vendredi 16 juin 2017

La position du démissionnaire

Ça y est ils m'ont démissionné, ils y ont mis le temps mais c'est fait. Je viens de recevoir un brillant mail du premier secrétaire de la fédération PS du Jura, Marc Henry Duvernet, dit Marco, (qu'on ne pourrait confondre avec le sous-commandant Marcos), mail qui finit par un cordial mais banal "cordialement".
Jusqu'à présent les lettres, missives, messages du parti socialiste qui m'était gentiment destinés se terminaient toujours par "salutations socialistes" ce qui entre nous ne manquait pas de sel pour une formation politique dont beaucoup de responsables manquèrent, c'est le moins qu'on puisse dire, à leurs devoirs de défense de la république sociale.
De même, jusqu'à aujourd'hui, les messages débutaient par un tonitruant "camarade", à vous donner l'envie, même en plein été, de faire le matin au pied levé une ou deux Révolution d'Octobre. Nous nous serons contentés de quelques évolutions bien timides sans compter les plus amères à mon goût, loi travail, CICE, etc...

Le mail débute par un poli "Madame, Monsieur". La classe ! Franchement je ne m'attendais pas à une telle promotion, j'y perds peut-être en énergie mais y gagne en considération.

A moins d'une discrimination flagrante, certains indices me donnent à penser que je n'aurai pas été le seul à être démissionné, car en plus du "Monsieur" (que j'ai bien pris pour moi) il y aurait aussi une "Madame", au moins une. Je pensais que c'était déjà fait, peut-être s'agit-il de la candidate investie par la République en marche (République en marche qui d'ailleurs, l'avez-vous vu, commence de boiter).

Combien sont-ils ou t-elles dans la charrette des démissionnaires ? El Khomry par exemple en fera-t-elle partie ? Une frayeur tout à coup : j'aimerais pouvoir choisir la mienne de charrette, je n'aimerais pas être embarqué dans une où se trouveraient des admirateurs de Macron, de Valls ou de Hollande. Il n'est pas question pour moi, même en ces temps politiquement bouleversés, de confondre les torchons et les serviettes.

Ceci étant je trouve normal l'honneur qui m'est ainsi donné, même si "démissionnaire" (terme employé dans le courrier) dans les faits je l'étais depuis longtemps ; en raison déjà de mes prises de position qui m'ont bien valu quelques engueulades, au conseil fédéral ou dans d'autres instance du parti.

C'est donc la règle et je ne la remets pas en cause, j'ai trop demandé par le passé que les règles soient respectées pour aujourd'hui m'en plaindre et quémander le contraire. C'est d'ailleurs ce qui me chagrine le plus : me faire rappeler à l'ordre par des gens qui, sans vergogne parfois, pouvaient allégrement les contourner.
J'aurais dû peut-être prendre les devants, démissionner moi-même avant de devenir un démissionnaire "à l'insu de son plein gré". J'estime cependant que ce n'était pas à moi de partir le premier.

J'avais prévenu, ici même, ou ailleurs à plusieurs reprises. Mon seul tort, ceci dit sans me vanter, a été d'avoir raison trop tôt. Et mon regret de n'avoir pu, avec d'autres camarades, changer les choses avant que n'arrive à gauche la catastrophe que nous connaissons aujourd'hui.

Et donc la voilà ma faute : j'ai soutenu le candidat de la France Insoumise (ici) au lieu de soutenir Marco qui avait l'investiture officielle du PS aux législatives.

C'est ce choix mûrement réfléchi, à mes yeux politiquement cohérent, qui me vaut cette appellation d'origine contrôlée.
 "Démissionnaire", c'est-t-y pas beau ça ?

JMG

samedi 3 juin 2017

Législatives à Lons-le-Saunier, à gauche toute

Je le redis, je voterai et j'appelle à voter Gabriel Amard le candidat de FI dans la première circonscription du Jura, celle de Lons-le-Saunier, dans la ligne logique de mon vote au premier tour des présidentielles. J'avais considéré alors, faute et en dépit d'une unité dont la responsabilité est largement partagée, que JLuc Mélenchon était le mieux placé pour battre la droite ; battre y compris cette droite macronnienne d'autant plus dangereuse qu'elle marche et avance masquée. Elle prend les allures d'une force nouvelle soi-disant moderne et réformiste, mais en réalité ô combien rétrograde, ennemie de ceux qui en définitive créent les véritables richesses. La nomination d'un premier ministre issu de la droite partisane a fini de lever l'ambiguïté, cette nomination comme les premières mesures annoncées par ce gouvernement auront fini d'effacer tout doute à cet égard. Si l'on en croit le programme cette politique s'annonce désastreuse pour notre contrat social, sans aucune efficacité macro-économique, dans l'exacte lignée de celles conduites jusqu'alors depuis au moins trente ans.

On aurait pu se réjouir de l'unité retrouvée de la gauche dans cette circonscription autour du parti communiste, des verts et du parti socialiste ou de ce qu'il en reste.
Et il en reste trop peu.
Trop peu par le nombre des militants, mais trop peu surtout sur la question démocratique. Les instances fédérales du PS ne fonctionnent plus comme elle le devrait, faute de combattants, faute d'une pratique politique sérieuse, et tout cela accompagné d'un appauvrissement idéologique et programmatique qui d'ailleurs a favorisé localement le transfert opportuniste ou naturel d'une bonne partie des "cadres" du PS jurassien vers "en marche".

Malgré le dynamisme qu'il faut reconnaître à Marc-Henry Duvernet, ce qui reste du PS dans le Jura est donc devenue portion congrue, on ne sait plus qui est qui, qui défend quoi, sur quel programme on doit se prononcer ou pas. Des années de carence idéologique, de coup de butoir de hollandisme ou de vallsisme, ou de macronisme, ont tout cassé de la sincérité de ceux qui pouvaient l'être encore.

Et donc je n'ai pas confiance, malgré l'amitié que je peux garder pour lui, en la candidature d'un MHD qui n'est devenu un "frondeur" que bien tard,  trop tard en tout cas pour être suffisamment crédible. Il est des pratiques politiques que j'ai dénoncées, parmi celles qui visent à utiliser son parti pour  favoriser une carriérisme politique d'ailleurs bien illusoire. La moralisation de la vie politique, dont on parle tant, passe aussi dans le respect de la cohérence de ses propres idées.
Oui, je crains que mon ami Duvernet, s'il devenait député, devant un projet de loi comme la loi travail par exemple, rejoigne le camp des "réformateurs" pour quelque strapontin.

Et donc je vote pour le candidat le plus sûr à cet égard et le mieux placé à mes yeux pour défendre la cause du monde du travail contre les politiques austéritaires dictées par une Union Européenne qui continue aujourd’hui de nous perdre, et qui n'est pas l'Europe sociale et solidaire que nous voulons. J'entends surtout ne pas donner une majorité parlementaire à un gouvernement qui déclare sans ambiguïté la guerre à une république sociale seule capable de faire la richesse de notre pays, de ses habitants, et des citoyens que nous sommes.

JMG


samedi 20 mai 2017

Jura, dinosaures, accords et désaccords

Je reviens sur un accord qui a été passé dans le département du Jura pour les législatives de juin prochain. C'est un accord relativement rare dans un contexte généralisé de désunion de la gauche un peu partout en France, un accord exemplaire puisqu'il semble réconcilier les partis de gauche traditionnels : le PS, le PC, et les verts, une gauche plurielle ressuscitée qu'on croyait pourtant et à jamais disparue.

Là où le bât blesse c'est que France Insoumise dans le Jura ne s'est pas associée à cette union. Or aujourd'hui, et dans l'instant politique que nous connaissons, inédit à bien des égards, rien ne se fera à gauche sans l'appui ou l'assentiment de cette (nouvelle) force politique. Sans chercher qui est responsable ou pas de cette désunion, il aurait donc fallu (je sais c'est plus facile à dire qu'à faire) œuvrer à recomposer tous les morceaux de cette gauche éclatée pour espérer son retour, rassemblée, au Parlement.
Cet accord a quelque chose de bien artificiel. A Lons-le-Saunier dans cette première circonscription du Jura, il est en effet étrange et remarquable que le parti communiste accepte de s'allier à un parti socialiste fragilisée et blessé, pour ne pas dire moribond, déchiré qu'il a été ces dernière années par les effets d'une politique gouvernementale ayant abandonné toute référence sérieuse aux idéaux d'une gauche fidèle à ses valeurs.
Cette agonie du PS a donc commencé dès les débuts de la présidence Hollande, sans doute même avant, à la faveur de prises de position de la part de certains responsables du parti, au plan national ou comme ici localement dans le Jura, sans esprit critique ou aveuglé par un esprit de carrière, à la remorque d'un gouvernement plombé par les incroyables trahisons d'un Macron, d'un Valls ou d'un Hollande...

Illustration parmi d'autres : Eddy Lacroix, l'ex-premier secrétaire de la fédération PS du Jura, aura rejoint Macron après avoir flirté avec le Club Perspectives et Réalités (vieux club giscardien du milieu des années soixante-dix que l'on croyait pour le coup disparu). Nous avons donc appris que ce vieux truc vivotait encore dans le Jura, mais comme sont conservés des traces de dinosaures à Coisia ou à Loulle. (j'invite les amateurs de Jurassique Supérieur à se renseigner auprès du comité départemental du tourisme du Jura pour avoir de plus amples informations à ce sujet).

Ce secrétaire fédéral, après une lutte fratricide, avait dû laisser la place à l'encore plus jeune Marc Henry Duvernet, lequel en bon politicien mais en mauvais politique, après avoir semble-t-il hésiter à rejoindre Macron lui aussi, a pu louvoyer au gré du vent. Aujourd'hui candidat aux législatives au nom d'un PS en mal de démocratie, il semble avoir renouer pour la circonstance avec un discours qui lui permette d'accorder son violon avec ceux d'un parti communiste lui-même en grande difficulté dans la région comme ailleurs, ce que ce parti de militants ne mérite d'ailleurs pas.

Et donc voilà, l'unité c'est bien, c'est beau, c'est nécessaire, mais il convient de savoir pourquoi et comment elle s'est faite, et ne pas trop s'illusionner sur sa relative solidité. En réalité on a l'unité qu'on mérite. Et il faut une bonne force de caractère, collective, pour faire sans illusion table rase des désaccords passés.
Pour ma part, je reste sur mon vote du premier tour des présidentielles en le projetant sur la candidature de Gabriel Amard investie par France Insoumise.

Il reste de ce côté un espoir de victoire qui n'aurait rien à devoir au hasard. C'est un mouvement qui a su collectivement construire un projet et un programme, exigence que le PS pour l'heure a abandonné, ne serait-ce que par inanition démocratique

JMG

vendredi 12 mai 2017

et maintenant ?

Tant de choses se sont produites ces derniers jours, ces dernières heures, qu'on  ne saurait pas comment les embrasser, ces événements il faut bien l'avouer nous dépassent un peu. Un des faits marquants auront été les volées de bois verts que se sont pris les gens qui osaient dire qu'ils ne votaient pas Macron, ceux-là on les aura mis dans le même sac que Le Pen, alors que précisément c'est parmi ces gens-là qu'on trouvait les plus déterminés à combattre l'extrême-droite. Ne pas voter Macron n'équivalait pas à voter Le Pen, l'équation présentée comme une évidence était bien loin d'être juste.
On a pu retrouver là quelques relents du vote de 2005 sur le traité européen ou les gens qui votaient "non" furent montrés du doigt comme s'ils avaient opté pour le diable.

Cette mauvaise plaisanterie étant passée, le danger étant (provisoirement) écarté, il faut s'attacher aujourd'hui à bien considérer ce qui nous attend. Car Macron pourrait avoir sa majorité parlementaire pour conduire les dégâts qu'il nous a promis.
Or peu de Français connaissent son programme, peu savent pour qui et surtout pour quoi au fond ils ont voté.
Sans doute, pour la plupart, n'ont-ils pas pris la mesure de la stratégie que Macron s'apprête à mettre en oeuvre, néo-libérale à souhait, dans la continuité de celle de Sarkozy puis de Hollande. Cette startégie s'annonce dans l'air du temps, c'est celle de l'Union Européenne telle qu'elle se présente aujourd'hui, avec, en quelque lieu, des relents racistes et xénophobes comme en Hongrie, en Pologne voire au Pays-Bas, idées nauséabondes auxquelles notre pays a échappé pour l'heure mais qui précisément sont amenées ou encouragées par les excès du néo-libéralisme.

Ainsi, comme pour en donner la preuve, Macron serait sur le point de prendre comme premier ministre, de façon claire et transparente, un homme issu d'une droite assumé qui n'aura rien à voir avec les résultats d'un premier tour des présidentielles électoralement bien plus nuancé. Sa politique ne fera qu'aggraver les inégalités lesquelles demeurent le véritable moteur du déclin de notre pays.

Il s'agit d'abord pour Macron de réparer un affront lorsqu'il était encore dans le gouvernement Hollande : la loi travail n'était pas tout à fait celle qu'il avait envisagée. Il va donc la reprendre pour l'aggraver dans le sens d'une plus grande flexibilisation du droit du travail. On sait que ces mesures sont commandées en sous-main par la commission européenne. Il s'agit à terme, dans le contexte d'une zone euro à préserver au nom de l'ordo-libéralisme allemand, d'aligner la France sur une exigence de compétitivité lui permettant de conquérir ou de pas perdre des marchés face à des pays qui ont déjà des salaires plus bas et un droit du travail réduit à la plus simple expression.

Le programme de Macron contient le rétablissement des "exonérations sociales sur les heures supplémentaires" ce qui est de nature à fragiliser la sécurité sociale qui n'avait pas besoin de ça.
L'essentiel de sa loi travail à lui : les salaires comme les conditions de travail pourront être définis au sein de l'entreprise et non par des accords de branche ou de par la loi. Malheur aux salariés de certaines petites ou moyennes entreprises, bien souvent sous-traitantes, dans lesquelles les syndicats sont faibles voire inexistants.
La philosophie Macron réside dans cette volonté de faire pression sur les salaires dans le but, inaccessible et illusoire par ce moyen-là, de rétablir une compétitivité perdue par rapport à l'Allemagne de Merkel.

Idem pour la dépense publique qu'il faudra, selon le credo néo-libéral dont on nous rebat les oreilles, diminuer à tout prix. Les victimes sont toutes désignées, la fonction publique dont on veut continuer de supprimer les postes, à hauteur de 120 000, différence de degré et non de nature avec le projet de ce cher François Fillon.
Les services publics, victime de cette idéologie, seront donc atteints gravement avec des conséquences désastreuses en terme de rélégation économique et sociale.
 Que dire aussi des chômeurs dont le programme de Macron prévoit une baisse des indemnisations, ou carrément leur suppression en cas de refus de plus de "deux emplois décents".
Ces mesures de régression sociale sont portées par un vent mauvais qui nous vient d'outre-manche ou d'outre-Atlantique.
Il est d'autres aspects de ce programme sur lequel il faudra bien s'attarder par nécessité d'une résistance qui reste toujours à organiser, dans l'unité si possible...
Les Français pour avoir massivement rejeté l'hypothèse Le Pen, n'en seront pas pour autant remerciés. Au contraire l'équipe Macron pourra se prévaloir de l'excellent score de son chef pour appliquer un programme présidentiel qui ne fera qu'aggraver la "crise" avec son lot de victimes habituelles, les plus démunis mais aussi les classes moyennes, ou les retraités qui seront particulièrement touchés via l'augmentation du taux de la CSG (Contribution Sociale Généralisé).

Il est d'usage républicain de souhaiter bonne chance au nouveau président, de "lui laisser sa chance". Macron est "sympathique" n'en doutons pas, c'est là une de ses forces, il pourra même, sait-on jamais dans les eaux troubles de la politique politicienne, mener sa barque avec une réussite qui pourra en dérouter certains.

Aux citoyens exigeants que nous sommes d'aller chercher, au-delà de la séduction facile, les raisons d'une lucidité plus grande, préalable à une cruciale et indispensable résistance.

JMG




mercredi 10 mai 2017

pour rire "en marche" ou en courant

Devant la naissance de tous ces mouvements, j'ai décidé de créer le mien qui s'appellera "en courant"

Les réformes ainsi seraient plus rapidement mises en place ( "en marche" à côté ce sera vraiment nul question vitesse) et en même temps ce nouveau truc pourrait servir à tous ceux qui n'ont pu trouver refuge dans les autres au terme d'une carrière politique plus ou moins bien aboutie (Manu, si tu m'entends)

La nature des réformes ne sont pas encore connues exactement (elles seront malgré tout dans l'air du temps, du genre pas trop pour les pauvres) mais c'est pas grave car, quelles qu'elles soient, elles ne sont jamais bien regardées par le grand public qui a certainement d'autres chats à fouetter que de s'emmerder à lire un programme qui pourra à peine être appliqué et ce pour des raisons diverses et absolument indépendante de ma volonté

J'aimerais avoir des avis pour savoir si ça vaut le coup mon truc
mais il vous est possible dès maintenant de déposer votre dossier de candidature au cas où vous voudriez vous présenter aux législatives au nom de ce nouveau courant "d'en courant"

vous voudrez bien mettre votre photo
je vous dis tout de suite, je ne vous prend pas en traître, je ferai très attention à la forme, à l'esthétique, à la communication, à toutes ces choses dont les imbéciles ou les naïfs en politique n'attribuent que très peu d'importance

jmg

mercredi 3 mai 2017

Le Pen, là où ça fait mal

Le risque est grand qu'on ait Le Pen à l'issue du deuxième tour, le risque est grand qu'on ait Macron. La question, ne serait-ce que pour la suite, est de savoir pourquoi on en est arrivé là. Pour l'heure cette question demeure tabou, comme il est impossible de ne pas dire qu'on doit voter Macron.
Et donc est morte toute possibilité de pensée politique. On espère juste que ce soit provisoire.

C'est pourquoi pour ma part je garderai le secret de mon vote, secret que pour une fois je revendique, je le planquerai dans l'isoloir lequel ainsi retrouvera sa raison d'être, merci aux Républicains, les vrais, qui l'ont inventé. Il est un barrage, le seul qui semble nous rester, au macron-lepénisme d'aujourd'hui.

On espère que nous sortirons vite de cette situation ubuesque, dangereuse pour la démocratie, on souhaite que chacun à sa manière aura résisté à cette propagande finement ou grossièrement diffusée par des media détenues en France rappelons-le par une dizaine de milliardaires, comme Bolloré, Niel, Bouygues, Dassault, Bergé, Pinault, Drahi, Pigasse et Lagardère.

Il y a donc un loup (ou une louve) quelque part. Il faudrait obligatoirement se prononcer pour Macron, avec optimisme nous dit-on, comme si l'optimisme pouvait se commander.
C'est ballot, mais qu'on le veuille ou non, voter Macron c'est soutenir le CETA,  voter aussi pour une loi travail encore plus nocive encore que celle qui vient de nous être imposée par Valls-El Khomry...Le jeune homme Macron encore à ministre à Bercy aurait été vexé que sa loi initiale n'ait pas été reprise dans sa violente intégralité.
Il veut donc, aussitôt élu, en remettre une couche, sa couche à lui. Grand bien lui fasse le bougre, mais à nos dépens. Il faudrait donc se prononcer entre Macron et Macron, un peu limité comme choix démocratique, on en conviendra. Puisque l'heure est à l'imprécision des concepts ou des termes, on pourrait même parler de fascisme mais d'un fascisme rampant.

Et donc pourquoi cette situation ? Surtout à l'issue d'un premier tour où les candidats de gauche ont finalement perdu même si c'est brillamment comme JL Mélenchon. On peut remonter très loin, mais il nous suffira seulement de faire le bilan d'un quinquennat pour lequel nous avons apporté nos suffrages en 2012. Le président élu représentait alors la gauche, du moins l'avons nous cru. A la place nous avons eu la victoire de la finance dans un cadre monétaire européiste qui malgré les promesses françois-hollandaises n'a jamais été remis en cause.
Pour faire bonne figure aux yeux d'une Merkel intransigeante aucun traité européen n'aura fait l'objet d'un ré-examen salutaire.
Hollande, Macron, Valls ont été plus loin encore que les exigences bruxelloises puisqu'en plus de la règle d'or budgétaire, ils nous ont offert le pacte de responsabilité et le CICE avec ces 40 milliards d'argent public jeté par les fenêtres, gabegie accompagnée de toutes les souffrances sociales visibles ou invisibles.

Là où ça fait mal c'est que Marine Le Pen s'est contentée fort opportunément de reprendre cet argumentaire, et de s'adresser sans en avoir l'air aux masses populaires, c'est pourquoi elle s'est banalisée et a pu s'implanter dans le cœur des plus faibles ceux-là même que la gauche dite gouvernementale a abandonnés depuis longtemps déjà, depuis trente ans au moins.
Macron est le bébé cadum de cette démission politique et de cette absence de pensée.

C'est pourquoi, en attendant les législatives de juin pour lesquelles on se doit malgré tout de nourrir quelque espoir, vous me permettrez dimanche de m'isoler un peu.

JMG





mercredi 26 avril 2017

Prise de tête dans le rideau de l'isoloir

Je vais faire mon psy, une fois n’est pas coutume, je vais lâcher prise comme ils disent les psys tendance bouddhiste, je vais vous dire pour vous apaiser que votre vote, quel qu’il soit, à moins que vous soyez un Macron de la première heure (il n’y a donc pas longtemps) ou une Marine butée, votre vote sera nul. Il ne servira à rien, il ne fera barrage ni à Macron ni à Le Pen, et donc détendez-vous.

Il n’est plus le temps où on pouvait voter Chirac pour faire la nique au père de la ci-devant, c’est fini ça. En 2002, j’étais dans les manifs contre le père de la ci-devant, j’ai pu mesurer le nombre, la détermination, la sincérité, des gens qui se sont persuadés qu’il fallait voter Chirac pour, selon l’expression mille fois répétée, « faire barrage à l’extrême-droite ». Bon d’accord on n’a pas eu Le Pen, mais on s’est payé Raffarin, ce n’était pas (beaucoup) mieux. On a eu la réforme des retraites quelques semaines après, avec en prime la trahison du syndicat dit réformiste le plus en vue de la droite et des libéraux, la CFDT. En gros on a eu le beurre et l’argent du beurre.

Le Pen a dû faire à l’époque au second tour moins de vingt pour cent. On avait gagné ! Aujourd’hui on voudrait, « pour faire barrage à Le Pen », nous faire voter Macron. On nous prendrait pour des cons que ça m’étonnerait pas, en plus ça rime, comme si c’était fait exprès. Comme si il ne suffisait pas de ne pas voter Le Pen pour lui faire barrage. Pour faire barrage à Le Pen, réellement, il aurait fallu y penser avant. Maintenant c’est un peu tard.

Par exemple il aurait ne pas faire voter la loi Macron. Idem pour la loi El Khomry. Je ne vois pas pourquoi il faudrait faire barrage à Le Pen tout en disculpant Valls, El Khomry, Macron qui se seront révélés comme de véritables fossoyeurs de l’espoir même de la rénovation sociale. Faire barrage à Le Pen présupposerait d’abord de ne pas faire barrage à la gauche. Or c’est ce qu’ont fait les gouvernements Hollande qui se sont succédé, et tous ceux qui sans vergogne ont trahi Hamon, le pauvre Hamon qui a trouvé plus frondeur que lui, lui qui en fait n’a jamais été un frondeur. Il n’a fait que critiquer Valls, et en plus sur le tard, ce n’est pas fronder ça, c’était seulement faire  preuve de bon sens : lorsque on est de gauche on évite de faire trop de lois que la droite n’aurait jamais osé faire.

On est bien d’accord il existe un risque Le Pen, cette présidentielle est bien celle de tous les impossibles. Tout peut arriver même le pire. Mais le pire n’est-il pas déjà là, en embuscade ? Qui aurait dit qu’on aurait un tel embarras de non-choix ? Qui aurait pensé que l’offre politique fût à ce point pauvre et fermée ?

Car existe aussi le risque Macron. Lui qui fait venir à lui tous les opportunistes dont certains ont montré déjà de quoi ils étaient (in)capables, lui qui est sur le point de s’en prendre de plus belle à l’Etat Social avec une violence que nous soupçonnons mal et dont il a pourtant donné un aperçu pendant les quelques mois qu’il est resté au gouvernement Valls-Hollande. Ces derniers d’ailleurs, incarnation de la deuxième droite, ne sont-ils pas, eux qui jouent aujourd’hui les vierges effarouchées, co-responsables de l’avènement inquiétant de l’extrême-droite ?

Et donc je ne dirai rien de ce que j’ai décidé, déjà pour la bonne raison que je n’ai pas encore décidé. Compte tenu de l’histoire récente j’estime avoir le droit de considérer que le mai de 2002 n’a rien à voir avec le mai de cette année. Un peu comme Méluche, je n'ai pas le cœur à me prononcer. Réflexion.
Je sais, c’est décevant.

JMG



mercredi 12 avril 2017

je vote Mélenchon

A quelques jours du premier tour, même si la décision est particulièrement difficile à prendre, il faut se construire une raison, et bien plus une détermination en tenant compte des circonstances qui sont offerts à nos choix. Et dire le sien. Voter est un engagement d'autant plus grand qu'il est rendu public.

JL Mélenchon, aujourd'hui me paraît être le seul à gauche susceptible de l'emporter. Ce n'est pas tant les derniers sondages qui me font dire cela, ni même la dynamique qui semble le porter depuis quelques jours, mais bien plutôt la force des idées qui paraissent avoir un effet dans la population française, effet secrètement que tout le monde attendait.
La France est une terre de gauche, il convient seulement de le lui rappeler de temps en temps, chose que ni Hollande, ni Valls (au fait où est-il passé ?), et encore moins Macron n'ont voulu faire. Ils ont fait le contraire contre toute morale politique et pour les échecs qui ont suivi sur les plans économiques et sociaux.

Ces idées ce sont celles d'un PS de l'origine, n'en déplaisent à quelques thuriféraires de Mélenchon oublieux ou bien naïfs qui croient avoir inventé l'eau chaude, ce sont en tout cas celles que pour ma part je défends depuis toujours. Mais ces idées, tout comme leur propagation renouvelée, sont aussi le fruit de débats sérieux ayant eu cours au sein de "la France insoumise" avec un sort singulier et bénéfique à la question écologique. En tout cas le projet de Mélenchon n'est pas n'importe quoi, il parait savamment construit, avec une cohérence interne que l'on peut saluer, produit d'un travail collectif, démocratique.

Hamon n'a pas démérité, mais il faut se rendre à l'évidence, il lui est impossible désormais de rassembler, je ne dis pas que Mélenchon lui pourra le faire à coup sûr avec à la clé une victoire inespérée mais il semble être sur une meilleure voie que le vainqueur des primaires socialistes sur lesquelles Valls et d'autres, dont beaucoup rejoignent Macron, auront craché sans vergogne, contre leur propre camp, comme un point d'orgue à toutes les trahisons d'ordre idéologique et programmatique dont ils se sont montré capables et coupables surtout.

Ceci bien sûr est fragile, il se peut dans quelques heures, dans quelques jours, que cette dynamique, agressée par des attaques de tous bords, de droite, ou de "gauche" comme celle venue d'un François Hollande sentant venir le danger d'une remise en cause de son néo-libéralisme, se retourne à nouveau et casse un élan que l'on pût croire décisif.

Mais je ne crois pas. En cette dernière ligne droite, il s'agit d'utiliser les accélérateurs qui nous sont offerts. Cela me parait d'autant plus nécessaire qu'on peut se sentir réticent sur un revenu universel aventureux et encore trop mal défini. Je me sens plus proche de Mélenchon que de Hamon sur la question européenne, plus proche encore de Mélenchon sur la politique au Moyen-Orient. Benoît Hamon à cet égard me paraît trop suiviste par rapport aux Etats-Unis dans le sillage d'un Hollande aveuglé par une pensée dominante guerrière.

Voilà.

JMG

dimanche 26 mars 2017

Dans l'intérêt des usagers

Un préavis de grève a été déposé par la CGT du Conseil Départemental du Jura le mardi 4 avril pour protester contre la façon dont se passe le transfert de compétence des transports du département du Jura à la région Bourgogne-Franche-Comté. 
Encore une fois le personnel et les usagers sont les victimes de cette loi Notr(e) qui s'est faite sans aucune concertation avec les citoyens ou les usagers, singulièrement ici dans le domaine des transports publics. Il s'agit d'une réforme purement idéologique, politicienne mais qui peut avoir des conséquences désastreuses sur l'ensemble des services publics locaux et notamment sur le service public des transports interurbains, scolaires ou réguliers. 
Dans l'immédiat la CGT, avec l'ensemble du personnel du service des transports du Département, demande que le déménagement des locaux prévu par le Conseil Départemental ne se fasse pas en tout état de cause avant le 1er Décembre prochain afin de ne pas contrarier gravement le bon déroulement de la rentrée scolaire en matière d'organisation des transports et d'accueil des usagers.
Je donne ici le contenu de la lettre que nous avons adressée vendredi 24 mars à Clément Pernot Président du Conseil Départemental avec copie à la Présidente de Région.

JMG

Monsieur le Président,

La réforme territoriale, contre laquelle depuis de longues semaines notre organisation syndicale se bat, a des conséquences désastreuses sur l’organisation des services comme sur les conditions de travail des agents des collectivités territoriales.

C’est le cas pour la Direction des Transports du Département qui subit un bouleversement et une déstabilisation difficilement acceptables.
Il nous semble que ni la Région BFC ni le Département du Jura ne mesurent véritablement les conséquences de ce changement.

Le personnel, s’il ne remet pas en cause le principe, est particulièrement inquiet de la perspective d’un déménagement qui, d’après nos informations, devrait se faire dans le courant du mois d’avril. C’est sans compter en effet l’exigence absolue d’une bonne marche du service pour la réussite de la prochaine rentrée scolaire.
C’est pourquoi nous demandons que ce déménagement, s’il devait avoir lieu, se fasse après le 1er décembre pour tenir compte des contraintes techniques (informatique, accueil du public, information…) et pour s’assurer du bon déroulement de la préparation de la rentrée scolaire, et ainsi permettre le transport à tous les élèves du Jura, dans des conditions satisfaisantes, dès le premier jour de classe.

Par ailleurs nous émettons de sérieuses réserves quant aux futurs locaux proposés pour la Direction des Transports. Le lieu actuel avenue Rouget de Lisle se trouve à proximité de la Gare, ce qui constitue un avantage pratique très appréciable pour tous les usagers scolaires et commerciaux des transports Jurago.
En conséquence, nous demandons à ce sujet qu’il y ait une véritable concertation entre les deux collectivités en tenant compte du point de vue des agents mais aussi des usagers.

Nous tenons aussi à défendre le principe de l’aide aux familles en matière de transport scolaire. Nous revendiquons que cette aide reste au moins au niveau où elle se trouve aujourd’hui dans le contexte social tendu que nous connaissons.

Nous avons enfin quelques inquiétudes sur le devenir professionnel de certains agents et sur leurs conditions de travail à venir dans l’une ou l’autre des deux collectivités.

Pour toutes ces raisons, notre syndicat dépose un préavis de grève pour le mardi 4 avril 2017. Ce préavis est particulièrement destiné à la Direction des Transports où nous appelons à des débrayages. Mais il couvre également l’ensemble des services du Département  pour permettre aux collègues, qui le désirent, de manifester leur solidarité.

Une copie du présent courrier sera également transmise à Mme la Présidente  de Région tout aussi concernée par la question. Le personnel ne saurait être l’enjeu, ou la victime, d’un manque de concertation, voire d’une mésentente, entre les deux collectivités notamment sur les questions pratiques découlant des transferts de compétence.

Nous sommes disposés à vous rencontrer pour discuter des points abordés.



                                   Nous vous prions d’agréer Monsieur le Président l’expression de nos sentiments distingués.


                                                                             Pour la CGT

                                                                              le secrétaire