mardi 28 janvier 2014

Guy Mollet était-il d'extrême-gauche ?

...comparé à Hollande, on peut se le demander, du moins sur le plan de la politique économique.

Baisser le coût du travail, voilà le maître mot, la nouvelle frontière, le nouvel horizon à atteindre, et ce gouvernement, pourtant élu par le peuple de gauche comme on disait à l'époque de Mitterrand, est à l'oeuvre pour satisfaire cette immense ambition. Quelle misère !

La France, contrairement à l'Allemagne dont l'activité économique a toujours été traditionnellement tournée vers l'exportation, trouve principalement son ressort sur son marché intérieur. Dans ce contexte une politique de l'offre qui se fonde sur une illusoire libération de l'entreprise, voulant imiter l'Allemagne peut-être, est inappropriée pour relancer l'activité. Réduire le "coût du travail", les salaires en réalité, est une aberration économique, d'autant plus que le chômage de masse que nous connaissons, lequel contrairement aux "engagements" ne cesse d'augmenter, constitue de fait un abaissement du coût du travail celui-ci se faisant de plus en plus rare.

Les trente-cinq milliards d’euros, ou trente on ne sait plus, annoncés à grand frais par le Président pour "aider" les entreprises et augmenter leur marge seront d'une efficacité des plus aléatoires. D'autant que tout ceci sera financé par une contraction des dépenses publiques de cinquante milliards qui ne seront plus injectés dans le circuit économique. Et bonjour les coupes sombres dans les services publics !

Sur le front des marchés extérieurs, on oublie simplement que les entreprises, avant d'être des victimes  de "charges salariales", sont à la merci d’une hausse anti-compétitive du cours de l’euro. La diminution des marges des entreprises, réelle en effet, provient d'abord d'une baisse de la demande et de l'activité. Elle a peu à voir avec une hausse de ce qu'on nomme abusivement le coût du travail.

Le gouvernement ferait mieux de chercher, entre autres solutions et comme le revendique la CGT, dans une baisse décisive du (sur)coût du capital qui ne cesse depuis des décennies d’augmenter, hausses des dividendes qui n’ont rien à voir avec l’investissement des entreprises et qui au contraire le tuent.

Il faudrait s’attacher plutôt à l’avènement d'une autre fiscalité plus égalitaire, plus respectueuse de la diversité des entreprises, ou bien encore à une réglementation plus contraignante de la finance, et en finir avec le sacrifice des entreprises au grand profit de financiers cupides qui jouent contre l’activité et l’intérêt général. 
Pour ça, il faudrait un peu de courage politique.

Le courage c'est ce qui manque. On se souvient de la mine déconfite, cocufiée de François Hollande tout neuf président de la république, après que Merkel, en mai juin 2012 lui eut signifié que jamais ne serait renégocié le pacte budgétaire. Même le volet croissance que voulait Hollande, ne serait-ce que pour des raisons de communication politique intérieure, en réalité volait en éclats. La France, par la volonté de l'Allemagne, se mettait elle-même les fers aux pieds et continuait tristement sur le chemin d'une austérité servant uniquement la valeur monétariste de l'euro, aux dépens de l'emploi.

La solution que choisit le gouvernement pour combattre la crise est pour le moins étonnante pour un pouvoir élu à gauche, et mortifère pour le pays. On écarquille les yeux, la stupéfaction est grande devant de tels reniements. Au lieu de se mobiliser et se battre pour la réduction du temps de travail  par exemple autour de laquelle pourrait se faire un vrai compromis social, on fait des yeux doux et capitulateurs  en direction du Medef pour un pacte de responsabilité à sens unique.

La vision libérale a triomphé au gouvernement. On retiendra de Hollande qu'il a viré sa cuti sitôt élu, il le confirme aujourd'hui sur fond de renaissance de la droite extrême. A quoi joue-t-il ? Ou entraîne-t-il la gauche, et avec elle le pays ?

JMG

dimanche 19 janvier 2014

Scooter, une affaire de mâle

Tous les media le claironnent et c'est donc que c'est vrai : cela ne nous regarde pas que notre Président aient deux ou trois maîtresses, successivement, ou en parallèle, il est libre de vivre la vie qu'il veut, n'en déplaise à la presse anglo-saxonne et aux esprits chagrins qui ne savent même pas ce que c'est d'être moderne, français et libéré, comme l'est notre Président. 

Et puis électoralement ça peut le faire, on se dit qu'on a voté pour un Président plus expert encore pour la chose que le précédent qui, c'est le cas de le dire, peut aller se rhabiller. En plus ça nous fait un Président qui a des c... lui dont on disait qu'il était mou. C'est non seulement un chef de guerre, c'est non seulement un gars qui a le courage de faire une politique autre que celle promise, c'est aussi le gars qui sait séduire les plus belles femmes du monde même s'il se cantonne à des actrices ou des journalistes françaises.

Imaginons maintenant que Ségolène Royal ait été élue présidente de la République en 2007, ça remonte un peu, mais cela aurait pu être le cas. C'est donc François Hollande qui aurait été alors la première Dame de  France avec un bureau à l'Elysée, un secrétariat, et c'est Ségolène qui aurait chevauché un scooter, ou plus si affinités, pour aller faire son cirque dans les rues à Paris avoisinant l'Elysée. Vous imaginez François en pleurs au Val de Grâce pour un chagrin d'amour ?

Vous l'imaginez ? Moi, j'avoue que je l'imagine à peine. Je n'imagine même pas Ségolène en Solex, avec un casque, et un ou deux gardes du corps sur son porte-bagages à l'arrière. Faire du rodéo dans les rues de Paris, serait donc réservé aux hommes publics, et non aux femmes. D'ailleurs on ose à peine qualifier ces dernières de publiques, c'est tout dire mais en dit long sur le chemin qui reste à faire pour faire de la politique autrement. 

Cette affaire du Scooter, outre qu'elle nous révèle un François Hollande que peu avait soupçonné, nous montre que la politique reste essentiellement une affaire de mâle. 
Et donc même si cela ne me regarde pas que François soit amoureux, de plusieurs et des plus belles, c'est la question de la parité, je dois l'avouer, qui me turlupine. Je vois là une rupture d'égalité entre les genres.

Même si ce n'est plus politiquement correct, même si c'est vieux jeu, j’aurais aimé qu'il soit plus discret le François, et qu'on le croie  utiliser son temps à combattre efficacement la finance plutôt qu'on le prenne pour un Don Juan assez peu respectueux, car les trompant, de ces compagnes.

Soit les femmes sont beaucoup plus sages, soit elle ne sont pas encore assez nombreuses en politique pour que certaines puisse percer dans ces jeux-là ( quoique Rachida Dati paraît-il..), soit plus simplement qu'elles sont beaucoup plus discrètes que les hommes. 

A se demander même si ceux-ci ne font pas exprès de se faire prendre abusivement en photo "à l'insu de leur plein gré", tout ça pour rouler des mécaniques.
Président ou pas, de gauche ou non, il est permis d'en rire, même jaune.

JMG

mardi 7 janvier 2014

Quenelles et autres légumes

Je sais, c'est pas un légume, mais j'ai jamais aimé les quenelles.

Venons-en à des choses moins alimentaires : la polémique fait rage pour savoir si ou non il convient d’interdire les spectacles de Dieudonné. Avant cette polémique je ne connaissais pas Dieudonné autrement qu’en duo avec le dénommé Eli Semoun, tous deux m’ont fait beaucoup rire.
Tout comme d’ailleurs je ne savais pas que les quenelles pouvaient pousser sur les plateaux de télévision, ou dans l’entourage immédiat d’un ministre de l’Intérieur en visite sur le terrain, ou bien encore sur les terrains de foot britanniques mêmes cultivés par un joueur de nationalité française (Anelka, je crois).

C’est donc que le sieur Dieudonné a  réussi son coup, et à la place de certains media et du ministère de l’Intérieur, si ce n’est pas trop tard ce dont je doute, je me méfierais de cette publicité involontaire faite à un humoriste qui, manifestement, ne demande pas qu’à en rire.

La question de la liberté d’expression a toujours été délicate, par nature elle ne demande pas d’exception. Cela fut le premier travail de Hitler ou des Fascistes en Italie que de la mettre à mal. Ensuite, comme on le sait, fut mise à mort la liberté. Et donc ils ont beau jeu ceux qui jouent de la quenelle, ou la cultive, forcément : car il y a une contradiction naturelle et irréductible à se prémunir contre une liberté d’expression au nom de la liberté tout court.

Il est une loi en France qui sanctionne pénalement le délit de racisme ou d’antisémitisme. Que l’on applique la loi. Au lieu d’interdire les spectacles de Dieudonné ou de le forcer au silence, au lieu de le victimiser et d’en faire ainsi le point de ralliement de tous les déçus, les perdus, les exclus de notre société, il convient de relever, sérieusement, juridiquement, tous ses manquements à la loi. Il doit y en avoir. Et de laisser passer la justice.

Cela c’est pour le court-terme, pour l’urgence. 
Pour l’avenir, outre qu’il faille entretenir la mémoire des peuples et de leur malheurs, il convient de lutter contre les conditions économiques, celles-là même qui ont permis l’avènement du fascisme et du nazisme en Europe. L’Europe monétariste que nous connaissons aujourd’hui, et qui n’a rien à envier à celle des années trente, qui paupérise les peuples et enrichissent les riches par les politiques d’austérité stupides et cupides qu’elle implique, n’est pas de nature à admettre la sérénité politique et démocratique. 

C’est cela qu’il faut combattre en même temps qu'il faut renforcer la République et les valeurs qu'elle représente. Les sociétés ont l’expression qu’elles méritent.

JMG

samedi 28 décembre 2013

Les municipales et mon futur ami JP

Il m'arrive une chose pas ordinaire ce matin, les amis de Jacques Pélissard m'invitent à faire ami-ami avec eux sur Facebook, ils se nomment eux-mêmes "Municipales de Lons-le-Saunier" (nom) "tous avec Jacques Pélissard" (prénom). 
Je dois avouer que ça m'en bouche un coin et je dirais même plus : cela m'attendrit. On a tellement du mal parfois à s'accommoder de ses propres amis (parmi lesquels certains ne vous acceptent même pas comme "ami" sur facebook) qu'on ne peut être touchés lorsque ceux de l'autre camp vous offrent leur amitié, fût-elle aussi précaire et paraît-il virtuelle que celles qui surfent sur l'écume des réseaux sociaux.

J'ai donc écarquillé les yeux ce matin, hésitant à voir dans cette démarche amicale, ou bien les restes d'un cauchemar, ou bien ceux d'un rêve qui s'échouerait les lendemains d'une fête de la nativité.  Je suis tenté davantage par le rêve, c'est mon côté optimiste qui repart de plus belle, après il est vrai un assez court moment d'angoisse.

Mais comme tout se négocie aujourd'hui, y compris les amitiés, on me permettra donc d'avancer sinon avec prudence du moins avec intérêt. 
C'est pourquoi je n'accepterais d'être l'ami de "Municipales de Lons-le-Saunier" qu'à certaines conditions.

D'abord il conviendra que mon nouvel ami prénommé  "Tous avec Jacques Pélissard" prenne l'engagement de tenir ses promesses. (D'un coup cette tautologie, car c'en est une je crois bien, ne me dit rien de bon, j'ai le sentiment que je vais encore me faire avoir, disons que c'est un engagement qui ne ne mange pas de pain pour celui qui l'énoncerait...mais courage, continuons malgré ces risques sérieux...)

J'ai donc pensé, dans une espèce d'éclair subit de complète inconscience, demander à mon éventuel nouvel ami d’œuvrer pour un retour au pouvoir des soviets, mais j'ai bien vite renoncé, car trop c'est trop, il convient dans une négociation de toujours respecter l'adversaire et, considérant ses antécédents, de ne pas lui demander l'impossible ne serait-ce que pour lui éviter une crise d'apoplexie.

Par contre je lui demande, si tant est qu'il veuille toujours autant mériter mon amitiés FB, de s'engager à intercéder auprès de ses amis Fillon-Copé ( dans ce cas les amis de mes amis devenant mes amis) pour qu'ils souscrivent à une fiscalité plus juste, progressive, au moins du niveau qu'elle fut avant que leur copain Raffarin par une sorte d'excès effarant de libéralisme, n'y mît un point final.

J'engagerais ensuite mon nouvel ami à intercéder auprès de Fillon ou Copé (on ne sait plus lequel) pour que soit restaurée la retraite à soixante ans. Tout cela a tellement donné de mauvaises idées à l'actuel gouvernement de gauche qu'il s'agirait aujourd'hui de crier haut et fort la nécessité de faire machine arrière et remplacer le chômage des jeunes par une retraite bien méritée des plus anciens, l'avenir, surtout en pleine mondialisation, étant davantage au partage du travail qu'à sa raréfaction.

Je lui demanderais aussi d'arrêter de bassiner les électeurs sur les questions de sécurité comme si celles-ci devaient rester le nec plus ultra et le but ultime de la politique. Même si électoralement ça peut marcher il y a toujours quelque intérêt à ne pas prendre les électeurs pour des imbéciles, surtout que l'insécurité aujourd'hui est avant tout sociale.

Enfin, sur le plan local, je demanderais à mon supposé ami de construire un vrai service de nettoiement pour la ville de Lons-le-Saunier, un peu plus efficace, avec de véritables moyens humains et matériels, et qui ne soit pas, même accessoirement, devenu un vecteur de publicité pour la restauration rapide, Mac Donald pour ne pas le nommer. 

Ces trois engagements étant pris, et qui ne sont pas grand'chose par rapport à ce que j'aurais pu demander, j'accepterais alors d'être "ami", cela ne m'empêchant pas quand même de continuer à voter pour mon propre camp, j'ai nommé la gauche et le parti socialiste qui, en ces temps d'incertitude politique et idéologique, en auront bien besoin. 

Car il ne faut quand même pas pousser...


JMG






mercredi 18 décembre 2013

Encore un qui s'appelle Martin

La CFDT nous a habitué à ce qu’elle dégotte des conversions intéressantes et intéressées pour ses figures emblématiques. Cela a été le cas des Chérèque père et fils, l’un prénommé Jacques, devenu en sont temps ministre, après avoir été un des leaders syndicaux, déjà, de la Lorraine en crise, et l’autre, le fils, François donc, recyclé par le gouvernement à l’inspection  générale des  affaires sociales, pour se retrouver aussi à la Présidence de Terra Nova, un "think tank" proche du Parti Socialiste. Je ne sais d’ailleurs si Chérèque fils aura conservé les deux responsabilités.

Sans même citer Jean Kaspar qui passa de secrétaire général de la CFDT à ministre-conseiller à l’ambassade de France à Washington, on se rappelle aussi de la Tsarine, Nicole Notat, ex patronne de la CFDT, devenue par la grâce d’on ne sait quel mécène, présidente du Siècle, club-association qui réunit dans un même lieu de pouvoir et d’influence, tout ce qui se fait de mieux (bof !) dans notre classe dirigeante.

Si j’étais méchant je dirais que la CFDT est un syndicat d’avenir, pour ses dirigeants au moins. Mais je suis méchant.

Et maintenant, Martin, un peu plus bas dans la hiérarchie syndicale mais bien plus haut jusqu'alors au moins dans l’estime générale que l’on pouvait porter à l’idéal syndicaliste. Un vrai de vrai Martin, un ouvrier, un fort en gueule, un authentique, un qui pleure quand il faut, un qui se salit les mains, qui sait brandir le poing et parler au mégaphone. C’est pourquoi d’ailleurs, bien qu’étant à la CGT, je n’en veux pas au cédétiste  Edouard Martin : car je ne sais pas ce que j’aurais fait à sa place, rendez-vous compte, le gars est foutu à la porte de son usine après s’être battu comme un malade, et voilà qu’on lui propose une place de député européen à 7000 euros par mois au bas mot, sans compter les avantages accessoires, saucisses, choucroute, strudel, chauffeur et Strasbourgeoises. ( pour les Strasbourgeoises j’déconne bien sûr, pas d'ennuis ni de Femen sous mes fenêtres !)

C’est encore mieux que de gagner au loto, non ? Il n’y a guère que les riches qui pourraient se payer le luxe de renoncer à leurs gains au Loto.

Et donc le problème n’est tant celui de Martin que le nôtre, car même s'il gardait longtemps cette image du syndicaliste frôlant l’opprobre, et la Droite on peut lui faire confiance ne manquera ni de hurler ni de se moquer, cela ajoute à la déroute idéologique que la gauche traverse aujourd’hui. 

On ne peut pas ne pas penser à Terra Nova précisément qui envisageait d'exclure les ouvriers de la base politique du parti socialiste. L'intégration d'Edouard Martin dans cette liste du Grand Est pour les européennes suffira-t-elle vraiment à redresser la barre ? Ne serait-ce plutôt qu'une espèce d'ouvriérisme sans profondeur ?


On ne peut lui en vouloir, j'irais même jusqu'à le féliciter par anticipation de son élection.
On pourrait en revanche en vouloir à ceux qui pensent qu’en le plaçant là, le scrutin leur sera plus favorable. Rien n’est moins sûr.

Enfin, on peut en vouloir surtout à ceux qui, en le sauvant, n’ont pas sauvé Florange.


JMG

samedi 7 décembre 2013

Mille-feuilles et tarte à la crème

Partout à la radio, à la télévision , dans les journaux, de la part des politiques, des experts en tout genre, ce leitmotiv : notre système administratif serait trop complexe, il y aurait trop de communes, trop de départements, trop de régions , trop de tout, "trop de notes" en somme dans la symphonie mal embouchée de nos territoires. Et bien sûr, tarte à la crème, tout cela nous coûte cher, trop cher !

 Il faudrait donc trancher dans le mille-feuilles. Car tout le mal viendrait de là : si nous sommes en crise, s’il y a trop de chômage c’est parce qu’il y aurait trop de strates administratives qui se disputeraient, en se chevauchant, des compétences qui plus est illusoires.

 Ce constat, si c’en est un, a déjà débouché sur un arsenal réglementaire et législatif jamais terminé, et qui nous tient en haleine depuis des décennies, 1982, 1992, 2004, 2012, et 2014 bientôt avec ce projet de loi de modernisation de l'action publique et d'affirmation des métropoles. Tant est si bien qu’en guise de clarté gagnée nous n’avons fait, au fil du temps législatif ou réglementaire, qu’accumuler des couches de brouillard de plus en plus épaisses. Et finalement c’est l’usager des services publics locaux -ou le citoyen, ce qui est presque plus grave- qui sera devenu le plus perdu dans cette jungle.

Parce que l’Allemagne, elle, ne compterait pas autant de communes, il faudrait qu’en France on fît la même chose. C’est méconnaître l’histoire qui a fait à leur rythme les nations. Trente-six mille communes en France, et alors ? Cela n’est-il pas une chance pour la démocratie de proximité ? A-t-on jamais empêché les communes de s’organiser en syndicat à vocation unique ou multiple ? Voire de fusionner, mais en toute liberté bien sûr ?

 Quoi qu’il en soit la réforme (en fait l’avatar du rapport Balladur de 2009) est sur les rails et elle a un but affirmé, celui de la réduction des dépenses publiques avant d’être au service de l’usager. Et pour cela apparaît un instrument de taille, la bombe atomique de l’incitation à la mutualisation des services : le CIF ( coefficient d’intégration fiscale). C’est simple, plus vous aurez supprimé d’emplois publics, plus vous obtiendrez d’aides financières de l’Etat. Je n’exagère pas. Insolite et grotesque dans un  pays qui comptent plus de trois millions de chômeurs !

Ainsi la commune est embrassée jusqu’à l’étouffement par une coopération intercommunale forcée dans le cadre des communautés de communes ou d’agglomérations. Les compétences des communes risquent de se trouver réduites à la plus simple expression rendant la distance plus grandes entre le service et ses bénéficiaires, dans le cadre d'un contrôle démocratique moins serré puisque là encore le pouvoir sera recentré sur l’agglomération avec une assemblée délibérative démesurée à la merci pourtant des villes-centre.

Plus sérieux encore, la question des métropoles que l’on veut rendre plus « compétitives » mot à la mode, à l’échelle européenne, jusqu’à nier les départements ou les communes qu’elles engloberont aussi. Des métropoles certes, mais à la campagne. Lons-le-Saunier concernée ? Non, mais Lyon ou Marseille, oui sans doute...Quoi de plus saugrenu ?

Le désir de l’usager-citoyen est de comprendre, d’y voir plus clair. En temps de crise il convient de stabiliser les compétences des collectivités, pour les rendre plus claires et donc plus efficaces, et non pour les rendre encore plus opaques, ou plus éloignées des citoyens qu'elles ne le sont aujourd'hui. Et  de leur donner des moyens appuyés par une fiscalité locale enfin plus juste…

Mais de cela on ne veut pas. Ce serait presque trop simple.

JMG

samedi 30 novembre 2013

Où l'on voit qu'il n'y a pas que les municipales dans la vie, surtout en ce moment

Cette semaine à Lons-le-Saunier (  Jura, sur Vallière pour ceux qui ne connaissent pas) aura été marquée par le rassemblement que Marc-Henry Duvernet, notre candidat, investi par le parti socialiste (voir les épisodes précédents),  aura réussi avec un certain brio à organiser au Carcom, ce dont je le félicite. Une belle réunion, conviviale comme on dit, même si parfois l’auto-congratulation mutualisée et généralisée, à l'américaine, a pu paraître excessive à certains, comme hors-sol. Maintenant si cela peut contribuer à nous faire gagner, tant mieux...ça ira, ça ira...pourvu que ce ne fût au prix de nos valeurs, celles de la gauche s'entend...

C’était le 26 novembre dernier donc, le jour même, hasard du calendrier, où l’Assemblée Nationale votait la « réforme » des retraites dans les griffes d’un article 49-3 de la Constitution ( dit vote bloqué) qui permet à un gouvernement peu sûr de lui de faire adopter des projets dont il sait qu’ils n’obtiendrait pas, sans ce stratagème constitutionnel, l’aval des députés de son camp.
Un bel exemple de contre-démocratie parlementaire que nous dénoncions encore il n’y a pas si longtemps. De cette réforme il ne fut nullement question pourtant, l’atmosphère étant à la fête et au rassemblement.

Les façons d’arriver à cette « réforme » des retraites  aggrave le fond de l’affaire : une loi de nature à accentuer la paupérisation de la population, et qui vient à la suite de celles concoctées par la Droite. Contre ces réformes, des millions de personnes ont manifesté, en 2003, 2008 et 2010, dont un certain nombre d’actuels ministres, pour finir ces jours récents où nous ne fûmes plus que quelques syndicalistes.

Ces réformes n’ont pas été remises en cause par le gouvernement Hollande. Bien au contraire. D’autres solutions pourtant étaient possibles ( lire le blog de Gérard Filoche) mais pour cela il aurait fallu d’abord faire fi de l’argument fallacieux, mais bien commode, du supposé allongement de la durée de la vie…qui est en train de régresser d’ailleurs, et pour cause.
C’est le chômage qui est en train de tuer nos système de retraites, les jeunes étant fort logiquement le plus touchés puisque les « seniors », ceux d’entre eux qui ne seront pas déjà au chômage ( en France moins d’un salarié sur deux est en emploi avant la retraite),  seront obligés de travailler plus longtemps.

Le gouvernement aura donc choisi la solution de facilité, et répondu ainsi par la même occasion à un diktat de la commission de Bruxelles qui a exigé une réforme des retraite contre le délai supplémentaire donné au gouvernement pour atteindre les moins de 3% de déficit public. Résultat : la France a un régime des retraites parmi le plus durs des pays européens....Et ce n'est pas cela qui fera revenir la croissance !

Quels rapports avec les municipales me direz-vous ? On peut vouloir dynamiser une ville mais on ne peut faire abstraction de la situation économique et sociale du pays. La diminution du pouvoir d’achat, celui des retraités comme celui des salariés a des conséquences sur les politiques municipales. Il n’y a pas que des bobos en centre-ville (et les bobos eux-mêmes ont de plus en plus de difficultés à vivre décemment.)

Les élus, s’ils sont de gauche, doivent en avoir conscience et combattre une austérité qui est en train, insidieusement, et à distance, de tuer leur ville.

JMG


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samedi 23 novembre 2013

La démocratie au prix du marché

Les Etats-Unis et l’Union Européenne se sont donc entendus pour débuter des négociations pour un accord de commerce et d’investissement ( accord de libre échange transatlantique). De la même manière que cela s’est produit tout récemment avec le Canada, ces négociations sont secrètes et s’opèrent en dehors de la connaissance que devrait en avoir chacun des peuples qui composent l’Europe.

Plus qu’autour des tarifs douaniers qui ne sont pas si élevés entre les Etats-Unis et l’Europe, l’accord s'il devait être conclu, se fera surtout sur les questions qui réglementent les échanges, en particulier celles de nature environnementale ou de protection des consommateurs.

Il y a fort à parier que ces accords se feront sur le dos de ces derniers au profit des milieux d’affaires, lesquels véritablement ont la main sur ces discussions. Pour ces oligarchies, les banques, les sociétés multinationales, il y a lieu de faire disparaître tout ce qui serait susceptible d’entraver le commerce, quitte à détruire des pans entiers du secteur public.

Plus grave encore : les grandes sociétés commerciales internationales auraient toute latitude d'attaquer en justice un Etat dont la politique sociale ou économique serait en contradiction avec les intérêts de ces grands groupes privés. Les Etats seraient donc redevables d’indemnités qui compenseraient les inconvénients de ces politiques, comme la sécurité sociale en France, ou un Droit du travail qui seraient jugé trop contraignants aux yeux du "marché".

Cela paraît à peine croyable mais c’est pourtant ce qui était déjà prévu, comme le rappelle « le monde diplomatique » de novembre par l’accord multilatéral sur l’investissement ( l’AMI) négocié en secret par les Etats membres de l’OCDE entre 1995 et 1997. Le tollé que cela avait produit à l’époque, lorsque cela fut révélé, avait obligé à une remise de ce projet.
Mais il revient donc en force aujourd’hui avec la volonté de créer des tribunaux spéciaux composés essentiellement d'avocats d'affaires et dont les jugements feraient se plier les Etats aux normes du libéralisme économique.
L'Europe ( je parle de celle qu'on nous impose aujourd'hui), composée des gouvernements qui l'ont bien voulu, dont le nôtre, cette Europe-là laisse faire.

Il est grand temps de réagir avant que les démocraties européennes ne soient définitivement jetées en pâture à la cupidité du peu qui entend gouverner le monde.

JMG


Lire l'article de Lori Wallach dans "Le Monde Diplomatique" de novembre 2013

dimanche 10 novembre 2013

Petit rappel

Lorsqu’un parti est en grave crise morale, comme je pense le Parti socialiste aujourd’hui, il ne lui reste pour continuer son action et ce pour quoi il s’est constitué dans l’histoire, que les règles qu’il s’est lui-même données. 
Il se doit surtout de les respecter s’il veut rester démocratique et garder une chance de rebondir. Le « pragmatisme », valeur que l’on attache le plus souvent à la droite, mais que la gauche doit légitimement prendre à son compte elle aussi, ne doit pas entraîner que la règle de quelques-uns s’opère aux dépens du droit et de l'intérêt général.

Le parti, dans sa sagesse collective et bien comprise on l'espère, a édicté dans une circulaire les modalités de désignation des candidats qui, outre l’investiture du premier des socialistes habilité à  conduire la liste des municipales ( mais ça c’est déjà fait comme à Lons-le-Saunier et Dole), organise la constitution des listes qui seront soumises au suffrage universel de mars prochain.
Ainsi le dépôt des candidatures pour les listes aux municipales est clos, depuis le 3 novembre précisément.

Il est prévu la mise en place d’une commission fédérale des candidatures au plus tard le 15 novembre. Un vote des adhérents aura lieu le 21 novembre sur la liste soumise par cette même commission.

La liste élaborée par cette commission devra être complète et ordonnée même si elle aura éventuellement à tenir compte d’accords pouvant intervenir plus tard avec les partis partenaires du Parti socialiste. Les candidatures doivent être portées à l’attention des adhérents concernés. 
Des conventions fédérales de ratification des listes pour les villes qui comptent moins de 20 000 habitants ( sauf préfectures) se tiendront entre le 29 novembre et le 6 décembre. La convention sera nationale pour les autres et se tiendra le 7 décembre.

Tout cela a l’air bien compliqué, mais la démocratie ce n’est jamais simple surtout lorsque la liberté et l’égalité peuvent de surcroît se trouver orphelines de la fraternité, comme bien souvent dans l’histoire.

JMG


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