Affichage des articles dont le libellé est Allemagne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Allemagne. Afficher tous les articles

vendredi 29 septembre 2017

Vendus !

C'est en effet à ce cri, vendus !, que nous devrions accueillir la dramatique absorption d'Alstom, la grande entreprise française qui nous avait valu le TGV,  par Siemens l'Allemande. Car il ne s'agit pas de mariage, loin de là, ou alors s'agit-il d'une union bancale et déséquilibrée où l'on voit dès maintenant quelles en seront les victimes.

Car c'est désormais Siemens qui commande et qui pourra, bien avant les quatre ans pendant lesquels, nous promet-on, rien ne serait commis en terme de licenciements, faire la pluie, le beau temps, et le gel surtout sur le territoire de Belfort.

Oui, comme le dit Montebourg, il aurait fallu nationaliser pour éviter cette énième catastrophe  de politique industrielle. Et tant pis si un ou deux imbéciles eussent pu alors, pour empêcher sottement tout débat, nous parler du Venezuela ou, comme Attali un jour, un des chantres de Macron, de la Corée du Nord.
Non, même le courage a été privatisé, ou plutôt confisqué des mains de ceux qui sont censés nous gouverner aujourd'hui. Ils ne nous gouvernent plus mais restent néanmoins, par leur inaction coupable, des facteurs de la carence industrielle qui sévit aujourd'hui en France.

La concurrence infra-européenne est faussée et bénéficie principalement aux pays du Nord de l'Europe et à l'Allemagne au détriment d'un équilibre et d'une harmonie qui devait être l'objectif européen.

L'épisode Alstom Siemens, tout comme le contrôle de STX par l'Italien Ficantieri, sont les récentes et spectaculaires illustrations de notre déclin industriel présent ou annoncé.
La CGT rappelait que l'emploi industriel avait reculé de près 25% en quinze ans et ne représentait plus aujourd'hui que trois millions de salariés.
L'industrie française n'atteint même plus les 10% du PIB alors qu'il se monte à 16% dans l'ensemble de la zone euro. C'est dire le danger qui nous guette, qui guette à terme notre indépendance politique et démocratique dans l'ombre d'une Union Européenne aujourd'hui en perdition.

La financiarisation outrancière des grandes entreprises sans que l'Etat veuille s'en mêler, même s'il fait semblant, est la cause de leur évaporation du territoire français. La gestion industrielle n'est plus la priorité, elle a laissé la place à une gestion financière qui échappe aux pouvoirs publics et bien entendu aux salariés qui sont les premiers à en souffrir.
Ce sont eux, en première ligne, qui sont ciblés par des politiques irresponsables qui laissent faire et s'en remettent au "marché",  par lâcheté ou par intérêt.

Au lieu de se laisser aller, comme Macron, à l'esbroufe d'une hypothétique nouvelle économie, et de s'acharner à détruire le droit du travail qui ne fera que faciliter les licenciements et donc à se priver de précieux savoir-faire, il est urgent de s'attacher à mener une politique véritable de ré-industrialisation.
Celle-ci demeure encore possible.

Commençons par dénoncer ces politiques d'austérité, dans l'obsession de la réduction des dépenses publiques, alors que la commande publique, comme aux Etats-Unis, est un des moteurs essentiels de l'activité industrielle.
Et profitons-en pour faire des choix stratégiques cruciaux, par exemple en investissant massivement dans la transition écologique !

                                                                       JMG



vendredi 12 mai 2017

et maintenant ?

Tant de choses se sont produites ces derniers jours, ces dernières heures, qu'on  ne saurait pas comment les embrasser, ces événements il faut bien l'avouer nous dépassent un peu. Un des faits marquants auront été les volées de bois verts que se sont pris les gens qui osaient dire qu'ils ne votaient pas Macron, ceux-là on les aura mis dans le même sac que Le Pen, alors que précisément c'est parmi ces gens-là qu'on trouvait les plus déterminés à combattre l'extrême-droite. Ne pas voter Macron n'équivalait pas à voter Le Pen, l'équation présentée comme une évidence était bien loin d'être juste.
On a pu retrouver là quelques relents du vote de 2005 sur le traité européen ou les gens qui votaient "non" furent montrés du doigt comme s'ils avaient opté pour le diable.

Cette mauvaise plaisanterie étant passée, le danger étant (provisoirement) écarté, il faut s'attacher aujourd'hui à bien considérer ce qui nous attend. Car Macron pourrait avoir sa majorité parlementaire pour conduire les dégâts qu'il nous a promis.
Or peu de Français connaissent son programme, peu savent pour qui et surtout pour quoi au fond ils ont voté.
Sans doute, pour la plupart, n'ont-ils pas pris la mesure de la stratégie que Macron s'apprête à mettre en oeuvre, néo-libérale à souhait, dans la continuité de celle de Sarkozy puis de Hollande. Cette startégie s'annonce dans l'air du temps, c'est celle de l'Union Européenne telle qu'elle se présente aujourd'hui, avec, en quelque lieu, des relents racistes et xénophobes comme en Hongrie, en Pologne voire au Pays-Bas, idées nauséabondes auxquelles notre pays a échappé pour l'heure mais qui précisément sont amenées ou encouragées par les excès du néo-libéralisme.

Ainsi, comme pour en donner la preuve, Macron serait sur le point de prendre comme premier ministre, de façon claire et transparente, un homme issu d'une droite assumé qui n'aura rien à voir avec les résultats d'un premier tour des présidentielles électoralement bien plus nuancé. Sa politique ne fera qu'aggraver les inégalités lesquelles demeurent le véritable moteur du déclin de notre pays.

Il s'agit d'abord pour Macron de réparer un affront lorsqu'il était encore dans le gouvernement Hollande : la loi travail n'était pas tout à fait celle qu'il avait envisagée. Il va donc la reprendre pour l'aggraver dans le sens d'une plus grande flexibilisation du droit du travail. On sait que ces mesures sont commandées en sous-main par la commission européenne. Il s'agit à terme, dans le contexte d'une zone euro à préserver au nom de l'ordo-libéralisme allemand, d'aligner la France sur une exigence de compétitivité lui permettant de conquérir ou de pas perdre des marchés face à des pays qui ont déjà des salaires plus bas et un droit du travail réduit à la plus simple expression.

Le programme de Macron contient le rétablissement des "exonérations sociales sur les heures supplémentaires" ce qui est de nature à fragiliser la sécurité sociale qui n'avait pas besoin de ça.
L'essentiel de sa loi travail à lui : les salaires comme les conditions de travail pourront être définis au sein de l'entreprise et non par des accords de branche ou de par la loi. Malheur aux salariés de certaines petites ou moyennes entreprises, bien souvent sous-traitantes, dans lesquelles les syndicats sont faibles voire inexistants.
La philosophie Macron réside dans cette volonté de faire pression sur les salaires dans le but, inaccessible et illusoire par ce moyen-là, de rétablir une compétitivité perdue par rapport à l'Allemagne de Merkel.

Idem pour la dépense publique qu'il faudra, selon le credo néo-libéral dont on nous rebat les oreilles, diminuer à tout prix. Les victimes sont toutes désignées, la fonction publique dont on veut continuer de supprimer les postes, à hauteur de 120 000, différence de degré et non de nature avec le projet de ce cher François Fillon.
Les services publics, victime de cette idéologie, seront donc atteints gravement avec des conséquences désastreuses en terme de rélégation économique et sociale.
 Que dire aussi des chômeurs dont le programme de Macron prévoit une baisse des indemnisations, ou carrément leur suppression en cas de refus de plus de "deux emplois décents".
Ces mesures de régression sociale sont portées par un vent mauvais qui nous vient d'outre-manche ou d'outre-Atlantique.
Il est d'autres aspects de ce programme sur lequel il faudra bien s'attarder par nécessité d'une résistance qui reste toujours à organiser, dans l'unité si possible...
Les Français pour avoir massivement rejeté l'hypothèse Le Pen, n'en seront pas pour autant remerciés. Au contraire l'équipe Macron pourra se prévaloir de l'excellent score de son chef pour appliquer un programme présidentiel qui ne fera qu'aggraver la "crise" avec son lot de victimes habituelles, les plus démunis mais aussi les classes moyennes, ou les retraités qui seront particulièrement touchés via l'augmentation du taux de la CSG (Contribution Sociale Généralisé).

Il est d'usage républicain de souhaiter bonne chance au nouveau président, de "lui laisser sa chance". Macron est "sympathique" n'en doutons pas, c'est là une de ses forces, il pourra même, sait-on jamais dans les eaux troubles de la politique politicienne, mener sa barque avec une réussite qui pourra en dérouter certains.

Aux citoyens exigeants que nous sommes d'aller chercher, au-delà de la séduction facile, les raisons d'une lucidité plus grande, préalable à une cruciale et indispensable résistance.

JMG




samedi 24 octobre 2015

La réforme territoriale, une stratégie du choc à la française

Standard & Poors, l'agence de notation, s'intéresse aux régions qui vont passer, aux termes de la loi NOTRe (loi portant nouvelle organisation territoriale de la République), de vingt-deux à seulement treize.
Continue-t-on ainsi à vouloir imiter l’Allemagne ? Alors même que le poids budgétaire des régions françaises restera, malgré la réforme, ridiculement bien inférieur à celles d'outre-Rhin ?
Réforme phare, voire pharaonique, qui n'était pas prévue dans les soixante propositions du candidat Hollande, mais réforme qui présente l'avantage de faire oublier, peut-être !, le désastre de la politique économique actuellement menée. L'accroissement indéfectible d'un chômage de masse, on le sait, n'est pas l'effet du hasard, c'est bien le résultat d’une politique d'inspiration néo-libérale qui sape le moral de l'ensemble de la société.
Les souffrances qu'endurent les chômeurs, qui par ailleurs seront encore plus contrôlés, ne mériteraient-elles pas qu'on s'y attarde sérieusement ? A la place, comme pour cacher la misère au sens propre comme au figuré, le gouvernement propose cette réforme qui loin de rendre les régions plus efficaces les rendra certainement plus coûteuses. On nous avait pourtant vanté que cette loi révolutionnaire constituerait par-dessus tout une réelle et prodigieuse source d'économie d'échelle.

Et donc du point de vue du pouvoir, la plaie de notre société, c'était bien avant tout ce maudit mille-feuilles administratif qu'il fallait à tout prix remettre en cause ! Et voilà, c'est fait, comme une lettre à la poste, tant les citoyens n'y comprennent pas grand'chose, et surtout ont d'autres préoccupations, d'autres inquiétudes.
Sans parler ici des autres versants de la réforme territoriale ( suppression de la clause générale de compétences, métropoles, départements, fusion des communes …), la constitution des nouvelles régions est en train de déstabiliser l'ensemble du système administratif français comme si celui-ci avait besoin de ce chaos artificiel concocté par des politiciens en mal de stratégie politique.

Mais, alors que ce pouvoir comme ceux qui l'ont précédé font tout et n'importe quoi pour plaire aux marchés financiers, un de leur affidés, Standard & Poors, clame aujourd'hui que la fusion des régions ne sera la source d'aucune économie.

Cette agence, qui donne des notes aux institutions comme on un instituteur peut donner des bons ou des mauvais points à des élèves respectueux ou soumis, estime que la réforme territoriale, sous l'angle singulier de la fusion des régions, n'aurait aucun effet d'économie sur la Dépense Publique, grand Satan désignée de l'économie néo-libérale.

D'autant que Standard & Poors pointe aussi que les baisses des dotations de l'Etat, pour l'ensemble des collectivités locales, entraîneraient une diminution des investissements d'au moins trois milliards d'euros entre 2014 à 2016 (ce sera d’ailleurs probablement beaucoup plus élevé), sans que les impôts locaux baissent pour autant !
Et donc là aussi mauvais point pour Valls, Hollande, Macron, la réforme à cet égard ne servirait donc à rien, elle entraînerait même, dans un premier temps au moins, des surcoûts supplémentaires. Rappelons qu'à l'origine il avait été question, puisque le nombre des régions diminuait, de réduire d'autant le nombre des élus. Cette idée, sans doute pour ne décevoir personne, aura été bien vite abandonnée.

Nous ne sommes qu'au début de l'application concrète de la réforme. On entend déjà, et de plus en plus fort, les échos de la désorganisation des services déconcentrés de l'Etat qui eux aussi sont concernés comme ils l'ont été déjà à l'occasion des phases antérieures de cette prétendue "décentralisation".
Il faudra aussi compter les risques psycho-sociaux qui pèseront sur l'ensemble des agents publics, et s'attendre à la désorganisation de l'ensemble des services publics locaux.
N'est-pas là une sorte de stratégie du choc à la française ?

Quel en seront les effets ou les buts ultimes ? Le risque n’est-il pas au fond de désorganiser ces services publics pour les rendre encore plus vulnérables à des privatisations qui, elles, pourront bien plaire aux agences de notation et à tous ceux auxquels elles pourront profiter ?

JMG










samedi 26 septembre 2015

Dévaluations

 On ne le sait que trop peu mais la « prospérité », relative et très peu partagée, de l’Allemagne se fait au détriment de ses pauvres qui eux sont de plus en plus nombreux avec un taux de pauvreté de 15,2%.
Ce taux est même plus élevé qu'en France (13,7%) lequel paraît-il en France aurait baissé un peu...(sauf pour les retraités qui  d'après l'INSEE seraient 39 000 supplémentaires cette année à avoir atteint le seuil pauvreté !)
Un hebdomadaire que l'on ne peut suspecter de gauchisme, l'Express, relatait même que des régions entières en Allemagne s’enfonçaient dans le déclin avec des fermetures de services publics, entraînant le désœuvrement et le désespoir de toute une jeunesse.

Avant l’euro-mark, les marchés se gagnaient pour une bonne part grâce à la dévaluation raisonnée des monnaies : cela pouvait avoir pour effet de contenir le chômage. On a aujourd'hui abandonné l'instrument monétaire pour le remplacer par  la  dévaluation et la paupérisation des populations et des territoires. Dans une Union européenne où domine une pensée politique et économique unique, les gouvernements néo-libéraux, comme celui que nous avons en France aujourd'hui, prétendent aider les entreprises par une politique de l'offre.

C'est cette course à l’échalote qui paupérise aujourd’hui, en Allemagne comme en France, les populations, dans un contexte de réduction délibérée de la dépense publique, laquelle est pointée du doigt par nos néo-libéraux comme la raison de tous les maux.
C'est oublier que les entreprises ne doivent leur salut qu'à une demande suffisamment forte et donc à un carnet de commandes consistant.

Puisse l'Allemagne, dont les media vantent la prétendue réussite, servir de contre-exemple à nos gouvernants. Cela n'en prend pas le chemin et, bien au contraire, tout laisse à penser que l'actuel gouvernement français "de gauche"  -il est vrai que l'on est toujours à la gauche de quelqu'un-  continue de mener sa politique de dévaluation interne au risque de se couper, définitivement cette fois-ci, de sa base politique, celle grâce à laquelle il est aux manettes aujourd'hui.

Tout cela pour un résultat économique et social nul, comme portent à le croire les chiffres de plus en plus mauvais du chômage.
Dans ces conditions, et si on peut encore le croire sur parole, Hollande aura bien du mal, dans deux ans, à se représenter.

JMG

lundi 13 juillet 2015

En sortir ?

On dit Tsipras défait, et les media de se réjouir de ses renoncements, pire de sa traîtrise supposée. Il n'en est rien. Tsipras a fait ce qu'il avait dit dans un chemin semé d'embûches. On dit que les Grecs dans leur majorité veulent rester dans la zone euro. Franchement, j'en viens à me demander pourquoi, dans quel intérêt ? C'est aussi au nom de cette exigence qu'Alexis Tsipras et son gouvernement paraissent avoir cédé sur les retraites, sur la TVA, et sur d'autres choses encore, essentielles, comme les privatisations de certains ports, quoique pour ce dernier point rien n'est acquis heureusement, Tsipras dans l'adversité réussirait même à sauver quelques meubles. 
Il fallait ces concessions de taille, en contradiction avec le "non" référendaire, pour amadouer les idéologues de Bruxelles  attachés aux dogmes néo-libéraux comme des bigorneaux à leurs rochers.

Ainsi, ce faisant et grâce à ces reculs, le gouvernement grec espère une aide supplémentaire ( rien que pour payer les intérêts, oui on marche sur la tête ! ) et un rééchelonnement  de la dette grecque. Mais cela il n'est même pas certain que Berlin l'accepte, et déjà les Finlandais qui fricotent avec l'extrême-droite, exigeraient des Grecs une sortie de l'euro, comme sans doute au fond la majorité des pays de l'Europe du Nord. 
Les fanatiques néo-libéraux sont aux commandes d'une Europe qu'ils précipitent vers le chaos. Elle est déjà bien mal en point, et si ce n'était que "l'Europe" encore, mais non c'est l'ensemble des peuples de l'Europe, les peuples allemands, français, portugais, italiens etc...tous soumis à une austérité qui fait de l'Europe, avec sa monnaie forte, la Suisse de la planète entière où l'on peut placer son argent avec une certaine sécurité. Pourquoi croyez-vous que les Américains ou les Chinois veulent garder intacte la zone euro, Grèce y compris dont la sortie possible pourrait en entraîner d'autres ?

Si donc le gouvernement allemand, car c'est lui réellement qui commande,  faisait capoter la négociation qui se joue aujourd'hui, le premier ministre grec pourrait au moins faire valoir d'avoir bien jouer, jouer jusqu'au bout la raison, la sagesse contre la folie des européistes. 

Et donc la Grèce dans ce cas quitterait l'euro. Et Tsipras, aux yeux de son peuple, comme à ceux du monde, ne passerait pas pour le jusqu'au-boutiste qu'il n'est pas et qu'il n'a jamais été.

JMG

lundi 9 février 2015

Grèce, mais qui c'est donc qui commande ?

Faut-il avoir été assez naïf pour croire que la BCE fût indépendante...des milieux financiers. Oui, Mario Draghi est un ancien cadre dirigeant de Goldman Sachs. Il connaît la musique, l'avait-on oublié ?

C'est vrai qu'on a pu s'y tromper lorsque le 22 janvier la BCE décidait d'inonder de mille  milliards la zone euro, donnant à penser, et à espérer, qu'enfin la banque centrale européenne avait pris conscience qu'il fallait au nom de la croissance, de la prospérité, de la lutte contre le chômage, et à l'instar de ce qui se passe aux Etats-Unis, même en moins massif sans doute, faire tourner la planche à billets.

On pensa alors que c'était là la préfiguration, ou une réponse anticipée, de ce qui devait (heureusement) arrivé quelques jours plus tard, la victoire de la gauche "radicale" en Grèce.

 Mais patatras, la BCE, décide quelques jours plus tard à peine, le 4 février, prise d'on ne sait quelle mouche punitive, de priver les banques grecques de leur source de financement. Elle décide de ne plus garantir les titres de la dette Grecque et laisse cette responsabilité (si j'ai bien compris...) aux banques centrales nationales, enfin celles qui le voudront bien...

En d'autres termes, la BCE soufflant le chaud puis le froid décide de ne plus rien prêter à la Grèce par "présomption" que celle-ci refuserait de conduire la politique d'austérité voulue principalement par l'Allemagne de Merkel.

Qui commande en Europe, Merkel, Goldman Sachs ? En tout cas ce n'est ni nous qui composons le peuple dans sa grand ignorance supposée, ni la Grèce, ou son gouvernement pourtant choisi par le peuple.
L'Europe a-t-elle jamais été un jour démocratique ? Rappelez-vous de 2005 où l'on faisait avaler au peuple français ses bulletins de vote majoritaires contre une Europe qu'aujourd'hui nous subissons, avec une peuple grec en première ligne de la souffrance sociale.

A jouer ce petit jeu, Merkel, Goldman Sachs, et leur complices que par charité...socialiste je nommerai pas ici, risquent de mettre définitivement le feu à une Europe déjà sur des charbons ardents.

Compte tenu de la situation intenable qu'on lui fait subir, le parti Syriza pourrait conduire la Grèce et son peuple à s'éloigner définitivement de la zone euro ( mais peut-être est-ce la volonté profonde de l'Allemagne après tout), en finançant elle-même à la place de la BCE les moyens publics d'un retour véritable à la croissance, la prospérité, et sortir enfin d'une austérité mortifère causée par une Europe décidément ennemie de la démocratie.
Oui, soutenons sans réserve le peuple grec, c'est dans notre intérêt, avant que notre tour n'arrive.

JMG

samedi 24 janvier 2015

L'euro moribond

Mais pas tout à fait mort encore, tout juste blessé, profondément, alors que certains s'ingénient à cacher ou retarder cette mort annoncée. Que la Banque Centrale Européenne autorise "une mesure d'assouplissement quantitatif", et de l'ampleur annoncée par Mario Draghi son président, est révélateur de cette lente agonie de la monnaie unique européenne.

D'abord apprécions comme il se doit les formules, leur côté étrange et savant qui permet à nos "économistes" de cacher la réalité, ou de penser l'enjoliver par un langage aussi pompeux que technocratique. Mais c'est que le bon peuple n'a pas besoin de comprendre : on pense pour lui.
Retenons sans nous laisser impressionner qu'une mesure d'assouplissement quantitatif, "quantitative easing" en anglais dans le texte, signifie faire tourner la planche à billet, pratique qui n'a rien de magique contrairement à ce que nos Européistes ont toujours voulu nous faire croire, et qui au contraire est largement utilisée par les États-Unis ou les Britanniques. La zone euro est la seule au monde qui s'interdit elle-même de battre monnaie se privant ainsi d'un moyen essentiel de sa politique économique.

Tous ses ennuis ne viennent pas de là mais il faudrait sortir de ce dogme premier pour combattre tous ceux qui en découlent dont les politiques d'austérité qui tuent les peuples ou, au mieux, les dégoûtent de l'Europe et de ses idéaux.

Ces rachats désormais possibles de dettes publiques, dont le gouvernement Allemand, et pas seulement pour sauver les apparences, ne veut pas qu'il soit opérés par la BCE mais par les États eux-mêmes, seront donc garantis par ces derniers.

Ainsi les dettes souveraines ne seraient plus un obstacle de la reprise économique, du moins le croit-on, du moins l'espère-t-on, les Etats nationaux devenant ou redevenant, responsables au final de leur dette publique (à hauteur de 80%) et redevables ainsi des pertes hypothétiques. Comment parler désormais de solidarité de la zone euro ? L'euro est-il toujours l'euro ? L'euro demeure-t-il une monnaie "unique" ? Peut-être, mais simplement du bout des lèvres.
Les Allemands y voient bien entendu le danger d'une inflation possible, accompagné d'une baisse de l'euro : pas bon pour les retraites par capitalisation pour lesquelles ils ont opté les préférant aux retraites par répartition. C'est pourquoi, ceci dit en passant, il faut continuer à nous battre pour notre système de retraite.

Que vaut-il mieux, le risque raisonnable de l'inflation ou la déflation mortifère qu'aujourd'hui les pays de la zone euro connaissent, et parmi eux plus cruellement la Grèce ?
Nos oligarques ont peur de voir la gauche, la vraie, triompher en Grèce. N'est-ce pas cette peur qui les a fait fait tant soit peu se bouger jusqu'à ce que la BCE elle-même remette en cause les dogmes des traités européens, donnant ainsi raison au peuple français qui les avait rejetés il y a dix ans déjà en 2005 ?

Mais cette opération de la BCE, acceptée de mauvaise grâce par l'Allemagne, ne servira à rien si on continue de mener des politiques d'austérité aussi inutiles et nuisibles que celle que nous connaissons.
Il faudra notamment se défaire du pacte de responsabilité, comme si les critères imbéciles de Maastricht ne suffisaient pas !, pacte dont le gouvernement Hollande s'est fait le chantre, plongeant ainsi le pays dans la récession dans la continuité du sarkozisme.
Il faut redonner confiance aux forces productives de ce pays, plutôt qu'aux milieux financiers qui ne produisent rien. Ainsi il est urgent qu'un gouvernement de gauche, notamment, s'attelle à des négociations salariales dignes de ce nom, et surtout renonce à s'attaquer, comme il le fait aujourd'hui, au droit du travail et à l'ensemble des salariés de ce pays. Bruxelles n'a pas à nous dicter sa loi, écrite ou non par le petit Macron.

Car ne pas revenir sur les politiques d'austérité actuellement en usage en Europe ne servira à rien et la décision le 22 janvier de la BCE ne fera au contraire qu'accentuer les bulles spéculatives.
Il est grand temps de revenir à l'économie réelle en relançant une demande qu'on doit espérer sociale et écologique.

JMG

dimanche 9 novembre 2014

Risettes au centre-droit

Le six novembre Valls à Pau a fait des risettes au premier magistrat de la ville, un François Bayrou aux anges pouvant espérer désormais que son centre à lui pourrait même pousser des coudes à "gauche". Tout cela n’a l’air de rien bien sûr, on dira que c’est de la politique politicienne, que ça n’a pas d’importance, et on aura en partie raison.

Sauf que cela en dit long sur une droitisation de la société politique française qui ne fait que s’accentuer avec en corollaire des choses concrètes pour les citoyens et les salariés de ce pays, comme par exemple, cette remise en cause du code du travail en le désignant comme la cause du chômage alors qu'au contraire il en constitue un des derniers remparts.

On se souvient donc d'un François Bayrou, qui le 18 septembre dernier jetait à la tête des téléspectateurs un code du travail réputé trop lourd comparé au code du travail suisse. Cette démagogie, ce populisme en fait, pas moins dangereux qu'un autre, casse subrepticement les valeurs de la société française. Et en cela la gauche gouvernementale est coupable, et devra en répondre un jour. Vals, se moquant du parti dont il voulait même taire le nom, n'est pas le dernier à tomber dans la régression : remise en cause de l'indépendance de l'inspection du travail par exemple mais aussi gel pendant trois ans ans des seuils sociaux des entreprises (autant dire leur disparition) pourfendant la démocratie sociale qui n'est pourtant pas très poussée en France contrairement  à une Allemagne qu'on cite pourtant par ailleurs en exemple.

On n'hésite plus non plus à s'attaquer au principe du CDI, tout cela au nom d'une compétitivité qu'on aurait perdue et qu'il faudrait à tout prix retrouver au prix de sacrifices consenties uniquement par un seul camp, celui de salariés. On aurait mieux compris que ce fût l'oeuvre de forces conservatrices. Mais c'est que les libéraux sont dans le fruit.

Ainsi, ce flirt de Valls avec le centre-droit, pour anecdotique qu'il paraisse, n'est pas neutre, il présage une recomposition politique dont les victimes sont déjà désignées. 

JMG





jeudi 19 juin 2014

CFDT ou le coucou du syndicalisme


Il y a bien longtemps que la CFDT, au sens confédéral du terme, n’est plus un syndicat. Je ne vise pas ici les équipes syndicales qui défendent les salariés au quotidien, la nécessité sur le terrain faisant loi, l’idéologie dans ces cas étant à mettre au second plan voire même oubliée dans l’action. Mais je précise que plusieurs structures cédétistes se sont par exemple prononcées, contrairement à leur confédération, au pacte de responsabilité concoctée par le gouvernement Hollande.

Je dis que la confédération CFDT a abandonné l’idée même de combat syndical pour privilégier la négociation au risque de n’être plus crédible aux yeux de ceux qu’elle est censée défendre. Aux yeux du monde du travail la CFDT en effet peut passer pour un syndicat « jaune », c’est une accusation grave mais qui glisse sur le plumage de ses dirigeants lesquels depuis longtemps confondent démocratie sociale et collaboration, parfois constructive d’ailleurs ( mais ça dépend pour qui), avec le pouvoir en place.

Aujourd’hui c’est le gouvernement « socialiste » Hollande-Valls qui en profite, mais hier ce pouvait être celui de Raffarin, Fillon ou d’autres. Et toujours les salariés qui trinquent.

Ainsi de multiples « réformes » ont pu être jugées acceptables parce qu’une confédération dite  "réformiste" avait donné son accord, ce fut notamment le cas de la réforme des retraites en 2003 ou plus proche de nous de l’accord national interprofessionnel en janvier 2014 qui donna naissance à la loi dite de flexi-sécurité de juin 2013 qui n'est forte qu' à déstabiliser notre droit du travail.

La CFDT parle beaucoup de démocratie sociale, mais nous à habitué a signer des accords qui engagent les salariés au mépris du respect qu’elle devrait pourtant au fait majoritaire sur le terrain et dans les luttes syndicales. Elle passe pur le chevalier blanc, responsable, à la différence de l’extrémisme ou du jusqu’au-boutisme supposés de la CGT ou de la FSU. En réalité la CFDT serait encore moins que le peu qu’elle est aujourd’hui sans la détermination et le courage de ceux qui se battent. La CFDT est à cet égard une espèce de coucou qui recueille les fruits du véritable combat syndical et peut dans le même temps appeler à l’arrêt de grèves qui sont tout à fait légitimes, comme celle des cheminots dont l'intérêt se confond avec celui de la société toute entière.

Les conditions du dialogue sont ainsi faites en France ou un syndicat minoritaire, en tout cas dans les luttes, peut servir à asseoir, au nom d’une soi-disant démocratie sociale, des politiques de régression sociale avérée. On prend souvent l’exemple de l’Allemagne. Eh bien en Allemagne, sans vouloir imiter leur système à tout prix, cela ne se passe pas ainsi.

Peut-être un jour un gouvernement de gauche aura-t-il le courage de remédier à cette bizarrerie des rapports sociaux en France.

JMarc Gardère

jeudi 29 mai 2014

On ne change pas les équipes qui perdent

Difficile de dire si le gouvernement et le Président de la République  ont bien mesuré l’échec de la gauche et celui du parti socialiste le 25 mai pour ces européennes. Je ne suis pas sûr qu’à un niveau plus modeste, celui de la fédération du Jura du parti socialiste, les responsables politiques en ayons pris beaucoup mieux la mesure.

Cet échec cinglant n’aurait donc servi à rien, faut-il se persuader qu’on ne change pas une équipe qui perd, même au prix de la catastrophe ?

Le FN a gagné ces élections, et ce ne pourrait être qu’un début si on prend ces résultats à la légère comme semble le faire le Président de la République à l’instar d’une belle brochette de responsables ou élus du parti socialiste dans une mélasse idéologique indescriptible empruntée à la droite ou au centre-droit.

Que disent-ils en gros ? Que c’est un cycle d’une crise qui va se terminer, tôt ou tard, bientôt nous dit-on, par un retournement. Ouarf !

Au niveau jurassien le premier fédéral nous écrit : « aucun militant et aucun élu ne doit faillir à son devoir de soutien absolu au Président de la République, au gouvernement et à la Majorité présidentielle".
Je goûte avec gourmandise l'adjectif "absolu". Il est savoureux en ces temps de monarque ou princes républicains déclinants.

 Bien chef, oui chef ! Cela est désolant, cela en dit long sur ce que devient le parti socialiste, un parti dont on voudrait faire des militants de simples godillots  après les avoir forcé à abandonner toute pensée critique. Voilà aujourd’hui ce qui mine le parti socialiste, le déficit démocratique, le manquement aux règles, le mépris en direction des militants, le manque de formation politique qui fait les (jeunes) ambitieux soucieux avant tout de leur carrière.
Alors, depuis deux ans, et c’est là l’essentiel malheureusement, les contre-réformes font florès qui reviennent violemment sur des lois sociales protectrices et de progrès, et dont on ne dit rien sauf à les encenser.
Ainsi en-est-il de la loi de sécurisation de l’emploi qui porte si mal son nom, qui en réalité bouleverse notre droit du travail, issue d’un accord avec des syndicats dit réformistes » telle la CFDT (ou sa direction nationale) dont les militants mêmes découvrent, sur le terrain, peu à peu, les effets négatifs du texte.

Loin de tenir ses promesses, Hollande en applique d’autres, celles que nous avons, alors dans l’opposition, combattues. On pourrait en multiplier les exemples. Jusqu’à la pièce maîtresse annoncée par le 1er ministre, ces cinquante milliards d’économie à faire qui seront de nature à déstabiliser l’Etat et ses services, qu'ils soient centraux, déconcentrés ou décentralisés et qui nous font passer du socio-libéralisme  -on n’ose même plus parler de social-démocratie- à l’ordo-libéralisme inspiré de l’Allemagne d’Angela Merkel.

Plus aucune volonté de progrès social et économique alors qu’il serait temps de parler de retour à une véritable progressivité de l'impôt sur le revenu, d’augmentation des minima sociaux, de réduction du temps de travail. Bien loin la loi des 35 heures de Lionel Jospin et de Martine Aubry qui à l’époque, malgré tout le mal que la droite a pu en dire, a retardé la crise et créé de 300 à 400 000 emplois.

Aujourd’hui on nous parle au contraire de suspension (dernières déclarations du ministre du travail) des seuils dans les entreprises pour la représentation du personnel. Comme si toutes les décisions prises jusqu’alors au bénéfice d’un politique de l’offre ne suffisait pas, voilà qu’on en rajoute dans l’atteinte de la démocratie sociale dans l’entreprise.

Voilà pourquoi le parti socialiste, s’il veut survivre, doit enfin redresser la tête et dire non à toutes ces politiques rétrogrades qui ne servent en définitive qu’à la spéculation financière, et qui tourne le dos à tous ceux, employés, ouvriers, cadres qu’il est encore tout de même censé représenter.

La politique comme la nature a horreur du vide.

Le vide politique se remplit par ceux qui sont arrivés en tête le 25 mai dernier et qui voudraient nous prendre jusqu’au langage.

JMarc Gardère

samedi 26 avril 2014

La face cachée d'une réforme

La disparition programmée des Départements posent des questions essentielles qui ne sont pas forcément celles que l’on croit. Observons d’abord qu'il y a loin de la coupe aux lèvres puisque le  Premier Ministre, dans sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, fixait une date d’effet pour 2021. D’ici là on peut penser que beaucoup de ministres, premiers ou pas, auront déjà coulé sous les yeux du peuple français, y compris Manuel Valls, à moins que celui-ci ne devienne Président de la République, ce dont personnellement je doute.

Pour l’heure, j'espère encore en un simple un effet d’annonce : il est politiquement correct, aujourd'hui encore, hélas, de montrer que le gouvernement fait quelque chose contre « le mille-feuille administratif » devenu depuis quelques années le nec plus ultra du projet politique en France. Faute de grives on mange des merles, on peut cacher l’inaction ou la paresse politiques par des projets douteux dont on sait qu'ils seront relayés par les media, ne serait-ce que par le vacarme polémique qu’ils pourront susciter. Et ça marche !
C’est le genre de sujet sensible comme le fut en 1969 celui, politiquement monumental à l’image de son initiateur Charles de Gaulle, de la disparition du Sénat. A partir du moment où cela concerne des élus, on peut être sûr en effet qu’il y aura du tangage. Car les élus en général ne font pas partie de la majorité silencieuse, ils font même du bruit, y compris avec des casseroles.

La question que pose ce projet est celle, en réalité, de l’avenir de services publics de proximité et du respect que l’on porte à leurs usagers. Les départements oeuvrent en premier lieu pour les routes, les collèges, les services sociaux…et bien d’autres domaines encore au nom de la clause générale de compétence que notre premier ministre s’attache à vouloir faire aussi disparaître. Ce n’est pas en tuant l’institution qu’on fera disparaître le bien fondé, comme la nécessité, de ces compétences.
Toute les velléités aujourd’hui des réformes de l’organisation administrative de la France s’envisage en termes d’économie de finances publiques et non en terme d’efficacité des services publics, ce qui ajoute à la confusion qu’on prétend vouloir combattre.
Attaquer l’institution c’est vouloir faire de l’austérité sans le dire en pensant que cela passera mieux dans les consciences, c’est sous-entendre qu’on dépense trop avant de couper dans le vif.
Le problème de fond est bel et bien l’avenir des services publics et non celui de l’institution qui n’en est que l’outil. Le problème de fond c’est bien l’austérité, ce sont bien les onze à douze milliards d’euros dont les usagers ou citoyens des collectivités dans leur ensemble devront faire le deuil dans leur vie quotidienne.

La deuxième question est de nature démocratique. Voulant imiter l’Allemagne parce que son mille-feuille, de par son Histoire, serait moins épais et moins crémeux que le nôtre, on voudrait supprimer les strates territoriales en oubliant de considérer qu’elles sont aussi, d’abord, la manifestation de la démocratie locale. Ainsi veut-on aussi supprimer la commune, au profit notamment des métropoles,  sans voir que la commune est la base, en France, de l’engagement citoyen, du plus petit village à la grande ville qui sont historiquement des lieux de solidarité et de débat démocratique. Ainsi veut-on aussi supprimer désormais les départements. Le citoyen a la tête qui tourne, il n’y comprend plus rien, le remède est devenu bien pire que le mal. Mais c'est parce que nous n'avons pas affaire à un remède, mais bien plutôt à un alibi.

Défendons plutôt les services publics en ne faisant pas porter aux collectivités le poids d’une crise que l’Etat central ne veut plus assumer. Tout ça parce qu’il a décidé de remettre son destin à une Europe dont le peuple a déjà refusé l‘actuelle orientation. Mais c’est encore une autre affaire.

JMG

mardi 28 janvier 2014

Guy Mollet était-il d'extrême-gauche ?

...comparé à Hollande, on peut se le demander, du moins sur le plan de la politique économique.

Baisser le coût du travail, voilà le maître mot, la nouvelle frontière, le nouvel horizon à atteindre, et ce gouvernement, pourtant élu par le peuple de gauche comme on disait à l'époque de Mitterrand, est à l'oeuvre pour satisfaire cette immense ambition. Quelle misère !

La France, contrairement à l'Allemagne dont l'activité économique a toujours été traditionnellement tournée vers l'exportation, trouve principalement son ressort sur son marché intérieur. Dans ce contexte une politique de l'offre qui se fonde sur une illusoire libération de l'entreprise, voulant imiter l'Allemagne peut-être, est inappropriée pour relancer l'activité. Réduire le "coût du travail", les salaires en réalité, est une aberration économique, d'autant plus que le chômage de masse que nous connaissons, lequel contrairement aux "engagements" ne cesse d'augmenter, constitue de fait un abaissement du coût du travail celui-ci se faisant de plus en plus rare.

Les trente-cinq milliards d’euros, ou trente on ne sait plus, annoncés à grand frais par le Président pour "aider" les entreprises et augmenter leur marge seront d'une efficacité des plus aléatoires. D'autant que tout ceci sera financé par une contraction des dépenses publiques de cinquante milliards qui ne seront plus injectés dans le circuit économique. Et bonjour les coupes sombres dans les services publics !

Sur le front des marchés extérieurs, on oublie simplement que les entreprises, avant d'être des victimes  de "charges salariales", sont à la merci d’une hausse anti-compétitive du cours de l’euro. La diminution des marges des entreprises, réelle en effet, provient d'abord d'une baisse de la demande et de l'activité. Elle a peu à voir avec une hausse de ce qu'on nomme abusivement le coût du travail.

Le gouvernement ferait mieux de chercher, entre autres solutions et comme le revendique la CGT, dans une baisse décisive du (sur)coût du capital qui ne cesse depuis des décennies d’augmenter, hausses des dividendes qui n’ont rien à voir avec l’investissement des entreprises et qui au contraire le tuent.

Il faudrait s’attacher plutôt à l’avènement d'une autre fiscalité plus égalitaire, plus respectueuse de la diversité des entreprises, ou bien encore à une réglementation plus contraignante de la finance, et en finir avec le sacrifice des entreprises au grand profit de financiers cupides qui jouent contre l’activité et l’intérêt général. 
Pour ça, il faudrait un peu de courage politique.

Le courage c'est ce qui manque. On se souvient de la mine déconfite, cocufiée de François Hollande tout neuf président de la république, après que Merkel, en mai juin 2012 lui eut signifié que jamais ne serait renégocié le pacte budgétaire. Même le volet croissance que voulait Hollande, ne serait-ce que pour des raisons de communication politique intérieure, en réalité volait en éclats. La France, par la volonté de l'Allemagne, se mettait elle-même les fers aux pieds et continuait tristement sur le chemin d'une austérité servant uniquement la valeur monétariste de l'euro, aux dépens de l'emploi.

La solution que choisit le gouvernement pour combattre la crise est pour le moins étonnante pour un pouvoir élu à gauche, et mortifère pour le pays. On écarquille les yeux, la stupéfaction est grande devant de tels reniements. Au lieu de se mobiliser et se battre pour la réduction du temps de travail  par exemple autour de laquelle pourrait se faire un vrai compromis social, on fait des yeux doux et capitulateurs  en direction du Medef pour un pacte de responsabilité à sens unique.

La vision libérale a triomphé au gouvernement. On retiendra de Hollande qu'il a viré sa cuti sitôt élu, il le confirme aujourd'hui sur fond de renaissance de la droite extrême. A quoi joue-t-il ? Ou entraîne-t-il la gauche, et avec elle le pays ?

JMG

samedi 7 décembre 2013

Mille-feuilles et tarte à la crème

Partout à la radio, à la télévision , dans les journaux, de la part des politiques, des experts en tout genre, ce leitmotiv : notre système administratif serait trop complexe, il y aurait trop de communes, trop de départements, trop de régions , trop de tout, "trop de notes" en somme dans la symphonie mal embouchée de nos territoires. Et bien sûr, tarte à la crème, tout cela nous coûte cher, trop cher !

 Il faudrait donc trancher dans le mille-feuilles. Car tout le mal viendrait de là : si nous sommes en crise, s’il y a trop de chômage c’est parce qu’il y aurait trop de strates administratives qui se disputeraient, en se chevauchant, des compétences qui plus est illusoires.

 Ce constat, si c’en est un, a déjà débouché sur un arsenal réglementaire et législatif jamais terminé, et qui nous tient en haleine depuis des décennies, 1982, 1992, 2004, 2012, et 2014 bientôt avec ce projet de loi de modernisation de l'action publique et d'affirmation des métropoles. Tant est si bien qu’en guise de clarté gagnée nous n’avons fait, au fil du temps législatif ou réglementaire, qu’accumuler des couches de brouillard de plus en plus épaisses. Et finalement c’est l’usager des services publics locaux -ou le citoyen, ce qui est presque plus grave- qui sera devenu le plus perdu dans cette jungle.

Parce que l’Allemagne, elle, ne compterait pas autant de communes, il faudrait qu’en France on fît la même chose. C’est méconnaître l’histoire qui a fait à leur rythme les nations. Trente-six mille communes en France, et alors ? Cela n’est-il pas une chance pour la démocratie de proximité ? A-t-on jamais empêché les communes de s’organiser en syndicat à vocation unique ou multiple ? Voire de fusionner, mais en toute liberté bien sûr ?

 Quoi qu’il en soit la réforme (en fait l’avatar du rapport Balladur de 2009) est sur les rails et elle a un but affirmé, celui de la réduction des dépenses publiques avant d’être au service de l’usager. Et pour cela apparaît un instrument de taille, la bombe atomique de l’incitation à la mutualisation des services : le CIF ( coefficient d’intégration fiscale). C’est simple, plus vous aurez supprimé d’emplois publics, plus vous obtiendrez d’aides financières de l’Etat. Je n’exagère pas. Insolite et grotesque dans un  pays qui comptent plus de trois millions de chômeurs !

Ainsi la commune est embrassée jusqu’à l’étouffement par une coopération intercommunale forcée dans le cadre des communautés de communes ou d’agglomérations. Les compétences des communes risquent de se trouver réduites à la plus simple expression rendant la distance plus grandes entre le service et ses bénéficiaires, dans le cadre d'un contrôle démocratique moins serré puisque là encore le pouvoir sera recentré sur l’agglomération avec une assemblée délibérative démesurée à la merci pourtant des villes-centre.

Plus sérieux encore, la question des métropoles que l’on veut rendre plus « compétitives » mot à la mode, à l’échelle européenne, jusqu’à nier les départements ou les communes qu’elles engloberont aussi. Des métropoles certes, mais à la campagne. Lons-le-Saunier concernée ? Non, mais Lyon ou Marseille, oui sans doute...Quoi de plus saugrenu ?

Le désir de l’usager-citoyen est de comprendre, d’y voir plus clair. En temps de crise il convient de stabiliser les compétences des collectivités, pour les rendre plus claires et donc plus efficaces, et non pour les rendre encore plus opaques, ou plus éloignées des citoyens qu'elles ne le sont aujourd'hui. Et  de leur donner des moyens appuyés par une fiscalité locale enfin plus juste…

Mais de cela on ne veut pas. Ce serait presque trop simple.

JMG