013

Lons-le-Saunier malade de sa santé

Après la nouvelle de la fermeture programmée d'une équipe du SMUR à l'hôpital de Lons-le-Saunier contre l'assurance d'un survol d'hélicoptère, voilà maintenant qu'est annoncée la fermeture de la clinique du Jura avec pour corollaire, comme si la nouvelle ne s'auto-suffisait pas, la suppression de cinquante emplois !  Pas même une ombre de pale d'hélicoptère cette fois-ci pour nous aider à avaler la pilule amère de cette médecine-là !

On nous dit que c'est dû à la pénurie de spécialistes. Je ne vous cache pas que je n'y crois pas trop : un anesthésiste aurait eu la mauvaise idée de vouloir partir...c'est comme au mikado en somme, il suffit qu'on déplace une aiguille pour que toutes s'écroulent dans un silence feutré. Quelle honte, et surtout quel scandale ! Qu'une ville-préfecture soit sur le point d'entrer dans la catégorie des déserts médicaux en dit long sur les politiques de santé pratiquées au plan national comme au plan local depuis des décennies.

Alors, on montre du doigt l'actuel maire de Lons, Jacques Pélissard, et on se demande s'il est responsable ou pas. La belle affaire ! Il est responsable en tant qu'il a voté comme député des lois, comme la loi HPST par exemple, qui ont mené les politiques de santé là où elle sont rendues aujourd'hui, c'est-à-dire en un point critique où le retour à la raison médicale s'avère de plus en plus difficile.
Il est irresponsable dans la mesure où les pouvoirs locaux aujourd'hui sont de plus en plus impuissants à assumer une politique qui leur imposés par le haut depuis des décennies.

La santé, à Lons-le-Saunier comme ailleurs en France, sauf  peut-être dans des territoires à cet égard bénis des Dieux comme la côte d'Azur ou Paris, est malade de sa privatisation, rampante au début et aujourd'hui décomplexée. Car plus de honte en effet ! La santé aujourd'hui est devenu une affaire de fric et il est symptomatique que ce soit une clinique privée à Lons-le-Saunier qui soit sur le point de fermer. On voit là, ceci dit en passant, ce que pourrait devenir l'hôpital public si on continuait à lui appliquer comme aujourd'hui les techniques du privé !

Bien sûr on peut toujours dire que c'est la faute de la carence de médecins ou de spécialistes. Ben voyons ! Mais qui a instauré le numerus-clausus avec pour conséquence la pénurie de médecins, et ce pour limiter soit-disant les dépenses de sécurité sociale ? N'y avait-il pas d'autres moyens ? Et pourquoi a-t-on diminué ses recettes en pratiquant des exonérations de cotisatins sociales qui plombent aujourd'hui ses comptes ?

On constate que certains spécialistes - et je ne parle pas ici du cas de la clinique en question, le problème est bien plus large- y ont gagné en pratiquant une médecine libérale, où les dépassements d'honoraires sont légion, dans un monde où précisément la concurrence n'existe pas. Le beurre et l'argent du beurre...

Pour refenir à la clinique du Jura il est frappant par ailleurs de constater qu'elle est en passe de fermer alors que l'Etat vient d'octroyer à l'ensemble des cliniques, par le biais du crédit impôts pour la compétitivité, un crédit de 500 millions d'euros !

Oui la santé est malade, mais de l'argent surtout, il temps qu'elle redevienne publique pour qu'elle soit mieux gérée, plus démocratique et qu'elle profite à tous.

Oui il faut sauver la clinique du Jura, sauver ses emplois, et dans le même temps avoir conscience qu'on n'est pas arrivé là tout à fait par hasard. Aux acteurs locaux de se battre, au pouvoir central ( de gauche aujourd'hui !) de prendre chacun leurs responsabilités pour sauver la sécurité sociale et la santé publique.

Pour cela il est des lois à voter, et d'autres sur lesquelles revenir !


                                                 Jean-Marc Gardère




samedi 25 mai 2013

Affaires étrangères

L’article 2 du projet de loi sur les universités prévoit la possibilité  de cours universitaires dispensés en anglais. L'occasion est trop belle pour montrer du doigt les Français dont on prétend qu'ils ne font aucun effort pour parler l’anglais, ce qui d'ailleurs reste à prouver. Mais jamais on ne dénonce les Anglais ou les Américains qui, dans leur quasi-unanimité, ne parlent pas du tout le français.
Les Français ne sont pas plus nuls que les autres en langues étrangères, par contre ils entretiennent à l’égard du monde anglo-saxon un sentiment très net d’infériorité. C’est parce que l’anglais n’est pas une langue latine que nous avons quelques difficultés à apprendre cette langue. Et la réciproque est vrai, nous n'avons donc aucun complexe à avoir.

Ajoutons que 80 % du vocabulaire anglais est issu du français, grâce à Guillaume le Conquérant surtout.
Pourquoi donc nous donnerions-nous tant de peine à parler une langue, l’anglais, qui s'est faite aussi à partir de la nôtre ? Permettre à l’université française de donner des cours en anglais ne nous rendra pas plus intelligents, et elle encouragera plutôt les Anglo-Saxons à ne pas apprendre le français. Ce serait dommage de leur gâcher ce plaisir.

Cet article 2 est évidemment anecdotique et ne doit pas cacher l'essentiel de ce projet de loi. Il ne revient pas foncièrement sur la loi LRU (loi Pécresse)qui fait qu'aujourd'hui un quart des universités est en déficit et la moitié présente des difficultés financières. Cela entraîne aussi l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants.
Par ailleurs la loi Fioraso baigne toujours dans ce mythe du rapprochement à tout prix de l'université et de l'entreprise privée laquelle est appelée à devenir la source principale de financement des établissements.

Il faudrait au contraire que l'Etat dotent les universités de financements pérennes et les rendent ainsi authentiquement autonomes, moins concurrentielles, et surtout plus démocratiques... De toute évidence, ce n'est pas la direction prise.

                                                            JMG



NB : article paru en partie dans le "Progrès de Lyon" du 24 mai

mardi 21 mai 2013

Un an après, pour qui avons-nous voté déjà ?

Je me souviens surtout que nous avons voulu le départ d'un certain Sarkozy dont nous disions, à raison, qu'il avait déprécié par ses attitudes la fonction présidentielle, en s'engageant partout et nulle part, surtout nulle part, en faisant des annonces tonitruantes dont certaines malheureusement furent suivies d'effet. Il partit donc sans tambour ni trompette avec parait-il, quand même, les clés de la mallette nucléaire. Mais rien depuis, en tout cas de ce côté, touchons du bois, n'a explosé.

Et nous avons voté Hollande pensant qu'en plus de nous débarrasser de Sarkozy il apporterait plus de justice, justice sociale d'abord, qu'il taperait du poing plus fort que ne l'avait fait son prédécesseur sur la table de Merkel, et qu'il parviendrait ainsi à donner une nouvelle réorientation à l'Europe qui en a tant besoin.

Il ne fait pas de doute que la déception, plus d'un an après, est au rendez-vous. Bien sûr il est plus intelligent, plus cultivé, plus maîtrisé, probablement même bien plus à gauche que son prédécesseur, encore heureux.
On doit aussi se consoler en se disant qu'on a bien fait de voter pour Hollande car c'eût été une catastrophe sociale encore plus lourde que celle que nous connaissons actuellement.

 Aujourd'hui, entre autres réjouissances, les 35 heures auraient été supprimées pour de bon, et pour faire plaisir tant à Merkel qu'à Bruxelles il n'y aurait même plus de Smic.

Cela valait donc le coup de se déplacer pour voter le 6 mai 2012.

Mai, mai...Mais il y a un mais...

Le discours du Bourget sur la finance eut une tonalité quasi-révolutionnaire qui a sans doute précipité la victoire de Hollande.
Mais ensuite, une fois l'élection passée, rien ou presque qui fût un signe en direction du "peuple de gauche" comme aurait dit Mitterrand. Au contraire même. Comme ces accords de Wagram, signé entre le Medef et la CFDT, que le gouvernement reprend quasi in extenso dans une loi qui restera dans l'histoire comme celle qui privilégie les accords d'entreprise, où les rapports de force se font le plus souvent au détriment des salariés.
"Contre la finance" on pouvait s'attendre à mieux comme faire voter des dispositifs contre les licenciements boursiers.
Ainsi Florange devient à Hollande ce que fut Gandrange à Sarkozy.

Dans l'esprit des salariés, par de tels événements emblématiques, tout devient pareil et la gauche vient à se confondre avec la droite anti-sociale.

Je ne parle pas des 20 milliards offerts aux entreprises sans contre-partie, ni même des 10 milliards voire plus qui ne tomberont plus dans l'escarcelle des collectivités locales qui pourtant sont pour soixante-dix pour cent dans les investissements d'avenir.

Il faudrait aujourd'hui un sursaut du gouvernement, qu'il abandonne résolument la politique social-libérale qu'il mène aujourd'hui pour une politique sociale-démocrate, voire socialiste (mais ce mot ferait-il peur ?).

  Il reste quatre années pour redresser la barre et retrouver une crédibilité.