samedi 12 mars 2016

raisons de la colère

350 000 selon Sarko, 500 000 selon Fillon, la droite ne sait plus où donner de la tête. Non, ce ne sont pas les chiffres des manifestations du 9 mars, ou de celles à venir des 17 et 31, mais bien le nombre de postes de fonctionnaires que ces messieurs voudraient supprimer, comme si ces destructions de postes allait faire revenir la sainte croissance et donc combattre le chômage.

On aura relever le paradoxe, l'absurdité plutôt, qui fait que la suppression d'emplois publics, à laquelle on pourrait ajouter les milliers supprimés dans le privé pour "accroître la compétitivité des entreprises", participerait à...la création d'emplois tout court.

Le néo-libéralisme réussit à insinuer dans nos cerveaux de ces énormités : plus vous supprimez d'emplois, plus vous en créez.
Et le plus beau, parce ce que c'est gros sans doute, c'est que l'imposture fonctionne. Certains de nos économistes, ceux qui ont pignon sur rue, invités, écoutés, courtisés par les radios et télévisions, titulaires parfois même de prix Nobel, ont fini par instiller à l'esprit de nos "responsables" ces idées dont on dira plus tard, si la catastrophe ne survient pas d'ici là, qu'elles étaient saugrenues.
Ainsi voguent, sur l'océan des idées reçues, la croyance que les emplois publics ne créerait aucune richesse, et qu'au contraire ils empêcherait l'économie de se "libérer".
Et le CICE, combien d'emplois créés ? Aucun ! Plus de quarante milliards que nous payons, nous, les contribuables, au profit des multinationales sans que les PME d'ailleurs en profitent vraiment ! Personne ne se pose la question ?

Ces théories de pacotille, qui, loin de décrire et d'expliquer la réalité, ne font que la nier, sont d'autant plus pernicieuses et dangereuses qu'elles sont servies, comme c'est le cas aujourd'hui avec le gouvernement Hollande, par des néo-conservateurs qui, en l'occurrence, se cachent derrière le terme trompeur et mensonger de "socio-libéraux".

L'avant projet de loi El Khomry, qui remet en cause radicalement notre Droit du travail,  en constitue une preuve flagrante, douloureuse, pour la gauche toute entière, mais aussi pour l'avenir économique et social de notre pays.
Voilà pourquoi la droite surrenchérit, voilà pourquoi elle se frotte les mains, et qu'elle s'essuie les pieds sur le paillasson de la régression sociale. Jusqu'où iront-ils ? Jusqu'où iront ces sarko-hollandistes qui vont jusqu'à nier, comme le ministre Le Guen, la réalité même des manifestations du 9 mars lesquelles sont peut-être le prélude d'un mouvement social puissant et durable. Peut-on espérer que ce mouvement remettra enfin les pendules à l'heure, et que reviendront en odeur de sainteté des raisonnements en matière de politique économique qui tiennent enfin la route, et qui ne nous enlisent pas dans des crises sans fin ?

Le gouvernement Valls, tout comme une partie du PS qui le soutient encore aveuglément,  ont une responsabilité historique, calamiteuse. Le pouvoir exécutif est en train d'élargir l'avenue d'une droite encore plus dure, laquelle ose aujourd'hui prédire et programmer, entre autres inanités, la fin du statut de la fonction publique. Sarkozy, -mais pourquoi se gêner ?-, va jusqu'à proposer d'inscrire dans la constitution l'obligation qui serait faite aux collectivités territoriales de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux ! Pauvre Constitution, qui risque bientôt d'être reléguée au rang de simple circulaire préfectorale.

La casse du droit du travail, au travers la loi Khomry, ne peut pas passer, elle ne le doit pas. Car elle n'enterre pas seulement la gauche, elle supprime aussi tout espoir d'activité économique équitable. Elle ouvre la voie aux droites extrêmes et signe la fin de notre modèle social, celui-là même qui nous a aidé à résister, plus que les autres pays, aux crises financières majeures que le monde a déjà connues, notamment en 2007 et 2008, et qu'il rencontrera encore.

L'heure n'est pas au pessimisme, elle est à la légitime défense. Elle est à la résistance.

JMG

jeudi 3 mars 2016

Léa S, Agnès B, Myriam El Khomri (et François H)

J'ai écouté ce matin Léa Salamé sur France Inter, elle interviewait Agnès B.
Agnès B qui doit porter des talons hauts. Je ne fais que le supposer car je ne la connais pas personnellement, et je ne sais même pas ce qu'elle fait exactement. Je pense que dans la mesure où elle est interviewée sur les ondes de France Inter, et en plus par Léa Salamé, elle doit être une personne importante. Et j'ai remarqué que les personnes importantes, à la télé, et donc sans doute à la radio, portaient des talons hauts.

A la question posée par Léa Salamé, elle a répondu qu'elle était contre le "démontage" de la jungle de Calais. (Je ne savais pas qu'il y avait des jungles en kit, comme chez Ikéa).
Pour tout dire, cela m'étonne un peu cette déclaration de sa part, peut-être à cause des talons hauts, tant c'est difficile de marcher dans la boue avec ça. Mais cela montre que Agnès B est généreuse. D'autant plus sympa Agnès, qu'elle a ajouté, au micro de Léa S, que cette situation n'aurait jamais été tolérée par l'abbé Pierre. Le fait de citer cet abbé est un bon point pour Agnès B.

Agnès B a révélé à Léa S, et donc à nous aussi, qu'elle était une chef (oui cheffe, bien cheffe !) d'entreprise et, qu'en tant que telle, elle comprenait qu'il faille favoriser, comment qu'elle a dit déjà ?, "la fluidité de l'emploi dans l'entreprise" ou un truc comme ça. C'est pourquoi elle soutient Myriam à fond et la loi Khomri qui va avec, elle a affirmé que Myriam K était une femme courageuse, tout juste si elle n'a pas dit qu'elle en avait plus que d'autres, que je ne citerai pas.

Elle sait de quoi elle parle Agnès B question d'entreprise, comme elle sait de quoi elle parle question jungles de Calais.
Elle a même dit un moment qu'elle était une activiste, une rebelle je crois même, que toute sa vie elle avait signé des pétitions et que c'était même sa marque de fabrique.
Ensuite elle a affirmé que François Hollande faisait tout ce qu'il pouvait, et qu'il faisait bien, mais sans rappeler ou préciser dans le détail les victoires ou les réussites de notre président de gauche. En tout cas elle avait confiance en lui, et ça c'est fort, c'est courageux de sa part, surtout en ce moment où il est tout le temps critiqué.

 C'est le genre de truc qui donne confiance au peuple, ce dernier n'a qu'à bien se tenir jusqu'à l'inversion de la courbe du chômage. Et pis c'est tout. Car après j'ai fermé le poste, Agnès B ou pas, il fallait aller bosser.

JMG

samedi 20 février 2016

une bande de pignoufs

J'ai regardé dans le dico, pour voir ce que ça voulait dire "pignouf". Les hiérarques du parti socialiste sont tombés une nouvelle fois à bras raccourcis sur Gérard Filoche parce qu'il a déclaré, à propos de Badinter et de la réforme du droit du travail, je cite :

"J'ai beaucoup de respect pour le Robert Badinter luttant contre la peine de mort, mais en droit du travail c'est un « pignouf ». Il n'y connaît rien. On utilise un bon nom pour couvrir un sale boulot. Je dis ça avec le respect que j'ai pour lui : il s'est lancé dans une histoire qui n'est pas son problème. Je ne sais pas qui le lui a demandé, et je ne sais pas pourquoi il a accepté."

"Pignouf" entre nous je trouve pas ça méchant, ça a la rondeur des pis des vaches, et "gnouf" c'est vrai que ça me fait plutôt rire, vraiment pas méchant, ça détend même.

Et donc je trouve assez "pignouf" de la part de Cambadélis de chercher des noises à Gérard Filoche pour ça, et seulement ça. D'autant que Gérard Filoche déclare respecter Badinter, au moins pour son action décisive et historique contre la peine de mort.

Cambadélis ne retient qu'un seul pan de l'assertion de Filoche, le plus négatif bien sûr à ses yeux. Au risque de me faire exclure du parti, -mais est-ce réellement un danger, ne serait-ce pas plutôt une chance par les temps qui courent ?- je trouve ça assez pignouf de sa part.
Désolé de décevoir ses groupies mais c'est vrai que Badinter n'y connaît rien en droit du travail. Et vous savez pourquoi ? Bien qu'il soit juriste, et parfois bon en la matière sous certains de ses aspects, Badinter ne sait pas ce que c'est qu'un salarié en réalité, il n'est pas syndicaliste, il n'est pas un travailleur comme on dit, il ne l'a jamais été à ma connaissance, avocat c'est une profession libérale, ça n'a rien à voir avec la condition de salarié.
Et donc il est normal qu'en matière de droit du travail, Badinter puisse être pris pour un pignouf. De là à en faire, comme le premier secrétaire du PS, tout un fromage ! Comme aurait dit Jack Lang "il n'y a pas mort d'homme".

C'est comme Khomry, la nouvelle ministre du travail, je suis désolé de dire que non seulement il n'y connait rien en droit du travail mais en plus elle se fout pas mal des travailleurs (je sais que ce mot "travailleur" fait mal à la prétendue modernité de certains, mais je n'en ai pas d'autres sous la main)
Khomry non plus n'a jamais été salariée, et puis elle a fait des bourdes chez Bourdin en ne sachant même pas que le gouvernement qu'elle rejoignait, venait juste de réformer le CDD dans le sens d'une plus grande précarité encore pour les jeunes.
Un peu pignouve la nouvelle ministre, trouvez pas ? (oui, c'est un néologisme, la féminisation de pignouf, la pignouferie m'inspire).

Elle a même avoué, la nouvelle ministre El Khomri :"Le président voulait quelqu'un qui ne soit ni inspecteur du travail, ni professeur de droit social". Autrement dit, c'est sûr que Filoche n'aurait pas pu faire l'affaire.

Au total, il ne faut pas faire preuve de beaucoup de finesse pour nous sortir ce nouveau code du travail tout en se revendiquant encore de la gauche. Que je sache, ils sont encore au parti socialiste, officiellement ! Que ce soit Valls, Macron, voire même Hollande qui orchestre tout cela, ils nous préparent tous, à nous et à nos enfants, un monde où il faudra être pignoufs, ou rien qu'un peu, pour avoir le droit de survivre.

JMG





dimanche 14 février 2016

et qui d'autre ?

Deux événements à mes yeux importants ont marqué ces derniers jours la vie politique en France (je passe sur le remaniement ministériel dont on se contre-fout). Ces deux événements sont à quelques égards plus ou moins liés, bien que sur ce plan, sur ce lien éventuel, c'est l'histoire à venir qui devra le dire.

Le premier c'est la déclaration du premier responsable du PS qui affirme, ou confirme, puisque on le savait plus ou moins, mais là au moins c'est dit, qui confirme donc que le parti socialiste n'aura pas de programme en vue des présidentielles. Quel aveu incroyable ! Ainsi il est dit que le débat politique dans les arcanes du plus important parti de la gauche ne mènerait qu'à cette conclusion : la politique ça sert à rien, et gouverner ce n'est rien d'autre que de n'avoir rien prévu du tout.

A la place d'un programme, il y aurait sept cahiers de réflexion pour alimenter le débat (lequel puisqu'il n'y a plus de programme ?), pas de cahier de doléances non, des cahiers de réflexion, la réflexion ça mange pas de pain ou si peu,  et puis il y a ce chiffre "sept", chiffre magique comme si à lui seul il pouvait désembourber un parti socialiste en mal de direction , faute d'une véritable pensée politique, et par là même d'esprit de résistance.
C'est tout le résumé de la Véme République, de ses limites, qui nous sont donnés là en pâture, à nos avis déconcertés. Il n'y a rien à attendre de ce président, présent et à venir, pourvu, et c'est bien là où voudrait en venir je suppose les responsables du PS, pourvu donc que ce soit le même ! Suivez mon regard. Dès lors il n'est pas étonnant que l'exécutif actuel s'ingénie à défaire des pans de l'état social. Cette dégradation rampante, ou parfois même spectaculaire comme la destruction du droit du travail, tient lieu d'un programme dont l'absence est désormais politiquement criante.

Le deuxième événement ces derniers jours, c'est bien la "proposition de candidature" de Jean-Luc Mélenchon. Il s'oppose ainsi, de fait, mais il l'avait annoncé, à des primaires de "toute la gauche" comme l'ont appelée la gauche du PS, un parti communiste en pleins doutes, et quelques personnalités qui ont des idées mais pas grand chose pour l'instant pour les incarner.

Mélenchon veut être de la partie en sortant du cadre des primaires : il joue en effet dans la cour aménagée par les institutions de la Véme république. Pour le dire tout net, JL Mélenchon en quelque sorte fait son De Gaulle, et même avec l'art et la manière, en fustigeant en passant l'atlantisme dans lequel la France aurait décider de sombrer. "La France insoumise et fière de l'être", la phrase a de la gueule, au moins de la tenue. Mélenchon fait son appel du 18 juin avec pour adversaires les traités européens. Il pourrait même citer l'Allemagne, on s'y croirait, cela va de pair.

Cette candidature ne manquera pas d'être pourfendue mais elle a quelque chose de positif, elle est propre en effet à relancer un débat que l'on croyait perdu. On peut aimer l'idée d'un programme à construire, sur quelques valeurs communes mais bien campées, à l'inverse de ce que ne veut plus faire le parti socialiste ou sa majorité silencieuse, bernée et cornaquée par des "responsables" qui auront tiré à eux toute la couverture d'un pouvoir qui pourtant leur échappe.  Ce programme dont les soutiens inconditionnels du président actuel ne veulent plus, quitte au laisser-faire antidémocratique.

Et donc voilà, les dés sont jetés, pas tous, mais je pense que cette candidature très cinquième république, -c'est vrai que cela peut paraître contradictoire pour quelqu'un qui la fustige, mais on a déjà vu ça, n'est-ce pas ?-, puisse générer quelques ondes gravitationnelles qui pourraient faire date.

Mélenchon sait qu'il répond à une attente, voire à une désespérance en un temps où la gauche politique est perdue et divisée.
Gauche perdue dans ce bavardage politicien incessant (la déchéance de nationalité par exemple) dont profite aujourd'hui, c'est bien là leur force,  l'extrême droite, et une droite que les divisions actuelles sont loin d'affaiblir malgré les apparences.

JMG


mercredi 3 février 2016

Etat d'urgence pour un état d'ivresse

La percée du vin jaune a lieu cette année à Lons-le-Saunier : tous sur le pont pour ces deux journées des samedi 6 et dimanche 7 février. Mais attention la ville est en état de siège, on n'y entrera pas comme ça.

Il y a un hic en effet, c'est vrai, c'est le cas de le dire, il faudra pour se rendre au Centre-Ville acheter un verre, au prix de 14 euros, verre attaché à votre cou comme une cloche à une Montbéliarde. Ce verre non seulement vous donnera le droit de boire, mais suprême privilège, vous permettra de vous rendre au Centre-Ville sans vous faire arrêter par les organisateurs de la manifestation. Ce verre est donc précieux, non seulement parce qu'il vous servira à boire, mais parce que, avant tout, il constituera votre passeport pour  faire des emplettes en centre-ville.

Et donc, pas de verre, pas d'entrée dans la cité, même si vous n'avez pas soif. Les organisateurs font du centre-ville un lieu entre buveurs, si connaisseurs soient-ils.
Pas de verre, pas de droit de se rendre au centre pour récupérer votre pantalon dont vous aurez demandé qu'on refasse l'ourlet, vous attendrez le samedi suivant, (à moins que vous rendiez en ville avant 10h30  ce samedi même, heure à laquelle celle-ci sera fermée comme au bon vieux temps de l'octroi.)
Si vous voulez acheter des chocolats chez Pernet rue Saint-Désiré, c'est pareil, pas de verre pas de chocolat, il faudra boire avant, ou après, ou même pendant, voire même jusqu'à plus soif si affinités.

Pour être tout à fait honnête, il faut préciser que les organisateurs ont tout de même tout prévu : vous aurez droit à un badge, mais seulement si vous habitez au centre ville dans le périmètre critique exactement. 
En d'autre termes vous pourrez vous rendre en ville, mais seulement si vous y habitez ! Il vous faudra pour ce faire vous rendre à la Mairie de Lons-le-Saunier qui vous remettra une espèce de timbre que vous mettrez sur le revers de votre veston pour bien faire comprendre aux organisateurs que vous avez compris le sens de la démarche, que vous faites bien partis du club.

Ce timbre a l'avantage d'être plus discret qu'un verre pendu autour du cou et en plus il vous permettra de vous rendre sans dommage chez vous, ou de quitter un moment le périmètre consacré, sans crainte du non-retour.

Elle est pas belle la vie ?

JMG



mardi 26 janvier 2016

...il y a cinq ans exactement, un accident du travail

Il y a cinq ans exactement, le mercredi 26 janvier 2011, mon frère, Jacques, mourait dans un accident du travail, écrasé par un arbre, un marronnier du Japon de neuf tonnes. Cela semble étrange dit comme cela...Mais "ça" s'est produit, sur son lieu de travail à 8h30mn, au dépôt  des espaces verts, au Stade Tissié à Pau, en bas du boulevard des Pyrénées, pas si loin de la montagne qu'il aimait tant et qui constituait une de ses raisons de vivre. Il était agent technique, fonctionnaire territorial à la ville de Pau, jardinier, il fut donc tué par l'objet de son travail.

Il avait mentionné quelques années auparavant, dans le registre de sécurité, le caractère dangereux de cet arbre. Et il a fallu que cet arbre tombe sur lui. Depuis, la ville a mené une politique de sauvegarde des arbres qui tienne compte prioritairement des personnes. Combien d'arbres ont été abattus depuis à la ville de Pau, et dans d'autres, sensibilisées désormais par cette question ? Les arbres vivent puis meurent, et en mourant parfois blessent et tuent  qui se trouve sur le passage de leur naufrage.
Mon frère a été désincarcéré, mais alors que tout était fini pour lui dans ce monde, libéré par ces camarades du SDIS, comme une ironie du sort : il était lui-même pompier volontaire, membre du GRIMP ( Groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux) des Pyrénées Atlantiques.

Toute mort est mystérieuse, absurde, celle-ci particulièrement, elle pénètre le monde familier, le détruit ou en en révèle le caractère précaire, artificiel. Celle-ci fut le fruit du hasard (on nomme par "hasard" ce que nous ne comprenons pas), partiellement par hasard en tout cas comme toute mort accidentelle, mais elle est due aussi à des événements successifs, dont certains prévisibles, et dont on n'a pas suffisamment tenu compte, sa mort en est la preuve. Une information judiciaire avait été ouverte et nous nous sommes portés partie civile pour avoir connaissance du dossier . Le juge d'instruction, en novembre 2012, a rendu une ordonnance de non-lieu et nous n'avons pas fait appel.  Seul nous importait de savoir ce qui s'était passé, sans vouloir absolument dénoncer ou souligner telle ou telle éventuelle responsabilité individuelle venant de la ville de Pau. Nous aurions aimé cependant que la responsabilité pénale de celle-ci, en tant que personnalité morale, fût au moins reconnue.

Le hasard a fait que cet arbre centenaire est tombé un matin sur le camion qui le menait à un chantier, mais il aurait suffi de quelques secondes pour que mon frère soit encore avec nous aujourd'hui, il aurait suffi d'un instant pour que le camion dans lequel il se trouvait démarre et se fut donc éloigné du danger. Le hasard, le destin, les circonstances, l'imprévoyance en ont voulu autrement. Comme souvent en pareil cas, on se demande comment le drame a pu advenir alors que les probabilités était faibles. Il aurait suffi qu'il fût appelé pour une intervention en montagne par exemple et ne pas se trouver à cet instant sous cet arbre, à sa merci, et surtout il aurait suffi que cet arbre fût abattu avant qu'il ne s'abatte.

Ces interrogations alimentent la douleur qui persiste et reste aussi vive cinq ans après.

Depuis ses collègues de la mairie de Pau et du SDIS 64 organisent un tournoi sportif dont la première édition a eu lieu l'année dernière. Cette année la finale de ce tournoi aura lieu au gymnase Paul Jean Toulet à Pau le samedi 28 mai prochain.
Je reproduis ici le communiqué de l'équipe organisatrice de cette rencontre annuelle désormais (je remercie en particulier Jean-Vincent Carol, et beaucoup d'autres):

Bonjour,
Il y a 5 ans, ce 26 janvier, à 8h00 du matin, notre collègue Jacques Gardère décédait, victime d'un accident sur son lieu de travail.
Depuis, après un long et douloureux travail de remise en question pour les uns et les autres, nous avons réussi à mettre en place un certain nombre d'actions qui nous permettront de surmonter cette épreuve.
Parmi celles-ci, le Challenge sportif Jacques Gardère, dont la première édition en 2015 a réuni une centaine d'agents et certainement celle qu'il aurait le plus apprécié.
Au-delà de nous retrouver dans un moment de convivialité autour des valeurs du sport, l'édition 2015 a permis de réunir quelques 2800 €, au profit de l'association KOALA, choisie par Benjamin, le fils de Jacques.
Cette association locale, dynamique, qui œuvre pour le bien être des enfants à l’hôpital a pu faire réaliser grâce à vous des travaux par un artiste aux urgences pédiatriques de l’hôpital François Mitterrand de PAU. Vous trouverez les photos en cliquant sur le lien suivant : https://www.flickr.com/gp/139380123@N06/1smdJ8
Il est temps de préparer l'édition 2016 en vous inscrivant sans plus tarder (date limite le 4 avril) afin de renouveler l'exploit de l'année dernière.
Le tirage au sort des équipes aura lieu le 6 avril pour une journée de badminton entre les équipes de la ville de PAU/CDAPP/CCAS et du SDIS 64
le samedi 28 mai 2016 au gymnase Paul Jean Toulet à partir de 9h.
Comme l'année dernière, 2 séjours d'une semaine en pension complète dans un hôtel 4* à Lloret del Mar sont en jeu !!!
Pour plus d'informations, écrivez nous à challengejacquesgardere@gmail.com
A très bientôt.
L'équipe organisatrice.

jeudi 14 janvier 2016

Vœux pour 2016 et les années qui viennent

Il est encore temps d'émettre des vœux, on a, parait-il, jusqu'à la fin du mois de janvier.
Meilleurs vœux à tous, que cette année soit celle de la résistance. Faute de mieux, faute de pouvoir, ici et maintenant, créer un monde plus juste, plus égalitaire, plus fraternel. Mais au moins faisons ce vœu collectif de conserver ce qu'on voudrait nous enlever, ce qui nous reste encore.
L'heure, mais parce que nécessité fait loi, est à la résistance. On nous bassine avec l'état d'urgence (inutile et dangereuse pour nos libertés), avec la déchéance de nationalité que l'on voudrait constitutionnaliser pour des raisons politiciennes indignes de la gauche.
Mais nous sommes avant tout en état d'urgence sociale. Les plans sur la comète nous les bâtirons plus tard, même si il ne faut surtout pas les perdre de vue, même si parfois nous pourrons même en expérimenter quelques-uns comme des rêves éveillés.
Nos vœux doivent aller vers le courage, la lucidité active à défendre les acquis du Conseil National de la Résistance que les néo-libéraux voudraient faire passer pour ringards et contraires à la modernité. Il s'agit de leur modernité à eux, déjà bien vieillie, sans avenir, faite essentiellement de cupidité financière, à l'opposé de ce que nous nous souhaitons les uns les autres, la solidarité.

Ces acquis sont d'autant plus nécessaires aujourd'hui qu'ils sont le seul véritable rempart contre les crises financières qui s'annoncent encore, (tout récemment qui nous viennent de Chine...affaire à suivre), et qui sont la résultante d'une dérégulation financière que personne au pouvoir ne s'attelle à remettre en cause. 
Notre ennemi c'est la finance, bien sûr, nous avons appris à nos dépens qu'il ne suffisait pas de le dire ou de l'entendre. Défendre les acquis sociaux, nos richesses, c'est aujourd'hui la meilleure façon de nous battre contre la finance et contre un gouvernement qui, contre-nature et contre toute espérance, en a pris la défense.
Défendons l'acquis (plutôt "le conquis" comme dirait Michel Etievent, le conquis n'étant jamais acquis), l'acquis de la sécurité sociale, défendons le principe de la retraite par répartition au lieu de la retraite par capitalisation que certains oligarques, par intérêt, voudrait nous imposer contre notre intérêt à nous. Respectons le mouvement syndical authentique celui qui ne collabore pas a priori avec les classes dirigeantes, mais permet d'entretenir l'esprit critique et revendicatif qui permet la démocratie sociale tout comme la démocratie tout court. Défendons les syndicalistes que des voyous voudraient emprisonner.

Un  autre vœu, que les nécessaires commémorations ne nous empêchent pas de nous interroger au delà des beaux discours, au delà de l'émotion qui nous font courir le risque de ne pas examiner les situations avec sang froid et lucidité.
Ainsi, contrairement à ce que prétend l'actuel premier ministre, il nous faut expliquer les raisons du terrorisme que nous subissons aujourd'hui. Contrairement à ses propos démagogiques, expliquer n'est pas excuser. Il nous faut connaitre les racines du mal, ce n'est qu'ainsi que nous parviendrons à les combattre. Le mal n'est jamais dû au hasard, ce n'est pas par hasard qu'Hitler en son temps accédait au pourvoir, ce n'est pas tout à fait le hasard qui nous a mené aux tragédies de janvier ou novembre dernier.

Il s'agit ainsi que nous nous interrogions sur une politique de la ville abandonnée au risque de la relégation sociale. Faisons le vœu aussi que nos dirigeants ait ce courage de reconsidérer la politique étrangère menée par la France, nous devons comprendre pourquoi nous sommes devenus une cible privilégiée  du terrorisme.

Que la gauche ne s'interdise pas, par seul calcul politicien, de vouloir comprendre et d'expliquer le monde, étape nécessaire pour qui veut le transformer.

JMG

jeudi 31 décembre 2015

Montesquieu pas si nul

"Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires".* Il y a donc aussi des lois nuisibles. François Hollande, que des paparazzi surprirent, un été 2006, à parcourir "l'Histoire pour les nuls", gagnerait de relire Montesquieu, ou pour le moins d'en retenir l'essentiel.

Ainsi notre Président, sous les applaudissements du Front National, veut-il "constitutionnaliser", c'est à dire incorporer dans la Constitution, des dispositions, comme celle de la déchéance nationale dont on parle tant ces temps-ci, qui n'ont rien n'a y faire et qui surtout sont, par nature, anti-républicaines, contraires dans le fond à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Faire une distinction, qui plus est constitutionnelle, entre nationaux et bi-nationaux c'est écarter tout un ensemble de citoyens particulièrement nombreux pour un pays qui dans l'Histoire, pour le meilleur ou souvent pour le pire, a construit son image, sa fortune, sa renommée bien sûr, et son universalité, au delà de ses propres frontières.

Le pire dans l'histoire, ce n'est pas que l'Esprit des lois ne soit pas le livre de chevet de Hollande, mais que ce dernier, à l'instar de Sarkozy qui en fit ses chevaux de bataille politicienne, entende faire des lois de simples moyens de propagande. Hollande, mais aussi Valls, cheville ouvrière ces temps-ci de l’instrumentalisation juridique, y parviennent puisque plus de 90% des Français se montreraient favorables à la déchéance de nationalité pour les bi-nationaux.

Voilà donc, tout ça pour ça : faire du sarkozisme, se fonder sur la folie et la paresse sondagières pour tenter de regagner l'estime de l'opinion, dans la perspective d'échéances électorales qui pourraient en effet se trouver compromises par un bilan économique et social catastrophique (inspiré et alimenté par un corpus idéologique d'un autre temps, d'un autre camp, et dont on constate le peu d'efficacité à combattre le chômage).

La Constitution, plus encore qu'une simple loi, est le texte sacré s'il en est de la démocratie, on ne doit pas s'en amuser. Il faudrait la réformer bien sûr, mais pour d'autres raisons, pour acter l’avènement d'une Sixième République qui ne soit pas la caution d'un coup d'Etat permanent dont nous voyons, au travers de l'Etat d'urgence, les effets antidémocratiques, comme si c'était bien le terrorisme, tout compte fait, qui avait gagné la partie.

Il faut que l'exécutif retrouve rapidement ses esprits, dont celui des lois, et par là-même sa base politique qu'il lâche pour des raisons purement politiciennes sans considérer l'intérêt général.
On ne construit pas un projet politique sur la manipulation d'une opinion fragilisée par la confusion idéologique mâtinée de misère sociale.

JMG

*L'Esprit des Lois (Montesquieu, 1748)

samedi 26 décembre 2015

Virer les arrivistes, mais y'a du boulot

Oui, il faut virer les arrivistes, il faut les empêcher de nuire, c'est d'autant plus nécessaire qu'une fois arrivés les arrivistes oublient bien vite de d'honorer les idées ou les promesses qui les ont fait arriver si vite.
Il faut en politique renouer avec l'éthique. Voeux pieux bien sûr mais bon...c'est le temps d'en formuler. Ce n'est pas que l'éthique ou la morale fassent toujours défaut, bien au contraire dans la plupart des cas, fort heureusement, mais force est de constater que beaucoup d'élus ou de responsables politiques, et parmi eux les plus visibles, jettent avec aussi peu de gêne, toutes les promesses et les idées qui les auront fait arriver là où ils sont, c'est-à-dire en situation d'exercer le pouvoir, notamment dans un régime républicain, le cinquième du nom, qui ressemble à s'y méprendre à un régime monarchique.

Ainsi Hollande et Valls qui nous auront trompé à tel point que toutes les valeurs et tous les repères politiques désormais sont effacés, au point que nul ni personne ne s'y reconnaît plus. Au point que nombre d'adhérents au parti socialiste, pour ceux en tout cas qui n'en sont pas encore partis, en ont honte. Honte de ce qui a pu être fait (ou pas) jusqu'à présent en leur nom.

L'affaire de la déchéance de la nationalité révèle la duplicité de ce pouvoir, mais le plus marrant c'est que celle-ci s'exerce dans une certaine transparence. Tout le monde sait en effet, sauf les imbéciles, que cette mesure ne servira à rien, ce n'est pas comme cela qu'on va empêcher le kamikaze moyen de se faire sauter. Cela n'empêche pas notre gouvernement d'agiter le chiffon rose, il sait qu'une grande majorité de Français, à qui on a posé la question par voie de sondage, est d'accord pour accorder aux islamo-suicidaires l'ultime et posthume déshonneur de n'être plus français.

On se demande d'ailleurs si la mesure qu'entend prendre le gouvernement, annoncée par Hollande devant le congrès à Versailles, puis abandonnée, puis reprise à nouveau entre deux parts de bûche au chocolat, ne serait pas plutôt le fruit de la simple incompétence. C'est peut-être tout le problème des arrivistes qui, à force de s'exténuer à des stratégie d'accaparement du pouvoir, oublient carrément d'être sensés et efficaces.

L'état d'urgence me fait encore moins rire. Donner à la police ou à l'administration tous les droits sans passer par le pouvoir judiciaire est autrement dangereux, cela pourrait donner aux apprentis autocrates, que l'on voit poindre à droite et à gauche, des idées auxquelles ils n'auraient peut-être pas pensé eux-mêmes.

Il est d'autres moyens, bien plus efficaces, de combattre le terrorisme, à commencer par se demander d'où il vient. C'est la condition première de toute bonne politique, y compris lorsqu'il s'agit comme ici de combattre la barbarie.

En tout cas ce n'est pas en niant l'Etat de droit qu'on arrivera à s'en débarrasser.

JMG