samedi 23 mars 2013

Le cumul pour les nuls


J’aime bien les promesses surtout lorsqu’elles sont faciles à tenir.
Après que le parti socialiste m'aura accordé (sait-on jamais) l’investiture pour me présenter à la mairie de Lons-le-Saunier, je promets de ne pas cumuler le mandat de premier magistrat de la ville avec celui de sénateur. Mais puisqu’on y est, au diable l’avarice, je fais une deuxième promesse, celle de ne pas cumuler avec un siège à l’assemblée nationale, tout comme d’ailleurs avec une présidence d’agglomération, ni même avec un mandat de conseiller général. J’hésite cependant à renoncer à un possible mandat de président de la république, ne voulant pas d’un trait de plume renoncer à ma brillante et possible carrière politique.
On peut plaisanter comme cela à l’infini, il n’en reste pas moins que le cumul des mandats, quel qu’il soit d’ailleurs, du plus prestigieux au plus honorable, pose un vrai problème.

Au fond c'est ce qu'il nous reste de l’Ancien Régime, de cette époque encore où les ducs, les comtes et autres barons, parce qu'ils avaient ces titres de noblesse, étaient en position de faire la pluie et le beau temps dans le pays, sans se douter d'ailleurs que cela se terminerait bientôt par un tsunami.
Sous le régime de la cinquième république, si proche d'une monarchie républicaine ( à quand la grande réforme constitutionnelle ?! ), les mandats électoraux ont remplacé les titres d'avant la Révolution.
Certains élus collectionnent les mandats et pensent en retirer plus d'influence et de pouvoir. C'est un peu vrai. Mais qu'en est-il de l'efficacité démocratique ?
A Lons-le-Saunier, le député, maire, président d'agglomération, président de l'association des maires de France et j'en passe sûrement, car à l'intérieur même de ces mandats existent des sous-représentations, se résument en un surhomme. Et beaucoup d'électeurs s'y trompent et se complaisent dans l'admiration. Mais jusqu'à quand ?

Les élus devraient montrer l'exemple et partager leur travail, reconnaître qu'on ne peut pas être efficace à multiplier les fonctions, ni justes à amonceler des indemnités même plafonnées.
Les "grands" élus socialistes, tels que Collomb, Rebsamen...avaient pris des engagements pour renoncer au mandat de trop. Tous ne l'ont pas respecté, loin de là, et c'est dommage. Pour ceux-ci comme pour les élus de droite le vote d'une loi sera nécessaire. Le président Hollande l'avait promise.

Que lui aussi tienne ses engagements, et vite.

Jean-Marc Gardère

mercredi 13 mars 2013

Ma ville : sociale et écologique

 

En janvier dernier, j’ai fait part à la section PS de Lons-le-Saunier de ma décision de me présenter devant les militants pour conduire la liste des municipales à Lons-le-Saunier.  J’entends ainsi modestement, mais fermement, contribuer à préserver la crédibilité et la santé démocratiques de ce parti en étant respectueux de ses règles et de ses traditions.
Deux candidats, voire plus, à l’intérieur du parti socialiste valent mieux qu’un seul. Il ne peut pas dans ce contexte y avoir d’adversaires mais seulement une saine concurrence pourvoyeuse d’idées et d’énergie. Au moins il y aura chance de débat, de discussion contradictoire en vue de l’élaboration d’un programme municipal qui ne soit pas uniquement le produit de cerveaux d’ « expert » .
La ville appartient aux citoyens et le parti est le lieu privilégié de cette médiation.
Je défends un projet de gauche, fondé avant tout sur la nécessaire solidarité. J’affirme ici que Lons-le-Saunier, sociologiquement, est une ville de gauche. Il faut qu’elle le devienne politiquement. Il faut y travailler.
Un projet municipal doit s’articuler autour de cette exigence de solidarité et pour cela annoncer clairement la couleur, sans faux-semblant, et en évitant d’imiter tout discours technocratique abscons.
Il faut renforcer l’ensemble des services publics municipaux pour qu’ils servent utilement l’ensemble de la population. Les services publics sont la richesse de tous y compris surtout des plus fragiles.
Il faut veiller aussi au mode de gestion de ces services publics en prenant l'engagement de ne pas recourir à des modes préjudiciables aux finances publiques, ou qui sont de nature à diluer et affaiblir la puissance publique au profit d’intérêts privés, comme par exemple les partenariats publics privés  qui mettent à mal les finances publiques tout en en diminuant l’efficacité sociale. C’est pourquoi aussi il faut défendre et développer l’idée moderne de la régie municipale et se méfier des modes qui dissolvent l’action publique.

Il s’agit là de la responsabilité sociale de la ville. Il faut en discuter et la décliner en programme crédible : augmentation de places de crèche par exemple, en évaluant la véritable demande sociale. Il est de nombreux domaines sur lesquels il faudra porter notre effort. Tout particulièrement en direction de la jeunesse frappée par une crise qui malheureusement perdure depuis des années. Il faudra être attentif à défendre l’école ( on devrait dire, malheureusement, les écoles qui dans notre département et notre ville ferment en nombre), et promouvoir l’enseignement supérieur à Lons-le-Saunier.
Nous aurons aussi le devoir de mener des politiques locales de santé.

Responsabilité économique ensuite. Lons-le-Saunier est la ville centre d’une agglomération qui, sur le papier en tout cas , en a la compétence au travers notamment l’aménagement de zones industrielles et artisanales.
Une municipalité de gauche devra encourager et faciliter l’implantation d’entreprises nouvelles créatrices d’emploi, et de sauvegarder l’emploi de celles qui restent sur le territoire. Pas à n’importe quel prix, et dans l’obligation de la priorité à l’emploi, et avec des contreparties contractualisées avec les entreprise concernées.

Responsabilité économique et commerciale encore en sauvegardant et en développant le commerce dans le centre-ville, le commerce de proximité. Cela demandera un travail avec les commerçants pour les aider à se développer. Ils contribuent à l’animation de la ville, et il primordial de les associer au projet municipal dont il seront les acteurs. Il faudra aussi repenser la politique vis à vis des grands centres commerciaux qui ne doivent pas asphyxier le cœur de ville en tant que lieu de vie et d’échanges.

Une ville c’est aussi l’urbanisme, l’agencement et l’organisation de l’espace urbain.
Il faut un grand projet urbanistique à Lons-le-Saunier qui soit durable, structurant, centré donc sur la protection de l’environnement dont il faut faire un atout de développement de la ville. Cette ville s’est développée dans un cadre naturel, il faudra donc en travailler le paysage. Pour le modeler, il faudra faciliter la circulation des piétons et des vélos, notamment dans l’hyper-centre. Nous devrons traiter aussi le cadre de vie des quartiers plus périphériques. On doit avoir dans cette optique un projet ambitieux et original. Il faudra faire de ces projets, qui améliorent le cadre de vie,  de véritables investissements pour l’avenir.
Il sera essentiel en effet de s’occuper des quartiers dits périphériques, les Mouillères, et la Marjorie aussi pour lesquels une politique de la ville devra être conduite avec détermination. Il faut que les habitants de ces quartiers se sentent citoyens de la ville et pour cela réaffirmer et défendre l’idée de développement ou de maintien des services publics. Il faudra notamment s'assurer d'un meilleur réseau de transports publics pour améliorer le lien entre les quartiers et vers le centre-ville.
Ces services seront orientés en priorité en direction de la jeunesse dans une optique d’animation et d’éducation populaire, en faisant notamment la part belle aux associations actives et reconnues dans ces quartiers.

Sur le plan culturel, Lons-le-Saunier a pris beaucoup de retard. Cela fait longtemps que les Lédoniens attendaient la médiathèque, ils mesurent aujourd'hui le temps perdu.
La politique culturelle, au delà des événements repères tels que «  Musiques actuelles » qu’il faudra recréer, devra s’appuyer sur les associations et aussi les structures municipales.
Lons-le-Saunier depuis des années perd ses habitants. La ville il n’y a pas si longtemps comprenant plus de 20 000 habitants. Il faut les faire revenir en favorisant la création de logements nouveaux dont les loyers seront, en ces temps de crise subie, abordables pour tous les foyers, notamment les plus modestes. Il faudra se résoudre à densifier l’habitat au centre-ville ce qui sera un excellent moyen de le revivifier. Il faut que le cœur de la ville soit dense et animé.

Le financement de ces mesures se feront hélas dans un cadre contraint. La fiscalité locale est injuste, elle serait davantage équitable si une partie au moins était fondé sur les revenus. Ce n’est pas le cas pour l’instant, mais on fera en sorte néanmoins de la rendre à la fois plus juste et plus productive dans le cadre réglementaire imposé aux collectivités.

Ce projet n’est qu’une base à partir de laquelle on travaillera ensemble en faisant participer le plus largement possible ceux parmi les citoyens de la ville qui se sentiront concernés.
Mais je crois aussi en la responsabilité des partis de la gauche toute entière, nos partenaires historiques.
Il sera fait appel à toutes les forces de gauche sans exception qui voudront bien travailler avec nous autour de ce projet pour une ville sociale, progressiste, écologique.

                                              Jean-Marc Gardère
-membre de la commission administrative de la section PS du bassin lédonien- « Maintenant la gauche ».

  


jeudi 7 mars 2013

Un accord qui ne doit pas faire loi


C’est au Parlement de voter les lois de la République, c’est au gouvernement d’en assurer l’exécution. Ces règles fondatrices seraient-elles condamnées à n’être que théoriques ? L’accord national interprofessionnel a été signé par une organisation patronale, le Medef,  et trois syndicats, dont la CFDT, qui sont minoritaires si l’on se fonde sur les élections professionnelles récentes. Au nom du dialogue social, lequel ici a bon dos,  cet accord devrait pourtant être automatiquement transcrit dans la loi parce qu’il honorerait une promesse de campagne présidentielle sur la démocratie sociale. De ce point de vue là c’est raté.

Cet accord, contre l’avis de la CGT et de FO,  modifie des pans essentiels du code du travail. Il bouleverse notamment les règles du licenciement au détriment des salariés qui ne le comprendront que lorsque qu’ils seront au pied du mur. Car cet accord, fondamentalement, remet en cause le contrat de travail.
Il n'est en réalité, sous certains aspects, que la copie rose pâle de l'accord de compétivité des Sarkozistes. Il force notamment à la mobilité interne en diminuant de façon substantielle le droit de recours des salariés touchés par la sous-activité ou la disparition annoncée de leur entreprise. Les plans sociaux et ce qu'ils impliquent ne seront plus contestables devant le juge civil.
Les avancées, celles qui ont pu décidé les signataires du texte, ne sont qu'apparentes, comme par exemple l'extension des complémentaires-santé lesquelles favoriseront les assurances privés au détriment des mutuelles et de la sécurité sociale.
Quant aux droits rechargeables de l'assurance-chômage il est conditionné par un financement plus qu'incertain. S'agissant de la taxation des contrats à durée déterminée, les exceptions sont si nombreuses que la mesure en deviendrait ridicule.
La durée minimale de 24 heures des temps partiels est également trompeuse, elle ne fera que susciter un chantage à l'embauche puisque le salarié pourra lui-même demander,  un temps partiel bien plus court, et on peut s'attendre à ce que ce soit sous l'injection de l'employeur.

 Il est urgent dans cette affaire que le Parlement retrouve ses droits et surtout son devoir de délibération pour mettre en lumière le déséquilibre pourtant manifeste de cet accord qui loin de combattre le chômage, par la « flexibilisation » de l’emploi qu’il implique, ne fera que l’aggraver. Et la responsabilité, quoi qu’il arrive, sera politique même si le politique aura de fait renoncé à faire la loi.

C'est pourquoi le parti socialiste et sa direction nationale sont mal inspirés de défendre mordicus cet accord qui ne satisfait que quelques caciques de la CFDT au nom de principes issus d'un social-libéralisme aventuriste, ringard et dépassé.

Dépassé mais dangereux pour la cohésion et la paix sociales.

JMG


samedi 16 février 2013

Quel est ce citoyen ?

Ainsi pour les municipales prochaines de 2014, un membre du PS, conseiller général du canton de Lons-Nord, et qui se porte clairement candidat à la mairie sans même avoir reçu encore l'investiture de sa formation politique, consulte les citoyens. Mais lesquels ? Sont-ce les quatre qui se sont réunis dans une brasserie à Lons-le-Saunier et qui se sont vus déjà affublés de missions particulières, et dont la presse locale avec force photos, s'est fait l'écho ? On nous dit que ce sont des membres de la société civile, mais les membres du parti socialiste ne sont-ils pas aussi membres de la société civile ? Et pourquoi, parmi la société civile, choisit-on ceux-là et pas d'autres ?
Ils sont sympathiques sans doute, très certainement compétents dans leurs domaines, mais beaucoup dans le parti socialiste s'interrogent sur la légitimité de "ces animateurs d'ateliers" qu'on leur impose sans trop de discussion, de ces experts qui sont chargés de penser, de réfléchir, de fédérer,de créer, à la place de membres du parti socialiste, ou bien à la place, tout autant, d'autres citoyens. Il s'agit donc en effet de s'interroger.

Je prendrai donc, contre l'expertise, la supposée expertise plutôt, la défense de l'idée de parti politique.

C'est vrai qu'en ces temps de démagogie ambiante,  défendre cette idée là passe pour une gageure, d'autant plus que le parti socialiste en particulier est en passe, si ce n'est déjà fait, de traverser  des épisodes tumultueux qui pourraient bien lui être fatals. Le peuple pourrait en effet ne pas lui pardonner de défendre sans discussion, aveuglément, une politique gouvernementale d'austérité semblable à peu de choses près, au moins pour l'instant, et moyennant il est vrai quelques mesures de correction sociale, à ce que fut la politique de Sarkozy, une politique de l'offre pour faire court, plutôt qu'une politique de la demande qui pourtant serait la plus pertinente en ces temps de chômage record. Dix pour cent de la population quand même !

 Et donc, malgré que je sois le plus souvent critique vis à vis de mon parti, c'est consciemment que je défends le fait que le salut vient d'une démocratie régulée qui fonde précisément la notion d'organisation politique.
Car contrairement à la "société civile" à laquelle on fait illusoirement appel, souvent de manière démagogique, pour aller parler directement au peuple, mais aussi en l'occurrence pour faciliter sa propre carrière politique, le parti est un lieu de débat réglementé, policé, même si les explications ou les disputes militantes parfois peuvent se révéler rudes.

Et donc les "experts" c'est bien, mais la démocratie c'est mieux. Tout le monde est expert de quelque chose, il est bien plus difficile d'être un citoyen.
Le plus inquiétant c'est que certains membres du parti semble ne pas en avoir pleinement conscience aveuglés peut-être par la lumière du pouvoir, ou bien victimes d'une certaine inculture politique.


JMG

http://www.maintenantlagauche.fr

samedi 9 février 2013

"L'Europe" : l'éternelle agonie ?

Ainsi l'Europe, comme à l'accoutumée, est parvenue à un accord sur la prolongation de son budget, sauvant, au grand soulagement de la France, la politique agricole commune, même entamée. Et, c'est du point de vue des agriculteurs, bien là l'essentiel bien qu'il ne perdent certainement rien pour attendre.

Le vote de ce budget a minima arrange cependant, tant soit peu, les intérêts de tout l'appareil qui accompagne l'Europe institutionnelle, l'euro-technocratie, tous ceux qui défendent mordicus la survivance de "l'Europe" dans l'optique d'intérêts purement alimentaires.

Si "l'Europe" est sauvée, pendant ce temps l'idée européenne démocratique continue de sombrer.

Une Europe à vingt-sept est une idée folle, c'est une idée dangereuse qui plus est, facteur de conflits internes potentiels. Il serait temps de serrer les rangs pour arriver à quelque chose de crédible. Mais tout porte à croire que c'est impossible aujourd'hui, car la situation sans doute en arrange quelques-uns.

Le parlement aura beau vouloir se révolter, ce n'est pas lui qui propose le budget, il aura simplement ou non à le voter, et nul doute qu'à la fin il l'adoptera, quel qu'il soit, tant il y  un intérêt pour ses membres aussi à le faire.

Ce budget est le premier qui fût en baisse depuis la naissance de cette Europe.
De plus il revient largement sur les crédits de recherche et d'innovation, voire même sur des crédits sociaux de première nécessité.

Autant dire que l'Europe est peau de chagrin et devient telle que les Britanniques la veulent : un espace économique libre, terrain de chasse de la spéculation financière et des grandes entreprises multinationales, au mépris de la démocratie, et dans l'appauvrissement des populations.

JMG

mercredi 16 janvier 2013

Accord national interprofessionnel : lettre au conseil fédéral (suite)


Je me permets de joindre un lien qui donne une autre perception, complète et documentée celle-là, de l'accord national interprofessionnel qui vient d'être signé entre le Medef d'une part et trois organisations syndicales ( CFDT, CGC, CFTC).
Il s'agit d'un article de Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste, ancien inspecteur du travail, et membre de la CGT ( décidément nul n'est parfait, encore un  camarade qui a du mal, comme a dit de moi premier fédéral dans un mail récent, " à bien différencier le mouvement politique du mouvement syndicaliste"sic )
Je précise que bien entendu je m'exprime ici moi-même en tant que membre du parti socialiste, et non pas, comme certains camarades pourraient le craindre, en tant que membre sympathisant du " concoillote folk groupe du Jura" ou d'autres associations auxquelles je pourrais appartenir. Vous voudrez donc bien m'excuser par avance d'éventuels parasitages, mais nous sommes faits de diverses expériences qui nourrissent...notre action politique.
Restons donc sérieux en étudiant bien tous les arguments relatifs à ces accords dit de "Wagram" lesquels, contrairement à ce qu'en disent les media, n'apportent pas grand chose de positif au droit du travail, et qui bien au contraire constituent une attaque supplémentaire contre le code du travail, et cela de l'avis même de la majorité des organisations syndicales.

Jean-Marc Gardère
Conseiller fédéral PS Jura, membre du bureau fédéral

dimanche 13 janvier 2013

Accord Medef-CFDT : lettre au Conseil Fédéral PS du Jura

Harlem Désir ne devrait pas se réjouir d'un accord qui sert , malgré les apparences et la propagande médiatique, davantage les intérêts du Medef que ceux des organisations syndicales de salariés. L'accord qui vient d'être conclu entre le Medef, et la CFDT principalement n'aura pour effet, alors qu'il est présenté comme un accord gagnant/gagnant, que de renforcer la précarité dans le monde du travail.
Et cela contre des « avancées » qui sont largement sur-évaluées et pour tout dire trompeuses
comme notamment :
 -la meilleure représention des salariés qui ne touchera que les grandes entreprises. Le pouvoir des salariés au sein des conseils d'administration ne seront pas significativement renforcées,
-la taxation des contrats courts : le Medef s'en sort bien puisque cette taxation est assortie d'une exonération des charges patronales pour certains contrats en CDI. ( En définive les entreprises sont bénéficiaires de 45 millions d' euros.)
- les mutuelles, elles, seront généralisées à l'ensemble des salariés, ce qui est une bonne chose en soi. Mais les salariés y participerons pour moitié et surtout ce sont les assurances de santé privées qui financièrement en profiteront. ( plus de quatre milliards d'euros en 2013) Il aurait mieux valu renforcer la sécurité sociale en revenant sur tous les reculs qu'on lui a imposé ces dernières années.
-il en est d'autres tout aussi trompeuses, comme par exemple la portabilité des droits à la formation ( 20 heures seulement par an dans la limite de 120 heures)

En contrepartie de ces prétendus ou maigres avantages pour les salariés, les entreprises auront le droit de licencier avec beaucoup plus de facilité, conséquence d'une déjudiciarisation des licenciements qui seront de fait encouragés en cas de difficultés «  économiques ». Il n'y aura plus de plan social avec des obligations pour les entreprises à la hauteur de ce qui existe aujourd'hui, et ce n'était déjà pas bien brillant.
Il est d'autres mesures qui vont toutes dans le même sens d'une attaque contre le code du travail. Bref un accord négatif pour l'ensemble du monde du travail et qui n'a été signé que par une minorité.
Ni la CGT, ni FO en effet n'ont signé cet accord qui ne fait qu'aggraver une flexibilité du travail déjà très grande dans notre pays. Et il n'y a aucune raison que cet accord ait un quelconque effet sur la croissance.

Mais le Medef est satisfait, et pour s'en convaincre on ne peut que le citer :
« ...les partenaires sociaux ont placé la France en haut des standards européens en matière de marché du travail et de relations sociales. L’accord auquel ils sont parvenus est en effet tout sauf un accord a minima». C'est clair.
On est loin de l'accord historique. J'ose espérer que les députés socialistes ne voteront pas ce texte.



Jean-Marc Gardère 
Conseiller fédéral- membre du bureau ( motion "maintenant la gauche")
 

vendredi 11 janvier 2013

Rien qu’une petite erreur

De l’aveu de deux économistes du Fonds Monétaire International, l’austérité en Europe serait due à l’utilisation d’un mauvais coefficient dans une formule servant à mesurer le lien entre montant de dépenses publiques et taux d’activité.
On croit rêver. Ainsi la « science économique » version FMI, mais reprise à bon compte par « l’Europe »,  se serait-elle trompé.
 
A moins qu'on nous prenne pour des imbéciles, ce qui est toujours possible, la crise austéritaire confirmée et réalisée par volonté politique à l’échelle européenne n’aurait été que le produit de cette petite erreur de calcul. Les millions de chômeurs, les centaines de milliers de familles frappées par la crise, les cinq millions de nos concitoyens vivant sous le seuil de pauvreté, tous victimes de près ou de loin de cette minuscule bévue, apprécieront.

 Ainsi certains responsables du FMI seraient prêts à rejoindre, mais un peu tard,  ceux qui pensent que les politiques d’austérité ( ou d'appauvrissement des populations) sont bien contraires à la croissance et à l’emploi. Comme l’affirment depuis des années les grands syndicats européens, les politiques de relance seraient bien plus efficaces que l'austérité appliquée en Grèce, en Italie, en Irlande, au Portugal, en France, et même en Allemagne...

La morale de cette histoire c’est qu’il est temps que les technocrates, mais aussi les tenants du libéralisme à tout crin qui ont intérêt à cette politique favorable à l'euro fort, et à la rente par conséquent, laissent enfin la place à des politiques  qui à l'échelle de l'Europe favorisent plutôt les solidarités économiques et sociales, si possibles durables.

JMG

* texte paru en partie dans le Progrès de Lyon du 11/01/13

http://www.liberation.fr/economie/2013/01/08/oups-le-fmi-s-est-trompe-sur-l-austerite_872394

mardi 8 janvier 2013

L'aveu

Le débat fut passionnant sur France 2, hier sept janvier entre, à ma gauche, Jean-Luc Mélenchon (sans doute pas dans son meilleur jour) et Jérôme Cahuzac à ma...je ne sais plus.
Selon ce dernier  la lutte des classes n'existe pas et surtout il n'y aurait jamais cru. Joli aveu mais qui ne ferait, si on allait un peu trop vite, que confirmer le ramollissement idéologique d'une certaine gauche social-libérale.

Dire qu'on n'a JAMAIS cru ( l'important est aussi dans ce jamais) à la lutte des classes c'est croire et donner à penser, c'est sous-entendre, que la lutte des classe n'aura jamais été ou ne sera jamais qu'un archaïsme contre-productif, une vieille lune palote, une illusion, qui serait de surcroît génératrice de conflits inutiles, de violences, et disons-le de mort et de Goulag...Même si l'actuel ministre du budget ne l'a pas dit de façon explicite, on entend que pour lui la notion lutte des classes n'est au fond, n'aura jamais été, qu'une lubie dangereuse pour tous dans nos sociétés de liberté.

Que la notion de lutte des classes ait pu dans l'histoire prêter le flanc à toutes les interprétations, à toutes les modulations, les évolutions, et ne plus correspondre tout à fait à ce que Karl Marx, ce grand économiste mais aussi ce penseur de l'action, en avait donné comme définition, c'est une évidence.
Mais, qu'on le veuille ou non, cette notion fait partie de l'identité de la gauche, de son imaginaire. Dire qu'on n'y a jamais cru c'est nier qu'il n'ait jamais existé une solidarité naturelle ou construite entre ceux qui se battent pour une autre logique que celle des oligarchies pour lesquels la "finance" est un moyen de garder le pouvoir réel.
Ne pas croire à la lutte des classe, et surtout l'avouer, c'est ne plus penser ni urgents, ni même nécessaires les multiples combats qui se jouent aujourd'hui dans des centaines d'entreprises prises au piège du rendement financier et dans lequel les victimes sont toujours les mêmes : ceux en premier lieu qui créent les richesses.
Dire haut et fort qu'on n'a jamais cru à la lutte des classes, c'est nier des années de luttes et de revendications sociales sans lesquelles notre pays ne serait pas le havre de paix qu'il reste aujourd'hui encore malgré tout.

Et donc, oui bien sûr, la lutte des classes existe bien et ce n'est pas parce que l'expression fait toujours et encore peur à certains - cette peur est si bien entretenue - qu'il faut en nier l'existence et la nécessité.
Nécessité de la solidarité dans les classes ouvrières ou moyennes, dans le monde salarié dans son ensemble, même si celui-ci est devenu au fil des années de plus en plus complexe et difficile à appréhender comme un seul et unique bloc.

Si Jérôme Cahuzac, ministre socialiste, ne croit pas pas à la lutte des classes, n'y a jamais cru, d'autres y croient encore et combien, ceux de l'autre bord qui détiennent toujours le pouvoir, et qui le clament, comme Warren Buffet, ce grand financier, riche parmi les riches. Il faut encore et toujours le citer, ne serait-ce que pour ouvrir les yeux, voire même la conscience, de ceux qui n'y auraient jamais cru : "la guerre des classes existe, dit-il, mais c'est la mienne...la classe des riches qui mène cette guerre et nous sommes en train de la gagner."

Que cette lucidité gagne enfin la classe des salariés, des travailleurs, non par la haine mais la conscience que l'action et la solidarité sont nécessaires aussi parmi ceux qui créent les richesses, ne serait-ce que pour défendre, par exemple, des idées aussi belles que la sécurité sociale, ou le principe du contrat à durée indéterminé, remis en cause en cette période de "négociations sociales", par un Medef plus que jamais arrogant.
"Ce que la vie m'a révélé...c'est la nécessité du combat" disait Jaurès. La lutte des classes c'est simplement l'avoir compris.


JMG

http://www.maintenantlagauche.fr/