samedi 22 août 2015

François Hollande par le trou de la serrure

J'aurai profité de cet été pour lire "Merci pour ce moment" de la dénommée Valérie Trierweiler. J'étais en chasse de menues courses dans un supermarché lorsque je suis tombé sur le rayon "culture" ou apparenté. J'y ai vu pas mal de livres dont les "50 nuances de Grey", mais je n'avais pas trop envie de faire dans la nuance ce jour là, c'est pourquoi peut-être je me suis trouvé nez à nez avec le livre de celle qui fut, un moment seulement, maîtresse de notre Président.
C'était écrit sur le bandeau, "meilleur vente 2014", j'ajoutai donc mon choix 2015 à cette consécration commerciale. Je me suis dit, vacances pour vacances, cultivons-nous, voyons ce qu'est devenue la littérature à l'eau de rose.

Eh bien, pas du tout, ce fut au contraire d'un ravissant réalisme, ravissant s'entendant au premier sens du terme : je l'ai lu de bout en bout. C'est un bouquin pas cher surtout depuis sa parution en Livre de poche. Sa lecture m'a donc tenu en haleine. C'est écrit simplement, loin de la grande littérature ou qui prétend l'être, et surtout c'est un témoignage sur les mœurs du pouvoir dans la France de ce début (déjà bien entamé, ça nous rajeunit pas) de 21 éme siècle, en pleine Véme République décadente.
Bien sûr il y avait un air de déjà vu tant les épisodes de la vie amoureuse de notre président ont pu être relatés dans l'ensemble des media qu'ils soient écrits ou sonores, ou trébuchants dans toutes sortes de poubelles.
J'avais le sentiment étrange de revoir un film déjà maintes fois passé à la télévision, sauf qu'il était monté ici par une des principales protagonistes de la série. Au plaisir de revoir les épisodes, comme autant d'airs reconnus, s'ajoutait l'intérêt d'une relation, sans intermédiaire, d'événements dont nous fûmes, malgré nous le plus souvent, les témoins. Enfin plus ou moins les témoins : j'ai enfin compris cette affaire de tweet avec Ségolène à La Rochelle.

J'ai l'air de me moquer, mais ce n'est pas le cas tout à fait, je répète le livre est intéressant dans la mesure où il nous dit beaucoup de la cinquième République et de ce qu'elle fait de ces principaux acteurs, dont le premier d'entre eux bien sûr, le Président.

En fait ils s''ennuieraient presque à la cour de la famille Royal (je sais c'est facile, je fais même pas exprès), c'est un tout petit monde, et on a l'impression que le destin leur laisse le temps de s'occuper de tout sauf de nos propres affaires, celles des gueux, celles en tout cas pour lesquelles ils ont été élus. En effet, il faut du temps et de la disponibilité d'esprit pour se balader la nuit en Scooter à deux pas de l'Elysée, ce n'est pas donné au premier venu des peintres en bâtiment.

J'entends que ça ricane à droite, mais c'était du même acabit du temps de Sarko. A quelques nuances près, la monarchie républicaine aura produit des monstres de normalité...

Et donc on redécouvre au fil des pages les personnalités de ceux-là mêmes que l'on cite souvent dans la sainte Télévision et dans les journaux qui lui sont plus ou moins associés, les Hollande, les Valls, les Le Foll, les Royal donc, les Moscovici, les Bartolone et d'autres dont le caractère est dévoilé pour le meilleur ou pour le pire, tous décrits par une femme blessée qui, il faut le reconnaître, témoigne davantage d'un monde perdu, en tout cas pour elle, qu'elle ne règle ses comptes.  Elle ne se gêne pas cependant pour donner ici ou là quelques coups bien sentis, dévoilant l'arrogance, la duplicité, le cynisme qui habitent parfois l'esprit de ceux qui peuplent ou fréquentent les allées du pouvoir élyséen.
On découvre ainsi un Hollande pour qui le mensonge est une arme politique essentielle. On s'en serait douté.

On pourrait même en faire une lecture "lutte des classes". François est issue d'une famille (assez) riche, lui qui disait ne pas les aimer, les riches, alors que Valérie non, elle qui est née au sein d'une famille nombreuse, mère caissière de supermarché et père grand invalide de guerre. A l'en croire, et je veux bien par ses accents de sincérité, François ( elle l'appelle ainsi, car c'est comme cela qu'il s'appelle) n'avait pas vraiment le profil d'un président de gauche. Mais il a de l'humour ce qui, aux yeux de l'amour aveugle, peut sauver un homme ! On apprend aussi que c'est décidément un éternel optimiste : au point par exemple de croire dur comme fer à l'inversion de la courbe du chômage, quitte à être déçu sincèrement du résultat final. Naïf ?

Il y a un truc aussi qui m'a bien fait rire, c'est lorsqu'il confie à Valérie parlant de Fabius (page 292) : " C'est terrible pour lui, il a raté sa vie...Il n'est jamais devenu président."
C'est vrai ça, pauvre Laurent ! Tandis que François lui...

Qu'on le regrette ou non, les rumeurs de la vie privée font échos dans le grand hall de la vie publique. Au point d'en donner quelques clés.


JMG

"Merci pour ce moment" Valérie Trierveiller, Le Livre de Poche, 372 pages

jeudi 6 août 2015

Compétitifs ou morts, ou les deux

Ce n'est pas parce qu'on n'en parle presque plus que le conflit des éleveurs est terminé, il ne fait même que commencer. Et au delà de la question de la viande, c'est toute l'agriculture qui est aujourd'hui en péril, l'agriculture française s'entend, soumise à une concurrence "libre et non faussée". Cette expression ferait rire si elle n'était la source de drames économiques et par voie de conséquence, s'agissant des agriculteurs, de drames humains, familiaux, sans compter le coût social. On entend ici par coût social le coût pour la société dans son ensemble, coût environnemental, coût pour la santé publique, coût culturel, avec le danger concomitant à moyen ou long terme que notre agriculture ne soit plus capable de  nous garantir l'autonomie ou l'indépendance en terme d'alimentation.

Le plus remarquable, le plus paradoxal, et le plus tragique en un sens, c'est que les agriculteurs-éleveurs au travers en tout cas des organisations censées les représenter, et c'est le cas essentiellement pour la FNSEA,  défendent une agriculture de type productiviste obligée de composer avec une concurrence le plus souvent déloyale issue d'outre-Rhin par exemple où les coûts salariaux ( y comprises les cotisations sociales qui sont du salaire socialisé) sont moindres que ceux pratiquées en France, quitte aussi à mettre à l'oeuvre des salariés étrangers payés au lance-pierre. Cet inégalité des coût salariaux s'applique de bout en bout de la filière viande et c'est au final l'éleveur français chargé de trinquer à la santé de la sacro-sainte compétitivité.

Quant aux marges des intermédiaires, dont celles des grandes surfaces, comment les dénoncer à ce point sans pour autant faire le moindre geste pour encadrer les prix de manière autoritaire, administrative ? Ce serait pourtant la solution, mais les temps ne sont pas à l'économie administrée. C'est bien dommage, on y reviendra peut-être, sans doute même, mais dans combien de temps, et après combien de drames ?

Il n'y a dans ce fonctionnement aucune trace de régulation, pourtant nécessaire, du marché. Celui--ci reste ouvert, libre, et on sait combien cette liberté-là est meurtrière pour l'ensemble de l'agriculture française. Pourtant la FNSEA et son président défendent les principes néo-libéraux, ainsi qu'une union européenne qui leur a pourtant tourné le dos, et qui a sciemment décidé de déréguler un marché qui demanderait pourtant une planification accrue. 

Alors ? Et bien tout ira au plus mal jusqu'à, non pas la prochaine crise car nous y sommes encore, mais jusqu'à la prochaine mobilisation qui pourrait être encore plus violente que la précédente.

JMG

mercredi 15 juillet 2015

Dégrèçons la Corrèze

Compte tenu d'un déficit commercial désormais insoutenable, la Corrèze se voit bientôt obligée de quitter la zone euro. Aucune date précise toutefois n'a été fixée. Ce serait, pour les plus pessimistes, l'affaire de quelques jours. Déjà de nombreux Corréziens font la queue devant les distributeurs automatiques, inquiets de la décision de la banque centrale de couper les liquidités. François Hollande, bien emmerdé (car de Tulle), a cependant déclaré qu'il favoriserait en priorité les intérêts financiers de l'Europe et par dessus tout protégerait son couple...franco-allemand.
"Entre ma mère (il veut parler de la Corrèze) et Merkel je choisis Merkel" a-t-il déclaré paraphrasant Albert Camus, sans rire pour une fois.

 Bernadette Chirac après avoir lancé une pétition pour le maintien de la Corrèze dans la zone envisage d'affréter un TGV pour collecter des pièces jaunes (en centimes d'euros bien sûr, pas en monnaie locale, pas folle la guêpe !).

La Grèce, en la personne de son premier ministre Alexis Tsipras, soutient la Corrèze. Il a déclaré qu'il valait mieux, pour elle aussi, un mauvais accord que pas d'accord du tout, surtout s'il n'était pas applicable.
Quant à Chirac il en déclaré s'en battre les...Il a ajouté :" C'est quand même pas maman à son âge qui va m'obliger à prendre le train, surtout avec ce grand couillon de Douillet !"

Le FMI est disposé, d'après nos informations, à consentir un nouveau prêt à la Corrèze mais moyennant l'abattage de la moitié de son cheptel (vaches, veaux, poules, cochons). D'après le FMI les économies de fonctionnement que cela entraînerait sont de nature à rétablir la confiance des milieux financiers.
A cela s'ajouteront la fermeture de la moitié des hôpitaux, la vente de la seule poste qui reste dans le département, la privatisation des trois quarts des établissements scolaires ainsi que la totalité des ports fluviaux et maritimes ( ce dernier point est douteux, mais il faut compter que le FMI n'est pas à une erreur près. )

 Bref c'est l'austérité et celle-ci pourrait bientôt atteindre plusieurs départements, la Corse pour ne pas la nommer ( surtout celle du sud) pour laquelle l'euro-groupe ne cache plus son agacement, et d'autres comme la Lozère, les Deux-Chèvres, peut-être même le Jura lequel, d'après notre envoyé spécial, a demandé l'indépendance. Carrément !
Les prochaines élections départementales risquent d'être mouvementées...

JMG

lundi 13 juillet 2015

En une seule phrase

Peut-être la fin de la démocratie parlementaire en Grèce :

« Le gouvernement doit consulter les institutions et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement »

Cette phrase est tirée de la déclaration du sommet de la zone euro sur la Grèce adoptée le 13 juillet dans la matinée, (et dont évidemment je ne connaissais pas la teneur au moment où, avant que cet accord n'intervienne, je rédigeais mon précédent billet. C'est que les événements sont allés bien vite ce matin.)

Cela nous rappelle l'obligation faite à la France et autres pays de l'euro-groupe de montrer leur projet de budget à Bruxelles avant d'avoir la possibilité de le faire adopter par leur Parlement respectif. Ainsi la Commission, dans le cadre du pacte dit de responsabilité, demandait à la France fin 2014 quatre milliards d'euros supplémentaire en recettes ou diminution de dépense publiques dans le projet de budget 2015.

François Hollande a donc agi aujourd'hui en terrain habituel, celui préparé par une "Europe" qui veut tout voir, tout savoir, faisant fi de la liberté des peuples telle qu'elle devrait s'exercer en tout cas au travers de leur pouvoir législatif.

François Hollande, et son gouvernement, (et Sarkozy n'aurait pas fait mieux lui qui aura fait le malin toute cette sainte journée en proclament qu'Hollande n'avait pas été à la hauteur), ont l'habitude de se conformer aux commandements de Bruxelles.
Pourquoi les Grecs ne suivraient-ils pas eux aussi ce chemin tortueux après tout, eux qui sont réputés être encore plus "fautifs", accablés d'une dette qu'on leur somme de rembourser au prix d'efforts surhumains ?

Je ne crois pas que François Hollande se soit montré particulièrement habile pour le coup, mais c'est vrai il aura fait le job, il sera apparu comme le sauveur de la zone euro, même si une fois encore au regard de la question européenne, ce sera au prix des principes essentiels de la démocratie. Pauvre Europe, qu'en reste-t-il ?

JMG

En sortir ?

On dit Tsipras défait, et les media de se réjouir de ses renoncements, pire de sa traîtrise supposée. Il n'en est rien. Tsipras a fait ce qu'il avait dit dans un chemin semé d'embûches. On dit que les Grecs dans leur majorité veulent rester dans la zone euro. Franchement, j'en viens à me demander pourquoi, dans quel intérêt ? C'est aussi au nom de cette exigence qu'Alexis Tsipras et son gouvernement paraissent avoir cédé sur les retraites, sur la TVA, et sur d'autres choses encore, essentielles, comme les privatisations de certains ports, quoique pour ce dernier point rien n'est acquis heureusement, Tsipras dans l'adversité réussirait même à sauver quelques meubles. 
Il fallait ces concessions de taille, en contradiction avec le "non" référendaire, pour amadouer les idéologues de Bruxelles  attachés aux dogmes néo-libéraux comme des bigorneaux à leurs rochers.

Ainsi, ce faisant et grâce à ces reculs, le gouvernement grec espère une aide supplémentaire ( rien que pour payer les intérêts, oui on marche sur la tête ! ) et un rééchelonnement  de la dette grecque. Mais cela il n'est même pas certain que Berlin l'accepte, et déjà les Finlandais qui fricotent avec l'extrême-droite, exigeraient des Grecs une sortie de l'euro, comme sans doute au fond la majorité des pays de l'Europe du Nord. 
Les fanatiques néo-libéraux sont aux commandes d'une Europe qu'ils précipitent vers le chaos. Elle est déjà bien mal en point, et si ce n'était que "l'Europe" encore, mais non c'est l'ensemble des peuples de l'Europe, les peuples allemands, français, portugais, italiens etc...tous soumis à une austérité qui fait de l'Europe, avec sa monnaie forte, la Suisse de la planète entière où l'on peut placer son argent avec une certaine sécurité. Pourquoi croyez-vous que les Américains ou les Chinois veulent garder intacte la zone euro, Grèce y compris dont la sortie possible pourrait en entraîner d'autres ?

Si donc le gouvernement allemand, car c'est lui réellement qui commande,  faisait capoter la négociation qui se joue aujourd'hui, le premier ministre grec pourrait au moins faire valoir d'avoir bien jouer, jouer jusqu'au bout la raison, la sagesse contre la folie des européistes. 

Et donc la Grèce dans ce cas quitterait l'euro. Et Tsipras, aux yeux de son peuple, comme à ceux du monde, ne passerait pas pour le jusqu'au-boutiste qu'il n'est pas et qu'il n'a jamais été.

JMG

lundi 29 juin 2015

L'Europe de Bruxelles et sa dette...démocratique

L'Europe, je veux parler de celle de Bruxelles,  est née d'un péché originel, celui du déficit démocratique. Il se perpétue sous nos yeux sans que nous, le bas peuple européen, n'y puissions rien, ou pas grand'chose.
L'Europe, celle qu'on voudrait nous imposer, c'est ce monstre manipulé par les financiers dont la bride a été lâchée par des politiques irresponsables. Ce ne sont pas ces derniers, forcément, qui s'en mordront les doigts, ils ne seront que les spectateurs d'une désolation dont les peuples seront les victimes.

Car est-ce être à la hauteur que d'avoir permis que le peuple français ne soit pas entendu lors du référendum de 2005 ? Et, surtout, pour quel résultat ? L'Europe est aujourd'hui en faillite, déjà au moins sur le plan économique et social : pas ou peu de budget pour agir, près de 20 millions de chômeurs, des inégalités qui ne cessent de croître, une misère qui gagne au point de conduire à la violence générale. On parle de rigueur budgétaire, ce n'est que de l'austérité, et les Grecs, le peuple grec, n'y sont pas pour grand chose. Mais ils sont de commodes boucs émissaires pour ceux qui rechignent plus que jamais à  endosser leur propre responsabilité, celle d'avoir tuer l'idéal européen.
La Grèce à cet égard est devenue un champ d’expérimentation. L'Europe devait la sauver, elle ne cesse au contraire de l'enfoncer en l'accusant de ses propres turpitudes ou de celles de ces banquiers indignes auquel elle a confié le pouvoir réel. Qui est à l'origine en effet de l'explosion des dettes si ce ne sont ces fameux banquiers qui ont accordé des prêts qu'ils savaient insolvables, et pour au final, comme toujours, les socialiser au travers des dettes dites publiques ?

Le peuple grec est aux abois, on prend cela comme un détail, l'essentiel étant aux yeux des media que la Grèce paye sa dette. La belle affaire ! Est-ce là l'essentiel, quand on sait que l'austérité imposée, au contraire, est de nature à l'augmenter. La dette en Grèce est passée de 136% du PIB en 2012 à 160% aujourd'hui.
Parallèlement, depuis 2010 le chômage dans ce pays a triplé, les salaires ont baissé de 30% et les retraites de près de 50%. 
Alors qu' au moins il soit permis de se poser la question de la viabilité de l'euro, tout comme celle de l'opportunité de sa sortie.

La semaine dernière encore la Grèce était prête à céder aux injonctions de l'eurogroupe en acceptant certaines de  ces exigences, au grand étonnement de certains qui commençaient à condamner les abandons ou les concessions du Premier Ministre grec.
Mais c'était sans compter l'aveugle sottise des créanciers qui refusaient, malgré les sacrifices nouveaux consentis, d'accepter le plan proposé par le gouvernement grec. Était-ce parce que ce dernier proposait notamment de porter de 26 à 30% le taux de l'impôt sur les sociétés ? Serait-ce une chose impie pour les fanatiques de l'ordo-libéralisme actuellement en vigueur en Europe ?

Cela permet donc à Tsipras de s'en remettre au peuple au travers d'un référendum. A quelque chose malheur est bon.
Ainsi pourrait renaître de ces cendres une démocratie jusqu'ici bafouée par une idéologie européiste pour qui décidément le monétarisme béat et criminel demeure le seul horizon politique.

JMG







mercredi 10 juin 2015

A la fédération


Depuis les présidentielles de 2012 nous avons perdu toutes nos élections. Ce n’est pas faire preuve de « déclinisme » que de le rappeler. C’est du réalisme et cela participe de la volonté de faire en sorte que cela ne se renouvelle pas. Ainsi que je l’ai dit jeudi 4 juin, lors de la présentation des candidatures devant l’ensemble des adhérents de la fédération, l’heure est grave, plus grave que la situation dans laquelle nous nous trouvions en avril 2002. Si nous voulons que la gauche gagne en 2017 nous avons tout intérêt à nous ressaisir et à retrouver toutes les valeurs du parti socialiste.

Nous avons encore une chance de nous en sortir en retrouvant un parti socialiste qui ait le courage de combattre certaines mesures gouvernementales qui vont contre les intérêts des citoyens qui nous ont fait confiance. Le parti socialiste se doit de retrouver son autonomie et sa capacité de débattre. Oui, bien sûr notre ennemi c’est la finance, mais nous devons en apporter la preuve et mettre en face les moyens politiques de la combattre, notamment en séparant les banques d’affaires des banques de dépôts. Cela avait été promis ! Tout comme avait été promis parmi les 60 propositions du candidat Hollande une réforme fiscale qui rende l’impôt plus juste !

Au lieu de cela nous avons eu des mesures de type libéral qui accroissent les inégalités et détruisent les services publics, ou la sécurité sociale dans son ensemble.Ainsi l’hôpital public en France est de plus en plus malade faute de financement public suffisant. On voudrait privatiser à terme la santé qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Le projet de loi Macron revient sur nombre d’acquis sociaux comme par exemple le repos dominical qui n’est qu’un aspect parmi d’autres des reculs permis par un pouvoir néo-libéral pour lequel nous n’avons pas voté. En 2012 nous avons porté au pouvoir un gouvernement dont nous avons espéré qu’il conduise une politique de transformation sociale et de lutte contre le chômage. Aucun résultat probant à ce niveau ! Au contraire le chômage s’accroît inexorablement alors que d’autres politiques sont possibles en exigeant une réorientation de l’Europe qui fut aussi promise ! Mais rien n’a été même essayé à ce niveau !

Sur le plan local : il s’agit de remettre la fédération du Jura en état de marche en alliant les volontés diverses et en y associant toutes les sensibilités capables de remobiliser nos électeurs dans le respect et la défense de nos valeurs : justice sociale, respect de la démocratie, attention à notre histoire et à celle de la gauche.

Nous avons été trop suivistes et nous en voyons les résultats malheureux qui nous coupent de notre base politique traditionnelle : les employés, les ouvriers et aujourd’hui, de plus en plus, la fonction publique. On vote de moins en moins pour nous. Il faudra pour cela renouer des contacts réels avec nos partenaires comme le parti communiste, le parti de gauche, les écologistes afin d’élaborer ensemble des programmes qui répondent à la demande de la population jurassienne.
Je veux insister sur le travail d’équipe. Au Parti socialiste, il ne doit y avoir aucune hiérarchie entre ceux qui sauraient tout et les autres. Pour autant, je serai le garant des décisions prises et je ferai respecter les délibérations collectives.
Au niveau fédéral, nous devons retrouver le temps de débattre. Notre force c’est le débat, car c’est du débat, voire de « la dispute » au sens noble et serein du terme, que vient la compréhension du monde dans lequel nous vivons. Il faut nous rappeler que notre force principale c’est la démocratie, contrairement aux partis de droite, prétendument populaires. J’insiste aussi sur a nécessité d’avoirune véritable politique de formation des adhérents et militants. Il nous faut faire connaître l’histoire de notre parti et ce pour quoi, au fond, nous devons nous mobiliser.
C'est dans le respect mutuel que l’on favorisera l’action collective, en discutant des orientations de notre parti. Nous dénoncerons les politiques anti-sociales en y associant militants et citoyens, y compris dans la définition des politiques publiques que le parti sera en charge de promouvoir.
Je voudrais être ce premier secrétaire fédéral dont je viens de décrire rapidement les missions, conscient, voire inquiet de la tâche à entreprendre, mais la considérant avec enthousiasme.

Mon parcours est celui d’un militant de gauche.J’ai adhéré au Parti socialiste en 2002-2003. J'ai par ailleurs une longue expérience de syndicaliste, d’abord à la CFDT à partir de 1981, puis à la CGT depuis 1995 où j’ai actuellement des responsabilités nationales au sein de la fédération des services publics. Pour moi, l’action politique est indissociable de l’action syndicale et le Parti socialiste le reconnaît et l’énonce dans ses statuts-mêmes. Pour marcher, il faut les deux jambes.

Je me suis présenté aux municipales en 2008 à Lons-le-Saunier. Je ne l’ai pas fait en 2014 car j’ai considéré qu’on avait écarté le parti et ses militants du débat municipal. Je n’ai pas pu le cautionner. Professionnellement, je suis fonctionnaire territorial. A ce titre, je connais bien le fonctionnement des collectivités. Je travaille au Conseil général du Jura après avoir travaillé à la mairie de Niort et à la mairie d'Alençon. J'ai toujours été neutre dans l'exercice de mes fonctions comme l’exige la qualité d’« agent public » tout en gardant et préservant jalousement ma conscience et mon action citoyennes, ainsi que je les exerce singulièrement ici. Pour moi, les deux termes ne sont pas seulement conciliables, ils sont complémentaires.


Jean-Marc Gardère
Mandataire motion B pour la fédération du Jura
Le 5 juin 2015

lundi 1 juin 2015

quelques raisons de ma candidature à la tête de la fédération...

Je me présente au poste de premier fédéral pour le PS du Jura (motion B, "à gauche pour gagner"), c'est donc moi qui m'y colle sur une décision collective de mes camarades que l'on nomme, à tort, des frondeurs. Comme on sait, il n'y a de frondeurs qu'à l'Assemblée Nationale, et encore ceux-là frondent-t-ils modérément, je les trouve même bien "raisonnables".

Nous, nous sommes là pour rappeler à ceux qui ont été élus par la gauche en 2012 qu'ils devraient rester fidèles à l'ensemble de ses valeurs et, tant qu'à faire, la servir, la faire croître, la réunir.
Il nous semble qu'aujourd'hui ces socio-libéraux font le contraire, jouent la division à gauche par leur discours et leurs actes, même s'ils argumentent, et en un sens ils n'auront pas tort, que la gauche et la droite ce n'est pas pareil, et que la droite fera pire lorsqu'elle sera revenue, ce qui est encore plus vrai.
Nous redisons que le parti socialiste doit appartenir aux socialistes, pas aux néo ni même aux socio-libéraux. 

Manuel Valls, Emmanuel Macron, et d'autres moins en vue, sous prétexte de modernisme, remettent en cause les seuils sociaux dans les entreprises, suppriment les élections prud’homales, facilitent les procédures de licenciement, désindexent les pensions de retraite, privatisent les aéroports de Lyon ou de Nice, réduisent les dotations aux collectivités mettant ainsi en difficulté les services publics locaux de proximité...on en passe et des meilleures.
Hollande ne nous a pas trahis, mais il nous a trompés. La trahison s'accompagne des convictions qu'on a pu avoir un jour. Il y a au contraire dans la tromperie quelque chose de mûri, on sait ce que l'on fait, en conscience, et parfois depuis longtemps. Et donc oui je soupçonne Hollande d'avoir caché son jeu. Si véritablement il a toujours cru qu'il n'y avait pas d'alternative possible, il aurait fallu qu'ils nous le dise avant. Son quinquennat quoi qu'il arrive maintenant sera entaché de ce mensonge.

Dans le Jura trois motions se sont exprimés la A (Camba), la D ( Berger) chic ça rime, et la B, la nôtre, celle de Christian Paul, celle dont l'ambition est de revenir au socialisme et de combattre, notamment, les politiques d'austérité que le PS soutient au travers d'un pouvoir qui les applique sans ambages. Que n'aurait-on pas dit si elles étaient appliquées par un pouvoir clairement identifié à droite ? Ainsi ce pacte de responsabilité qui, décidé par le gouvernement, gêne toute reprise de l'activité puisque les 20 milliards qu'il nous coûte à nous contribuables ne reviendront jamais dans la production ni dans les salaires, mais iront pour l'essentiel alimenter des fonds de pension trop heureux de l'aubaine. Ainsi les marges des entreprises et leur hypothétique progression n'iront pas à l'investissement et se perdront dans les limbes de la spéculation financière. Non ce ne n'est pas ainsi que lutterons contre le chômage et nous tenons à l'affirmer haut et fort.

La motion B est celle qui défend le monde du travail, mes deux adversaires eux n'ont pas l'air de s'en soucier. Je ne les ai jamais entendu dire qu'il fallait le défendre. Or le code du travail et sa défense, pour ne citer que cette composante, font partie de notre identité politique. Nous sommes pour l'Etat Social qui est le garant du développement économique harmonieux. Les droits des salariés sont les garants et, loin d'en être une entrave, participent aux conditions du développement économique.

Je déplore encore que ce gouvernement n'aie pas su, ou pire, n'aie pas voulu travailler à une réorientation résolue de l'Europe. De fait l'Europe ressemble davantage aujourd'hui à une zone de libre échange qu'à un projet commun des nations dans le sens d'une harmonisation sociale par le haut.

Voilà donc brièvement le sens de ma candidature, aider modestement à remettre en marche un parti dans le sens du progrès social. Contrairement à d'autres nous ne serons pas les soutiens indéfectibles du gouvernement. Au contraire nous le rappellerons à ses devoirs et ses obligations.

Quant au plan local, et l'organisation de la fédération, je réserve pour l'heure mes propositions aux militants ou adhérents du PS jurassien.

JMarc Gardère

 http://congres.parti-socialiste.fr/motions/motion-b-a-gauche-pour-gagner

mardi 26 mai 2015

ça va, pas trop désespérant ?

Il serait temps d’abandonner la politique néo-libérale, de moins en moins sociale, actuellement menée par le gouvernement de Manuel Valls. Je rappelle que Manuel Valls avait fait à peine 5% lors de la primaire des présidentielles. Les socialistes n'avait donc pas voté pour ça, il y a là un véritable déni de démocratie, assez désespérant. Certains, sans doute par carriérisme, bien souvent déçu d’ailleurs, y compris dans le Jura, avait salué cette nomination par François Hollande, alors qu’elle ne correspondait ni à l’aspiration des militants ni aux électeurs de 2012. Elle marquait de façon violente la volonté de tourner le dos à une politique conforme aux valeurs du parti et de l’ensemble de la gauche.

Les politiques d’austérité actuellement menées en Europe sont désastreuses, elles sont sources de chômage et à terme de violence sociale, au risque de rompre un contrat social déjà bien fragilisé.
La France est écoutée, c’est une puissance économique essentielle en Europe, un gouvernement socialiste digne de ce nom devrait dire non à ce désastre et proposer une autre politique pour relancer l’activité et s’attaquer aux inégalités, véritables cause de « la crise. »

D'autre part, le projet de traité transatlantique se négocie dans notre dos. Il donnera encore plus de pouvoir aux grands groupes industriels et financiers, dont le siège n’est souvent pas en France, au détriment des petites entreprises et des services publics. Aucun bienfait de ce traité n’est à attendre, par contre l’écologie, la culture, la santé auront à en souffrir gravement. 

Il n’y a pas eu de réforme fiscale et le projet balbutié de retenue à la source ne répond pas à la question. Il y a c’est vrai une volonté de lutter contre l’évasion fiscale qui porte ses fruits, mais il faudrait davantage de courage politique pour revenir à une véritable progressivité de l'impôt, taxer les très hauts revenus et imposer davantage les rentes outrancières. Le plus grave c’est qu’on s’habitue à ces inégalités incroyables. Quant à la réforme bancaire elle a avorté. La spéculation se porte très bien, merci pour elle, et entament gravement l’investissement industriel au détriment une fois encore de l’emploi.

Tout est à reconstruire, au parti socialiste bien sûr, et à gauche aussi, peut-être faudra-t-il en effet repartir de la base, plus facile à dire qu’à faire, surtout dans un contexte et à la veille d'un congrès où les effectifs militants fondent à vue d’œil. En tout cas il s’agit que le parti socialiste retrouve une véritable autonomie vis à vis d’un gouvernement qui va à sa perte politique.
Localement, dans le Jura, je ne vois personne aujourd’hui capable de reprendre la flamme dans le respect des valeurs défendues traditionnellement par les forces qui appellent à la transformation sociale. Le parti socialiste doit reprendre le goût du débat qui est sa seule force, on ne peut pas compter seulement sur deux ou trois « camarades » dont on voudrait faire la carrière. Ceux qui ont été battus lors des dernières élections doivent en tirer les conséquences. Ce n’est ni avec du vieux, ni avec du jeune qu’on refera le parti, mais avec du neuf dans le respect des règles et des valeurs de la gauche. Le parti socialiste doit rester un parti de progrès social, dans une perspective d’union de la gauche, et ne pas lorgner vers le centre, voire la droite, car la place est déjà prise !

La gauche ne gagnerait rien à la mort du parti socialiste. Nous sommes à la croisée des chemins.

JMG